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Couv-cata2010 WebBonjour et bienvenue sur le blog de Vivantmag.
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Avec plus de 1.200 spectacles commentés sur ce blog, les correspondants Vivantmag - AdAdiff, ne se posent pas en censeur du spectacle, loin de là. Nous souhaitons seulement faire partager un point de vue, forcément subjectif, sur les spectacles que nous voyons. Chaque retour de spectacle est ouvert à vos propres commentaires, et n'hésitez pas à en laisser car ils enrichissent ce travail d'échange et de partage d'informations.
Pour faciliter la lecture des spectacles, nous mettons désormais en place un picto permettant de donner notre avis général sur le spectacle. En voici le détail :
Décevant
Moyen
Pas mal...
Bien !
On adore !!! 

les spectacles du Off 2014

Découvrez tous les spectacles commentés par les correspondants de Vivantmag, et présents sur le Off 2014 d'Avignon. Certains ont été vus à leur création, en salle ou sur d'autres festivals, ou sur des précédentes éditions du Off. Grâce à un travail de veille artistique tout au long de l'année, l'Adadiff met à votre disposition son équipe de correspondants et vous permet de disposer d'un regard extérieur et indépendant pour faciliter votre choix. Commentaires ici...

16 février 2017 4 16 /02 /février /2017 19:21

                                                                                                                                                                                                                                                                                        

Spectacle des compagnies Ong Dam (34) et Récré-Cité (30), vu le 20 Oct. 2016, 10h30, au Carré Rondelet, Montpellier (34).

 

Texte (éd. Le Manuscrit, 2008) et mise en scène: Jasmine Dziadon

Interprètes: Jasmine Dziadon et Damien Alibert

Décor: Jacques Pons

Costumes: Georgette Mico

 

Genre: Conte théâtralisé et musical

Public: 3-10 ans

Durée: 45 min

Jauge : adaptable

Création 2011

 

Avec "l’Effet papillon", Ong Dam et Récré-Cité proposent ici un joli conte sur la nature et l'amour, accompagné de mélodies issues d’un large répertoire. Marguerite la fleur (J.Dziadon) et Mozart le papillon (D.Alibert) tombent amoureux. Mais elle reste rivée au sol alors que lui virevolte librement… jusqu’à disparaître aux yeux de sa bien-aimée. Le chagrin de la fleur émeut ses amis, qui se mobilisent pour retrouver l'amoureux volage. C'est ainsi que des grenouilles sourdes, un couple de tortues fatiguées, une chouette grognon, un épouvantail agité, la Lune et même le Soleil, se lancent dans une étonnante quête riche en suspens et en effets comiques où chacun tente d'aider, avec plus ou moins d'efficacité. L'aventure finit bien et l'on voit, comme le rappelle la compagnie, que "chaque petit geste peut faire de grandes choses". 

J’ai pris grand plaisir à ce spectacle. Le décor est soigné et expressif. L’intrigue bien rythmée intègre dialogues, chansons connues et airs classiques ou contemporains (D.Alibert à la guitare) dans un ensemble vif et homogène, très accessible aux jeunes spectateurs. A eux deux, J.Dziadon et D.Alibert interprètent pas loin de dix rôles qui se rencontrent, se croisent, se poursuivent. Ils restent convaincants dans leurs transformations, aidés en cela par l’esthétique et la pertinence des costumes. Gestuelle, mimiques, intonations, bruitages transmettent efficacement les singularités de chaque personnage avec quelques clins d'oeil amusants. D.Alibert met ses compétences de clown au service d’animaux cocasses et accompagne les dialogues d’airs de guitare connus ou improvisés. J.Dziadon diversifie son jeu avec talent, de la marguerite jusqu’à la Lune. Le texte explore une assez large gamme d'émotions et les messages passent avec légèreté grâce à un humour omniprésent. Quelle drôlerie, par exemple, dans le duo de grenouilles sourdes ou chez ce couple de très vieilles tortues qui hésitent encore à partager la même maison! Les enfants ont beaucoup participé et ri, et les adultes semblent avoir apprécié ce spectacle enlevé, intelligent et riche en qualités artistiques.

Adaptable, le spectacle peut se jouer autant en salle qu’en extérieur. Il s’adresse aux groupes d’enfants comme aux familles.

