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  • Le blog VivantMag vous offre une veille artistique régulière sur les créations de spectacles vivant en France. Il est destiné aux programmateurs réguliers ou occasionnels, aux compagnies, mais aussi aux spectateurs. Si vous souhaitez nous rejoindre pour chroniquer des spectacles, vous pouvez nous contacter sur le site.
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Avec plus de 1.200 spectacles commentés sur ce blog, les correspondants Vivantmag - AdAdiff, ne se posent pas en censeur du spectacle, loin de là. Nous souhaitons seulement faire partager un point de vue, forcément subjectif, sur les spectacles que nous voyons. Chaque retour de spectacle est ouvert à vos propres commentaires, et n'hésitez pas à en laisser car ils enrichissent ce travail d'échange et de partage d'informations.
Pour faciliter la lecture des spectacles, nous mettons désormais en place un picto permettant de donner notre avis général sur le spectacle. En voici le détail :
Décevant
Moyen
Pas mal...
Bien !
On adore !!! 

les spectacles du Off 2014

Découvrez tous les spectacles commentés par les correspondants de Vivantmag, et présents sur le Off 2014 d'Avignon. Certains ont été vus à leur création, en salle ou sur d'autres festivals, ou sur des précédentes éditions du Off. Grâce à un travail de veille artistique tout au long de l'année, l'Adadiff met à votre disposition son équipe de correspondants et vous permet de disposer d'un regard extérieur et indépendant pour faciliter votre choix. Commentaires ici...

7 septembre 2017 4 07 /09 /septembre /2017 18:36
Dévêtu(e)

 

Spectacle de la Compagnie Thé à la rue (49), vu le 24 août dans le IN au Festival Aurillac 2017, à l'Institution Saint Eugène. Du 23 au 26 août à 10h et 17h.

 

Direction artistique: Sophie Mesnager et Amédée Renoux
Interprétation: Erwan Barbien, Bérangère Déméautis, Guillaume Derouineau, Antoine Meunier, Yui Mitsuhashi, Sophie Mesnager, Amédée Renoux

 

Genre: Propositions artistiques sous forme d'entresorts. Plusieurs disciplines artistiques
Public: A partir de 16 ans
Durée: 1h30

 

Je ne définirai pas ce spectacle comme tel mais plutôt comme un concept/une expérience individuelle et collective. C’est le regard sur le corps qui est travaillé autour de cette installation originale. Le regard sur soi, sur l’autre, le corps qui sent, qui ressent, qui vit, qui a déjà vécu. Les apparences physiques sont parfois trompeuses avec tous les accessoires que nous pouvons ajouter sur notre corps. Alors ici nous en revenons à l’essentiel ; le corps en ce qu’il est de plus simple et de plus commun à tout un chacun.

Je me laisse aller dans cette expérience innovante, originale et tellement bien menée. J’observe, on s’observe, la bienveillance a été actée à l’entrée par une partie des comédiens de la troupe. Cette observation sera donc bienveillante, j’observe pour voir comment je me sens par rapport aux autres, pour voir comment on se sent tous ici dans cet espace-temps atypique.

 

Un concept qui m’a totalement embarquée. Je ressors surprise par ça, par eux, par moi, la tête ailleurs. Je me suis sentie être dans une bulle de bien-être, j’aurais aimé continuer encore.

Plusieurs disciplines artistiques sont proposées à travers diverses installations, propositions et expériences. C’est aussi cela qui m’a fait apprécier d’autant plus ce moment. Je ne peux me permettre de lister les différents arts mis en avant, il faut le découvrir, le sentir, le ressentir, se laisser aller, voire se laisser bousculer…

J’ai beaucoup adhéré à la place que l’on nous donne, nous ne sommes plus seulement des spectateurs ; timides ou plutôt confiants, tout le monde peut s’y sentir à son aise grâce à cette bienveillance ambiante et bien maîtrisée par la Compagnie.

