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  • Le blog VivantMag vous offre une veille artistique régulière sur les créations de spectacles vivant en France. Il est destiné aux programmateurs réguliers ou occasionnels, aux compagnies, mais aussi aux spectateurs. Si vous souhaitez nous rejoindre pour chroniquer des spectacles, vous pouvez nous contacter sur le site.
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Couv-cata2010 WebBonjour et bienvenue sur le blog de Vivantmag.
Vous y trouverez l'ensemble des commentaires de nos correspondants sur les spectacles qui ont été vus. Ce service est en ligne en accès libre depuis février 2007.
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Avec plus de 1.200 spectacles commentés sur ce blog, les correspondants Vivantmag - AdAdiff, ne se posent pas en censeur du spectacle, loin de là. Nous souhaitons seulement faire partager un point de vue, forcément subjectif, sur les spectacles que nous voyons. Chaque retour de spectacle est ouvert à vos propres commentaires, et n'hésitez pas à en laisser car ils enrichissent ce travail d'échange et de partage d'informations.
Pour faciliter la lecture des spectacles, nous mettons désormais en place un picto permettant de donner notre avis général sur le spectacle. En voici le détail :
Décevant
Moyen
Pas mal...
Bien !
On adore !!! 

les spectacles du Off 2014

Découvrez tous les spectacles commentés par les correspondants de Vivantmag, et présents sur le Off 2014 d'Avignon. Certains ont été vus à leur création, en salle ou sur d'autres festivals, ou sur des précédentes éditions du Off. Grâce à un travail de veille artistique tout au long de l'année, l'Adadiff met à votre disposition son équipe de correspondants et vous permet de disposer d'un regard extérieur et indépendant pour faciliter votre choix. Commentaires ici...

22 juillet 2014 2 22 /07 /juillet /2014 19:51

quand-jetais-charles-tristan-jeanne-vales.jpgSpectacle du Préau CDR de Basse-Normandie - Vire. Vu le 19 juillet 2014 au Girasole durant le festival Off d'Avignon


Interprète : Vincent Garanger
Mise en scène : Fabrice Melquiot
Sculptures et masques : Judith Dubois, Christelle Paré
Musique et arrangements : Simon Aeschimann
Lumières : Mickaël Pruneau
Régie son : Frédéric Bühl, Jean-François Renet


VIVANT-3-COEURS-5Durée : 1h25

Public : A partir de 15 ans.

 

 

 

 

Grandeur du looser. Charles fait partie de ces perdants magnifiques chantés par Cohen, capables de se faire croire à leur propre talent les deux pieds dans le vide. Vague représentant en machines agricoles (les « moiss-batt » n'ont pas de secret pour lui), il passe ses soirées au karaoké local, interprétant avec éclat les tubes de son idole, Charles Aznavour. Son statut de star locale, il le dépose aux pieds de Maryse, la femme de sa vie, le sens de sa vie. Mais ce soir, Maryse a décidé de partir voir si l'existence serait plus gaie avec un autre gars. L'occasion pour Charles de se livrer à un chant du cygne aznavourien desespéré, où il va faire le compte de sa vie minable sous les spots minables de sa boîte de nuit. Cracher sur son fils qu'il n'aime pas, évoquer sa rencontre avec un marabout, rencontrer enfin son idole, chercher un peu la bagarre auprès du Dijonnais qui chante un peu trop bien du Michel Fugain, et puis gueuler à tue-tête que la vie sans Maryse est une vie de rien, avec « Les amours démodés » comme hymne.

Sous les traits du grand Vincent Garanger, Charles vous vrille les tripes, d'entrée de jeu. Un simple geste, une voix pleine d'éclat, une façon un peu trop extravertie de proner la beauté des choses, et tout le personnage se dévoile à nous, en quelques gestes, en quelques phrases. Charles passe à côté de sa vie, ayant tout construit sur ses deux passions, sa femme et son idole ; lui, entre les deux, s'est perdu. Et c'est cette errance que l'acteur, pathétique et grandiose, nous donne à sentir. Derrière ce personnage se dévoile toute une province de petites gens, trop petits pour être ce qu'ils voudraient être, trop grands pour tenir entre les quatre murs d'une existence. Il y a quelque chose de bouleversant dans le jeu de l'acteur, qui pourtant ne recule jamais devant la drôlerie, l'excès, le burlesque.

