La compagnie "Il était une voix" a présenté "Caprices d’amour", une création 2006 qu’on a pu voir à Avignon, à la Guinguette à Fontaine (38) le samedi 15 septembre à 20h30.

Trois courtes pièces de trois auteurs de la fin du XIX siècle :
- Par la fenêtre de Georges Feydeau
- Le plaisir de rompre de Jules Renard
- La peur des coups de Georges Courteline

Public : adultes
Durée : 1h15

Avec :
- Shirley Marek
- Benoît Olivier


Ce n’est pas la première fois que nous croisons le parcours de ces deux comédiens que nous avons vu jouer ensemble ou séparément et dont nous apprécions la diversité de rôles :
- Shirley Marek seule, dans "Madame Marguerite" qu’elle tourne d’ailleurs toujours
- Benoît Olivier, membre de la compagnie "Cyrano" , avec son compère Maurice Hébert, à domicile avec "Drôles d’oiseaux", ou encore avec une autre compagnie dans "La solitude des champs de coton" de Bernard-Marie Koltès à la salle des fêtes de St Paul de Varses (38).
Autant de lieux, autant de points de vue !

Ce n’est pas la première fois non plus que nous nous rendons à la Guinguette, petit lieu de l’agglomération grenobloise qui propose une programmation théâtrale et musicale régulière depuis plusieurs années maintenant.

Dans "Caprices d’amours", on n’est pas dans le théâtre qui vous saisit au col, d’emblée, non, qui vous tourneboule les boyaux, point s’en faut. La proximité nous emmène immédiatement dans un jeu où la mise en scène se construit devant nous : une table, des chaises que les comédiens disposent autour d’une petite table, en arrière plan un paravent qui servira de coulisses miniatures. Des choses simples, un quotidien posé, avec une once de "petit bourgeois". Et oui, on est dans le siècle où les femmes portaient ombrelle et les hommes binocle, où on se faisait la cour et où on se quittait en demi mot. La chanson d’Yvette Guilbert, "le fiacre", appelle aussitôt le partage, comme une gourmandise à déguster ensemble, de part et d’autre de la scène. Elle fera lien entre les piécettes, jolie ritournelle du temps passé, respiration légère et amusée. Si "Par la fenêtre" est une sorte de mise en bouche, une entrée en matière légère et sans embages, "Le plaisir de rompre" donne dans l’aigre-doux, opposant l’attrait des partenaires pour des vies bien rangées à l’abri du besoin et les regrets non avoués, l’amour qu’on affectionne mais qu’on sacrifie en retenant ses pleurs. Ce deuxième voyage en amour est particulièrement juste, juste dans le jeu des comédiens, les regards qu’ils se portent, les silences posés. Il nous émeut, nous renvoie à nous-mêmes et cet aujourd’hui. Entre convenance(s) et convention(s). Il fallait bien "La peur des coups" pour changer de registre et faire que l’on se quitte sur une note sourire. Un moment épatant à consommer entre amis, dans un petit espace comme celui-ci ou même à domicile, en appartement, puisque la mise en scène intègre parfaitement cette donnée. Le théâtre en appartement, c’est tout à fait charmant !

www.la-guinguette.tk/

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