Brozzoni_quand-membrassera-tu.jpgSpectacle de compagnie Brozzoni (74), vu le mardi 14 mai 2013, à La Rampe d’Echirolles (38)

 

Mise en scène et adaptation : Claude Brozzoni

Poèmes : Mahmoud Darwich
Musique : Claude Gomez, Abdelwaheb Sefsaf et Georges Baux
Chanteur comédien : Abdelwaheb Sefsaf
Peintre : Thierry Xavier
Scénographie : Calude Brozzoni
Création lumière : Didier Beauvarlet
Son : Titou Victor
Régie lumière : Fabienne Flrouzat
Costumes : Pascale Robin
Construction décor : Christophe Charamond
Accessoires : Pascal Julliard

 

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Genre : spectacle qui mêle texte, théâtralité, musique et graphisme en direct.

Public : adultes et ados

Durée : 1h30


 

 

Ma curiosité pour ce spectacle se rattachait à deux points : le parcours d’Abdelwaheb Sefsaf que j'avais déjà vu et entendu en versions concerts (Dézoriental - Désoxydant), et dans une proposition théâtrale (Ahmed philosophe ; d’autre part, la découverte de la poésie de Mahmoud Darwich)

 

Trois musiciens devant un mur, page ouverte sur un texte "Je m’en souviens encore... mon enfance". Au sol, des tapis et des vêtements colorés, épars, enveloppes de l’humain, de nos humanités. Au cours du spectacle, le mur sera papier. Papier barricades, papier regards, larmes et arbre généreux. Papier rouleau qui délie son fil, "le jeu dangereux de la poésie" en lettres rouges et noires, soulèvement des lettres, voyelles et consonnes pour se mettre et rester debout quand tout porte à s’effondrer.

 

Cette proposition m'a projetée dans l’urgence et la vitalité du dire. Dire percutant et percussif. Dire poétique, du trait d’un poète ancré dans la vie, ses couleurs, ses espérances et ses refus. Embardée sonore puissante et magnifique aux croisements du visuel qui se peint, se trace, se griffe et raconte au fur et à mesure. Résistance. Combat. Urgence. Vitalité.

Au texte, la voix d’Abdelwaheb Sefsaf transporte chaleur, caresse(s), puissance et cris. Elle gratte les mots qui appellent les images d’un peuple mutilé et combatif, face à l’acier et dans l’odeur du sang épicé. Voix d’un peuple parmi les peuples opprimés, sans terre et sans visage(s). Harangue du verbe porté à bout de souffle.

Le geste de Thierry Xavier tague le récit, comme un jet d’encre. Il donne corps aux mots, impulse le mouvement. Parce que la poésie ne prend pas de fard et s’écrit dans la rue, pour tous.

 

Claude Gomez et Georges Baux, compagnons qui intervenaient également dans "Désoxydant", contribuent à ce voyage exigeant et lyrique en oscillant entre création d’ambiances, de sensations sonores, musicalité et respirations.

Une soirée qui prend en dedans de soi des racines pour écarter les ailes.

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