Fabrice Melquiot, auteur de ce texte subtil et frontal, intelligent et sanguin, signe lui-même la mise en scène du spectacle. Il prolonge subtilement la profondeur de la pièce, grâce à un système de jeu de masques qui mettent en valeur la perte d'identité du personnage, sa difficulté à s'accepter soi-même (c'est en endossant son propre masque qu'il finira par se retrouver vraiment), grâce à un jeu de lumière finement dosé, qui nous place entre les spotlights colorés du karaoké et les ombres du protagoniste, grâce à un intelligent traitement du rapport au public. Rare de voir un auteur s'effacer ainsi devant le talent de son acteur, de le voir déposer ainsi son texte comme un cadeau aux pieds du comédien. Cette confiance est payante : Quand j'étais Charles est bouleversant et drôle, triste et ricanant, violent et doux. Modeste et touchant comme une chanson d'Aznavour.

 

Danielle Krupa / www.allez-zou.fr
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22 juillet 2014 2 22 /07 /juillet /2014 16:13

inoffensif-Titre-provisoire.jpgVu le 19 juillet 2014 au Girasole au festival Off d'Avignon. Spectacle de la compagnie La Martingale.

Interprètes : Jérôme Rouger, Patrick Ingueneau
Musique originale et jeu : Patrick Ingueneau
Vidéo : Elisabeth Boisson
Son et régie : Vincent Lauret
Lumières et régie : Cédric Ridouard

  

vivant-3-toiles-4Durée : 1h15

Public : A partir de 12 ans.

 

 

 

Inoffensif [Titre provisoire] est une sorte d’ovni sérieusement drôle et drôlement sérieux qui interroge la société moderne, son évolution, ses mécaniques de spectacle et de langage « maîtrisé ».

Jérôme Rouger aime écrire de manière morcelée, tendre des pièges, s’adresser au public par le biais de ‘’paroles’’ projetées sur un écran et de situations humoristiques plutôt débridées. Il rend tour à tour la parole muette, ou musicale, mais la parole vivante parce qu'elle est lue ou entendue en direct par le public, sur un écran ou en voix off. Et qu’elle piège toutes nos attentes, évidemment. 

Le public s’installe dans la salle, un écran de fond de scène indique qu'aujourd'hui c'est fête, que Zorro doit arriver dans quelques minutes, que Bernardo va le précéder, et qu'en hommage au handicap de Bernardo, le spectacle sera sous-titré.
La situation est décalée. Un spectacle sur Zorro vous dites ? Sous-titré ?

Après un long moment où il ne se passe rien, Bernardo arrive sur scène, et le sous-titrage s'active : "Voici Jérôme Rouger, il est comédien, il est embêté, car il ne sait pas ce qu’il doit faire, ni pourquoi il est là". Surprise et décalage complet. C'est très drôle. On rit. Et ça met tout de suite dans le bain.

A la manière d’un zapping les deux comédiens (Jérôme Rouger est divinement accompagné par le musicien comédien Patrick Ingueneau) vont nous faire vivre diverses situations, tantôt sérieuses, tantôt grotesques, parodiant ainsi tour à tour les mécanismes d'une société économique, culturelle, et politique où la communication règne en permanence avec les mêmes techniques (Show, sondages, effets d’annonces, statistiques, analyses d’experts …)  en plaçant le sérieux sur le même plan que l’absurde, comme une mécanique du spectacle, dans la forme et le fond. On passe d’une conférence économique à une mise en scène théâtrale alambiquée..., la crise fait danser la vie, à moins que ce ne soit l’inverse.

Le spectacle questionne sur l’évolution de notre société en pleine crise, façon collage humoristique, à la manière d'un zapping documentaire absurde et artistique.
Jérôme Rouger explore les frontières entre le théâtre et le documentaire et montre que l'on peut parler de choses sérieuses tout en restant joyeux. 
Peut-être est-ce là une nouvelle arme de réflexion qui n'épargne pas non plus la question de la place de la parole de l'artiste.

 

Danielle Krupa / www.allez-zou.fr

 

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22 juillet 2014 2 22 /07 /juillet /2014 10:49

carriole.jpg

Spectacle d'Aurélien Villard par La Compagnie Les gentils. Vu au festival Off d'Avignon, tous les jours à 19h30 à l'Ecole du spectateur. 

