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  • Le blog VivantMag vous offre une veille artistique régulière sur les créations de spectacles vivant en France. Il est destiné aux programmateurs réguliers ou occasionnels, aux compagnies, mais aussi aux spectateurs. Le blog est édité par l'association Adadiff Casi, dédié au spectacle vivant et à la médiation culturelle. Si vous souhaitez nous rejoindre pour chroniquer des spectacles, vous pouvez nous contacter sur le site ou par mail à contact@vivantmag.fr
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Bienvenue

Couv-cata2010 WebBonjour et bienvenue sur le blog de Vivantmag.
Vous y trouverez l'ensemble des commentaires de nos correspondants sur les spectacles qui ont été vus. Ce service est en ligne en accès libre depuis février 2007.
Si vous souhaitez prendre contact avec l'une des compagnies présentées, adressez nous un mail à blog@vivantmag.fr, nous vous adresserons rapidement leur coordonnées.
Découvrez sur le site www.vivantmag.fr, le catalogue des spectacles repérés... et l'ensemble des services de l'Association d'Aide à la Diffusion Interrégionale du Spectacle Vivant, l'AdAdiff.
Le Catalogue Vivant 2013/2014 des Spectacles repérés est disponible...
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Avec plus de 1.200 spectacles commentés sur ce blog, les correspondants Vivantmag - AdAdiff, ne se posent pas en censeur du spectacle, loin de là. Nous souhaitons seulement faire partager un point de vue, forcément subjectif, sur les spectacles que nous voyons. Chaque retour de spectacle est ouvert à vos propres commentaires, et n'hésitez pas à en laisser car ils enrichissent ce travail d'échange et de partage d'informations.
Pour faciliter la lecture des spectacles, nous mettons désormais en place un picto permettant de donner notre avis général sur le spectacle. En voici le détail :
Décevant
Moyen
Pas mal...
Bien !
On adore !!! 

les spectacles du Off 2014

Découvrez tous les spectacles commentés par les correspondants de Vivantmag, et présents sur le Off 2014 d'Avignon. Certains ont été vus à leur création, en salle ou sur d'autres festivals, ou sur des précédentes éditions du Off. Grâce à un travail de veille artistique tout au long de l'année, l'Adadiff met à votre disposition son équipe de correspondants et vous permet de disposer d'un regard extérieur et indépendant pour faciliter votre choix. Commentaires ici...

22 octobre 2020 4 22 /10 /octobre /2020 17:16
230 m² au service de la fabrication de marionnettes

230 m² au service de la fabrication de marionnettes

IMPRESSIONNANT !

Ils sont quatre, jeunes, remplis d’une énergie jubilatoire, bourrés de talent et très présents sur Avignon . Léa Guillec, Baptiste Zsilina, Coline Agard et Sarah Rieu sont le coeur battant et palpitant de la compagnie Deraidentz. A eux quatre, ils ont à peine 100 ans!

Ils savent créer des évènements (Un carnaval bien rouge depuis 3 ans) en mobilisant de belles équipes autour de leurs projets, mais ils savent également s’investir et participer à des démarches collectives (le tri postal d’Avignon), tout en conservant une marque de fabrique qui leur est propre. Ils ont su réinventer l’esprit « compagnie ».

Leur univers artistique est unique, créant des ambiances et des atmosphères esthétiques et très étranges, mêlant poésie et dérision ultra gore. Il est comme eux : à la fois ancré dans le réel et débordant d’une imagination fantasmagorique.

J’ai eu les plaisir de les croiser en plusieurs endroits et de suivre un peu leur parcours. Ils forcent le respect : ils en veulent et s’en donnent les moyens.

Aujourd’hui, ils ouvrent la maison de la marionnette.

A force de chercher un lieu pour créer, fabriquer, faire vivre leurs rêves, et après deux projets d’installation temporaire, ils se disent qu’il est important de se poser pour se créer l’outil qui répondra à leurs attentes du moment : Un lieu pour fabriquer, imaginer et produire leurs projets.

Ils ont trouvé sur l’île de la Barthelasse, à deux pas d’Avignon et au vert, un ancien restaurant en piteux état, qu’ils ont entièrement réaménagé en un mois !

230 m², pour accueillir des artistes internationaux en résidence de fabrication de marionnettes, des rencontres professionnelles, avoir leur propre atelier et leurs bureaux, proposer des stages avec les enfants, et quelques espaces en location pour alléger leurs frais. Et les voilà, grâce à leur seule énergie, avec un outil magnifique entre les mains. Ils l’ont complètement autofinancé avec leurs investissements propres et leur famille et réalisés les travaux en un temps record. Ils ont tout compris et choisi leur autonomie.

Les institutions et les collectivités, pourtant sollicitées, n’ont pas souhaité participer au financement de ce projet. Les Deraidenz ont construit cela de façon autonome sans se décourager, comme tout ce qu’ils font, mais leur bonne connaissance des réseaux fera rapidement revenir ces partenaires autour de leur projet.

Quand je vous dis qu’ils forcent le respect.

https://image.over-blog.com/uY0gbXAcng0iHUeav6j-5vlrLv8=/filters:no_upscale()/image%2F1435974%2F20201022%2Fob_c59663_les-souffrance-de-job.jpg

                    visuel: Serge Gutwirth

 

Ils présentent prochainement dans le cadre de la semaine d’art d’Avignon, leur nouveau spectacle sur lequel ils travaillent d’arrache pied depuis près d’un an: « Les souffrances de Job », du 26 au 31 octobre, à 18h30 à la scierie (nouvel horaire en prévision d’un couvre-feu à venir sur Avignon).

Une équipe à découvrir absolument.

