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  • Le blog VivantMag vous offre une veille artistique régulière sur les créations de spectacles vivant en France. Il est destiné aux programmateurs réguliers ou occasionnels, aux compagnies, mais aussi aux spectateurs. Le blog est édité par l'association Adadiff Casi, dédié au spectacle vivant et à la médiation culturelle. Si vous souhaitez nous rejoindre pour chroniquer des spectacles, vous pouvez nous contacter sur le site ou par mail à contact@vivantmag.fr
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Couv-cata2010 WebBonjour et bienvenue sur le blog de Vivantmag.
Vous y trouverez l'ensemble des commentaires de nos correspondants sur les spectacles qui ont été vus. Ce service est en ligne en accès libre depuis février 2007.
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Avec plus de 1.200 spectacles commentés sur ce blog, les correspondants Vivantmag - AdAdiff, ne se posent pas en censeur du spectacle, loin de là. Nous souhaitons seulement faire partager un point de vue, forcément subjectif, sur les spectacles que nous voyons. Chaque retour de spectacle est ouvert à vos propres commentaires, et n'hésitez pas à en laisser car ils enrichissent ce travail d'échange et de partage d'informations.
Pour faciliter la lecture des spectacles, nous mettons désormais en place un picto permettant de donner notre avis général sur le spectacle. En voici le détail :
Décevant
Moyen
Pas mal...
Bien !
On adore !!! 

les spectacles du Off 2014

Découvrez tous les spectacles commentés par les correspondants de Vivantmag, et présents sur le Off 2014 d'Avignon. Certains ont été vus à leur création, en salle ou sur d'autres festivals, ou sur des précédentes éditions du Off. Grâce à un travail de veille artistique tout au long de l'année, l'Adadiff met à votre disposition son équipe de correspondants et vous permet de disposer d'un regard extérieur et indépendant pour faciliter votre choix. Commentaires ici...

10 janvier 2022 1 10 /01 /janvier /2022 23:14
Giovanni Cittadini Cesi pour le théâtre du Rond-Point.

Giovanni Cittadini Cesi pour le théâtre du Rond-Point.

Les gros patinent bien, cabaret de carton

 

 

Un spectacle produit par la compagnie le fils du grand réseau (29) et vu au Théâtre du Rond-Point  le 7 janvier 2022.

 

Création : Olivier Martin-Salvan et Pierre Guillois

Comédiens : Olivier Martin-Salvan et Pierre Guillois

Ingénierie cartons : Charlotte Rodière

Régie plateau: Emilie Poiteaux en alternance avec Elvire Tapie et Colin Plancher

Genre : théâtre et théâtre d’objets

Public : tout public

Durée : 1H20

 

Dix ans que je ne les avais pas vus. La dernière fois, c’était pour « le gros, la vache et le mainate » avec mes collégiens. Souvenir quelque peu cuisant, non que ça leur ait déplu à mes gosses, au contraire, mais quelle pression pour moi que d’oser les amener voir un spectacle si provocateur. Alors, il m’a fallu tout ce temps pour digérer mais quel bonheur !

 

Même si la réalité est sans doute différente, je les imagine bien, Olivier Martin-Salvan et Pierre Guillois jouer en amont de la création tels deux gosses à « on dirait que tu serais un américain paumé au fin fond de l’Islande, maudit par une sirène ». Et à partir de cette situation initiale, dériver dans un road movie aussi tenu dans le synopsis que débridé dans la création.

Un américain donc. On le sait parce qu’il le dit et qu’il est addict au coca lequel tombe systématiquement à l’eau avant consommation. Quelque peu replet, il passe son temps assis, tiré à 4 épingles dans son complet. Il parle un idiome si étrange qu’il en est inintelligible. Pas de panique : son acolyte, grand échalas en maillot de bain, se charge de la traduction façon cinéma muet.

