Ether
19 juin 2024Un spectacle produit par la compagnie Libertivore (13) et vu au Théâtre de la Cité Internationale le 18 juin 2024.
Écriture et chorégraphie : Fanny Soriano
Scénographie : Oriane Bajard et Fanny Soriano
Lumières : Grégory Cosenza
Régie Générale : Christelle Naddeo et Vincent Van Tilbeurgh
Circassiennes : Pauline Barboux et Gaëlle Estève
Genre : cirque et danse
Public : tout public à partir de 8 ans
Durée : 1H
La saison s’achevant, c’est l’occasion de partir à la découverte de nouvelles propositions. Par son synopsis, « Ether » m’a interpellée. Très bonne pioche !
« Ether » parle de la rencontre. Au vu du dispositif scénique au service des deux circassiennes, on pourrait dire de la rencontre du troisième type.
Du plafond se déploie un demi-ballon de montgolfière. Par la magie de la lumière chaude, mais parfois glaciale et du travail des deux régisseurs, la forme s’anime et semble se mouvoir par elle-même. Elle palpite, enfle ou se recroqueville. Elle se fait méduse ou étoile, toile d’araignée ou fleur, ventre maternel ou planète. De cette forme d’autant plus étrange qu’une musique inquiétante rythme ses métamorphoses, surgit par les pieds une première circassienne, d’abord seule au monde. Un monde obscur et nu que seul le deuxième demi-ballon de montgolfière, étalé au sol comme une piste de cirque, réchauffe un peu. La première circassienne explore cet univers en dansant quand, par la tête cette fois et le long d’une corde, naît ou advient une comparse. Les deux se toisent, se défient, se bagarrent, se manipulent comme des marionnettes pour mieux s’apprivoiser et découvrir, si ce n’est l’amour, du moins la fraternité.
Pour raconter la découverte de l’altérité, les deux circassiennes évoluent soit au sol en jouant par la danse avec le tissu de la montgolfière, soit en voltiges aériennes. Une corde puis quatre sont appréhendées tour à tour comme des mâts chinois, des tissus aériens, des trapèzes fixes ou mobiles, des fils de marionnettes. Les gestes millimétrés, le contraste des lumières et la poésie polysémique des montgolfières dessinent un spectacle onirique d’une beauté visuelle éblouissante. Peu sensible à la danse, j’ai trouvé parfois quelques longueurs, heureusement dépassées par la perfection d’une proposition éthérée et organique.
« Ether » est une bien belle découverte. Je suivrai désormais le travail techniquement et poétiquement irréprochable de la compagnie Libertivore.
Catherine Wolff
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