Catherine Polge

(Affiche de Viviane Weber)

Autres spectacles (pour enfants) de la cie sur le blog:

Cubeo et Bouliette    Le petit chat magicien

 

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16 février 2017 4 16 /02 /février /2017 19:12
Mini concert de Noël

 

Spectacle de Flavia Perez (34), vu au théâtre de La Vista, Montpellier (34), le 22 déc. 2017, 16h.

 

Auteure, compositrice, interprète : Flavia Perez (chant et guitare)

 

Genre : Spectacle musical

Public : Dès 3 ans

Durée : 45 min

Création 2016

 

Chez Flavia Perez, Noël swingue! Avec sa guitare et un sampler, l’artiste crée un joyeux spectacle interactif, où dynamisme et humour sont au rendez-vous. Sur des chansons tirées au sort par les enfants, elle raconte, chante, bruite, mime. Le jeune public retrouve des contes, mélodies et comptines du répertoire revisités et malicieusement chamboulés. On se perd dans les bois, on suit une fourmi, on croise un Grincheux comique, une Blanche-Neige nunuche et un Père Noël ensommeillé. Les enfants participent et se retrouvent même sur scène à la fin pour danser. Ce voyage nous laisse tous, petits et grands, le sourire aux lèvres.

Ce jour-là La Vista accueille des enfants de réfugiés accompagnés de leurs parents. Grand nombre d’entre eux n’ont jamais vu de spectacle vivant et ne parlent pas français. Leur intérêt était palpable tout au long du spectacle. Reconnaissons que F.Perez se donne généreusement à son public! A peine sur scène, elle s’adresse aux enfants avec entrain et gentillesse. Elle est attractive, avec gestuelle et mimiques très drôles. Invités tout au long du spectacle à chanter, mimer, faire des bruitages, les enfants sont visiblement enthousiastes. Sur les rythmes chaloupés de Flavia et avec des textes de son cru, nous allons de surprise en surprise. Ainsi une aventure à suspense débouche tout à coup sur une comptine connue, ou bien un conte classique est soudain détourné avec humour. Rien n’est convenu, tout avance en ricochets, sur une cadence d’enfer. Voilà un spectacle fort divertissant, y compris pour les adultes.

A programmer pour tous publics, sans hésitations.

Catherine Polge

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16 février 2017 4 16 /02 /février /2017 19:01
Contes et rencontres des autres terres

 

Spectacle de la Cie Théâtrale Francophone (34), vu le 9 Fév. 2017, Théâtre Pierre Tabard, Montpellier (34).

 

Textes de tradition orale recueillis, adaptés, mis en scène et contés par: Damiane Goudet

Assistée de: Jérémy Jeannin

Décors: Sophie Bastide

 

Genre : Conte

Public : Enfants de 3 à 10 ans

Durée : 45 min

Création 2015

Version pour 3-6 ans

 

Ce jour-là le théâtre accueille un très jeune public: une quarantaine d’enfants de 3 à 5 ans venus d’un centre aéré. Dans un décor simple et gai aux couleurs soutenues, D.Goudet, conteuse, invite les enfants à un grand périple dans l’imaginaire: Nouvelle-Calédonie, Afrique de l’Ouest, France, peuple tsigane, Vanuatu. Autant de cultures, autant de contes récoltés. Au fil de ces histoires, de la plus quotidienne aux plus fantastiques, la comédienne sème du rêve, des repères pour affronter les peurs, des principes de sagesse pour grandir. Le spectacle, cadencé et ouvert aux interactions, est un succès.

D.Goudet a choisi cinq contes de styles assez diversifiés (féériques, étranges ou drôles) qu'elle relie par un fil narratif tout en ménageant entre chaque histoire des moments de détente et d'échange avec son jeune public: les enfants répètent des mots magiques en choeur, répondent à des questions amusantes, ils rient, battent des mains. J’ai apprécié le jeu tranquille et clair de D.Goudet qui rend le spectacle accessible à la compréhension des plus petits. Sa gestuelle illustre efficacement un vocabulaire souvent exigeant et même parfois soutenu, qui refuse toute simplification verbale. Tout en restant une source de plaisir, l’ensemble incite les enfants à être attentifs, à mémoriser et à réfléchir. J’ai retrouvé dans cette exigence une des qualités de la production de la Compagnie à destination des jeunes publics. Quant au décor, simple et léger, il est adaptable à tous types de lieux.

