Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Profil

  • www.vivantmag.fr
  • Le blog VivantMag vous offre une veille artistique régulière sur les créations de spectacles vivant en France. Il est destiné aux programmateurs réguliers ou occasionnels, aux compagnies, mais aussi aux spectateurs. Le blog est édité par l'association Adadiff Casi, dédié au spectacle vivant et à la médiation culturelle. Si vous souhaitez nous rejoindre pour chroniquer des spectacles, vous pouvez nous contacter sur le site ou par mail à contact@vivantmag.fr
  • Le blog VivantMag vous offre une veille artistique régulière sur les créations de spectacles vivant en France. Il est destiné aux programmateurs réguliers ou occasionnels, aux compagnies, mais aussi aux spectateurs. Le blog est édité par l'association Adadiff Casi, dédié au spectacle vivant et à la médiation culturelle. Si vous souhaitez nous rejoindre pour chroniquer des spectacles, vous pouvez nous contacter sur le site ou par mail à contact@vivantmag.fr

Bienvenue

Couv-cata2010 WebBonjour et bienvenue sur le blog de Vivantmag.
Vous y trouverez l'ensemble des commentaires de nos correspondants sur les spectacles qui ont été vus. Ce service est en ligne en accès libre depuis février 2007.
Si vous souhaitez prendre contact avec l'une des compagnies présentées, adressez nous un mail à blog@vivantmag.fr, nous vous adresserons rapidement leur coordonnées.
Découvrez sur le site www.vivantmag.fr, le catalogue des spectacles repérés... et l'ensemble des services de l'Association d'Aide à la Diffusion Interrégionale du Spectacle Vivant, l'AdAdiff.
Le Catalogue Vivant 2013/2014 des Spectacles repérés est disponible...
> Commande en ligne sur le site.

Rechercher

Mode d'emploi...

Avec plus de 1.200 spectacles commentés sur ce blog, les correspondants Vivantmag - AdAdiff, ne se posent pas en censeur du spectacle, loin de là. Nous souhaitons seulement faire partager un point de vue, forcément subjectif, sur les spectacles que nous voyons. Chaque retour de spectacle est ouvert à vos propres commentaires, et n'hésitez pas à en laisser car ils enrichissent ce travail d'échange et de partage d'informations.
Pour faciliter la lecture des spectacles, nous mettons désormais en place un picto permettant de donner notre avis général sur le spectacle. En voici le détail :
Décevant
Moyen
Pas mal...
Bien !
On adore !!! 

les spectacles du Off 2014

Découvrez tous les spectacles commentés par les correspondants de Vivantmag, et présents sur le Off 2014 d'Avignon. Certains ont été vus à leur création, en salle ou sur d'autres festivals, ou sur des précédentes éditions du Off. Grâce à un travail de veille artistique tout au long de l'année, l'Adadiff met à votre disposition son équipe de correspondants et vous permet de disposer d'un regard extérieur et indépendant pour faciliter votre choix. Commentaires ici...

20 septembre 2020 7 20 /09 /septembre /2020 21:23

Ada

Ada
Ada

Spectacle de la compagnie  les filles de Simone  (93) vu le 19 septembre 2020 au Théâtre du Rond-Point.

 

Texte : d’après « Ada ou la beauté du nombre » de Catherine Dufour

Collaboration artistique : Claire Frétel

Interprétation : Tiphaine Gentilleau

Genre : Lecture-performance

Public : Tout public à partir de 14 ans

Durée : 1H environ

 

Il est rare que j’assiste à une lecture. Mais covid aidant, il est fort difficile de réserver une place, les jauges étant extrêmement limitées. Après trois refus, c’est donc tout naturellement que je me suis tournée vers le Théâtre du Rond Point. Pour conjurer une hypothétique baisse de fréquentation, JM Ribes a organisé cet automne un festival de lectures au jardin. Pas de réservation. Juste attendre, donner ses coordonnées pour remonter un éventuel cluster, lavage de main, injonctions sanitaires par haut-parleur et le tour est joué !

Au programme du jour, la compagnie « les filles de Simone » dont je suis une inconditionnelle. Forte de leur notoriété, la jauge était pleine d’une majorité écrasante de femmes, plutôt d’âges mures mais pas que. Un public friand mais retoqué s’est groupé au-delà des grilles de la scène ouverte.

 

En guise de lecture, et sur la base du livre éponyme, Thiphaine Gentilleau  a entrepris de redonner ses lettres de noblesse à Ada Lovelace Byron, mathématicienne de talent, pionnière, à l’âge de 28 ans, en 1843, du premier code informatique et que  le système patriarcal, poussé à son paroxysme sous l’ère victorienne, a allégrement poussée aux oubliettes.

On retrouve dans la lecture ce qui fait le succès du collectif. Une dénonciation en règle du patriarcat et une déconstruction systématique de ses stéréotypes par un humour ravageur et toujours d’actualité. Ainsi, Ada est fille de Lord Byron. Et Tiphaine de nous expliquer que s’il n’est pas question ici de savoir s’il faut séparer l’homme de l’œuvre (car il faudrait des volumes entiers) il est néanmoins sûr que :

-« Si Byron est un poète de génie, en tant qu’homme, c’est un beau connard ».

La lecture est sonorisée. Elle est rythmée par quelques menus objets scéniques dont on connaît par ailleurs les ressorts (le post-il sur le front pour désigner un personnage, un paper-board baladeur, une petite boîte à musique). Le tout est fort enlevé malgré quelques accrocs. Thiphaine assume parfaitement sa nullité en sciences. De mon point de vue, cette incapacité à vulgariser le concept affaiblit un peu le propos et tend à le délayer dans une sorte de catalogue de découvertes.

 

Il n’empêche, à l’heure où la pandémie nous a tous révélés hyper dépendants de l’informatique, c’est tout à l’honneur « des filles de Simone » d’avoir voulu extirper de nos machines la légende masculiniste et de redonner à Ada ce qui revient à Ada.

 

 

Partager cet article

Repost0
31 août 2019 6 31 /08 /août /2019 19:37
Festival Font'Art 2019

Font art : Festival de rue , à Pernes les Fontaines (84) du vendredi 2 au dimanche 4 aout 2019

Aprés la belle édition du Off d’Avignon, me voila à Font’Art, joli festival d’art de la rue à Pernes les Fontaines , qui poursuit depuis 23 ans son travail de sensibilisation et de découverte du spectacle de rue dans un joli village du vaucluse de 10.000 habitants. 