 

 

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17 juillet 2016 7 17 /07 /juillet /2016 07:29
Le Festival des Petites Formes de Montfavet
Source : www.lespetitesformes.com
Source : www.lespetitesformes.com

Le Festival des Petites Formes de Montfavet, Parc Seguin, du 12 au 17 juillet (inclus dans la programmation du Festival Off d'Avignon)

Coordinateurs : Alixiane Morel et Vincent Clergironnet

C’est la première édition de ce festival qui a lieu à Montfavet dans la banlieue d’Avignon. A l’origine de ce projet se trouvent des compagnies de l’Est de la France, des associations culturelles installées dans la ville de Montfavet et des élus dont la volonté politique est clairement d’apporter la culture dans leur ville. Tout cela part d’un constat : les gens habitant aux alentours d’Avignon sont peu nombreux à se déplacer jusqu'au festival. Alors, puisqu’ils ne viennent pas aux spectacles, ce sont les spectacles qui viennent à eux cette année. Nichées dans un petit écrin de verdure, les yourtes, caravanes et autres installations temporaires se sont posées dans le parc Seguin à Montfavet. L’idée est bien sûr de se distinguer dans un paysage culturel riche en propositions. Voilà chose faite avec le Festival des Petites Formes qui offre, comme son nom l’indique, 25 spectacles brefs et entre-sort (de moins d'une demi-heure) et ce à de tout petits prix.

J’ai eu la chance de pouvoir passer l’après-midi du 13 juillet dans la quiétude ombragée de ce petit parc, loin de la foule avignonnaise. J’ai assisté à 3 entre-sort et 2 formes brèves. Je suis repartie de là un peu frustrée car tous les spectacles auxquels j’ai assisté étaient de bonne qualité et originaux, ce qui me laisse présager de la teneur générale du reste du festival.

"Au Fil du temps", Cie Azimuts, durée 10 minutes, tout public, avec Andreea Vizitiu

C’est un solo de danse avec 3 pendules monumentales qui se balancent. Des sons électro et abstraits se déclenchent grâce aux mouvements impulsés par la danseuse, complétant d’un tableau sonore très contemporain une chorégraphie abordée comme un parcours, dans un rapport subjectif au temps. Andreea Vizitiu court, stoppe, touche et balance les horloges, elle est à la fois esclave et maître du temps. L’image est poétique et la danse pleine de grâce.

"L’enfermée", Cie La cour singulière, durée 20 minutes, tout public à partir de 7 ans, avec Hélène Rosset et Olivier Lehmann

Dans la caravane de la compagnie La cour singulière, il y a 12 places, pas une de plus. L’intimité est le maître-mot de l’espace comme du spectacle. Pas besoin de porter la voix, ni de produire de grands visuels, tout est à portée des yeux, des oreilles et, je crois, de l’âme. Je suis ravie de découvrir "L’enfermée", un texte de Gaston Couté que je ne connaissais pas. Le rythme imposé par la manipulation toute en subtilité de la marionnette donne le temps d’apprécier le texte et de deviner le sens de certains mots oubliés de notre langue. En dehors de ces indices du temps passé, le thème est très actuel. Une vieille femme est enfermée parce qu’elle est "berlaude", sénile en quelque sorte, mais, vous en conviendrez, c’est bien plus charmant en ancien français, n’est-ce pas ? Les souvenirs de la vieille femme remontent le temps. L’esthétisme de la marionnette est précis à l’image du reste du spectacle. Le tout est d’une sensibilité et d’une tendresse rares. A voir et à revoir, on ne doit pas s’en lasser.

"Doble", Cie Calijo, durée 15 minutes, tout public, avec Auror Castan-Ain

Un étrange personnage vêtu d’un masque apparaît avec une insolite façon d’avancer. Je mets un peu de temps à comprendre. Le masque est disposé sur l’arrière de la tête et la danseuse avance en fait à reculons. C’est de la danse à coup sûr mais ponctuée par l’apparition de 2 autres masques, l‘un sur le genou, l’autre sur le visage. Cela ajoute au propos des idées visuelles bienvenues. L’illusion est ingénieuse, la chorégraphie travaillée, le tout interroge sur la dualité avec un "d" majuscule.

"Ôm Taf", Cirque rouages, durée 30 minutes, tout public à partir de 5 ans, avec Nicolas Mayet et François Guillemette

Le quotidien d’un homme se déroule sous nos yeux à un rythme soutenu. Il se réveille, s’habille, se lave les dents et va au travail. Rien de plus banal a priori sauf que tout part en vrille… C’est original dans la forme car le duo qui raconte cette histoire est hors norme. Nicolas Mayet s’occupe du visuel, danseur et, ai-je envie d’ajouter, acrobate. Il illustre avec une vraie prestance tous les actes de la vie quotidienne du travailleur. Il est accompagné par les bruitages produits à la bouche et en direct par François Guillemette, sa trompette et ses musiques samplées. C’est remarquablement bien fait, synchronisé et orchestré. Le tout ne manque pas d’humour, un agréablement moment, donc, à venir découvrir en famille.

"Streching anti-crise", Cie Les miettes de Margoula, durée 15 minutes, tout public dès 7 ans, avec Clémence Desprez, Marion Gouvernet et Hélène Vitorge

Trois hôtesses dans le style "Manifs de droite" nous accueillent avec un humour décapant. Elles donnent le ton avec leurs petits tailleurs de "winneuses" et leurs gestuelles de VRP. Nous sommes invités à nous lever et à bouger le corps. Forcément, le streching, cela ne se regarde pas, cela se vit ! En moins de temps qu’il ne le faut pour l’écrire, elles troquent leurs tailleurs contre une tenue d’aérobic. Le "Streching anti-crise" part du postulat qu’il vaut mieux s’habituer à la pauvreté plutôt que d’attendre que l’économie reparte à la hausse. C’est loin d'être idiot. Alors nous apprenons à regarder la crise en face et à vivre en dessous du seuil de pauvreté grâce à des pseudo exercices de gymnastique qui n’ont rien de compliqué mais qui ont l’avantage de nous faire rire. C’est très bien fait, le public est conquis. Au final, les seuls muscles qui ont vraiment travaillé sont les zygomatiques. Quelle bonne nouvelle !

