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  • Le blog VivantMag vous offre une veille artistique régulière sur les créations de spectacles vivant en France. Il est destiné aux programmateurs réguliers ou occasionnels, aux compagnies, mais aussi aux spectateurs. Le blog est édité par l'association Adadiff Casi, dédié au spectacle vivant et à la médiation culturelle. Si vous souhaitez nous rejoindre pour chroniquer des spectacles, vous pouvez nous contacter sur le site ou par mail à contact@vivantmag.fr
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Couv-cata2010 WebBonjour et bienvenue sur le blog de Vivantmag.
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Avec plus de 1.200 spectacles commentés sur ce blog, les correspondants Vivantmag - AdAdiff, ne se posent pas en censeur du spectacle, loin de là. Nous souhaitons seulement faire partager un point de vue, forcément subjectif, sur les spectacles que nous voyons. Chaque retour de spectacle est ouvert à vos propres commentaires, et n'hésitez pas à en laisser car ils enrichissent ce travail d'échange et de partage d'informations.
Pour faciliter la lecture des spectacles, nous mettons désormais en place un picto permettant de donner notre avis général sur le spectacle. En voici le détail :
Décevant
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On adore !!! 

les spectacles du Off 2014

Découvrez tous les spectacles commentés par les correspondants de Vivantmag, et présents sur le Off 2014 d'Avignon. Certains ont été vus à leur création, en salle ou sur d'autres festivals, ou sur des précédentes éditions du Off. Grâce à un travail de veille artistique tout au long de l'année, l'Adadiff met à votre disposition son équipe de correspondants et vous permet de disposer d'un regard extérieur et indépendant pour faciliter votre choix. Commentaires ici...

26 septembre 2021 7 26 /09 /septembre /2021 22:57
N'ouvrez jamais votre porte à un inconnu
N'ouvrez jamais votre porte à un inconnu

Un spectacle produit par la compagnie les enclumés (71) et au détour de la fête de Fontenay-sous-Bois le 25 septembre 2021.

 

Genre : marionnette

Public : tout public

Durée : 3x50 secondes

 

Chronique impromptue pour un spectacle qui ne l’est pas moins ! C’était fête et vide-grenier à Fontenay-sous-Bois. Au détour de la Halle Roublot, un dispositif minuscule-le théâtre miniature du cyclope à trois roues, vante un spectacle de 50 secondes. Une merveille.

 

Une pancarte patinée à l’ancienne  propose le programme. 3 spectacles à l’affiche : « l’inconnu », « l’inconnu pour mieux vous plaire » et « l’inconnu de la mort qui tue ». A coté, sur un vieux socle de machine à coudre, deux petits caissons juchés l’un sur l’autre et percé d’un judas. Un écriteau rappelle la consigne « n’ouvrez jamais votre porte à un inconnu ».Derrière, sur un marche pied, le manipulateur avec un casque. Devant, on colle son œil au judas, on chausse le casque et que le spectacle commence.

J’ai choisi « l’inconnu pour mieux vous plaire ». A travers le judas, un palier en perspective avec trois portes dessinées. Un petit loup déguisé en grand-mère, simple silhouette de papier  actionné par une tige, se précipite vers mon judas et entreprend avec force imagination et bruitages de me convaincre de lui ouvrir la porte. Je n’en dis pas plus : c’est poétique, drôle et magique.

A adopter par toutes les mairies désireuses de réussir leur fête municipale !

 

 

Catherine Wolff

 

 

 

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16 septembre 2021 4 16 /09 /septembre /2021 20:28
Théâtre des Bouffes du Nord

Théâtre des Bouffes du Nord

La mouche

 

 

Un spectacle produit par le Théâtre des Bouffes du Nord et la Compagnie Point Fixe (75) et vu au Théâtre des Bouffes du Nord le 14 septembre 2021.

