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  • Le blog VivantMag vous offre une veille artistique régulière sur les créations de spectacles vivant en France. Il est destiné aux programmateurs réguliers ou occasionnels, aux compagnies, mais aussi aux spectateurs. Le blog est édité par l'association Adadiff Casi, dédié au spectacle vivant et à la médiation culturelle. Si vous souhaitez nous rejoindre pour chroniquer des spectacles, vous pouvez nous contacter sur le site ou par mail à contact@vivantmag.fr
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Avec plus de 1.200 spectacles commentés sur ce blog, les correspondants Vivantmag - AdAdiff, ne se posent pas en censeur du spectacle, loin de là. Nous souhaitons seulement faire partager un point de vue, forcément subjectif, sur les spectacles que nous voyons. Chaque retour de spectacle est ouvert à vos propres commentaires, et n'hésitez pas à en laisser car ils enrichissent ce travail d'échange et de partage d'informations.
Pour faciliter la lecture des spectacles, nous mettons désormais en place un picto permettant de donner notre avis général sur le spectacle. En voici le détail :
Décevant
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On adore !!! 

les spectacles du Off 2014

Découvrez tous les spectacles commentés par les correspondants de Vivantmag, et présents sur le Off 2014 d'Avignon. Certains ont été vus à leur création, en salle ou sur d'autres festivals, ou sur des précédentes éditions du Off. Grâce à un travail de veille artistique tout au long de l'année, l'Adadiff met à votre disposition son équipe de correspondants et vous permet de disposer d'un regard extérieur et indépendant pour faciliter votre choix. Commentaires ici...

23 septembre 2020 3 23 /09 /septembre /2020 12:10

 

 

L'ambigü[e]

Spectacle de la compagnie Miettes de spectacles (75) vu le 20 septembre au théâtre Mouffetard (75)

 

Texte : d’après l’Ambigu de Roland Topor

Mise en scène : Elzbieta Jeznach

Interprète : Sarah Olivier

Genre : marionnettes

Public : Adultes

Durée : 1h

 

 

 

Dans le cadre du festival Scènes ouvertes à l'insolite, le Théâtre Mouffetard et le Théâtre aux Mains Nues proposaient plusieurs parcours permettant de découvrir des "artistes émergents et des créateurs audacieux", représentant de la nouvelle génération de marionnettistes. Le parcours que je suis allée voir au Théâtre Mouffetard se composait d'une adaptation pour marionnettes de « l'Ambigu »de Roland Topor et d'une création de théâtre d'objets, «  killed the Monster », très librement inspiré par le chanteur compositeur Daniel Johnston. 

 

Dans cette pièce de Roland Topor, un Don Juan vieillissant découvre en lui-même une moitié féminine dont il va s'éprendre. La pièce chemine depuis la découverte de cette moitié féminine : l'apprentissage et le jeu avec ce nouveau corps hybride féminin / masculin, la séduction, l'envahissement, le malentendu, la trahison, la séparation. 

La manipulation de la marionnette signe une belle maîtrise. La comédienne, Sarah Olivier, partie droite du corps féminin, partie gauche masculine, manipule une marionnette de Don Juan à taille presque humaine, au visage presque triste. Elle a le visage recouvert d'un voile noir, et se joue du dédoublement permis entre la marionnette et la moitié féminine de Don Juan qu'elle peut incarner ou cacher en se décalant. Des morceaux de corps apparaissent et disparaissent, en métonymie des personnages.

L'effet produit par ces jeux d'apparition et de cache-cache est très réussi visuellement. Des moments de poésie et d'humour émergent. Quelques éléments grivois ne viennent cependant que peu chambouler ce spectacle qui m'a semblé un peu sage. 

Hélène Lambert

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15 juillet 2020 3 15 /07 /juillet /2020 22:45
Crédit : Le Bruit de la Rouille

Crédit : Le Bruit de la Rouille

Antoine et Cléopâtre

Un spectacle produit par la Cie Le Bruit de la rouille (69) et vu au théâtre du Balcon le 26 janvier 2020.

