dynamogene_Le-petit-catalogue-manufacture-dutopie.jpgSpectacle de la compagnie Dynamogène, vu le 21 octobre 2012 au stade des Costières de Nîmes (30).

 

Genre : Entresort géant en cabaret industriel


Avec : Boubouche, Thierry Daudé, Grégoire De Martino, François Doré, Patrick Geslin, Jacques Larguier, Ralph Lozai, Bruno Manjarres, Pépé Martinez, Patrick Miralles, Philippe Neveu, Pierre Pélissier, Gilles Perrin, Fred Rebière et Samuel Silvant.

Direction artistique : Pierre Pélissier et Frédéric Rebière

 

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Devant la grille d’entrée du bâtiment, alors que le public attend l’ouverture, voila qu’une sonnerie retentit. Elle annonce le début de la journée de cette fabrique d’utopies. Une flopée d’ouvriers en bleu de travail s’approche en discutant par grappe, et se regroupe sans précipitation devant la grille ouvragée avant d’entamer un chant glorieux d’un autre temps, en polyphonie mâle, pour démarrer cette journée porte ouverte à laquelle nous sommes invités. Cette proposition est un hymne à la mécanique humaine et au plaisir du bel ouvrage. Distillée dans un théâtre de l'absurde oublié, elle fleure bon le souvenir d'une utopie ouvrière autogérée dans une douce anarchie.

 

Les établissements Dynamogène, spécialistes des machineries musicales mobiles, nous invitent à une visite de sa fabrique où sont présentés plusieurs de ses appareils. On peut aussi y découvrir, au hasard de sa flânerie, des scénettes improbables, ou encore visiter le bureau d’études et le musée retraçant l’histoire de la fabrique. 

 Mélangeant imagerie soviétique et mécanismes agricoles du début du XX° siècle (nous sommes à Nîmes), l’univers proposé, teinté d’humanisme et de poésie déboulonnée, n'est pas sans lien avec les temps modernes propres à Chaplin. Ponctuée de plusieurs interventions courtes (présentations de machineries, piano désossé, jeu aléatoire, visite guidée...) en différents endroits de ce hangar immense, cette petite fabrique fait rêver petits et grands.

 

La plupart des machines fonctionnent exclusivement à l’énergie musculaire. Alimentées à coup de pédalages, elles déclenchent percussions, cloches, souffleries et guitares pour en faire une phrase musicale complète. Chaque engin a sa propre histoire et son propre univers musical : de la Cymbalobylette et sa samba mécanique jusqu’à la Torpédoswing et son rock’n’roll primal. La Cymbalobylette est d'ailleurs présentée par deux OS qui en expliquent rapidement son fonctionnement, et nous en font une démonstration en direct. En limitant ainsi le jeu des comédiens à ces ouvriers au grand cœur, mais un peu simplets, c’est la machine qui devient le centre du spectacle... et cela fonctionne à merveille ! D’autant que plusieurs musiciens présents ont pu accompagner et renforcer la rythmique de base des mécanismes, insufflant une énergie et une belle vitalité à l’ensemble.

 

Une proposition originale, qui peut s’installer dans une friche industrielle ou dans un hangar pour accueillir, à l’occasion d’un festival, des visites de scolaires. Ceux-ci pourraient peut-être y trouver le maillon manquant entre art et technique.

 

Photo : Anna J.

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