Overblog
Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Profil

  • www.vivantmag.fr
  • Site d'aide à la diffusion et à la programmation de spectacles vivants couvrant tous le grand Sud Est de la France, dédié aux programmateurs réguliers ou occasionnels, aux compagnies, mais aussi aux spectateurs.
  • Site d'aide à la diffusion et à la programmation de spectacles vivants couvrant tous le grand Sud Est de la France, dédié aux programmateurs réguliers ou occasionnels, aux compagnies, mais aussi aux spectateurs.

Bienvenue

Couv-cata2010 WebBonjour et bienvenue sur le blog de Vivantmag.
Vous y trouverez l'ensemble des commentaires de nos correspondants sur les spectacles qui ont été vus. Ce service est en ligne en accès libre depuis février 2007.
Si vous souhaitez prendre contact avec l'une des compagnies présentées, adressez nous un mail à blog@vivantmag.fr, nous vous adresserons rapidement leur coordonnées.
Découvrez sur le site www.vivantmag.fr, le catalogue des spectacles repérés... et l'ensemble des services de l'Association d'Aide à la Diffusion Interrégionale du Spectacle Vivant, l'AdAdiff.
Le Catalogue Vivant 2013/2014 des Spectacles repérés est disponible...
> Commande en ligne sur le site.

Rechercher

Mode d'emploi...

Avec plus de 1.200 spectacles commentés sur ce blog, les correspondants Vivantmag - AdAdiff, ne se posent pas en censeur du spectacle, loin de là. Nous souhaitons seulement faire partager un point de vue, forcément subjectif, sur les spectacles que nous voyons. Chaque retour de spectacle est ouvert à vos propres commentaires, et n'hésitez pas à en laisser car ils enrichissent ce travail d'échange et de partage d'informations.
Pour faciliter la lecture des spectacles, nous mettons désormais en place un picto permettant de donner notre avis général sur le spectacle. En voici le détail :
Décevant
Moyen
Pas mal...
Bien !
On adore !!! 

les spectacles du Off 2014

Découvrez tous les spectacles commentés par les correspondants de Vivantmag, et présents sur le Off 2014 d'Avignon. Certains ont été vus à leur création, en salle ou sur d'autres festivals, ou sur des précédentes éditions du Off. Grâce à un travail de veille artistique tout au long de l'année, l'Adadiff met à votre disposition son équipe de correspondants et vous permet de disposer d'un regard extérieur et indépendant pour faciliter votre choix. Commentaires ici...

25 juillet 2016 1 25 /07 /juillet /2016 21:35
Histoire d'une mouette et du chat qui lui apprit à voler
Source : Catalogue Avignon Off 2016
Source : Catalogue Avignon Off 2016

Spectacle de La Petite Compagnie/Courants d’art productions (78), AVIGNON OFF 2016, Théâtre Arrache Cœur, 15h15 du 07 au 30/07

D’après le roman de Luis Sepulveda (1996)

Mise en scène : Carl Hallak

Avec : Patrick Courtois

Genre : Conte théâtralisé

Public : Jeune public à partir de 6 ans

Durée : 1h

Création 2016

Carl Hallak, que les chats semblent inspirer (il a interprété le "Journal d’un chat assassin" que j’ai vu en 2011 en Avignon), a choisi de mettre en scène ce roman de L.Sepulveda. Il en a confié l’interprétation à Patrick Courtois, que j’ai déjà eu l’occasion de voir en 2013, dans "Confessions d’un amant lamentable", où il incarnait Groucho Marx.

Le décor est sobre, quelques caisses de bois, des filets de pêche et quelques objets propres à évoquer une ambiance portuaire... L’histoire se déroule sur le port de Hambourg, où vient s’échouer une mouette mazoutée agonisante, que Zorba le chat, recueille. Avant de mourir, elle lui fait promettre de veiller sur l’œuf qu’elle va pondre, de ne pas manger l’oisillon et de lui apprendre à voler.

Sous le coup de l’émotion, le chat promet, et se trouve ensuite bien embarrassé ! Mais une promesse est une promesse. Il fait appel à ses amis les chats errants du port pour l’aider à veiller sur l’œuf, puis sur la petite mouette, baptisée Afortunada, la nourrir, la préserver des dangers, en particulier des rats qui la croqueraient volontiers. Mais, pour lui apprendre à voler, ce que les chats ne savent pas faire malgré leur bonne volonté, l’assemblée des chats décide à titre exceptionnel, de faire appel à un être humain, un poète de leur connaissance, en qui ils ont confiance. Cette jolie fable ne manque pas d’intérêt et aborde la question des différences, de la tolérance, de l’entraide et de la fraternité, du respect de la parole donnée.

