love me tender 2 - les origines du malSpectacle de Manuel Pratt, vu le 19 octobre 2013 au Théâtre de Poche (Sète - 34).

 


Texte : Manuel Pratt

Conception et jeu : Manuel Pratt

 

VIVANT2-toiles-3


Genre : Création Solo

Durée : 1 h

 

 

 

Il est comme ça, le Manuel Pratt, depuis ses premières vannes sur Emile Louis et ses premiers gags autour de Mère Térésa : il s'attaque directement au foie, à grands coups de savate... et le pire, c'est que c'est drôle.

 

Ce n'est pas avec "Love me tender 2" que le compère s'est assagi, c'est le moins qu'on puisse dire : le voilà sur les traces d'un serial-killer pur et dur, qui décrypte pour nous les raisons de son job de tueur, décrivant longuement les tortures qu'il fait subir à une prof de biologie ou les duels horrifiques auxquels il se livre avec son alter-ego  féminin (car, oui, on peut tomber amoureux chez les serial-killers).

 

Surtout, il en profite pour emprunter de savoureux chemins de traverse où il assassine au passage nos contemporains, jouant sur l'ambiguïté de la violence moderne : qui est le plus monstrueux, du politique ou de l'assassin ? Et ne sommes-nous pas tous des bourreaux en puissance si on laisse le champ libre à nos pulsions ?

Ca pourrait être une thèse socio pénible ; mais c'est oublier que Pratt est avant tout un maître de l'humour noir et du trash.

 

Du coup, c'est triste à dire, mais voilà : j'ai ri comme une clé à molette devant les excès néo-punk de l'ami Pratt, véritable Sioux tatoué qui impose peu à peu le rire au milieu de l'horreur (et sur les sièges grinçants du Théâtre de Poche je peux vous dire que ça fait de l'effet !).


Difficile numéro d'équilibriste que Manuel Pratt effectue en maître, jonglant sans cesse entre le film d'horreur et le pamphlet antisocial, entre Hannibal Lecter et Lenny Bruce. Bien sûr, son personnage est caricatural, et on peut grincer des dents devant le schématisme des situations ou de la psychologie du personnage. Mais parvenir à faire rire avec des arrachements d'yeux et des dissections de petites vieilles relevait de la gageure, et je ne cacherais pas mon plaisir devant les monstruosités verbales (débitées en staccato, le rythme de parole du sieur étant proche de l'épilepsie) de Manuel Pratt.

 

Le jour où celui-là sera racheté par le bon goût, les poules auront des dents. Ca fait du mal, ça fait du bien. Respects.

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