Interprète(s) : Marie De Pauw, Sébastien Depommier, Violette Jullian, Kim Laurent, François Marailhac, Colin Melquiond, Tom Porcher, Doriane Salvucci 
Mise en scène : Aurélien Villard 
Lumières : Alexandre Bazan 
Son : Franck Morel    


 vivant-3-toiles-4Genre : Spectacle musical

Tout public à partir de 6 ans

Durée : 1h10

 


La carriole fantasque de mr Vivaldi est installée dans la cour de l’Ecole du spectateur. Le public est accueilli par la Compagnie des Gentils, 8 comédiens chanteurs, jeunes et beaux. Ils nous dévoilent la scène,  une carriole géante,  de la surface d’un plateau de théâtre. Un salon apparemment fait de bric et de broc constitue le décor faussement bordélique.  C’est impressionnant par la taille et la construction. Les comédiens sortent le cadavre du placard si j’ose dire, en sortant le squelette de Mr Vivaldi d’une armoire, et l’installe confortablement en avant scène pour qu’il profite du spectacle. Ils ont découvert le journal de ce monsieur Vivaldi et chacun durant le spectacle vient en lire un extrait. Il n’y a pas que les chansons qui sont rétros,  c’est tout le spectacle qui est imprégné de la belle époque d’avant guerre. Un pianiste discret et néanmoins efficace les accompagne durant toute la représentation.

Ils ont la fraicheur de leurs âges quand ils chantent à plein poumon « La crise est finie », ils ont aussi la forme physique quand ils chantent tout en dansant le french cancan, en sautant, en rampant. Ce sont de véritables performeurs, à l’aise avec leurs corps comme avec leurs voix joliment travaillées. C’est donc une comédie musicale enjouée, le ton est clairement heureux. Nous assistons à un sketch qui met en scène un spectacle pour enfants, c’est drôle et truffé de petits gags. 

Tout cela est fort joli, très professionnel et bien mené mais à force, c’est un peu trop lisse à mon goût. Au deux tiers du spectacle, ce rythme soutenu finit par me lasser. Je décroche et ne revient jamais vraiment.  Il me semble que d’un point de vue rythmique, ils démarrent très fort au début du spectacle, c’est alors difficile de tenir sur la longueur. Peut être aussi que le scénario est un peu linéaire et le dénouement faible en suspens. Je suis un peu frustrée par l’histoire mais heureuse de découvrir tant d’artistes prometteurs réunis sur la même scène. La compagnie des gentils ?  À suivre...


Marie-Madeleine Pons

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22 juillet 2014 2 22 /07 /juillet /2014 09:57

                                      VIVANT-3-COEURS-5VIVANT-3-COEURS-5VIVANT-3-COEURS-5

1307 spectacles joués aujourd'hui et une furieuse envie de rire ?


spectacle_12276.jpg 15h50 Théâtre des Béliers « Hømåj à la chonson française » avec Blønd and Blond and Blónd

Les trois artistes : Tø, Mår et Glär reviennent en Avignon pour commettre un nouvel hommage à la chanson française. Celle qui a bercé leur enfance suédoise. Celle de Radio Nostalgie. Leur goût en matière de chanson française est, pour notre plus grand bonheur, terriblement tarte. Ils pilonnent allègrement les chansons les plus cons de notre patrimoine avec le talent nécessaire à cet exercice périlleux. Ils reprennent parfois de belles chansons mais d’une manière extrêmement inattendue. Ecriture, jeu d’acteurs-musiciens et mise en scène …Tout y est !

 

parking 18h40. Collège de la salle Gustave Parking.

Si vous ne connaissez pas Gustave Parking, courrez découvrir  cet humoriste hors du commun. C’est l’humour Parking, le cachet Gustave, certifié « Comique Bio » bien avant l’heure, un genre en soi. Plus de 33 ans que le monsieur sévit sur les scènes de France et d’ailleurs. Avec un ton unique, des jeux de mots en rafale, il nous fabrique du rêve et du rire grâce à des objets du quotidien détournés. Il fait en quelque sorte du « comique d’objet ». Ca rit beaucoup dans la salle, à croire qu’il y a des humours jamais désuets qui traversent les modes comme qui rigole !