Carl Hallak a opté pour une mise en scène sobre, laissant la place à l’imaginaire. Tout ou presque repose sur le comédien, seul en scène, qui doit nous aider à y croire. Mais le jeu de Patrick Courtois, dont il ne me semble pas que le jeune public soit son domaine de prédilection, manque de suggestivité et de dynamisme. On se perd un peu parmi les personnages peu différenciés auxquels il prête voix. Il peine à faire prendre vie à la petite mouette matérialisée par un simple ballon de baudruche avec un bec. Les bruitages et la musique auraient pu aider à porter l’action, mais ils m’ont paru bien peu présents. Du coup, je n’ai pas réussi à me laisser embarquer, et le temps m’a paru bien long…

Cathy de Toledo

Published by Cathy de Toledo - dans Spectacle Jeune Public
commenter cet article
25 juillet 2016 1 25 /07 /juillet /2016 21:27
Le loup qui voulait être un mouton
Source : Cie Ladgy Prod
Source : Cie Ladgy Prod

Spectacle de la Cie Ladgy Prod (75), AVIGNON OFF 2016, Ateliers d’Amphoux, 9h50 et 10h50, du 07 au 30/07 sauf 12, 19, 25

D’après Mario Ramos

Adaptation et mise en scène : Cyrille Louge

Avec : Ghislaine Laglantine et Cédric Revollon

Genre : Marionnettes

Public : Jeune public à partir de 2 ans

Durée : 35 min

Création 2016

Contrairement à ce que peut faire penser le titre, Petit Loup ne rêve pas seulement d’être un mouton, il rêve surtout de s’envoler ! Il a en effet observé que, curieusement, les moutons parfois s’élevaient dans les airs.

Pendant tout le spectacle, les marionnettistes ne prononcent aucune parole et se bornent à échanger des "Bêêêê" et "Ouhouhouh", qui n’éclairent pas vraiment le spectateur. Les marionnettes sont très stylisées, ainsi que tout le décor. Même si je reconnais à l’ensemble un réel esthétisme, il n’est pas évident de prime abord, d’identifier certains éléments. Ainsi en est-il des deux pointes rouges qui figurent les montagnes, et j’ai entendu des enfants demander "qu’est-ce que c’est ?" Est-il certain en outre qu’ils aient compris que les moutons s’élèvent dans les airs parce que ce sont les aigles qui les attrapent, les déposent dans leurs nids perchés en montagne, pour les manger ultérieurement? D’ailleurs la façon dont Petit Loup se sort de la situation n’est pas très évidente…

Ainsi, le parti pris de mise en scène avec des marionnettistes quasi muets, laissant planer le doute dans certaines situations, m’a gênée. Et les bêlements et les hurlements de loup m’ont franchement agacée à force de répétition. Mais il est probable que les enfants ne s’attachent pas aux mêmes choses que les adultes… A réserver donc au très jeune public. A noter toutefois un bel accompagnement musical qui heureusement meuble les silences entre les cris des animaux !

Cathy de Toledo

Published by Cathy de Toledo - dans Spectacle Jeune Public
commenter cet article
25 juillet 2016 1 25 /07 /juillet /2016 21:25
Ivo Livi ou le destin d'Yves Montand
Source : Team Rocket Cie
Source : Team Rocket Cie

Spectacle de Team Rocket Cie (75), AVIGNON OFF 2016, Théâtre des Carmes, 14h, du 07 au 30/07 sauf 11, 18, 25

De : Ali Bougheraba et Cristos Mitropoulos

Mise en scène : Marc Pistolesi

Avec : Camille Favre Bulle, Ali Bougheraba, Benjamin Falleto, Cristos Mitropoulos, Olivier Selac

Genre : Théâtre musical

Public : Tout public

Durée : 1h40

Création 2016

Je retrouve à peu près la même équipe que celle de "l’Incroyable destin de René Sarvil" présenté en 2013 à Avignon par la Compagnie Les Carboni. Seul l’accordéoniste a changé. Et le nom de la Compagnie !

La Team Rocket Cie a choisi cette fois de mettre en scène la vie d’Yves Montand. De sa naissance en Italie en 1921 peu avant l’avènement de Mussolini, à sa mort en France en 1991, Ivo Livi a été le témoin de nombre des grands évènements du 20e siècle, la montée du fascisme en Italie, la Seconde Guerre mondiale, l’Occupation, les évènements dans les pays d’Europe de l’Est, etc. Bien sûr, nous connaissons tous peu ou prou la vie de Montand, depuis l’exil vers la France en 1923, l’installation de la famille dans les quartiers populaires de Marseille, son premier emploi de coiffeur dans le salon de sa sœur, et ses premiers pas dans le monde du music-hall comme chauffeur de salle dans un cabaret marseillais. Remarqué pour ses talents d’imitateur, les engagements vont s’enchaîner, à Marseille, puis à Paris. La rencontre avec Piaf sera déterminante, tant du point de vue personnel que professionnel. Et c’est aussi le début d’une grande carrière de séducteur !