 

Texte : librement inspiré de George Langelaan

Mise en scène : Valérie Lesort et Christian Hecq

Comédiens : Christian Hecq (sociétaire de la Comédie-Française), Valérie Lesort, Christine Murillo, Jan Hammenecker

Scénographie : Audrey Vuong

Plasticiennes : Carole Allemand et Valérie Lesort

Genre : théâtre

Public : adulte

Durée : 1H30

 

 

Il semblerait enfin que ce soit pour de bon ; la reprise des spectacles. Et pour compenser sans doute ces  deux années de presque abstinence, la saison démarre beaucoup plus tôt qu’à l’accoutumé. Et c’est tant mieux. En guise d’inauguration, j’ai choisi d’aller voir « la Mouche » ; moins attirée par l’histoire imaginée par George Langelaan  que j’ignorais (il en existe pourtant deux versions cinématographiques dont l’une de Cronenberg) que par la présence de Christine Murillo, à priori gage de qualité. Je suis sortie mitigée

 

 La mouche » met en scène, dans les années 60, une maman en âge d’être grand-mère et qui vit  avec son grand dadet de fils, Robert, qu’elle aimerait enfin caser. Le problème, c’est que Robert, la cinquantaine, n’a guère d’autre passion dans la vie que de mettre au point une machine à téléporter,  Par son mode de vie, ce duo atypique et le ton comique évoquent souvent  les Deschiens dont le chien qui évolue sur scène est une allusion directe. Mais suite aux aléas de la machine à téléporter, cet univers de petites gens bascule soudainement dans le fantastique, sorte anti-version de la « Métamorphose » de Kafka.

Le décor rend admirablement compte du déterminisme social : en avant scène, une pelouse dégarnie et un parterre qui ne l’est pas moins malgré son inévitable nain de jardin. En fond de scène, un rideau de fer qui, une fois levé, laisse apparaître le laboratoire de Robert avec force consoles et habitacles. Le garage prend appui sur un mur aveugle traversé par des gouttières. A cour, une caravane, des attrape-mouches en tout genre, un clapier, une télé. L’ensemble est bien exploité et participe largement à la tonalité décalée des protagonistes.

Quelques scènes soulignent avec bonheur ce drôle de monde : la saignée du lapin, les aventures du chien Charlie qui par la grâce de la machine de Robert devient Laïka avant de finir en charpie, la métamorphose de Robert en mouche et sa déambulation sur le mur aveugle.

Mention spéciale donc aux plasticiennes et à la scénographe. Mais le jeu est inégal, desservi par un texte un peu bancal. Il est dommage, à mon sens, qu’il faille attendre les dernières minutes pour en venir à la métamorphose de Robert. Ce déséquilibre dans la construction provoque un manque cruel de rythme et des longueurs au risque de l’ennui.

 

« La mouche » est un spectacle populaire et divertissant, riche en belles trouvailles visuelles.  Mais la focalisation sur le phénomène social plus que sur le phénomène fantastique m’a parfois laissée planer ans le vide.

 

 

Catherine Wolff

 

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27 juillet 2021 2 27 /07 /juillet /2021 15:56

Spectacle de la compagnie Les Petites choses (34) vu à la cour du spectateur le 27 juillet 2021 à 10 h 45 dans le cadre du Festival OFF d'Avignon. Jusqu’au 31 juillet 2021.   

 

Auteur et interprète : Mathilde Aguirre 

Regard extérieur : Dora Cantero et Josef Hirsh 

Genre : Théâtre de papier 

Public : très jeune public de 1 an à 5 ans 

Durée : 25 minutes 

 

Dernière semaine du festival où l’affluence a considérablement baissée, mais où il reste encore plus de 500 spectacles accessibles, comme ce très joli spectacle pour les tout-petits. J’avais eu la chance de découvrir il y a plus de 10 ans le travail de Mathilde Aguire avec “Marcello, Champion de papier” . C’est avec plaisir que je suis allé découvrir l’évolution de son travail avec cette nouvelle création de 2019. 

Sur scène, un tas de papier. De sa voix douce et légère, mêlant ritournelle et mots posés là, la comédienne nous fait sentir et entendre le papier qu’elle froisse et qu’elle défroisse. Dans une économie de mots, elle fait émerger de cette montagne de papiers la couleur, les sons et les formes avec une extrême douceur : les sons d’une lune-Sanza (un piano à doigts), la famille de nuages et la ribambelle d'oiseaux, les animaux et leur verte prairie, l’océan et ses poissons, et les maisons. Un bestiaire animal poétique et sensible, où les enfants retrouveront des formes familières ou inconnues. 

