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  • Le blog VivantMag vous offre une veille artistique régulière sur les créations de spectacles vivant en France. Il est destiné aux programmateurs réguliers ou occasionnels, aux compagnies, mais aussi aux spectateurs. Le blog est édité par l'association Adadiff Casi, dédié au spectacle vivant et à la médiation culturelle. Si vous souhaitez nous rejoindre pour chroniquer des spectacles, vous pouvez nous contacter sur le site ou par mail à contact@vivantmag.fr
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Couv-cata2010 WebBonjour et bienvenue sur le blog de Vivantmag.
Vous y trouverez l'ensemble des commentaires de nos correspondants sur les spectacles qui ont été vus. Ce service est en ligne en accès libre depuis février 2007.
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Avec plus de 1.200 spectacles commentés sur ce blog, les correspondants Vivantmag - AdAdiff, ne se posent pas en censeur du spectacle, loin de là. Nous souhaitons seulement faire partager un point de vue, forcément subjectif, sur les spectacles que nous voyons. Chaque retour de spectacle est ouvert à vos propres commentaires, et n'hésitez pas à en laisser car ils enrichissent ce travail d'échange et de partage d'informations.
Pour faciliter la lecture des spectacles, nous mettons désormais en place un picto permettant de donner notre avis général sur le spectacle. En voici le détail :
Décevant
Moyen
Pas mal...
Bien !
On adore !!! 

les spectacles du Off 2014

Découvrez tous les spectacles commentés par les correspondants de Vivantmag, et présents sur le Off 2014 d'Avignon. Certains ont été vus à leur création, en salle ou sur d'autres festivals, ou sur des précédentes éditions du Off. Grâce à un travail de veille artistique tout au long de l'année, l'Adadiff met à votre disposition son équipe de correspondants et vous permet de disposer d'un regard extérieur et indépendant pour faciliter votre choix. Commentaires ici...

25 juillet 2021 7 25 /07 /juillet /2021 18:18
Source catalogue Off 2021

Source catalogue Off 2021

Spectacle de la RIDZ Compagnie (83), vu au Théâtre de l’Entrepôt, le 21 juillet 2021 à 9 h 45. Dans le cadre du Festival OFF d'Avignon du 7 au 31 juillet.

 

Direction artistique : Simonne Rizzo

Création/interprétation :  Anne Brinon, Claire Chastaing, Dalila Cortes, Benjamin Tricha ou Thomas Queyrens  

Dessins : William Bruet

Costumes : Corinne Ruiz

Scénographie numérique : Michaël « Caillou » Varlet

Composition Musicale : Jérôme Hoffman

Collaboration univers plastique : Ivan Mathis, KOSKA

Musique : Joe Hisaishi

Genre : Œuvre picturale chorégraphiée  

Public : à partir de 6 ans

Durée : 50 min

 

Simonne Rizzo signe ici son premier spectacle inspiré de l’univers du cinéaste d'animation japonais Hayao Miyazaki, œuvre qui s’adresse prioritairement au jeune public. Le teaser du spectacle ayant éveillé ma curiosité, j’ai décidé de faire une incursion matinale au théâtre de l’Entrepôt. 

Tout commence dans le noir dans une ambiance musicale « création du monde » si j’ose dire. Peu à peu, la lumière donne des coups de pinceau sur ce qui semble être un corps, puis plusieurs corps. Finalement trois filles, un garçon, s’extirpent de cet enchevêtrement, comme une naissance laborieuse.

Je pressens déjà que je vais vivre une grande émotion, alors que se dévoile progressivement un décor quelque peu magique. Ce ne sont pourtant « que » des kakémonos qui tombent du plafond, sur lesquels sont dessinées des formes en noir et blanc, œuvres de William Bruet, reflets d’un univers paisible, peut-être une forêt préservée...

Une dizaine de tableaux se succèdent, tous magnifiques, curieux, drôles, qui interrogent, portés par des créations musicales qui mettent à profit avec brio les techniques modernes de synthétisation et de distorsion de la musique et des sons, livrant un univers sonore minéral, électrique, très sensoriel.  Parfois, seulement le silence, des corps qui épousent l’environnement, se croisent, juste une ambiance esthétique. Et je remarque d’un coup que le décor évolue,  « bouge »… sans bouger ! Qu’une lune à peine teintée de roux saute d’un kakémono à l’autre. Que les formes  tracées sur ces panneaux, prennent vie… Ou disparaissent complètement, pour laisser place à la pluie, l’orage, la neige, au défilé des saisons. Remarquable travail de scénographie et jeux de lumière savamment dosés.