Marie-Madeleine Pons

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16 juillet 2015 4 16 /07 /juillet /2015 08:33
 Les ateliers d’écriture de chroniques culturelles plurielles et populaires

Pendant le Off 2015 :

C'est dans le cadre du Tri Postal que nous avons expérimenté les ateliers d'écriture de chroniques culturelles proposés par Flavia Perez, chroniqueuse à Vivantmag, mais aussi artiste, auteure et férue de démocratisation culturelle.

Le constat est simple : dans notre société, on n'ose plus donner son avis, laissant ainsi la place à des experts qui nous disent quoi penser. Ceci est d’autant plus vrai pour des individus au parcours de vie tumultueux dont on sait qu'ils ne vont pas souvent ou jamais assister à des spectacles vivants. Ils n’ont pas l’habitude d’être entendus, ni écoutés, et ne considèrent pas leur opinion comme valable tant leur image "qu'on leur renvoie" peut être négative.

Six personnes ont répondu à l’invitation (cinq suivies par l’Association CASI (Collectif d'Acteurs Sociaux Innovants), et une de l’Université Populaire d’Avignon) en souhaitant participer à cet atelier, et sont venues nous rencontrer mercredi 9 juillet au matin au centre de tri. Dans un premier temps, nous avons créé ensemble une grille de lecture subjective pour leur permettre de s'appuyer sur des points structurants :

Suis-je bien assis ? Est-ce que je trouve le temps long ? Est-ce que je suis pris par l'histoire ? Est-ce que j'arrive à croire le comédien quand il joue son rôle ? Description du décor ? Des costumes ? Par la suite, nous avons travaillé sur l'argumentation afin de sortir du sempiternel "J'aime/j'aime pas" et d'étayer les opinions personnelles.

Cela permettait ainsi à chacun de se sentir à l’aise avec son propre jugement. Nous avons rappelé bien sûr qu’il n’existe pas de "vérité unique", de bonne ou mauvaise réponse quand il s'agit de faire part de son avis subjectif sur un spectacle.

Nous avons choisi ensemble trois spectacles, chacun des intervenants s'engageant à accompagner un groupe de deux à trois personnes à la représentation. Nous avions trois théâtres partenaires dans cette aventure : Théâtre de l’Oulle, L’école du spectateur, Atelier Florentin. Ils ont joué le jeu en offrant à notre équipe des invitations presse pour chacun des spectacles retenus. Merci à eux et aux équipes artistiques pour leur participation. Enfin, une règle du jeu était spécifiée, ne pas communiquer entre nous après le spectacle. Deux jours plus tard, nous nous sommes à nouveau réunis au Tri Postal afin de faire une restitution de nos opinions sur les spectacles vus. Certains ont juste répondu au questionnaire, d'autres ont écrit de véritables chroniques.

Cela a été une expérience enrichissante pour nous tous et le résultat fut au-delà de nos espérances.

Pour certains, la découverte du spectacle in vivo, en salle intimiste, proche des comédiens, a été jubilatoire. Le fait d'avoir des invitations presse a changé leurs regards sur eux-mêmes, plus positifs, ils se sont sentis respectés. La véritable surprise pour nous, intervenants, se situe au niveau de la qualité de certaines chroniques. Nous avons découvert de véritables "plumes" dont l'écriture d'un très bon niveau et le regard pertinent nous ont épatés. De quoi nous questionner sur nos propres stéréotypes ! D'ores et déjà, nous avons proposé à deux personnes de continuer l'aventure au sein de notre équipe de chroniqueurs.

Plusieurs artistes sensibilisés par notre travail et présents sur le festival ont spontanément proposé d’offrir des places pour participer à l'expérience de ces chroniques.

Ils ont saisi l'intérêt d'avoir un article contenant plusieurs regards sur leur spectacle car la multiplicité des retours enrichit le lecteur de la chronique, il peut se forger alors une opinion plus riche et nuancée.

Tout le monde est gagnant, les chroniqueurs en herbe, les artistes et en général la démocratie.

Vous découvrirez sur ces liens les chroniques réalisées dans ce cadre…

L'île sans nom (1)

L'île sans nom (2)

Le temps d'une lessive par une négresse italienne

Séverine Moralès sans porte

Le secret de la petite chambre

Le secret de la petite chambre (2)

Merci à l’ensemble des participants, à Thomas de Casi, au Tri Postal pour son accueil et espérons renouveler prochainement cette expérience.

Et si vous êtes tentés, contactez-nous.

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27 juin 2014 5 27 /06 /juin /2014 16:32

La Friche de Mimi-copie-1Rencontre avec Lilly Boe, coordinatrice de La Friche de Mimi, 5 Juin 2014, Montpellier (34)

 

Situés en plein Montpellier, les entrepôts de bois Vergne ferment dans les années 90 et Mimi Vergne loue l’emplacement à des artistes, toujours plus nombreux au fil des années. C’est ainsi qu'en 2006 est née l’association « La Friche de Mimi », à double vocation de fabrique artistique et d’accueil de compagnies émergentes (spectacle vivant). Lilly Boe, à la coordination depuis 2011, est seule salariée et participe à la mise en cohérence des activités et à l'évolution de l'association

 

Les artistes ont effectué de nombreux aménagements  à l'intérieur du hangar, et aujourd'hui 9 associations culturelles professionnelles* louent chacune un local pour effectuer non seulement leur travail de création, mais aussi de bureau, ainsi que construction de décors, stockage de matériel etc. En outre elles consacrent bénévolement une partie de leur temps aux activités de La Friche. Ici, danse, théâtre, arts plastiques, audio-visuel, structure d'accompagnement de projets, se rencontrent quotidiennement.

