De Natacha de Pontcharra

Cie Roquetta (34)

 

Avec Jean Christophe Allais, Rainer Sievert, Jean Paul Vigier

Mise en scène Fanny Malterre

 

Tout public à partir de 11 ans

Durée  1 h 

 

Festival Avignon OFF,  Ecole du Spectateur,  12 h du 7 au 28 juillet 2012

Présent sur le Off 2013 

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Son nom ne m’était  pas totalement étranger, mais  je ne connaissais pas les textes  de Natacha de Pontcharra… C’est donc avec une pointe d’appréhension que j’ai abordé les  premières minutes de la représentation, quasiment dans le noir, accompagnées d’un dialogue «ésotérique » entre deux individus que l’on devine en fond de scène… Entre alors un homme, qui s’installe sur le plus grand des trois tabourets qui occupent le devant de la scène.  Un long, très long silence, angoissant…

Jef et Jeffy, frères jumeaux, naissent avec une anomalie génétique. Ils ont une tête de rat, et deviennent des « ratés » dont les gens ont peur, les parents honte, et dont les enfants se moquent. Etres difformes, rejetés par leur mère, qui ne voulait pas d’enfant, et  qui a tenté de cacher leur différence sous des capuches.  Leur père a tout fait pour les stimuler, leur assurer un avenir, un semblant d’intégration. A la faveur d’un stage de masques, ils ont l’opportunité de remplacer leur capuche  par une tête en latex, ce qui leur permet d’avoir une vie sociale, de travailler dans un supermarché. Mais les choses vont mal tourner, c’était écrit, ils étaient d’emblée « faits comme des rats »…

Ce sont les étapes de cette histoire que nous content ce père et ses deux fils qui l’ont rejoint sur les tabourets de part et d’autre de celui qu’il occupe. Face au public,  ils déroulent les étapes d’une vie désespérée de laissés pour compte, mais avec ses moments de joie, toujours suivis du triste retour à la réalité… Assis côte à côte, ils s’adressent à la salle, n’osant que très rarement se regarder, s’autorisant parfois une manifestation furtive d’affection.

Les phrases sont parfois tronquées, le père et les fils apportant des précisions à leurs propos respectifs,  évoquant anecdotes ou moments drôles. Jusqu’à la tragédie, qui explique la situation présente…

La mise en scène austère,  centrée sur trois tabourets sur une scène nue, sous un éclairage sobre,  laisse toute la place au jeu des acteurs, intense et saisissant. On finit presque par apercevoir quelques poils, là dans le cou,  qui dépassent du masque de latex dissimulant la tête de rat, dont la présence ne fait aucun doute,  tant les mimiques et les yeux sont expressifs.  

C’est une comédie grinçante sur la différence, le déterminisme, non dénuée pourtant d’humour et de poésie. Un beau texte court et intense, qui ne peut laisser indifférent, porté par trois excellents comédiens.

 

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