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  • Le blog VivantMag vous offre une veille artistique régulière sur les créations de spectacles vivant en France. Il est destiné aux programmateurs réguliers ou occasionnels, aux compagnies, mais aussi aux spectateurs. Si vous souhaitez nous rejoindre pour chroniquer des spectacles, vous pouvez nous contacter sur le site.
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Avec plus de 1.200 spectacles commentés sur ce blog, les correspondants Vivantmag - AdAdiff, ne se posent pas en censeur du spectacle, loin de là. Nous souhaitons seulement faire partager un point de vue, forcément subjectif, sur les spectacles que nous voyons. Chaque retour de spectacle est ouvert à vos propres commentaires, et n'hésitez pas à en laisser car ils enrichissent ce travail d'échange et de partage d'informations.
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Décevant
Moyen
Pas mal...
Bien !
On adore !!! 

les spectacles du Off 2014

Découvrez tous les spectacles commentés par les correspondants de Vivantmag, et présents sur le Off 2014 d'Avignon. Certains ont été vus à leur création, en salle ou sur d'autres festivals, ou sur des précédentes éditions du Off. Grâce à un travail de veille artistique tout au long de l'année, l'Adadiff met à votre disposition son équipe de correspondants et vous permet de disposer d'un regard extérieur et indépendant pour faciliter votre choix. Commentaires ici...

21 septembre 2017 4 21 /09 /septembre /2017 16:41
Les Frères Jacquard

Spectacle de la Compagnie Les Frères Jacquard (30), vu le 23 août au Festival d'Aurillac 2017, cour Paul Doumer, à 19h45 (du 23 au 26 août).

 

De: Les Frères Jacquard

Avec: Les Frères Jacquard

 

Genre: Spectacle qui fait la jonction entre arts de rue, concert, humour, musique, improvisation et show à l'américaine

Public: Tout public

Durée:1h

 

Jamais deux sans trois. Aujourd’hui c’est la 3ème fois que je vois Les Frères Jacquard, j’ai d’ailleurs hésité à y retourner vu les nombreux spectacles proposés sur ce festival d’art de rue. Heureusement que j’y suis retournée ! En salle comme dans la rue, ces trois-là assurent ! Encore un merveilleux moment passé et toujours aussi surprise par leur talent et leurs nouvelles propositions musicales hautes en couleur et en humour. Les Frères Jacquard, ce sont trois excellents musiciens spécialistes autoproclamés de reprisage de tubes ayant pour mission de remettre de l'ordre dans la chanson populaire (site des Frères Jacquard).

 

Et à chaque fois, je sens cette passion musicale et leur capacité à revisiter sans cesse des tubes. Les voilà partis ! Un air musical connu, rock, funk ou autre, on se laisse embarquer dès les premières notes et on se laisse surprendre par le texte, tout aussi connu mais provenant d’un autre tube. Leurs textes farfelus sur les musiques de tubes comme "Funky town" ou "Get down it" des Kool and the Gang ont encore agréablement séduit le public et fait chanter et danser ceux qui les apprécient tant, comme moi. Et cette imagination est sans fin lorsque je découvre de nouveaux morceaux sur des airs de Cabrel, un texte de Johnny ou quand le public en folie se met à danser la Queuleuleu! Il me faudra d'ailleurs quelques secondes, parfois, avant de repérer quel tube est revisité à ce moment-là. Et c'est là toute la surprise et tout le spectacle proposé.

 

Des reprisages toujours plus surprenants et saisissants ! Du funk, du rock, du groove à ne plus en finir ! Qu'on aime ou pas le tube choisi et revisité à la façon Jacquard, on ne peut que succomber et se laisser aller à (re)découvrir nos chers tubes des années 80 à aujourd'hui ! Et grâce à eux on redécouvre des grands textes entendus et réentendus auxquels on ne prête plus attention. Certains textes tristes ou plus sombres nous font rire et chanter sur un air énergique, festif et complètement décalé. Volontairement, je ne détaillerai pas plus de deux morceaux qu'ils proposent, il faut se laisser tenter et surprendre par ce merveilleux moment.

D'ailleurs, ce soir-là, le public est bel et bien conquis dès les premiers morceaux. Des chants, des rires, des pas de danse, des applaudissements, tout y est. Leur groove est décoiffant, leur énergie est débordante et tellement contagieuse ! 

 

Des reprises et des parodies, j’en ai vu et entendu mais un spectacle comme celui-là, jamais. Inventifs, créatifs, musiciens, chanteurs, comédiens, ces trois déjantés ont plus d’une corde à leur arc et ne manquent pas de les partager avec le public.

