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  • Le blog VivantMag vous offre une veille artistique régulière sur les créations de spectacles vivant en France. Il est destiné aux programmateurs réguliers ou occasionnels, aux compagnies, mais aussi aux spectateurs. Le blog est édité par l'association Adadiff Casi, dédié au spectacle vivant et à la médiation culturelle. Si vous souhaitez nous rejoindre pour chroniquer des spectacles, vous pouvez nous contacter sur le site ou par mail à contact@vivantmag.fr
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Couv-cata2010 WebBonjour et bienvenue sur le blog de Vivantmag.
Vous y trouverez l'ensemble des commentaires de nos correspondants sur les spectacles qui ont été vus. Ce service est en ligne en accès libre depuis février 2007.
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Avec plus de 1.200 spectacles commentés sur ce blog, les correspondants Vivantmag - AdAdiff, ne se posent pas en censeur du spectacle, loin de là. Nous souhaitons seulement faire partager un point de vue, forcément subjectif, sur les spectacles que nous voyons. Chaque retour de spectacle est ouvert à vos propres commentaires, et n'hésitez pas à en laisser car ils enrichissent ce travail d'échange et de partage d'informations.
Pour faciliter la lecture des spectacles, nous mettons désormais en place un picto permettant de donner notre avis général sur le spectacle. En voici le détail :
Décevant
Moyen
Pas mal...
Bien !
On adore !!! 

les spectacles du Off 2014

Découvrez tous les spectacles commentés par les correspondants de Vivantmag, et présents sur le Off 2014 d'Avignon. Certains ont été vus à leur création, en salle ou sur d'autres festivals, ou sur des précédentes éditions du Off. Grâce à un travail de veille artistique tout au long de l'année, l'Adadiff met à votre disposition son équipe de correspondants et vous permet de disposer d'un regard extérieur et indépendant pour faciliter votre choix. Commentaires ici...

30 septembre 2021 4 30 /09 /septembre /2021 15:17
Festival Label Rue, Rodilhan (30)

Cette année le Festival Label Rue fêtait son 10ème anniversaire de présence à Rodilhan. Porté par l’association EUREK’ART qui soutient la création pour l’espace public et les projets de territoire depuis 25 ans, ce festival représente un temps fort :

deux jours de spectacles dans cette petite bourgade du Gard, une quinzaine de compagnies professionnelles des arts de la rue, des spectacles gratuits, un village d’entresorts en caravanes, des Food trucks et buvettes avec produits locaux.

Cela fait plusieurs années que j’y viens en famille, l’ambiance y est toujours chaleureuse et familiale, les spectacles de qualité, avec une grande variété de propositions, bref une date de rentrée à marquer d’une croix dans votre agenda !

Festival Label Rue, Rodilhan (30)

Chimères

Par La Compagnie  Mesdemoiselles(49)

 

Artistes acrobates : Laure  Bancillon, Claire Nouteau, Anna Von Grunigen

Artiste musicien : Colin Bosio

Genre : Cirque

Public : tout public

Durée : 35 minutes

 

 

Chimères est un spectacle mêlant cirque, musique et danse. Les acrobates de cirque (corde volante, corde lisse, contorsion) nous offrent leurs prouesses, tout en déséquilibre, suspension, désarticulation.

Tantôt seules, tantôt entremêlées comme pour se soutenir….ou rendre l’équilibre encore plus instable ?

Elles ont cette fois décidé de ne pas résister à d’autres sirènes et de s’essayer au chant et à la musique, comme un rêve d’enfant, ou une prise de risque supplémentaire ? Accompagnées par un musicien en live elles n’hésitent pas à mélanger les genres ce qui pourra plaire ou ennuyer.

Pour ma part j’ai accepté l’invitation à rêver.

 

 

Festival Label Rue, Rodilhan (30)
Festival Label Rue, Rodilhan (30)

Made_in

Par La Compagnie  Subliminati Corporation (31)

 

Auteurs : Mikel Ayala, Ilaria Senter

Interprètes : Mikel Ayala, Ilaria Senter

Mise en scène : Virginie Baes

Genre : Cirque/Théâtre

Public : tout public à partir de 8 ans

Durée : 1H

 

 

Le propos se passe devant une maison, lors d’un déménagement :  l’occasion rêvée pour se replonger dans ses souvenirs d’enfance. Les deux adultes en présence vont reconvoquer leurs jeux, comptines, objets, photos et promener les spectateurs entre  ces deux univers. Chacun est invité à regarder à partir de ce qu’il a été ou de ce qu’il deviendra. Double lecture, donc, à hauteur d’enfant ou d’adulte.

La pièce mêle l’utilisation d’un mât chinois, du jonglage (massues et hula-hoop), la manipulation inventive d'objets et de matériaux divers (cartons, papiers, fumées…), la projection, le chant, la musique. On sent que les  acteurs-créateurs se sont laissé porter par leurs rêves d’enfants.

Un curieux désordre naît de tout cela. Un désordre poétique qui, tels les souvenirs qui nous ne nous arrivent jamais dans l’ordre et sont toujours réinventés, joue davantage sur l’émotion que sur la démonstration.

Les conditions de jeu n’étaient pas idéales : pas vraiment une maison, vent qui déstabilisait les marionnettes en carton, mais malgré tout j’ai aimé ce voyage au pays de l’enfance, mes propres souvenirs ont accepté la proposition.

Ce spectacle se joue tant en salle qu’en extérieur et doit donc sûrement varier en fonction des contextes.

 

 

http://www.ciegerardgerard.fr/images/144782828_3464849513642264_7755561943774906604_o.jpg

Johnny, un poème

Par Les Compagnies Gérard Gérard (66) et Rhapsodies Nomades (34)

 

Porteurs du projet, jeu, écriture, mise en scène : Alexandre Moisecot et Chloé Desfachelle

Pilote de la pelleteuse et jeu : Arnaud Mignon,

Genre : théâtre de rue

Public : tout public à partir de 6 ans

Durée : 1H15

 

 

Un spectacle sur Johnny dans un festival de théâtre de rue, on ne s’y attend pas vraiment. Le public n’est donc pas forcément acquis car si on aime le théâtre, osera-t-on (s’) avouer qu’on aime Johnny ?

Alors on y va pour voir, pour sourire et puis la promesse d’un spectacle avec une pelleteuse comme personnage à part entière ça donne quand même envie d’avoir envie !

Et je serai bluffée : quelle énergie !

En même temps c’est normal quand on se rêve Johnny autant y aller jusqu’au bout et allumer le feu. L’arrivée sur scène se fera dans une pelle hydraulique « parce que ça se loue partout, parce qu’un hélico c’est surfait et qu’une Harley c’est trop cher » et le reste y sera aussi : la voix puissante, la musique qui prend au ventre…

Mais  il y aura de la contradiction car nous ne sommes pas tous fans de Johnny.

Alexandre, dans Johnny, il y est tombé quand il était petit et il restera toujours le lien indéfectible avec son père. Quant à Chloé, elle a plutôt grandi avec Barbara ; Johnny c’est vraiment ringard.

Alors ils vont se répondre, s’invectiver pendant 1h15.  Leurs échanges seront ponctués du discours-hommage d’Emmanuel Macron, de citations de Victor Hugo ou de Virginie Despentes, d’une interview de Lucchini, d’une lettre de Laura Smet et même d’une séquence de l’école des fans.