Les « bestioles » et autres animaux qui peuplent ce lieu hors du temps surgissent, créatures étranges parfois sans bras, amibiennes. Des masques indéfinissables complètent les costumes. Les danseurs sont le plus souvent vêtus de blanc, mais un peu de couleur s’invite parfois : bleu, gris bleuté, violet, par touches. Soudain des tâches de lumière violettes apparaissent en cercle sur le sol, bientôt reliées au ciel par des rayons lumineux de même teinte. Les danseurs entrent et sortent de cette cage virtuelle. C’est du plus bel effet…

Il faut juste se laisser porter et savourer ce « voyage en terre inconnue » esthétique, surprenant et apaisant à la fois, en souhaitant que cela dure longtemps !

On ne peut que saluer l’immense travail réalisé par les concepteurs de ce projet qui offrent ainsi aux danseurs un écrin où leur art peut s’exprimer pleinement, pour finalement livrer tous ensemble au public, petites et grandes personnes, un moment d’émotion sans pareil.  

Et merci à Simonne Rizzo de permettre aux néophytes dont je suis, de leur rendre l’univers de la danse accessible, de manière poétique.

 

Cathy de Toledo

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25 juillet 2021 7 25 /07 /juillet /2021 14:50
Je suis une saucisse

Spectacle de la compagnie Les Semeurs (75), vu au Studio de la Scierie, le 23 juillet à 15 h 20, dans le cadre du Festival OFF d’Avignon du 7 au 31 juillet 2021.

 

Auteur et interprète : Isabelle Esposito

Genre : Théâtre contemporain

Type de public : Adulte

Durée : 50 minutes

 

Seule en scène, Isabelle Esposito incarne une saucisse Montbéliard voulant devenir knacki Herta, pour parler avec inventivité des diktats imposés aux corps des femmes.

C’est tout d’abord le titre qui m’a intrigué. Un spectacle qui parle des femmes en faisant une métaphore avec des saucisses, on ne voit pas ça tous les jours. Et pourtant, c’est une métaphore qui est ici très intéressante : la saucisse Montbéliard, qui est une belle saucisse parfumée (la meilleure si je puis ainsi donner mon avis) veut devenir une star, une actrice (après avoir vu le film Sausage Party, dans lequel elle admire l’actrice principale, une knacki). Pour ce faire, elle subit des opérations pour modifier son corps et le rendre « parfait » (elle n’a plus aucune forme, elle est plate, ses proportions sont égales partout) : elle devient ainsi « reproductible à l’infini ».

Dans cette société de saucisses, qui ressemble beaucoup à notre société d’humains, elle doit se considérer comme un objet pour être reconnu, et effacer tout ce qu’elle a de singulier et de beau. De saucisse de Montbéliard, « parfumée et chair », elle devient knacki Herta, « fade et plastifiée ». Ces propos que la métaphore nous révèle sont aussi appuyé par des références que j’ai découvertes avec plaisir. "Beauté fatale : Les nouveaux visages d’une aliénation féminine" de Mona Chollet, dont la saucisse nous lit des extraits, parle de l’emprisonnement du corps de la femme dans la sphère culturelle, et pourtant tout ce que dénonce Chollet la saucisse le fait.

Comme support de la parole, elle projette à côté d’elle des photos (parfois assez amusante, qui illustrent l’anecdote qu’elle est en train de raconter en montrant effectivement une saucisse avec un petit bonnet), des images de films ou des vidéos.

Le personnage, interprété par Isabelle Esposito, est attachant. Malgré quelques hésitations de la comédienne qui bute parfois sur les mots, on a envie d’écouter son histoire et rire sur ses anecdotes ou jeux de mots. Son costume, une robe à carreaux rouges et blancs, m’évoque peut-être une certaine marque de saucisson (mais était-ce voulu ou seulement une interprétation de ma part ?)

Ce spectacle dénonce avec humour la place du corps des femmes dans la société d’aujourd’hui, notamment des stars qui doivent entrer dans des cases normatives pour être appréciées du public ; c’est un sujet qu’il est important de révéler de nos jours, afin avoir une chance de libérer les femmes de ces normes et leur enlever leur position d’objet.

