Nat-ure-copie-1.jpgCompagnie «  l’enfant bleue » ( 07)

Vu le 11 juillet 2014, Avignon Off, au Théâtre Au bout là-bas, à 14 h 30.

Texte et mise en scène : Delphine Herrmann

avec Delphine Hermann et Hubert Benhamdine

VIVANT2-toiles-3Jeune public à partir de 7 ans.

Durée : 1 heure.

 

« Il y a des espaces que l’homme n’est pas prêt à explorer… » C’est avec cette accroche qu’est présentée cette création 2014 pour le festival. Bien évidement, je m’y suis précipité…


Mêlant science fiction, conte philosophique, aventure, humour, merveilleux, ce spectacle nous interroge sur le sens de l’évolution.  « Ne faudrait-il pas mieux faire évoluer nos consciences plutôt que notre technologie ? »

C’est pour cela que l’histoire se passe sur une planète inconnue et chatoyante, sur laquelle atterrit en catastrophe Norman, le cosmonaute, symbole de ce monde hyper connecté et hyper dépendant. Il était parti pour explorer l’espace et découvrir une nouvelle planète. La loi du progrès, de l’expansion et du toujours plus…

 

On se laisse emmener gentiment dans cette histoire, très riche, ponctuée de vidéos, de chants, de marionnettes et de beaucoup de référence à Disney et aux grands classiques du cinéma de science fiction. On se laisse séduire par la belle Durgä , une étrange autochtone au costume très « avatarisé » et au caractère bien trempé et qui en maitresse des lieux, tente de lui montrer le chemin de l’harmonie, de la conscience, et du respect de la vie. La mise en scène très rythmée, avec de nombreuses séquences très courtes, donne un effet cinématographique original. Cependant, les noirs sont parfois un peu longs, me semble-t-il, rompant ainsi la dynamique souhaitée par ces effets. Mais il est vrai que sur le festival les conditions techniques ne sont pas toujours optimum et que ce sont peut-être les contraintes du lieu qui imposent cela….

 

Nous sommes dans un univers très proche d’Avatar, thématiquement et visuellement (sans les moyens d’Hollywood, bien sur). Les effets fonctionnent assez bien et cette planète organique communique en quelque sorte avec nous, pour nous faire cheminer dans un conte philosophique parlant conscience, respect du vivant, harmonie.

L’histoire est du coup un peu confuse et la multiplication des thèmes abordés (l’acceptation de soi, la maitrise de ses peurs, le respect des autres, l‘harmonie de la nature), nuisent, à mon sens, à la clarté du propos.

Peut-on enseigner ces choses là ? Peut on apprendre à envisager le monde et la nature comme vivants plutôt que comme objets de consommation ? C’est aussi la question posée par le spectacle et la chute ( Norman le cosmonaute est en fait mort et nous sommes sur terre) me semble compliquer inutilement les choses, ou en tout cas les embrouiller.

Néanmoins, le spectacle ne manque pas d’ambition et certains moments sont très fluides et très visuels. Mais c’est une création qui doit trouver son rythme, se recentrer sur son propos, afin d’offrir avec générosité son incroyable profusion (marionnette, jeu, décors, chanson, vidéo,…)

A faire mûrir.

 

Eric jalabert

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