La Cie Théâtrale Francophone propose sur son site un dossier pédagogique détaillé qui cible autant les capacités de mémorisation, de restitution gestuelle, de verbalisation, de création, que d’écriture. Une version plus longue du spectacle est disponible pour les 7 à 12 ans et peut être suivie de débat. Ce spectacle de qualité s’adresse avec bonheur autant aux familles qu’aux groupes d’enfants.

Catherine Polge

 

Autres spectacles jeune public de la Cie sur le blog:

Léou Doudou?    Lune et l'accordéon   L'Enfant qui regardait les étoiles   

Titam c'est moi      Vanille la chenille          Pelagia

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16 février 2017 4 16 /02 /février /2017 18:57
La quête du Râle

 

Spectacle de la cie du Faubourg (04) vu dans le cadre du festival "Comme à la maison", le dimanche 5 février 2017 à Reillanne (04).

 

De et avec: Olivier Clément

 

Genre: Clown, musique et jongle

Public: Tout public

Durée: 50 min

Création 2016

 

C'était le spectacle que j’étais plus particulièrement venu voir sur ce nouveau festival. Un solo de clown préhistorique créé très récemment. Sans un mot, ou plutôt avec quelques râles, Olivier Clément campe un clown avec comme seul accessoire une énorme massue multiusage.

Le rythme du spectacle, démarre plutôt doucement dans un échange craintif avec le public, mais n’hésitant pas à plonger au cœur des spectateurs dans une quếte amoureuse contrariée. Ménageant ses effets, le comédien enrichit ainsi sa proposition grâce à son instrument surprenant qui se révèle être un didgeridoo (instrument aborigène). Il apporte ainsi à son solo un rythme musical inattendu. Dosant toujours la montée en puissance de son show, l’énorme massue devient Totem sur laquelle il finit par se hisser, tout en jonglant avec d’autres massues. Une petite prouesse technique dont les spectateurs raffolent.

Malgré l’économie de moyens, il nous entraîne dans une belle dramaturgie, mêlant humour, effets visuels et sonores, et surprises techniques, pour terminer dans une danse tribale avec un public qui ne se fait pas prier pour participer. Les effets sonores de boucles musicales samplées sur son instrument viennent renforcer la transe et rythmer un tableau participatif plein d’énergie. La confrontation finale entre le public sur scène et celui resté assis se fait par des cris libérateurs qui rendent ce spectacle réjouissant.

Un spectacle créé pour se jouer en extérieur et qui a rencontré un vrai succès pour clôturer ce joli festival. A découvrir.

Eric Jalabert

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16 février 2017 4 16 /02 /février /2017 18:50
Festival "Comme à la maison"

 

Festival "Comme à la maison. Les nouvelles créations Reillannaises", 1ère édition, organisé par l'Association L’Alicorne, les vendredi 3, samedi 4 et dimanche 5 février 2017 à Reillanne (04).

 

Genre: Théâtre et musique

Public: Tout public

 

Comme un bon vin chaud parfumé, j’ai pu découvrir ce festival autoproduit, autogéré et autonome organisé en trois semaines à peine par le collectif des artistes Reillannais qui participent activement depuis plus de 15 ans à la vie de ce petit village de 1 500 belles âmes. Six spectacles, quatre concerts et un bal à danser dans un magnifique chapiteau dressé sur la place du village. Une rencontre qui fait chaud au cœur, au cœur de l’hiver. L’association L’Alicorne, qui gère également le bar musical "Le Café du cours" où j’avais pu passer une soirée fort agréable il y a deux ans, s’occupe de lancer les projets. L’idée est de ne pas attendre le bon vouloir des uns et des autres pour faire leur métier et surtout se faire plaisir. C’est la clé de la réussite et en tout cas de cet enthousiasme communicatif. A la vue des agendas chargés de cette bande de fous, ils arrêtent la seule date où tout le monde est disponible et lancent l’affaire. Il faut dire que c’est leur métier: des artistes, des techniciens, des communicants, et de nombreux bénévoles qui organisent déjà en été un festival "Le Grand Bouillon" qui a connu un beau succès en 2016.