Leur caravane et leur tenue au look des années 60 viennent donner le ton au spectacle et le style burlesque proposé. C’était la 1ère représentation que je voyais avec leur caravane, et ça envoie ! Cette décoration et cette scénographie ajoutent encore du piment à cette sauce musicale maîtrisée et bien déjantée !

Le style un peu plus rock que les spectacles précédents est venu me surprendre encore. Avec eux on est certain que le ridicule ne tue pas et qu’il fait même beaucoup de bien.

A voir sans modération lorsqu’on aime la musique, le spectacle de rue, les show décalés, les textes, le burlesque, le déjanté, chanter ou danser ! J'y retournerai encore et encore c'est sûr !

 

Valérie Desbrosse

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Published by Valerie Desbrosse - dans Spectacle Tout public Concert
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17 septembre 2017 7 17 /09 /septembre /2017 14:28
Parents modèles

 

Toizemoi parents modeles

Spectacle de la compagnie Toizémoi (94), vu le 16/09/2017 à 20h, Acte 2 Théâtre (Lyon 9e).

De et avec: Alain Chapuis, Marie Blanche
Mise en scène: Philipe Riot

Genre: Théâtre
Public: Tout Public
Durée: 1h30
Nouvelle création lancée à la Comédie Odéon de Lyon

Toizémoi réapparaît à Lyon avec "Parents modèles" où Marie Blanche et Alain Chapuis marient de nouveau leur belle complicité pour interpréter les péripéties d’un couple qui emménage dans un nouvel appartement, avec leurs 3 enfants. Mais cet appartement, beaucoup plus grand que celui qu’ils avaient réservé, ne leur est pas destiné ! S’apercevant de leur erreur, ils vont néanmoins investir pleinement les lieux… Vont ensuite surgir de nombreux personnages, de tous âges et de toutes origines… dans une ronde endiablée de mésaventures où la vidéo joue pleinement son rôle !

La soirée passe très vite dans cette ambiance où s’enchaînent des sujets d’actualité, parfois sensibles, traités avec humour et dérision : adolescence, vieillesse, politique, sexisme, etc. Le public (se) reconnaît et adore ! Une écriture tonique, servie par un jeu d’acteurs très complices, qui changent de peau et de styles tout en maintenant le rythme.

Coté technique, cette pièce peut parfaitement conquérir de petites scènes, même si un certain recul est nécessaire pour que les effets de la vidéo puissent s’y intégrer parfaitement. 
Décors simples et efficaces, mobilier minimaliste mais surprenant d’élasticité…

A voir sur Lyon jusqu’au 24 septembre 2017.

Isabelle Mombellet

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7 septembre 2017 4 07 /09 /septembre /2017 18:38
100 mg Matin Midi et Çoir

Spectacle de la Compagnie Le Midi Moins Cinq (30), vu le 25 août, au Festival d’Aurillac 2017, à 12h00 au Terrain Marmiers (du 23 au 26 août).

 

De: Olivier Bracco et Marc Sollogoub

Interprétation: Olivier Bracco et Marc Sollogoub

 

Genre: Conférence Poélitique

Public: Tout public à partir de 8 ans

Durée: 50 minutes

 

Comment un grain a changé l’humanité.

Deux comédiens viennent nous parler du café et de son histoire. A partir de cette graine, ils nous parlent d’histoire mais aussi d’économie et de politique. L’interaction avec le public est présente dès le départ et permettra à chacun de réfléchir à notre comportement tantôt individuel tantôt plus collectif et solidaire. La forme proposée est au-delà d’un spectacle théâtral puisqu’elle est décrite comme une conférence poétique. Cela m’a fait penser au mariage de la conférence gesticulée et du théâtre d’objets.


Qu’on apprécie le café ou non, il est intéressant de voir comment des sujets complexes et bien souvent traités par des experts peuvent être accessibles à tous. L’économie, l’histoire, la politique et nos comportementaux sociaux sont très vulgarisés à travers cette formule. On nous parle d’une manière subtile de sujets qui nous concernent ; les colonisations, le transport des graines de café, le partage de la richesse, les inégalités, les ventes, les négociations, les importations, les propriétaires et les paysans… Le processus économique qui tourne autour du café représente bien notre société et son fonctionnement économique global. Le rapport à l’argent, à la concurrence, la compétitivité, la productivité, y est abordé avec justesse à travers l’histoire d’une des boissons les plus convoitées de notre société. Ce sujet est, en effet, un moyen original pour parler de nous, de notre société et nos comportements.