 

Juliette Lartillot-Auteuil

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25 juillet 2021 7 25 /07 /juillet /2021 12:17

 

Spectacle de la compagnie Les Mille Printemps (17) vu au théâtre des Carmes - André Benedetto le 24 juillet 2021 à 16 h 30 dans le cadre du Festival OFF d'Avignon du 7 au 31 juillet.

 

Auteures : Gabrielle Chalmont et Marie-Pierre Nalbandian

Mise en scène : Gabrielle Chalmont

Auteur et interprète(s) : Claire Bouanich, Bastien Chevrot, Sarah Coulaud, Louise Fafa, Maud Martel, Jeanne Ruff, Hugo Tejero, Benjamin Zana

Genre : Théâtre citoyen

Public : à partir de 8 ans

Durée : 1 h 30

 

Un spectacle dont j’ai entendu parler par le bouche-à-oreille et qui me faisait très envie. La salle de 180 places est archi complète d’un public mélangé, et nous sommes accueillis de façon conviviale par les comédiens.

Sur scène, une vieille tente rapiécée nous ramène à un serment d’enfance fait en 1998 quatre enfants se promettent de vivre ensemble sous une yourte quand ils seront grands. Nous voici 20 ans plus tard, et nous allons suivre dans une belle énergie communicative, les retrouvailles de ces jeunes et les enjeux sociétaux auxquels ils aspirent sans savoir toujours par quels bouts le prendre.

Maxime, frère jumeau d’Hélène et le seul à avoir lâché ses rêves de jeunesse, est coach d’entreprise, ne jurant que par la productivité et sa réalité. Il vient accompagné de ces deux anciens amis et retrouve sa sœur pour fêter le premier anniversaire de cette Yourte communautaire. C’est la confrontation des réalités, des rêves altermondialistes et d’une société différente qui nous sont ainsi proposés.

Ça fuse, ça pique, c’est calé, c’est pertinent, débordant d’énergie. Ça sent le vécu, tant j’ai pu moi aussi partager leurs questionnements dans mes expériences collectives, et ça doit faire écho à beaucoup de personnes. Nous participons avec eux à cette construction de rêves et à toutes les questions que cela pose : la place de la démocratie (on fait une AG pour savoir si on achète des piles ?), sa propre place dans la société, (Il faut renoncer à l’ascension sociale), la violence nécessaire (on le fait péter ce Carrefour Market !). Mais aussi le travail, l’argent, l’enfantement et l’impact de nos actions. Et bien sur la question cruciale : celle de l’environnement et de l’effondrement de nos sociétés. Je me suis laissé embarquer avec jubilation dans ce spectacle très drôle et débordant de vie et de questionnements sur la transition indispensable à la poursuite de l’aventure humaine.

La très bonne idée vient du puits aux démons – dans lequel chacun laisse ses vieux démons personnels avant d’intégrer la Yourte. On y retrouve ainsi les agents pathogènes de l’humanité : l’égo, l’argent, l’autorité, la médiocrité et l’intolérance, joués par les cinq comédiens qui les ont eux-mêmes laissé avant d’intégrer la Yourte, et qui souhaitent sortir du puits pour « profiter » de la vie. Nous le savons tous, c’est la variable humaine malheureusement liée à chacun qui représente souvent nos plus grands freins.

Yourte est le deuxième spectacle de la compagnie Les Mille Printemps (après Olympe, sur le féminisme en 2015) et elle y travaille depuis octobre 2017 à travers une construction collective et un vrai travail documentaire. C'est un instantané de notre jeunesse (mais pas que) et des enjeux qui nous attendent. Plus qu’un grand bonheur à partager, c’est une nécessité.

Courrez les voir et ouvrez leur les portes de vos programmations ! 

 

Éric Jalabert

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25 juillet 2021 7 25 /07 /juillet /2021 09:30
Goodbye Wall Street
Spectacle de et avec Fouad REEVES, vu au Palace, le 20 juillet 2021 à 16 h 40, dans le cadre du Festival OFF d’Avignon du 7 au 31 juillet.

 

Mise en scène : Dominique Coubes   

Écriture et interprétation : Fouad Reeves

Genre : seul en scène  

Public :  tout public

Durée : 1 h

 

On pourrait penser que c’est la crise mondiale qui a poussé Fouad Reeves à tout plaquer après plus de 15 ans de trading, mais ce n’est pas le cas. C’est en 2015 qu’il a décidé de tout plaquer pour vivre un rêve d’enfant : devenir comédien. Il a ensuite créé ce spectacle autobiographique en 2017. 

