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Cie L'Ophelia Théâtre (38)

 

La compagnie grenobloise est une adepte convaincue de la rencontre et du partage. Pour cette toute nouvelle création (la première a eu lieu la semaine dernière), elle nous invite à suivre des jeunes Brésiliens issus des favellas, avec qui elle a engagé depuis plusieurs mois un travail en collaboration d’une ONG. Des jeunes âgé(e)s de 14 à 22 ans qui transcendent leur(s) vécu(s) et dispensent sur scène une belle énergie. Nous nous sommes rendus à une séance destinée à des scolaires, le mardi 4 mai 2010, à l’Heure Bleue de St Martin d’Hères (38). De nombreuses autres prestations suivront, notamment sur la région grenobloise.

 

- Tout public

 

Distribution :
- Mise en scène et dramaturgie : Laurent Poncelet
- Assistants : Ernesto Filho et José W.Junior

   

Tandis que les spectateurs gagnent leur place, les interprètes sont déjà en scène. Echauffement(s) dans tous les sens du terme puisque ce temps leur permet probablement de prendre le pouls et la température de leur public. Un public de scolaires, enfants, lycéens et jeunes handicapés, venus nombreux pour cette représentation.

Sur le plateau : un décor de façades de maisons blanches. Au-dessus : un écran qui affiche la traduction des paroles prononcées. Ca commence par " un garçon a failli mourir " et une fille qui attend celui qu’elle aime. Amour(s) et Mort(s) : des thèmes qui reviennent tout du long du spectacle. Il y a la Vie, celle de ces corps pétulants qui cabriolent sur fond de tambours. Il y a l’Obscur, celui des rues dangereuses, des rues violentes où tout se joue, la drogue, la prostitution ; où l’on gagne son pain en hélant le passant ou en cirant des pompes. Avec en sus la Religiosité, mélange de croyances et de superstitions. C’est une arène, qui vibre au rythmes et sons des mains percussives, un territoire suave à conquérir et à soumettre où s’expriment la séduction et les peurs : "  Dans mon ventre, tambours et cris dansent avec moi ". Cercle de transe(s), cercle magique, cercle qui enivre et condamne sur un chaloupé de Capoeira ou un vibrato africain. On pensait voir un spectacle de danse(s). C’est au-delà de ça. C’est un cri pour voir la lumière au-delà du sacrificiel, c’est une supplique quand l’un demande " Viens me faire des caresses ", comme le susurrerait l’enfant oublié, cet enfant qui s’anime et se passionne pour le foot, sport ô combien populaire et fédérateur d’une nation toute entière.

Ils sont pêchus, gonflés à bloc, ils sont voraces et prêts à mordre dans la Vie. Leurs jeux ne donnent pas dans les faux-semblants. Ils résonnent de leurs expériences, de leurs joies et de leurs effrois. Ils sont cordes tendues à bloc mais n’en veulent pas à la terre entière.

 

Un travail qui s’inscrit dans le temps, dans des parcours de vies. Un écueil du côté de la cohérence et cohésion de la proposition. Ça nous a paru un peu long et pas toujours construit et re-lié. Quand ça semble (pourrait) s’arrêter, ça reprend et on s’essouffle. Côté public, ça remuait, mais faut-il en rendre responsables les jeunes interprètes ? Pas sûr. Plutôt une interrogation quant à la manière dont certains scolaires viennent au(x) spectacle(s), et comment ils se sentent concernés... Si de fréquents échanges ont lieur après les représentations, peut-être gagnerait-on à préparer les évènements et à redire avant chaque séance les principes qui font de nous des spectateurs à part entière.

 

Web Heure Bleue : http://www.ville-st-martin-dheres.fr/heure_bleue_tarifs.html

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