je pars a zart music hallSpectacle de la compagnie "Je pars à Zart" (34), vu le 8 Mai 2013 au théâtre Pierre Tabard (Montpellier) et le 17 Mai 2013 au théatre La Vignette (Montpellier). 

 

Pièce originale de Jean-Luc Lagarce (1989).

Mise en scène : Marilou Milani et Annette Roux

Interprétation : Tom Bertrand, Theo Le Perron, Annette Roux, Lili Sagit

Musiciens (Pïano, guitares, batterie, chants) : Jess Avril, Louise Boullenois, Arthur Clot, Marilou Milani, Philippe Laval

Eclairages : Sébastien Lefeuvre


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Genre : théâtre (avec musique et chants)

Public : tous à partir de 12 ans

Durée : 1h30

Création : 2013

 

 

La compagnie Je Pars à Zart, créée en 2011, est en résidence au Théâtre Pierre Tabard jusqu’à fin Juin 2013. La devise de ces jeunes comédiens ("le jeu partout, pour tous et sens dessus dessous") exprime bien leurs idéaux de rêve, d'animation  et de partage autour d'un théâtre accessible à tous.


"Music-hall" c'est un long poème sur le théâtre, les artistes et les risques quotidiens des métiers de la scène. C'est tendre, comique, nostalgique, pathétique ou cruel. Revisité par Je Pars à Zart, c'est tout cela plus la gaieté d'un spectacle musical entraînant. Quant au style particulier de Lagarce (répétitions et recherche du mot juste), la mise en scène l'intègre avec fluidité dans les hésitations des personnages pris entre faux souvenirs et réalité. 

 

De quoi s'agit-il ? "La fille", ancienne gloire du music-hall accompagnée de ses deux boys, attend sur scène des spectateurs qui ne viendront peut-être pas. C'est pour eux trois l'occasion d'évoquer le passé au prisme du présent, dans un constant va-et-vient entre vérité et faux-semblants. D'illusions en révélations, le spectateur reconstituera progressivement le parcours déclinant de la fille, de son spectacle immuable et des boys interchangeables.

Originalité ici, ce sont deux comédiennes à la fois opposées et complémentaires qui incarnent "la fille" et ses paradoxes. Toutes deux donnent une épaisseur de vie à ce personnage attachant. L'une, réaliste, n'hésite pas à parler des sordides expériences du quotidien, tandis que l'autre ressuscite un passé glorieux, réel ou rêvé. Les deux "boys", désinvoltes, portent un regard un peu cynique et souvent extrêmement drôle sur ce jeu, entre vérité, illusion et mensonge. La voix de Joséphine Baker revient en leitmotiv "Ne me dis pas que tu m'adores ...", incarnation chantée de "la fille" qui… se produit en play-back !

Trouvaille de mise en scène, Marilou Milani et Annette Roux ont installé un choeur (Jess Avril, Louise Boullenois, Marilou Milani). Entre leurs interventions chantées ou théâtralisées, elles cousent en tirant leur fil d'un mouvement mécanique, telles les trois Parques tissant la vie des humains. Un piano, des percussions, et des guitares accompagnent la dizaine d'airs contemporains chantés avec talent, humour et enthousiasme (Marcia Baïla, Hit the road Jack, Borderline, California dreaming...). Là, pas de play-back ! Entre chaque scène, la vie et la gaieté explosent dans des rythmes entraînants, en donnant une image inversée de "la fille" : dynamisme, fantaisie, inventivité et... réussite !

 

Ce beau spectacle réserve beaucoup de surprises au spectateur.  L'ayant vu dans deux théâtres j’ai pu noter l'utilisation différente de chaque scène, jouant sur la densité, l'espace et les ouvertures. La créativité et le dynamisme de cette très jeune compagnie donne un spectacle complet et riche en émotions, où la rigueur et la précision du texte sont mises en valeur de manière extrêmement vivante et accessible à tous.  A recommander absolument !

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