L’idée est de donner à voir les créations des compagnies locales dans des conditions favorables. Un parc de matériel partagé, un espace scénique spacieux, une organisation rigoureuse et chaleureuse, et un public qui répond présent, même quand le climat n’est pas favorable. Résultat: 350 personnes étaient présentes le samedi soir et, pour ce que j’ai pu constater le dimanche après-midi où je suis venu partager le froid de l’hiver avec eux, 200 personnes en moyenne pour chacun des spectacles. On parle souvent d’économie de la survie pour ces festivals autonomes, mais ceux-là connaissent leur affaire. Avec un prix des places entre 5 et 7 € et des pass attractifs pour la journée, ils ont fait en sorte que chacun puisse repartir avec un ou deux cachets tout en payant les frais inhérents à l’organisation. Car ça n’est pas parce qu’ils s’organisent eux-mêmes qu’ils vont travailler pour rien.

J’ai ainsi pu assister à trois spectacles ce dimanche sous la pluie:

A 14h30, "Un air d’ailleurs", de la compagnie Les faubourgs de Babel. Il s’agit d’un duo musical autour de la parole glanée dans des maisons de retraite, à la poésie impressionniste et porté par une mise en scène très travaillée, mais qui mériterait d’en préciser les contours qui m’ont semblés parfois bien flous.

A 17h00, "Ici c’est chez moi... pfhh!!!", de la compagnie T’émoi. Un conte musical et dansé, où trois jeunes danseuses sorties d’un tissu chrysalidien dansent au son d’un duo guitare/percussions d’une incroyable efficacité. Pour ma part, le mélange m’a semblé trop dense entre le conte, dont j’ai rapidement perdu le fil, et les propositions visuelles et musicales. C’est encore un peu jeune, mais cette proposition très généreuse nous entraîne dans une rêverie indéniable.

Enfin, à 18h45, "La quête du Râle" de la compagnie du Faubourg que j’étais plus particulièrement venu voir. Un solo de clown préhistorique créé très récemment. Sans un mot, ou plutôt avec quelques râles, Olivier Clément campe un clown avec comme seul accessoire une énorme massue multiusage. Le rythme du spectacle démarre plutôt doucement dans un échange craintif avec le public, mais n’hésitant pas à plonger au cœur des spectateurs dans une quếte amoureuse contrariée. Ménageant ses effets, le comédien enrichit ainsi sa proposition grâce à son instrument surprenant qui se révèle être un didgeridoo (instrument aborigène). Il apporte ainsi à son solo un rythme musical inattendu. Dosant toujours la montée en puissance de son show, l’énorme massue devient Totem sur laquelle il finit par se hisser, tout en jonglant avec d’autres massues. Une petite prouesse technique dont les spectateurs raffolent. Malgré l’économie de moyens, il nous entraîne dans une belle dramaturgie, mêlant humour, effets visuels et sonores, et surprises techniques, pour terminer dans une danse tribale avec un public qui ne se fait pas prier pour participer. Les effets sonores de boucles musicales samplées sur son instrument viennent renforcer la transe et rythmer un tableau participatif plein d’énergie. La confrontation finale entre le public sur scène et celui resté assis se fait par des cris libérateurs qui rendent ce spectacle réjouissant.

Un spectacle créé pour se jouer en extérieur et qui a rencontré un vrai succès pour clôturer ce joli festival.

Eric Jalabert

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3 février 2017 5 03 /02 /février /2017 20:19
Strange Ladies

Spectacle de la compagnie Strange Ladies/La Face Cachée (57), vu au Théâtre Les Hauts Plateaux à Avignon (84), le vendredi 27 janvier 2017.

 

Création et interprétation: Heidi Brouzeng (clarinette), Véronique Mougin (piano), Emilie Weber (violon)

 

Genre: Concert
Public: Tout public
Durée: 1 heure

 

"Un trio de giRRRls qui chante l’amour, la rage, le désir ou la mélancolie avec le plaisir des langues..." Voilà un pitch qui avait attiré ma curiosité. C’était l’occasion pour moi de découvrir également cette petite salle avignonnaise dédiée aux bizarreries musicales, portée par le collectif Inouï Productions et installée au cœur d’Avignon au dessus de l’AJMI depuis 2011.