« Il était un petit homme… avec sa maison tout en carton » : la ritournelle est de mise ! Cartons réduits à de simples pancartes pour décoder ; cartons animés pour mimer (le battant d’un pan de carton, c’est parfait pour imiter un phoque à la queue frétillante) ; cartons marionnettes à tige pour parler des migrants qui se noient dans l’indifférence généralisée ; cartons à toutes les échelles pour dessiner des perspectives et des mouvements ; cartons accessoires pour suggérer des coiffes folkloriques et autres éventails ; cartons plus sophistiqués pour installer une échoppe éphémère, une moto, un phare !

Nos Laurel et Hardy, dans cette incroyable économie de moyens, et au-delà de la loufoquerie de l’ensemble qui fonctionne sur le comique de répétition nous servent une tranche de jeu admirable. Car il en faut du talent pour débiter un texte imbitable et des chansons qui ne le sont pas moins avec un aplomb à toute épreuve. Et il en faut un talent pour, quasiment à poil, atteindre ce degré de perfection gestuelle dans le maniement synchrone des cartons sous toutes leurs formes.

 

« Les gros patinent bien, opéra de cartons », est un spectacle intelligent, irrévérencieux, techniquement parfait et tout simplement jubilatoire.

 

 

Catherine Wolff

 

 

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9 décembre 2021 4 09 /12 /décembre /2021 00:02
Dracula
Dracula

Un spectacle produit par la compagnie « Plexus Polaire » (89) et vu au TQI le 8 décembre 2021.

Texte : inspiré de Bram Stoker

Mise en scène : Yngvild Aspeli

Comédiens et marionnettistes : Pascale Blaison, Dominique Cattani, Yejin Choi, Sebastian Moya, Marina Simonova

Musique : Ane Marthe Sørlien Holen

Fabrication marionnettes : Yngvild Aspeli, Manon Dublanc, Sébastien Puech, Elise Nicod, Pascale Blaison

Scénographie : Elisabeth Holager Lund

Genre : marionnettes

Public : adulte

Durée : 1H05

 

A la réouverture des salles au printemps 2021, à l’affût de la moindre opportunité, J’avais découvert l’incroyable travail de la Compagnie « le plexus polaire ». C’est donc tout naturellement que s’est imposé leur dernier opus, « Dracula ».

« Dracula », fantastique aidant, est un bon client pour l’art de la marionnette. Sur un plateau plutôt modeste en taille, Yndvild Aspeli et son équipe se plaisent à brouiller les dimensions pour créer un univers mystérieux et inquiétant. Des lumières en gobos se difractent sur la pénombre et les miroirs tandis que la musique installe une atmosphère de film d’angoisse. Au début du spectacle, Murnau n’est jamais loin. D’ailleurs, le texte, dit en anglais, est sur-titré dans des cartouches qui rappellent le cinéma muet. A mesure que le spectacle avance, il se libère de cette référence pour mieux se centrer sur le jeu des 5 comédiens-marionnettistes et leur rapport ambigu aux marionnettes grandeur nature. Dédoublement des personnages, jeu masqué, danse ou fusion avec les marionnettes, cette difficulté à dire qui interprète quoi participe du trouble de l’histoire.

C’est précisément là où le bât blesse, l’histoire. Le choix de resserrer au maximum la narration sur quelques épisodes de l’œuvre de Bram Stocker interdit au spectacle de décoller. Les redondances sont légion et on finit par s’ennuyer un peu.

Le « Dracula » de la Compagnie « le plexus solaire » est plastiquement superbe mais quelque peu décevant.

Catherine Wolff

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24 novembre 2021 3 24 /11 /novembre /2021 19:07
Battre encore
Battre encore

Spectacle produit par Cie La mue/tte (54) et vu au théâtre Mouffetard le 16 novembre 2021.