Font Art, aujourd’hui, c’est 16 compagnies du In (payées), 11 du Off (défrayées + chapeau) et 5 propositions en « Fest’ici » pour offrir un terrain d’expérimentations aux artistes locaux, soit 30 compagnies et plus de 100 représentations dans les rues, sur les places, les esplanades ou les cours d’écoles pour découvrir des spectacles qui nous questionnent sur notre société. Il y a bien sûr les associations, des artisans, des food trucks et des buvettes, ainsi qu’un espace professionnel pour les équipes (ouvert aux professionnels sur réservation : 10 euros le repas ; excellent, local et bio. Une équipe motivée composée de bénévoles et de professionnels ( le passage à la professionnalisation est une phase critique de la vie d’un festival) pour imaginer des formules qui permettraient à davantage de compagnies de pouvoir jouer alors que les budgets ont tendance à diminuer. L’occasion de voir de belles propositions avec un public fidèle, toujours nombreux et curieux, et pour qui c’est souvent une première approche d’un festival de rue.

J’ai pu y découvrir plusieurs spectacles dont :

Anatomik, de la compagnie Madame Kanibal (33)

Genre : Théâtre de rue / Fakir
Public : Tout public à partir de 6 ans ( accompagnés bien sur)
Durée : 30 mn

 

 

 

Devant son vestiaire en acier in oxydé, Madame Kanibal nous invite dans son intimité et se laisse aller à la séduction, toute en poésie cannibale et décalée. Un numéro de contorsionniste fakir, emballée dans une histoire de vie drôle et Rock’n’roll roll. Elle revisite les standards du genre, sourire au lèvres et trimbale son excentricité pleine de gouaille pour cacher une tendresse et une histoire que chacun interprétera selon ses propres échos. Un petit côté « Freaks » en hommage aux personnage de foire qui venaient exhiber leurs extravagances devant un public voyeur, mais recherchaient avant tout l’amour.

A la fois techniques, simples et spectaculaires, ses numéros comme son épilation à la meuleuse ou ses explorations bucco-nasales font un grand effet sur le public et cela fonctionne à merveille.

Une petite forme légère à partager et à découvrir

> Cours sans sac , de la compagnie Gay tympan (34)

Genre : Théâtre de rue / Déballage incantatoire poétique et révolté

Public : Tout public à partir de 10 ans ( 12/14 ans pour moi)

Durée : 40 mn

Sur un sol jonché de sacs, en papier, avec des inscriptions dessus, voila une proposition sur le questionnement, sur le regard des autres et sur les grands enjeux du monde. Une sorte de théâtre dansé existentiel où la comédienne danseuse traîne ses sacs comme autant de casseroles. On ne peut pas lui en vouloir : sur chaque sac il y a une part de ce qui fait notre monde: argent, guerre, travaille, guerre, pollution, dieu… : de quoi chercher à vider son sac quand on sait que chacune de ces choses contribue également à détruire ce qui fait la richesse de notre monde. Mais à vouloir parler de tout, on se perd parfois dans la diversité des situations et l’on ne peut en embrasser aucune, laissant pour moi, un léger sentiment de frustration.

Un travail sur le renoncement, avec quelques effets surprenants, à la fois très politique et tout en poésie, qui présente une autre approche que celle de la culpabilisation et des dénonciations. Un appel aux rêves pour solutionner toutes nos angoisses…

Ambitieux et accessible.

> « Songes » du Collectif Utopies (Auvergne Rhône Alpes & Paca)

Genre : Cirque

Public: tout public

Durée 45 mn

 

 

 

Un groupe de jeunes artistes, sortie tout droit de l’école de cirque de Chambéry, et qui s’est emparé de la proposition du festival : monter un spectacles en 5 jours autour d’un arbre central et majestueux, permettant à chacun de présenter sa ou ses spécialités. Un projet généreux et plein de potentiel (mais cela je ne l’ai su qu’après avoir discuté avec eux...).

J’ai été au départ attiré par le côté visuel et foisonnant de l’arbre à agrès : un tableau-trapèze, un lustre, des tissus, cordages et élastiques… . Cela donnait envie et me laissait plein d’attentes. Puis j’ai été surpris par le côté «amateur » de l’ensemble ( éclairage, enchaînement, technicité des numéros…) et la construction très scolaire. Toutefois, ces jeunes là dégageaient une vraie énergie et donnaient un aspect très touchant aux tableaux d’ensemble ce qui compensait largement la faiblesse technique. Ils sont tous les 8 à investir le plateau, mêlant calme et courses effrénées comme pour montrer la force du groupe.

Autour du thème du rêve, ces jeunes artistes ont construit un fil conducteur avec une voix off, qui lance ainsi trois ou quatre grandes séquences, en faisant référence à ce que chacun vit.

Chacun tente, avec ses faiblesses et ses points forts - et sans se mettre en danger -, des numéros, des effets et c’est immensément riche et créatif. La battle de mât chinois avec la brochette humaine, le lit-bateau évolutif ou le trapèze-tableau… autant d’idées dont ils s’emparent et qu’ils nous proposent. Bien sûr cela demande ensuite à être travaillé… ils ont imaginé cela en 5 jours.

Alors, nous avons imaginé des accueils dans des villages, pour affiner le spectacle, accueillir des ateliers d’initiation au arts du cirque et proposer le spectacle autour de l’arbre du village. Car chaque village à un arbre totem qui symbolise à la fois la tradition, l’ancrage et la vie qui évolue.

Si vous êtes intéressés pour accueillir cette forme, n’hésitez pas à nous contacter…

> Considérations de la compagnie Madame Riton (Occitanie)

Genre : Théâtre de rue – duo intime pour l’espace public

Public : tout public à partir de 12 ans

Durée : 55 mn

Un spectacle sur les hommes et les femmes ( mais surtout les femmes…) déjà vus à Aurillac il y a quelques années…Une sorte d’histoire des hommes et des femmes vue par les cons. C’est très drôle, une dentelle littéraire, juste et bien vue, dynamique et originale. On y suit le parcours de sa construction quand on est une femme ( Dominique), attendue comme un garçon. La découverte du corps, du plaisir, de l’amour, de l’enfantement et le recommencement.

Il faut être attentif pour ne pas perdre le fil de l’histoire et ses histoires de cons. Con-science ; con-fesse, con-gratulations et autres con-sidérations. Un très chouette moment.

 

> A côte de la plaque de la compagnie Alma (66)

Genre : théâtre de rue culino musico thétral

Public : Tout public

Durée : 50 mn

 

 

 

Une proposition culinaire et féministe, qui interroge la place de la femme sans lourdeur. Le trio fonctionne très bien, avec une accordéoniste qui vient ajouter une touche très particulière au rythme de cette proposition. L’objectif est de préparer le gâteau au chocolat de nos rêves, pretexte à l’énumération de souvenirs personnels et si communs, façon madeleine de Proust.