 

Que peuvent en attendre les compagnies émergentes ?

- Un bon "coup de pouce" grâce aux projets annuels du même nom lancés sur appel à candidature. Les jeunes compagnies sélectionnées bénéficieront chacune de 25 jours de résidence avec mise à disposition d'un espace de 80 m2 (c'est nouveau) et d'un mois d'accompagnement par les associations membres de la Friche. Sont également proposés une enveloppe de coproduction ou l'achat du spectacle pour une première (contrat de cession).

- Des accompagnements "à la carte", avec mise à disposition des compétences de La Friche, après diagnostic.

- Des ouvertures permettant de circuler pour continuer à jouer, car La Friche fonctionne en réseau avec d'autres lieux analogues. La mutualisation des moyens qui en résulte multiplie en outre  les possibilités. 

Via les associations membres de La Friche, 132 personnes sont employées ici dans l'année. C'est un foisonnement créatif polymorphe unique sous cette forme à Montpellier et sans lequel de jeunes talents auraient eu des difficultés à se maintenir.  

La Friche s'insère dans le tissu social, en investissant le quartier (Gambetta/Figuerolles) lors des "Jours de Friche" en Mai : spectacles, musique, cinéma, sur les places et dans la rue. Cette "sortie" étant accueillie avec de plus en plus de succès, La Friche réfléchit actuellement à effectuer un plus important travail de préparation en amont.

 

Mais il y a des ombres au tableau. La capacité d'autofinancement de La Friche est très limitée. Elle-même locataire de Mimi Vergne, La Friche reçoit de chaque association membre un loyer plus une participation mensuelle à un fonds commun. Les collectivités locales se montrent très sensibilisées à ses actions mais une partie des subventions se réduisent. La ville de Montpellier a participé aux "Jours de Friche", mais son aide pour les projets 2014 est toujours en suspens. Quant à la Région, 2è financeur, elle ne participe plus aux "Coups de pouce". Par ailleurs la survie-même des locaux est liée à la vie de Mimi Vergne.

 

Alors, quel avenir pour La Friche ?

Question locaux, le hangar de 650 m2, au même titre que toute la cour Vergne, sont protégés et ne peuvent être vendus sans expertise de la mairie. Depuis deux ans une réflexion est menée sur ce sujet, à la fois en interne et avec les voisins de la cour et les institutions.

D'autre part, fait très important, la Friche initie la création d'un Groupement d'Employeurs (GE) du secteur culturel (le GAEL), avec l'aide du Centre de Ressources des Groupements d'Employeurs (CRGE) du Languedoc-Roussillon. Rappelons qu’un GE est un dispositif de prêt de main d’œuvre dont l’objet est « de mettre à disposition de ses membres des salariés liés à ce groupement par un contrat de travail ». Le but étant de créer des emplois stables et qualifiés, d’une part pour des personnes en situation de multi-employeurs, d’autre part pour des structures qui n'ont pas la capacité ou la nécessité d'un employé à temps plein, mais qui ont néanmoins besoin d'une main d'œuvre qualifiée. 

Ce GE a bien sûr vocation à accueillir de nouveaux membres pour des créations d’emplois. L'idée à long terme est de créer des postes techniques ne relevant pas des annexes 8 et 10, mais répondant à des besoins non satisfaits pour les associations culturelles et artistiques.

 

Il est clair que, non seulement La Friche prend son avenir en mains, mais qu’elle se place avec le GE au cœur d'un processus de structuration originale du spectacle vivant à Montpellier et dans la Région. Il est dans l'intérêt des créateurs de spectacle vivant et de leurs spectateurs qu'elle poursuive ses activités. Un tel regroupement artistique inventif pourrait même servir de modèle reproductible, en respectant l'esprit de coopération, de mutualisation et d'ouverture qui lui donne toute sa souplesse et lui permet d'être efficace.

 

*Associations et compagnies membres de La Friche :

Aletheia Audiovisuel ; Bruitquicourt ; Collectif Koa ; Groupe Noces Danse Images ;  Rose Betty Klub ; Le Garage Electrique ; Les Nuits Partagées ; Les Têtes de Bois ; Total Local  

 

Catherine Polge  

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29 mai 2014 4 29 /05 /mai /2014 10:38

Art-et-petite-enfance.jpgSoirée spéciale "Eveil et sensibilisation artistique pour les tout-petits", le 20 Mai 2014, 19h30, dans le cadre des Mardis de la Chapelle, Montpellier (34).


Avec la participation de :

Christine Bolze, réseau "Enfance, Art et Langage" Lyon (69)

Sylvie Lefrère, dir. de crèche (34)

Anaïs Romeo, chorégraphe, Cie du Geste (34)

Etienne Schwarcz, dir. de la Chapelle, musicien.

 

Présentation de travaux, implication du public et débat

 

La Chapelle, est réellement une ancienne chapelle, située au coeur de la cité Gély, quartier gitan. C'est un " lieu de création et d'expérimentation des arts contemporains". D'architecture intérieure circulaire, elle se prête à de nombreux aménagements et permet au public d'être en immersion dans le spectacle. Beaucoup de liberté, pas de barrières. Depuis quelques temps, la Chapelle s'ouvre à des échanges entre spectateurs et créateurs ou chercheurs, à l'occasion des "Mardis". Cette soirée du Mardi 20 Mai est consacrée à la présentation du projet "Plateforme crèche" qui s'est déroulé sur l'année : éveil corporel d'enfants de 0 à 6 ans, avec observation de la retranscription de cet éveil sur le corps sensible.

