hilaretto_mon-violon-sapelle-raymond.jpgSpectacle de la compagnie Hilaretto (62), vu au Palace lors du festival Off d'Avignon 2012.

 

Interprètes : Kordian Heretynski, Pierre-Damien Fitzner
Mise en scène : Bernard Debreyne

Durée : 1h15 

Tout public à partir de 7 ans

 

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Le titre, déjà, interpelle… mais, lorsqu’on entre en salle on est surpris de trouver sur scène, outre le violon annoncé, un piano et une guitare. Arrivent les deux musiciens, Kordian (le violoniste) et Jean-Claude (le pianiste) qui s’installent et commencent à jouer. Tout cela a l’air sérieux, bien que la tenue du violoniste…. outre sa coiffure « en pétard », il est habillé tout de noir, sauf la cravate et les boots style "Doc Martens" jaunes.

 

Rapidement les choses vont déraper. Le très sérieux pianiste va se retrouver, sans que l’on sache vraiment pourquoi et comment, en slip rouge, bas résille et porte jarretelles. Le violoniste arbore successivement des déguisements plus extravagants les uns que les autres (en cotte de maille, en chimiste déjanté, en bonne sœur…) suivant les registres musicaux abordés. De la musique classique aux reprises revisitées, de façon plus ou moins incongrue, de succès du répertoire français (Julien Clerc, Richard Claydermann, Serge Gainsbourg, Nicoletta, etc.) ou américain (Ben E.King, Michael Jackson), les tableaux se succèdent, tous genres confondus. Evidemment, le sketch le  plus improbable est celui où Kordian (en soutane) marie Raymond (le violon personnifié) avec Monique (la guitare) sur un pastiche de la chanson Mamy Blue !

 

Qualifié de déliro-surréaliste, ce spectacle est, en effet, totalement dézingué, et il est parfois difficile de suivre le fil conducteur. Amener les publics vers la musique (au sens large) par l’humour et la dérision est un objectif louable, mais je trouve dommage que l’on n’ait que trop peu l’occasion d’apprécier le talent de l’artiste (formé tout de même au CNSM de Paris) qui s’égare un peu dans ce délire…  Quant au violon, il a parlé certes, mais semble ne plus parler, et on attend  en vain des précisions sur ce phénomène. Enfin, est il indispensable que le spectacle s’achève avec l’incursion dans le public  d’un Kordian en maillot de bain (féminin) rouge, genre Alerte à Malibu, qui tente un massage cardiaque sur Raymond moribond ? Certains spectateurs, désorientés et sceptiques, ne garderont malheureusement que ce souvenir. Jusque là, j’avais personnellement trouvé la prestation déconcertante certes, mais plutôt intéressante, même si l’impression générale est celle d’une pantalonnade qui, j’en conviens, peut ne pas plaire, voire franchement déplaire. C’est tout ou rien !           

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