Une performance scénique et technique dans laquelle je me suis laissé embarquer avec grand plaisir.

Crédit photos : sites des compagnies et Patrick Denis

 

Partager cet article

Repost0
26 juillet 2019 5 26 /07 /juillet /2019 09:27
Jeune, joyeux et serein

"Un festival jeune, joyeux et serein" , c'est ainsi que Pierre Beffeytte, président de AF&C et une partie de son équipe, nous ont présenté jeudi 25 juillet au village du Off le bilan provisoire de l'édition 2019

Selon eux, le bouche à oreille fait remonter une bonne qualité artistique des propositions présentées, qui semble être le fruit du travail de sensibilisation et de l'attention portée à cette dimension par l'équipe d'AF&C. Par ailleurs, le festival dispose d'une belle exposition médiatique avec une présence en progression de la presse internationale, et d'une belle visibilité au niveau politique avec la venue du ministre de la culture et de plusieurs personnalités de haut rang. Nous avons pu constater sur place ces évolutions.

L’équipe du festival reste sensible à la question de la fréquentation du public qui reste un point notable en ces derniers jours après 3 semaines de festival. Avec environ un million de billets vendus pour 3,5 millions de places disponibles, la question de l’élargissement des publics reste entière. Ces chiffres (présentant ainsi un taux de remplissage moyen de 28%) repris par le président de AF&C, et qui circulent depuis plusieurs années, ne reposent sur aucun fondement, alors même que chaque salle à l’obligation de déclarer sa billetterie pour l’administration fiscale, ainsi que pour d’autres organismes. Mais il n'y a aucune centralisation pour apporter un indicateur fiable et indispensable à la bonne santé du festival. Le public reste encore trop souvent l’oublié des enjeux du festival.

Pierre Beffeytte, répondant à notre question sur ce point, nous indique que les chiffres seront plus précis sous trois ans, car une nouvelle réglementation sera mise en place, obligeant ainsi les lieux à déclarer leur billetterie. Nous nous en réjouissons pour le bon développement du festival.

Le conseil d’administration d’Avignon Festival & Compagnies œuvre depuis trois ans à réformer le festival et ses pratiques, sans toutefois avoir la main sur tous les rouages. Cela n’est pas simple. Néanmoins, tous les acteurs présents constatent ces efforts et les encouragent.

Bilans chiffrés selon Communiqué de presse AFC :

Spectacles et théâtres :
• 1 592 spectacles • 139 lieux dont 124 théâtres • 1 134 spectacles présentés pour la première fois à Avignon , soit 71% •  159 spectacles jeune public • 147 spectacles venus de l’étranger

Cartes d’abonnement public :

63 949 cartes vendues au 24 juillet 2019 dont 80 % en plein tarif (16€) - (62 977 en 2018, 63 133 cartes vendues en 2017) pour un montant de 950.000 € environ.
 
Billetterie Ticket’Off (au 24 juillet 2019)
• 97 530 places vendues   (pour rappel : 46 015 en 2018, 33 604 places vendues en 2017 et 30 615 en 2016) • 86 % des spectacles du festival OFF vendent des places en ligne sur ticket’OFF

Professionnels accrédités
 3 245 professionnels accrédités, dont 2 640 professionnels du spectacle vivant
• 1 219 programmateurs
• 1038 programmateurs non décisionnaires - prescripteurs
•  259 institutionnels
•  124 diffuseurs

605 journalistes, dont 82 de presse étrangère :
 
Fonds de soutien à la professionnalisation d'Avignon Festival & Compagnies

Basé sur un système de solidarité interprofessionnelle pour soutenir les artistes, le fonds de soutien à la professionnalisation d’AF&C s’inscrit dans la continuité du projet collectif et constitue une étape supplémentaire dans la démarche de professionnalisation du festival, l’accompagnement aux compagnies et plus largement un soutien au secteur du spectacle vivant.
En 2019, le fonds de soutien représente :

• 82 structures aidées (63 en 2018)
• 222 artistes soutenus (185 en 2018)
• 1592 représentations (1172 en 2018)
• 219 450 € de budget (174 700 € en 2018)

Opération de mutualisation de l’impression des affiches

Pour la troisième année du projet, 8 éco-packs (impressions sur papier PEFC et FCS Mix avec encres végétales) étaient proposés aux structures du festival OFF d’Avignon 2019 : au total ce sont 478 éco-packs qui ont été commandés par les compagnies, soit prés de 33% des équipes présentes.
 

Le Village du Off :
 • Plus de 85 rencontres sur des thèmes de société et liées au spectacle vivant sous l’agora du Village du OFF et sous le chapiteau du Village des professionnels :
 • 1 focus de 3 jours dédié à l’international
• 10 modules de formation professionnelle en partenariat avec l’AFDAS et Illusion et Macadam
• 27 ateliers
 • 22 concerts au Village du OFF (tous les soirs à partir de 23h00 à l’issue des spectacles – très fréquentés avec une moyenne de 700 à 900 personnes chaque soir - 500 à 600 en 2018)
• Des permanences de nos partenaires au Village des professionnels (Audiens, Cultures du coeur 84, Groupe Profession Spectacle, l’Endroit (Artdam et Culture action) le CAC, Opale, Proarti, Région Hauts de France, Sacem, SNES, Spedidam, stand Culture et ESS (CRESS PACA, Ufisc, Synavi, CFMJC).
• 19 apéritifs professionnels (moment de convivialité pour les compagnies, théâtres et professionnels du spectacle vivant du mardi au dimanche de 18h à 20h au Village des professionnels).

 
Outils numériques et site internet : www.avignonleoff.com

Un site internet ressources avignonleoff.com refondu cette année avec des visites en forte hausse : statistiques (du 15 juin au 24 juillet 2019) :
 340 915 utilisateurs en 2019 (275 498  en 2018, 167 069 en 2017)
 • 89,98 % de France
• 809 803 sessions en 2019 (595 664 en 2018, 303 863 en 2017) • 6 minutes 41 en moyenne par session en 2019 (7 minutes 25 en 2018) • 4 533 544 pages vues en 2019 (3 739 056 pages vues en 2018)

Carte Interactive :

Une nouvelle carte interactive regroupant les lignes de bus, de train, les hébergements, points d’accueil, lieux de spectacle, etc. : http://www.avignonleoff.com/venir-se-deplacer-se-loger/ (Existe également en version PMR : https://carte-interactive.avignonleoff.com/accessibilite.html)

Revue de presse

Entre le 5 et le 24 juillet : • 240 articles dans la presse nationale • 660 articles dans la presse régionale • 1 880 articles dans la presse en ligne / blogs

Partager cet article

Repost0
16 février 2017 4 16 /02 /février /2017 18:50
Festival "Comme à la maison"

 

Festival "Comme à la maison. Les nouvelles créations Reillannaises", 1ère édition, organisé par l'Association L’Alicorne, les vendredi 3, samedi 4 et dimanche 5 février 2017 à Reillanne (04).