C'était l'occasion de présenter 3 autres démarches ou recherches qui participent aussi au projet, autour de la thématique du sensible :  "Enfance, Art et langage" , "le Corps en  mouvement", les "Oeuvres immersives". Le sensible est défini ici comme "ce qui fait vibrer le corps".

 

Qu'est-ce que l'Art apporte au tout-petit ? 

 

"La plateforme crèche" (projet autour de S. Lefrère) a "délocalisé" 40 enfants de crèche, qui se sont retrouvés régulièrement à La Chapelle avec un danseur et accompagnés de leurs parents. On a observé que les bébés créent spontanément leur propre chorégraphie avec une grande disponibilité corporelle. Des photos montrent de surprenantes postures chez ces tout-petits. Les enfants évoluent avec leurs parents qui constatent souvent que l'enfant change leur niveau d'écoute. Tous les acteurs sont autour de l'enfant de manière "déhiérarchissée". Il s'agit là d'une démarche innovante qui exige l'investissement des adultes et cela n'a rien à voir avec de l'évènementiel créé avec des bénévoles. Un coin livres et un point où les enfants peuvent dessiner leurs impressions complètent l'installation.

A Lyon, "Enfant, Art et Langage" mène une recherche sur un projet d'ensemble auprès de plusieurs écoles.  Chaque établissement scolaire intègre le travail d'un artiste dans ses locaux. Dans ce schéma, les adultes doivent absolument se rendre disponibles et rentrer dans la démarche de l'artiste et non d'imposer un schéma éducatif. L'enseignant a des objectifs de compétences, alors que l'artiste a un projet. Un changement de pratiques des enseignants commence à émerger de cette recherche et pourrait changer l'école.

"Le corps en mouvement" se transforme en corps sensible, avec les deux faces du sensible : le concret et l'abstrait. J'apprends avec intérêt que le fascia, sorte de peau intérieure, enveloppe les organes et donne à chacun des infos sur l'extérieur. D'où l'importance de la liberté des mouvements chez le tout-petit. Mais l'enfant est tout aussi destructeur que créateur et l'on constate que la danse lui permet d'apprendre beaucoup de choses à partir de la destruction.

Travailler sur "l'art immersif", c'est un des objectifs poursuivi par la Chapelle qui, en reconfigurant l'espace du spectacle, permet à tout de faire sens. C'est ainsi par exemple que la "Plateforme crèche" montre que l'enfant parle ici de lui dans un registre intime. Le rôle de l'artiste est de lui permettre de faire l'expérience du sensible, dans toutes les acceptions du terme : incarné, produit, verbalisé.

 

Les intervenants réfléchissent à l'évaluation des résultats de leur travail dans différents domaines : observation de changements chez les enfants, interrogations sur les pratiques professionnelles, approfondissement de la recherche autour du sensible, soutien à la parentalité. Etienne Schwarcz conclut cette rencontre riche en informations et en questionnements : "Nous sommes les ouvriers d'après-demain pour mieux vivre ensemble". Souhaitons que, par sa profondeur et ses enjeux, ce projet puisse continuer à nourrir les réflexions sur l'importance de la vie artistique pour le développement et l'épanouissement de l'enfant.

 

Catherine Polge

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14 février 2013 4 14 /02 /février /2013 14:05
CDP-cluster-culture-21.jpg

Tendance lourde des filières d’activités, « les clusters, une opportunité pour le spectacle vivant ? » était le sujet d’un atelier-rencontre proposé mercredi 6 février 2013 au Garage Electrique, une structure d’accompagnement  aux projets culturels basée à la sympathique Friche de Mimi (Montpellier). Nous étions une vingtaine de personnes.



 Le clustering, plus dynamique que le terme Cluster, désigne les dispositifs de structurations économiques pour soutenir une filière d’activités. Ils sont multiples, prennent des formes très variées, couvrent tous les secteurs d’activités, sont fortement soutenus par les tutelles et parient sur la synergie des groupements. Initiés par la DATAR avec les SPL (Système Productif Local) puis les pôles de compétitivités (autour de l’innovation technologique et de la recherche & développement), ils prennent à partir de 1995 la forme de « district », prônant l’intégration verticale et horizontale autour d’une filière. Ils évoluent ensuite vers des grappes d’entreprises (financées désormais par les collectivités locales) qu'on nomme aujourd’hui Pôles Territoriaux de Développement Solidaire et Social. Tout cela en à peine10 ans ! Je comprends pourquoi le mot « cluster » m’était inconnu, il est plutôt insaisissable.... Bref, tout cela désigne la même chose : la volonté de développer une filière en aidant sa structuration et sa professionnalisation, pour créer des emplois et faire venir de nouvelles entreprises. On parle en terme d’attractivité des territoires, tant au niveau local, régional, qu’international. Alors pourquoi ne pas l’appliquer pour le spectacle vivant ? Bonne question...

 Mathieu Lambert, directeur du Garage Electrique, précise que cette reflexion repose sur l‘évolution des mentalités (et notamment celles des collectivités locales) qui reconnaissent aujourd'hui que le spectacle vivant est un secteur économique à part entière. C’est une évolution considérable puisque le spectacle vivant était jusqu’à présent considéré comme un monde à part !

 

Illustrés par deux témoignages concrets, Carole Girard (trésorière de Pix-LR, grappe d’entreprises créée en Languedoc-Roussillon autour du numérique et de la vidéo) et Vincent Priou (directeur de trempolino à Nantes, dispositif d'accompagnement autour de la création artistique) nous parlent de leurs expériences.