Suivront le cinéma, Simone Signoret, les Etats-Unis, Marilyn... Son attachement aux idées communistes héritées de son père, l’empêchera pendant longtemps de condamner les exactions commises par le régime stalinien, malgré tout ce qu’il a pu voir dans les pays de l’Est lors des tournées professionnelles qu’il y a faites. Ce qui lui vaudra aussi la désaffection du public pendant un temps. Mais ce n’est pas tant la vie de l’artiste, si exceptionnelle fut-elle, qui m’a intéressée, c'est plutôt l’illustration que nous en livrent Ali Bougheraba et son équipe. Pratiquement pas de décor sur cette majestueuse scène du Théâtre des Carmes, juste quelques chaises, un banc, une table, modulables au fil du récit… Des comédiens habillés sobrement de noir, chemise et pantalon, incarnant indifféremment Montand. La seule femme du groupe, affublée de quelques accessoires, assure l’évocation des "femmes de Montand", sa mère, sa sœur, Piaf, Signoret, Marilyn, en chansons pour ce qui concerne Piaf et Marilyn.

Pendant plus d’une heure trente, les comédiens chanteurs, danseurs, animés d’une énergie et d’un dynamisme indéfectibles, et leur accordéoniste, illustrent l’histoire de cet artiste complet que fut Montand… Comme lui, ils savent jouer, chanter, danser, faire des claquettes. Tous ensemble, ils prennent du plaisir, et le communiquent généreusement à un public conquis qui n’a pas vu le temps passer. L’ovation finale est amplement méritée.

Cathy de Toledo

Published by Cathy de Toledo - dans Spectacle Tout public
commenter cet article
25 juillet 2016 1 25 /07 /juillet /2016 21:06
Tout s'arrange
Source : Les Trompettes de Lyon
Source : Les Trompettes de Lyon

Spectacle des Trompettes de Lyon (69), AVIGNON OFF 2016, Théâtre Notre Dame, 11h du 07 au 30/07 sauf 11, 18, 25

Mise en scène : François Rollin

Création lumière : Christian Marty

Interprètes : René Ballester, André Bonnici, Didier Chaffard, Jean-Luc Richard, Ludovic Roux

Genre : Spectacle musical

Public : Tout public

Durée : 1h15

Création 2016

La grande salle du Théâtre Notre Dame est le lieu idéal pour accueillir une telle formation et l’acoustique ne peut que sublimer la prestation des cinq trompettistes. Les Trompettes de Lyon existent depuis 1989, avec les cinq mêmes musiciens. Ils proposent depuis maintenant de nombreuses années, des spectacles musicaux théâtralisés teintés d’humour.

"Tout s’arrange" est leur dernière création, tendant à illustrer précisément que la musique classique est "arrangeable" ! Bien que la proposition n’ait rien à voir avec un concert classique, les musiciens sont "propres sur eux", en queue-de-pie noire, mais chemise fantaisie, sans cravate ni nœud papillon. Leur plus grosse folie vestimentaire se borne à arborer des lacets de couleur rouge ! Des trompettes, il y en a partout, pas seulement dans les mains de chacun des membres du quintet : des instruments de toutes dimensions, rutilants, sont disposés sur des tables ou au sol, en fond de scène.

Le quintet interprète des airs très connus de compositeurs classiques, Dvorak, Bach, Strauss, Schubert, Chopin, Vivaldi, Mozart, Pachelbel, Berlioz, Bizet. Chaque proposition, déjà adaptée bien évidemment pour les trompettes, est immédiatement revisitée à la sauce fantaisiste (façon tango, salsa, irlandaise, reggae, musette, polyphonique, voire hip-hop) relevée d’une touche humoristique, le plus souvent chorégraphiée.

C’est décalé, juste assez pour ne pas tomber dans la pantalonnade. Et n’oublions pas que nous avons affaire à de vrais professionnels, qui visent ici à faire découvrir la musique classique sous un angle différent, plus ludique, en proposant un moment de détente agréable et drôle. J’ai particulièrement apprécié l’adaptation de la 40e symphonie de Mozart à la mode jazzy new-yorkaise, et l’immersion de "l’Arlésienne" de Bizet dans l'atmosphère envoûtante de la musique arabe.