 

La mise en scène est jolie, le décor est charmant et bien utilisé tout au long du spectacle. Le spectacle est riche d’informations, d’idées et d’inventivité bien qu’il m’ait manqué une certaine spontanéité dans le jeu des deux comédiens. Ce versant reste à creuser encore pour donner peut-être davantage de naturel et de dynamisme à ce spectacle somme toute réussi. 
Je pense que la formule proposée dans ce spectacle peut être utilisée au-delà du théâtre et apporter à un jeune public l’information de manière subtile et pédagogique comme la Compagnie l’amène. J’imagine bien ce spectacle en école (collège et lycée) mais aussi dans des conférences, des colloques ou autres manifestations autour de sujets sociétaux. En effet, ces espaces temps poétiques, théâtraux et riches d’informations dynamiseraient certains cours de lycéens et certaines conférences parfois trop théoriques à mon goût.

 

Je ressors avec le sourire et le sentiment que la journée commence très bien avec ce premier spectacle.  

 

Valérie Desbrosse

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7 septembre 2017 4 07 /09 /septembre /2017 18:36
Dévêtu(e)

 

Spectacle de la Compagnie Thé à la rue (49), vu le 24 août dans le IN au Festival Aurillac 2017, à l'Institution Saint Eugène. Du 23 au 26 août à 10h et 17h.

 

Direction artistique: Sophie Mesnager et Amédée Renoux
Interprétation: Erwan Barbien, Bérangère Déméautis, Guillaume Derouineau, Antoine Meunier, Yui Mitsuhashi, Sophie Mesnager, Amédée Renoux

 

Genre: Propositions artistiques sous forme d'entresorts. Plusieurs disciplines artistiques
Public: A partir de 16 ans
Durée: 1h30

 

Je ne définirai pas ce spectacle comme tel mais plutôt comme un concept/une expérience individuelle et collective. C’est le regard sur le corps qui est travaillé autour de cette installation originale. Le regard sur soi, sur l’autre, le corps qui sent, qui ressent, qui vit, qui a déjà vécu. Les apparences physiques sont parfois trompeuses avec tous les accessoires que nous pouvons ajouter sur notre corps. Alors ici nous en revenons à l’essentiel ; le corps en ce qu’il est de plus simple et de plus commun à tout un chacun.

Je me laisse aller dans cette expérience innovante, originale et tellement bien menée. J’observe, on s’observe, la bienveillance a été actée à l’entrée par une partie des comédiens de la troupe. Cette observation sera donc bienveillante, j’observe pour voir comment je me sens par rapport aux autres, pour voir comment on se sent tous ici dans cet espace-temps atypique.

 

Un concept qui m’a totalement embarquée. Je ressors surprise par ça, par eux, par moi, la tête ailleurs. Je me suis sentie être dans une bulle de bien-être, j’aurais aimé continuer encore.

Plusieurs disciplines artistiques sont proposées à travers diverses installations, propositions et expériences. C’est aussi cela qui m’a fait apprécier d’autant plus ce moment. Je ne peux me permettre de lister les différents arts mis en avant, il faut le découvrir, le sentir, le ressentir, se laisser aller, voire se laisser bousculer…

J’ai beaucoup adhéré à la place que l’on nous donne, nous ne sommes plus seulement des spectateurs ; timides ou plutôt confiants, tout le monde peut s’y sentir à son aise grâce à cette bienveillance ambiante et bien maîtrisée par la Compagnie.

 

Une expérience telle, c’est ma première fois. De l’installation aux propositions, tout est créatif, bien pensé, bien mené et à chaque fois on souhaiterait y rester. C’est le cas pour le groupe d’amis que nous étions. Dans cette chronique, je reste volontairement vague et floue car si j’en dis trop je pourrai desservir l’expérience que propose la Compagnie et surtout influencer votre ressenti.

Le seul petit bémol que je me permettrais serait celui de ne pas avoir eu le temps d’expérimenter chaque proposition faite car la jauge était importante. Est-ce la durée du spectacle à élargir ou la jauge à restreindre? En tout cas j’ai été très peu frustrée car conquise par ce que je venais de vivre. 

Ce n’est pas de manière habituelle que le public a remercié la Compagnie. La culture de l’applaudissement est elle aussi détournée pour un remerciement bien plus innovant. Jusqu’au bout je suis surprise et conquise par cet espace-temps inhabituel et tellement captivant. A découvrir sans hésitation et sans modération. Une expérience proposée osée et merveilleusement bien réalisée !