 

 

Mise en scène : Melaine Catuogno

Texte : William Shakespeare

Interprètes : Mélaine Catuogno, Vivien Fedele, Julien Perrier et Alexandre Streicher

Durée : 1h40

Genre : Théâtre 

 

Il faut du muscle pour s’attaquer à Antoine et Cléopâtre, et ce n’est pas chez la compagnie du Bruit de la Rouille qu’il fait défaut. A perdre haleine au rythme du tambour, quatre comédiens jonglent durant une heure quarante avec huit personnages pour tenir l’attention du public d’une poigne de fer. Pas question de cligner des yeux : dans ce blockbuster antique, un battement de cils et le monde s’effondre.

 

Au premier siècle, le monde est un trépied qui court vers l’apogée des Empires ; que deux de ses piliers s’enlacent et le voilà qui s’effondre. Cléopâtre, Reine d’Egypte, tient à son bras Antoine qui régit l’Orient. Leur union vient contrarier les ambitions de César, maître de l’Occident. L’adversaire est un territoire qu’il faut conquérir sous peine de disparaître. La destinée du monde se joue dans les lits comme dans les grands conseils, dans les alcôves comme dans les guerres. La politique ne connaît pas d’intimité puisqu’elle se résume aux relations entre ces trois icônes, dont la grandeur et les décadences façonnent l’Histoire. L’interprétation de la compagnie rend limpide la géniale analyse que fait Shakespeare du sentiment amoureux et de la marche de l’histoire. Les personnages y sont entiers : pas question que l’amour (ou la guerre, si l’on considère qu’il s’agit de deux choses distinctes) mène à autre chose qu’à la mort. Certes, ces rois sont des enfants qui jouent aux dés avec des continents, mais leur engagement total, pour égoïste qu’il soit, les rachète aisément. 

 

Le Bruit de la Rouille ne manque pas de ressources pour faire concurrence aux superproductions américaines en la matière. Les batailles navales ou terrestres sont au rendez-vous : il suffit d’une souplesse au moment de déposer le bateau en papier sur la table pour en faire une armada, d’un geste leste du poignet en remontant la manche pour que la veste enfilée transforme un serviteur en empereur. Le théâtre pallie son manque de moyens par un atout majeur que tous les arts lui envient : la présence. Melaine Catuogno campe une Cléopâtre armée jusqu’aux dents de charisme et de sensualité face à un Alexandre Streicher en Antoine bestial. Les corps sont avides de jeux, de mouvements, de baisers, d’alcool et de festins. C’est l’intention qui compte, dans le présent comme dans les présents, et l’intention est au rendez-vous. 

 

Je ne peux que vous inviter à prêter l’oreille au Bruit de la Rouille, qui saura se faire entendre avec une nouvelle création populaire et intelligente où se conjuguent à merveille épique et romantisme. 

 

Mathieu Flamens

 

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15 juillet 2020 3 15 /07 /juillet /2020 22:36
Victor Tonelli

Victor Tonelli

Les Analphabètes

Un spectacle produit par le Balagan' retrouvé (94) et vu le 23 janvier 2020 au Théâtre d'Arles

 
Mise en scène et texte : Gina Calinoiu et Lionel González, librement inspiré du film "Scènes de la vie conjugale" d'Ingmar Bergman
Comédien.ne.s : Gina Calinoiu, Lionel González et Thibault Perriard
Musique : Thibault Perriard
Scénographie : Lisa Navarro
Lumières : Vyara Stefanova
Genre : Théâtre
Public : adulte, conseillé à partir de 14 ans
Durée : 2h30 avec entracte


Les portes s'ouvrent, je me faufile pour prendre ma place (c'est bien ma veine, elle est au beau milieu du premier rang, aussi proche des deux comédiens en bord plateau que de mes camarades mitoyens). "Si c'est une forme immersive, me voilà en première ligne", je pense. Autant vous dire que j'en ai eu pour mon argent.