 

Une expérience telle, c’est ma première fois. De l’installation aux propositions, tout est créatif, bien pensé, bien mené et à chaque fois on souhaiterait y rester. C’est le cas pour le groupe d’amis que nous étions. Dans cette chronique, je reste volontairement vague et floue car si j’en dis trop je pourrai desservir l’expérience que propose la Compagnie et surtout influencer votre ressenti.

Le seul petit bémol que je me permettrais serait celui de ne pas avoir eu le temps d’expérimenter chaque proposition faite car la jauge était importante. Est-ce la durée du spectacle à élargir ou la jauge à restreindre? En tout cas j’ai été très peu frustrée car conquise par ce que je venais de vivre. 

Ce n’est pas de manière habituelle que le public a remercié la Compagnie. La culture de l’applaudissement est elle aussi détournée pour un remerciement bien plus innovant. Jusqu’au bout je suis surprise et conquise par cet espace-temps inhabituel et tellement captivant. A découvrir sans hésitation et sans modération. Une expérience proposée osée et merveilleusement bien réalisée !

 

Il faut découvrir ! Je souhaite à la Compagnie de continuer à proposer "Dévêtu(e)" dans de nombreux festivals et autres événements. Leur travail le mérite et c’est ce qu’on attend en tant que public : ressortir enchanté, ravi, étonné, émerveillé. C’est l’art vivant dans toute sa splendeur. Merci pour cette expérience coup de cœur que je souhaiterais volontiers réitérer et qui va me rester.

 

Valérie Desbrosse

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27 juillet 2017 4 27 /07 /juillet /2017 18:27
Philo foraine

 

 

Spectacle de Monsieur Max (75), vu le 25 juillet 2017, dans le cadre du festival Off d'Avignon, à la Maison IV de chiffre à 12h30.

Auteur et Interprète : Alain Guyard

Genre : Seul en scène
Public : Public adulte
Durée : 1h20

A mi-chemin entre le bonimenteur, les Blues Brothers, le professeur de philo et le Ouech Ouech de cité (oui, je sais, ça fait beaucoup de chemins !), Alain Guyard nous propose une approche de la philo pour le moins originale. Il nous offre les clés d’un raisonnement argumenté, porté par des références à des penseurs divers, et dans un langage imagé et cru. Chaque jour, il nous propose un sujet et c’est un vrai exercice de style dont il se sort à merveille.

Il nous propose son plan, sans formalité et pour donner le ton, tel un bonimenteur de métaphysique ou un décravateur de concept comme il se définit lui-même :
la thèse : où il présente la pensée des autres,
l’antithèse : où il présente une approche contradictoire et critique de la pensée des autres,

et la 3ème partie : la foutaise.
Autant dire, que le personnage ne se complaît pas dans une image de philosophe drapé dans ses pensées. Il nous rend le concept accessible et intelligible.

Notre sujet du mardi devait être "Faut-il faire le bien ou se faire du bien ?". Ce jour-là, il a choisi un autre sujet : "Pourquoi il vaut mieux avoir les bourses en action plutôt que les actions en bourse". Le bonhomme aime la provocation et aime réfléchir mais aussi rire de tout ! La démonstration repose sur la volonté de mettre en pièces les idées reçues, comme celles qui consistent à penser que la bourse, c’est l’économie et c’est du concret ! Il s’appuie, entres autres, sur les pensées de Blaise Pascal et Hobbes, penseurs du 17ème siècle, qui reposent toutes deux sur le constat que l’homme est mauvais et qu’il faut le garder sous surveillance. Pour l’un, une surveillance religieuse, pour l’autre, une surveillance étatique. Ces deux pensées sont confortées par Adam Smith, qui pour s’émanciper de la religion et de l’État, développe le concept de marché et de libre-échange, arbitré par la main invisible du marché, censée réguler miraculeusement tout le bazar ! On a bien vu depuis comme ça marche !

