Vu au théâtre Notre-Dame le 19 Juillet 2013, 17h30Stan

Festival off Avignon

  VIVANT2-toiles-3

Auteur-interprète : Stan (Christophe Carotenuto)

Miseen-scène : Christophe Carotenuto

 

Genre : One-man show, humour

Durée : 1h15

Püblic : tous publics à partir de 12 ans

 

Comédien de formation, Stan joue au théâtre, au cinéma, à la télévision,  fait des lectures et de la danse.Ayant commencé très tôt à écrire des sketches, il s'est lancé avec ce spectacle dans le one-man-show.

 

Je suis sortie très partagée de ce spectacle qui me semble avoir deux têtes. Intéressée par de brillantes démonstrations, j'ai regretté de sentir l'ensemble comme tiraillé entre deux mouvements contraires et sans fil conducteur. Dommage car Stan a de nombreux talents : pantomime, humour verbal, burlesque, danse, chant, poésie, et un background culturel qui lui permet d'asseoir son jeu avec finesse dans un contexte solide.

 

Nous avons été accueillis par un court préambule avec de bons mots d'esprit sur Socrate, Platon et Nietsche. Sans lien, Stan enchaîne ensuite sur des sketches de comique de situation, scènes de vie quotidienne amusantes mais un peu convenues. A posteriori et par contraste avec ce qui a suivi, cette première partie m'a même semblée incongrue.

 

Stan ensuite nous régale avec une succession de sketches créatifs :

- Une scène réellement délirante d'altercation avec sa chaussure et de détournements d'objets (semelle, lacets) fascine littéralement le public.

- Assis, un tissu noir en guise de chevelure, voici la Joconde, avec son demi-sourire en biais qui se plaint de sa vie "d'objet de désir qui ne sort pas de son cadre" et regrette de n'exister que lorsqu'on la regarde ...Superbe.

- Il imite ensuite Michael Jackson en dansant dans une excellente parodie sur le rythme exact de la star.

- Coiffé d'un bonnet qui lui décolle les oreilles, il nous raconte qu'il est un gars "trop gentil". Pacifiste, humaniste, ce poème en slam est émouvant et assez profond.

- "Avalant un Devos" il dit un poème très réussi "à la manière de" ... sur RIEN, puis un autre assez long et beau de sa composition, où l'on décèle Rimbaud et d'autres références.

- Il termine "enceint", le T-shirt gonflé d'un ballon, disant en alexandrins un excellent poême sur la grossesse et l'enfant, en pastichant la tirade du nez de Cyrano.

- L'idée de "dupe" arrive à la fin,  un peu artificiellement.

Malgré la qualité de jeu, l'ensemble m'a paru trop hétéroclite, comme une avalanche de cadeaux empilés sans soin. Encore une fois, dommage.

 

J'ai l'impression que Stan est  porté par une ambition généreuse et trahi par ses nombreux dons. Son ambition : faire des spectacles présentant plusieurs niveaux de décodage afin d'être accessible au plus grand nombre et de ne pas séparer culture dite populaire" et culture dite "d'élite". Je le vois comme trahi par ses dons car il est difficile de canaliser autant de talents, d'énergie et d'intérêts sans avoir l'impression de renoncer à une part de soi-même, d'où l'effet d'accumulation désordonnée que j'ai ressentie. Il semble "passer du coq à l'âne sans demander l'avis de la poule", l'expression est de lui. Conscient du problème, il a des projets, mais devrait se faire assister d'un "regard extérieur" très rigoureux pour élaguer et rendre cohérent.

J'attends avec impatience la présentation d'une version structurée et articulée de ce spectacle. De telles qualités de générosité et de créativité doivent être encouragées, d'autant plus lorsqu'elles sont capables de produire de belles prestations artistiques.  

 

 

 

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