PRECIOUS-RIDICULOUS.jpgSpectacle de "Macompagnie" (13), Avignon Off, théâtre du Balcon, tous les jours à 14h.


D’après "les Précieuses Ridicules" de Molière

Avec : Nadine Béchade, Jeanne Béziers, Martin Béziers, Gilles Favreau.

 

VIVANT2-toiles-3Genre : théâtre musical

Public: tout public à partir de 12 ans

Durée : 1h15

Création 2014

 

Pour mémoire, rappelons que "les Précieuses Ridicules" de Molière mettent en scène deux jeunes provinciales, Madelon et Cathos, fille et nièce du bourgeois Georgibus, qui souhaite les marier à deux gentilshommes du cru, certes de bonne famille, mais que les deux prétentieuses trouvent trop « rustres » et éconduisent avec mépris. Ils jurent de se venger et leur envoient leurs valets qui se prennent pour des gens de qualité. Ils se présentent sous les noms de marquis de Mascarille et vicomte de Jodelet, et Madelon et Cathos ne cessent de s’extasier devant leurs pires extravagances !

 

Comme souvent avec Macompagnie de Jeanne Béziers, la mise en scène décoiffe. C’est coloré, inventif, scintillant, évolutif… Un gigantesque escalier sur roulettes, habillé de tapisserie comme celle qui habille le fond de scène, et que l’on déplace au gré des scènes, des boules à tango, des perruques et chapeaux de couleur, des costumes multicolores et des lustres qui descendent du plafond et deviennent crinolines, le tout confectionné avec des morceaux de plastique recyclé, des maquillages outranciers… Les comédiens se déplacent sur des roulettes lumineuses fixées sur leurs chaussures, ce qui parfois peut s’avérer périlleux ! Martin Béziers, à qui l’on doit les arrangements musicaux, et Gilles Favreau assurent pour partie l’accompagnement musical au piano.

 

Cette comédie musicale animée et virevoltante met encore plus en évidence l’aspect insupportable du comportement des deux cousines, certainement trop oisives, qui fabriquent leurs cosmétiques, apprennent l’anglais, veulent s’exprimer avec préciosité, comme dans les salons parisiens. Peut être souhaitent-elles seulement s’émanciper, mais en comblant le vide de leur existence de cette façon, elles tombent dans une autre forme de dépendance, celle d’un parisianisme forcené, qui fait d’ailleurs dire à Mascarille « Pour moi, je tiens que hors de Paris, il n’y a point de salut pour les honnêtes gens ».

 

Malgré le dynamisme du jeu et de la mise en scène, j’ai trouvé quelques longueurs dans ce spectacle, encore bien jeune puisque créé en janvier 2014. Laissons lui donc le temps de maturation indispensable !

 

Cathy de Toledo

 

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