 

Wally-1-credit-photo-Alice-G-300x225.jpg 21h15. Théâtre La Luna. Wally « Absurdités proteïformes »

Si vous hésitez entre : aller voir un spectacle de chanson ou celui d’un one-man show ; ne cherchez plus ! Allez voir Wally, vous ne serez pas déçu. C’est de la chanson humoristique à moins que cela ne soit de l’humour mis en musique. C’est certainement le plus grand ambassadeur de la chanson courte de notre époque, un explorateur audacieux de l’outil vidéo sur scène et de surcroît un guitariste chanteur au swingue redoutablement efficace. Des absurdités protéïformes, c’est dit dans le titre, créé par un artiste polymorphe qui nous interprète ici des chansons mutantes. Tout est normal. Le spectacle de Wally est, en quelque sorte, une hybridation réussie entre musique « groovante » et humour Aveyronnais.

 

spectacle_11907.jpg 22h40 Théâtre La Luna. Jacky Star et compagnie.  « Eliane »

Ceci est un S.V.N.I (Spectacle Vivant Non Identifié). J’aurais beaucoup de mal à en écrire le synopsis. Je l’ai vécue un peu comme dans un rêve bizarre. Quatre artistes sur scènes se rencontrent, échangent des dialogues délirants et construisent des images fort drôles. Ces reproductions inspirées de tableaux classiques sont métamorphosées sous le prisme d’une créativité débridée. C’est une sorte d’immersion dans un inconscient comico-fantasmagorique. J’appellerai ça de l’humour radical, drôle et barjot à la fois mais qui ne peut, en aucun cas, vous laissez indifférent.

 

Et pendant ce temps, à Villeneuve les Avignon, il se passe aussi des choses étranges ...

 

ideal5-225x300.jpg 20h30 Chapiteau Villeneuve-en-scène 26000 Couverts «  L’idéal Club »

Vous avez envie de vous faire du bien ? Adhérer à l’idéal club ! Vous rencontrerez une troupe de joyeux lurons mutualisés pour le meilleur et pour le rire. Ils s’appellent les 26000 couverts, certains les connaissent déjà pour les avoir croisé en festival de rue. Dans ce spectacle, ils sont là pour nous faire rêver, alors, en toute simplicité, ils nous offrent l’Idéal sur un plateau. Merveilleux programme ! C’est un spectacle extrêmement créatif, les 10 artistes touchent à tout avec bonheur et bonne humeur. Le public adhère manifestement, nous rions tous de bon cœur.  Allez donc faire une cure de fantaisie salvatrice. !

 

Marie-Madeleine Pons

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22 juillet 2014 2 22 /07 /juillet /2014 09:07

 

Paradox (c) Stéphane ValletSpectacle du "Théâtre Mu", vu à "Villeneuve en Scène", le 21/07/2014.

 

Ecriture, Mise en Scène et Marionnettes : Ivan Pommet

Distribution : Mathilde Beck, Karine Destaville, Ode Romeo, Sébastien Maury + jeunes formés aux échasses.

 

vivant-3-toiles-4Genre : marionnettes déambulatoires 

Durée : 1h

Public : Tout public

Création 2013

 

Nous pénétrons dans le cloître de la collégiale de Villeneuve-Lès-Avignon à 22h10. La pénombre a déjà envahi l’espace et la tour du clocher se distingue difficilement dans le ciel bleu pétrole au dessus de nos têtes. A peine nos yeux se sont habitués à la pénombre qu’un son étrange surgit du coin le plus proche, une sorte de signal d’interférences d’ondes. Puis une lumière s’allume, faible d’abord. Elle tressaille, puis elle se répand dans l’espace qui lui est alloué, celui du corps translucide d’un insecte à taille humaine.

La créature se réveille et se débat à l’intérieur du cocon qui l’entoure. Elle finit par en trouver la sortie et se retrouve face à ce groupe étrange en train de l’observer. Après avoir inspecté les visiteurs, elle s’éloigne à reculons dans l’autre aile du bâtiment. Doit-on la suivre ?

L’insecte nous mènera jusqu’à un second cocon réveillant ainsi un autre membre de son espèce, puis un troisième. Ainsi, ils nous promèneront à l’intérieur des murs en commençant à baliser des trajectoires, à nous imposer nos déplacements. Sommes-nous hôtes ou otages ? Mais nous ne sommes pas au bout de nos surprises puisque dehors nous attendent quatre autres de ces êtres, bien plus élancés, bien plus grands et imposants. Ils nous barrent la route. Les autres s’attèlent à nous recentrer, nous sommes cernés, le troupeau est rassemblé, l’exode va commencer.