Parce qu’ils ont tout lu sur Johnny, parce que tout ce qui est raconté est vrai, ou fait partie de la légende (ce qui revient au même !), parce que la voix d’Alexandre porte à merveille les morceaux choisis, alors oui ça fonctionne.

Un dernier mot sur la pelle hydraulique, sûrement un pari fou ou un rêve de gosse. Mais elle est devenue un personnage à part entière, comme une immense marionnette dont la puissance donnera parfois le frisson, pari gagné !

Alors parce qu’on a tous quelque chose à voir avec Johnny, parce qu’on a tous quelque chose à en dire, on se laisse prendre au jeu, et je n’étais vraiment pas la seule !

 

 

    

https://files.gandi.ws/gandi81466/image/affichebdm2013lourde.jpg

La beauté du monde, témoignage du 3ème type

Par La Compagnie Qualité Street, Lorient (56)

 

 

Comédien : Gildas Puget

Genre : Théâtre

Public : tout public à partir de 10 ans

Durée : 50 minutes

 

Il est 21h, j’ai déjà vu plusieurs spectacles dans ce très sympathique Festival Label Rue, j’hésite même à rester car j’en ai déjà plein les yeux mais l’ambiance m’invite à ce petit « effort ». Je ne serai pas déçue car me voici embarquée dans l’univers surréaliste de cet illuminé de la protection de la planète.

 

Un texte ciselé, des expressions et  mimiques impressionnantes. Il y a à la fois du Jim Carrey et du Raymond Devos dans ce personnage fantasque. Nous sommes dans le monde de l’absurde, dans un imaginaire totalement débridé et qui malgré tout nous amène à réfléchir sur ce que nous voulons pour l’avenir de notre planète et donc le nôtre. Les aventures rocambolesques de Mickaël Robinet, à la fois  drôles  et pathétiques, nous transmettent avec intelligence un message puissant et un final où chacun est interpelé.

Un vrai régal, à diffuser sans modération !

 

 

Festival Label Rue, Rodilhan (30)
Festival Label Rue, Rodilhan (30)

L’objetarium

Par La Sphère Oblik (34)

 

Direction artistique, construction et jeu : Sidonie Morin & Johan Schipper

Genre : Théâtre d’objets en caravane

Public : tout public à partir de 10 ans

Durée : 20 minutes (en continu)

Jauge : 5 personnes

 

 

Les caravanes sont devenues un incontournable des festivals.  Elles fleurissent sur les terrains et rivalisent tant dans leur décorum que dans l’originalité de leurs propositions.

Mais pour moi c’est toujours avec plaisir et curiosité que je pénètre dans cet espace restreint et clos, me sentant à chaque fois privilégiée car bien souvent des spectateurs qui n’ont pas réservé restent dehors avec leur frustration !

Là encore la découverte est surprenante, poétique, magique. De vieux objets qui reprennent vie grâce à l’imagination et à l’habilité des créateurs. Une femme, telle un horloger équipé de sa lampe/loupe frontale prend minutieusement soin de cet oiseau de fer et de plastique. Dans les vitrines et sur les étagères, trônent de drôles de créatures. Il faut se retourner avec délicatesse, sans se gêner les uns les autres, pour admirer ce « fer-volant », cette « brosse-araignée », ou se laisser émouvoir par ces « objets en voie de disparition » (cassettes audio et autres objets à la fois si proches et si lointains).

Nous participerons délicatement à l’enterrement d’un vieil appareil photo et assisterons à l’envol d’une théière…Je ressors les yeux papillonnant de mes souvenirs d’enfance !

Un beau moment surréaliste et onirique.

 

 

Festival Label Rue, Rodilhan (30)

GASTON (Grande Assemblée Spectaculaire des Troubadours de l’Orchestre Narratif)

 

Par La Compagnie  Fatras (30)

 

Genre : Musical

Public : tout public, à partir de 8 ans

Durée : 1H15

 

En quelques mots : si vous souhaitez donner de la pêche à une soirée, un festival ou tout autre évènement, alors n’hésitez pas.

Un concentré d’énergie, de bons musiciens, du partage, Gaston nous invite à un voyage autour du monde : chaque musicien et donc chaque instrument nous convie dans son univers…

En ce dimanche soir, un moment de clôture du festival vraiment réussie, je repars avec de la fête plein la tête.

 

 

Marie-Pierre HUSSON

 

 

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15 juillet 2021 4 15 /07 /juillet /2021 13:56

Un festival réussi s’étant déroulé du 20 mai au 6 juin 2021 sur dix-sept communes de Rhône-Alpes.

Ce ne sont pas moins de 23 artistes et 40 spectacles qui sont présentés au sein de ce joli festival : contes, art de la parole, scène ouverte pour tout public.... Un évènement printanier dont le principe majeur est la gratuité* et qui amène la parole contée jusque dans les villages les plus reculés de l’Ardèche.

Dans l’ombre de l’ombre... se cache la merveille ! 

Un spectacle de Catherine CAILLAUD conteuse et actrice et Fred VILAIN musicien(oud), vu à la salle des fêtes de St Andéol de Vals le mercredi 26 mai 2021 à 19 h. Entrée libre. 

Écoutez l’histoire des humbles qui changent le monde et, bercé par l’oud, plongez dans un long rêve éveillé ! Au plus profond des cœurs, les contes merveilleux ouvrent portes et fenêtres sur des territoires inexplorés. Un conte musical pour se sentir plus beau, plus lumineux, plus vivant. Couple dans la vie, Catherine Caillaud et Fred Vilain sont complices sur scène et harmonisent voix et compositions musicales pour raconter à deux : l’intime, l’amour, la bonté et la sincérité.

Un très beau spectacle fort poétique et plein d’amour et d’humanité.

La couleur des nuages

Un spectacle de Claire Pantel, vu à la Salle de la Lauzière à Saint Privas le mercredi 26 mai 2021 et le jeudi 27 mai 2021 à 9 h 30 et 10 h 30. Tarif unique.

La conteuse en kimono blanc ouvre son kamishibaï sur un coin de terre froide, noire et humide. Arbres, feuilles, couleurs sortent de son tablier. Formes de papier, de couleur et de textures différentes illustrent son récit.

Par son habileté extrême, délicate et quasi magique de la manipulation, Claire parvient ainsi à captiver les petits (de 3 à 6 ans) jusqu’à ce que ce lieu se révèle être l’endroit rêvé des scarabées et autres coléoptères. Protégé sous sa carapace, un petit scarabée s’aventure à tâtons et sort de terre. Il part découvrir la couleur des nuages et sa quête l’amènera à explorer le monde. Des paysages de papiers, de fils et de textiles... Des paysages à toucher avec les yeux, à sentir du bout des doigts…

Magnifique, délicat, esthétique, un très beau spectacle !

Pas si bêtes 

Un spectacle de Christian Pierron, vu dans l’amphithéâtre de verdure de Saint-Étienne de Boulogne le samedi 29 mai 2021 à 14 h. Participation libre.