 

Il faut découvrir ! Je souhaite à la Compagnie de continuer à proposer "Dévêtu(e)" dans de nombreux festivals et autres événements. Leur travail le mérite et c’est ce qu’on attend en tant que public : ressortir enchanté, ravi, étonné, émerveillé. C’est l’art vivant dans toute sa splendeur. Merci pour cette expérience coup de cœur que je souhaiterais volontiers réitérer et qui va me rester.

 

Valérie Desbrosse

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Published by Valérie Desbrosse - dans Spectacle Adultes
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6 septembre 2017 3 06 /09 /septembre /2017 08:47
Ami(s)

 

Spectacle de la Compagnie Déjà, Utopium Productions (72), vu le 23 août au Festival d'Aurillac 2017, à 14h30 dans la Cour de Noailles (du 23 au 26 août).

 

De: Antoine Meunier et Sébastian Lazennec
Metteur en scène: Sébastian Lazennec
Avec: Antoine Meunier

 

Genre: Théâtre. Interrogation canine et manipulation d'objets
Public: Tout public à partir de 10 ans
Durée: 1h10

 

On m'a conseillé ce spectacle et heureusement car l'affiche ne me parlait pas trop. Parfois il vaut mieux suivre le bouche-à-oreille pour découvrir des petites pépites du théâtre de rue. Lorsque j’arrive dans la cour, la pièce a commencé depuis un peu plus de 5 minutes. Je mets donc 5 à 10 minutes à entrer dedans et quelle surprise. La performance théâtrale et l’écriture de ce spectacle m’embarquent très vite dans l’histoire et avec beaucoup de plaisir.

 

A travers Walter le chien, souvent nommé comme "le meilleur ami de l’homme", on nous parle des relations humaines et surtout de l’amitié. Je suis agréablement surprise par la performance du comédien qui nous embarque dans cette histoire simple et très bien traitée. Je suis très attentive à ce chien qui veut nous faire comprendre que nos relations humaines, qu’il s’agisse du couple ou des relations amicales, sont parfois teintées d’isolement, d’hypocrisie, de colère, de confiance, d’infidélités, de fêtes, d’écoute mais aussi d’incompréhension. Une sorte de complexité quotidienne aux contradictions régulières. Walter prend donc de la distance avec "son humain" comme il le nommera (son maître) pour évoquer ce qui l’amène à s’isoler depuis un certain moment. Il nous fera part de ce qu’il ressent lui aussi de son côté, l’isolement et l’ennui n’appartiennent pas qu’à l’homme.

Le temps qui passe, nos obligations ainsi que la présence prépondérante de l’écran dans notre vie sont les thèmes de fond que nous pourront suivre du début à la fin de la performance. Une description originale de nos comportements sociaux à travers le théâtre d’objets. Inutile d’en dire plus sur le contenu de la pièce, elle demande à être vue.

 

Concernant la mise en scène, je peux dire qu’elle est simple et pourtant originale et très bien pensée. Ce sont nos propres déchets qui permettront à nous, spectateurs, de suivre les différents personnages hauts en couleur. J’ai apprécié l’utilisation de ces objets au cours de l’histoire, toute en finesse et bien menée puisque malgré plusieurs personnages, je ne me m’y suis pas perdue une seconde. Une scène m’a d’autant plus surprise par l’usage original de la musique et des objets. Il fallait y penser. 

 

Beaucoup d’humour et de tendresse dans cette écriture. Et puis il faut le dire, le comédien a du chien ! C’est une certitude. Alors malgré la chaleur et le soleil qui frappe, je peux dire que j’ai passé un très bon moment grâce à la Cie Déjà. Merci.

Allez-y !

 

Valérie Desbrosse

 

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31 juillet 2017 1 31 /07 /juillet /2017 22:58
Nez pour s’aimer

 

Photo Anne Wengernez

Spectacle de la Compagnie Les pêcheurs de rêves (67), vu le dimanche 30 juillet à 17h au Kabarouf dans le cadre du festival Off d'Avignon 2017.

 

Ecriture : Florence et Vincent Duschmitt, Jean-Louis Cordier
Interprètes : Florence et Vincent Duschmitt

 

Genre : Clown et cirque
Public : Tout public en famille
Durée : 1h10

 

Sous un grand chapiteau qui appartient à la compagnie, me voilà parti pour le dernier spectacle de l’édition 2017. Un spectacle de cirque sur la très plaisante île de la Barthelasse.

Nos deux personnages arrivent pour engager un combat titanesque de clowns. Un début assez classique qui met quelque temps à se mettre en place, mais qui très rapidement nous laisse découvrir deux très beaux personnages sensibles et très attachants, nous retraçant leur histoire d’amour.