 

Le spectacle va ensuite se poursuivre dans les rues de Villeneuve-lès-Avignon, en passant par une grande place remplie de restaurants ou des ruelles étroites et sinueuses. L’incursion dans la ville nous fait d’abord sortir un peu de l’univers construit dans le cloître, à cause de la confrontation à l’extérieur il nous replace dans notre position de spectateurs, à l’image de ces badauds qui s’arrêtent, s’étonnent, prennent des photos. Intrusions de quelques enfants qui viennent se confronter aux « extra-terrestres » lumineux et sonores. Mais les manipulateurs tiennent bon et les créatures repoussent les enfants et leurs parents dans un premier temps, puis finissent par les ajouter au troupeau. Et ils nous suivent sans même s’interroger sur notre destination, les malheureux ! Si notre sort ne sera pas scellé ce soir, cela ne saurait tarder, l’humanité est néfaste à la planète, notre heure a sonné.

  

C’est bien un autre paradigme que nous propose la compagnie, celui où le règne humain n’aurait que trop duré. L’univers ainsi établi fonctionne très bien. Le lieu choisi n’y est pas pour rien car les vieilles pierres du cloître plongées dans l’obscurité naturelle de la nuit et le silence qui règne dans cet espace soutiennent une sensation étrange. Les marionnettes à taille humaine sont manipulées par des personnes tout en noir que l’on oublie parfois ou qui ajoutent à ce sentiment d’inconfort avec leur allure de cambrioleurs. Si la composition des marionnettes n’offrent pas une gamme très large de jeu, elles paraissent néanmoins animées, entre autres grâce aux sons qu’elles émettent en continu, comme si elles parlaient entre elles avec des ultrasons que nous pouvions percevoir. Leurs pérégrinations dans la ville oscillent entre instants drôles où les créatures découvrent ce qui compose l’urbanité (elles frappent sur un distributeur de billets, se regroupent autour d’une voiture dans laquelle un homme regarde un film sur une tablette) et entre inconfort du spectateur qui s’inquiète du sort qui va lui être réservé (elles le brusquent un peu en l’obligeant à rester dans le rang). Le but est atteint, celui d’oppresser l’oppresseur.


Hélène L

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20 juillet 2014 7 20 /07 /juillet /2014 22:57

blog-ldeal-club.jpgCie 26.000 couverts (21).

 

Vu au Festival Villeneuve en Scène, le 18 juillet à 21 h 30.

Mise en scène : Philippe Nicolle

 

Avec : K. Abdessadok, C. Arnulf, S. Bacquias, S. Deschamps, P. Dumur, A. Descharrières, O. Dureuil, F. Nicolle, P. Nicolle, D. Scalliet

 

 


VIVANT-3-COEURS-5Cabaret Tout public.

Durée 2h30 + entracte

 

 

 

Comment monter un cabaret idéal ? Voilà le nouveau défi que se pose la Compagnie les 26000 couverts dans l’Idéal Club ? Et à l’instar de la troupe éponyme, c’est gargantuesque !

 

Attention naïfs, tournez 7 fois votre langue dans votre bouche avant de râler. Car pour commencer, nos 10 comédiens et 3 techniciens aiment à brouiller les pistes. Un cabaret idéal, c’est un spectacle qui se joue sur scène mais aussi dans le public. C’est ainsi que deux vielles femmes viennent régulièrement interrompre la répétition sous prétexte de saluer leur fiston ou qu’un autre vieillard tente de traverser la piste pour finir en grand écart facial.

Un cabaret idéal, c’est un cabaret où la musique et le bruitage sont omniprésents. La musique est tantôt intermède de très haut niveau (jazz rock), tantôt  sujet du sketch (une chanteuse de Jazz se fait voler la vedette par un batteur psychédélique), tantôt jingle pour signifier au public complice que l’histoire sans fin est sans fin.

Un cabaret idéal est un spectacle qui convoque tous les styles, détourne les objets, conjuguent les références. C’est ainsi que nous verrons respectivement du cirque (numéro de rouleau), des sketches absurdes (des cow boy qui jouent du pipeau ou des trapézistes sans trapèze), des moments poétiques (extraordinaire numéro de mime du meunier), un avatar de Jef Panacloc ou des moines shaolin, de la comédie musicale, des Laurell et hardy interprétés par des cartons.