C’était il y a longtemps, un temps où les animaux savaient parler et les humains savaient les entendre. Qui était le plus bête des deux ? Parfois les animaux pouvaient rendre de grands services aux hommes. D’autres fois, ils pouvaient être aussi stupides qu’eux. Avec un accordéon et un ukulélé, Christian sait trouver et inventer aussi des chansons que les enfants reprennent avec lui et des histoires durant lesquelles ceux-ci sont amenés à participer.

Un moment précieux de poésie, de mots, de rêves et chansons pour dire ce drôle de monde ! 

Financé par l’amicale laïque Graines.

 

Gisèle-Lydie Brogi 

 

*financé principalement par la Communauté de communes du bassin d’Aubenas ; la communauté autour de Joyeuse ; la médiathèque d'Aubenas.

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22 juin 2021 2 22 /06 /juin /2021 17:56

Un premier festival de la chanson, avec de drôles d’oiseaux -à plumes et à poils-, franchement réussit à Avignon

Les 11,12 et 13 juin, j’ai eu le grand plaisir d’assister à l’éclosion de ces drôles d’oiseaux. Le nid était douillet : la grande ferme de l'acacia de la famille d’Olivier Bougé, agriculteurs accueillant proposant une agriculture bio, dans la ceinture verte, zone agricole préservée* en bordure d’Avignon. Un havre de paix, simplement mais efficacement aménagé pour l’occasion, tant pour l’accueil du public que pour l’écoute des artistes.

On ne pouvait rêver mieux après près d’un an enfermé et le public a répondu présent sur les trois journées, avec environ 150 personnes chaque jour.

Imaginé par Thomas Pitiot et organisé par L'Océan Nomade, association avignonnaise qui porte les projets de cet artiste humaniste, le festival Drôles d’Oiseaux allait commencer à gazouiller.

Ce vendredi 11 juin, pour l’ouverture à 19h30, voici Lily Luca, autrice compositrice interprète comme tous les invités de ce drôle de festival de chansons à plumes.

Avec sa voix douce et acidulée, elle nous tricote des histoires bien rythmées, universelles sur un mode très personnel (« J’suis Open » sur les violences conjugales… en ouverture, cela pose et impose). Elle est décalée, d’une violence contenue, et nous fait partager ses points de vues de femme, entre poésie douce, humour distillé et autodérision. Un très bel équilibre pour ce premier set guitare-voix d’une petite heure.

Après un petit entracte qui permet tant de se restaurer de produits d’ici que de boire une bière fraîche et locale, d’échanger avec des amis pas vu depuis longtemps, ou de se poser pour savourer l’ambiance, voici Volo, le duo des frères Volovitch – ex Wriggles-. Quand même, pour un premier festival autofinancé, une belle tête d’affiche.

En fait leur nom ne m'évoquait rien… mais je me disais que j’avais l’impression d’avoir déjà entendu 100 fois ces airs là pendant leur concert. Forcément, je ne suis pas grand fan de « chanson française », mais j’en écoute un peu… Ils sortent leur sixième album en 20 ans de carrière.

Ça swingue, les textes finement écrits nous parlent de notre temps sur des sujets bien identifiés (les survivalistes, la crise de la quarantaine, les extravagances libérales, les dysfonctionnements environnementaux…). C’est engagé, très propre et cela prête à réfléchir. Les harmonies sont soignées. Ils chantent en duo en s’accompagnant à la guitare.

Pour le coup, j’aime beaucoup « chanson française », où ils tentent l’humour.

[En écrivant cette chronique, j’écoute Volo sur Youtube, et cela sonne exactement de la même façon qu’au concert. ].

Un moment très agréable que j’ai partagé avec un public connaisseur et ravi d’assister à cette première soirée.

Nous poursuivons une exploration de la diversité de la chanson française, et de « Drôles d’oiseaux » à drôles de chansons, il n’y a qu’un poil.

Deuxième soirée du festival le samedi, toujours dans cette belle ambiance chaude, humaine et chaleureuse, avec Flavia Perez qui ouvre cette seconde soirée du festival.

Flavia revient sur scène après 4 ans consacrés à d’autres projets (écriture, spectacle jeune public…). Pour être transparent, je connais Flavia depuis longtemps et nous avons eu le plaisir de travailler ensemble sur des projets de Vivantmag, notamment sur les brigades d’écritures populaires et plurielles. Voir ici.

Nous avions évoqué ensemble la pertinence de « chroniquer quelqu’un que l’on connaît ». Vous êtes prévenu… mais je fais court.

Commençant par « Je chante », hommage à la chanson qui nous permet de respirer, elle nous dépose au creux de nos oreilles avec sa guitare à sept cordes, des rythmes chaloupés et chauds, et nous fait partager ses textes mordants, verts et drôles : « Mes frères sont des loups », « Allo le cosmos » ou «  Je suis actionnaire de mon frigidaire ». Un autre versant de cette chanson française de base -toujours guitare-voix- artisanale et qui permet dans sa diversité de parler à chacun de nous, et de toujours rencontrer quelqu’un qui sera touché et ému.

Après cette mise en bouche, une pause pour s’hydrater et se restaurer dans cette ambiance « monde d’après » voici Wally, le chanteur du Sud aux chansons extra courtes (parfois 10 à 15 secondes). Il faut être très attentif tellement que cela fuse dans tous les sens.... Un vrai régal.

Wally ? Est-ce de la chanson française ? Peu importe... c’est drôle et très habile.

En ouvrant son spectacle avec la recette de la daube en anglais, et en faisant reprendre au public, le refrain « in the refrigerator... », on jubile et il donne le ton. On ne va pas pleurer. J’ai déjà vu Wally plusieurs fois, mais c’est un vrai délice lexical à chaque fois. Difficile de traduire par écrit ses chansons, ça ne marche pas. Mais tout le monde en prend pour son grade, ce n’est parfois pas très fin, un peu lourd (mais comme il l’annonce, cela renforce encore l’impact…. et il en joue) ou bien perché, mais cela percute à une vitesse folle. C’est un jongleur de mots, un conjugueur atypique, un poète des sens. Ça joue sur les mots et ça déjoue les maux.

Ça va vite et ça décoiffe. Il porte ses propres textes mais également ceux d’autres acolytes, comme Vincent Rocca ou Chrazz (de la filière aveyronnaise). Une vraie fraîcheur bien loin de l’image que j’ai parfois de la chanson française, des chanteurs à moustache jaune ou des chanteurs morts. C’est frais, intelligent, simple et drôle. Et plein d’auto dérision.

Dimanche, c'est la chorale sauvage!

Le festival se termine le dimanche par la chorale sauvage, chorale amateur avignonnaise managée de main de maître par Thomas Pitiot lui-même (chaque dimanche, cette chorale se retrouve à Avignon dans la joie et la bonne humeur avec 40 chanteurs amateurs -ne cherchez pas c'est complet pour cette année-), suivi de Nationale 7 dont je n’ai vu que la fin mais qui mettait une belle ambiance pour clôturer ce week-end.

Thomas Pitiot -que je connais un peu aussi- est un homme et artiste (là on prend le pack) d’une gentillesse et d’une bienveillance rare. Pour vous dire, il souhaitait laisser la place à d’autres sur scène pour cette première édition et n’a même pas présenté son dernier Album « Chérie Coco » qui vient juste de sortir. Je vous disais, un homme rare ! Alors promo perso.