 

Genre: Théâtre et musique

Public: Tout public

 

Comme un bon vin chaud parfumé, j’ai pu découvrir ce festival autoproduit, autogéré et autonome organisé en trois semaines à peine par le collectif des artistes Reillannais qui participent activement depuis plus de 15 ans à la vie de ce petit village de 1 500 belles âmes. Six spectacles, quatre concerts et un bal à danser dans un magnifique chapiteau dressé sur la place du village. Une rencontre qui fait chaud au cœur, au cœur de l’hiver. L’association L’Alicorne, qui gère également le bar musical "Le Café du cours" où j’avais pu passer une soirée fort agréable il y a deux ans, s’occupe de lancer les projets. L’idée est de ne pas attendre le bon vouloir des uns et des autres pour faire leur métier et surtout se faire plaisir. C’est la clé de la réussite et en tout cas de cet enthousiasme communicatif. A la vue des agendas chargés de cette bande de fous, ils arrêtent la seule date où tout le monde est disponible et lancent l’affaire. Il faut dire que c’est leur métier: des artistes, des techniciens, des communicants, et de nombreux bénévoles qui organisent déjà en été un festival "Le Grand Bouillon" qui a connu un beau succès en 2016.

L’idée est de donner à voir les créations des compagnies locales dans des conditions favorables. Un parc de matériel partagé, un espace scénique spacieux, une organisation rigoureuse et chaleureuse, et un public qui répond présent, même quand le climat n’est pas favorable. Résultat: 350 personnes étaient présentes le samedi soir et, pour ce que j’ai pu constater le dimanche après-midi où je suis venu partager le froid de l’hiver avec eux, 200 personnes en moyenne pour chacun des spectacles. On parle souvent d’économie de la survie pour ces festivals autonomes, mais ceux-là connaissent leur affaire. Avec un prix des places entre 5 et 7 € et des pass attractifs pour la journée, ils ont fait en sorte que chacun puisse repartir avec un ou deux cachets tout en payant les frais inhérents à l’organisation. Car ça n’est pas parce qu’ils s’organisent eux-mêmes qu’ils vont travailler pour rien.

J’ai ainsi pu assister à trois spectacles ce dimanche sous la pluie:

A 14h30, "Un air d’ailleurs", de la compagnie Les faubourgs de Babel. Il s’agit d’un duo musical autour de la parole glanée dans des maisons de retraite, à la poésie impressionniste et porté par une mise en scène très travaillée, mais qui mériterait d’en préciser les contours qui m’ont semblés parfois bien flous.

A 17h00, "Ici c’est chez moi... pfhh!!!", de la compagnie T’émoi. Un conte musical et dansé, où trois jeunes danseuses sorties d’un tissu chrysalidien dansent au son d’un duo guitare/percussions d’une incroyable efficacité. Pour ma part, le mélange m’a semblé trop dense entre le conte, dont j’ai rapidement perdu le fil, et les propositions visuelles et musicales. C’est encore un peu jeune, mais cette proposition très généreuse nous entraîne dans une rêverie indéniable.

Enfin, à 18h45, "La quête du Râle" de la compagnie du Faubourg que j’étais plus particulièrement venu voir. Un solo de clown préhistorique créé très récemment. Sans un mot, ou plutôt avec quelques râles, Olivier Clément campe un clown avec comme seul accessoire une énorme massue multiusage. Le rythme du spectacle démarre plutôt doucement dans un échange craintif avec le public, mais n’hésitant pas à plonger au cœur des spectateurs dans une quếte amoureuse contrariée. Ménageant ses effets, le comédien enrichit ainsi sa proposition grâce à son instrument surprenant qui se révèle être un didgeridoo (instrument aborigène). Il apporte ainsi à son solo un rythme musical inattendu. Dosant toujours la montée en puissance de son show, l’énorme massue devient Totem sur laquelle il finit par se hisser, tout en jonglant avec d’autres massues. Une petite prouesse technique dont les spectateurs raffolent. Malgré l’économie de moyens, il nous entraîne dans une belle dramaturgie, mêlant humour, effets visuels et sonores, et surprises techniques, pour terminer dans une danse tribale avec un public qui ne se fait pas prier pour participer. Les effets sonores de boucles musicales samplées sur son instrument viennent renforcer la transe et rythmer un tableau participatif plein d’énergie. La confrontation finale entre le public sur scène et celui resté assis se fait par des cris libérateurs qui rendent ce spectacle réjouissant.

Un spectacle créé pour se jouer en extérieur et qui a rencontré un vrai succès pour clôturer ce joli festival.

Eric Jalabert

Partager cet article

Repost0
7 octobre 2015 3 07 /10 /octobre /2015 16:21
Festival de La Basse Cour (2015)

C'était le dernier week-end de septembre sur une place de Cabrières, un petit village à 15 km de Nîmes dans le département du Gard, que le dynamique collectif La Basse Cour avait posé cette année son chapiteau (et bien d'autres choses encore) dans le cadre de la 8ème édition de son festival itinérant. Ce collectif poursuit, malgré une baisse de budget occasionnée par l'important désengagement de Nîmes Métropole, sa démarche d'invitation à la découverte de spectacles de nouveau cirque et de concerts, au plus près de chez vous.

Festival de La Basse Cour (2015)

Spectacle (nom inconnu) du Casse Dalle Théâtre vu le 26 septembre vers 19h.

Distribution : N.C.

Genre : Théâtre classique revisité

Public: Absolument tout public

Durée : une vingtaine de minutes

Jauge : N.C.

C'est curieux que je suis entré dans cette mignonne cour privée, au coeur du vieux village de Cabrières, et c'est enchanté que j'en suis ressorti. Ingéniosité et dynamisme, voilà les maîtres mots pour qualifier ce que j'ai vu ! Et ce n'était pas gagné. En entrant dans l’arène, tout commençait à me faire peur. Costume classique, tirades exaltées, jeu figé... "Ouh là là, mais qu'est-ce que je fais là ???" me suis-je dis. Fort heureusement, j'avais tort.