Mise en scène : Delphine Bardot et Pierre Tual

Interprètes : Delphine Bardot, Bernadette Ladener et Amélie Patard

Genre: Théâtre et marionnettes

Public : à partir de 12 ans

Durée : 1 h

Au tout début de ce spectacle, la poésie des marionnettes, la musique sud-américaine, le violoncelle et le jeu subtil des 3 comédiennes pourraient nous transporter dans un monde imaginaire et bucolique : il n'en est cependant pas question dans la mise en scène de ce conte qui s'inspire d'un drame qui s'est vraiment déroulé  : l'assassinat de 3 sœurs « Mariposas », surnom des soeurs MirabaI, dominicaines assassinées par le dictateur Trujillo en 1960. Le spectacle interpelle aussi sur la lutte des femmes et des peuples qui refusent toute forme de dictature.

Dans ce conte, trois jeunes filles sont invitées à un bal donné par un oppresseur avide de s'emparer des plus belles filles du royaume. Dans un tango aussi langoureux qu'inquiétant, les trois comédiennes mènent le bal magistralement, en compagnie de marionnettes grandeur nature, (magnifique moment) mais elles ne se soumettent pas et tentent de résister au monarque et à ses hommes de main. Elles n'y parviendront pas mais la révolte grondera et redonnera voix au peuple d'opprimés et de laissés pour compte.

Le message reste clair : la lutte n'est pas terminée. Tous les peuples opprimés peuvent et doivent relever la tête et ne pas se soumettre à la dictature, même si la mort en est souvent le prix à payer.

Dans tout le spectacle, il n'y a pas besoin de mots pour invoquer la domination et le refus de se soumettre aux dictateurs, tant le langage corporel est « parlant »... Le masculin devient un « corps-objet » dans ce duo dansé qui renverse les clichés traditionnels.

Chaque tableau du spectacle présente une spécificité et une réelle poésie. La musique y tient un rôle prépondérant, Les marionnettes sont stupéfiantes et les comédiennes, parfaites, nous embarquent dans un monde qu'on aimerait juste imaginaire...

 

Evelyne Karam

 

 

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26 septembre 2021 7 26 /09 /septembre /2021 22:57
N'ouvrez jamais votre porte à un inconnu
N'ouvrez jamais votre porte à un inconnu

Un spectacle produit par la compagnie les enclumés (71) et au détour de la fête de Fontenay-sous-Bois le 25 septembre 2021.

 

Genre : marionnette

Public : tout public

Durée : 3x50 secondes

 

Chronique impromptue pour un spectacle qui ne l’est pas moins ! C’était fête et vide-grenier à Fontenay-sous-Bois. Au détour de la Halle Roublot, un dispositif minuscule-le théâtre miniature du cyclope à trois roues, vante un spectacle de 50 secondes. Une merveille.

 

Une pancarte patinée à l’ancienne  propose le programme. 3 spectacles à l’affiche : « l’inconnu », « l’inconnu pour mieux vous plaire » et « l’inconnu de la mort qui tue ». A coté, sur un vieux socle de machine à coudre, deux petits caissons juchés l’un sur l’autre et percé d’un judas. Un écriteau rappelle la consigne « n’ouvrez jamais votre porte à un inconnu ».Derrière, sur un marche pied, le manipulateur avec un casque. Devant, on colle son œil au judas, on chausse le casque et que le spectacle commence.

J’ai choisi « l’inconnu pour mieux vous plaire ». A travers le judas, un palier en perspective avec trois portes dessinées. Un petit loup déguisé en grand-mère, simple silhouette de papier  actionné par une tige, se précipite vers mon judas et entreprend avec force imagination et bruitages de me convaincre de lui ouvrir la porte. Je n’en dis pas plus : c’est poétique, drôle et magique.

A adopter par toutes les mairies désireuses de réussir leur fête municipale !

