Macbett
Macbett

Spectacle de la Fox Compagnie (74), vu à Avignon Off 2015, Théâtre La Luna, à 14h30 jusqu’au 26 juillet

D’Eugène Ionesco

Avec : Samir Dib, Pierre-François Doireau, François Juillard, Yannick Rosset, Céline Sorin

Mise en scène : Céline Sorin

Musique : Samir Dib

Scénographie : Daniel Martin

Création Lumières : Mathilde Foltier Gueydan

Genre : Théâtre

Public : Tout public

Durée : 1h15

Création 2015

Gardant un excellent souvenir de "Sindbad", dans le registre du théâtre noir que j’affectionne et que j’avais vu en 2013, j’ai eu envie de retrouver la Fox Compagnie dans un genre pour le moins différent ; avec cette mise en scène de Macbett de Ionesco.

En ouverture, face à un portant chargé de vêtements, au milieu desquels sont « suspendus » les barons Glamiss et Candor, complotant contre l’archiduc Duncan, on aurait pu croire que la mise en scène allait s’orienter vers une certaine forme d’humour... Il n’en est rien, et le tableau dressé des dictateurs, présents, passés, et hélas à venir, et de leur cour, est on ne peut plus noir. Mais comment aurait-il pu il en être autrement ? Bien vite d’ailleurs le ton est donné, avec en voix off les « aboiements » du plus célèbre dictateur du XXème siècle, qui clôtureront également le spectacle…

L’ambiance oppressante est servie par un très beau décor figurant d’immenses silhouettes de chevaux portant vers les champs de bataille les troupes des dictateurs et des barons en mal de domination… Le mouvement est suggéré par les éclairages arrières, et de manière générale tout au long du spectacle, la création lumières, très réussie, sert la noirceur, et en même temps le ridicule et la vacuité des personnages, en se reflétant sur le visage blanchi des acteurs. Il est à noter que les costumes sont aussi soignés que les maquillages. Avec tous ces atouts, les acteurs ne pouvaient qu’être impeccables.

Mais il est bien difficile de rire, et même de sourire, face à la versatilité de l’opinion publique et à l’accumulation de complots qui se succèdent amenant au pouvoir un despote après un autre, anéanti ensuite par un nouveau complot. Ainsi, s’il est une phrase à retenir de Ionesco c’est bien « L’accession au pouvoir entraîne-t-elle la myopie ? », d’un pessimisme qui ne laisse guère d’espoir...

Belle prestation donc - certes à déconseiller à ceux qui auraient l’humeur morose - qui m’a semblé par moments souffrir de quelques longueurs. Mais laissons à ce spectacle, tout neuf, le temps de trouver sa vitesse de croisière.

Cathy de Toledo

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