Cathy de Toledo

Published by Cathy de Toledo - dans Spectacle Tout public
commenter cet article
25 juillet 2016 1 25 /07 /juillet /2016 20:46
Léonard
Source : Catalogue Avignon Off 2016
Source : Catalogue Avignon Off 2016

Spectacle de Marc Pistolesi / l'Agence de Spectacles (34), AVIGNON OFF 2016, Ninon Théâtre, 16h45 du 07 au 30/07

De : Marc Pistolesi

Conspiration artistique : Ali Bougheraba

Avec : Edwige Pellissier, Jean-Baptiste Brucker, Marc Pistolesi

Genre : Théâtre

Public : Tout public

Durée : 1h10

Marc Pistolesi collabore depuis longtemps avec Ali Bougheraba. Il a mis en scène "l’Odyssée de la Moustache", et "Ivo Livi ou le destin d’Y.Montand", deux spectacles présents sur le OFF 2016. Ces deux spectacles ont emporté mon adhésion, pas seulement pour la mise en scène. J’étais donc curieuse de voir le résultat de leur collaboration "inversée".

Le décor nous plonge dans l’ambiance. Un café poussiéreux de village ou de quartier, en pleine décrépitude, un vieux tabouret de bar déglingué, un piano, sous un éclairage blafard. Sur le zinc, un téléphone ancien, quelques objets, un distributeur de cacahuètes... Un individu portant chapeau et valise passe par là, puis disparaît. Ce n’est pas Léonard qui, un peu hagard, sort bientôt du fond du piano! Mais il lui ressemble pourtant beaucoup… A vrai dire, j’ai eu un moment de flottement, tant je trouvais déroutant ce que je voyais. Deux individus semblant n’être qu’un, un pianiste prénommé Mercredi et une clarinettiste sortant bientôt eux aussi du même piano, dont on ne sait pas très bien ce qu’ils font là…! Peut être était-ce finalement un spectacle clownesque ?

Puis peu à peu, j’ai commencé à m’intéresser à Léonard, à suivre le chassé-croisé entre rêve et réalité, avec Arnolde, son double imaginaire, grâce à qui on comprend un peu mieux la situation… La ville se désertifie, l’usine a fermé, même l’église a été détruite. Les parents de Léonard sont morts. Il ne lui reste plus rien de son passé, sauf ce bar familial. Il ne se sent pas le droit de l’abandonner, et continue d’ouvrir tous les matins, même s’il ne vient jamais personne. Il est perdu, tourmenté, à la recherche d’une issue, d’un moyen d’avancer... Mercredi et sa musique le renvoient à ses rêves d’enfant, lui qui voulait être un artiste. En fin de spectacle, noyé (presque au propre comme au figuré!) dans la projection d’images vidéo de ses souvenirs d’enfance, qui couvrent tout le décor, il finit par toucher le fond, pour finalement rebondir, émerger, et poursuivre sa vie.

Marc Pistolesi porte dans ce (presque) seul en scène une aventure poétique servie par une écriture intelligente. Son interprétation donne vie à un personnage tendre et émouvant, sorte de Pierrot lunaire égaré dans une existence qui ne lui ressemble pas ou plus. C’est une bien belle proposition qui plonge le spectateur dans un univers étrange et onirique, où chacun peut cependant, dans l’histoire de Léonard, retrouver quelque chose de son propre cheminement. On sort de la représentation un peu cotonneux mais heureux, comme émergeant d’une nuit peuplée de jolis rêves…

Cathy de Toledo

Published by Cathy de Toledo - dans Spectacle Tout public
commenter cet article
25 juillet 2016 1 25 /07 /juillet /2016 18:29
Fables
Source : Cie Tàbola Rassa
Source : Cie Tàbola Rassa

Spectacle de la Cie Tàbola Rassa (12), AVIGNON OFF 2016, Théâtre des Lucioles, à 10h30 du 07 au 30/07