J'espère ne pas trop en dire en saluant le travail de mise en scène de la compagnie, associant à merveille théâtre classique, roman tout aussi classique et petites misères de la vie quotidienne. Le tout donne un audacieux mélange théâtral se jouant des convenances et se moquant, avec simplicité, de tout académisme pédantesque confondant classique et barbiturique ! Ici ça va vite. Très vite ! Le rideau de verre entre la scène et les gradins est brisé, et le théâtre est remis à sa place : une affaire humaine, avec son lot d'imperfections et de ridicule. Mais là, le ridicule ne tue pas. Bien au contraire.

Festival de La Basse Cour (2015)

Spectacle "A plumes et à poil" de la Compagnie La Bilbao, vu le samedi 26 septembre vers 18h.

Distribution : Magali Bilbao, Johann Candore

Genre : Entresort burlesque

Public : Tout public

Durée : 7 min

Jauge : une dizaine de personnes, selon l'endroit

A peine passe t-on près de sa caravane que l'on est déjà accosté par cette miss aux furieux airs de Sucre d'Orge, effeuilleuse burlesque parisienne, enveloppée dans une robe de nuit affriolante et à l'accent tout droit sorti d'un polar noir des années 50. Impossible donc de ne pas venir s'esquicher (et c'est peu dire !) dans sa caravane pour 7 minutes de show, avec un curé en accompagnement à la guitare. La proximité (ou la promiscuité ???) avec le reste du public ainsi qu'avec les artistes est intéressante. Le retournement de situation, bien qu'attendu, est assez surprenant et drôle. Mais je sors pourtant interloqué de ce spectacle, ne sachant que penser. Manque t-il de sens à mon goût ? Ou, s'il n'a pas de sens, va t-il assez loin dans le grotesque ? En tout cas il me semble que le personnage du curé, très en retrait mais offrant un intéressant décalage, peut apporter bien plus.

Festival de La Basse Cour (2015)

Spectacle "Les clowns meurent comme les éléphants" du Théâtre Crac, fabrique de mensonges, vu le samedi 26 septembre à 20h30.

Distribution : Simone Vendetti, Anthony Mathieu

Genre : Théâtre gestuel sans parole, danse, manipulation d'objets, clown

Public : annoncé tout public à partir de 6 ans (je conseillerais à partir de 10 ans)

Durée : 1h

Jauge : 300 personnes

Création 2015

Ce soir, l'ambiance est fraîche, voire même froide, avec une petite bise qui se glisse dans votre cou. Tout à fait à propos pour voir un clown mourir... Dans un univers poético-morbide, deux êtres, un clown désabusé et un ange aux airs de fantôme, se rencontrent, s'apprivoisent puis se lient ensemble pour former une sorte de couple funèbre. Ici, la vie a peu de prix, et la mort peut s'inviter plusieurs fois sans qu'on en comprenne forcément la raison. Mais la poésie, aussi, peut surgir sans crier gare à travers, notamment, un très beau moment dansé par Simone Vendetti. Celui-ci campe d'ailleurs, par une pantomime éthérée, un personnage fantomatique très convaincant dans son étonnement face à l'autre. Les artistes se fondent dans un décor suranné, aux tons rouges et poussières, sur une musique mystérieusement entortillée, pour former une sorte d'étrange tableau mouvant où les opposés n'existent que pour se rencontrer. Une sorte de fable énigmatique où tout peut arriver.

Heureusement, les nigauderies dont font preuve les protagonistes (je pense notamment à une scène aussi drôle qu'imaginative autour du "nouveau-né") donnent un peu de légèreté à une atmosphère assez étouffante. Et malgré de discrets couacs survenus de-ci de-là (propres à toute nouvelle création), cette proposition artistique très esthétique saura, j'en suis sûr, trouver son chemin ici-bas et au-delà.

François Polge

Partager cet article

Repost0
16 mars 2015 1 16 /03 /mars /2015 18:19

Festivals pluridisciplinaires de repérage régional organisés par le Cercle de midi (Paca/Corse) et le maillon (Rhône/Alpes), fédérations régionales de la FNTAV (Fédération des Nouveaux Territoires des Arts vivants).

C’est toujours un grand moment que de participer à ces festivals, fruits du travail de repérage des membres du réseau des deux fédérations régionales de la Fédération des Nouveaux Territoires des Arts vivants (FNTAV) - 51 structures adhérentes sur ces deux régions en 2015 -, en vue de favoriser l’émergence, le repérage et l’accompagnement des compagnies locales. L’objectif est de s’appuyer sur la réalité du terrain, pour faire découvrir et partager le travail de compagnies de la région, afin de leur ouvrir les portes d’éventuelles programmations dans le réseau régional, mais aussi d’une programmation potentielle sur le festival national « le Chainon Manquant », à Laval en septembre 2015, accueillant quelques 250 programmateurs. Autant dire, un beau challenge !

C’est aussi l’occasion de diffuser aux professionnels présents, le catalogue Vivant 2015, dans le cadre d’un partenariat de longue date, et d’échanger avec les uns et les autres sur cette question de l’ouverture des réseaux, de la diffusion des compagnies et de la mutualisation, questions centrales pour les années à venir.

J’ai pu voir cette année plusieurs spectacles (en ligne prochainement), « Tania’s Paradise » (cie Attention Fragile), « le K » (Groupe Maritime) et « Monsieur Agop » (cie La Naïve) pour PACA et « Duo Bonito » (Les Nouveaux Nez), Kosh, Barrio Oscuro et Impérial Orphéon dans un plateau musical, et « T.I.N.A » (« There is no alternative », de la cie Cassandre) pour Rhône-Alpes, et j’ai assisté à une table ronde intitulée : « Politique publique et réseaux : vers une plus grande complémentarité ? ». Il me semblait que cette thématique entrait en résonance avec le travail que nous menons depuis bientôt 10 ans avec l’Adadiff/Vivantmag.

Pourtant, dès mon premier spectacle, « Tania’s Paradise » de la compagnie Attention Fragile (13), je m’interrogeais sur les modalités de choix des spectacles. Cette compagnie - et tant mieux pour elle - est déjà largement reconnue depuis son spectacle « Le tour complet du cœur » qui propose 3h30 de Shakespeare dans une performance narrative hors du commun. Même interrogation pour le « Duo Bonito » des Nouveaux Nez (07), compagnie historique du nouveau clown en Rhône-Alpes et dont la notoriété n’est plus à faire, qui pour le coup m’a laissé vraiment sur ma faim, malgré un dispositif original et des comédiens qui connaissent leur métier. Ils avaient tout pour eux, mais n’ont pas pu en faire quoi que ce soit.

Alors, pourquoi proposer ces spectacles, déjà largement repérés, bénéficiant de nombreuses coproductions, alors que tant d’autres auraient pu bénéficier du soutien de ces Région(s) en Scène? Est-ce cela le travail de repérage et l’ouverture d’esprit attendue pour ce type de festival de découvertes?

