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  • Le blog VivantMag vous offre une veille artistique régulière sur les créations de spectacles vivant en France. Il est destiné aux programmateurs réguliers ou occasionnels, aux compagnies, mais aussi aux spectateurs. Le blog est édité par l'association Adadiff Casi, dédié au spectacle vivant et à la médiation culturelle. Si vous souhaitez nous rejoindre pour chroniquer des spectacles, vous pouvez nous contacter sur le site ou par mail à contact@vivantmag.fr
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Couv-cata2010 WebBonjour et bienvenue sur le blog de Vivantmag.
Vous y trouverez l'ensemble des commentaires de nos correspondants sur les spectacles qui ont été vus. Ce service est en ligne en accès libre depuis février 2007.
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Découvrez sur le site www.vivantmag.fr, le catalogue des spectacles repérés... et l'ensemble des services de l'Association d'Aide à la Diffusion Interrégionale du Spectacle Vivant, l'AdAdiff.
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Avec plus de 1.200 spectacles commentés sur ce blog, les correspondants Vivantmag - AdAdiff, ne se posent pas en censeur du spectacle, loin de là. Nous souhaitons seulement faire partager un point de vue, forcément subjectif, sur les spectacles que nous voyons. Chaque retour de spectacle est ouvert à vos propres commentaires, et n'hésitez pas à en laisser car ils enrichissent ce travail d'échange et de partage d'informations.
Pour faciliter la lecture des spectacles, nous mettons désormais en place un picto permettant de donner notre avis général sur le spectacle. En voici le détail :
Décevant
Moyen
Pas mal...
Bien !
On adore !!! 

les spectacles du Off 2014

Découvrez tous les spectacles commentés par les correspondants de Vivantmag, et présents sur le Off 2014 d'Avignon. Certains ont été vus à leur création, en salle ou sur d'autres festivals, ou sur des précédentes éditions du Off. Grâce à un travail de veille artistique tout au long de l'année, l'Adadiff met à votre disposition son équipe de correspondants et vous permet de disposer d'un regard extérieur et indépendant pour faciliter votre choix. Commentaires ici...

15 septembre 2019 7 15 /09 /septembre /2019 21:22
La fin de l'homme rouge
La fin de l'homme rouge

Un spectacle produit par la Criée, Théâtre National de Marseille(13) et vu le 14 septembre 2019 au Théâtre des Bouffes du Nord (Paris X°)

Texte : d’après Svletania Alexievich

Mise en scène et adaptation : Emmanuel Mérieu

Comédiens et musiciens : Stéphane Balmino, Evelyne Didi, Xavier Gallais, Anouk Grinberg, Jérôme Kircher, Maud Wyler, André Wilms et la voix de Catherine Hiegel

Genre : théâtre  

Public : adulte

Durée : 1H50

Je ne suis pas férue d’adaptation. Mais d’emblée, il m’a semblé que « La fin de l’homme rouge » de Svletana Alexievitch pouvait fort bien s’y prêter. C’est donc plein d’attentes que je suis allée aux Bouffes du Nord pour inaugurer une saison théâtrale prometteuse.

Prix Nobel de littérature en 2015, Svletana Alexievitch a parcouru l’ex-empire soviétique et enregistré des centaines de témoignages pour faire entendre la voix des témoins brisés de l’époque soviétique, voix de ceux qui ont cru qu’un jour « ceux qui ne sont rien deviendraient tout » et sont aujourd’hui, dans le capitalisme sauvagement triomphant, orphelins d’une utopie.

Les voix surgissent d’un champ de ruine. En avant-scène, des lattes de bois et une carcasse de voiture sont ensevelies sous des monceaux de sable. Sur la scène de béton brut jonchent un fatras indéfini et un micro. Fenêtres sales et taguées à jardin, allemande brun-kaki au mur décrépi et qui fera office d’écran de projection complètent l’ensemble. Mais à part l’allemande et le micro, le décor est totalement accessoire et surligne, à mon sens, inutilement, les témoignages.