Dans sa seconde partie, il évoque les notions du don/contre-don, reposant sur des valeurs d’échanges subtiles et équilibrées (savoir donner, savoir recevoir, savoir rendre), en faisant référence à Marcel Mauss (1925) qui a développé le concept des coopératives agricoles, et en s’appuyant sur le tube de Jea- Jacques Goldmann, "Je te donne". Comme quoi l’homme a l’esprit large.
Enfin, pour retomber sur ses pattes, il termine sa démonstration par le don ultime, le don de la vie, celui qui ne peut pas être du "donnant-donnant". Pour donner la vie, pour faire un enfant, pour être dans cette notion du don, à l’opposé du marché, il faut bien avoir les bourses en actions. CQFD.

On peut ne pas adhérer à la démonstration comme nous le rappelle Alain Guyard, mais celle-ci a le mérite de nous faire rire, de parler de concepts importants et de voir comment combattre les idées reçues.
Une belle réussite !

Eric Jalabert

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25 juillet 2017 2 25 /07 /juillet /2017 14:13
Toute ma vie j’ai été une femme

 

 

©Lauren Muyumba

 

Spectacle de la compagnie KiBu (93), vu le 16 juillet 2017, Festival Avignon OFF 2017, théâtre Au Bout Là-Bas.


Avec : Sophie Kircher, Sarah Bussy
Mise en scène : Sarah Bussy, Sophie Kircher

 

Genre : Théâtre
Public :
 A partir de 8 ans (voire plus…)
Durée : 50 min

 

"Toute ma vie j’ai été une femme" a de quoi surprendre. Il faut lâcher prise et se laisser emporter par ce remue-ménage au féminin (ou remue-méninges ?) quitte à perdre le fil. Le texte de Leslie Kaplan s’adresse davantage à des initiés, avec ses sens cachés et ses jeux de mots. On regrette de ne pas tout comprendre, mais le public rit et c’est bon signe. Cette pièce contemporaine loufoque fait son petit effet. Le texte fuse, les déplacements déménagent et les deux comédiennes assurent.

 

Sans être une œuvre féministe à proprement parler, la pièce reflète une société en quête de sens et interroge la place de la femme aujourd’hui. Les deux protagonistes se répondent du tac au tac pour parler de tout et de rien, et semblent employer une autre langue tout en arrivant à se comprendre. Echanges burlesques, discours creux, tics de langage, répétitions… Dans cet univers fantaisiste et décalé, le thème principal serait plutôt le langage, lui-même symptomatique d’une société qui semble tomber dans l’absurde. Sur le plateau, tout va vite : débit de paroles, rythme de vie, temps de réflexion…
D’où vient ce besoin de courir au quotidien ? Prenons-nous réellement le temps de nous écouter ? On peut se perdre à travers la vivacité des échanges, parfois trop rapides et dénués de sens (ou du moins on n’a pas vraiment le temps de creuser…). On en vient parfois à se demander quel est le sujet de la pièce. Mais soudain, il arrive de retrouver le fil conducteur. Une courte séquence avec la voix off d’une radio fait entendre une question qui résume à elle seule le poids de la responsabilité féminine sur tous les plans (travail, famille…) et la culpabilité qui en découle.

 
A qui cherche-t-on à ressembler ? Le texte questionne les désirs féminins, la sexualité ou encore les nouveaux modèles. Et le sujet ne concerne pas seulement la gent féminine. Sommes-nous transformés par la société de consommation ? La publicité et les programmes télévisés sont-ils en train de lessiver nos cerveaux ? Le spectacle commence avec une séquence vidéo où la gagnante d’une émission TV se demande en boucle : "Pourquoi elle me ressemble, cette femme dans le magazine ?"
Les deux copines, tout au long du spectacle, se posent à la fois des questions superficielles et existentielles. A première vue tout semble léger mais, en lisant entre les lignes, la pièce aborde des sujets plus profonds, toujours sous un angle humoristique. On apprend plus tard que la gagnante de l’émission a notamment reçu une brosse à dents en cadeau, qu’elle avait la cataracte et que l’autre participante a vécu un inceste.