Dans une ambiance feutrée, tapis au sol et lampes de chevet sur le plateau au milieu d’un capharnaüm d’accessoires divers, nos trois musiciennes en perruques et robes colorées viennent se glisser dans notre intimité l’air de rien, en nous offrant pour commencer un slam scandé et assez poétique qui vient installer leur univers particulier. Mêlant poésie, chant, cabaret berlinois, et teintées d’un zeste d’autodérision, ces trois filles fragiles et pleines d’énergie chantent en anglais, en allemand, en italien, en français... pour ce que j’ai pu reconnaître.

Ce sont des punks romantiques qui mixent la saturation avec le violon et la clarinette, osant des changements de rythmes improbables et parfois violents. Curieusement, j’y ai retrouvé également une ambiance très conte de fées, un univers acidulé de petites filles face à la réalité, une fragilité qui transparaît dans la voix et les phrases musicales en boucle. C’est à la fois doux et acide, tendre et violent, calme et déchaîné. Un reflet de la vie tout simplement ?

Elles nous transportent dans leur monde, un monde de tous les possibles où l’on fait des riffs avec son violon, où l’on sature le piano mécanique et où l’on fait siffler des ballons. On se laisse porter par ces riches idées musicales, cette ambiance atypique mais pas inconnue qui nous offre un voyage sur place. Ce trio, issu d’horizons artistiques différents et qui porte ce projet musical depuis un an, prépare un premier album pour le printemps 2017. L’occasion de découvrir ces étranges ladies...

Eric Jalabert

(crédit photo: Emilie Salquèbre)

 

 

 

 

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23 janvier 2017 1 23 /01 /janvier /2017 11:29
Requiem

arles-agenda.fr

 

Spectacle de Sonia Wieder-Atherton et André Markowicz, vu au TGP (Saint-Denis), le 14 janvier 2017

 

Texte: Anna Akhmatova
Musique: 3e Suite pour violoncelle seul, opus 87 de Benjamin Britten
Interprétation: Sonia Wieder-Atherton, André Markowicz

 

Genre: Théâtre musical
Public: Adulte
Durée: 1h

 

Parfois, les amalgames ont du bon. Je pensais avoir réservé pour écouter le "War Requiem" de Benjamin Britten. J’ai bien entendu du Britten mais en accompagnement de la tragique poésie de résistance d’Anna Akhmatova. Dans la petite salle du TGP, complète, le plateau est nu. Côté cour, assis à une table de travail, siège André Markowicz, le grand traducteur de russe, ici présent pour dire "Requiem" d’Anna Akhmatova. A sa droite se tient la non moins prodigieuse violoncelliste Sonia Wieder-Atherton. Ils font résonner ces deux œuvres, intimement liées, pour mieux faire entendre la tragédie du peuple russe dont Anna Akhmatova se fait le porte-parole.

Anna Akhmatova, grande poétesse russe du XXe siècle, est par sa vie même l’incarnation des souffrances subies par tout un peuple durant la Terreur stalinienne. Elle perd successivement ses trois maris, fusillés ou déportés. L’Etat tente, en vain, de la faire taire. Son fils unique en prison, Staline lui propose un pacte faustien: une éventuelle clémence pour son fils moyennant un panégyrique. Anna Akhmatova répond par "Requiem". "Requiem" ce sont 12 longs poèmes (8 seront lus dans la soirée) en mémoire de son mari, de son fils et, au-delà, de toutes les victimes de la Grande Purge. Les poèmes ont été composés "de tête", appris par cœur par des amis et, ainsi, diffusés à l’oral seulement, jusqu’à leur transcription en 1962. André Markowicz restitue le texte, toute proportion gardée, comme Anna Akhmatova l’avait, pour des mesures évidentes de sécurité, conçu: pas de traduction figée mais des notes qui laissent place à l’improvisation. Pour dire l’indicible, les poèmes sont dits en trois langues: le français, le russe et le violoncelle. L’œuvre de Britten qui ponctue les récitatifs et les explications de texte n’est pas choisie au hasard. Le compositeur l’avait dédiée à Rostropovitch. Lequel avait entendu les poèmes d’Anna Akhmatova. Il y a donc une filiation naturelle entre la musique et les poèmes.

