arts-oseurs_livret-de-famille.jpgLa Compagnie « Les Arts Oseurs » a donné la première de son spectacle le 1er Avril 2012 à Saint Jean de la Blaquière (34), dans le cadre des Saisons Lodèvois et Larzac.

 

Genre : spectacle déambulatoire avec lecture incarnée de l'ouvrage de Magyd Cherfi (chanteur-parolier de Zebda)

Durée : 60 minutes

Public : Tout public

Interprétation :

Périne Faivre, comédienne

Renaud Grémillon, accordéon et chant

Xavier Moreno, peintre

 

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La compagnie Les Arts Oseurs née en 2002 et installée à Octon (Hérault) crée des spectacles sur des recueils de paroles autour de questions brûlantes, et les présente dans des établissements scolaires ou dans la rue.

 

Nous sommes une bonne centaine, de tous âges, rassemblés sur une jolie petite place du village : des feuilles de carton pendent aux branches d'un arbre. Tandis que quelques uns d'entre nous sont invités à décliner prénoms et lieux de naissances familiaux, Xavier Moreno esquisse des portraits sur les feuilles suspendues. Nous voici dans le vif du sujet : l'identité. Magyd Cherfi « s'est jeté » dans ce premier livre avec ses souvenirs de jeune français de Toulouse, de parents d'origine algérienne, vivant dans une cité où « on était dans un puits à se marcher les uns par-dessus les autres ». Plutôt que de paraphraser, j'ai choisi de vous présenter le travail de Périne avec les paroles de l'auteur.

 

A chaque arrêt (place, coin de rue, cour) la comédienne s'installe (ou se perche) pour nous dire avec une force tranquille ces textes intelligents et fins, tendres ou douloureux, avec des pointes d'humour. Parfois, elle détache son regard des pages et le porte au loin en parlant, et nous visualisons les scènes. Le début donne le ton « Je n'ai pas voulu écrire pour convaincre /.../ J'ai juste besoin de tremper mes larmes dans l'acide à cause de tout ce qui manque à mon bonheur ». Et nous serpentons par les rues derrière Périne, la porteuse de paroles, le peintre, et le musicien qui les prolonge. Un arrêt, et les phrases se font tendres et drôles pour nous dire les joies du bus pour l'adolescent qui peut y côtoyer les filles. Re-départ, puis stop : voici les regrets douloureux d'un collégien exaspéré par sa mère « ni svelte, ni longue, ni blonde » avec toujours l'accent du bled, qui traînait inlassablement son fils devant le conseiller d'éducation jusqu'au jour où la honte a guéri Magyd de son insouciance. Périne nous a fait sentir l'obstination de cette femme et nous marchons alourdis, mais consolés par la musique. Enfin c'est pour Magyd la « sonnette d'alarme », la colère, il a « défait ses chaînes », il est parti, quitte à « être écarté de tout, de tous »... Chaque arrêt-lecture nous a faits plus pesants. Et voilà que les mots se font rage contre « les fous de Dieu /.../ qui vous obligent à porter même quand il fait chaud, cagoules et manteaux ».  De déambulations en écoutes, nous sommes arrivés dans la cour de l'école où Xavier Moreno peint sur un mur un magnifique portrait de la mère de Magyd, de la douleur et de la colère, pendant que Renaud Grémillon joue et, nous tournant le dos, chante doucement en haute-contre.

 

Nous sommes tout à la fois émerveillés et profondément atteints, pensifs et reconnaissants. J'ai redécouvert cet ouvrage que je connaissais. La belle écriture de Magyd Cherfi et sa peinture des brouillages et des ruptures identitaires sont magnifiquement mis en valeur par le travail "au corps" de Périne Faivre,  et son association harmonieuse avec Renaud Grémillon et Xavier Moreno.

 

Ce spectacle est soutenu par la Région Languedoc-Roussillon, la Diagonale (Réseau Languedoc-

Roussillon pour la création artistique dans l’espace public) et les Saisons Lodévois et Larzac.

Accueilli en résidence par Le Lieu Noir (Sète), le Bouillon Cube (Causse de la Selle), Mix’ art Myrys (Toulouse), le Moulin Fondu (CNAR / Noisy-le-Sec). Co-produit et accueilli par l’ Abattoir (CNAR-Chalon sur Saône) et l’ Atelline, Lieu de Fabrique Arts de la Rue LR (Villeneuve-les-Maguelone).

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