La Cie iséroise LES PHOSPHORESCENTES a ouvert la saison automnale du Chapiteau de l’Isère, mercredi 16 septembre 2009, avec son spectacle joué sur la commune de Noyarey (38).
Un spectacle ouvert à tou(te)s puisque gratuit.

- Durée : 1h
- Public : préconisé à partir de 6 ans ; conseillé pour tou(te)s à partir de 8 ans

Avec :
- Anne Laurence Terrasse et Marion Mercier : créations plastiques et images-mise en scène
- Geneviève Burnod : composition musicale et vocale

  

Nous avions vu il y a déjà quelques années de ça un spectacle de cette compagnie à la P’tite Salle de Vizille (38) http://www.sortiravizille.com/ : "Vernisson-Vermillon". Etait déjà présente l’approche visuelle et luminescente proposée par cette équipe. Le spectacle "POésie d’Ane" s’inscrit donc bien dans une recherche constante, entre ombres et lumières, transparence des corps et évocations. Une marque de fabrique incontestable !

   
Délibérément, l’histoire se niche dans un écrin de velours feutré tel celui d’une alcôve ou d’une église. Sacralité du propos ? Chuchoti autour d’un récit d’antan, tout en pur imaginaire... ? Parce que cette histoire, si elle se pare de mots et de couleurs, n’en est pas moins celle, terrible, d’une fille convoitée par son père qui voudrait de surcroit convoler en "justes noces" avec elle... Vitraux et dentelles, pénombre et lumière noire, fil(s) de soi(e) et mouvances en même temps d’immobilité somptueuse qui emprisonne. La musicienne-lectrice ouvre le conte avec son violoncelle, qui ensuite se soustrait au regard au profit de suggestions sonores et visuelles : claqués de langue, roulis des sons, calebasses ventrales... Elle reste dans sa niche, pythie et témoin, mémoire du sort jeté sur une princesse bien née muée en gardienne de dindons crottée. Jusqu’au moment de la fuite obligée, le décor parle de lui-même, sans que soit figurés la Belle et son père le Roi. Les images défilent, les couleurs-vitrail reflètent une ambiance, invitent des sensations, sans imposer, jamais : chacun(e) de nous imagine les robes de la princesse, leur somptuosité, le chatoiement des tissus choisis, le trouble qui la saisit... à chaque demande, à chaque voeu exaucé. Ce n’est que lorsque la nécessité de partir s’impose que la poupée-derwiche franchit la barrière de la nuit pour aller vers Ailleurs, prendre autre identité, construire une cabane duveteuse où elle revêt ses robes et peigne ses cheveux...

Si le ton employé nous a semblé parfois quelque peu emphatique, force est de constater et de reconnaître que les portes ouvertes sur cette version revisitée de Peau d’Ane qui flirte avec celle de Cendrillon révèlent des échancrures par le fait-même que ce qui est donné à voir est subtil et suggestif, propice à r-éveiller nos imaginaires. On est loin du factuel et des évidences, ce qui conduit le spectateur à convier ses propres représentations et ainsi à en être créateur. Chacun(e) aura pu voir, à sa manière propre, palais, forêt, princesse, âne, roi et princesse sans qu’on lui en impose. Une belle liberté nous a été donnée, qui a pu décontenancer.

Un spectacle qui nécessite le noir absolu pour être pleinement goûté.

 

Pour en savoir plus sur la tournée du Chapiteau :
Web : http://www.isere.fr/10839-chapiteau-de-l-isere-2007-les-villes-etapes.htm

 

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