Un cabaret musical, c’est compliqué à construire. C’est là toute l’intelligence du spectacle qui prend des airs de 6 personnages en quête d’auteur. Nous assistons à cette quête idéale. Chaque comédien joue aussi son propre rôle. Sous les directives d’un metteur en scène un peu perplexe, chacun propose un numéro et donne une vision de ce que devait être ce fameux cabaret idéal. Et comme chacun a ses lubies et ses dadas (Kamel se verrait bien en thon tandis qu’une autre souhaiterait dresser des chats), les répétitions sont hautes en couleurs et construisent peu à peu de vrais personnages attachants.

 

La technique est impeccable. Les sketches sont variés et hilarants. L’ensemble est d’une rare générosité. A ne rater sous aucun prétexte : le couvert vous attend.

 

Catherine Wolff

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20 juillet 2014 7 20 /07 /juillet /2014 21:25

blog-bobi.JPGCie François Fabre (63) en coproduction avec Printival.

Vu le 11 juillet 2014, Avignon Off, à la Maison IV de chiffres, à 17 h.


Sur une idée de Jacky Lapointe

Textes : Boby Lapointe et François Fabre

Interprétation : François Fabre

Mise en scène : Sam Olivier et Jean Luc Guitton


VIVANT2-toiles-3Tout public à partir de 12 ans

Durée : 1 h10

 


C’est avec un grand plaisir que je venais découvrir ce spectacle conférence sur le système de calcul inventé en 1968 par Boby Lapointe. C’était malheureusement devant une salle quasiment vide (nous étions quatre…). Décidément, je note que sur la dizaine de spectacles vus à ce jour, la fréquentation du festival semble bien faible malgré quelques rares spectacles bien complets…

 

Sur scène, deux tableaux, quelques accessoires et un accordéon. Un professeur ès-chiffres nous explique la partie méconnue et néanmoins mathématique de Boby Lapointe : son système bibi-binaire, un système révolutionnaire de numérotation en base 16.

La présentation du comptage en base 2 (avec des 1 et des O uniquement) m'a rappelé mon appentissage mathématique à l'école maternelle (avec des patates), mais j'ai eu une pensée émue pour celles et ceux dont les notions sont plus obscures. Ca doit être un peu long et fastidieux pour eux...


Pourtant, ce mode de calcul inventé (pour de vrai) par Boby Lapointe nous offre une approche poétique et phonétique des mathématiques. Il a eu en effet l'idée de remplacer les suites de chiffres (1010, 0110, 0001...) par des sons, en assortissant 4 voyelles et 4 consonnes, pour créer des sonorités bibi-binaires, autant dire du Boby Lapointe pur jus : Bi, Bo, Ba, Be, Ko, Ki, Ka, Ke, Do, Di, Da, De…


Je ne vous expliquerai pas le système en détail, mais celui-ci tient sur une rigueur mathématique sans faille, teinté d’une sonorité qui rappelle les chansons syncopées qui ont fait son succès.

Cette nouvelle arithmétique permet de parler chiffres avec une économie de syllabes. De plus, il a inventé un système d’écriture inédit composé de 4 points aux 4 coins d'un carré, qui sont reliés ensemble ou non selon qu'ils représentent un "1" ou un "O". Cela permet de calligraphier chaque nombre avec un seul signe. Rigueur et poésie réunies en un seul monde, il s’agit d’un ovni théâtral à l'image de Boby Lapointe !

   

Entrecoupée de quelques chansons, mais point trop, nous assistons à une belle présentation qui supporterait bien un conférencier un peu plus déjanté pour donner un peu plus de tonus à ce spectacle. Mais il est vrai que devant un public quasi inexistant, il est difficile d’avoir un vrai retour salle qui pourtant doit procurer un échange plus vivant.

A suivre…

 

Eric Jalabert

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20 juillet 2014 7 20 /07 /juillet /2014 19:28

Nat-ure-copie-1.jpgCompagnie «  l’enfant bleue » ( 07)

Vu le 11 juillet 2014, Avignon Off, au Théâtre Au bout là-bas, à 14 h 30.

Texte et mise en scène : Delphine Herrmann

avec Delphine Hermann et Hubert Benhamdine

VIVANT2-toiles-3Jeune public à partir de 7 ans.

Durée : 1 heure.