 

 

Catherine Wolff

 

 

 

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16 septembre 2021 4 16 /09 /septembre /2021 20:28
Théâtre des Bouffes du Nord

Théâtre des Bouffes du Nord

La mouche

 

 

Un spectacle produit par le Théâtre des Bouffes du Nord et la Compagnie Point Fixe (75) et vu au Théâtre des Bouffes du Nord le 14 septembre 2021.

 

Texte : librement inspiré de George Langelaan

Mise en scène : Valérie Lesort et Christian Hecq

Comédiens : Christian Hecq (sociétaire de la Comédie-Française), Valérie Lesort, Christine Murillo, Jan Hammenecker

Scénographie : Audrey Vuong

Plasticiennes : Carole Allemand et Valérie Lesort

Genre : théâtre

Public : adulte

Durée : 1H30

 

 

Il semblerait enfin que ce soit pour de bon ; la reprise des spectacles. Et pour compenser sans doute ces  deux années de presque abstinence, la saison démarre beaucoup plus tôt qu’à l’accoutumé. Et c’est tant mieux. En guise d’inauguration, j’ai choisi d’aller voir « la Mouche » ; moins attirée par l’histoire imaginée par George Langelaan  que j’ignorais (il en existe pourtant deux versions cinématographiques dont l’une de Cronenberg) que par la présence de Christine Murillo, à priori gage de qualité. Je suis sortie mitigée

 

 La mouche » met en scène, dans les années 60, une maman en âge d’être grand-mère et qui vit  avec son grand dadet de fils, Robert, qu’elle aimerait enfin caser. Le problème, c’est que Robert, la cinquantaine, n’a guère d’autre passion dans la vie que de mettre au point une machine à téléporter,  Par son mode de vie, ce duo atypique et le ton comique évoquent souvent  les Deschiens dont le chien qui évolue sur scène est une allusion directe. Mais suite aux aléas de la machine à téléporter, cet univers de petites gens bascule soudainement dans le fantastique, sorte anti-version de la « Métamorphose » de Kafka.

Le décor rend admirablement compte du déterminisme social : en avant scène, une pelouse dégarnie et un parterre qui ne l’est pas moins malgré son inévitable nain de jardin. En fond de scène, un rideau de fer qui, une fois levé, laisse apparaître le laboratoire de Robert avec force consoles et habitacles. Le garage prend appui sur un mur aveugle traversé par des gouttières. A cour, une caravane, des attrape-mouches en tout genre, un clapier, une télé. L’ensemble est bien exploité et participe largement à la tonalité décalée des protagonistes.

Quelques scènes soulignent avec bonheur ce drôle de monde : la saignée du lapin, les aventures du chien Charlie qui par la grâce de la machine de Robert devient Laïka avant de finir en charpie, la métamorphose de Robert en mouche et sa déambulation sur le mur aveugle.

Mention spéciale donc aux plasticiennes et à la scénographe. Mais le jeu est inégal, desservi par un texte un peu bancal. Il est dommage, à mon sens, qu’il faille attendre les dernières minutes pour en venir à la métamorphose de Robert. Ce déséquilibre dans la construction provoque un manque cruel de rythme et des longueurs au risque de l’ennui.

 

« La mouche » est un spectacle populaire et divertissant, riche en belles trouvailles visuelles.  Mais la focalisation sur le phénomène social plus que sur le phénomène fantastique m’a parfois laissée planer ans le vide.

 

 

Catherine Wolff

 

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27 juillet 2021 2 27 /07 /juillet /2021 15:56

Spectacle de la compagnie Les Petites choses (34) vu à la cour du spectateur le 27 juillet 2021 à 10 h 45 dans le cadre du Festival OFF d'Avignon. Jusqu’au 31 juillet 2021.   