Bravo et merci à l'équipe L’Océan Nomade, mobilisée autour de ce beau projet. Le participatif présent de cette façon, c’est un vrai temps d'avenir.

On attend avec impatience la prochaine édition.

 

Merci à Cédric/Studio Delestrade pour ces belles photos.

Eric Jalabert

La ferme d’Olivier Bougé connaît bien le caractère fragile de la notion de « zone préservée », puisqu’il a dû s’installer ici suite aux projets de construction de la LEO -Liaison Est Ouest pour contourner Avignon et décharger le trafic toxique pour les riverains. Cette liaison empiétera largement la ceinture verte. Un projet très avancé mais qui partage les Avignonnais.

https://www.vaucluse-agricole.com/articles/projet-leo-vers-la-mort-de-l-agriculture-dans-la-ceinture-verte-1299.htm

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20 septembre 2020 7 20 /09 /septembre /2020 21:23

Ada

Ada
Ada

Spectacle de la compagnie  les filles de Simone  (93) vu le 19 septembre 2020 au Théâtre du Rond-Point.

 

Texte : d’après « Ada ou la beauté du nombre » de Catherine Dufour

Collaboration artistique : Claire Frétel

Interprétation : Tiphaine Gentilleau

Genre : Lecture-performance

Public : Tout public à partir de 14 ans

Durée : 1H environ

 

Il est rare que j’assiste à une lecture. Mais covid aidant, il est fort difficile de réserver une place, les jauges étant extrêmement limitées. Après trois refus, c’est donc tout naturellement que je me suis tournée vers le Théâtre du Rond Point. Pour conjurer une hypothétique baisse de fréquentation, JM Ribes a organisé cet automne un festival de lectures au jardin. Pas de réservation. Juste attendre, donner ses coordonnées pour remonter un éventuel cluster, lavage de main, injonctions sanitaires par haut-parleur et le tour est joué !

Au programme du jour, la compagnie « les filles de Simone » dont je suis une inconditionnelle. Forte de leur notoriété, la jauge était pleine d’une majorité écrasante de femmes, plutôt d’âges mures mais pas que. Un public friand mais retoqué s’est groupé au-delà des grilles de la scène ouverte.

 

En guise de lecture, et sur la base du livre éponyme, Thiphaine Gentilleau  a entrepris de redonner ses lettres de noblesse à Ada Lovelace Byron, mathématicienne de talent, pionnière, à l’âge de 28 ans, en 1843, du premier code informatique et que  le système patriarcal, poussé à son paroxysme sous l’ère victorienne, a allégrement poussée aux oubliettes.

On retrouve dans la lecture ce qui fait le succès du collectif. Une dénonciation en règle du patriarcat et une déconstruction systématique de ses stéréotypes par un humour ravageur et toujours d’actualité. Ainsi, Ada est fille de Lord Byron. Et Tiphaine de nous expliquer que s’il n’est pas question ici de savoir s’il faut séparer l’homme de l’œuvre (car il faudrait des volumes entiers) il est néanmoins sûr que :

-« Si Byron est un poète de génie, en tant qu’homme, c’est un beau connard ».

La lecture est sonorisée. Elle est rythmée par quelques menus objets scéniques dont on connaît par ailleurs les ressorts (le post-il sur le front pour désigner un personnage, un paper-board baladeur, une petite boîte à musique). Le tout est fort enlevé malgré quelques accrocs. Thiphaine assume parfaitement sa nullité en sciences. De mon point de vue, cette incapacité à vulgariser le concept affaiblit un peu le propos et tend à le délayer dans une sorte de catalogue de découvertes.

 

Il n’empêche, à l’heure où la pandémie nous a tous révélés hyper dépendants de l’informatique, c’est tout à l’honneur « des filles de Simone » d’avoir voulu extirper de nos machines la légende masculiniste et de redonner à Ada ce qui revient à Ada.

 

 

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31 août 2019 6 31 /08 /août /2019 19:37
Festival Font'Art 2019

Font art : Festival de rue , à Pernes les Fontaines (84) du vendredi 2 au dimanche 4 aout 2019

Aprés la belle édition du Off d’Avignon, me voila à Font’Art, joli festival d’art de la rue à Pernes les Fontaines , qui poursuit depuis 23 ans son travail de sensibilisation et de découverte du spectacle de rue dans un joli village du vaucluse de 10.000 habitants. 

Font Art, aujourd’hui, c’est 16 compagnies du In (payées), 11 du Off (défrayées + chapeau) et 5 propositions en « Fest’ici » pour offrir un terrain d’expérimentations aux artistes locaux, soit 30 compagnies et plus de 100 représentations dans les rues, sur les places, les esplanades ou les cours d’écoles pour découvrir des spectacles qui nous questionnent sur notre société. Il y a bien sûr les associations, des artisans, des food trucks et des buvettes, ainsi qu’un espace professionnel pour les équipes (ouvert aux professionnels sur réservation : 10 euros le repas ; excellent, local et bio. Une équipe motivée composée de bénévoles et de professionnels ( le passage à la professionnalisation est une phase critique de la vie d’un festival) pour imaginer des formules qui permettraient à davantage de compagnies de pouvoir jouer alors que les budgets ont tendance à diminuer. L’occasion de voir de belles propositions avec un public fidèle, toujours nombreux et curieux, et pour qui c’est souvent une première approche d’un festival de rue.

J’ai pu y découvrir plusieurs spectacles dont :

Anatomik, de la compagnie Madame Kanibal (33)

Genre : Théâtre de rue / Fakir
Public : Tout public à partir de 6 ans ( accompagnés bien sur)
Durée : 30 mn

 

 

 

Devant son vestiaire en acier in oxydé, Madame Kanibal nous invite dans son intimité et se laisse aller à la séduction, toute en poésie cannibale et décalée. Un numéro de contorsionniste fakir, emballée dans une histoire de vie drôle et Rock’n’roll roll. Elle revisite les standards du genre, sourire au lèvres et trimbale son excentricité pleine de gouaille pour cacher une tendresse et une histoire que chacun interprétera selon ses propres échos. Un petit côté « Freaks » en hommage aux personnage de foire qui venaient exhiber leurs extravagances devant un public voyeur, mais recherchaient avant tout l’amour.

A la fois techniques, simples et spectaculaires, ses numéros comme son épilation à la meuleuse ou ses explorations bucco-nasales font un grand effet sur le public et cela fonctionne à merveille.

Une petite forme légère à partager et à découvrir

> Cours sans sac , de la compagnie Gay tympan (34)

Genre : Théâtre de rue / Déballage incantatoire poétique et révolté

Public : Tout public à partir de 10 ans ( 12/14 ans pour moi)

Durée : 40 mn

Sur un sol jonché de sacs, en papier, avec des inscriptions dessus, voila une proposition sur le questionnement, sur le regard des autres et sur les grands enjeux du monde. Une sorte de théâtre dansé existentiel où la comédienne danseuse traîne ses sacs comme autant de casseroles. On ne peut pas lui en vouloir : sur chaque sac il y a une part de ce qui fait notre monde: argent, guerre, travaille, guerre, pollution, dieu… : de quoi chercher à vider son sac quand on sait que chacune de ces choses contribue également à détruire ce qui fait la richesse de notre monde. Mais à vouloir parler de tout, on se perd parfois dans la diversité des situations et l’on ne peut en embrasser aucune, laissant pour moi, un léger sentiment de frustration.