Bien que l'on me laisse tout à ma passivité de spectateur, la proximité avec les acteurs crée une tension qui va tambour battant pendant toute la durée du spectacle. Il s'agit de recevoir de plein fouet la destruction progressive et systématique de deux vies humaines. Simplement l'histoire d'un couple sans histoire, fier d'une stabilité familiale durement construite et dûment gagnée, qui vole en éclats. La crise ne tarde pas, sans raison, sans avoir besoin de raison. Les cris et les coups bas remplacent les baisers. On s'étrangle faute de pouvoir s'étreindre, on s'applique à tout salir. La pièce est faite d'autant de tableaux que de tentatives de reconquérir l'autre et de l'abandonner, tentatives désespérées dans lesquelles personnages et comédiens s'engagent, si désespérées qu'ils s'y confondent.

La coïncidence entre le jeu et la réalité nous amène au plus près du jaillissement des mots, là où ils obéissent à l'urgence plutôt qu'à l'esthétique. Moins bien choisis, moins beaux, moins exacts et intacts que dans la plupart des pièces de théâtre. Plus authentiques, aussi. Une parole qui cultive ses fêlures, qui compose avec des débris et ne trahit pas le sentiment, mais ne suffit pas à le comprendre. C'est le sujet de la pièce et la source du tragique : nous sommes des Analphabètes des sentiments, émotions intraduisibles qu'il ne suffit pas d'incarner pour expliquer. Comment l'amour peut-il naître, disparaître et survivre à la fois, comment soudainement devient-on aveugle à la souffrance de l'autre, que deviennent les beaux mots de justice et de morale s'il est impossible d'être lucide sur ses actes ? "Heureusement que le théâtre est là pour nous permettre de reconnaître ces situations et de les dépasser !" dira-t-on. C'est certain ! En fait, rien n'est moins certain. Au sortir de la pièce, le sentiment de fatalité ne s'enrichit pas d'enseignement. Le froid sent la solitude ; comme quoi le théâtre ne fait pas toujours chaud au coeur.

Si vous n'avez pas peur de perdre le sourire, je vous conseille évidemment ce travail remarquable d'incarnation. On y trouve de jolies larmes qui se brisent comme des éclats de rire, de jolies notes de musique qui jouent au miroir avec les mots, et de jolies lumières pour attendrir les apocalypses.

Mathieu Flamens


 

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2 mars 2020 1 02 /03 /mars /2020 15:21
J'ai bien fait de revenir !
J'ai bien fait de revenir !

Spectacle de la compagnie « … et les étoiles » (84) vu le 22 février au Théâtre du Chien qui fume à Avignon.

 

 

Mise en scène : Jean-Marie Cornille et Gérard Vantaggioli

Comédiens : Vanina Delannoy, Elise Cornille, Florian Martinet et Jean-Marie Cornille

Musique : Sebum 

Création lumière et régie : Franck Michallet

Genre : Théâtre

Public : Tout public

Durée : 1H20

 

Un auteur, dans son bureau face à la mer se trouve en panne d’inspiration. Il a du mal à se concentrer ; il est, du reste, sans cesse dérangé : sa comédienne « fétiche » vient lui annoncer qu’elle le quitte pour un metteur en scène à la mode. Sa fille débarque à l'improviste afin de lui emprunter sa voiture et un étrange visiteur fait son apparition...si l'auteur et ce personnage semblent bien se connaître, leurs rapports ne sont pas tendres et surtout, il est le seul à le voir et à l'entendre, du moins dans la première partie du spectacle. Quand nous apprenons son identité, leur histoire commune peu à peu prend forme. Un ressentiment bien légitime habite l'auteur, et le « touriste » se défend d'une quelconque responsabilité envers notre ami. Qui des deux est le plus à blâmer ? L'auteur, qui a « bouffé de la vie » ou son acolyte, rétrograde et convaincu de sa légitimité ? Une autre partie se joue… Mensonges contre vérité, l’auteur et le visiteur vont s’affronter.  Leur histoire servira de terreau à cette pièce que l'auteur ne parvenait pas à écrire.

Une pièce légère qui traite d'un sujet grave, ponctuée par la vivacité de la très jeune et non moins talentueuse Elise Cornille, un texte qui emprunte des mots très « actuels » et une mise en scène dynamique : Quelques maladresses dans la diction ne m'ont pas empêchée d'apprécier cette performance de JM Cornille et de sa troupe que je vous recommande d'aller voir !