Il en ressort que, pour Pix-LR, « l’intérêt n’est pas immédiat pour chacun, mais il permet de travailler en commun et de percevoir que même s’il y a concurrence, il y a surtout complémentarité entre les sociétés participantes ». Et cela offre  «essentiellement une meilleure visibilité en terme de communication ». Bien sur il y a des soutiens financiers, parfois à hauteur de 50%, pour certains projets communs (matériel, participation à des salons…). Mais tout cela « repose avant tout sur la volonté des membres ». Bref, il faut mouiller la  chemise !

Vincent Priou nous fait part, quant à lui, de ses principales réflexions sur son expérience à Trempolino, structure créée en 1990 à Nantes et devenue, depuis, un acteur important dans le domaine de la musique. Il nous rappelle que pour installer un réseau de compétence, il faut « penser globalement, en terme de filière ». En matière économique, il s’interroge sur la question de la concurrence, question qui reste « individuelle » en opposition au « collectif ». Encore faut-il savoir en quoi contribue t-on au collectif ? Et ne pas le perdre de vue. Il insiste aussi sur l'importance de la formation pour valoriser les expériences dans ces filières (dans la musique, par exemple, beaucoup de gens se sont formés « sur le tas » il y a 10 ou 20 ans, voire plus...), mais également pour développer de nouvelles compétences et les mettre en application. Enfin, à l’image du Quartier de la création (où s’est installé Trempolino), il est possible de montrer que l’on peut s’appuyer sur la culture pour soutenir le développement économique. En effet, se sont installées là-bas 30 structures, dans 3 lieux différents, qui contribuent au rayonnement de la ville au niveau national et international. Vincent rappelle que cela a été rendu possible par la co-construction de politiques publiques alliant volonté politique et volonté des acteurs du terrain. Pour qu'un tel projet soit rendu possible, il doit donc être « posé » de façon claire et répondre transversalement aux politiques publiques : formation, artisanat, développement du territoire, apprentissage, emplois, économie, tourisme...

Même si Trempolino n’est pas un cluster de façon formelle, Vincent Priou est convaincu que le regroupement devient désormais une nécessité. Il faut penser globalement car, depuis des années, on a fractionné et éclaté les emplois, obligeant chacun à créer sa propre structure (chacun devant TOUT faire). Il est important désormais de regrouper les compétences.

 

Le manque de temps ne nous a pas vraiment permis d'échanger sur ces questions, ni d'envisager les opportunités pour le spectacle vivant à Montpellier. Cependant, cette rencontre à contribué à rappeler les enjeux du regroupement que chacun fait souvent de façon informelle (la friche de Mimi à Montpellier, la Belle de Mai à Marseille, la Bobine à Grenoble et bien d’autres...). Alors réinventons le collectif de demain !

Reste à savoir si chacun, en respectant son éthique, est prêt à s’ouvrir suffisamment, et à accepter d’autres approches, d’autres compétences, voire d’autres points de vues pour œuvrer, avec des moyens et des outils complémentaires, dans une direction commune ? Il me semble que cela est possible mais, comme je l’ai entendu à la sortie de la réunion en discutant avec les uns et les autres, « chacun veut garder sa part de gâteau » ! Peut être que la réponse au grand isolement du spectacle vivant et à ses réseaux fractionnés est aussi simple que cela ?  

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13 juillet 2009 1 13 /07 /juillet /2009 14:46
En résumé :

« Avignon-collectif 5 » est un collectif regroupant un petit nombre (pour l’instant) de « théâtreux » (passionnés, bénévoles, comédiens, compagnies, théâtres…) et qui ne font pas que réfléchir à leurs problèmes existentiels (et y’a de quoi dans cet univers, tout n’est pas rose…) mais qui agissent en proposant des spectacles à 5 euros pendant le Off.

Mais encore :

B’en oui, c’est clair, cette année avec près de 1000 spectacles (980 exactement) dans le programme officiel du Off 2009, il n’y a rien de nouveau à attendre d’exceptionnel ou d’innovant de cette dernière mouture tant pour les professionnels que pour les festivaliers. Les mêmes critiques (justifiées ou non, à vous de juger…) seront entendues ça et là de part et d’autre de la scène : trop de spectacles, programme indéchiffrable pour le quidam, un public vieillissant ou d’intello nantis, professionnels de la scène idem, Avignon et ses alentours inaccessibles pour un stationnement de courte ou de longue durée (entendez le comme vous voulez là aussi…), pas de survie sans subvention, salles trop chères pour les compagnies, billet d’entrée trop cher pour le spectateur, etc, etc… Il est difficile d’envisager le festival Off autrement qu’un incontournable grand marché du spectacle vivant annuel et d’en limiter l’accès tant aux compagnies désireuses de s’y produire qu’aux festivaliers désireux d’en profiter. Concernant les remarques d’ordre pécuniaires il semblerait cependant qu’une solution existe puisqu’elle est proposée sous cette forme du billet au prix unique de 5 euros : une aubaine pour le spectateur, ça c’est sûr quand ailleurs certains tickets dépassent les 20 euros (justifiable ou non là encore).