Un travail sur le renoncement, avec quelques effets surprenants, à la fois très politique et tout en poésie, qui présente une autre approche que celle de la culpabilisation et des dénonciations. Un appel aux rêves pour solutionner toutes nos angoisses…

Ambitieux et accessible.

> « Songes » du Collectif Utopies (Auvergne Rhône Alpes & Paca)

Genre : Cirque

Public: tout public

Durée 45 mn

 

 

 

Un groupe de jeunes artistes, sortie tout droit de l’école de cirque de Chambéry, et qui s’est emparé de la proposition du festival : monter un spectacles en 5 jours autour d’un arbre central et majestueux, permettant à chacun de présenter sa ou ses spécialités. Un projet généreux et plein de potentiel (mais cela je ne l’ai su qu’après avoir discuté avec eux...).

J’ai été au départ attiré par le côté visuel et foisonnant de l’arbre à agrès : un tableau-trapèze, un lustre, des tissus, cordages et élastiques… . Cela donnait envie et me laissait plein d’attentes. Puis j’ai été surpris par le côté «amateur » de l’ensemble ( éclairage, enchaînement, technicité des numéros…) et la construction très scolaire. Toutefois, ces jeunes là dégageaient une vraie énergie et donnaient un aspect très touchant aux tableaux d’ensemble ce qui compensait largement la faiblesse technique. Ils sont tous les 8 à investir le plateau, mêlant calme et courses effrénées comme pour montrer la force du groupe.

Autour du thème du rêve, ces jeunes artistes ont construit un fil conducteur avec une voix off, qui lance ainsi trois ou quatre grandes séquences, en faisant référence à ce que chacun vit.

Chacun tente, avec ses faiblesses et ses points forts - et sans se mettre en danger -, des numéros, des effets et c’est immensément riche et créatif. La battle de mât chinois avec la brochette humaine, le lit-bateau évolutif ou le trapèze-tableau… autant d’idées dont ils s’emparent et qu’ils nous proposent. Bien sûr cela demande ensuite à être travaillé… ils ont imaginé cela en 5 jours.

Alors, nous avons imaginé des accueils dans des villages, pour affiner le spectacle, accueillir des ateliers d’initiation au arts du cirque et proposer le spectacle autour de l’arbre du village. Car chaque village à un arbre totem qui symbolise à la fois la tradition, l’ancrage et la vie qui évolue.

Si vous êtes intéressés pour accueillir cette forme, n’hésitez pas à nous contacter…

> Considérations de la compagnie Madame Riton (Occitanie)

Genre : Théâtre de rue – duo intime pour l’espace public

Public : tout public à partir de 12 ans

Durée : 55 mn

Un spectacle sur les hommes et les femmes ( mais surtout les femmes…) déjà vus à Aurillac il y a quelques années…Une sorte d’histoire des hommes et des femmes vue par les cons. C’est très drôle, une dentelle littéraire, juste et bien vue, dynamique et originale. On y suit le parcours de sa construction quand on est une femme ( Dominique), attendue comme un garçon. La découverte du corps, du plaisir, de l’amour, de l’enfantement et le recommencement.

Il faut être attentif pour ne pas perdre le fil de l’histoire et ses histoires de cons. Con-science ; con-fesse, con-gratulations et autres con-sidérations. Un très chouette moment.

 

> A côte de la plaque de la compagnie Alma (66)

Genre : théâtre de rue culino musico thétral

Public : Tout public

Durée : 50 mn

 

 

 

Une proposition culinaire et féministe, qui interroge la place de la femme sans lourdeur. Le trio fonctionne très bien, avec une accordéoniste qui vient ajouter une touche très particulière au rythme de cette proposition. L’objectif est de préparer le gâteau au chocolat de nos rêves, pretexte à l’énumération de souvenirs personnels et si communs, façon madeleine de Proust.

Une performance scénique et technique dans laquelle je me suis laissé embarquer avec grand plaisir.

Crédit photos : sites des compagnies et Patrick Denis

 

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26 juillet 2019 5 26 /07 /juillet /2019 09:27
Jeune, joyeux et serein

"Un festival jeune, joyeux et serein" , c'est ainsi que Pierre Beffeytte, président de AF&C et une partie de son équipe, nous ont présenté jeudi 25 juillet au village du Off le bilan provisoire de l'édition 2019

Selon eux, le bouche à oreille fait remonter une bonne qualité artistique des propositions présentées, qui semble être le fruit du travail de sensibilisation et de l'attention portée à cette dimension par l'équipe d'AF&C. Par ailleurs, le festival dispose d'une belle exposition médiatique avec une présence en progression de la presse internationale, et d'une belle visibilité au niveau politique avec la venue du ministre de la culture et de plusieurs personnalités de haut rang. Nous avons pu constater sur place ces évolutions.
L’équipe du festival reste sensible à la question de la fréquentation du public qui reste un point notable en ces derniers jours après 3 semaines de festival. Avec environ un million de billets vendus pour 3,5 millions de places disponibles, la question de l’élargissement des publics reste entière. Ces chiffres (présentant ainsi un taux de remplissage moyen de 28%) repris par le président de AF&C, et qui circulent depuis plusieurs années, ne reposent sur aucun fondement, alors même que chaque salle à l’obligation de déclarer sa billetterie pour l’administration fiscale, ainsi que pour d’autres organismes. Mais il n'y a aucune centralisation pour apporter un indicateur fiable et indispensable à la bonne santé du festival. Le public reste encore trop souvent l’oublié des enjeux du festival.

Pierre Beffeytte, répondant à notre question sur ce point, nous indique que les chiffres seront plus précis sous trois ans, car une nouvelle réglementation sera mise en place, obligeant ainsi les lieux à déclarer leur billetterie. Nous nous en réjouissons pour le bon développement du festival.

Le conseil d’administration d’Avignon Festival & Compagnies œuvre depuis trois ans à réformer le festival et ses pratiques, sans toutefois avoir la main sur tous les rouages. Cela n’est pas simple. Néanmoins, tous les acteurs présents constatent ces efforts et les encouragent.

Bilans chiffrés selon Communiqué de presse AFC :

Spectacles et théâtres :
• 1 592 spectacles • 139 lieux dont 124 théâtres • 1 134 spectacles présentés pour la première fois à Avignon , soit 71% •  159 spectacles jeune public • 147 spectacles venus de l’étranger

Cartes d’abonnement public :

63 949 cartes vendues au 24 juillet 2019 dont 80 % en plein tarif (16€) - (62 977 en 2018, 63 133 cartes vendues en 2017) pour un montant de 950.000 € environ.
 