 

Evelyne Karam

 

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19 février 2020 3 19 /02 /février /2020 00:57
"En attendant Nadeau"

"En attendant Nadeau"

Correspndance avec la mouette

Un spectacle produit par la compagnie la Cie L’oubli des Cerisiers (75) et vu au Théâtre des Déchargeurs le 18 février 2020.

 

 

Texte : Anton Tchekov et Lika Mizinova

Mise en scène : Nicolas Struve

Comédien : David Gouhier, Stéphanie Schwartzbrod

Genre : Théâtre

Public : Adulte

Durée : 1H10

 

Fan de littérature russe et désireuse de découvrir davantage de petites formes pour l’Adadiff, j’ai donc jeté mon dévolu sur « Correspondance avec la mouette ». Très bonne pioche !

 

Le spectacle met en scène la correspondance d’Anton Tchekhov et Lika Mizinova, alias « la mouette ». Car si nous découvrons l’échange épistolaire de deux amants, nous assistons également aux correspondances entre cette figure féminine à laquelle Tchekhov, malgré la rupture, n’a pas « la force de ne plus […] aimer » et le personnage sublimé dans la pièce éponyme. L’intelligence de la mise en scène réside précisément dans le fait d’assumer pleinement cette dualité.

Le plateau est quasi nu, seulement habité de trois chaises et jonché de liasses de papier, lettres ou manuscrits en cours. Le spectacle s’ouvre sur une petite vidéo en guise d’exposition. Il s’achève sur une autre vidéo où un frère de Tchekhov témoigne de la fraîcheur et de la gaité de Lika. Entre temps, chacun lit la lettre qu’il envoie à l’autre en prenant la peine d’écrire sur les murs noirs, à l’eau, la date et le lieu de la missive et de l’agrémenter éventuellement d’un dessin de circonstance. Le rythme des lectures évolue au fil de l’histoire d’amour et trouve son paroxysme dans deux scènes dansées : celle de l’amour précisément et celle de la dispute. Dualité encore et toujours.

Stéphanie Schwartzbrod campe une Lika digne d’une Nina, lumineuse, spirituelle, profonde et grave. David Gouhier incarne un Tchekhov amoureux, ironique, fort occupé et bien souvent absent.

 

En écrivant la chronique, je réalise que c’est en fait le deuxième spectacle de cette compagnie que je vois avec grand plaisir. « Correspondance avec la mouette » est un spectacle d’une grande finesse, desservi avec talent et qui mérite de faire, comme ce soir, salle comble jusqu’à la dernière, le 29 février.

 

Catherine Wolff

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5 février 2020 3 05 /02 /février /2020 09:52
De quoi hier sera fait
De quoi hier sera fait

Spectacle produit par la Compagnie // Interstices (34) et vu au Théâtre des 13 vents à Montpellier, le 21 janvier 2020.

 

Mise en scène : Marie Lamachère       

D'après un texte de : Barbara Métais Chastanier                 

Comédiens : M. Hallouin, E. Hériteau, J. Maignan, M. Muzammal Hossain Soheb, L. Riffault, D. Valero , R. Zaatour                                  

Genre : Contemporain                                                                               

Public : Tout public                                                                                     

Durée : 2h20

 

 

La pièce est une aventure Anarchico-écolo-collapsolo-sociale dans laquelle un melting-pot de comédien-ne-s répondent à nos problèmes sociétaux à leur façon.

 

Les comédien-ne-s parlent des langues différentes (bangla, occitan, français, arabe, québécois) et ce faisant, nous comprennons leur singularité et culture. Ce melting-pot de personnages arrive à représenter une micro-société inclusive. Leur avis sur le monde divergent avant de trouver un terrain d'entente : la vie communautaire.  

 

 

La scénographie est fournie et les supports visuels/sonores sont nombreux et pourtant peu utilisés à mon goût. Le "nid de roseaux" : une grande installation en fond de scène aurait mérité d'être plus mise en valeur. A contrario la projection (de vidéos, blogs etc.) est un peu envahissante à mon goût et ne sert pas toujours le propos. Par exemple la vidéo "éco-anxiété" est noyé dans d'autres discours et perd en importance alors qu'elle mériterait une réelle discussion.