En costume trois pièces, Fouad Reeves fait son entrée dans une salle déjà surchauffée, car la climatisation a rendu l’âme. Un climatiseur mobile placé dans un coin de l’espace scénique sera d’un piètre secours, et Fouad finira sa prestation totalement « liquéfié » !

Il a ainsi assuré le show pendant plus d’une heure, sans temps mort. Probable que ses qualités de sportif  (il a exercé la boxe, le rugby au niveau fédéral et continue manifestement à faire du sport vu la pêche qu’il a) lui confèrent une endurance utile contre l’adversité.

Il nous explique qu’il est un peu stressé, il est venu annoncer à son père qu’il abandonne sa carrière de trader international pour entamer une carrière d’artiste. C’est alors le prétexte à nous parler de son parcours…

Rien ne semblait prédisposer Fouad né dans une ZUP lyonnaise (décidément la région Rhône Alpes donne à la France nombre d’humoristes talentueux), d’un père algérien et d’une mère française, à embrasser une carrière dans la finance. Encore que si l’on est bon élève, travailleur et soutenu par sa famille, rien ne s’y oppose me semble-t-il. Il a rencontré le théâtre alors qu’il était collégien, passion qu’il gardera ancrée en lui.

C’est ainsi que défilent (sous nos yeux ébahis, dirais-je) tous les individus qui ont compté dans sa vie : de son prof de théâtre (et son assistant), son coach de rugby, son autre grande passion, à celui qui l’a embauché à l’issue de sa formation, etc. Quatorze personnages, hommes, femmes, hauts en couleurs, qui ont contribué à bâtir celui qu’il est devenu. Jusqu’à l’interprétation de son père, dont il appréhendait la réaction à l’annonce de sa décision, mais qui s’avèrera finalement très compréhensif et sage. L’important dans la vie est de faire ce qui nous rend heureux. Émouvant.

L’écriture est maitrisée, les vannes très drôles, à l’occasion peut-être un peu scabreuses. Fouad n’économise pas son énergie. Il chante, danse, fait des claquettes, bref possède de nombreuses qualités, que nous espérons retrouver dans des registres autres que le spectacle d’humour, voire dans son registre théâtral personnel, puisque l’écriture fait aussi partie de ses passions.

Bravo en tout cas pour cette excellente prestation, servie dans des conditions redoutables, qui m’a remplie de bonne humeur pour la soirée !

 

Cathy de Toledo

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25 juillet 2021 7 25 /07 /juillet /2021 09:00
DP Thélonius et Lola

DP Thélonius et Lola

Spectacle coproduit par la Cie Cabotine – Cie Zabou Breitman, coproduction déléguée Maison de la culture d’Amiens (80), vu au Théâtre du Chêne noir, le 20 juillet 2021 à 10 h. Dans le cadre du Festival OFF d'Avignon, du 7 au 31 juillet 2021. 
 

Auteur : Serge Kribus

Adaptation et Mise en scène  Zabou Breitman  

Interprète(s) :  Sarah Brannens, Charly Fournier

Costumes : Zabou Breitman et Bertrand Sachy

Scénographie : Salma Bordes

Composition musicale :  Eric Slabiak

Lumières : Stéphanie Daniel

Genre : théâtre  

Public :  à partir de 8 ans

Durée : 1 h

 

Thélonius et Lola, c’est l’histoire d’une fille qui rencontre un chien, un chien qui chante, et qui parle chien, chat, français….  C’est un conte de Serge Kribus, né en Belgique en 1962, auteur prolifique, comédien et acteur de cinéma.

 

Lola, dans son ciré jaune, se présente. Elle a huit ans, huit ans et… demie ! Elle a décidé de nous raconter l’histoire de son incroyable rencontre avec Thélonius.

Un jour où elle devait se rendre chez sa tante qui l’aide à faire ses devoirs, elle décide de plutôt vagabonder dans les rues. Elle a la surprise de croiser le chemin d’un chien qui chante et danse au milieu de la rue ! Curieuse, elle engage le dialogue. Lola et Thélonius se comprennent, même s’ils ne semblent pas a priori, parler le même langage, et ils deviennent bien vite amis. Lola apprend aisément la « grammaire du poil » et Thélonius, animal très doué, parle déjà français. 