D’après Jean de la Fontaine

Adaptation : J.B. Fontanarosa, Asier Saenz de Ugarte et Olivier Benoit

Mise en scène : Oliver Benoit

Avec : Olivier Benoit et Alexandre Jean

Genre : Théâtre

Public :Tout public à partir de 8 ans

Durée : 1h15

Après un passage par Marseille, la compagnie qui commit il y a quelques années cette mise en scène si particulière mais si inventive de "l’Avare" où les personnages étaient des robinets, est désormais installée en Aveyron. Le spectacle qu’elle présente cette année en Avignon tourne depuis déjà plusieurs saisons. Son titre n’est à mon avis pas spécialement accrocheur, et j’ai bien failli passer à côté… Comme cela arrive quelquefois, on sent dès le début du spectacle que l’on va vivre un grand moment ! La tenue des deux comédiens, dans le style "Men in Black" (mais en gris !), sobres (et chauves) tous les deux, le bric-à-brac qui règne sur le plateau, la musique swing sur laquelle ils esquissent une danse endiablée en préambule, tout semble de bon augure. De fait, on démarre fort avec "Le loup et l’agneau", qui donne le ton. Un bonnet de laine écrue à "oreilles", quelques bêlements, et voilà un agneau torché en deux coups de cuillère à pot… Et comme les temps ont changé, la pauvre bête ne s’abreuve plus dans une rivière, mais tète avidement quelques gouttes rescapées au goulot d’un vieux bidon de plastique!

Une quinzaine de fables, certaines très connues, d’autres beaucoup moins, sont ainsi mimées, jouées intégralement ou simplement évoquées, synthétisées. Des cartons d’emballage en grand nombre, des feuilles de papier ou de plastique, des bidons, ainsi qu’un fauteuil rouge, vont servir de décor. Quelques accessoires, des objets détournés, bonnets, gants, plumeaux, casque de chantier, un simple journal, un ballon de baudruche vert, vont permettre d’évoquer sans nul doute, un hibou, une grenouille, bref tous les animaux mis en scène par Jean de la Fontaine… Les machines à vent et à fumée complètent la panoplie des moyens mis en œuvre, qui permettront, d’ailleurs, de livrer un final grandiose…

Les "Fables" prennent un sacré coup de jeune, grâce au talent, à l’inventivité, à l’énergie de ces deux "men", sans oublier leur voix qu’ils savent moduler. Les transitions musicales entre les "sketches" sont soignées et font appel à des styles musicaux différents, opéra, musique de chambre. De nombreux clins d’œil savoureux régalent les adultes, comme cette évocation de "YMCA" de Village People… Je concède qu’on en oublie un peu la morale des fables, bien que le simple fait que tout le spectacle se déroule finalement au milieu d’une sorte de décharge, constituée par les déchets de notre société de consommation, soit déjà un rappel des comportements destructeurs de l’homme. Mais pourquoi ne pas se laisser aller simplement au plaisir de rire ? Il sera temps ensuite de se replonger dans un recueil des "Fables", pour en apprécier à loisir les messages. Pour l’heure, on aimerait que ça puisse durer plus longtemps, car 75 minutes, c’est franchement trop court ! Mais ce Jean de la Fontaine, il en a écrit des centaines de fables. Alors peut-on caresser l’espoir qu’un opus 2 voie le jour, bien sûr, traité dans un autre registre, mais de manière toujours aussi drôle et inventive…? Pour cela, je crois qu’on peut faire confiance à ces deux artistes.

Cathy de Toledo

Published by Cathy de Toledo - dans Spectacle Tout public
commenter cet article
25 juillet 2016 1 25 /07 /juillet /2016 13:02
L'Ecole des Magiciens
Source :  Cie des Béliers
Source : Cie des Béliers

Spectacle de la Cie des Béliers (75), AVIGNON OFF 2016, Théâtre des Béliers, 14h10 du 07 au 30/07

Ecrit, interprété, mis en scène par : Sébastien Mossière

Genre : Magie

Public : Jeune public à partir de 4 ans

Durée : 1h10

Dans une salle de classe d’un genre particulier qui occupe tout l’espace scénique, nous sommes accueillis à l’Ecole de la magie, dans la classe de Monsieur Sébastien. Nous allons apprendre nos premiers tours de magie ! Le professeur a noté au tableau le programme de l’année scolaire, ainsi que la liste du matériel indispensable, au rang desquels l’incontournable baguette magique…

Mais avec ses faux airs de François-Xavier Demaison, son allure de monsieur tout le monde en habit de ville, ses déplacements incessants sur scène et son débit de paroles presque ininterrompu, Sébastien Mossière nous livre plus une prestation de show man, que celle d’un magicien "traditionnel". Et tout au long de son "cours", l’air de ne pas y toucher, il nous distille plein de "petits tours", fait apparaître ou disparaître, des foulards, des colombes, du feu, des boules, des baguettes, ou des cannes ! Tout cela bien sûr, avec la participation, sur la base du volontariat, de quelques "élèves magiciens", venus au tableau en quelque sorte, qu’il taquine gentiment. Il ne se prive pas non plus de manier l’humour, ni de débiner son collègue de la classe voisine, Mr Daech, qui apprend des tours abominables à ses élèves…

Certes, il lui arrive de faire des tours pas terribles, foireux même. Ainsi, une mauvaise manipulation lui cause une perte de mémoire. Du coup, Il ne sait même plus qu’il est magicien… Il va falloir que tout le monde l’aide, les enfants en particulier, à retrouver ses dons. Pour qu’il puisse enfin poursuivre son "cours" et aborder les tours compliqués au programme de la fin de l’année scolaire, la télékinésie, ou les lévitations d’objets ou de personnes. Mais aussi le tour qu’il doit présenter à Las Vegas pour le championnat du monde des magiciens…!