 

J'ai aimé qu'on me parle de l'abandon des villes, du privilège blanc, d'écologie prise en compte, de relation avec les autres... Cependant, il m'a plutôt semblé avoir affaire à une fiction qu'à notre possible futur et cela m'a questionné : vais-je donc au théâtre pour voir la réalité, pour rêver, pour cet entre-deux ? Ce qui est sûr c'est que cette pièce mène au débat : Allez-y en groupe !

 

A.F

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30 janvier 2020 4 30 /01 /janvier /2020 00:46
tatouvu.com

tatouvu.com

Rosa Luxemburg Kabarett

Un spectacle produit par le collectif Ondes sensibles (84) et vu au Théâtre des Déchargeurs le 30 janvier 2020.

 

Texte : Viviane Théophidalès

Mise en scène : Viviane Théophidalès

Comédiens : Géraldine Agostini, Sophie de la Rochefoucauld, Anna Kupfer,Viviane Théophidalès, Bernard Vergne

Genre : Théâtre musical

Public : adulte

Durée : 1H40

 

 

C’est en allant voir avec mon amie Anne une conférence théâtralisée au théâtre de la Reine Blanche (théâtre associé au Théâtre des Déchargeurs) que nous avons repéré le « Rosa Luxemburg Kabarett » à venir. Rendez-vous était donc pris pour son prochain séjour parisien.

 

Ils sont cinq sur scène - quatre femmes et un homme – à convoquer les mânes de Rosa Luxemburg. Pour égayer un propos qui aurait pu paraître à d’aucun quelque peu abscons, c’est la forme cabaret qui a été retenue. Mais sur une si petite scène (3 m d’ouverture pour 4 m de profondeur environ), le terme est largement démesuré ! Pour tout cabaret, nous assistons à une succession de tableaux entrecoupés d’interludes (clavier, chant, guitare). Les mêmes causes produisant les mêmes effets, le décor se réduit à quelques accessoires scéniques : une tringle-paravent, une malle, quelques gros coussins et un banc. Qu’importe au fond : rien n’a plus d’importance à mes yeux qu’un texte et un jeu. Le problème, c’est qu’ils n’y étaient guère davantage, faute de mise en scène.

Le parti pris n'est pas clair. La mise en scène et le texte oscillent entre la narration et l’incarnation ; le passé et le présent. Veut-on raconter la vie de Rosa Luxembourg ou mettre l’accent sur sa pérennité ? De même à force de vouloir montrer la femme humble dans la pasionaria, on tombe dans l’anecdotique. Le jeu de la comédienne donne à voir une petite ménagère ordinaire à la voix trop fluette quand elle n’hurle pas en proie à une quasi démence. Une scène résume à mon sens tous ces dysfonctionnements. Rosa, juchée sur un banc est censée haranguer la foule lors de son célèbre discours de 1891. Outre son manque de charisme, des voix off et peu crédibles lui répondent. N’auraient-ils pas été plus judicieux que ses collègues comédiens se glissent parmi les spectateurs, lui répondent et chauffent la salle ? Dans cette pénible confusion, surgissent quelques moments de grâce : les intermèdes musicaux peuvent être de qualité comme cette belle chanson yiddish « pour tous ceux qui ont froid » ; la scène où Rosa Luxemburg prend congé de la mésange qu’elle a domestiquée le temps de son séjour en prison est drôle dans son jeu tout en pantomimes et sifflements ; enfin la scène où l’une des comédiennes raconte l’histoire de son grand-père communiste n’est pas dénuée d’émotions.

 

« Rosa Luxemburg Kabarett » n’a pas répondu à nos attentes. Créé en 2018, il a tous les défauts d’un spectacle jeune. J’avais vu, il y a quelques années « Rosa, La vie » : dans ce spectacle, Anouk Grinberg lisait la correspondance de Rosa Luxemburg, écrite en prison. Ne serait-ce que par la force du verbe authentique, la comparaison est cruelle.

 

 

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19 janvier 2020 7 19 /01 /janvier /2020 18:55
Hétérograhpies circassiennes
Hétérograhpies circassiennes

Spectacle produit par le Centre International des Arts en Mouvement (CIAM), la Cie Les Singuliers et la Maison Méditerranéenne des Sciences de l’Homme (CNRS), vu le 17 janvier 2020 au CIAM d’Aix en Provence.