Tout ou presque est en papier, et l’on a envie de se plonger avec elle dans cet univers de poésie construit de petites choses.

C’est un travail délicat tout à fait adapté aux tout petits qui peut se jouer dans des espaces tout terrain jusqu’à trois fois dans la journée. 

À découvrir encore jusqu’au 31 juillet.

 

Eric Jalabert 

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22 juillet 2021 4 22 /07 /juillet /2021 16:08
12h12
12h12

Spectacle de la Compagnie Plan Libre (09), vu à La Cour du Spectateur à Avignon le 21 juillet 2021 à 15 h 30. Dans le cadre du Festival OFF d'Avignon du 7 au 31 juillet.

 

Interprètes : Mélodie Fichan, Adrian Parker

Genre : Marionnette - objet 

Public : à partir de 8 ans

Durée : 1 h

 

La cour du spectateur, ce n’est pas un théâtre, c’est un lieu d’arts vivants qui réunit plusieurs lieux de spectacles, dedans et dehors, tout autour d’une cour ombragée, au calme. On peut y manger, boire un verre, participer à un atelier, se reposer, se retrouver.

12 h 12 se passe en extérieur. Assis sur des gradins en bois, nous subissons un test d’espièglerie avant de commencer l’émission télé sur « Le dessous des tabous ». Sujet du jour : la sexualité.

Dans le public, toutes les générations sont représentées. La comédienne-présentatrice, seule en scène, est pétillante, infiniment positive. Elle nous informe, nous questionne, nous fait dessiner sur de petites ardoises, nous met un petit peu mal à l’aise, petits et grands. Juste un petit peu, assez pour que nous nous prenions au jeu, puis participions pleinement à l’émission.

La mise en scène est ingénieuse avec un décor mobile et multifonctionnel qui permet de manipuler objets et marionnettes. Les supports sont divers, on passe d’objets scotchés à des panneaux d’exposition, pour finir avec un assemblage d’ingrédients dont certains sont explosifs...

Je parlerais plus de théâtre d’objet que de théâtre de marionnettes, bien qu’il y en ait quelques-unes. La comédienne est accompagnée d’un musicien qui joue en direct et l’assiste par moment.

C’est frais et tendre, drôle et émouvant, ludique, pragmatique, positif et... sans tabou !

C’est à programmer dans toutes les écoles de France et à consommer sans modération pendant le Festival d’Avignon.

 

Maren Scapol

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13 juillet 2021 2 13 /07 /juillet /2021 13:07

Spectacle de la compagnie Le Blé en Herbe (69), vu à la Cour du Spectateur à Avignon le 8 juillet 2021 à 10 h (en avant-première). Dans le cadre du Festival OFF d'Avignon du 10 au 31 juillet. 

 

Création et interprétation : Irma Ferron

Genre : Marionnette - Objet

Public : jeune public (1 à 5 ans)

Durée : 35 minutes (2 fois 15 minutes)

 

Deux spectacles sont proposés aux tout petits. Les jours impairs : Le dit du petit frère & Le dit du large. Et les jours pairs : Le dit des bois & Le dit du flocon. 

Pour mon premier spectacle du Festival d’Avignon 2021, je vais assister à l’avant-première de la Compagnie Le blé en Herbe à la Cour du Spectateur, une cour d’école toute proche du Théâtre des Carmes. En ce lieu, les spectacles s’adressent aux enfants principalement. Ce matin là, une vingtaine de pitchouns de 2 à 3 ans de la crèche Persil, quartier voisin de l’école, constituent le public avec leurs accompagnatrices et moi-même.

À notre entrée dans la salle, Irma est agenouillée, vêtue de noir au centre d’un tapis de la même couleur, dans un espace scénique éclairé à minima. Autour d’elle, est éparpillée de la sciure de crayon et des crayons de couleur. Chacune des quatre histoires proposées va évoquer l’aventure des cinq frères : les cinq doigts de la main.