Alors courez, avec ou sans vos enfants ou petits-enfants, voir Sébastien Mossière. Comme il le dit si bien, "la magie est un art du spectacle qui sert à émerveiller". Et nous avons tous besoin ces temps-ci, d’être émerveillés, peut-être encore plus les grands que les petits…

Cathy de Toledo

Published by Cathy de Toledo - dans Spectacle Tout public
commenter cet article
25 juillet 2016 1 25 /07 /juillet /2016 12:59
Les trois brigands
Source : Journal "La Provence" 17 juillet 2016
Source : Journal "La Provence" 17 juillet 2016

Spectacle de la Cie les Muettes Bavardes (75), AVIGNON OFF 2016, Théâtre La Luna, à 10h15, du 07 au 30/07 sauf 13, 19, 26

D’après Tomi Ungerer (Ecole des Loisirs)

Composition musicale : Gustavo Beytelmann

Avec : Giada Melley, Elisabetta Spaggiari,

Musicien en alternance : Lysandre Donoso ou Sébastien Innocenti

Genre : Théâtre musical

Public : Jeune public à partir de 4 ans

Durée : 45 min

La représentation commence dans le noir. C’est un petit peu effrayant pour certains enfants… Heureusement, bien vite, la lumière s’allume, les comédiennes, le musicien et son bandonéon, entrent en scène. La compagnie a choisi d’adapter le livre de T.Ungerer sous forme théâtrale et musicale, tout en utilisant plusieurs formes de marionnettes : d’ombre pour la première apparition des brigands, à gaine type Guignol pour représenter les habitants de la contrée terrorisés par les brigands, et une marionnette à taille humaine manipulée à vue pour Tiffany, la fillette. Le décor est essentiellement constitué par une grande et belle diligence modulable, qui fait aussi office de castelet pour les marionnettes à gaine.

Un jour les brigands ne trouvent qu’une fillette dans la diligence qu’ils attaquent. A défaut d’autre butin, ils l’embarquent et l’emmènent dans leur repaire. Cette rencontre va changer leur vie. Ils vont désormais se consacrer à recueillir et élever des enfants abandonnés. Les trois interprètent content, chantent, manipulent et nous proposent une interprétation très orientée vers le jeune public.

Les intermèdes chantés qui ponctuent les moments clés, m’ont paru un peu longs et redondants par rapport au récit, provoquant une impression de manque d’énergie. Mais il n’est pas exclu que ceci soit un choix délibéré visant à ne pas brusquer les tout jeunes enfants… Néanmoins, le décor, les costumes très fidèles aux illustrations de l’ouvrage, la mise en scène et les éclairages, témoignent d’un travail soigné. Ainsi, les qualités esthétiques de la proposition sont indéniables.

Cathy de Toledo

Published by Cathy de Toledo - dans Spectacle Jeune Public
commenter cet article
25 juillet 2016 1 25 /07 /juillet /2016 12:39
Rimbaud en morceaux

Spectacle de la Compagnie Beau Parleur (30), vu au Théâtre du Verbe Fou, Avignon Off 2016

D'après l’œuvre d'Arthur Rimbaud

Adaptation, interprétation : Jean-François Homo

Direction d'acteur : Christiane Marciano

Voix off : Romain Isoard

Composition électro-pop/effets sonores : OMOH (Baptiste Homo, Clément Agapitos)

Genre : Théâtre musical

Public : Adultes, jeunes dès 13-14 ans

Durée : 55 min

Création 2016

A l'aube de Mai 68, Jean-François Homo adolescent découvre le désir de liberté et de contestation. Pour ce jeune en révolte, les écrits de Rimbaud ouvrent la voie. Il quitte sa famille et prend la route avec le désir de monter sur les planches et de mener une vie d'artiste. Installé à Nîmes, il crée après Les amuseurs publics associés (années 80), la Compagnie Beau Parleur composée d'artistes professionnels et de bénévoles, amateurs de théâtre. Création théâtrale, action culturelle à l'écoute de son temps... J.F.Homo assume la responsabilité artistique et la coordination. Actions de proximité, formation aux pratiques artistiques, travail avec les scolaires, la compagnie joue pleinement son rôle de tisseur de liens au quotidien. En 2016, elle vient de fêter ses 25 ans.