 

Auteur et interprète : Mathilde Aguirre 

Regard extérieur : Dora Cantero et Josef Hirsh 

Genre : Théâtre de papier 

Public : très jeune public de 1 an à 5 ans 

Durée : 25 minutes 

 

Dernière semaine du festival où l’affluence a considérablement baissée, mais où il reste encore plus de 500 spectacles accessibles, comme ce très joli spectacle pour les tout-petits. J’avais eu la chance de découvrir il y a plus de 10 ans le travail de Mathilde Aguire avec “Marcello, Champion de papier” . C’est avec plaisir que je suis allé découvrir l’évolution de son travail avec cette nouvelle création de 2019. 

Sur scène, un tas de papier. De sa voix douce et légère, mêlant ritournelle et mots posés là, la comédienne nous fait sentir et entendre le papier qu’elle froisse et qu’elle défroisse. Dans une économie de mots, elle fait émerger de cette montagne de papiers la couleur, les sons et les formes avec une extrême douceur : les sons d’une lune-Sanza (un piano à doigts), la famille de nuages et la ribambelle d'oiseaux, les animaux et leur verte prairie, l’océan et ses poissons, et les maisons. Un bestiaire animal poétique et sensible, où les enfants retrouveront des formes familières ou inconnues. 

Tout ou presque est en papier, et l’on a envie de se plonger avec elle dans cet univers de poésie construit de petites choses.

C’est un travail délicat tout à fait adapté aux tout petits qui peut se jouer dans des espaces tout terrain jusqu’à trois fois dans la journée. 

À découvrir encore jusqu’au 31 juillet.

 

Eric Jalabert 

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22 juillet 2021 4 22 /07 /juillet /2021 16:08
12h12
12h12

Spectacle de la Compagnie Plan Libre (09), vu à La Cour du Spectateur à Avignon le 21 juillet 2021 à 15 h 30. Dans le cadre du Festival OFF d'Avignon du 7 au 31 juillet.

 

Interprètes : Mélodie Fichan, Adrian Parker

Genre : Marionnette - objet 

Public : à partir de 8 ans

Durée : 1 h

 

La cour du spectateur, ce n’est pas un théâtre, c’est un lieu d’arts vivants qui réunit plusieurs lieux de spectacles, dedans et dehors, tout autour d’une cour ombragée, au calme. On peut y manger, boire un verre, participer à un atelier, se reposer, se retrouver.

12 h 12 se passe en extérieur. Assis sur des gradins en bois, nous subissons un test d’espièglerie avant de commencer l’émission télé sur « Le dessous des tabous ». Sujet du jour : la sexualité.

Dans le public, toutes les générations sont représentées. La comédienne-présentatrice, seule en scène, est pétillante, infiniment positive. Elle nous informe, nous questionne, nous fait dessiner sur de petites ardoises, nous met un petit peu mal à l’aise, petits et grands. Juste un petit peu, assez pour que nous nous prenions au jeu, puis participions pleinement à l’émission.

La mise en scène est ingénieuse avec un décor mobile et multifonctionnel qui permet de manipuler objets et marionnettes. Les supports sont divers, on passe d’objets scotchés à des panneaux d’exposition, pour finir avec un assemblage d’ingrédients dont certains sont explosifs...

Je parlerais plus de théâtre d’objet que de théâtre de marionnettes, bien qu’il y en ait quelques-unes. La comédienne est accompagnée d’un musicien qui joue en direct et l’assiste par moment.

C’est frais et tendre, drôle et émouvant, ludique, pragmatique, positif et... sans tabou !

C’est à programmer dans toutes les écoles de France et à consommer sans modération pendant le Festival d’Avignon.

 

Maren Scapol

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13 juillet 2021 2 13 /07 /juillet /2021 13:07

Spectacle de la compagnie Le Blé en Herbe (69), vu à la Cour du Spectateur à Avignon le 8 juillet 2021 à 10 h (en avant-première). Dans le cadre du Festival OFF d'Avignon du 10 au 31 juillet. 