Alors qu’est ce qu’il se cache derrière ce prix semblant « au rabais » ? Des théâtres pas « au rabais » puisqu’il s’agit principalement de lieux permanents bien connu des spectateurs permanents avignonnais. Des compagnies et des spectacles pas « au rabais » non plus, vous trouverez ici même prochainement certains comptes rendu vous inventant fortement à aller vous plonger dans leur univers. Des horaires où l’on dort ?... même pas. Comment est-ce possible ?... Il a plusieurs facteurs et surtout un principal et commun entre toutes ces intervenants du collectif : l’envie de soutenir, faire vivre l’Art vivant sous toutes ses formes et le rendre accessible au plus grand nombre, sans distinction d’âge, de niveau ou de choix culturel et de catégorie social. Après compagnies et théâtres font leur popote et leurs comptes pour s’en sortir au mieux en espérant remplir la salle de manière plus sûre. Vous trouverez donc dans l’excellent fascicule du « Off à 5€ » ou sur leur site internet le même panel de spectacle que vous auriez pu rencontrer au sein du programme Officiel : du bon, du moins bon ou du meilleur, affaire de gout. La seule différence c’est qu’ils ne sont pas dans le programme officiel du Off, non par opposition à AF&C mais simplement parce que AF&C n’a pas dénier les inclure dans leur programme pour des raisons qui leur appartiennent. Dommage, car le Off aurait pu se targuer d’avoir plus de 1000 spectacles à son catalogue avec ces 39 supplémentaires qui demandent autant d’intérêt que les 980 autres en liste. A part que ces 39 là on une valeur supplémentaire par rapport aux 980 autres : être accessible directement et sans l’achat d’une quelconque carte de réduction au prix unique et imbattable de 5€ !... Un conseil : ne vous en privez pas, quand la culture est à ce prix là…

Renseignements utiles :

Voici la liste des théâtres où vous pourrez trouver des spectacles à 5€ (ainsi que le programme du collectif): L’Astrolabe, Atelier Théâtre Porte Saint-Lazare, Les Ateliers d’Amphoux, Au Chapeau Rouge, Centre Européen de Poésie d’Avignon, L’Entrepôt, Roulotte Macadam Théâtre, Théâtre de la Poulie (Attention, ces théâtres offrent également d’autres spectacles à un prix libre que vous pourrez retrouver dans le programme Off habituel…)

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19 novembre 2008 3 19 /11 /novembre /2008 15:04

Le Groupe des 20 est une association créée par 23 directeurs de théâtres de ville en Rhône-Alpes avec pour objectifs de favoriser l'émergence de nouvelles compagnies en créant la rencontre entre des projets artistiques et des programmateurs.

Ainsi, après 7 années d'existence, l'association a soutenu 50 compagnies de théâtre, 50 de danse, 40 groupes de musique et 10 compagnies de marionnettes et Nouveau cirque.

C'est à l'occasion de deux journées professionnelles intitulées « La Route des 20 » que se déroulaient la présentation des projets et leur sélection par les diffuseurs.

Le dispositif n'a pas été reconduit cette année pour la 8ème édition de la « Route des 20 » qui s'est tenue le 6 novembre au Théâtre de Vénissieux et le 7 novembre au Centre Culturel Théo Argence à St Priest, dans l'agglomération lyonnaise.

La deuxième journée a donné lieu à une rencontre professionnelle faisant le bilan de l'activité de l'association et reposant ses objectifs.

Thierry Vautherot, président du Groupe des 20, a présenté avec lucidité les difficultés auxquelles s'est heurtée l'association pour améliorer concrètement les conditions d'émergence et de survie des compagnies:

- La superficie très vaste de la région Rhône-Alpes qui compte un grand nombre de compagnies.

- Les difficultés à vendre les créations hors région.

- Le cloisonnement important des réseaux de diffusion entre petits et grands théâtres.

Agir sur la diffusion des créations s'est avéré insuffisant pour faire évoluer le système économique auquel sont confrontées quotidiennement les compagnies. Notamment, celles qui ne sont pas encore introduites dans les réseaux. « La route des 20 » se situe donc à un tournant.

Comment faire évoluer les relations entre théâtres et compagnies?

Grégoire Ingold (Cie Balagan Balagan ! ), porte-parole de plusieurs compagnies de la région lyonnaise, a fait remonter l'envie des équipes artistiques d'entretenir des relations durables avec les théâtres, en amont des temps de diffusion des spectacles.

Sortir du jeu de séduction et de pouvoir permanent qui régit les relations entre compagnies et programmateurs : voilà la nouvelle orientation que s'est fixé le Groupe. Le constat a été fait de l'inexistence d'un lieu neutre de discussions où les uns et les autres pourraient échanger sur leur terrain professionnel commun, libres de tout enjeu économique.

Il a donc été décidé de créer, lors de la « Route des 20 » un espace de partage autour des pratiques professionnelles et des questions traversant le secteur culturel afin de chercher des solutions aux problèmes posés et d'anticiper davantage les évolutions qui se profilent. Les formes proposées : forum, tables rondes sur des questions précises comme la vente de spectacles à l'étranger..., des espaces où compagnies et directeurs de lieux pourront présenter leurs projets...

Trois axes de réflexion pourront être déployés durant ces rencontres :

L'artistique : quelles sont les nouvelles formes esthétiques aujourd'hui?

L'économique : quelles solutions peut-on trouver face à des financements publics en berne? Comment rendre viable une création?

Et la question de « mission de service public » : quels rapports aux publics? Quelle légitimité du spectacle vivant pour le politique?

 

 

L'intervention du Nouveau Théâtre du 8ème / Compagnie les Trois-huit, représentés par Vincent Bady et Magali Lapierre a permis d'ouvrir le débat et de se donner une idée de la forme que pourraient prendre ses temps d'échanges autour d'expériences singulières.

Cette structure qui se définit comme « une compagnie avec lieu » se compose de 4 comédiens et de 4 personnels administratifs et donne l'opportunité à des équipes artistiques de prendre possession du lieu dans sa globalité, durant 6 à 8 semaines : aide administrative, locaux de répétition, plateau et matériel technique... Il ne s'agit plus de résidence mais d'un réel travail de partenariat entre les deux équipes qui se rencontrent et essaient autant que possible de mener des projets communs dans le respect des identités de chacun. Voilà l'exemple d'un lieu sans directeur mais fondé sur une gestion collective.