Les cartons, au-delà d’être utilisés comme principal décor, ont une fonction bien particulière : donner libre cours à l’imagination et à l’interprétation. A l’intérieur, on peut y mettre ce que l’on veut. D’un point de vue extérieur, les déménagements à répétition créent à chaque fois un cadre nouveau. Cette mise en scène abstraite évoque les constructions et déconstructions du langage. Il est bien aussi question de liberté à travers les paroles de ces deux femmes libérées, mais en même temps tout est cloisonné, à l’image des formes rectangulaires.
On ne peut qu’applaudir la mémorisation, le jeu et la maîtrise des comédiennes, metteuses en scène, dont il n’est pas étonnant d’apprendre qu’elles sont passées par les cours Florent. Placement de la voix, rythme, respiration, bonne articulation… Tout comme leurs personnages, elles ont la trentaine et l’on croit véritablement voir un couple de copines. Un beau duo qui fonctionne.

 

Lauren Muyumba

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23 juillet 2017 7 23 /07 /juillet /2017 15:51
Reflets dans un œil d’homme

Spectacle de la Compagnie Diable au corps (31), vu le 13 juillet 2017, dans le cadre du festival Off d'Avignon, à "Occitanie fait son cirque en Avignon" (Ile Piot), à 21h15.

Auteur : Mickael Pallandre
Interprètes : Caroline Leroy, Adria Cordoncilla, Mickaël Pallandre

Genre : Cirque
Public : Adulte
Durée : 1h10

Un spectacle de cirque sur le thème du désir, voilà une proposition surprenante, proposée par la région Occitanie.

Petite information préalable, nous étions deux personnes de l’Adadiff/VivantMag pour découvrir ce spectacle et faire notre travail comme nous le faisons depuis plus de dix ans maintenant. Mais nous n’avons eu droit qu’à une seule invitation. Selon la personne de l’accueil et de la région Occitanie qui ne connaissait pas notre existence (nobody is perfect), une seule invitation était accordée par structure. Le dispositif s’arrête le 23 juillet, mais que les programmateurs qui souhaitent y découvrir des spectacles en soient informés. Venez seul ! Autant accorder 12 invitations semble difficile, mais une seule quand nous sommes deux accrédités me semble discriminatoire. Dommage.

Deux hommes et une femme nous invitent sans un mot, dans un univers de portés acrobatiques d’une très grande maîtrise. Les équilibres sont techniquement au point, les images proposées, fixes ou animées, sont très belles et dégagent une poésie rigoureuse.

J’y ai vu un travail sur l’animé/inanimé très intéressant et un jeu avec les mannequins très riche en sensations et en surprise, où l’on ne sait plus qui est la circassienne et qui est le mannequin. Ce jeu va jusqu’à ajouter trois mannequins aux trois comédiens et apporte un rythme original, renforcé par les séquences répétitives à plusieurs moments du spectacle.

Mais quid du désir ?

Bien sûr, on s’amuse à trouver les rapports au désir et j’y ai vu pour ma part, la naissance de l’amour, la répétition des sentiments, l’adultère, l’orgasme (un peu tiré par les cheveux... ou plutôt par le bout du nez!), l’homosexualité, le trio, un Kamasutra circassien, et probablement beaucoup de choses m’ont échappé. Mais, j'y ai surtout perçu une sensation de mort à travers ces mannequins inanimés qui m’a laissé une impression morbide peu agréable malgré l’attrait de l’idée. Je vois bien le lien intellectuel avec "la petite mort", mais cela m’a semblé teinter considérablement l’ensemble du propos. De plus, la référence au désir (doit-on lire le pitch avant le spectacle ou non? Difficile question…) m’a semblé un peu artificielle et parfois un peu systématisée, voire tirée par les cheveux, comme pour l’orgasme nasal.

Il en reste un beau spectacle très esthétique, avec beaucoup de belles idées originales, une maîtrise parfaite et une cohésion de groupe impeccable mais dont les expressions corporelles, incluant les visages, restent un peu figées et froides.

Il m’a probablement manqué la chaleur du désir, le bouillonnement de l’émotion, le feu de l’amour. Mais peut-être est-ce ma propre vision du désir ?