Six témoignages ont été sélectionnés dont un est extrait, sauf erreur de ma part, d’un autre ouvrage de Svletana Alexievitch, « la Supplication, Tchernobyl, chronique du monde après l’apocalypse ». Les comédiens montent tour à tour sur scène, souvent depuis la salle, se campent devant le micro et entonnent leur récit. Impossible de rester indifférent devant ces tranches de vie élevées dans la foi « du sacrifice héroïque » et qui ont du apprendre  ce qu’était « l’homme qu’on extrait de l’homme jusqu’à la dernière goutte ». Les récits sont en eux-mêmes, comme dans le livre, insoutenables. L’intensité émotionnelle de trois comédiens –Anouk Grinberg, Jérôme Kircher et Xavier Gallais- nous fait appréhender l’indicible. La prestation de ces deux derniers est magnifiée par leur visage projeté en gros plan tandis qu’ils racontent. Les trois autres récits demandent encore à être rodés au risque de laisser la musique d’arrière-fond devenir franchement envahissante : les petits problèmes techniques qui ont retardé la représentation de vingt minutes sont peut-être à l’origine de maints accrocs et d’une moindre incarnation.

Il fallait relever le défi de sélectionner six témoignages parmi les centaines qui composent le livre de Svletana Alexievitch pour les porter sur scène. Le pari est si encourageant que j’aimerais volontiers en entendre d’autres.

 

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31 juillet 2019 3 31 /07 /juillet /2019 20:44
Marcelle dans les z'airs
Marcelle dans les z'airs

Spectacle de la Compagnie Canon (75) vu le 26 juillet 2019 à 16h à l’Atelier Florentin dans le cadre du festival Off d’Avignon, du 9 au 28 juillet 2019.

 

De et par : Karine Larivière

Musique : Oscar Aubry

Voix de la fée : Leila Maguez

Lumière : François Leneveu

Genre : Solo Clownesque
Public : En famille à partir de 3 ans
Durée : 50 mn

 

 

Arrivée de la clown Marcelle au milieu du public, qui se fait rappeler à l’ordre par la voix (Voix Off) de la fée Mélodie pour l’inviter à la rejoindre sur le plateau pour l’aider. Un décor minimaliste mais laissant déjà l’imagination vagabonder sur ses évolutions possibles et des effets sonores bien trouvés pour accompagner l’histoire.

La fée Mélodie, fée de la musique, a besoin de Marcelle pour l’aider à retrouver de l’inspiration. Pour cela, Marcelle doit lui offrir un voyage dans les airs, et lui laisse trois chances. En cas d’échec, la sanction sera sévère ! Une fée qui se montre un peu dirigiste. J’ai crains le pire quelques secondes, et puis je me suis laissé emporter par le très joli jeu de la comédienne.

Marcelle est pleine de vie et d’imagination. La musique ? Elle chante comme une casserole ! Elle, ce qu’elle veut, c’est voler ! Alors finalement, s’envoler dans les airs, ce n’est pas si loin. Elle trouve de belles idées autour des notes et des objets pour relever le défi de Mélodie. Du poulpe géant à la guirlande de brosse à dents, du mur de sons au parapluie à notes, elle joue avec les sonorités de façon amusante et originale et nous propose une belle étendue de ses savoirs faire. Tour à tour, nageuse, aviatrice, chanteuse (!), claquettiste, elle est sous la pluie ou dans les airs, toujours accompagnée d’une ambiance sonore qui fonctionne à merveille, mêlant clown et poésie.

Je me suis complètement laissé séduire par cette proposition à la fois simple et très bien calée.

A découvrir et à faire partager.

 

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31 juillet 2019 3 31 /07 /juillet /2019 14:58
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Spectacle de Marien Guillé (13) vu le 24 juillet 2019 à 17h50 à la Maison de la parole dans le cadre du festival Off d’Avignon, du 9 au 24 juillet 2019.

 

Auteur et interprète : Marien Guillé

Genre : théâtre – seul en scène
Public : Tout public à partir de 8 ans
Durée : 1h15

 

Seul sur la minuscule scène de la maison de la parole, dans une salle bondée, Marien nous raconte le périple de sa vie de Franco-Indien et nous amène l’Inde à nos pieds, comme si nous étions. Le public, si nombreux que certains se sont installés sur la scène, apporte ainsi une dimension supplémentaire à ce récit réaliste.