 

Création et interprétation : Irma Ferron

Genre : Marionnette - Objet

Public : jeune public (1 à 5 ans)

Durée : 35 minutes (2 fois 15 minutes)

 

Deux spectacles sont proposés aux tout petits. Les jours impairs : Le dit du petit frère & Le dit du large. Et les jours pairs : Le dit des bois & Le dit du flocon. 

Pour mon premier spectacle du Festival d’Avignon 2021, je vais assister à l’avant-première de la Compagnie Le blé en Herbe à la Cour du Spectateur, une cour d’école toute proche du Théâtre des Carmes. En ce lieu, les spectacles s’adressent aux enfants principalement. Ce matin là, une vingtaine de pitchouns de 2 à 3 ans de la crèche Persil, quartier voisin de l’école, constituent le public avec leurs accompagnatrices et moi-même.

À notre entrée dans la salle, Irma est agenouillée, vêtue de noir au centre d’un tapis de la même couleur, dans un espace scénique éclairé à minima. Autour d’elle, est éparpillée de la sciure de crayon et des crayons de couleur. Chacune des quatre histoires proposées va évoquer l’aventure des cinq frères : les cinq doigts de la main.

Irma Ferron a une formation de comédienne, marionnettiste et circassienne. Durant des années, elle s’est essayée à ces arts et aujourd’hui choisit de s’adresser aux plus petits avec principalement ses mains, ses doigts, son visage et sa voix. Le tout en délicatesse, veillant à induire lisibilité et sens afin de nourrir et de solliciter l’imaginaire des très jeunes enfants.

Je constate que les enfants présents sont tous et toutes captivés par ce conte coloré. L’actrice rassemble les couleurs, évoque par des mimiques la personnalité de chacun des frangins, parfois ponctue d’une chansonnette et les enfants rient, participent, captés par un visage, des doigts et des couleurs.

Avec des objets simples de tous les jours connus des petits, Irma fait évoluer son récit et le public va de surprise en surprise via des images visuelles à la fois dépouillées, recherchées et dénichées.

D’une beauté créative simple, accessible et d’une immense poésie. Des crayons arbres, un filet de pêche où sont emboitées comme des poupées russes des déchets, Irma nous surprend et captive par son talent les adultes comme les enfants.

Par ce spectacle, je recontacte une paix, une douce magie poétique, rare de nos jours, mais toujours propice à retrouver nos âmes d’enfants endormies.

Merci Irma pour ce travail fin et délicat de recherche destiné aux enfants, pour la qualité de ce spectacle proposé aux plus petits et de se mettre à leur portée avec intelligence, beauté et créativité, et ce, tout simplement !

 

Gisèle-Lydie Brogi

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4 juillet 2021 7 04 /07 /juillet /2021 23:21
Théâtre du Rond-Point

Théâtre du Rond-Point

Le cirque invisible

 

Un spectacle produit par Karavane Productions (75) revu le 3 juillet 2021  au Théâtre du Rond-Point.

 

Création: Victoria Chaplin, Jean-Baptiste Thierrée

Comédiens : Victoria Chaplin, Jean-Baptiste Thierrée

Genre : cirque, danse, magie

Public : tout public

Durée : officiellement 1H15

 

 

Le pire, c’est que je ne l’ai jamais chroniqué ! Pourtant, en 12 ans, c’est bien la cinquième ou la sixième fois que je le vois. Mais quel est donc ce spectacle qui peut se prévaloir d’une telle pérennité et d’un tel pouvoir d’attraction : L’inénarrable  « cirque invisible »de Jean-Baptiste Thierrée et de Victoria Chaplin ?

Depuis la dernière fois que je l’ai vu (5 ou 6 ans), le spectacle a beaucoup évolué même si la structure reste inchangée. Sur une vague piste de cirque, les numéros de clown  de monsieur alternent avec les tableaux de transformisme de Madame. Monsieur multiplie les facéties et brille dans l’art de l’absurde pour nous suggérer un cirque qui n’est pas. Madame époustoufle par la poésie de son imaginaire qui fait naître des animaux féériques. Monsieur prend à témoin le public. Madame danse avec grâce et se pare en silence.