 

Clown, jongleur et auteurs de cirque: Cédric Paga Vincent Berhault

Ethnomusicologue et directeur de recherche au CNRS, IDEMEC : Olivier Tourny

Chercheur au CNRS, IREMAM, politiste et sociologue spécialiste de l’Islam en France : Vincent Geisser

 

Genre : Cirque interdisciplinaire

Public : adolescents, adultes

Durée : 1H15

 

Au CIAM (Centre International des Arts en Mouvement d’Aix-en-Provence, lieu magique pour les adeptes de cirque), nous découvrons deux fruits délicieux d’une collaboration insolite.

Le CIAM construit depuis sa création des ponts entre les arts du cirque et d’autres univers, afin d’enrichir mutuellement les connaissances et les pratiques respectives. Pour cette édition, la collaboration a été réalisée avec des chercheurs du Laboratoire Méditerranéen de Recherche en Sciences Humaines.

Les résultats de la collaboration des deux binômes sont très différents :

L’un porte sur la laïcité, la Laïcité, Madame Laïcité. Nous assistons à une conférence menée par un passionné de son sujet et visiblement aussi de la mise en scène, tant on perçoit son plaisir à être sur scène. Son discours nous rappelle les amphis que nous avons fréquentés. Mais l’ambiance universitaire se trouve interrompue, complétée, agrémentée par les apparitions d’un drôle de personnage. En caleçon, puis costume blanc moulant et ensuite en robe élégante, il accompagne le discours de jongleries, tentatives de collaboration intempestives et séances d’habillage.

L’autre hétérographie nous parle d’ethnomusicologie. Un dialogue s’établit entre un chercheur, plutôt discret et posé et un clown, personnage multiple et naïf. Tantôt drôle, tantôt exubérant, tantôt attendrissant, il questionne le chercheur sur son travail et y prend goût jusqu’à vouloir l’accompagner … Nous ne saurons jamais si ce sera possible, puisque nous découvrons, qu’en réalité, il est dans la tête du chercheur.

Cedric Paga incarne son rôle à merveille, performe par ses qualités d’expression corporelle et vocale.

Une collaboration touchante à la croisée de deux mondes que la société oppose souvent : l’art du cirque et la recherche scientifique. Quand l’ouverture, le désir d’échanger et de créer arrivent sur le devant de la scène, de belles rencontres s’opèrent.

Un spectacle dans lequel la recherche se présente décomplexée, drôle et accessible.

 

 

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19 janvier 2020 7 19 /01 /janvier /2020 00:22
theatre-odeon.eu

theatre-odeon.eu

Oncle Vania

 

 

Un spectacle produit par le Théâtre des Nations (Moscou) et vu au Théâtre de l’Odéon le 16 janvier 2020.

 

Texte : Anton Tchekhov

Mise en scène : Stéphane Braunschweig

Comédiens : Nina Gouliéva, Anatoli Béliy, Evgueni Mironov, Nadejda Loumpova, Victor Verjbitski, Elisaveta Boyarskaya, Dimitri Jouravlev, Ludmila Trochina

Genre : théâtre

Public : adulte

Durée : 2H30 (avec entracte)

 

En principe, j’évite les spectacles en langue étrangère. Cependant, ma bonne connaissance du théâtre de Tchekhov en général et d’« Oncle Vania » en particulier m’autorisait à tenter l’expérience. Cet « Oncle Vania » inaugurait le cycle des « Saisons Russes 2020 » à l’Odéon. Le public était donc pour moitié composé de spectateurs russes et c’est haut la main qu’ils ont reporté le concours de l’élégance !

Avant le lever de rideau, Stéphane Braunschweig est intervenu pour prévenir le public qu’en raison des grèves le spectacle était maintenu mais quelque peu amputé dans sa scénographie et sa lumière. Au-delà de mon soutien inconditionnel au mouvement, force est de constater que le spectacle, dans la forme présentée ce soir-là, a répondu à toutes mes attentes.

 

Pour rappel, « Oncle Vania » raconte la fin du séjour estival du vieux et tyrannique professeur Serebryakov et de sa jeune épouse Héléna chez Ivan, frère de la première épouse du professeur et oncle (Vania, donc) de Sonia, née du premier lit.