 

Simplement, il nous raconte.

Avec son allure d’indien des Indes, sari jaune et regard bienveillant, il nous parle de la quête des origines. Il nous entraîne « dans le grand bordel de l’Inde » avec son milliard et demi d’habitants pour aller à la recherche de son père, mort alors qu’il avait 6 ans et dont il ne sait rien.

Je ne vais pas vous raconter son histoire – lui le fait si bien-. Mais elle m’a emportée par son ton si personnel et touchant et en même temps qu'elle me rappelait ces projections de « Connaissance du Monde » qui permettaient de découvrir le monde. C’est bien évidement sa vraie vie qu’il joue sur scène, à quelques mètres à peine de son public. Il y mêle des moments intimes et forts, des commentaires drôlatiques et des interrogations sur son parcours, sur cette culture indienne et sur l’histoire « un peu » particulière de son père. Quelques voix off viennent ponctuer son récit, et Marien sait laisser des moments de silence, des respirations dans cette histoire dense, intense, qui s’accélère ou se ralentit au rythme de ses rencontres.

Une très belle découverte pour un chouette spectacle qui tourne depuis peu mais rencontre un vrai succès, jouant en appartement comme dans des salles de 500 personnes. Un garçon attachant, avec qui nous avons bu un verre (c’était sa dernière à Avignon) et pu échanger sur son parcours et ses questionnements.

 

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30 juillet 2019 2 30 /07 /juillet /2019 19:07
Credit photo : Stephanie Benedicto

Credit photo : Stephanie Benedicto

Ensemble

Spectacle de la Cie Carrozone Teatro (75), vu le 23 Juillet à 17h au théâtre du Chêne Noir  dans le cadre d’Avignon OFF 2019. Du 5 au 28 Juillet 2019 (Relâche le 10, 17 et 24 juillet)

Texte et mise en scène : Fabio Marra
Interprétation : Fabio Marra, Catherine Arditi, Sonia Palau, Floriane Vincent
Genre : comédie familiale

Tout public à partir de 8 ans
Durée : 1h30


     Qu'est-ce que ca veut dire, être ensemble sans être simplement des individus côte à côte ? Être ensemble comme dans une famille normale ? D'ailleurs c'est quoi une famille normale ? Voilà quelques unes des questions auxquelles Isabella, Miquele et Sandra sont confrontés dans cette savoureuse comédie familiale.

       Ils sont quatre : Isabella (une mère courage comme on n'en trouve que dans La promesse de l'aube), Miquele, le fils  handicapé mental au naturel confondant, Sandra, la fille "qui a réussi" dans la téléphonie mobile mais sans passer un seul coup de fil à sa mère pendant dix ans et Claudia, une auxiliaire de vie proche de la famille. Ils débordent tous de tendresse... mais chacun ne le montre pas de la même manière. Ainsi, lorsque Sandra revient après dix ans d'absence pour annoncer à sa mère qu'elle se marie mais qu'elle ne veut pas de son frère à la cérémonie "parce qu'il n'est pas normal", l'ambiance est plutôt froide !
        Ce n'est pas un documentaire moralisateur sur le handicap ni un terrible drame familial comme une pièce de Lagarce, ni un gras vaudeville. Ici, la parole n'est pas condamnée à rester coincée dans l'oesophage ou à se déverser sur le plateau sans interruption et sans pudeur. C'est avant tout une magnifique photo de famille, fine et sincère. L'entente est difficile, les revendications serrent la gorge et les coudes sur scène ou dans le public - toujours plein à craquer ! On retrouve des couleurs pastels dans le décor (intérieur appartement parisien une pièce), sur le visage et dans les voix. Les comédiens réalisent la prouesse de conjuguer une grande douceur avec une énergie phénoménale. On rit, on pleure, on sourit, on recommence... Et sans temps mort pendant une heure trente ! Catherine Arditi est particulièrement touchante dans le rôle de cette mère qui n'est pas sans défauts mais jamais sans amour, que ses enfants soient ordinaires ou exceptionnels, qu'ils lui rendent son affection ou pas.
        Cette pièce est une perle rare du off 2019 et mon coup de coeur de la saison tant pour le texte que pour le jeu. Allez-y les yeux fermés, vous ressortirez le sourire aux lèvres !