Avec le temps, certains numéros ont disparu (Madame en fildefériste ; Monsieur et sa ribambelle de poissons) tandis que de nouveaux s’insèrent naturellement tel l’émeu rouge qui picore les reliefs des bêtises de monsieur.

Le « cirque invisible », nouvelle mouture, est toujours aussi beau et toujours aussi drôle. Le public ovationne. A chaque salve d’applaudissements répondent des bis qui prolongent encore un peu la magie. Assurément, le « cirque invisible » est une anthologie du cirque.

 

Catherine Wolff

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23 mai 2021 7 23 /05 /mai /2021 23:55
Plexus Polaire

 

Moby Dick

 

 

Un spectacle produit par la compagnie « Plexus Polaire » (89) et vu au Montfort le 21 mai 2021.

 

Mise en scène : Yngvild Aspeli

Comédiens et marionnettistes : Pierre Déverine (en alternance avec Alexandre Pallu), Sarah Lascar, Daniel Collados, Alice Chéné, Victor Lukawski, Maja Kunsic et Andreu Martinez Costa.

Musique : Guro Skumsnes Moe, Ane Marthe Sørlien Holen et Havard Skaset

Fabrication marionnettes : Polina Borisova, Yngvild Aspeli, Manon Dublanc, Sébastien Puech, Elise Nicod

Scénographie : Elisabeth Holager Lund

Genre : marionnettes

Public : tout public à partir de 14 ans

Durée : 1H30

 

 

Le retour en salle n’a fait que confirmer le manque cruel de spectacles pendant un an. Le public était à l’unisson de ce ressenti. Avec les mesures sanitaires, les places sont chères. Aussi, j’accepte quasiment toutes les invitations, même pour de la marionnette. Pourtant, à priori, ce n’est pas ma tasse de thé. Le « Moby Dick » de la compagnie Plexus Polaire aura changé durablement mon regard sur cet art.

Porter « Moby Dick » sur les planches, c’est s’attaquer à du lourd et pourtant, la compagnie du Plexus Polaire a su relever tous les défis :

-Défi de résumer en 1H30 un pavé de plus de mille pages.

-Défi de faire entendre la portée philosophique et écologique avant l’heure du roman.

-Défi de représenter un univers marin et de rendre compte, sur scène de la démesure entre l’homme et l’océan ; entre l’homme et le cachalot.

-Défi, enfin, de relever cette gageure par la marionnette.

 

-Cette réussite tient d’abord à la scénographie qui sait transformer un antre de cachalot en nef de vaisseau modulable. En fond de scène, ce praticable est entouré, à cour et à jardin, par trois musiciens (basse et chant, contrebasse et chant, percutions, bruitages et chant) tandis qu’une projection de lumière dessinent les flots. C’est dans cet univers qu’évoluent les marionnettes d’échelles différentes. Quand certaines sont géantes et d’autres minuscules, la plupart sont à taille humaine et d’un réalisme si troublant qu’il est difficile de distinguer l’homme  de la créature. L’articulation des mâchoires contribue largement à cette ambiguïté tant la marionnette mime le langage parlé mieux qu’en VOST.FR. La manipulation est virtuose et la lumière, admirablement dosée, estompe la plupart du temps les 6 manipulateurs. La musique live, les bruitages, les fumigènes et parfois une allemande ondulante parachèvent l’illusion.

-Ma seule réserve concerne le récitant qui ne m’a pas convaincu et dont on regrette qu’il s’exprime en français alors que les autres comédiens-manipulateurs parlent un très bel anglais (sur-titré).

 

-« Moby Dick » de la compagnie Plexus Polaire est une fête des sens et de l’intelligence. C’est la magie d’un spectacle total. A ne manquer sous aucun prétexte.

 

Catherine Wolff

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