Billetterie Ticket’Off (au 24 juillet 2019)
• 97 530 places vendues   (pour rappel : 46 015 en 2018, 33 604 places vendues en 2017 et 30 615 en 2016) • 86 % des spectacles du festival OFF vendent des places en ligne sur ticket’OFF

Professionnels accrédités
 3 245 professionnels accrédités, dont 2 640 professionnels du spectacle vivant
• 1 219 programmateurs
• 1038 programmateurs non décisionnaires - prescripteurs
•  259 institutionnels
•  124 diffuseurs

605 journalistes, dont 82 de presse étrangère :
 
Fonds de soutien à la professionnalisation d'Avignon Festival & Compagnies

Basé sur un système de solidarité interprofessionnelle pour soutenir les artistes, le fonds de soutien à la professionnalisation d’AF&C s’inscrit dans la continuité du projet collectif et constitue une étape supplémentaire dans la démarche de professionnalisation du festival, l’accompagnement aux compagnies et plus largement un soutien au secteur du spectacle vivant.
En 2019, le fonds de soutien représente :

• 82 structures aidées (63 en 2018)
• 222 artistes soutenus (185 en 2018)
• 1592 représentations (1172 en 2018)
• 219 450 € de budget (174 700 € en 2018)

Opération de mutualisation de l’impression des affiches

Pour la troisième année du projet, 8 éco-packs (impressions sur papier PEFC et FCS Mix avec encres végétales) étaient proposés aux structures du festival OFF d’Avignon 2019 : au total ce sont 478 éco-packs qui ont été commandés par les compagnies, soit prés de 33% des équipes présentes.
 

Le Village du Off :
 • Plus de 85 rencontres sur des thèmes de société et liées au spectacle vivant sous l’agora du Village du OFF et sous le chapiteau du Village des professionnels :
 • 1 focus de 3 jours dédié à l’international
• 10 modules de formation professionnelle en partenariat avec l’AFDAS et Illusion et Macadam
• 27 ateliers
 • 22 concerts au Village du OFF (tous les soirs à partir de 23h00 à l’issue des spectacles – très fréquentés avec une moyenne de 700 à 900 personnes chaque soir - 500 à 600 en 2018)
• Des permanences de nos partenaires au Village des professionnels (Audiens, Cultures du coeur 84, Groupe Profession Spectacle, l’Endroit (Artdam et Culture action) le CAC, Opale, Proarti, Région Hauts de France, Sacem, SNES, Spedidam, stand Culture et ESS (CRESS PACA, Ufisc, Synavi, CFMJC).
• 19 apéritifs professionnels (moment de convivialité pour les compagnies, théâtres et professionnels du spectacle vivant du mardi au dimanche de 18h à 20h au Village des professionnels).

 
Outils numériques et site internet : www.avignonleoff.com

Un site internet ressources avignonleoff.com refondu cette année avec des visites en forte hausse : statistiques (du 15 juin au 24 juillet 2019) :
 340 915 utilisateurs en 2019 (275 498  en 2018, 167 069 en 2017)
 • 89,98 % de France
• 809 803 sessions en 2019 (595 664 en 2018, 303 863 en 2017) • 6 minutes 41 en moyenne par session en 2019 (7 minutes 25 en 2018) • 4 533 544 pages vues en 2019 (3 739 056 pages vues en 2018)

Carte Interactive :

Une nouvelle carte interactive regroupant les lignes de bus, de train, les hébergements, points d’accueil, lieux de spectacle, etc. : http://www.avignonleoff.com/venir-se-deplacer-se-loger/ (Existe également en version PMR : https://carte-interactive.avignonleoff.com/accessibilite.html)

Revue de presse

Entre le 5 et le 24 juillet : • 240 articles dans la presse nationale • 660 articles dans la presse régionale • 1 880 articles dans la presse en ligne / blogs

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16 février 2017 4 16 /02 /février /2017 18:50
Festival "Comme à la maison"

 

Festival "Comme à la maison. Les nouvelles créations Reillannaises", 1ère édition, organisé par l'Association L’Alicorne, les vendredi 3, samedi 4 et dimanche 5 février 2017 à Reillanne (04).

 

Genre: Théâtre et musique

Public: Tout public

 

Comme un bon vin chaud parfumé, j’ai pu découvrir ce festival autoproduit, autogéré et autonome organisé en trois semaines à peine par le collectif des artistes Reillannais qui participent activement depuis plus de 15 ans à la vie de ce petit village de 1 500 belles âmes. Six spectacles, quatre concerts et un bal à danser dans un magnifique chapiteau dressé sur la place du village. Une rencontre qui fait chaud au cœur, au cœur de l’hiver. L’association L’Alicorne, qui gère également le bar musical "Le Café du cours" où j’avais pu passer une soirée fort agréable il y a deux ans, s’occupe de lancer les projets. L’idée est de ne pas attendre le bon vouloir des uns et des autres pour faire leur métier et surtout se faire plaisir. C’est la clé de la réussite et en tout cas de cet enthousiasme communicatif. A la vue des agendas chargés de cette bande de fous, ils arrêtent la seule date où tout le monde est disponible et lancent l’affaire. Il faut dire que c’est leur métier: des artistes, des techniciens, des communicants, et de nombreux bénévoles qui organisent déjà en été un festival "Le Grand Bouillon" qui a connu un beau succès en 2016.

L’idée est de donner à voir les créations des compagnies locales dans des conditions favorables. Un parc de matériel partagé, un espace scénique spacieux, une organisation rigoureuse et chaleureuse, et un public qui répond présent, même quand le climat n’est pas favorable. Résultat: 350 personnes étaient présentes le samedi soir et, pour ce que j’ai pu constater le dimanche après-midi où je suis venu partager le froid de l’hiver avec eux, 200 personnes en moyenne pour chacun des spectacles. On parle souvent d’économie de la survie pour ces festivals autonomes, mais ceux-là connaissent leur affaire. Avec un prix des places entre 5 et 7 € et des pass attractifs pour la journée, ils ont fait en sorte que chacun puisse repartir avec un ou deux cachets tout en payant les frais inhérents à l’organisation. Car ça n’est pas parce qu’ils s’organisent eux-mêmes qu’ils vont travailler pour rien.

J’ai ainsi pu assister à trois spectacles ce dimanche sous la pluie:

A 14h30, "Un air d’ailleurs", de la compagnie Les faubourgs de Babel. Il s’agit d’un duo musical autour de la parole glanée dans des maisons de retraite, à la poésie impressionniste et porté par une mise en scène très travaillée, mais qui mériterait d’en préciser les contours qui m’ont semblés parfois bien flous.

A 17h00, "Ici c’est chez moi... pfhh!!!", de la compagnie T’émoi. Un conte musical et dansé, où trois jeunes danseuses sorties d’un tissu chrysalidien dansent au son d’un duo guitare/percussions d’une incroyable efficacité. Pour ma part, le mélange m’a semblé trop dense entre le conte, dont j’ai rapidement perdu le fil, et les propositions visuelles et musicales. C’est encore un peu jeune, mais cette proposition très généreuse nous entraîne dans une rêverie indéniable.

Enfin, à 18h45, "La quête du Râle" de la compagnie du Faubourg que j’étais plus particulièrement venu voir. Un solo de clown préhistorique créé très récemment. Sans un mot, ou plutôt avec quelques râles, Olivier Clément campe un clown avec comme seul accessoire une énorme massue multiusage. Le rythme du spectacle démarre plutôt doucement dans un échange craintif avec le public, mais n’hésitant pas à plonger au cœur des spectateurs dans une quếte amoureuse contrariée. Ménageant ses effets, le comédien enrichit ainsi sa proposition grâce à son instrument surprenant qui se révèle être un didgeridoo (instrument aborigène). Il apporte ainsi à son solo un rythme musical inattendu. Dosant toujours la montée en puissance de son show, l’énorme massue devient Totem sur laquelle il finit par se hisser, tout en jonglant avec d’autres massues. Une petite prouesse technique dont les spectateurs raffolent. Malgré l’économie de moyens, il nous entraîne dans une belle dramaturgie, mêlant humour, effets visuels et sonores, et surprises techniques, pour terminer dans une danse tribale avec un public qui ne se fait pas prier pour participer. Les effets sonores de boucles musicales samplées sur son instrument viennent renforcer la transe et rythmer un tableau participatif plein d’énergie. La confrontation finale entre le public sur scène et celui resté assis se fait par des cris libérateurs qui rendent ce spectacle réjouissant.