Eric Jalabert

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23 juillet 2017 7 23 /07 /juillet /2017 15:29
Les fêlés

Spectacle de Bonaf Company (75), vu le 12 juillet 2017, dans le cadre du festival Off d'Avignon, au théâtre des Brunes à 19h30.

Auteur et metteur en scène : Philippe Sohier
Interprètes : Serge Bonafous, Sandra Luce

Genre : Comédie
Public : Adulte
Durée : 1h

 

Le pitch nous propose de plonger dans le quotidien d’un couple improbable et nous promet des rebondissements incroyables, des dialogues trash et directs, dans un registre de théâtre contemporain. Alors, pourquoi pas découvrir ce travail?... Autant dire, que je n’ai pas été convaincu!

Nous sommes dans la cuisine d’un jeune couple qui se sépare, et s’envoie des reproches et des répliques où la platitude rivalise avec la provocation télévisuelle. C’est improbable, cela sonne faux…, bref, on n’y croit pas, et cela ne me fait même pas sourire (ni quasiment personne dans le public, pourtant très nombreux). On voit bien que l’écriture a été pensée pour faire rire toutes les 2 minutes 33, mais cela est si laborieux et creux, que cela ne marche pas.

Puis, seul effet intéressant, on se retrouve dans la même pièce sept ans avant, le lendemain de leur rencontre. Et là, rebelote, avec cerise sur le gâteau, une révélation qui plombe l’ambiance où la jeune femme annonce qu’elle est séropositive. (!) Puis, on se retrouve, quatre ans plus tard, où elle nous annonce qu’elle avait voulu tester son partenaire sur sa motivation à vivre avec elle! Que c’est drôle! Bien sûr, tout cela dans un environnement qui ne justifie jamais un tel exercice pendant quatre ans!

Alors, oui je suis sorti un peu énervé de ce spectacle, bien emballé pour attirer le chaland, et ça a l’air de marcher! Mais nous sommes davantage dans un registre de téléréalité (ils annoncent que c’est une histoire vraie!) que de ce que j’attends, même modestement, du théâtre. Car au-delà de cette blague labellisée HIV, ils en rajoutent en adoptant un enfant de dix ans à qui elle donne le sein, il est enfermé dans le congélateur et s'est fait appelé "Findus" toute son adolescence... Bref, comme il est dit à la fin du spectacle : "c'est pas gagné!"

Eric Jalabert

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18 juillet 2017 2 18 /07 /juillet /2017 10:13
Chutes libres
Chutes libres

Spectacle de la compagnie Manuel PRATT (84), vu le 13/07/2017, AVIGNON OFF 2017, à 11h, La Tâche d’encre du 7 au 29 juillet - jours impairs - Relâche : 17 juillet (1ère à Avignon).

 

Interprète : Manuel Pratt

 

Genre : Seul en scène, nouvelles

Public : A partir de 13 ans

Durée : 1h

 

Dans "Chutes libres", Manuel Pratt fait basculer les spectateurs dans l’horreur la plus complète. L’horreur de quoi ? Mais de la vie bien sûr !   

Car n’importe qui peut vivre l’horreur la plus complète.

 

Paru en 2004, ce recueil de nouvelles trash sans lien entre elles prouve combien le Bad Timing de la vie peut nous amener un jour à nous retrouver exactement au mauvais endroit, exactement au mauvais moment. Le hasard du tirage au sort sans doute.

 

Six courtes histoires nous seront livrées de la même manière, au sort, à l’oreille, (et d’ailleurs, méfiez-vous).

Ici les névroses d’un coiffeur perfectionniste, là, l’aliénation cataleptique d’un remarquable chirurgien, partout, le trash de pathologies explosives et des vengeances froides. Gnark gnark gnark… Vous n’aurez pas fini de rire, mais probablement de peur.

 

A programmer, oui, avant de finir enfermé.e vivant.e dans un cercueil, (ou à la CAF).

