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Le duo grenoblois Milleret-Pignol, qui fait route commune depuis une vingtaine d’années, s’est adjoint les compétences d’un autre complice venue de l’électro, pour cette création. Nous avons pu entendre cette formation le vendredi 14 janvier 2010 sur la scène de la Ponatière à Echirolles (38).

 

- Tout public
- Durée : approximativement 1h30


Distribution :
- Daniel Bartoletti : machines, guitare électrique, voix
- Stéphane Milleret : accordéon diatonique, pizzodéon, machines
- Norbert Pignol : accordéon diatonique, accordina, pizzodéon, machines
- François Carle : sonorisation
- Nicolas Coulon : création lumière

 

Curieux de ce que les deux complices de toujours pouvaient avoir bidouillé avec un Electro, nous l’étions. Ce soir-là, la salle de la Ponatière, qui accueillait jusqu’à la saison dernière pour l’essentiel des spectacles Jeune Public, s’est remplie d’un public plus âgé, sans doute constitué pour une bonne part de celles et ceux qui ont suivi les recherches de ces Diatoneux depuis moult années, mais pas que.

Ils entrent en scène, et se mettent aux machines : celles qui électrisent, qui transforment, qui programment, et celles faites de bois qui font vibrer les planches. Ça attaque aussitôt, accordéons en bandoulière, sur ce qui pourrait être une bourrée trois temps. La virevolte des boutons et soufflets papillonne tandis que les corps de Stéphane et Norbert restent stables, bardés qu’ils sont de boîtiers-cosmonautes. Le voyage suggéré-amplifié se fait plus par le(s) son(s) que par la mise en scène qui reste des plus sobres même si quelques fumées parfois s’échappent à l’arrière de la scène. On pense Mongolie et grandes plaines désertiques ; se frottent l’un à l’autre des bruits ou chuchotis, des paroles reconnues de Martin Luther King... C’est le Mix des univers qui s’appuie(nt) sur des scansions rythmiques, des balancements chaloupés ou une plage de silence qui se charge progressivement de grattements de touches... Ça tourne-boucle, le(s) rythme(s) s’entêtent à la Bagadou Breizh, s’empilent, s’emboitent et spiralisent, voire saturent l’air en ondes vibratoires. Se rencontrent et se heurtent le(s) souffle(s) de nostalgie des orgues de barbarie et des manèges à chevaux de bois, l’évocation des flûtes de pan, les escapades des guitares de l’époque Pink Floyd ou encore l’écho chuintant que ferait une vielle. Ils cherchent ce qui crée des reliefs sonores dans les tapotis et frappés, dans les commissures où se glissent ces parasites qu’ils explorent et étirent pour s’en faire des complices d’une musique actuelle aux racines visibles.

Un moment qui balance, lancine et perspective sans que le Duo devenu Trio se départisse de ce qui l’a fait naître et croître. Un bémol cependant : il semblerait que l’utilisation accrue des machines et le recours à la technicité accentuent la coupure entre auteurs-musiciens de public et confère une certaine froideur à la proposition. Le salut était à peine marqué et le regard porté aux spectateurs détourné vers écrans et potars.

 

  

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