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  • Le blog VivantMag vous offre une veille artistique régulière sur les créations de spectacles vivant en France. Il est destiné aux programmateurs réguliers ou occasionnels, aux compagnies, mais aussi aux spectateurs. Le blog est édité par l'association Adadiff Casi, dédié au spectacle vivant et à la médiation culturelle. Si vous souhaitez nous rejoindre pour chroniquer des spectacles, vous pouvez nous contacter sur le site ou par mail à contact@vivantmag.fr
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Avec plus de 1.200 spectacles commentés sur ce blog, les correspondants Vivantmag - AdAdiff, ne se posent pas en censeur du spectacle, loin de là. Nous souhaitons seulement faire partager un point de vue, forcément subjectif, sur les spectacles que nous voyons. Chaque retour de spectacle est ouvert à vos propres commentaires, et n'hésitez pas à en laisser car ils enrichissent ce travail d'échange et de partage d'informations.
Pour faciliter la lecture des spectacles, nous mettons désormais en place un picto permettant de donner notre avis général sur le spectacle. En voici le détail :
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les spectacles du Off 2014

Découvrez tous les spectacles commentés par les correspondants de Vivantmag, et présents sur le Off 2014 d'Avignon. Certains ont été vus à leur création, en salle ou sur d'autres festivals, ou sur des précédentes éditions du Off. Grâce à un travail de veille artistique tout au long de l'année, l'Adadiff met à votre disposition son équipe de correspondants et vous permet de disposer d'un regard extérieur et indépendant pour faciliter votre choix. Commentaires ici...

12 janvier 2020 7 12 /01 /janvier /2020 20:19
Matilda Olmi

Matilda Olmi

Bajazet en considérant Le Théâtre et la peste

Un spectacle produit par Théâtre Vidy-Lausanne, MC93 - Maison de la Culture de Seine St-Denis (93) et vu au Grand Théâtre d'Aix en Provence le 20 novembre 2019.

 
Textes : Jean Racine, Antonin Artaud
Mise en scène et adaptation : Frank Castorf
Scénographie : Aleksandar Denic
Avec : Jeanne Balibar, Jean-Damien Barbin, Claire Sermonne, Adama Diop, Mounir Margoum
Genre : Théâtre
Public : adulte (à partir de 16 ans)
Durée : 3h50 avec entracte
 

Un espace ouvert mais sombre, sali de paille et de poussière. Côté jardin se dresse une tente en forme de tête de niqab dominée par le regard d'un immense sultan peint sur un portant, sorte de BigBrother de fête foraine. Voilà le fameux sérail de la pièce de Racine, lieu virginal et sacré par excellence ? Cela sent plutôt l'héroïne que la myrrhe... À mort les idéaux de rigueur et de grandeur raciniens : faites place à la débauche.

Elle ne tarde pas à apparaître. Les cigarettes volent vers les bouches et les bouches volent vers les visages et les visages mordent la poussière dans une explosion de lumières, de sons, de hurlements ; les bouteilles se vident dans les gorges, on ne voudrait pas être à la place de la nourriture, les corps titubent à la recherche de leur proie ou d'une sortie. Qu'ils essayent de s'échapper hors du théâtre, la caméra embarquée les suit jusque sur la nationale. L'oeil du public est voyeur, violeur lorsqu'il s'introduit au plus profond de l'intimité du sérail. La vidéo est en effet retransmise sur un immense écran, seule lumière de la scène - mais quelle lumière ! Elle aveugle un public qui ne peut que se laisser éblouir. Les acteurs sont éclipsés par cet écran qui marque le triomphe du cinéma sur le théâtre ou la victoire du lampadaire sur la Lune pour les papillons de nuit. Rien ne résiste au maelstrom Castorf : les acteurs sont écrasés, le public sidéré, le texte de Racine foulé au sol, on n'entend d'Artaud que le rire. « Un théâtre où des images physiques violentes broient et hypnotisent la sensibilité du spectateur » annonce la préface du Théâtre et son double. C'est assez réussi.

Mais à force de sollicitations, je cligne des yeux, je tourne la tête vers des lumières moins vives. Le temps est long sous cet orage qui s'étire et s'étiole. Où est la tension dramatique propre à Racine, où est l'amour de Roxane pour Bajazet, où est la force des femmes et la vigueur des hommes ? À bas les valeurs, exhibons les caprices, les hommes ne vivent que pour se divertir, c'est entendu, c'est répété, c'est accablant. Quand le sens du saccage s'épuise (comptez une heure), l'absurde prend le relais. Les femmes en cage, Bajazet sous électrochoc, des coups de feu, des cancrelats, de la masturbation... « Là où ça sent la merde ça sent l'être » ajoute Artaud. Très bien, contemplons la déchéance d'une existence insensée pendant encore quelques heures - expérience intéressante, qui n'a pas été tellement instructive pour moi. Certes, à voir ces femmes qui ne peuvent exister qu'entièrement cachées ou entièrement nues, sous le regard intrusif d'hommes violents et avides, on songe à un engagement politique, qui ne s'est pas imposé à moi de manière nécessaire.

La note mise au spectacle est à relativiser. Je ne suis pas friand d'expériences totales : je préfère l'éveil à l'hypnose, et puis la dissonnance est douloureuse aux coeurs en mal d'harmonie. La pièce reste cependant un rêve cruel et audacieux loin de faire l'unanimité. Je vous invite vivement à vous en faire votre propre idée.

 

 

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