 

Danielle Krupa / www.allez-zou.fr

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14 juillet 2017 5 14 /07 /juillet /2017 17:46
Provisoires

Spectacle de la Compagnie Les Entichés (18), vu le 12/07/17, AVIGNON OFF 2017, à 15h15 au théâtre du Cabesta, du 6 au 30 juillet.

Mise en scène : Mélanie Charvy
Interprètes : Mohamed Belhadjine, Yasmine Boujjat, Aurore Bourgois Demachy, Tristan Bruemmer, Virginie Ruth Joseph, Clémentine Lamothe, Aurélien Pawloff

Genre : Théâtre
Public : A partir de 12 ans
Durée : 1h35

 

Alors qu'on vient d'entrer dans la salle, que la porte se referme et les lumières s'éteignent, la porte s'ouvre brusquement: le spectacle commence. Je pourrais détailler cette entrée en matière que j'ai beaucoup appréciée mais je préfère laisser la surprise pour ceux qui iront voir ce spectacle que je conseille fortement.

Le contrôle d'identité sera le sujet de ce que je pourrais appeler "la première saynète" de cette pièce. On est directement embarqué dans le bruit, dans le rythme intense, dans la tension. Une première accroche qui m'a pas laissée indifférente. S'ensuit une saynète plus politique, puis une plus joyeuse, puis une plus dramatique, avec de nombreux personnages joués par les sept jeunes comédiens de la troupe.

 

Aux premières minutes, je ne comprends pas où on veut m'emmener, je ne fais pas le lien entre les diverses situations et les divers personnages joués. Vient alors le tiers de la pièce où je comprends le fil rouge. Un choix d'écriture que j'apprécie puisqu'il m'a surprise et intriguée. Je suis comme devant un film, happée par ces personnages, leurs parcours d'immigration pour les uns, le travail en équipe dans un centre de rétention pour les autres, la vie de couple....

On se laisse embarquer dans cette histoire où on voit tantôt les personnes immigrées, demandeurs d'asile, tantôt les professionnels divers qui accompagnent ces personnes et à plusieurs niveaux (centre de rétention, France terre d'asile, ministère...). Je perçois surtout la volonté de parler du parcours des personnes réfugiées ou en demande de l'être, de leur raison d'immigrer, de leurs difficultés à trouver un abri et de cet écart entre leur réalité et l'administration. Les difficultés de ces personnes sont mises en avant par le texte et les saynètes jouées et celles des professionnels aussi; la fatigue, la pression, les chiffres, les quotas... Plusieurs niveaux de professionnels, plusieurs associations, services, et autres organismes, qui tentent de se comprendre, d'avancer ensemble et pourtant, le langage peut être différent, les problèmes ne sont pas les mêmes à des niveaux différents...

 

La mise en scène et la scénographie mettent en valeur la pièce et son sujet qui peut être lourd, selon comment on en parle. Lumière, musique, vidéo et texte donnent un rythme très dynamique tout au long de la prestation et se lient bien ensemble à part quelques vidéos qui, selon moi, n'étaient pas nécessaires à certaines scènes.

La liberté, le désespoir, la solidarité, la violence, les cultures, les religions, l'espoir, le courage, l'amour et la fraternité sont autant de sujets qui découlent de ces situations. La pièce en elle-même nous met face aux réalités de l'immigration, avec des situations lourdes, graves et difficiles sans prétendre y trouver des solutions. Je pense qu'on cherche à m'amener, à nous amener, à se questionner, à réfléchir sur ce sujet, à voir les choses peut-être d'un autre œil pour certains, à avoir envie de soutenir pour d'autres, de débattre, de réfléchir aux avancées possibles...

Une troupe de sept jeunes comédiens dont le jeu est assez époustouflant. Je suis tenue en haleine tout au long de la pièce, j'admire le jeu de certains d'entre eux et leur facilité à assurer des personnages totalement différents dans un rythme surprenant. Le bémol du lieu serait la climatisation élevée qui m'a rendue presque frileuse.

 

Une pièce d'actualité, bien maîtrisée d'où je sors bousculée, troublée et enchantée par cette performance théâtrale.

