Samedi 12/05/2007 à la Guinguette à Fontaine (38) Un streapteese psychologique autour de "Dires et médires de ma grand-mère" qui mêle humour noir et tendresse
Sources des textes :
-  Gaston Coûté : La noce
-  Marie Fauché , adaptés pour le besoin du scénario de l’histoire et tirés de " Contes de femmes qui veillent"
-  spectacle écrit par Annick Magnin avec des mots de sa grand-mère
Musiques et chants :
-  traditionnels des Alpes
-  compositions de Michel Fabre

Avec :
-  Annick Magnin aux textes
-  Michel Favre au violon

Durée : 1h30
Public concerné : adultes et ados

Nous savions qu’Annick Magnin faisait partie des Belettes et des Balbelettes, groupe de chanteuses traditionnelles, résolument vocal et qu’elle s’occupait du Bélier Tapageur à Rives. L’occasion nous a été donnée ici de découvrir son travail sur scène, un travail en solo, dit-elle, pendant deux ans, puis qui croise l’univers de Michel Favre, agriculteur-musicien spécialiste du Rigodon, à l’origine de Rigodon Sauvage, La Compagnie du Rigodon, Drailles , les Violons du Rigodon...résolument violon, qui s’occupera de la mise en musique de ce récit qui s’appuie sur les "Dires et Médires" d’une grand-mère, grand-mère de la comédienne-chanteuse mais aussi quelque part notre grand-mère à nous autres.

Le spectacle commence comme une marche, une marche musicienne et processionnaire mais aussi une marche vers et au-travers des gens, des étapes de la vie, une marche d’une femme-fille aussi, une marche vers une grand-mère qui n’aurait jamais du mourir puisqu’elle l’avait dit quand sa petite fille lui avait demandé "Dis, grand-mère, tu vas jamais mourir ?" ... Annick Magnin nous offre des portraits, des rencontres, tout en chansons, en souffles, avec un corps qui parle, qui se dit à nous, qui est aussi le nôtre. Il y a ces mots d’antan, ces mots qui n’ont plus cours maintenant, comme en odeur de papier buvard, qu’on a froissés, qui ont vécu, dont on regrette la saveur ou l’âpreté, la brusquerie, un brin coquins... Il y a ces mots-mémoire, ces mots qui nous font frissonner. Il y a ces mots-images qui s’achèvent sur un bouquet, une "fleur de grand-mère". Annick Magnin aime la langue, celle qui se dit, qui se parle, se chuchote ou se chante. Et quand elle ôte ses "artifices", efface le rouge à lèvres et dénoue ses cheveux, c’est l’offrande et la simplicité, le vrai et le miroir. Le violoneux est tour à tour colporteur, musicien, ramoneur ou Père Ramasse, enfin homme, tout simplement, homme d’hier et d’aujourd’hui, homme séducteur et craint, homme supporté, voire imposé à la femme qui devra travailler toute sa vie durant sans jamais pouvoir s’arrêter, même à chaque grossesse... Il offre une présence sobre, comme une évidence, et dispense le regard aux récits.

Un spectacle qui pourrait peut-être malgré tout être un peu "ramassé" et qui gagnerait en interactivité lorsque les chansons se prêtent volontiers au répondre. Il y a eu une belle écoute ce soir-là à la Guinguette et le silence de quelques secondes qui a suivi ce voyage atteste de l’émotion ressentie par le public présent. Un spectacle approprié à des petits lieux, pour l’instant destiné à des prestations privées mais qui sans doute va aller se promener prochainement du côté des montagnes. A notre avis, il pourrait tout à fait avoir sa place dans des lieux et festivals dédiés à la parole.

La Guinguette, 80 avenue du Vercors, Fontaine (38) > http://www.la-guinguette.tk/

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