Seul en scène tout de noir vêtu, avec une malle, une corde et un gouvernail pour seul décor, Jean-François Homo nous résume l'itinéraire de vie du poète à l'âme tourmentée. Pour cette introduction la voix de Romain Isoard l'accompagne (Rimbaud en voix off) et déclame sur des fragments musicaux (groupe OMOH). Au fil du spectacle, Jean-François à la fois lecteur, témoin, interprète, navigue entre œuvre et vie, plonge, s'identifie, refait surface, porté par la transcendance rimbaldienne. Révolte, colère, paroles visionnaires... Cette interprétation innovante n'est pas sans me rappeler Léo Ferré, seul en scène. Force, puissance, délire des mots, des passages périlleux, attention ça tangue !

Tout en respectant une chronologie tant biographique que dramatique, le comédien metteur en scène choisira de garder dans leur intégralité : "Sensation" (mars 1870) et "Saison en enfer" (avril-août 1873), notons que le batteur Gael Galzin intervient en soutien avec du slam sur cette saison-là. Sur le pont, parmi cette poésie qu'il connaît par cœur, Jean-François a découpé patiemment, et sélectionné avec l'irrésistible désir de dire ; pour lui il s'agit d'un retour aux sources. Sous l’œil complice et avec la collaboration artistique de la danseuse-chorégraphe Christiane Marciano, avec les collaborateurs, amis de toujours, Carlos Moreno aux lumières et Albin Fontalba en régie, cet "OPNI", Opus poétique non identifié, entre théâtre et récital, slam et monologue, voit le jour.

Prise de risque, avidité d'expériences de toutes natures, cette création constitue une adaptation contemporaine d'une originalité pertinente. L'acteur à l'âme rimbaldienne est comme soulevé, les mots, les phrases s'en trouvent puissamment éclairés, soulignés. Les options musicales contribuent à faire ressentir au spectateur les paroles visionnaires du poète, cet état de dérèglement en tous sens jusqu'à tutoyer la folie, et passer une "saison en enfer". La puissance des mots est amplifiée par un accompagnement musical actuel et innovant. Pour cette création musicale spécifique, Clément Agapitos et Baptiste Homo (fils de J.F.Homo) ont déstructuré et remodelé l'instrumentation d'une piste musicale appelée "Tequila Sunrise". Ce duo compose le groupe OMOH, largement salué par la critique, en 2013, comme la prochaine sensation french pop.

La poésie de Rimbaud préfigure le surréalisme, révolté qu'il était par l'état du monde d'alors ! Bravo à Jean-François Homo, magistral dans ce solo. Toute sa sensibilité est à la hauteur du verbe et tout son être, sa voix, sert la beauté, la révolte et la liberté. Donner vie à l’œuvre de Rimbaud ainsi, constitue un engagement solidaire et tolérant vers et pour chacun(e) d'entre nous.

Parents, professeurs, amis des poètes, lieux de transmission, ce spectacle constitue une excellente façon de faire découvrir ou retrouver l’œuvre de Rimbaud savamment dépoussiérée, sa rage de vivre, d'écrire, sa soif de liberté.

Lydie-gisèle Brogi

Published by Lydie Gisèle Brogi - dans Spectacle Adultes
25 juillet 2016 1 25 /07 /juillet /2016 11:00
Fight Night
Fight Night

Spectacle de la compagnie Ontroerend Goed (Belgique), vu le 15 juillet 2016, à la Manufacture (patinoire), dans le cadre du Festival d’Avignon Off 2016

Auteur : Ontroerend Goed

Metteur en scène : Alexander Devriendt

Interprètes : Angelo Tijssens, Aurélie Lannoy, Charlotte De Bruyne, Grégory Carnoli, Hervé Guerrisi, Jonas Vermeulen

Texte : Alexander Devriendt, Angelo Tijssens et les interprètes

Traduction française : Aurélie Lannoy, Joeri Smet

Régie générale : Babette Poncelet, Iben Stalpaert

Genre : Théâ-réalité irrévérenc
ieuse

Public : A partir de 14 ans

Durée : 1h10 environ

Création 2016


"Vous avez peut-être déjà vu 'A Game of You', ce spectacle très remarqué au Festival d’Avignon 2009 ?" me pose-t-on comme question dès mon arrivée à la billetterie de la Manufacture. Moi non ; mais c’est aussi ce que j’entendais dans toutes les bouches du bus nous amenant à la Patinoire d’Avignon.