Un spectacle créé pour se jouer en extérieur et qui a rencontré un vrai succès pour clôturer ce joli festival.

Eric Jalabert

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7 octobre 2015 3 07 /10 /octobre /2015 16:21
Festival de La Basse Cour (2015)

C'était le dernier week-end de septembre sur une place de Cabrières, un petit village à 15 km de Nîmes dans le département du Gard, que le dynamique collectif La Basse Cour avait posé cette année son chapiteau (et bien d'autres choses encore) dans le cadre de la 8ème édition de son festival itinérant. Ce collectif poursuit, malgré une baisse de budget occasionnée par l'important désengagement de Nîmes Métropole, sa démarche d'invitation à la découverte de spectacles de nouveau cirque et de concerts, au plus près de chez vous.

Festival de La Basse Cour (2015)

Spectacle (nom inconnu) du Casse Dalle Théâtre vu le 26 septembre vers 19h.

Distribution : N.C.

Genre : Théâtre classique revisité

Public: Absolument tout public

Durée : une vingtaine de minutes

Jauge : N.C.

C'est curieux que je suis entré dans cette mignonne cour privée, au coeur du vieux village de Cabrières, et c'est enchanté que j'en suis ressorti. Ingéniosité et dynamisme, voilà les maîtres mots pour qualifier ce que j'ai vu ! Et ce n'était pas gagné. En entrant dans l’arène, tout commençait à me faire peur. Costume classique, tirades exaltées, jeu figé... "Ouh là là, mais qu'est-ce que je fais là ???" me suis-je dis. Fort heureusement, j'avais tort.

J'espère ne pas trop en dire en saluant le travail de mise en scène de la compagnie, associant à merveille théâtre classique, roman tout aussi classique et petites misères de la vie quotidienne. Le tout donne un audacieux mélange théâtral se jouant des convenances et se moquant, avec simplicité, de tout académisme pédantesque confondant classique et barbiturique ! Ici ça va vite. Très vite ! Le rideau de verre entre la scène et les gradins est brisé, et le théâtre est remis à sa place : une affaire humaine, avec son lot d'imperfections et de ridicule. Mais là, le ridicule ne tue pas. Bien au contraire.

Festival de La Basse Cour (2015)

Spectacle "A plumes et à poil" de la Compagnie La Bilbao, vu le samedi 26 septembre vers 18h.

Distribution : Magali Bilbao, Johann Candore

Genre : Entresort burlesque

Public : Tout public

Durée : 7 min

Jauge : une dizaine de personnes, selon l'endroit

A peine passe t-on près de sa caravane que l'on est déjà accosté par cette miss aux furieux airs de Sucre d'Orge, effeuilleuse burlesque parisienne, enveloppée dans une robe de nuit affriolante et à l'accent tout droit sorti d'un polar noir des années 50. Impossible donc de ne pas venir s'esquicher (et c'est peu dire !) dans sa caravane pour 7 minutes de show, avec un curé en accompagnement à la guitare. La proximité (ou la promiscuité ???) avec le reste du public ainsi qu'avec les artistes est intéressante. Le retournement de situation, bien qu'attendu, est assez surprenant et drôle. Mais je sors pourtant interloqué de ce spectacle, ne sachant que penser. Manque t-il de sens à mon goût ? Ou, s'il n'a pas de sens, va t-il assez loin dans le grotesque ? En tout cas il me semble que le personnage du curé, très en retrait mais offrant un intéressant décalage, peut apporter bien plus.

Festival de La Basse Cour (2015)

Spectacle "Les clowns meurent comme les éléphants" du Théâtre Crac, fabrique de mensonges, vu le samedi 26 septembre à 20h30.

Distribution : Simone Vendetti, Anthony Mathieu

Genre : Théâtre gestuel sans parole, danse, manipulation d'objets, clown

Public : annoncé tout public à partir de 6 ans (je conseillerais à partir de 10 ans)

Durée : 1h

Jauge : 300 personnes

Création 2015

Ce soir, l'ambiance est fraîche, voire même froide, avec une petite bise qui se glisse dans votre cou. Tout à fait à propos pour voir un clown mourir... Dans un univers poético-morbide, deux êtres, un clown désabusé et un ange aux airs de fantôme, se rencontrent, s'apprivoisent puis se lient ensemble pour former une sorte de couple funèbre. Ici, la vie a peu de prix, et la mort peut s'inviter plusieurs fois sans qu'on en comprenne forcément la raison. Mais la poésie, aussi, peut surgir sans crier gare à travers, notamment, un très beau moment dansé par Simone Vendetti. Celui-ci campe d'ailleurs, par une pantomime éthérée, un personnage fantomatique très convaincant dans son étonnement face à l'autre. Les artistes se fondent dans un décor suranné, aux tons rouges et poussières, sur une musique mystérieusement entortillée, pour former une sorte d'étrange tableau mouvant où les opposés n'existent que pour se rencontrer. Une sorte de fable énigmatique où tout peut arriver.

Heureusement, les nigauderies dont font preuve les protagonistes (je pense notamment à une scène aussi drôle qu'imaginative autour du "nouveau-né") donnent un peu de légèreté à une atmosphère assez étouffante. Et malgré de discrets couacs survenus de-ci de-là (propres à toute nouvelle création), cette proposition artistique très esthétique saura, j'en suis sûr, trouver son chemin ici-bas et au-delà.

François Polge

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16 mars 2015 1 16 /03 /mars /2015 18:19

Festivals pluridisciplinaires de repérage régional organisés par le Cercle de midi (Paca/Corse) et le maillon (Rhône/Alpes), fédérations régionales de la FNTAV (Fédération des Nouveaux Territoires des Arts vivants).

C’est toujours un grand moment que de participer à ces festivals, fruits du travail de repérage des membres du réseau des deux fédérations régionales de la Fédération des Nouveaux Territoires des Arts vivants (FNTAV) - 51 structures adhérentes sur ces deux régions en 2015 -, en vue de favoriser l’émergence, le repérage et l’accompagnement des compagnies locales. L’objectif est de s’appuyer sur la réalité du terrain, pour faire découvrir et partager le travail de compagnies de la région, afin de leur ouvrir les portes d’éventuelles programmations dans le réseau régional, mais aussi d’une programmation potentielle sur le festival national « le Chainon Manquant », à Laval en septembre 2015, accueillant quelques 250 programmateurs. Autant dire, un beau challenge !

C’est aussi l’occasion de diffuser aux professionnels présents, le catalogue Vivant 2015, dans le cadre d’un partenariat de longue date, et d’échanger avec les uns et les autres sur cette question de l’ouverture des réseaux, de la diffusion des compagnies et de la mutualisation, questions centrales pour les années à venir.

