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Spectacle de Charly Astié, vu le 18 juin 2013 au Théâtre de Pierres (Fouzilhon - 34).


Conception et interprétation : Charly Astié
Mise en scène : Werner Büchler


VIVANT-1-toile-2Genre : Poésie, chanson, théâtre, collectage audio

Duree : 1h

Tout public

 

 

Si une chose est sûre dans le spectacle du jeune Charly Astié (24 ans, un peu poète, un peu chanteur, un peu cycliste, un peu gamin, un peu rêveur, un peu musicien, un peu sampleur, un peu "human beat box" aussi, ben oui quand on est jeune on fait plein de trucs et du coup on fait rien), c'est qu'il voudrait sûrement ressembler à sa grand-mère Simone quand il sera plus grand, tant son spectacle tourne autour de l'admiration qu'il voue à cette octogénéraire quelque peu déjantée.

C'est donc avec un extrait sonore de sa grand-mère, ingénieuse polissonne, qu'il entame ses polissonneries. Simone nous raconte ses souvenirs de steack planqué sous les fesses à l'occasion du Paris-Brest-Paris de 1971, la fameuse randonnée cyclotouriste de 1200 kilomètres qu'elle fût la première femme à gagner en 79h38. Témoignage touchant et plein d'humour qui prend place à la place du spectacle, pendant que le jeune garçon tourne inlassablement les roues de son vélo (à l'envers sur la scène) dans un sens, puis dans l'autre.

S'en suit, sans trop d'accord d'ailleurs et entrecoupé de pantalonnantes momeries, d'autres extraits sonores, dont une longue litanie par la grand-mère des nombreuses indécisions du gamin Charly quand il était petit (probablement déjà un farceur tendre qui voulait attraper les yeux de sa mamie...). 

Durant plus d'une heure l'enfant nous raconte, sans trop de mots, sans que ce soit jamais vraiment direct et sans que l'on ne comprenne bien d'ailleurs la teneur de son texte (mais toujours de manière puérile et espiègle), les facéties de la jeunesse. C'est comme une longue démonstration d'un être qui se force à éclore, le cul entre deux chaises (une trop grande et une trop petite... mais comment faire pour s'asseoir, dis ?), encore effrayé par les profondeurs. "J'étais bien dedans", nous dit-il à propos du ventre de sa mère. Ne pas grandir, tel semble être le maître mot de cet enfant à la fois autiste et malicieux, qui semble avoir coupé les fils de ce qui pourrait l'amener à devenir plus sérieux, adulte peut-être ? Ou autiste... Le spectacle prend parfois la tournure d'une déclaration, d'un aveu ou d'un témoignage de ce qui pourrait être en fait un handicap. "J'ai préféré être handicapé, le parking est plus prêt. Tu gagnes de l'argent, et moi je gagne du temps".

S'appuyant sur des poèmes d'hyperactifs dégénerescents ("pour ne pas avoir froid, je suis resté chez moi, pour ne pas avoir mal aux pieds, je n'ai pas marché, pour ne pas pleurer, je n'ai pas eu de problème"), le jeune homme chausse sa vie de non-envies et "conscientise consciencieusement". On se demande bien ce qui peut lui faire peur, entouré de ses meilleurs amis, ses poèmes, sa famille, son oncle fantôme à l'opéra de Paris.... Peut-être craint-il cette société dont il n'a pas envie ? "C'est nul de se faire teindre les cheveux et d'avoir une poussette", chante-t-il dans "Ainsi font, font, font, les petits maris honnêtes". 

A force de jeux de mots ponctués par des abymes sonores tout autant dissonnants, et à force de fonds au final pas bien profonds, on retiendra surtout l'émotion et les rires du public, touché par ce lien entre les générations. A se reposer, il se fatigue ? Mais le vide amène la poésie. "Tricoter un pull en neige et y coudre un flocon" est peut-être finalement moins pénible que de vouloir tout faire, même des enfants....

J'en suis sortie pas convaincue, mais bon, le spectacle va peut-être aussi mûrir comme le jeune homme... avec le temps.

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