Il n’est pas étonnant que la première chose qui me soit arrivée en allant voir un spectacle de la compagnie Ontroerend Goed, ce soit justement qu’on me pose une question. Ontroerend Goed est un auteur qui interroge son public. Il le questionne avant, pendant, et après le spectacle. Je me demande même jusqu’à quand ça va durer, vu que sa future création parle du "point de non-retour où l’humanité décidera si la terre continuera avec ou sans la présence de l’homme". Délicieux sujet. On a hâte de connaître la réponse. La fin du monde, on n’y est pas encore dans "Fight Night", mais on en approche, c’est certain. On vote pour même, avec un boîtier fourni à chaque spectateur pour "contrôler la situation" durant le spectacle. Nous entrons dans un jeu de "théâ-réalité". Les comédiens nous sont présentés comme des candidats, par un présentateur chargé d’animer la soirée. Des candidats à quoi on se demande, mais l’animateur nous informe qu’ils vont tous les 5 se soumettre à nos votes plus ou moins hésitants (délirants ?), en direct et pendant plusieurs rounds (5 aussi), afin qu’ils soient éliminés un par un et, comme vous le savez, "qu’il n’en reste plus qu’un". Pour la beauté de l’un par exemple ; ou encore pour la potentielle confiance qu’on accorde d'ores et déjà à l’autre ; et quand les 5 candidats ont le droit de prononcer quelques mots pour nous séduire et éveiller en nous de la commisération, puisqu’on nous demande ce qu’on en pense, la sympathie ou le dégoût finit de convertir ce qui n’était qu’un penchant en de vraies actions concrètes. On appuie sur le bouton. Et puis on élimine. Et c’est parfois (plus tard) notre leader qu’on élimine. Nous sommes des êtres conscients, mais pathétiques.

Doit-on forcément voter, d’ailleurs, quand on nous pose une question bête? Je veux dire quand précisément on ne nous donne que des choix absurdes à faire… C’est la deuxième question puissante que je me suis posée, tout comme bien sûr le public. Mon voisin de siège (et précieux ami) s’est bien marré devant mon incapacité rapide et totale à éliminer une personne à cause de la couleur de ses cheveux, par exemple (je ne dévoilerai aucune des vraies questions posées au public). Mais à chaque fois ça marche. Le public a voté. Malgré l’absurdité apparente des propositions, une majorité se dessine. Que signifie cette majorité ? Se sent-on proche des autres ? Et puis… que fait notre leader de cette majorité ? Que reste-t-il d’encore lisible, de la première fois où l’avions "sélectionné" ? La troisième question, si brûlante et si actuelle, qu’Alexander Devriendt choisit évidemment de poser dans "Fight Night", c’est celle des dangers de la démocratie prétendue représentative de la majorité. Et c’est aussi la question des contrôles qu’exerce cette majorité apparente. Que faisons-nous de notre droit de vote ? Que et qui représente-t-il aujourd’hui ? Le faisons-nous dans la même légèreté que lorsqu’on vote pendant le spectacle ? La question n’est jamais abordée frontalement durant la représentation, mais elle s’immisce avec dérision, au second degré, dans un jeu dont tout le monde voit qu’il est absurde, mais auquel tout le monde croit avoir le pouvoir de participer. Que fait-on de ce regard que l’on pose (tous) sur cette situation absurde ? Avec "Fight Night" nous en expérimentons - ensemble - les limites.

La performance de jeu (à mes humbles yeux), consiste en ce que 5 des 6 comédiens qui font face au public chaque soir ont appris 5 textes différents (ils ont tous appris le texte des autres comédiens), et vont devoir en jouer 1, parmi ces 5. Ils ne savent pas lequel avant d’entrer en scène, évidemment, celui-ci étant le fruit de… (Mais cela n’est pas annoncé au public. Alors chut, je ne dis rien.) Ce que je peux vous dévoiler, c’est que le spectacle est (presque parfaitement) joué en français. Car il a été brillamment traduit. Et si vous aimez l’accent belge, "ben, une fois" vous vous régalerez. Deux écrans télé au-dessus du présentateur, 5 candidats sur un plateau, et une table pour 2 consultants techniques qui se tiennent prêts à informer le public sur les statistiques des profils votants. La scénographie et la mise en scène restent simples. Familières. Comme les votes du public. Dommage que la majorité des Belges vivent en Belgique. Mais, allez, on pourrait voter pour une grande tournée de "Fight Night" dans toute la France en 2016! A la veille des élections de 2017, comme ce serait bien…

Danielle Krupa / Allez Zou ! (A voté.)

Published by Danielle Krupa / Allez Zou ! - dans Spectacle Adultes
commenter cet article