 

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28 juillet 2019 7 28 /07 /juillet /2019 18:54
Crédit photo : LEDROIT-PERRIN

Crédit photo : LEDROIT-PERRIN

Mangez-le si vous voulez

Spectacle du f.o.u.i.c. (75), vu le 21 Juillet à 11h50 au théâtre des Gémeaux dans le cadre d’Avignon OFF 2019. Du 5 au 28 Juillet 2019 (Relâche le 10, 17 et 24 juillet)

Texte : Jean Teulé, adapté par Jean-Christophe Dollé
Mise-en-scène : Clotilde Morgiève et Jean-Christophe Dollé
Interprétation : Jean-Christophe Dollé, Clotilde Morgiève, Julien Derivaz, Mehdi Bourayou, Laurent Guillet ou Noé Dollé
Genre : spectacle électro-rock et culinaire

Tout public à partir de 12 ans
Durée : 1h25


       16 août 1870 à Hautefaye. En une seule journée, Alain de Monéys passe de voisin à Prussien, d'allié à ennemi, de fils de maire à bouc émissaire, de vie à trépas et du bûcher à l'assiette... Préparez-vous à un terrifiante hystérie collective inspirée de faits réels !

        Adapté du roman à succès de Jean Teulé, Mangez-le si vous voulez est un spectacle total mêlant la narration, la musique, la pantomime, les décors amovibles et les odeurs de viande grillée... On en prend plein les yeux, les oreilles et le nez ! Côté jardin, une cuisine toute équipée des années 50 habitée par une ménagère modèle - la merveilleuse Clotilde Morgiève. Tout est rose et blond, ca sent le propre et le kitsch. Côté cour, des outsiders musiciens se sont armés de basse, de batterie et d'adaptateur pour transposer cette foule meurtrière dans la salle. Au centre, nous retrouvons l'excellent Jean-Christophe Dollé dans le rôle du fringant Alain de Monéys.
        Jeune et fringant, oui, mais plus pour longtemps ! Dès le lever de rideau le drame est annoncé, dans les sourires crispés de la ménagère ou dans les exclamations trop guillerettes d'Alain de Monéys. Ce 16 août il fait trop beau, trop chaud et trop routinier pour que les choses se passent normalement à Hautefaye. Nous, la foule, avons besoin de nous déchaîner sur une victime innocente. C'est la purgation de toutes les passions, c'est la grande bacchanale qui précède la honte, c'est la foule qui guérit d'elle-même en sacrifiant son bouc émissaire.
         Mais comment représenter ce spectacle monstrueux sur scène ? Rassurez-vous, ce n'est pas une pièce gore où vous recevrez des giclures de sang au visage. Ici tout est délicieusement suggéré avec une pointe de cynisme et de tabasco. Un grand coup de hachoir dans les tomates, une porte qui claque comme un couperet, des coups dans les cymbales, quelques lumières psychédéliques et vous voici au coeur vicié du drame. C'est la scénographie qui détruit et dévore votre serviteur sans en perdre une miette.
        Je me surprend parfois à m'agripper au fauteuil ou à saliver au fumet de la cuisine. Comme dans une tragédie antique, je suis plongé au coeur de cet enfer et je dois dire que la bestialité est fascinante. Mais est-ce le comportement des agresseurs ou la torture d'Alain qui nous intéresse tant ? Il s'agirait de ne pas répondre trop vite. Le f.o.u.i.c. recrée ici un spectacle qui a déjà eu lieu ; le public a-t-il radicalement changé ? Les braves villageois de la Hautefaye avaient si vite fait d'Alain de Monéys un représentant du Mal... Gardons-nous d'en faire de même avec eux.
         Ce spectacle électro-rock et culinaire fascine et torture. Courez-y, assistez au massacre avec enthousiasme, et mangez-le si vous voulez !
 

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28 juillet 2019 7 28 /07 /juillet /2019 14:12
Bobines et flacons
Bobines et flacons

Bobines et flacons, de la compagnie Artiflette (38) vu le 24 juillet 2019 à 14h15 à la Maison du Théâtr pour enfants dans le cadre du festival Off d’Avignon, du 9 au 26 juillet 2019.