Irma Ferron a une formation de comédienne, marionnettiste et circassienne. Durant des années, elle s’est essayée à ces arts et aujourd’hui choisit de s’adresser aux plus petits avec principalement ses mains, ses doigts, son visage et sa voix. Le tout en délicatesse, veillant à induire lisibilité et sens afin de nourrir et de solliciter l’imaginaire des très jeunes enfants.

Je constate que les enfants présents sont tous et toutes captivés par ce conte coloré. L’actrice rassemble les couleurs, évoque par des mimiques la personnalité de chacun des frangins, parfois ponctue d’une chansonnette et les enfants rient, participent, captés par un visage, des doigts et des couleurs.

Avec des objets simples de tous les jours connus des petits, Irma fait évoluer son récit et le public va de surprise en surprise via des images visuelles à la fois dépouillées, recherchées et dénichées.

D’une beauté créative simple, accessible et d’une immense poésie. Des crayons arbres, un filet de pêche où sont emboitées comme des poupées russes des déchets, Irma nous surprend et captive par son talent les adultes comme les enfants.

Par ce spectacle, je recontacte une paix, une douce magie poétique, rare de nos jours, mais toujours propice à retrouver nos âmes d’enfants endormies.

Merci Irma pour ce travail fin et délicat de recherche destiné aux enfants, pour la qualité de ce spectacle proposé aux plus petits et de se mettre à leur portée avec intelligence, beauté et créativité, et ce, tout simplement !

 

Gisèle-Lydie Brogi

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4 juillet 2021 7 04 /07 /juillet /2021 23:21
Théâtre du Rond-Point

Théâtre du Rond-Point

Le cirque invisible

 

Un spectacle produit par Karavane Productions (75) revu le 3 juillet 2021  au Théâtre du Rond-Point.

 

Création: Victoria Chaplin, Jean-Baptiste Thierrée

Comédiens : Victoria Chaplin, Jean-Baptiste Thierrée

Genre : cirque, danse, magie

Public : tout public

Durée : officiellement 1H15

 

 

Le pire, c’est que je ne l’ai jamais chroniqué ! Pourtant, en 12 ans, c’est bien la cinquième ou la sixième fois que je le vois. Mais quel est donc ce spectacle qui peut se prévaloir d’une telle pérennité et d’un tel pouvoir d’attraction : L’inénarrable  « cirque invisible »de Jean-Baptiste Thierrée et de Victoria Chaplin ?

Depuis la dernière fois que je l’ai vu (5 ou 6 ans), le spectacle a beaucoup évolué même si la structure reste inchangée. Sur une vague piste de cirque, les numéros de clown  de monsieur alternent avec les tableaux de transformisme de Madame. Monsieur multiplie les facéties et brille dans l’art de l’absurde pour nous suggérer un cirque qui n’est pas. Madame époustoufle par la poésie de son imaginaire qui fait naître des animaux féériques. Monsieur prend à témoin le public. Madame danse avec grâce et se pare en silence.

Avec le temps, certains numéros ont disparu (Madame en fildefériste ; Monsieur et sa ribambelle de poissons) tandis que de nouveaux s’insèrent naturellement tel l’émeu rouge qui picore les reliefs des bêtises de monsieur.

Le « cirque invisible », nouvelle mouture, est toujours aussi beau et toujours aussi drôle. Le public ovationne. A chaque salve d’applaudissements répondent des bis qui prolongent encore un peu la magie. Assurément, le « cirque invisible » est une anthologie du cirque.

 

Catherine Wolff

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23 mai 2021 7 23 /05 /mai /2021 23:55
Plexus Polaire

 

Moby Dick

 

 

Un spectacle produit par la compagnie « Plexus Polaire » (89) et vu au Montfort le 21 mai 2021.

 

Mise en scène : Yngvild Aspeli

Comédiens et marionnettistes : Pierre Déverine (en alternance avec Alexandre Pallu), Sarah Lascar, Daniel Collados, Alice Chéné, Victor Lukawski, Maja Kunsic et Andreu Martinez Costa.