 

Sur un plateau rond orné d’un mât chinois et sans un mot ou presque, ils se rencontrent dans une gestuelle et avec des mimiques de combattants se jaugeant avant le premier impact. Puis, vient le temps de la séduction et des premières émotions. Enfin, la vie en commun et l’expérimentation de la découverte du monde de l’autre, et c’est bien ce qui fait la richesse du couple… Chacun y trouvera écho à sa propre histoire dans ce conte moderne et original.

Au-delà de l’excellent jeu de comédiens, le spectacle nous offre un foisonnement d’idées et de trouvailles, reposant sur une grande maîtrise technique : mât chinois, équilibre avec des bouteilles, jeux avec des planches en bois, cuisine en direct et tango. Le dispositif scénique, à la fois simple et efficace, offre des rebondissements réjouissants et nous évite de tomber dans une routine qui peut fréquemment habiter ce type de propositions. 

 

Ce couple de clowns, tant à la ville que sur scène, a su trouver une façon de nous raconter l’amour, mêlant tendresse, poésie, incompréhension, rudesse et combats incessants. Ce spectacle très généreux, nous offre toutes les facettes possibles du spectacle vivant, mêlant à la fois sens, jeux de comédiens, visuels, émotions et technique. C’est un hymne à l’amour, à l’imagination et à la création, à découvrir sans hésiter pour vos programmations à venir.

Bravo et merci pour ce moment intemporel.

 

Eric Jalabert

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31 juillet 2017 1 31 /07 /juillet /2017 16:38
Debout là-dedans

Spectacle  de la compagnie Entrechocs, vu dans le cadre des chroniques plurielles et populaires, le 20 Juillet 2017 à 20h15, Festival Avignon Off 2017, à l’école du spectateur, du 13 au 30 juillet.

 

Avec Max Bernery et Mélanie Paccoud

Mise en scène : Elise Ouvrier-Buffet

 

Genre : Clown

Public : Tout public à partir de 6 ans

Durée : 50 min

 

Brigade : Thomas, Adil, Valérie

 

Il est agréable d’aller voir un spectacle à l’école du spectateur, une cour d’école au frais et au calme du Festival. Je sais que le spectacle va se dérouler en plein air et c'est ce qu’il me faut, de l’air…

Le public est accompagné dans une petite cour où nous découvrons le décor, assez sommaire, du spectacle : une porte qui nous indique les toilettes mixtes et un portique de cirque avec un sapin sur le dessus représentant un conifère des landes. Sommes-nous au camping ? Rapidement nous comprenons que oui, plus précisément à l’arrivée des comédiens qui arrivent chacun leur tour : une femme élégante sur son vélo s’installe doucement sans faire de bruit et un homme élégant également mais qui ne le porte pas aussi bien, encombré de tout le matériel nécessaire (ou pas) pour une nuit à la belle étoile. Il arrive sur un vélo de cirque acrobatique, de bon augure…

J’ai eu deux lectures pour ce spectacle, l’une pour les adultes et la seconde pour les enfants. Tout d’abord, pour nous les grands, un joli moment à rire avec nos petits où l’on peut voir la relation homme-femme, maladresse de l’un, intransigeance de l’autre. Des moments d’indélicatesse et de gaucherie nous rappelant par moments des scènes de films de Pierre Richard, un peu répétitif à mon goût mais qui pour les enfants a le mérite de très bien fonctionner, en témoignent les nombreux rires dans les gradins. Ces moments de drôlerie sont rythmés entre silence et musique de fond, nous permettant de passer d’une saynète à une autre.

Un spectacle de clown dont l’un l’est vraiment, sans concession, jusqu’à (pour la petite anecdote) se casser l’arcade sur une chute mal contrôlée. J’aurais aimé voir le second dans un personnage plus acrobatique que clownesque, car le peu d’acrobatie effectuée sur le portique ou sur la porte présageait d’un talent certain, sous-utilisé pour le regard des plus petits comme des plus grands. Thomas

 

Quand la maladresse complète la perfection ça donne un monde où le conflit n'a pas de place, ce qui rend les relations humaines plus douces, calmes, sereines et drôles.

La prise de pouvoir est féminine et tant mieux, les hommes ne sont doués que pour décider.