La voix d’André Markowicz est douce et flûtée, même dans l’exaltation. Il récite en russe et passe au français par un simple "ça dit ça". Il commente le texte, explique les références difficiles à entendre pour un non-spécialiste de la littérature russe, pointe pour le spectateur les assonances et autres allitérations que le russe fait entendre mais que le français trahit. Par contraste, le violoncelle de Sonia Wieder-Atherton joue une voix plus grave ou plus stridente, c’est selon. Tantôt mélodieuse, plus souvent dissonante et saccadée, "la suite", qui exige un jeu très technique, fait deviner les sous-entendus terrifiants des métaphores graves mais pudiques d’Anna Akhmatova. C’est un spectacle exigeant mais rendu très accessible par la pédagogie d’André Markowicz, l’entremêlement des quatre voix (français, russe, violoncelle et enregistrement d’Anna Akhmatova elle-même), et par la durée resserrée de la représentation. Il en ressort une grande densité émotionnelle.

Catherine Wolff

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11 janvier 2017 3 11 /01 /janvier /2017 14:10
Le Terabak de Kyiv

lemonfort.fr

 

Spectacle en coproduction avec les Dakh Daughters (Ukraine), vu au Monfort (Paris 14e), le 17 décembre 2016.

 

Mise en scène: Stéphane Ricardel

Musique: Ruslana Khazipova, Tania Havrylyuk, Solomia Melnyk, Anna Nikitina, Natalia Halanevych et Zo

Composition: Vlad Troitsky

Numéros de cabaret: Julieta Martin, Yann Frisch, Matias Pilet, Josephina Castro Pereyra, Daniel Ortiz, Oscar Nova de la Fuente, Benoît Charpe

 

Genre: Cabaret

Public: Tout public

Durée: 1h30 à 2h

 

Envie de se dépayser un peu? Besoin d’une potion revigorante pour affronter l’hiver? Désir d’enterrer joyeusement cette fichue année 2016? J’ai la solution qu’il vous faut: le "Terabak de Kyiv".

Le "Terabak de Kyiv", c’est un cabaret imaginé par Stéphane Ricardel, directeur du Monfort, en collaboration avec Patrice Wojciechowski et une équipe franco-ukrainienne. Les spectateurs sont accueillis dans une belle yourte en bois, à des tables collectives. Au bar, des spécialités locales, goûteuses et très abordables, feront office d’encas pour ce voyage vers l’Est. Les lumières s’éteignent. Monsieur Loyal en la personne du magicien Yann Frisch chauffe la salle tandis que dans une ambiance de prime abord expressionniste, le groupe des Dakh Daughters ouvre le bal. Ce sont elles qui vont faire les meneuses de revue. Dans un registre varié, du chant choral aux ambiances plus rock, elles se produisent naturellement durant les intermèdes. Mais elles participent aussi pleinement aux numéros qu’elles rythment voire commentent à la voix ou en gestuel.

Les numéros se déroulent plutôt en hauteur et c’est tant mieux dans une salle bondée. L’espace scénique est très resserré ce qui contribue à magnifier les prestations. Dans des disciplines variées, elles sont quasiment toutes époustouflantes. Je citerais mes préférées: Matias Pilet dans un numéro de clown naïf et distrait qui a une manière toute personnelle de faire le ménage; Yann Frisch qui bluffe l’assemblée avec ses tours de cartes illusionnistes et son royal bashing; Josefina Castro Pereyra et Daniel Ortiz qui font frémir le public avec leurs prouesses au cadre; Benoît Charpe qui, non content d’être un expert du monocycle, s’amuse à expérimenter l’engin sur un trampoline. Voilà un aperçu des numéros qui ont tous pour point commun d’être courts mais extrêmement denses et calés au millimètre.

Le "Terabak de Kyiv" est un petit condensé de beauté et de gaieté à l’état pur. C’est dynamique, enlevé et chaleureux. A consommer sans modération.

Cathy Wolff

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11 janvier 2017 3 11 /01 /janvier /2017 12:25
The Elephant in the Room

 

 

Spectacle de la compagnie Cirque Le Roux, vu à Bobino (Paris 14e), le 16 décembre 2016.