Thélonius a pour ambition de se lancer dans une carrière d’auteur, compositeur, interprète, mais quel producteur va signer un contrat avec un chien ? D’autant plus qu’une loi vient d’être votée condamnant les chiens sans collier, responsables de tous les maux du pays, à l’expulsion. Ce qui contraint Thélonius à se cacher… Il a certes des maîtres, mais il s’est enfui, car il était maltraité et vit désormais dans la clandestinité. Thélonius souhaite partir en Angleterre, et Lola décide d’aider son ami et de l’accompagner dans sa fuite…

Les deux comédiens se fondent dans la peau des personnages, Sarah Brannens toute menue, tout à fait crédible en petite fille de 8 ans (et demie !) au caractère bien trempé, et Charly Fournier plus vrai que nature en bon gros toutou, affublé d’une casquette de trappeur avec cache-oreilles qui donne l’illusion parfaite d’une tête de Saint Hubert.

Zabou Breitman nous offre une mise en scène délicate et épurée, qui met l’accent sur les personnages. À jardin, une simple bouche d’égout et un soupirail, la cache de Thélonius. Seuls accessoires, la carriole de vagabond de Thélonius, qui transporte tout son bric-à-brac, y compris un micro-ondes. L’écran en fond de scène sera le support d’images d’immeubles, fenêtres éclairées la nuit, devant lesquelles Thélonius et Lola se prennent à rêver, installés côte à côte sur une branche d’arbre. 

Lorsque la douce lumière qui enveloppe l’espace scénique laisse place un moment au noir total, ce sont juste deux paires d’yeux qui évoluent sur l’écran, les yeux de Thélonius et Lola réfugiés dans l’égout. Épisode amusant qui rappelle les cartoons, qui a beaucoup plu au tout jeune public !

La création musicale du violoniste Éric Slabiak inspirée des musiques d’Europe de l’Est, apporte joie et dynamisme à ce conte rempli d’humanité, qui évoque les injustices, l’intolérance, les différences, sans aucun didactisme, l’air de ne pas y toucher. Le texte, porté par la mise en scène et le jeu précis et plein d’énergie des comédiens, propose ainsi plusieurs niveaux de lecture, ce qui en fait un vrai spectacle tout public, propre à ravir tant les grands que les petits.

Un magnifique spectacle à ne pas rater.

 

Cathy de Toledo

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24 juillet 2021 6 24 /07 /juillet /2021 13:23
PAN !
PAN !

Spectacle de la Compagnie Darius (75), vu au théâtre La Scierie le vendredi 23 juillet à 17 h 20. Dans le cadre du Festival Off d'Avignon du 7 au 31 juillet 2021.

 

Mise en scène : Florian Sitbon

Interprétation : G.d'Arbessier Cadot, I. Badnjar, M.C Bury, C.Drzewuski, L. Ducornoy, P. Fournier, C. Nivet, C.Otayek, J. Ottavi, T. Schneider, L.Schwartz

Genre : Théâtre contemporain

Durée : 1 heure 45

Public : adulte

 

Le petit Ralf Pan est un monstre. Et il le sait. Ses parents protègent leur enfant-roi, si doué pour son âge qu'il a déjà éliminé sa sœur jumelle, sans intérêt, dans l'utérus de sa maman...

Arrivé pour retourner le monde et le sortir de sa paralysie, il nous assène dès son plus jeune âge quelques pensées très déplaisantes pour forcer l'entrée dans nos consciences endormies. On frôle l'absurde sans complaisance, quelques tirades aussi longues que percutantes, nous font réfléchir sur la résistance au politiquement correct, et ça fait du bien !

Pan, avec toutes ses qualités de petit dictateur, nous abreuvera de son machisme, de son manque total d'empathie pour le genre humain, de son égoïsme et de son désir de pouvoir inébranlable. Il a de grands projets et ne tolèrera aucun obstacle sur sa route. Sous couvert d'un concours pour Miss Univers qu'il organise, il dénonce les dérives de la politique contemporaine : il tire sur tout ce qui bouge.

Les comédiens sont très dynamiques et convaincants, se partageant tour à tour le rôle de Pan, le texte est très fourni et la dynamique fonctionne bien.

Un spectacle qui donne à réfléchir sur notre société et sur les petits dictateurs qui pourraient prendre le pouvoir si nous n'y prenions pas garde. À moins que … non, ce n'est pas déjà fait.