Ce que sous-tend cette intervention est que la réponse aux besoins des compagnies sera peut-être dans une plus grande mutualisation des moyens et une ouverture des lieux de diffusion.

Vincent Bady a insisté sur l'importance d'impliquer les politiques dans ces formes « alternatives » de gestion de lieux qui ne peuvent perdurer seules, sans une légitimité publique.

Rassemblant artistes, équipes administratives de compagnies et de lieux de diffusion, l'assemblée a pu participer à ces réflexions.

Il semble complètement nécessaire, aujourd'hui, de réfléchir à comment faire évoluer les relations entre les acteurs culturels, pour optimiser l'utilisation des ressources. Rester dans la concurrence et la revendication de l'identité artistique pourrait être un frein voire un réel handicap pour la survie de nombreuses compagnies.

Souhaitons que, malgré la conjoncture peu favorable au développement culturel et artistique, cette initiative du Groupe des 20 ouvre la voie à une responsabilisation des professionnels de la culture et à de meilleurs échanges fondés sur l'apport du collectif.


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13 novembre 2007 2 13 /11 /novembre /2007 17:46

Cette année, la Drôme et l’Ardèche ont accueilli cet évènement qui a réuni pour la 7ème édition ces rencontres professionnelles autour d'un réseau de salles Rhône-Alpines :
- le 5/11 au Théâtre de Privas (07)
- le 6/11 au Train Théâtre de Portes-les-Valence (26)

www.theatredeprivas.com

www.train-theatre.com

Nous ne rappellerons pas ici la liste des membres qui constituent ce collectif, puisque nous en avions fait état dans un écrit datant de novembre 2006 et auquel nous pouvons les uns et les autres nous référer sans difficulté. Cette année, l’ouverture aux spectateurs ébauchée lors de la précédente édition ne semble pas avoir été reconduite ; en tout cas, elle n’était pas mentionnée dans les programmes des salles. Sans doute est-il en effet difficile d’intégrer dans un tel dispositif des personnes n’ayant pas lien et implication directs dans le processus, et ce d’autant que les moments spectaculaires qui sont montrés lors de telles journées sont des extraits, voire des ébauches de travaux en construction, avec présentation préalable et échanges ensuite.

Un beau panel de spectacles, encore une fois, même si on peut noter de nouveau l’absence de spectacles en direction du jeune public et une seule compagnie de marionnettes représentée. Plus de place donnée à la danse. De nouveaux artistes, engagés évidemment pour tous dans un partenariat avec une salle et une équipe, qui ont pu disposer de belles conditions techniques offertes par des techniciens au service du spectacle vivant, alors que les expositions se sont succédées sur un bon rythme et que les nécessités et exigences techniques n’étaient a fortiori nullement identiques les unes aux autres. Sans ces êtres qui oeuvrent dans l’ombre, pas d’artistes en lumière !

Une question demeure posée, la même que l’an dernier : celle de la diffusion et du repérage des nouveaux talents qui n’ont aucun soutien pour qui de tels dispositifs de jeu n’existent pas... Question récurrente, question fondamentale et essentielle, voire question obligatoirement permanente ? On aimerait que les choses évoluent aussi de ce côté-là et que les instances y réfléchissent sérieusement !

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2 avril 2007 1 02 /04 /avril /2007 21:13
Un évènement proposé par l'Association Régionnale des Marionnettistes de Languedoc Roussillon (AREMA) et la scène conventionnée Jeune Public La Grande Ourse ( Villeneuve lès Maguelone-34), le samedi 24 mars 2007.

L'idée est séduisante : proposer au public de venir découvrir les coulisses d'un musée, prétexte à différentes interventions marionnettiques de compagnies de la région, sous la houlette de guides spécialisés.
Elles étaient onze à avoir répondu présentes pour se lancer dans une petite aventure particulière : montrer en quelques minutes, leur travail autour de la marionnette en l'intégrant dans la visite du musé. Les spectateurs forment quatre groupes, qui sont pris en main par un guide du musée...Chacun ayant son tempérament ! Nous avions le plaisir d'être guidé par Holga, réfugiée de l'ex-URSS et traumatisée à jamais- entre autre- par la couleur rouge ( Anne Spielmann de la compagnie Babas au Rhum). Et nous voila partis pour un périple de deux heures, à travers 10 mini spectacles dans les recoins de ce musée imaginaire : dans la salle syndicale, inondée car les conditions de travail dans la culture sont toujours très dures, dans les toilettes, dans la salle des chaises où l'on s'assoit par terre, dans le cinéma clandestin du Frond de Libération filmique, et en final dans la salle de spectacle vue de la scène !
Une très belle initiative où l'on a pu voir la spécificité de chaque compagnie et apprécier la richesse d'un travail collectif.
Quelques remarques cependant : le travail est bien sur inégal et surtout l'intégration de chaque spectacle dans le fil conducteur général de la visite du musé m'a semblé parfois très lointain. Du fait, l'homogénéité et la dynamique de la visite reposaient beaucoup sur le guide et ses talents de comédien. Chaque visite est donc différente ( car de toutes façon les spectacles ne sont pas présentés dans le même ordre) mais surtout repose beaucoup sur le guide.
Enfin, il m'a semblé que les spectacles auraient pu être davantage identifiées afin de savoir qui présentait quoi.
Quoi qu'il en soit, c'était un moment très agréable et convivial, avec une vraie proximité tant avec les compagnies qu'avec les spectateurs. Bravo !
Avec les compagnies : Babas au Rhum, BAO, Chrysalides, Do-Minots, Enfance et Théâtre, Liliane Temporal, Mondus Inversus Production, Théâtre de Mathieu, Tintamarre et Boudeficelle, Les uns sensibles, et Zouak.
 

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