Création collective  :

Mise en scène : Hélène Grange

Avec : Myriam Vienot et Charlotte Boiveau

Genre : théâtre généreux
Public : Jeune public à partir de 3 ans
Durée : 50 mn

J’ai déjà vu plusieurs spectacles de la compagnie Artiflette (38) que nous suivons depuis une dizaine d’année et j’étais curieux de découvrir ce spectacle pour les tout petits, une première pour la compagnie. Accueillis à Monclar, dans la cadre du Festival Theâtr’enfants, organisé par Eveil Artistique, scène conventionnée Art, enfance et jeunesse.

On entre dans la boutique de Mme Lucette, pleine de flacons aux couleurs chatoyantes et de bobines colorées . C’est gai, accueillant et généreux visuellement. Les petits, arrivés d’un centre aéré voisin, écarquillent les yeux.

Mme Lucette nous accueille avec gentillesse en faisant le ménage dans la boutique. Chaque flacon contient une chanson ou une chansonnette, et Mme Lucette veille bien à ce que les flacons soient toujours remplis.

Marie Renée, l’araignée à 8 pattes, tisse habilement sa toile dans la boutique et apporte un vent de folie dans cette maison bien rangée. Embauchée comme assistante, la voilà qui met son grain de sel dans la jolie boutique. Une histoire simple, pour le plaisir.

Comme à son habitude, la compagnie offre avec générosité l’esprit du cabaret en format de poche : l’araignée marche sur un fil, Lucette chante et joue de l’accordéon avec une grande douceur , Marie Renée se contorsionne, le fil se transforme en castelet pour accueillir une séquence marionnettes, puis en écran pour des ombres projetées.

Le public participe, et comme moi, se laisse entraîner par ce mini feu d’artifice et de formes artistiques. C’est généreux et riche, et l’occasion de belles découvertes et de nouvelles sensations pour les tout petits. D’autres versions un peu plus courtes existent pour les encore plus petits, à partir de 1 an.

Pari réussi pour ce joli spectacle !

 

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28 juillet 2019 7 28 /07 /juillet /2019 14:00
Qui fuis-je?
Qui fuis-je?

Un spectacle de Matthieu Penchinat (34)  vu le 23 juillet 2019 à 21h au théâtre des brunes, dans le cadre du festival Off d’Avignon, du 9 au 28 juillet 2019.

De et avec : Matthieu Penchinat,

Mise en scène : Gil Lefeuvre

Genre : Stand Up
Public : Tout public à partir de 10 ans
Durée : 1h00

J’avais croisé Matthieu ( qui joue dans « Fourberies » à l’Adresse) pendant le festival et c’était l’occasion de découvrir son seul en scène, qui connaît un joli succès à Paris depuis quelques mois et qui jouait pour trois dates uniques à Avignon. Ce dernier soir, c’est complet aux brunes.

Seul en scène, Mathieu perdu dans ses pensées nous attends sur scène et se présente : il se lance dans le « stand up ». Façon Gad Elmaleh dans les premières secondes (Etait ce fait exprés ? Sinon, y’a peut être un truc à creuser là...) Il veut enfin être lui même et venir parler avec son public, avec nous. Car, il nous le confie, il se laisse trop souvent envahir par ses propres personnages…Il se fait dépasser, submerger, irradier, posséder.

Alors, oui il choisit le stand up pour se présenter en tant que "lui même". Une belle entrée en matière pour parler de lui et nous montrer à voir. Ce gars là, à une silhouette et une allure de danseur tatiesque ( C’est pas pour rien que Philippe Decouflé l’a découvert.) Avec drôlerie et tendresse, alternant silences et débits vocaux impressionnants, mimiques corporelles et jeu théâtral, Poisson marteau et Poisson clown, Matthieu Penchinat nous offre une belle étendue de son art. Et son art est large et riche, varié et imaginatif. Quand il se fait agresser par certains de ses personnages, (comme avec le personnage du sketch d’après ! ), ou quand il se lance dans ses expressions distordus et surprenantes, son imagination vient ouvrir ses portes en grand et j’aime ca.