 

Mise en scène: Charlotte Saliou

Interprétation: Grégory Arsenal (Jeune Bouchon), Lolita Costet (Mrs Betty), Philip Rosenberg (Mr Chance), Yannick Thomas (John Barik)

 

Genre: Cirque

Public: Tout public

Durée: 1h15

 

Ma première à Bobino! En tant que spectatrice bien sûr. Je vous la joue loufoque à l’instar du spectacle protéiforme "The Elephant in the Room" par le Cirque Le Roux. 

Bobino, c’est grand et c’était très correctement rempli en cette veille de vacances. Un public fort diversifié s’était donné le mot pour venir voir un spectacle de cirque contemporain. La notion de cirque, même accolée à son adjectif contemporain, est un peu réductrice pour désigner "The Elephant in the Room". Le spectacle est un mélange des genres et des disciplines plutôt inédit. C’est tout à la fois du cirque, du vaudeville, du cinéma burlesque, de la danse. On y pratique avec un même brio portés acrobatiques, pyramides, danse contemporaine, claquettes, art du clown et comédie. Le tout avec seulement quatre artistes, trois hommes et une femme!

Le spectacle se déroule en frontal, sur un espace scénique plutôt réduit, dans un décor unique d’intérieur bourgeois en camaïeu de gris qui évolue insidieusement sous l’effet de quelques procédés ingénieux. La lumière bien sûr, qui, sur la fin du spectacle, descend des cintres sous la forme d’une multitude de lampadaires; mais aussi les cadres dont les peintures caravagesques changent comme pour annoncer le nouveau tableau qui va se jouer sur scène. L’histoire, c’est celle de Mrs Betty qui vient d’épouser Mr Barik. Au lieu de convoler en justes noces, elle s’isole, se refuse, drague tantôt le domestique de Monsieur, tantôt un convive anglais en la personne de Mr Chance, se change en sorcière dont on ne comprend pas bien les intentions - empoisonner Monsieur ou, tel Circé, dominer tous ces hommes. On l’aura compris, l’histoire est prétexte aux numéros.

La virtuosité, acrobatique ou chorégraphique, n’empêche pas la grâce. La synchronisation avec la bande son, plutôt jazzy et gershwinienne, est parfaite. Les personnages sont bien campés parce que les comédiens ont su assumer et jouer de leurs particularités physiques : Mr Barik aux proportions éponymes est un gentil colosse d’amour éploré, Mrs Betty évoque Joséphine Baker, le jeune Bouchon suggère Laurel tandis que Mr Chance n’est pas sans ressemblance avec le Jack du "Titanic". Autant de références qui ouvrent l’imaginaire et participent aussi, parfois, du grotesque. Quelques tableaux m’ont particulièrement plu: le générique conçu comme un générique de polar des années 1930, la danse acrobatique toute en gémellité de Mr Chance et de Bouchon, les scènes de portés en général. Je regrette néanmoins la confusion de l’histoire. Cela finit par parasiter le spectacle et lui enlever du rythme. Ainsi, le début est-il longuet et maladroitement bavard. Et la fin de la narration est-elle bâclée au point que l’univers des années 1930 qui avait prévalu tout le long du spectacle a disparu par on ne sait quel enchantement.

Ces réserves faites, "The Elephant in the Room" est un spectacle de grande qualité tant par les prouesses effectuées que par les multiples univers abordés et auxquels il se réfère.

Catherine Wolff

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5 janvier 2017 4 05 /01 /janvier /2017 17:11
Nestor s'entête

 Spectacle de la Compagnie Croqueti, vu dans le cadre du festival "La maman des poissons" 2016 à Pézenas.

 

Avec: Claude Formosa, Katy Elissalde

Mise en scène: Claude Formosa

Création marionnettes: Katy Elissalde

 

Genre: Théâtre et marionnettes

Public: Familial à partir de 4 ans

Durée: 40 minutes

 

Chronique rédigée par: Isabelle, Corinne, Valérie, Gregory et Jacqueline

 