Musique : Guro Skumsnes Moe, Ane Marthe Sørlien Holen et Havard Skaset

Fabrication marionnettes : Polina Borisova, Yngvild Aspeli, Manon Dublanc, Sébastien Puech, Elise Nicod

Scénographie : Elisabeth Holager Lund

Genre : marionnettes

Public : tout public à partir de 14 ans

Durée : 1H30

 

 

Le retour en salle n’a fait que confirmer le manque cruel de spectacles pendant un an. Le public était à l’unisson de ce ressenti. Avec les mesures sanitaires, les places sont chères. Aussi, j’accepte quasiment toutes les invitations, même pour de la marionnette. Pourtant, à priori, ce n’est pas ma tasse de thé. Le « Moby Dick » de la compagnie Plexus Polaire aura changé durablement mon regard sur cet art.

Porter « Moby Dick » sur les planches, c’est s’attaquer à du lourd et pourtant, la compagnie du Plexus Polaire a su relever tous les défis :

-Défi de résumer en 1H30 un pavé de plus de mille pages.

-Défi de faire entendre la portée philosophique et écologique avant l’heure du roman.

-Défi de représenter un univers marin et de rendre compte, sur scène de la démesure entre l’homme et l’océan ; entre l’homme et le cachalot.

-Défi, enfin, de relever cette gageure par la marionnette.

 

-Cette réussite tient d’abord à la scénographie qui sait transformer un antre de cachalot en nef de vaisseau modulable. En fond de scène, ce praticable est entouré, à cour et à jardin, par trois musiciens (basse et chant, contrebasse et chant, percutions, bruitages et chant) tandis qu’une projection de lumière dessinent les flots. C’est dans cet univers qu’évoluent les marionnettes d’échelles différentes. Quand certaines sont géantes et d’autres minuscules, la plupart sont à taille humaine et d’un réalisme si troublant qu’il est difficile de distinguer l’homme  de la créature. L’articulation des mâchoires contribue largement à cette ambiguïté tant la marionnette mime le langage parlé mieux qu’en VOST.FR. La manipulation est virtuose et la lumière, admirablement dosée, estompe la plupart du temps les 6 manipulateurs. La musique live, les bruitages, les fumigènes et parfois une allemande ondulante parachèvent l’illusion.

-Ma seule réserve concerne le récitant qui ne m’a pas convaincu et dont on regrette qu’il s’exprime en français alors que les autres comédiens-manipulateurs parlent un très bel anglais (sur-titré).

 

-« Moby Dick » de la compagnie Plexus Polaire est une fête des sens et de l’intelligence. C’est la magie d’un spectacle total. A ne manquer sous aucun prétexte.

 

Catherine Wolff

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1 décembre 2020 2 01 /12 /décembre /2020 23:09
touneboule.com

touneboule.com

Les enfants, c'est moi

Un spectacle de la «Cie Tourneboulé» (59) vu au Théâtre Paris-Villette le 1 décembre 2020.

 

 

Mise en scène et écriture : Marie Levavasseur

Comédiens : Amélie Roman et Tim Fromont Placenti

Musique : Tim Fromont Placenti

Marionnette et objets : Julien Aillet

Genre : théâtre d’objets, marionnettes et clown

Public : Jeune public (à partir de 8 ans)

Durée : 1H

 

 

Depuis que mes filles sont grandes, je ne vois plus qu’exceptionnellement du théâtre jeune public. Mais par les temps qui courent, tout est bon à prendre ; en l’occurrence, « les enfants, c’est moi ». Plaisir inouï de retourner au théâtre mais le spectacle ne m’a pas convaincu.

Le théâtre Paris-Villette, établissement public de la Ville de Paris, se spécialise de plus en plus dans le jeune public, à entendre au sens large. Il vient de faire peau neuve et cette restauration n’était pas pour rien dans cette générale, exceptionnelle à plus d’un titres : l’émotion d’être tout simplement là et faire partie de la vingtaine de privilégiés (sur une jauge de 200 places) nous ont rappelé, s’il en était besoin, l’importance vitale du spectacle vivant.