J’ai pu voir cette année plusieurs spectacles (en ligne prochainement), « Tania’s Paradise » (cie Attention Fragile), « le K » (Groupe Maritime) et « Monsieur Agop » (cie La Naïve) pour PACA et « Duo Bonito » (Les Nouveaux Nez), Kosh, Barrio Oscuro et Impérial Orphéon dans un plateau musical, et « T.I.N.A » (« There is no alternative », de la cie Cassandre) pour Rhône-Alpes, et j’ai assisté à une table ronde intitulée : « Politique publique et réseaux : vers une plus grande complémentarité ? ». Il me semblait que cette thématique entrait en résonance avec le travail que nous menons depuis bientôt 10 ans avec l’Adadiff/Vivantmag.

Pourtant, dès mon premier spectacle, « Tania’s Paradise » de la compagnie Attention Fragile (13), je m’interrogeais sur les modalités de choix des spectacles. Cette compagnie - et tant mieux pour elle - est déjà largement reconnue depuis son spectacle « Le tour complet du cœur » qui propose 3h30 de Shakespeare dans une performance narrative hors du commun. Même interrogation pour le « Duo Bonito » des Nouveaux Nez (07), compagnie historique du nouveau clown en Rhône-Alpes et dont la notoriété n’est plus à faire, qui pour le coup m’a laissé vraiment sur ma faim, malgré un dispositif original et des comédiens qui connaissent leur métier. Ils avaient tout pour eux, mais n’ont pas pu en faire quoi que ce soit.

Alors, pourquoi proposer ces spectacles, déjà largement repérés, bénéficiant de nombreuses coproductions, alors que tant d’autres auraient pu bénéficier du soutien de ces Région(s) en Scène? Est-ce cela le travail de repérage et l’ouverture d’esprit attendue pour ce type de festival de découvertes?

La question n’est pas nouvelle et revient régulièrement sur le tapis tant cette question du soutien, du repérage, de la visibilité des compagnies est pressante. Et qu’en choisissant, on exclut, on sélectionne, on s’engage, on soutient… et que le choix n’est jamais unanime.

Alors, loin de nous l’idée de remettre en question le principe du choix, forcément sujet à critiques, mais pourquoi ne pas fixer des règles de sélection, afin de d’élargir le champ des possibles ? Actuellement, il faut qu’un spectacle soit soutenu par au moins 3 programmateurs du réseau… et déjà ça n’est pas simple. Cela pousse au consensus, et chacun n’a pas le même poids dans ses propositions.

En discutant avec certaines personnes présentes et en entendant les échanges, il ressort que certains reconnaissent qu’ils ne voient pas assez de spectacles, d’autres soutiennent l’idée d’un accompagnement dans le temps, d’autres enfin que le choix est aussi de présenter des compagnies susceptibles de « monter » au niveau national pour la sélection au festival « le Chainon Manquant » . Mais est-ce encore un tremplin, une ouverture?

La question est peut-être à l’image de la table ronde à laquelle j’ai assisté. Elle m’a permis pour la énième fois d’entendre la présentation des structures (Cercle du Midi, FNTAV, Karwan, Conseil régional PACA, Conseil général des Bouches-du-Rhône…) déjà en réseau, mais point d’échanges, d’écoute ou de pistes de réflexion autour du thème proposé (Politique publique et réseaux : vers une plus grande complémentarité). Le temps était compté et la réunion a été un peu écourtée certes, mais à priori, il n’était pas prévu d’échanges et de tour de table. Dommage pour une table ronde.

Ces interrogations étaient déjà présentes en 2013 lors de ma précédente venue. Malgré le plaisir de revoir certaines personnes et d'en rencontrer de nouvelles, ces rendez-vous gagneraient à évoluer dans leurs modes de sélection des spectacles, même si c’est toujours l’occasion de découvrir de belles propositions artistiques, comme ce « Monsieur Agop » que je vous recommande grandement.

A l’année prochaine ?

Albert Ciraje

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5 mai 2014 1 05 /05 /mai /2014 12:42

Ourceanie.pngAtelier organisé dans le cadre du 4e festival "Ourcéanie", théâtre de Villeneuve-lès-Maguelone (34), le 16 Avril 2014, 9h30-12h.


Pilotage scientifique  : Emmanuel Valjent, Pierre-François Méry (chercheurs en neurosciences) et Nathalie Blanc, Gina Devau (chercheuses en psychologie)

Artiste invitée : Camille Llobet (Lyon).

 

A l'occasion d' "Ourcéanie, territoires imaginés pour l'enfance et la jeunesse", en complément des spectacles, le théâtre de Villeneuve-lès-Maguelone organise des ateliers thématiques à l'intention des professionnels: "Neurosciences en Enfance" était l'un d'eux. Avec une trentaine de participants réunis autour d'une artiste et de quatre chercheurs, l'atelier s'est déroulé en deux temps, neurobiologie puis psychologie. Autour des questions associant l'enfant et la démarche artistique, les échanges ont été très riches, avec de précieux éclairages scientifiques. En voici un bref résumé, axé plus précisément sur quelques aspects importants de "l'enfant spectateur".

 

L'ENFANT SPECTATEUR  

 

La valeur émotionnelle des spectacles est un critère de motivation important pour l'enfant, en fonction de son âge. La manière dont l’enfant dirige son attention, intègre les sensations, engrange et classe les informations, tout cela évolue au fil de son développement. Certaines étapes, dites "fenêtres d'opportunité" sont même des périodes au cours desquelles l'enfant doit recevoir impérativement une imprégnation spécifique afin de poursuivre un développement harmonieux.

Apprenons à cette occasion que pendant les (5-6) premières années de vie de l'enfant, les connexions entre les neurones du cerveau s'établissent au rythme de 50 000 connexions/minute. A cette vitesse, jamais atteinte in utero, des assemblées de neurones se construisent donc en se nourrissant d'expériences précoces. Ce support cérébral semble expliquer l'incroyable faculté d'apprentissage des tout-petits. Plus tard, vers l'adolescence, une petite proportion de ces connexions va disparaître naturellement, suggérant une sélection de réseaux efficaces ou pertinents, et un raffinement du cerveau de l'adulte vers plus d'efficacité.

 

Chaque enfant spectateur est différent. Des recherches récentes montrent que chez l'animal, on observe des petites traces à la surface de l’ADN (support de l'information génétique héréditaire), qui ne sont pas des mutations génétiques. Ces traces, qui peuvent sauter une génération, seraient-elles les marques de bonnes ou de mauvaises expériences vécues par les ascendants? Encore à l'état d'hypothèse, on peut se demander si certains stimuli heureux ou douloureux pourraient provoquer un hyper développement de circuits nerveux.  

 

Soulignons enfin l'importance de l'accompagnement de l'enfant pendant les spectacles. Négatives ou positives, les émotions sont des vecteurs de souvenirs, l'imaginaire ne se développe pas à partir de rien. Observons l'enfant, ses postures, mimiques, vocalisations, pour déterminer quand il connaît des émotions. Et si devant un spectacle l’enfant fait lui-même un tri, il attache tout de même de l'importance aux éléments associés au spectacle. 

 

Catherine Polge

(texte relu par un intervenant)

 

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