En ce samedi de novembre où je vais voir un des spectacles inscrits dans le cadre du Festival "La maman des poissons" de Pézenas, je m’installe dans le théâtre à l’italienne. Le chant des cigales résonne, effet apaisant… La construction technique de cette histoire nécessite le noir afin de ne pas voir les acteurs marionnettistes faire vivre leurs personnages sur scène. Papier mâché, carton, tissu? Je ne sais de quoi sont fabriquées ces marionnettes. Tête ronde, tête carrée, tête énorme… Elles ont toutes de drôles de tête mais elles en ont une. Sauf Nestor. Pas de tête. Alors Nestor se met en tête de trouver sa place dans la société. Entre recherche d’un emploi qui lui corresponde et quête du grand amour. Mais comment trouver l’amour sans tête?  Au-delà du sujet sur l’acceptation de soi et des différences, je me suis laissé charmer par les musiques aux styles différents et souvent entraînantes, par la magie technique, notamment par la prouesse des marionnettistes qui ne sont que deux sur scène pour animer cette belle histoire. Isabelle

En allant au théâtre, j’étais bien. J’avais envie d'en profiter et je ne pensais à rien d’autre. Le lieu m’a plu, c'était la première fois que je rentrais dans ce lieu. D’entrée de jeu, j’ai été séduite par le costume des marionnettes, la couleur et le mouvement. Je voulais me laisser emporter sans m’arrêter… Corinne

Je suis arrivée au théâtre, toujours  enjouée à la perspective de voir un spectacle, sans aucun a priori, avec juste l’envie de me laisser surprendre. Le spectacle s’adresse à la petite enfance et est, de fait, conçu avec beaucoup de visuels, des étoiles, des marionnettes qui se déplacent, de la couleur… On en prend plein la vue! Mais aussi plein les oreilles, avec des musiques qui vont chercher l’émotion de chacun... La courte durée (40 minutes) n'empêche pas de faire passer de multiples messages, à différents niveaux. Pour les enfants, ces futurs citoyens, mais aussi pour les parents, en leur rappelant des valeurs essentielles. Le scénario et la mise en scène renvoient à la légèreté, grâce à un visuel  qui coule de source, ça glisse, on se régale! Effets de jeux de mots, sans se prendre la tête, merci Nestor ( c’est l’effet sans tête)... Je finis par me dire ô combien la culture garde une place prépondérante dans l’éducation de nos enfants. Ne le perdons pas de vue, préservons ce message essentiel, si bien mis en image dans cette pièce. " Oyé Oyé soyez tolérants, appréciez la différence, elle ne peut que nous apporter du bonheur!!!!" Valérie

Je suis content et confiant. Le lieu m a plu, c’est une belle découverte du moment. J’ai été agréablement surpris par les effets spéciaux de son et de lumière, et par ces belles marionnettes qui apparaissaient et disparaissaient. Je n’imaginais pas qu’on pouvait faire aussi beau avec des marionnettes! J’aurais apprécié que ca continue quand la fin du spectacle est arrivée. Comme quoi sans tête, on peut faire des choses!!!!! Gregory

 Ce spectacle nous raconte le parcours de Nestor, ses rêves, ses essais, ses échecs, avec un départ pas facile: le petit Nestor n'a pas de tête, son chapeau repose directement sur ses épaules. Le mot "tête" reviendra très souvent dans les commentaires de la voix off, les autres marionnettes sont pourvues de grosses têtes lunaires, le titre du spectacle est un jeu de mots, tout cela souligne le handicap du bonhomme. Le fond noir du décor met en valeur les couleurs vives et fluorescentes des personnages et des accessoires. Des musiques rythmées et dansantes accompagnent le parcours accidenté du petit personnage et le dédramatisent. On y reconnaît des musiques de cirque, de ballets fin 19e, le Boléro de Ravel, l'air de la Strada de Fellini, de la musique Klezmer... Un spectacle pour petits enfants se doit d'avoir une fin optimiste: à la fin d'un parcours d'échecs répétés, Nestor trouve l'âme soeur et devient marchand d'idées dans un joli décor d'épicerie à l'ancienne. Les petits spectateurs auront-ils saisi la leçon illustrée par ce joli spectacle coloré et musical, l'idée que chacun finit par se trouver une place dans la société? Cette idée est bien cachée sous la fantaisie, l'humour, la poésie, le mouvement, la rapidité, qui caractérisent cette œuvre. Gageons que ce moment restera pour eux un très joli souvenir, à la fois livre d'images et dessin animé. Comme pour les adultes présents. La chaleur des applaudissements, à la fin, a donné un magnifique sourire aux deux animateurs de ce spectacle qui a su charmer l'enfant qui reste en nous. Jacqueline

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