 

Valérie Desbrosse

 

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11 juillet 2017 2 11 /07 /juillet /2017 19:57
Argent, pudeur et décadence

Spectacle de l'AIAA compagnie (40), vu le 8 juillet 2017, dans le cadre du Festival Off d'Avignon, au théâtre des Carmes à 21h10.

Auteurs et interprètes : Aurélia Tastet, Audrey Mallada
Metteurs en scène :
 Romain Louvet, Alexandre Pavlata, Guillaume Méziat, Vincent Lahens

Genre : Comédie financière
Public : Adulte
D
urée : 1h15

Mon premier spectacle d’un Off qui démarre plutôt bien, vu l’affluence dans les rues et les retours entendus ici ou là. Un spectacle dont la thématique m’a attiré, mais dont je ne savais rien en entrant. Belle découverte !

La salle, assez remplie pour un deuxième jour de festival, diffuse pendant l’installation du public une bande son d’informations financières et radiophoniques pour nous mettre dans le bain. Puis, deux executive women déboulent sur le plateau dans un rythme d’enfer et très chorégraphique, et lancent au téléphone des ordres d’achats et de ventes pour spéculer sur les céréales et autres denrées alimentaires. Nous sommes au coeur de la finance mondiale et le spectacle, sous une forme très caricaturale mais pourtant très riche, nous propose un rappel, et une dénonciation du système : création monétaire, paradis fiscaux, monnaie virtuelle, dette illégitime, don et contre-don, valeur de l’argent… Mais attention, il ne s’agit pas d’une "conférence" expliquant le système à sens unique du profit, mais d’une comédie, pleine de rebondissements, et très variée tant dans la forme que dans le fond. Car nos deux executive women vont, avec talent, péter les plombs à plusieurs reprises, jouer avec le public, et nous emmener dans des situations très décalées, jusqu’à l’absurde, et variées.

Les deux comédiennes tiennent bien leurs personnages, jouant dans différents registres avec brio, et captent notre attention d’un bout à l’autre en nous offrant une belle montée dramaturgique, même si parfois l’excès de caricatures peut rendre peut crédibles les situations. Mais nous sommes au théâtre, où tout est possible. Même de critiquer les critiques du système (ici une militante d’Attac), ce qui nous montre que la force de l’argent reste bien implantée partout.

Un mélange de genres, qui peut surprendre, mais qui me semble une belle prise de contact, documentée et bien renseignée, pour un public non averti, au fonctionnement et aux dérives de l’argent roi. Une belle découverte !

Sur le même thème, et dans une forme One Woman Show, je vous recommande également le superbe "Comment épouser un milliardaire" d’Audrey Vernon. Si vous ne l’avez pas vu, c’est le moment !

Eric Jalabert
 

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10 juillet 2017 1 10 /07 /juillet /2017 23:35
Au bout du rouleau

Spectacle de Boni and Prod (13), vu le 9 juillet 2017, dans le cadre du Festival Off d'Avignon, au théâtre des Carmes à 15h.

Auteurs et interprètes : Gérard Dubouche et Didier Landucci
Metteur en scène : François Bourcier

Genre : Théâtre
Public : Adulte
Durée : 1h20

Un chômeur, monsieur Loiseau, joué par Didier Landucci (l’un des deux "Bonimenteurs" que l’on connaît dans d’autres registres), a kidnappé le PDG du leader mondial du papier toilette. Il compte, par cet acte, obliger le magnat du PQ à lire un message pour dénoncer les méfaits liés à cette industrie : déforestation, pollution, et autres effets indirects. Ce huis clos teinté d’humour, nous offre ainsi un plaidoyer contre la sur-consommation, la croissance, la télévision et autres serviteurs du grand capital.