 

Evelyne Karam

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24 juillet 2021 6 24 /07 /juillet /2021 13:19
Une vie sur mesure
Une vie sur mesure

Spectacle de la Compagnie Scènes plurielles (31), vu au théâtre des Gémeaux le vendredi 23 juillet à 10 h. Dans le cadre du Festival Off d'Avignon du 7 au 31 juillet 2021.

 

Mise en scène : Stéphane Battle

Interprétation : Pierre Martin

Genre : Théâtre musical

Durée : 1 h 20

Public :  à partir de 7 ans

 

Adrien Lepage, enfant, n'était déjà pas conforme, pas aux normes : jouer au foot, draguer les filles, se bagarrer, avoir des copains, travailler à l'école... Des devoirs très abstraits pour ce garçon qui n'a qu'une idée en tête : taper.

En rythme. Sur son corps, sur des fûts, et sur une batterie lorsque ses parents accepteront (enfin) de lui en offrir une, au prix de nombreux sacrifices qu'Adrien aura fait pour l'obtenir. Est-il doué pour l'instrument, ce presque autiste qui vit dans son monde imaginaire et musical ? Nourri des disques de sa grand-mère oubliés dans une malle, il se formera en dilettante et atteindra des sommets de virtuosité.

Ce musicien-acteur nous présente un one-man show époustouflant de perfection, agrémenté d'un texte souvent très drôle et vraiment bien écrit. Aucune fausse note dans ce spectacle qui donne envie de se trémousser sur son siège tant la batterie est prodigieuse sous les doigts d'Adrien. Une puissance de partage et d'émotion rarement atteinte. L'artiste, d'une vingtaine d'années, est beau de naïveté et de talent. Il nous présente un concentré d'humanité, fort de sa différence, et traversera les aléas de sa vie avec un optimisme indestructible. Même entravé, même sans batterie, il continuera de frapper en rythme, sa vie n'étant que percussion et mélodie...

Excellent spectacle, une pépite à ne pas rater.

 

Evelyne Karam

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24 juillet 2021 6 24 /07 /juillet /2021 12:30
Le goût des olives
Le goût des olives

Spectacle de la Compagnie lyrique Minute Papillon (92), vu au théâtre La Luna le jeudi 22 juillet à 15 h dans le cadre du Festival Off d'Avignon du 7 au 31 juillet 2021.

 

Mise en scène : Violaine Fournier

Interprétation : Dima Bawab, Rebecca Vereijken, Yousef Zayed, Stéphane Diarra, Sarah Jacob et Anna Fradet

Genre : Théâtre contemporain

Durée : 1 heure

Public : à partir de 7 ans

 

C'est l'histoire de la migration, racontée avec toute la poésie dont sont capables des artistes habitués à présenter des spectacles pour enfants.

Et ils peuvent se passer de mots pour exprimer les sentiments ressentis par les hommes : peur, joie, tristesse, partage, échange... C'est en ouvrant une vieille malle qu'une jeune fille va découvrir divers objets témoins de l'immigration vécue par ses ancêtres. Elle va donc revivre leurs voyages. Les ombres chinoises et les vidéos vont nous guider dans ce voyage initiatique.

Entre le déracinement et l'enracinement, il faudra partir, traverser, arriver, s'adapter et enfin construire. Du voyage dangereux, aux boulots précaires, mais aussi aux rencontres et aux mariages heureux, ce sont toutes ces embûches et leçons de vie que racontent en musique, en postures, quasiment sans paroles et avec beaucoup de poésie une circassienne, une soprano de haut niveau, une violoncelliste émouvante et un joueur de oud percussionniste

Un très joli moment de théâtre, une réflexion sur l'exil qui peut être vue par les enfants et les parents sans hésitation.

 

Evelyne Karam

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24 juillet 2021 6 24 /07 /juillet /2021 12:22

 Spectacle de la compagnie Thespis (69), vu à la Factory - salle Tomasi – le 21 juillet 2021 à 20 h 10. Dans le cadre du Festival OFF d'Avignon du 7 au 31 juillet 2021.

 

Mise en scène : Thai-Son Richardier

Interprète(s) : Amandine Barbier, Titouan Bodin, Loic Bonnet, Benoit Ferrand, Mellie Melzassard

Genre : Théâtre

Public : à partir de 14 ans

Durée : 1 h 30

 

Croisé en parade et intrigué par le titre et le sujet, je suis allé découvrir ce spectacle avec un poil de curiosité, traitant de nos solitudes contemporaines et non d’une histoire de science-fiction.