La question n’est pas nouvelle et revient régulièrement sur le tapis tant cette question du soutien, du repérage, de la visibilité des compagnies est pressante. Et qu’en choisissant, on exclut, on sélectionne, on s’engage, on soutient… et que le choix n’est jamais unanime.

Alors, loin de nous l’idée de remettre en question le principe du choix, forcément sujet à critiques, mais pourquoi ne pas fixer des règles de sélection, afin de d’élargir le champ des possibles ? Actuellement, il faut qu’un spectacle soit soutenu par au moins 3 programmateurs du réseau… et déjà ça n’est pas simple. Cela pousse au consensus, et chacun n’a pas le même poids dans ses propositions.

En discutant avec certaines personnes présentes et en entendant les échanges, il ressort que certains reconnaissent qu’ils ne voient pas assez de spectacles, d’autres soutiennent l’idée d’un accompagnement dans le temps, d’autres enfin que le choix est aussi de présenter des compagnies susceptibles de « monter » au niveau national pour la sélection au festival « le Chainon Manquant » . Mais est-ce encore un tremplin, une ouverture?

La question est peut-être à l’image de la table ronde à laquelle j’ai assisté. Elle m’a permis pour la énième fois d’entendre la présentation des structures (Cercle du Midi, FNTAV, Karwan, Conseil régional PACA, Conseil général des Bouches-du-Rhône…) déjà en réseau, mais point d’échanges, d’écoute ou de pistes de réflexion autour du thème proposé (Politique publique et réseaux : vers une plus grande complémentarité). Le temps était compté et la réunion a été un peu écourtée certes, mais à priori, il n’était pas prévu d’échanges et de tour de table. Dommage pour une table ronde.

Ces interrogations étaient déjà présentes en 2013 lors de ma précédente venue. Malgré le plaisir de revoir certaines personnes et d'en rencontrer de nouvelles, ces rendez-vous gagneraient à évoluer dans leurs modes de sélection des spectacles, même si c’est toujours l’occasion de découvrir de belles propositions artistiques, comme ce « Monsieur Agop » que je vous recommande grandement.

A l’année prochaine ?

Albert Ciraje

Partager cet article

Repost0
5 mai 2014 1 05 /05 /mai /2014 12:42

Ourceanie.pngAtelier organisé dans le cadre du 4e festival "Ourcéanie", théâtre de Villeneuve-lès-Maguelone (34), le 16 Avril 2014, 9h30-12h.


Pilotage scientifique  : Emmanuel Valjent, Pierre-François Méry (chercheurs en neurosciences) et Nathalie Blanc, Gina Devau (chercheuses en psychologie)

Artiste invitée : Camille Llobet (Lyon).

 

A l'occasion d' "Ourcéanie, territoires imaginés pour l'enfance et la jeunesse", en complément des spectacles, le théâtre de Villeneuve-lès-Maguelone organise des ateliers thématiques à l'intention des professionnels: "Neurosciences en Enfance" était l'un d'eux. Avec une trentaine de participants réunis autour d'une artiste et de quatre chercheurs, l'atelier s'est déroulé en deux temps, neurobiologie puis psychologie. Autour des questions associant l'enfant et la démarche artistique, les échanges ont été très riches, avec de précieux éclairages scientifiques. En voici un bref résumé, axé plus précisément sur quelques aspects importants de "l'enfant spectateur".

 

L'ENFANT SPECTATEUR  

 

La valeur émotionnelle des spectacles est un critère de motivation important pour l'enfant, en fonction de son âge. La manière dont l’enfant dirige son attention, intègre les sensations, engrange et classe les informations, tout cela évolue au fil de son développement. Certaines étapes, dites "fenêtres d'opportunité" sont même des périodes au cours desquelles l'enfant doit recevoir impérativement une imprégnation spécifique afin de poursuivre un développement harmonieux.

Apprenons à cette occasion que pendant les (5-6) premières années de vie de l'enfant, les connexions entre les neurones du cerveau s'établissent au rythme de 50 000 connexions/minute. A cette vitesse, jamais atteinte in utero, des assemblées de neurones se construisent donc en se nourrissant d'expériences précoces. Ce support cérébral semble expliquer l'incroyable faculté d'apprentissage des tout-petits. Plus tard, vers l'adolescence, une petite proportion de ces connexions va disparaître naturellement, suggérant une sélection de réseaux efficaces ou pertinents, et un raffinement du cerveau de l'adulte vers plus d'efficacité.

 

Chaque enfant spectateur est différent. Des recherches récentes montrent que chez l'animal, on observe des petites traces à la surface de l’ADN (support de l'information génétique héréditaire), qui ne sont pas des mutations génétiques. Ces traces, qui peuvent sauter une génération, seraient-elles les marques de bonnes ou de mauvaises expériences vécues par les ascendants? Encore à l'état d'hypothèse, on peut se demander si certains stimuli heureux ou douloureux pourraient provoquer un hyper développement de circuits nerveux.  

 

Soulignons enfin l'importance de l'accompagnement de l'enfant pendant les spectacles. Négatives ou positives, les émotions sont des vecteurs de souvenirs, l'imaginaire ne se développe pas à partir de rien. Observons l'enfant, ses postures, mimiques, vocalisations, pour déterminer quand il connaît des émotions. Et si devant un spectacle l’enfant fait lui-même un tri, il attache tout de même de l'importance aux éléments associés au spectacle. 

 

Catherine Polge

(texte relu par un intervenant)

 

Partager cet article

Repost0
11 juin 2013 2 11 /06 /juin /2013 12:23

ZAT-2013.jpgFestival organisé par la Direction de la Culture et du Patrimoine de la Ville de Montpellier, les 13 et 14 Avril 2013 dans le quartier Mosson/Paillade.

 

Spectacles vus le 14 Avril  : Tata Milouda slame sa vie, Smashed, Casrolparc, Bestiaire alpin, Khalid Arash' Sfalte, Livret de famille, Fanfaraï, Transports exceptionnels, Urbaphonix, Repite Conmigo.


Direction artistique : Pascal Lebrun-Cordier

Assistant de programmation : Adrien Wojcik

Direction technique : Illusion et Macadam

 

vivant-3-toiles-4

 

 

Tout public

Durée : 2 jours

 

 

Depuis 2010, la municipalité de Montpellier ouvre l’espace public dans différentes zones de la ville qui deviennent chacune leur tour une Zone Artistique Temporaire. Danse, cirque, concerts, déambulations et animations créatives permettent «d’explorer l’imaginaire urbain ». Ce printemps, c’est au tour du quartier Mosson/Paillade de s'ouvrir à un public venu très nombreux pour une superbe ZAT. Créativité, mixité et liberté étaient au rendez-vous et les spectacles étaient de grande qualtié.