« Les enfants, c’est moi » raconte l’histoire d’une femme-enfant qui devient mère et qui découvre les joies et les affres de la maternité. Le personnage principal, des plus fantasques, est un clown à la voix qui oscille entre voix d’enfant et voix de sorcière.  Il évolue dans un univers de marionnettes et de théâtre d’objets très baroque. A cours, le pupitre musical (clavier, guitare, petites percussions, chant) de Tim Froment-Placenti. A jardin, de beaux arbres modulables en fer forgé. En avant scène, tout un peuple de poupées  et d’objets miniatures qui vont servir au jeu et à la définition de différents espaces scéniques. En fond de scène, trois allemandes et  un autel champêtre et suspendu, dédié à la Vierge, mère de toutes les mères. Des cintres tomberont aussi maints accessoires car notre jeune maman n’est pas encore sortie de la pensée magique.

La manipulation des objets et des marionnettes à tige, les changements de voix, les gobos, le jeu en général sont agréables à regarder. Il y a de très jolies images comme ce landau qui, tel un automate, se déplace seul, s’illumine de l’intérieur et fait entendre une comptine revisitée. Les clins d’œil au répertoire du conte sont légion. Et malheureusement, c’est là que le bât blesse.

A qui ce conte contemporain est-il destiné? Je ne suis pas sûre que les problématiques de la maternité palpitent  les plus jeunes ? Leur montrer que les parents ont des limites, qu’ils sont parfois débordés au point de ne rêver qu’à un pot entre potes me semble tout à fait salutaire. Mais de là à faire de cette mère immature et « qui se sent nulle » une mère qui abandonne me semble infliger une insécurité psychologique inutile aux enfants. Bien sûr, Du « Petit Poucet » à « Hansel à Gretel », ce ne sont pas les histoires d’abandon qui manquent dans les contes. Sauf que le contexte historique était différent. Sauf que n’est pas qui veut les frères Grimm ou Andersen ! Que les enfants aient des ressources à toute épreuve, certes, mais contrairement à ce qui est chanté, ils ne sortent jamais indemnes des « familles en vrac ». Alors, ce conte s’adresserait-il aux adultes? En ce cas, on serait en droit de demander autre chose qu’une voix  pseudo enfantine et une autre musique que des chansons à la Henri Dès.

 

« Les enfants, c’est moi » est un spectacle agréable visuellement. Mais son propos est d’autant plus ambigu que le synopsis n’annonce benoîtement qu’un « conte initiatique aussi drôle que grinçant pour réfléchir ensemble à la relation qui nous lie, parents et enfants ».

 

Catherine Wolff

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22 octobre 2020 4 22 /10 /octobre /2020 17:16
230 m² au service de la fabrication de marionnettes

230 m² au service de la fabrication de marionnettes

IMPRESSIONNANT !

Ils sont quatre, jeunes, remplis d’une énergie jubilatoire, bourrés de talent et très présents sur Avignon . Léa Guillec, Baptiste Zsilina, Coline Agard et Sarah Rieu sont le coeur battant et palpitant de la compagnie Deraidentz. A eux quatre, ils ont à peine 100 ans!

Ils savent créer des évènements (Un carnaval bien rouge depuis 3 ans) en mobilisant de belles équipes autour de leurs projets, mais ils savent également s’investir et participer à des démarches collectives (le tri postal d’Avignon), tout en conservant une marque de fabrique qui leur est propre. Ils ont su réinventer l’esprit « compagnie ».

Leur univers artistique est unique, créant des ambiances et des atmosphères esthétiques et très étranges, mêlant poésie et dérision ultra gore. Il est comme eux : à la fois ancré dans le réel et débordant d’une imagination fantasmagorique.

J’ai eu les plaisir de les croiser en plusieurs endroits et de suivre un peu leur parcours. Ils forcent le respect : ils en veulent et s’en donnent les moyens.

Aujourd’hui, ils ouvrent la maison de la marionnette.