L’originalité de la mise en scène de Braunschweig réside dans un parti pris résolument écologique et qui s’appuie sur le personnage visionnaire inventé par Tchekhov, le docteur Mickhaïl, grand ami de la famille. Ce végétarien avant l’heure, amoureux de la forêt dissèque les relations intrafamiliales comme il inventorie, sur son ordinateur, le déclin de la forêt de son district.  Car l’écosystème familial se délite sous nos yeux à l’image de la nature. Le décor, splendide et manipulé par une dizaine de techniciens malgré la grève, participe de ce point de vue. Tout en bois de bouleau, sur deux étages, il figure, selon la lumière, aussi bien un bain russe, qu’une terrasse de jardin ou une forêt.

Le jeu confirme, s’il en était encore besoin, la force de l’école du théâtre russe. Mention toute spéciale à Evgueni Mironov qui campe un oncle Vania cynique à force de désespoir et d’amour et à Nadejda Loumpova qui interprète une Sonia, avec toute la détermination d’une jeune personne. Toute ressemblance avec une certaine Greta Thunberg n’est peut-être pas fortuite ! Le rythme est enlevé et les quelques moments de jeu sans parole, autour d’un accessoire, introduisent des espaces comiques bienvenus.

 

Cet « Oncle Vania », porté par le Théâtre des Nations de Moscou et mis en scène par Stéphane Braunschweig, se range d’emblée parmi les plus belles représentations de Tchekhov qu’il m’ait été donné de voir.

 

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18 janvier 2020 6 18 /01 /janvier /2020 01:02
TGP

TGP

Le train zéro

 

 

Un spectacle produit par la compagnie Image et 1/2 (93) et vu au TGP le 17 janvier 2020.

 

Texte : Iouri Bouïda

Mise en scène : Aurélia Guillet

Comédiens : Miglen Mirtchev

Genre : théâtre

Public : adulte

Durée : 1H

 

C’est un peu par défaut que je suis allée voir « le train zéro », l’autre spectacle du mois de janvier au TGP ayant été décalé à la saison prochaine. Par défaut ou pas, j’ai assisté à un très beau spectacle et découvert un auteur dont j’ai acheté le livre.

 

« Le train zéro », c’est le « désert des tartares » au pays des soviets. Mais à l’absurde d’une situation reconduite indéfiniment, s’ajoute toute l’horreur du totalitarisme. Ivan, le narrateur, raconte le quotidien d’une colonie ferroviaire dont la seule finalité consiste à assurer le passage quotidien  et « ric-rac » du train zéro, « 100 wagons, deux locomotives devant et deux derrière ». D’où vient-il, Où va-t-il ? Que transporte-t-il ? C’est un secret et « les secrets sont toujours contre les hommes ». La suite le confirme. Ivan nous raconte comment la bête, symbole de tout le système idéologique, emporte peu à peu tous ses proches dans des fins tragiques.

Seul en scène, légèrement sonorisé, le comédien Miglen Mirtchev a la stature du rôle : un léger accent slave, une belle voix grave, un physique de bucheron. Malgré ce corps qui en impose, il sait se faire tendre. Il évolue dans un décor à l’unisson du texte, lugubre. La pièce se joue dans la salle dite « du Terrier », qui porte admirablement son nom et qui est une véritable aubaine pour la pièce. Elle se situe en sous-sol et ressemble à un ancien parking, en béton brut de décoffrage. Elle est agrémentée de deux allemandes en bâches transparentes. Celle du fond sert occasionnellement d’écran. La lumière, très belle, fait surgir d’autres espaces que l’on identifie grâce à un simple accessoire (une table, une chaise, une lampe à pétrole) ou aux bruitages. Cette économie de moyens permet de faire ressortir la force de la narration. J’aurais été encore plus loin dans cette parcimonie : certaines paroles se suffisaient à elles-mêmes sans avoir besoin d’être soulignées par un signe extérieur redondant, objet scénique ou voix off.

 

« Le train zéro » est une heureuse découverte tant d’un point de vue littéraire que théâtral.

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