 

Dans la clairière du Parc Sophie Desmarets, Tata Milouda a slamé sa vie à des centaines de spectateurs enthousiastes. Plus tard, au même endroit, la compagnie Ganini Juggling a présenté Smashed : une dizaine d'artistes surdoués qui jonglent avec des pommes en alliant humour et flegme très british, sur une remarquable chorégraphie. Sur les hauteurs du parc était le manège en bois flotté du Bestiaire alpin (Théâtre de la Toupine). Un peu plus loin on trouvait Casrolparc de la compagnie Dut : grand spot offrant des animations étonnantes à partir d'ustensiles de récupération. Sur la scène des halles Khalid Arash'falte, rapeur pailladin, transmettait ses émotions dans des rythmes très percutants. Fanfaraï (une fanfare du maghreb produite par Tourn'sol Prod) mixait de nombreuses traditions musicales pour de belles sonorités entraînantes, et nous a emmenés sur un parking pour voir Transports exceptionnels de la compagnie Beau geste (transports amoureux, aériens et dansés entre un homme et une pelleteuse, accompagnés par la voix de la Callas). Un très grand moment d'une beauté surprenante. Dans une cour d'immeuble, les Arts oseurs ont présenté Livret de famille : un beau spectacle en déambulation. Urbaphonix, de la compagnie Décor sonore qui improvise des concerts avec des matériaux de rencontre et un équipement d'amplification, a créé de mystérieuses symphonies à partir de la respiration d'un arbre, de frôlements sur une barrière ou de la voix d'un mur en béton... Ils nous ont conduits, en déambulant, devant une tour de 12 étages où notre souffle s'est arrêté devant Repite Conmigo de la compagnie Del-Revés : deux danseurs perchés au faîte de la tour, et arrimés par un câble, descendaient lentement en utilisant la façade comme un plancher de danse en éxécutant saltos, vrilles, portés et sauts de biches humoristiques. Deux musiciens assis en haut de l'immeuble accompagnaient leur ballet acrobatique. Magnifique.

 

Outre la qualité des spectacles, j'ai beaucoup apprécié l’organisation de cette ZAT. Une bonne exploitation des diverses topographies et un timing bien calé ont permis au public de circuler aisément d'un spot à un autre. L'accès facile à l’information, la disponibilité d'un personnel nombreux et la participation des habitants évitaient les errances ! Ajoutons à cela les parfums aromatiques du buffet sous les arbres, l’ambiance chaleureuse, les multiples possibilités de découverte du quartier (photos, films, etc.) et l’on peut dire que la Mosson/Paillade a dévoilé sa richesse !

Partager cet article

Repost0
6 juin 2013 4 06 /06 /juin /2013 09:48

festival-passerelle.jpgPorté par le collectif « L’Outil » (association d’administration culturelle basée en territoire Languedocien), la première édition du festival « Passerelle » s'est déroulé du 15 au 16 Février 2013 à l'Espace culturel des Corbières (Aude). Il a pour ambition de développer et consolider les circuits culturels courts (réseaux de proximité des collectivités locales) en proposant treize spectacles aux professionnels de la région. Il s’agissait du « 1er marché culturel porté par un collectif de créateurs du territoire. ».

 

Une bonne trentaine de programmateurs de structures régionales ont répondu présent à l’appel de cette manifestation qui offrait, d'ailleurs, un accueil très pro. Pour ma part, j’ai pu assister à cinq spectacles dans la journée ainsi qu’à la soirée cabaret.

 

Certains spectacles comme "L'affaire est dans le sac" (nouvelle création très originale de la compagnie Les Babas au Rhum) étaient présentés devant des scolaires, ce qui les mettait davantage en situation et permettait une indispensable interaction. D’autres comme "Vrais mensongeurs" (un duo de contes en musique) se sont joués devant une majorité de programmateurs, ce qui rendait l’exercice un peu difficile et sûrement trop stressant. Pourtant, la proposition du duo (formé par Hélène Bardot et Kiko Delmond) mêlant mots dits et mots « en chanté », autour du vrai et du faux, nous offre un univers absurde, riche et surréaliste. Leurs récits se tissent à deux autour d’histoires déjantées, pas immédiatement accessibles mais qui teintent joliment à nos oreilles et nous transportent dans des exagérations poétiques et pleines de sens. Dommage qu’ils se soient un peu perdus sur ce grand plateau et dans cette grande salle un peu vide.... Hélène Bardot jouait également son spectacle de contes "Trous…" auquel je n’ai malheureusement pas pu assister, et Kiko jouait ses compositions personnelles en solo le soir dans le cabaret.

 

Un déjeuner pris en commun sur une grande table permettait de discuter avec les artistes et les techniciens, tous très impliqués dans la manifestation, parfois même très en amont.

 

En début d’après-midi, j’ai moins apprécié le spectacle de contes et chansons occitanes "Emile et Célestins racontent" des Frères Locomotives, accompagnés par le son strident et un peu crispant d'une vielle à roue et d’autres instruments remontés du passé. Peut-être était-ce trop proche du déjeuner ? L’idée de raconter ces histoires avec des mots en occitan que l’on comprend aisément dans des phrases en français fonctionne plutôt bien, mais le rythme trop lent et parfois un peu rigide du spectacle m'a empêché de m'évader dans les souvenirs de ces deux frères, entre terroir, transhumances et paysans.

A 15h30, les Jibul’s et leur "Fantaisie autour d’un verre" nous ont proposé un voyage dans l’univers du cirque, de la rue et du "pas sérieux" avec deux personnages plutôt sympathiques et attachants. Attention, nous sommes chez les manolos ! Rien ne marche comme prévu, mais ils réussissent avec drôlerie, bonne humeur et dans une décontraction surprenante, à nous faire partager un univers burlesque sans prétention.

Enfin, une jolie surprise de fin de journée - "Bon cirage, bon présage" - m’a permis de découvrir une artiste surprenante, pleine d’une vitalité et d’une bonne humeur communicative. A découvrir sans faute !