Nous ne sommes pas dans le spectacle calibré à l’humour calé toutes les 27 secondes. Nous sommes sur une forme d’humour qui peut vous toucher comme vous passer largement au dessus de la tête.

Pour ma part, je suis touché.

 

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27 juillet 2019 6 27 /07 /juillet /2019 16:13
Programme OFF 2019

Programme OFF 2019

Je vole... et le reste je le dirai aux ombres

Photo : Stéphane Sayeb

Spectacle du f.o.u.i.c (75), vu le 21 Juillet à 10h au théâtre des Gémeaux dans le cadre d’Avignon OFF 2019. Du 5 au 28 Juillet 2019 (Relâche le 10, 17 et 24 juillet)

Texte : Jean-Christophe Dollé
Mise-en-scène : Clotilde Morgiève et Jean-Christophe Dollé assistés de Leïla Moguez
Interprétation : Jean-Christophe Dollé, Julien Derivaz, Clotilde Morgiève et les voix de Félicien Juttner et Nina Cauchard
Genre : Drame
Tout public à partir de 12 ans
Durée : 1h25


       Je vole... et le reste je le dirai aux ombres. Le titre est sombre et l'affiche angoissante. Sur scène, une cabine téléphonique poussiéreuse devant une sorte d'aquarium à taille humaine. Autant d'indices pour un spectacle oppressant, un peu lourd peut-être pour entamer la journée. Détrompez-vous, cette pièce est loin d'être un inerte mur des lamentations !
     Du mouvement dans les corps et du rythme dans les voix pour faire du plateau l'espace des possibles de la mémoire. Des personnages rejouent des scènes de la vie de Richard D. pour tenter de comprendre. Qui est Richard D. ? Qu'a-t'il fait ? Pourquoi avoir agi ainsi ? À quel endroit le mal naît-il ? Comment l'appréhender, l'approcher, le comprendre ? Peut-on le combattre en soi ? Nous croisons le chemin de sa mère, de son professeur de théâtre, d'un inconnu rencontré sur un banc, un jeune du lycée où il est surveillant... Trois personnages reconstituent ces souvenirs dans une affolante course contre la montre, car tout ne dure qu'un instant. L'urgence est latente : nous n'avons droit qu'à une seule seconde de vol et à 1h25 ensemble dans la salle pour tenter de répondre à ces questions.
       L'esthétique présentée est singulière. Ici, les effets spéciaux sont mis au service de la présence en creux de Richard D., sans spectacularisation. Présent uniquement par sa voix, on le voit envoyer valser des objets en l'air lors de ses crises névralgiques. Le temps se suspend, le visage se déforme, les sons s'allongent et s'aggravent... Ce travail est onirique, il est fait de la matière du rêve et du cauchemar. Les images se confondent entre elles et les espoirs doivent jouer des coudes pour se faire une place dans le public.
        Il faut évoquer l'excellence du jeu de Clotilde Morgiève, co-metteuse en scène du spectacle, dont les variations de jeu sont éminemment crédibles. Julien Derivaz et Jean-Christophe Dollé sont eux aussi de très bons comédiens, qui construisent leurs personnages avec vigueur et précision sans caricature. Ce réalisme psychologique nous aide à faire un vrai pas vers Richard D. pour tolérer l'idée - si terrifiante soit-elle - que ce meurtrier n'a d'extraordinaire que son désir absolu de bien.
      Un spectacle moral et esthétique qui bouleverse sans désespérer, à voir absolument !

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27 juillet 2019 6 27 /07 /juillet /2019 00:57
Fourberies
Fourberies

Fourberie(s), de la compagnie d’Henry (81) vu le 22 juillet 2019 à 17h55 à l’Adresse dans le cadre du festival Off d’Avignon, du 9 au 28 juillet 2019.

Auteur : Molière

Mise en scène : Anthony Le Foll

Avec : Matthieu Penchinat, Erwann Valette, Marie Gallot, Anthony Le Foll

Musicien : Aladin Chaboche

Genre : Théâtre
Public : Tout public à partir de 10 ans
Durée : 1h30

Quatre personnages nous accueillent en musique de façon très conviviale alors que nous rentrons dans la salle. Sur le plateau, une scène de 4mX4m , faisant office de podium et décor.