 

« Il y a des espaces que l’homme n’est pas prêt à explorer… » C’est avec cette accroche qu’est présentée cette création 2014 pour le festival. Bien évidement, je m’y suis précipité…


Mêlant science fiction, conte philosophique, aventure, humour, merveilleux, ce spectacle nous interroge sur le sens de l’évolution.  « Ne faudrait-il pas mieux faire évoluer nos consciences plutôt que notre technologie ? »

C’est pour cela que l’histoire se passe sur une planète inconnue et chatoyante, sur laquelle atterrit en catastrophe Norman, le cosmonaute, symbole de ce monde hyper connecté et hyper dépendant. Il était parti pour explorer l’espace et découvrir une nouvelle planète. La loi du progrès, de l’expansion et du toujours plus…

 

On se laisse emmener gentiment dans cette histoire, très riche, ponctuée de vidéos, de chants, de marionnettes et de beaucoup de référence à Disney et aux grands classiques du cinéma de science fiction. On se laisse séduire par la belle Durgä , une étrange autochtone au costume très « avatarisé » et au caractère bien trempé et qui en maitresse des lieux, tente de lui montrer le chemin de l’harmonie, de la conscience, et du respect de la vie. La mise en scène très rythmée, avec de nombreuses séquences très courtes, donne un effet cinématographique original. Cependant, les noirs sont parfois un peu longs, me semble-t-il, rompant ainsi la dynamique souhaitée par ces effets. Mais il est vrai que sur le festival les conditions techniques ne sont pas toujours optimum et que ce sont peut-être les contraintes du lieu qui imposent cela….

 

Nous sommes dans un univers très proche d’Avatar, thématiquement et visuellement (sans les moyens d’Hollywood, bien sur). Les effets fonctionnent assez bien et cette planète organique communique en quelque sorte avec nous, pour nous faire cheminer dans un conte philosophique parlant conscience, respect du vivant, harmonie.

L’histoire est du coup un peu confuse et la multiplication des thèmes abordés (l’acceptation de soi, la maitrise de ses peurs, le respect des autres, l‘harmonie de la nature), nuisent, à mon sens, à la clarté du propos.

Peut-on enseigner ces choses là ? Peut on apprendre à envisager le monde et la nature comme vivants plutôt que comme objets de consommation ? C’est aussi la question posée par le spectacle et la chute ( Norman le cosmonaute est en fait mort et nous sommes sur terre) me semble compliquer inutilement les choses, ou en tout cas les embrouiller.

Néanmoins, le spectacle ne manque pas d’ambition et certains moments sont très fluides et très visuels. Mais c’est une création qui doit trouver son rythme, se recentrer sur son propos, afin d’offrir avec générosité son incroyable profusion (marionnette, jeu, décors, chanson, vidéo,…)

A faire mûrir.

 

Eric jalabert

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20 juillet 2014 7 20 /07 /juillet /2014 18:54

Ruy-Blas.jpgSpectacle de la Cie "Les Moutons Noirs" (75), Avignon Off, Théâtre Notre Dame, tous les jours à 16h15 du 4 au 27 juillet 2014.


Adapté de Victor Hugo

Avec : Julien Jacob, Mathieu Alexandre, Paola Secret, Roland Bruit, Bertrand Saunier,

Camille Demoures, Jonathan Jolin, Dario Mandracchia.


vivant-3-toiles-4Genre : théâtre

Tout public à partir de 8 ans

Durée : 1h35

Création 2014

 

Pour mémoire, rappelons que "Ruy Blas" est un drame romantique dont l’action se situe en Espagne, écrit par Victor Hugo, dont le héros, secrètement amoureux de la Reine d’Espagne, va être amené à prendre la place du cousin de Don Salluste, Don César de Bazan, comte de Garofa, afin de séduire la Reine et la discréditer, pour satisfaire le besoin de vengeance de son maître, Don Salluste.

Les Moutons Noirs ne se cachent pas d’avoir été inspirés par le film de Gérard Oury, "La Folie des Grandeurs", qui a immortalisé la pièce, essentiellement du fait de la prestation de Louis de Funès, Yves Montand et Alice Sapritch, qui en ont fait une comédie totalement hilarante.