Le registre théâtral choisi, complété d’un dispositif vidéo d’images projetées pour apporter un peu de poésie graphique, permet des échanges argumentés où chacun défend son point de vue. Par exemple, sur les contradictions des consommateurs qui, sachant bien que le tabac tue, continuent de fumer? J’ai pour ma part, un peu regretté que le preneur d’otage puisse être perçu comme un personnage un peu simplet et illettré face au professionnalisme du grand patron, joué avec justesse par Gérard Dubouche. J’ai ressenti même de l’empathie (parfois) pour ce grand capitaine d’industrie, froid et cynique, dont le souci principal est de développer son entreprise et dont les arguments ne sont pas tous insensés.

Mais les ressorts de l’histoire font basculer la seconde partie du spectacle, vers des échanges plus justes, plus humains, et portés par une tension dramatique qui se conclut dans une émotion très forte, sans pour autant vous divulguer la fin ici. On y parle de ne plus être sous pression, de la tragédie du Hamster qui tourne en rond dans sa roue sans jamais avancer, pour vivre simplement sa vie, et de l’engagement citoyen de chacun pour faire sa part, à l’image du Colibri de Pierre Rabhi.

Le changement citoyen est dans la conscience de chacun, et les chemins empruntés pour prendre cette direction sont multiples. Ce type de spectacle permet certainement de faire un pas vers ces prises de conscience, qui me semblent être un premier pas pour ensuite trouver des solutions.

Eric Jalabert

 

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10 juillet 2017 1 10 /07 /juillet /2017 10:02
Enfin la fin

 

Spectacle de la Compagnie Cordes pas sages (84), compagnie de "théâtre mouvementé", vu dans le cadre du Festival OFF d’Avignon, le 6 juillet 2017 à 23h, au Théâtre des Carmes.

Mise en scène : Thomas Billaudelle
Interprétation : Régis Rossotto

Genre : Théâtre
Public : Adulte
Durée : 56 min

"Enfin la fin" n’en est en fait qu’au commencement, puisque ce soir c'est la première!

Très petit comité, public privilégié, la générale commence. Une scène fondue dans le noir, un abat-jour et au centre de cet espace, un homme, l’air serein, clope en coin. Le silence se fait lourd et l’atmosphère sombre, on attend alors les premiers mots : "je vais compter jusqu’à mille et me tuer". Le ton est donné. Une mise en scène sombre pour une prestation théâtrale lumineuse.

Le décompte commence alors... tic tac, tic tac… On est avec lui, on compte avec lui, les chiffres passent et on attend de voir où le comédien va nous emmener au cours de cette course folle contre le temps. Ses pas s’enchaînent en cercle et mon regard suit le mouvement avec attention.

Un récit de vie y est peint autour des différents rôles que cet homme, que tout homme peut avoir : le rôle du collègue, de l’employé, du père, de l’enfant. Vrai, pas vrai ? Et pourquoi se tuer ? Des questions qui restent en suspens. Mais doit-on chercher sans cesse la raison, le pourquoi du comment, comprendre, vouloir satisfaire notre esprit cartésien ? Ou se laisser porter par le récit de vie que nous propose Régis Rossotto dans cette vraie performance ? Des anecdotes précises avec de l’humour noir bien maîtrisé, que j'aurai aimé encore plus présent. Ces anecdotes alternent ainsi avec de longs moments de silence. Parfois un peu longs pour moi. Et toujours ce décompte qui revient auquel s’enchaîne une logorrhée autour de sujets de plus en plus vastes, qui nous concernent tous, dans notre vie personnelle mais surtout dans la société qui nous entoure. Puis le silence de nouveau.

Le trop plein d’information, de bruit, l’éloignement de soi, la folie... autant de sujets qui nous parlent de près ou de loin. Une diversité de sujets abordés que j'aurai souhaité voir se développer peut-être plus en détail dans l'écriture du spectacle. Tout au long du spectacle, le décompte incessant donne une tension palpable qui nous tient en éveil. Je suis bien là, avec lui, avec ce temps qui nous attrape, qui nous rattrape. Qui nous rattrape comment ? à quelle vitesse ? Et jusqu’à quand ?

Valérie Desbrosse

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Published by Valérie Desbrosse - dans Spectacle Adultes
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