 

Pour clôturer cette après-midi réussie, nous étions conviés à une rencontre informelle dédiée aux professionnels, artistes et programmateurs, sur le thème générique du "spectacle vivant en milieu rural". La discussion était - vraiment - très libre et ouverte, chose rare pour ce genre d’exercice ! De nombreux témoignages ont fait état du manque d’intérêts des structures reconnues, dont "Réseau en Scène", pour les actions menées par des structures plus petites. Certains ont même parlé de véritable dédain. A noter, cependant, que deux personnes de "Réseau en Scène" sont venues sur le festival, selon l’organisation. Il a été fait également état de la course incessante au "fric" quand d’autres cherchent plutôt à donner du "sens", ainsi que de l’intérêt de développer une "révolution horizontale des réseaux" pour fédérer les initiatives locales et les faire échanger entres-elles. Pris dans la discussion je n’ai pas pu prendre de notes, mais vous avez compris le ton de la rencontre… avec lequel j’étais plutôt en phase !

 

Une belle première édition qui a permis de faire découvrir des artistes régionaux, et de montrer le savoir faire de compagnies irriguant le territoire depuis de nombreuses années et connaissant bien les habitudes locales, ainsi que les freins et les moteurs de la région. Elle a aussi montré que les compagnies, si elles veulent présenter leurs travaux, doivent encore se mobiliser entres-elles.

 

Je m'interrogeais sur le fait que, pour treize spectacles, certains artistes étaient présents dans deux , voire trois d'entre-eux ! Surprenante idée de la diversité, non ? Hélène Bardot , cheville ouvrière du projet, m’a expliqué que cela venait justement de la difficulté à mobiliser les énergies de tous. Constitué de plus de 50  artistes, le collectif a proposé à l’ensemble de ses membres de participer à l’organisation du festival. Seulement la moitié a répondu présent... C'est qu'il ne s’agissait pas seulement de jouer son spectacle, mais aussi de participer à l’organisation, la préparation et la mise en œuvre de ces deux jours. Une préparation de plusieurs mois à l’avance ! Du coup, ceux qui ont participé depuis le départ n’étaient pas assez nombreux, et la programmation s’est faite exclusivement autour d’eux. Cela m'a malheureusement laissé une impression "d’entre-nous". Je comprends tout à fait le cheminement qui a amené à cette situation, mais le trouve dommageable. Gageons que la seconde édition s’appuiera d'avantage sur cette "révolution horizontale des réseaux" dont il a été question lors de cette vivifiante rencontre.

Partager cet article

Repost0
4 mai 2013 6 04 /05 /mai /2013 18:48

Deuxième journée pour ce région en scène, en démarrant la matinée avec un spectacle jubilatoire : «L’héritage » (cie le pas de l’oiseau (04) à la distillerie.) Un vrai moment de bonheur, partagé par les professionnels présents, pour une petite forme de conte théâtralisé, à la mise en scène soignée.

  F2 region-en-scene-PACA-201 

A 12 h 15, changement de lieu pour rejoindre en bus, l’Espace de l’Huveaune à la Penne sur Huveaune, car le festival joue la décentralisation en investissant cinq lieux sur trois communes.

Avant l’ouverture officielle du festival, nous sommes conviés dans ce grand hall d’entrée à une conférence sur l’humour intitulée : « A quoi reconnait on un clown ? » de la compagnie du i (84). Emmanuelle Vincent, titulaire d’un Master II en « Humour Appliqué », vient nous présenter son travail, accompagnée de sa stagiaire, Sophie Dullier. Habillées en tailleur strict, elles campent leurs personnages avec délice.

Le contraste entre la rigueur froide de la conférencière et sa stagiaire malhabile fonctionne assez bien. Notre conférencière nous présente en 52 points et avec un sérieux déconcertant le fruit de ses études, mêlant verbiage incompréhensible et calembours à deux balles. L’ensemble, bien que de seulement 30 minutes m’a semblé avoir quelques longueurs et se termine dans un dérapage en règle.

Mais sa forme originale en fait une proposition intéressante pour une ouverture de saison ou de festival.

 

A 15 h, et après un cocktail dinatoire présentant différentes spécialités culinaires du Sud, moment toujours propice à des rencontres et des échanges informels, nous voila installés dans une belle salle de spectacle pour découvrir « Une laborieuse entreprise », de la compagnie de l’Aria ( corse).

Un couple, installé dans un lit accompagné d’un accordéoniste (désormais très tendance d’avoir un musicien live sur scène, mais pas toujours indispensable !), nous parle du vieillissement et de la désillusion du couple. Un texte parfois crû, où l’on découvre Yona Popokh, un homme odieux qui souhaite quitter sa femme, Leviva, après vingt ans de vie commune. Il nous montre les petitesses de l’homme, sa mauvaise foi, les questionnements sur la vie et le renoncement nécessaire qu’implique le couple.

J’ai pour ma part été déstabilisé par le jeu trop déclamatoire des comédiens, qui portant ainsi ce texte dense, drôle et cynique, n’a pas réussi à m’emporter complètement.

 

Enfin pour terminer mon séjour sur le festival, il me restait à découvrir ces « liaisons dangereuses sur terrain multisports» par la compagnie En rang d’oignons (13). Un dispositif ambitieux, nous présentant sur un terrain de hand, avec un public installé en bi-frontal, une version rue des Liaisons dangereuse, où quatre joueurs –deux hommes et deux femmes-, sous les directives du meneur de jeu viennent disputer le match de leur vie, le match des libertins, le match des esprits libres.

Il s’agit d’un exercice ambitieux et heureusement que j’avais revu par hasard une version des Liaison dangereuses, ce qui m’a permis de suivre l’histoire. Cette version totalement décalée suit d’ailleurs le fil de la narration avec une précision surprenante.

Mais force est de constater, que malgré tout le talent déployé ce jour là, et le présentateur-meneur de jeux apporte une énergie toute particulière, il est bien difficile de suivre et de se retrouver dans ces intrigues et machinations diaboliques, dans lesquelles les deux héros-Merteuil et Valmont- se perdent.

J’ai du abandonner avec regret ce festival toujours plein de surprise et très bien organisé. Dans la soirée,  Mac Abbé et le Zombi Orchestra, que j’avais eu le plaisir de découvrir il y a quelques temps, était invité par le Maillon (la fédération Rhône Alpes de la FNTAV) dans le cadre d’un plateau musical.

Le lendemain, c’était « Poucet le temps des mensonges » qui était présenté puis les moldaves pour clôturer cette édition 2013.

Avec 50 programmateurs présents cette année ( pour une billeterie de 1.029 entrées), ce  Région en scène permet ainsi aux treize compagnies sélectionnées de tourner en moyenne sur une soixantaine de dates au final. Et trois d’entres elles seront invitées au festival du chainon à Laval, où les attendront plus de 350 programmateurs de toute la France. Un dispositif qui a fait ses preuves depuis de nombreuses années.

 

Compte rendu de la première journée,ici.

Partager cet article

Repost0