C’est une invitation à un voyage sans retour vers Mars qui nous est faites, comme une illustration de l’apothéose de la solitude. Ce fil rouge vers la planète rouge ne sera que le fil conducteur du spectacle, entrecoupés de scènes toniques et drôles, dépeignant les différents visages de nos déserts affectifs.

À chaque fois, un noir scène, pour permettre un changement rapide de décors – quelques accessoires seulement - et nous emmener dans un nouvel univers, autour d’histoires improbables, à la fois touchantes et drôles. C'est rythmé et donne une énergie particulière à l'ensemble. On y croisera la solitude portée par les préjugés, à travers une scène où des migrants sont formés par une employée de Pôle Emploi pour être auxiliaire de vie, et s’occuper de l’isolement de nos vieillards en fin de vie. Ou celles portées par la misère sexuelle et affective et où l’amour tarifé et virtuel doit compenser nos manques en tout genre. La solitude face au regard des autres ou dans le travail sont également abordées, toujours sur le même principe de scènes ponctuelles et juxtaposées les unes aux autres. Ce soir Titouan Bodin dans le personnage de Fabrice, un employé névrosé en conflit avec ses collègues de travail, m’a fait hurler de rire.

J’ai ainsi pu découvrir le travail de cette compagnie lyonnaise avec un grand plaisir et apprécier le jeu de ces jeunes comédiens plein de talents. On les sent complices, plein d’enthousiasme et cela fait plaisir à voir, tout en traitant d’une façon originale et drôle une question qui ne l’est pas.

 

Eric Jalabert 

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24 juillet 2021 6 24 /07 /juillet /2021 11:12
Crédit : Arthur Péquin

Crédit : Arthur Péquin

No Way, Veronica

Spectacle de la Compagnie La Spirale (57), vu au théâtre 11 à Avignon le 14 juillet 2021 à 15 h 15. Dans le cadre du Festival OFF d'Avignon du 7 au 31 juillet.

Auteur : Armando Llamas

Metteur en scène : Jean Boillot

Interprètes : Isabelle Ronayette, Jean-Christophe Quenon, Philippe Lardaud, Hervé Rigaud

Création musicale : David Jisse

Lumières : Ivan Mathis

Sonographie : Christophe Hauser

Costumes : Pauline Pô

Régie générale : Perceval Sanchez

Durée : 1 h 10

Genre : Théâtre musical

Public : à partir de 12 ans.

No way Véronica ! Pas moyen, pas possible, pas négociable : la vamp Veronica ne pénétrera pas la base scientifique subantarctique, peuplée de mâles grégaires virilistes. Quoiqu’il en faut plus pour décourager la bête, qui emploiera le temps de la représentation à chercher par tous les moyens à s'immiscer dans le masculin gynécée...

Empruntant aux genres de l'horreur, de l'érotisme et du fantastique, cette parodie de The Thing s'ingénue à travestir nos freudiens désirs en situations cocasses. À travers cette femme face à des hommes, ce sont des archétypes de genre qui se confrontent et se fantasment mutuellement : la féminité castratrice et délurée, assoiffée de sexe, contre une virilité guerrière, punitive et phallocentrée. No way Veronica, une démonstration sociologique sur la guerre des genres ?

Pas que. Une comédie, avant tout, dont l'humour est fondé sur le travestissement. Celui des quatre comédiens et comédiennes, incarnant tour à tour femme et hommes en dépit de leur genre sans lésiner sur les représentations exacerbées. Celui de Véronica, se glissant dans mille peaux pour montrer patte blanche de panthère des neiges et duper ses désirés détracteurs (Véronica peut tout être, alors, méfiez-vous des ardeurs de votre chien). Le jeu des métamorphoses de costumes et de voix, accompagné du beau travail de composition sonore de David Jisse, est mené au cordeau. Mais c'est sans doute au niveau des représentations du genre que le travestissement agit avec le plus d'intelligence. Le stéréotype des femmes multiples prisonnières et protégées par le gynécée des attaques du mâle guerrier, est ici renversé. C'est ici l'hermine qui traque les ours jusque dans leur tanière, les harcèle, les désire, les fait bientôt céder.

Au feu la banquise ! No Way Veronica nous emporte dans une performance résolument queer, drag, rock et délicieusement subversive.

Mathieu Flamens

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