Mathieu Alexandre en Don Salluste en fait lui aussi des tonnes, mais il nous fait vite oublier de Funès. Il est en effet plus charmant, il est devant nous en chair et en os, et sa personnalité propre fait le reste ! Don Salluste, cabotin en diable, arrivé par la salle, entre en scène pour procéder à la levée des impôts dans les campagnes.  Le personnage, vil et manipulateur, est prêt à tout pour satisfaire son Roi et par là même, ses ambitions. Malheureusement, la Reine est à cheval sur les principes et le disgracie lorsqu’il refuse de reconnaître l’enfant qu’il a fait à l’une de ses suivantes. Il ne songera alors qu’à sa vengeance.

Dans un décor assez conséquent qui ménage de nombreux escaliers et recoins propres à satisfaire l’intrigue, les personnages évoluent dans de très beaux costumes. L’ensemble nous transporte dans un univers « hispanique ». Cette atmosphère est accentuée par la musique doucement teintée d’airs espagnols, distillée par les trois musiciens installés à cour et présents presque tout au long du spectacle.

Pendant plus d’une heure trente, sans temps mort, les comédiens musiciens font preuve d’un dynamisme qui ne faiblit pas, conspirant, combattant, virevoltant à l’envi. Ils déplacent les éléments du décor qui figurent les différents lieux où se situe l’action (palais, salle du trône, chambre de Ruy Blas, auberge, etc.). Ils changent de costumes suivant les besoins de l’action, le rôle de la Duègne est tenu par Bertrand Saunier qui joue aussi Don César, et les musiciens assurent les différents rôles « secondaires », dont les conspirateurs, affublés du masque de Vendetta (symbole de toutes les contestations), qui veulent destituer le Roi, trop mou et trop futile à leur goût. Ce n’est pas faux d’ailleurs, et son épouse s’en plaint aussi !


Un voyage burlesque dans l’œuvre de Victor Hugo, propre à réconcilier avec un auteur jugé parfois rébarbatif, qui offre un spectacle pouvant satisfaire un large public familial. Il ne faut donc pas s’en priver !

 

Cathy de Toledo

 

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20 juillet 2014 7 20 /07 /juillet /2014 17:33

a-quoi-reconnait-on-un-clown.jpgSpectacle de la "Compagnie du I" (84), Avignon Off 2014, Salle Roquille, 11h tous les jours (relâche le 22) du 4 au 27 juillet.

 

Avec :  Mathilde Dromard, Sophie Rossano.

 

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Genre : théâtre Clown

Tout public à partir de 7 ans

Durée : 1h10


 

Je ne pouvais rater une telle conférence, et la chance de savoir enfin ce qu’était un clown. Emanuelle Vincent, brillante experte en Humour Appliqué, vient nous présenter les 52 points propres à nous éclairer. Elle est assistée de sa stagiaire, Anne-Sophie, certes peu expérimentée, mais très appliquée. L’une et l’autre sont habillées chic, tailleur pantalon et cheveux tirés pour l’experte, tailleur très Chanel, lunettes et talons hauts très « secrétaire » pour la stagiaire. L’experte arbore un air sérieux et suffisant, peu en adéquation avec le message qu’elle est supposée délivrer !

 

Comme toujours dans ce genre de prestation, la situation est un peu longue à se mettre en place. Le temps de récupérer la bouteille d’eau, la plante verte dont il faut trouver l’emplacement adéquat, d’avoir pris le temps de soulager un besoin urgent et néanmoins naturel, d’installer les documents nécessaires, les deux intervenantes peuvent enfin s’installer à la (minuscule) table de conférence. Evidemment, tout ce cérémonial se déroule en silence, même si les deux femmes échangent parfois à voix basse, alors que l’exaspération monte du côté de la conférencière…

 

L’experte peut enfin aborder son propos qui va tendre à nous démontrer dans un premier temps « les bienfaits du rire ou comment faire l’humour dans notre société contemporaine? », propos suivi avec dévotion par la stagiaire dont les mimiques sont irrésistibles. Elle aborde ensuite les exercices pratiques visant à révéler le clown qui sommeille en chacun de nous, avec l’aide accessoire de l’incontournable nez rouge, et sur fond de  jeux de mots douteux, genre « on se demande en marrage et on se passe la blague au doigt »…

 

La conférencière invite tout un chacun, ainsi que sa stagiaire, à se lâcher… Est-ce réellement une bonne suggestion ? La situation va alors lui échapper et l’élève va se venger des humiliations subies, entraînant un pétage de plombs bilatéral mémorable…

 

Cathy de Toledo 

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