Le mélange de la genèse et la grossièreté, le malentendu reste éternel. Humour parfois forcé comme le maquillage. Certaines scènes sont étirées dans le temps et parfois manquent de constance. Adil

 

J’arrive dans la cour de l’école avec les différents spectateurs où nous prenons place dans des gradins. Le décor est composé d'une structure en forme de tipi et une porte sur un côté. Nous sommes en extérieur. Viennent alors les deux comédiens chacun à leur tour en bicyclette. L’ambiance clownesque est déjà là, dans le maquillage, dans les mimiques du faciès et dans la gestuelle. L’installation du bivouac commence, plusieurs maladresses se répètent. Je ne suis pas complètement conquise par ces répétitions clownesques qui, à force du spectacle, ne me surprennent plus. De temps en temps, des interludes musicaux viennent rythmer quelques scènes de cascades, de maladresses, de tendresse parfois. J’aurai souhaité plus de musique pour que le rythme me semble plus dynamique. Le style muet n’est pas le style que je préfère bien qu’il peut surprendre. L’histoire est bien réalisée et les comédiens sont réellement compétents et efficaces dans ce qu’ils proposent. J’entends rapidement les enfants rire et se questionner sur ces deux personnages farfelus. Je ressens alors que je ne suis pas forcément à ma place en tant qu’adulte. Car pour les enfants c’est assez marrant à en croire leurs expressions. Quelques acrobaties arrivent dans le spectacle, un peu tard à mon goût et trop peu malgré les compétences acrobatiques que je peux constater et le résumé qui laissait croire à plus d’acrobaties. On est un peu embêté pour le Monsieur Clown qui se fera une petite blessure sur le final, une vraie. En tout cas les deux héros sont bien remerciés par le public qui a apprécié leur formule. A la fin, en lisant le dossier de presse, je confirme les expériences et formations des deux clowns en cirque ; trapèze, tissu aérien, monocycle… Peut-être aurais-je l’occasion de les voir dans une formule plus acrobatique ?  Valérie

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31 juillet 2017 1 31 /07 /juillet /2017 16:36
Opéra Panique
Site Compagnie

Site Compagnie

Spectacle de la Compagnie l’Ours à Plumes, vu le 17 juillet 2017, AVIGNON OFF 2017, théâtre Pixel à 17h.

De : Alejandro Jodorowsky
Interprétation : Ida Vincent, Aline Barré, Tullio Cipriano, Cécile Feuillet, Johan Proust

Genre : Théâtre
Public : Tout public à partir de 7 ans
Durée : 1h10

Je dois avouer que, bien que le nom d’Alejandro Jodorowsky ne me fut pas inconnu, je ne connaissais rien de l’œuvre de cet artiste franco-chilien né en 1929, œuvre extrêmement dense puisqu’il est à la fois, romancier, poète, scénariste de BD, réalisateur, auteur de théâtre, acteur, et même icône de la génération Flower Power après son film "La Montagne Sacrée" (1973) ! D’abord clown et marionnettiste, il a suivi à Paris les enseignements du mime Marceau dans les années 1950. Après avoir rejoint un temps le mouvement surréaliste, il s’en désolidarise en 1962 et fonde le mouvement Panique avec R. Topor et F. Arrabal. Bref, pas vraiment n’importe qui… Je suis donc arrivée en "spectateur lambda" à la représentation de l’"Opéra Panique" proposée par la compagnie l’Ours à Plumes.

Le public est accueilli par disons un maître de cérémonie, en l’occurrence Ida Vincent, qui a également assuré la mise en scène, habillée à la façon de Sherlock Holmes. Elle assure le placement des spectateurs, et ça dure longtemps car nous attendons les retardataires... Enfin, quand tout le monde est installé (avec 15 minutes de retard sur l’horaire affiché), notre Sherlock propose des petits saucissons qu’elle lance aux personnes intéressées… C’est ensuite une hôtesse de l’air qui nous souhaite un bon voyage, en nous promettant cependant pas mal de turbulences. Le ton est donné, et je commence à me demander où j’ai mis les pieds !

Notre meneuse de jeu intervient de loin en loin pour introduire une saynète ou l’autre, livrer un commentaire, une précision. Une douzaine de tableaux, peut-être plus, se succèdent, mettant en scène par exemple un soldat devant obéir à trois généraux, deux optimistes, puis deux pessimistes, des irascibles, en fait des situations plus loufoques les unes que les autres... Au milieu de ces tableaux, dont l’ordre pourrait être interverti tant ils ne semblent n’avoir aucun lien entre eux sinon celui de mettre en scène des êtres humains, avec leurs travers, leur vacuité, leurs contradictions, nous avons droit à une sorte de pause. Un goûter surréaliste, les cinq comédiens alignés face au public et devant ingurgiter qui une banane, qui une carotte, qui un flan (sans cuillère !!), ou autre (tous aliments distribués par le maître de cérémonie, et cela dure un temps infini avant que tous aient terminé !).