L’un des personnages nous fait une présentation rapide de Monsieur Poquelin et de son œuvre… Ils nous fait un rapide résumé de la trame des Fourberies de Scapin (Octave, fils d’Argante, s’est épris de Hyacinte, jeune fille pauvre et sans pédigrée, qu’il vient d’épouser alors que son père est parti en voyage et qu’il souhaitait le marier avec une autre. Octave craint les réactions de son père et fait appel à Scapin, valet de Léandre, pour l’aider dans cette affaire…) Bref, une des pièces les plus jouées du répertoireVoilà pour le côté pédagogique.

Les comédiens, habillés de façon contemporaine et utilisant des accessoires pour chacun de leurs personnages, se changent à vue et s’amusent ensemble. Ils virevoltent, dansent, chantent, les hommes jouant des femmes et vice versa, comme pour nous perdre dans l’histoire et nous inciter à porter notre attention sur le jeu décalé, burlesque et clownesque. Un musicien en direct vient illustrer et ponctuer habilement les scènes, complétant l’idée de spectacle complet et multiforme.

C’est drôle, et je me suis laissé porter par cette loufoquerie bienvenue.

 

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26 juillet 2019 5 26 /07 /juillet /2019 21:48
Le théâtre ambulant Chopalovitch
Le théâtre ambulant Chopalovitch

Spectacle de «Compagnie Crack» (75) vu le 23 juillet 2019 à 14h15 au Théâtre Tremplin dans le cadre du festival Off d’Avignon, du 05 au 28 juillet 2019.

Auteur : Ljubomir Simovic

Mise en scène : Muriel Michaux

Avec : Amandine Mornet, Raphaël Craplet, Pierre Blanchet, Romain Cavanna, Viviane du Guiny, Agathe Caillette, Vincent Guillerot, Vladimir Mikovic

Genre : Théâtre
Public : Tout public

Durée : 1 h 10

La pièce "Le théâtre ambulant Chopalovitch" explore la confrontation entre l'autoritarisme, la censure, et le théâtre. Comment continuer à faire vivre l'art quand toute activité non autorisée expressément peut devenir subversive ?

J'ai vu plusieurs fois cette pièce dans sa forme la plus orthodoxe. Le théâtre ambulant Chopalovitch souhaite représenter "Les brigands" de Schiller dans un village de Serbie. Les acteurs et le directeur de la compagnie rencontreront tous les blocages, menaces et intimidations dans un pays régi par la terreur nazie. La mise en scène proposée  ne retient pas l'occupation nazie, mais plutôt l'occupation en général d'un pays par une autorité tyrannique. Les personnages ne sont pas vêtus de costumes spécifiques, mais de tenues impersonnelles. Les acteurs sont en tee-shirts noirs alors que les occupants sont vêtus de costumes stricts. Les changements de costume se font sur scène, les acteurs se tournant dos au public en fond de scène pour s'habiller. Cela permet de conserver un espace toujours occupé. Les rapports sont tendus et froids. L'ambiance générale révèle bien l'inquiétude et le malaise. La terreur apparaît régulièrement sous la forme d'un tortionnaire provocateur. Les personnages sont joués avec sobriété. Ils semblent se mettre en veille de temps en temps,  comme pour se rendre invisibles, ne pas "faire de vague". Je n'ai pas retrouvé le côté burlesque et ironique de la pièce qui fait supporter le tragique. C'est probablement un choix, destiné à privilégier le message principal. A certains moments, les personnages en avant-scène se tournent vers le public pendant que l'action se déroule derrière ou à côté d'eux. Leurs regards sont perdus, les yeux absents. Je pense qu'il y avait là la volonté d'exprimer la dépersonnalisation, car l'acteur ne semble ainsi plus incarner qui que ce soit.

L'essentiel de la dramaturgie est présent, mais je dois avouer que je n'ai pas trouvé tout ce que j'attendais de la pièce. C'est probablement un choix artistique. C'est pour moi une version ou adaptation originale qui offre un seul visage, sombre, fidèle à l'essentiel du message de l'auteur.

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