A force de chercher un lieu pour créer, fabriquer, faire vivre leurs rêves, et après deux projets d’installation temporaire, ils se disent qu’il est important de se poser pour se créer l’outil qui répondra à leurs attentes du moment : Un lieu pour fabriquer, imaginer et produire leurs projets.

Ils ont trouvé sur l’île de la Barthelasse, à deux pas d’Avignon et au vert, un ancien restaurant en piteux état, qu’ils ont entièrement réaménagé en un mois !

230 m², pour accueillir des artistes internationaux en résidence de fabrication de marionnettes, des rencontres professionnelles, avoir leur propre atelier et leurs bureaux, proposer des stages avec les enfants, et quelques espaces en location pour alléger leurs frais. Et les voilà, grâce à leur seule énergie, avec un outil magnifique entre les mains. Ils l’ont complètement autofinancé avec leurs investissements propres et leur famille et réalisés les travaux en un temps record. Ils ont tout compris et choisi leur autonomie.

Les institutions et les collectivités, pourtant sollicitées, n’ont pas souhaité participer au financement de ce projet. Les Deraidenz ont construit cela de façon autonome sans se décourager, comme tout ce qu’ils font, mais leur bonne connaissance des réseaux fera rapidement revenir ces partenaires autour de leur projet.

Quand je vous dis qu’ils forcent le respect.

https://image.over-blog.com/uY0gbXAcng0iHUeav6j-5vlrLv8=/filters:no_upscale()/image%2F1435974%2F20201022%2Fob_c59663_les-souffrance-de-job.jpg

                    visuel: Serge Gutwirth

 

Ils présentent prochainement dans le cadre de la semaine d’art d’Avignon, leur nouveau spectacle sur lequel ils travaillent d’arrache pied depuis près d’un an: « Les souffrances de Job », du 26 au 31 octobre, à 18h30 à la scierie (nouvel horaire en prévision d’un couvre-feu à venir sur Avignon).

Une équipe à découvrir absolument.

 

 

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23 septembre 2020 3 23 /09 /septembre /2020 12:10

 

 

L'ambigü[e]

Spectacle de la compagnie Miettes de spectacles (75) vu le 20 septembre au théâtre Mouffetard (75)

 

Texte : d’après l’Ambigu de Roland Topor

Mise en scène : Elzbieta Jeznach

Interprète : Sarah Olivier

Genre : marionnettes

Public : Adultes

Durée : 1h

 

 

 

Dans le cadre du festival Scènes ouvertes à l'insolite, le Théâtre Mouffetard et le Théâtre aux Mains Nues proposaient plusieurs parcours permettant de découvrir des "artistes émergents et des créateurs audacieux", représentant de la nouvelle génération de marionnettistes. Le parcours que je suis allée voir au Théâtre Mouffetard se composait d'une adaptation pour marionnettes de « l'Ambigu »de Roland Topor et d'une création de théâtre d'objets, «  killed the Monster », très librement inspiré par le chanteur compositeur Daniel Johnston. 

 

Dans cette pièce de Roland Topor, un Don Juan vieillissant découvre en lui-même une moitié féminine dont il va s'éprendre. La pièce chemine depuis la découverte de cette moitié féminine : l'apprentissage et le jeu avec ce nouveau corps hybride féminin / masculin, la séduction, l'envahissement, le malentendu, la trahison, la séparation. 

La manipulation de la marionnette signe une belle maîtrise. La comédienne, Sarah Olivier, partie droite du corps féminin, partie gauche masculine, manipule une marionnette de Don Juan à taille presque humaine, au visage presque triste. Elle a le visage recouvert d'un voile noir, et se joue du dédoublement permis entre la marionnette et la moitié féminine de Don Juan qu'elle peut incarner ou cacher en se décalant. Des morceaux de corps apparaissent et disparaissent, en métonymie des personnages.

L'effet produit par ces jeux d'apparition et de cache-cache est très réussi visuellement. Des moments de poésie et d'humour émergent. Quelques éléments grivois ne viennent cependant que peu chambouler ce spectacle qui m'a semblé un peu sage. 

Hélène Lambert

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