Si  j’avais eu connaissance du texte, peut-être aurais-je été moins déstabilisée par cette écriture totalement absurde, même si elle ne livre au fond qu’une caricature de notre société. Mais le spectateur ordinaire bien souvent ne connait pas le texte… En tout cas, il est probable que la chaleur intense qui régnait dans la salle (un spectateur a demandé si la clim fonctionnait) a un peu rendu amorphe le public qui ne m’a pas semblé très réactif. Cela m’a en tout cas profondément gênée. Pour ce qui est des comédiens, qui supportaient de plus les costumes et les éclairages, ils étaient trempés de sueur de la tête aux pieds, et je me dois de saluer leurs performances tant musicales que théâtrales dans ces conditions difficiles, et ce même si je n’ai pas vraiment adhéré…
A réserver, de mon point de vue, à un public averti, au moins un peu !

Cathy de Toledo

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Published by Cathy de Toledo - dans Spectacle Tout public
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31 juillet 2017 1 31 /07 /juillet /2017 14:38
Point de rupture

Spectacle de Happyprod, vu au festival Off d’Avignon 2017, le 20 Juillet à 14h dans le cadre des chroniques plurielles et populaires, à l’atelier Florentin, du 7 au 30 juillet 2017.

 

De : Nicolas Koretzky et Franck Lee Joseph

Mise en scène : Thierry Harcourt

 

Genre : Humour

Public : Tout public

Durée : 1h10

 

Brigade : Thomas, Benoît, Vania

 

Après avoir traversé le centre-ville sous une chaleur écrasante, il est bienvenu de s’installer sur les banquettes du petit théâtre intimiste de l’atelier Florentin. Que l’on soit au premier rang ou au dernier, nous sommes sûrs d’avoir une vue sur le jeu du comédien qui va bientôt entrer en scène. Nous pouvons déjà apercevoir un fil à linge avec différents cintres portant des accessoires, on peut vite s’imaginer qu’il va s’agir des différents personnages du spectacle.

Une lumière verte s’allume comme pour nous emmener dans un autre temps. Effectivement un extraterrestre arrive faisant part à un pair de ses observations de la société occidentale actuelle, sa vision du travail et des flux monétaires, du rôle de la télévision, etc. Une introduction théâtrale plus vraie que nature. S’ensuit pendant une heure, dix tableaux où nous suivons Noé, un jeune homme se positionnant à la marge d’une société que l’on lui a inculquée, entrecoupés de musique comme point de rupture avec changement de lumière, changement d’accessoires et de personnages. De sa maman au guide du village écolo en passant par son prof d’ébénisterie, d’un consommateur sans scrupule et sans éthique qui finira par se séparer de sa femme par manque de convictions communes... j’ai personnellement reçu ce parcours comme une porte d’entrée à une prise de conscience collective. Il est évoqué l’université populaire de Michel Onfray, les AMAP, les Anonymous, la permaculture, l’obsolescence programmée avec comme exemple un double godemichet prévu pour que la batterie lâche au bout de six mois, les conférences d’Etienne Chouard, "Monsanto ou trop tard"... Un texte coécrit qui a du panache, qui ne tombe pas dans la caricature, chose qui aurait pu être facile en une heure vu le nombre de sujets explorés. Un texte qui n’est pas militant non plus mais que le spectateur peut à son tour s’approprier pour raisonner sur ses choix. Il nous propose d’être en paix avec soi-même comme pour mieux accepter les dérives sociétales consuméristes. Une performance de comédien au service de ses personnages qui donnent de la lumière au texte. Bravo. Thomas

 

Arrivé en avance, j’attendais avec d’autres, dehors, le début de la pièce. Le titre et le résumé donnaient envie. A l’heure de la représentation on nous demande de rentrer. Enfin de la fraîcheur !

Une bonne musique d’ambiance et un sobre décor composé de fil à linge, de cintres avec différents costumes, m’attendait à l’intérieur de ce petit théâtre. Et la pièce démarra. Un extraterrestre de retour sur Terre pour y voir son évolution puis de nombreux personnages différents s’enchaînent. Certains à décrier nos abus matérialistes, nos modes de fonctionnement…, et d’autres à proposer  des solutions. C’était plutôt juste j’ai trouvé. Hop l’extraterrestre revint pour conclure et c’est la fin.

