Nous, les Héros (version sans le Père)
21 juil. 2009
Théâtre et Compagnie
Interprètes : Judith Bècle, Floriane Durin, Léo Ferber, Lucile Jourdan, Marianne Pommier, Steeve Brunet, Renaud Dehesdin, Gilles Najean, Philippe Nesme, Pierre Tarrare
Mise en scène : Michel Belletante
D'après le texte de Lagarce
Spectacle joué Au Petit Louvre du 8 au 26 Juillet à 20h15
Il y a pulsation, souffle commun. On ne peut vivre sans l'autre. L'autre nous sert d'appui, de soutien. Sans lui on tombe, on dégringole à la renverse.
Choeur antique où chaque figure s'avance, sort son visage pour nous délivrer un état d'âme.
Coeur qui bat, pouls rythmé par le voyage d'une troupe qui survit, gagne sa vie au gré des rencontres, au hasard des théâtres.
Chorale qui chante pour un mariage que l'on veut célébrer à tout prix. Un mariage que l'on pourrait croire sorti d'une pièce de théâtre tellement il est illusoire.
Les uns parlent pendant que les autres écoutent, se taisent, figés par l'absence de texte. La parole est la cause du mouvement, sans elle nous sommes morts.
Chorégraphie de comédiens qui se passent la parole comme s'il s'agissait d'un objet tour à tour fragile, secret, encombrant, lourd. Pas facile de se débrouiller avec celle-ci et de l'utiliser comme il se doit. Pas évident de trouver les mots justes, comme il faut. Alors on bute, on se répète jusqu'à la dérision, on se perd, on affabule. Le verbe est dangereux et certains personnages ne l'usent plus, ou très peu. Ils ont déjà fait leur temps avec le langage où ils ne sont pas encore assez à l'aise avec celui-ci. Ainsi la mère le manipule-t-elle avec précaution et force conviction.
Un théâtre de valises amène son lot de préjugés (souvent négatifs pour ma part). Pourtant ici, ces objets théâtraux par excellence ne sont pas superflus. Ils sont symboles de voyage dans un premier temps. Cette troupe qui vivote n'a plus que ces bagages comme repères vitaux. C'est par elle que se construit l'imaginaire, l'illusion scénique. Objets aux multiples visages qui apparaissent comme révélateurs de la fonction de chacun.
...
Il y aurait tant à dire. Beauté des costumes, personnage du jeune frère (au masque de singe) incroyable, ambiance de troupe saisissante, comédie de la vie visionnaire, ambiance similaire à l'univers de Kusturica...
Je n'en ai pas encore dit assez mais peut être y reviendrais-je. En attendant n'attendez pas !!!