Assez vite la valse des personnages m’en a fait oublier certains mais j'ai passé un bon moment. Benoît

 

Je trouve que l’affiche interpelle, avec un moment de tendresse entre un humain et la planète, en contraste avec le titre plutôt brutal. Quant au résumé, il m’a donné l’envie de voir le spectacle. Le sujet de la pièce est intéressant car il soulève des vérités aberrantes et injustes de notre système, de notre société de consommations abusives… autant qu’il propose des solutions et des prises de conscience pour vivre plus en harmonie avec les autres et la planète. J’étais donc impatiente d’y être.
Le comédien rentre par derrière (l’entrée) et s’installe sur scène. 
Dès le début, le texte est intéressant et dénonciateur (argent, manipulations, religions, fonctionnements…) par contre le comédien, seul sur scène, ne remplit pas tout l’espace et ne s’adresse qu’à un coté du public, c’est dommage. Une dizaine de personnages sont incarnés (un peu trop à mon goût) avec une bonne énergie, en changeant de look vestimentaire à chaque fois. Le décor et la lumière restent sombres et minimalistes. Je m’attendais à plus de couleurs, plus de folie mais la pertinence du texte nous tient attentifs, amusés et curieux.

Encore une fois, j’ai apprécié ce spectacle car il dénonce autant qu’il propose des solutions saines et efficaces pour mieux nous respecter, nous entendre et se servir à bon escient de tout ce que nous offre notre belle planète. Malgré quelques instants d’inattention, j’ai passé un bon moment. Spectacle à voir !  Vania

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31 juillet 2017 1 31 /07 /juillet /2017 14:37
Déshabillez Mots, nouvelle collection

Spectacle de "Acte 2" (75) en coproduction avec RSC, vu le 30 juillet, Avignon OFF 2017, à 14h30 au théâtre du Petit Louvre. Du 6 au 30 juillet.

Interprètes : Flor Lurienne, Léonore Chaix
Metteur en scène : Marina Tomé
 

Genre: Théâtre, strip texte
Public: Tout public, à partir de 12 ans
Durée: 1h15

 

"Allo ? J’suis sortie du dictionnaire et j’suis complètement perdue !"

Les premiers invités de la langue française font leur apparition dans l’émission Déshabillez Mots. Les deux comédiennes alternent avec aisance le rôle de l’animatrice et celui du "mot" ou de la "ponctuation" invités tour à tour sur le plateau. L'interview de ces derniers permet de les faire parler de leurs fonctions, leurs émotions, leurs ras-le-bol, leur (in)utilité parfois, leurs conflits avec d’autres mots et/ou d'autres ponctuations.

 

Ainsi l’exigence est appelée sur le plateau et se retrouve rapidement en difficulté pour faire entendre ses demandes face à l’animatrice. La sérendipité (que Word ne connaît pas), soit "celle qui a eu c’qu'elle a voulu mais pas voulu c’qu'elle a eu" (texte de la pièce), parlera intimement de ses parents chance et erreur. D’autres invités seront eux aussi interrogés, décortiqués, écoutés, tels que la politesse, l’inconstance, le lâcher prise... Entre quelques mots interviewés, les trois points de suspension débarquent pour évoquer leur problématique de "flou" constant tandis que le tréma, lui, explique ses altercations et divergences avec ses confrères les accents graves et aigus. D’ailleurs, à bien y réfléchir, dans "tréma" on ne trouve pas l’accent tréma. Le quipropos viendra défendre qu’il existe tant bien que mal en précisant tout ça avec des arguments toujours plus délirants.

 

Malgré un texte intéressant, une mise en scène plutôt efficace, je ne suis pas complètement conquise par cette représentation. J’apprécie sans réellement être très embarquée dans cette émission de strip texte. Le concept me plaît par son sujet, son texte et sa mise en scène innovante mais il me semble que, avec plus de subtilité, d’humour et un humour plus osé, cela m’aurait convaincue davantage. Les jeux de mots avec notre chère belle langue de Molière peuvent être encore approfondis selon moi, ils apporteraient un "peps" qui m’a parfois légèrement manqué.

 

Pour autant, le texte est plutôt fin, les deux comédiennes organisent bien leur mise en scène au fil de la pièce. J'apprécie en apprendre davantage sur la langue française tout en riant de ces complexités régulières. Le décor est minimaliste (quelques tabourets colorés et des luminaires) et met en valeur le jeu des deux artistes. Une belle performance théâtrale que je ne peux nier et qui pourrait être plus explosive à mon sens. Je précise tout de même que suis allée à la dernière représentation du festival Off 2017 et que je suis sortie avec une envie de développer encore et encore mon vocabulaire.

 

Valérie Desbrosse 

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