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  • Site d'aide à la diffusion et à la programmation de spectacles vivants couvrant tous le grand Sud Est de la France, dédié aux programmateurs réguliers ou occasionnels, aux compagnies, mais aussi aux spectateurs.
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Couv-cata2010 WebBonjour et bienvenue sur le blog de Vivantmag.
Vous y trouverez l'ensemble des commentaires de nos correspondants sur les spectacles qui ont été vus. Ce service est en ligne en accès libre depuis février 2007.
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Avec plus de 1.200 spectacles commentés sur ce blog, les correspondants Vivantmag - AdAdiff, ne se posent pas en censeur du spectacle, loin de là. Nous souhaitons seulement faire partager un point de vue, forcément subjectif, sur les spectacles que nous voyons. Chaque retour de spectacle est ouvert à vos propres commentaires, et n'hésitez pas à en laisser car ils enrichissent ce travail d'échange et de partage d'informations.
Pour faciliter la lecture des spectacles, nous mettons désormais en place un picto permettant de donner notre avis général sur le spectacle. En voici le détail :
Décevant
Moyen
Pas mal...
Bien !
On adore !!! 

les spectacles du Off 2014

Découvrez tous les spectacles commentés par les correspondants de Vivantmag, et présents sur le Off 2014 d'Avignon. Certains ont été vus à leur création, en salle ou sur d'autres festivals, ou sur des précédentes éditions du Off. Grâce à un travail de veille artistique tout au long de l'année, l'Adadiff met à votre disposition son équipe de correspondants et vous permet de disposer d'un regard extérieur et indépendant pour faciliter votre choix. Commentaires ici...

23 mai 2016 1 23 /05 /mai /2016 19:27
La Petite Fille aux Allumettes
Site CTEJ (compagnie)
Site CTEJ (compagnie)

Spectacle de PAN ! La Compagnie (Bruxelles) et Le Petit Théâtre (Lausanne), vu le 7 mai 2016, au Théâtre Paul Puaux, Domaine d’O, Montpellier (34) dans le cadre du Festival Saperlipopette.

D’après le conte d’Andersen

Auteur et mise en scène : Julie Annen (avec le soutien de F. Melquiot)

Avec : Salvatore Orlando, François de St Georges, Viviane Thiébaud et François Delcambre

Genre : Théâtre

Public : Tout public à partir de 6-7 ans

Durée : 45 min

Quatre voix sont ici réunies pour incarner l’histoire de cette petite fille qui, par une nuit glaciale de la St Sylvestre, tente de vendre des allumettes aux passants, indifférents. Finalement elle craque les allumettes pour se réchauffer, mais meurt de froid après avoir eu des visions, dont celle de sa grand-mère adorée décédée depuis peu. Julie Annen a demandé à des groupes d’enfants de 6 à 12 ans leur avis sur cette histoire sinistre, de livrer leurs interrogations, et d’apporter des suggestions pour en modifier le déroulement et l’issue. L’enregistrement de leurs réflexions est diffusé en "off" au début du spectacle. Le décor est sommaire. Sur une estrade qui délimite l’espace de jeu sont installés deux réverbères style XIXe siècle, entre lesquels est accrochée une guirlande, telles celles qui illuminent les rues des villes en période de fêtes de fin d’année. Les comédiens sont vêtus de manteaux et bonnets de laine. Diable, c’est l’hiver, il ne fait pas chaud, la neige tombe ! Tour à tour, avec une surprenante fluidité, ils interprètent des villageois, le maire, la neige, un sapin de Noël, un poêle à bois, et même une dinde ! Mais personne n’incarne la petite fille dont on entend seulement la voix.

La compagnie a choisi une manière différente d’aborder cette histoire, la ramenant ainsi à un fait divers plausible, suscitant d’ailleurs de nombreux questionnements. L’histoire est transposée au XXIe siècle. La fillette vit avec ses parents dans un camping-car à l’écart du monde, loin de la ville. Après une existence normale, le père a connu le chômage, puis la dégringolade qui a conduit la famille à cette situation précaire. La mère est très malade, mourante. Le père envoie sa fille à la ville chercher de l’aide. Malgré la peur, le froid qui transperce son corps trop peu couvert, elle traverse le bois, où traîne une bande de jeunes qui semble préparer un mauvais coup. Courageusement, elle poursuit son chemin. Mais en ville chacun est occupé aux préparatifs du réveillon. Personne ne la regarde, ne lui ouvre sa porte ou ne lui donne quelque chose à manger. Découragée, transie, elle se réfugie dans un coin abrité, où le briquet qu’elle avait dans sa poche lui procure un peu de lumière et de chaleur, mais aussi des visions réconfortantes. Jusqu’à l’apparition de sa grand-mère qui seule lui apportait du réconfort, et qu’elle suit avec joie vers un ailleurs plus doux…

L’histoire n’est pas si éloignée du conte d’Andersen, bien que plus contemporaine et plus réaliste. D’autant que Julie Annen a connu elle-même à l’adolescence cette vie dans la précarité à la suite d’une faillite, puis d’une expulsion. Elle a été confrontée à l’isolement, à l’indifférence et à la honte, heureusement avec une issue moins tragique. Mais la mise en scène lumineuse, joyeuse, parfois saugrenue, non dénuée d’humour, la musique omniprésente, les comédiens qui chantent et dansent, confèrent un air de "comédie musicale" au spectacle. Les voix des enfants apportent un vent de fraîcheur bienfaisant, même si leurs questions et remarques sont claires et sans concession. La fin saurait-elle être différente pour autant, ou simplement vue différemment?

Malgré mes craintes au début de la représentation, je n’ai pas trouvé ce spectacle misérabiliste, mais plutôt empreint de tendresse et de sensibilité. Mise en avant par la sobriété du décor, la qualité de jeu des comédiens n’est pas étrangère à cette sensation.

Cathy de Toledo

Published by Cathy de Toledo - dans Spectacle Tout public
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9 mai 2016 1 09 /05 /mai /2016 21:55
Alpheus Bellulus
Alpheus Bellulus

Spectacle du Collectihihihif (34), vu le 22 avril 2016, en séance publique, au théâtre la Vista à Montpellier (34)

De et avec : Philipp Vöhringer et Emilie Marin

Genre : Clown et arts numériques

Public : Tout public à partir de 5 ans

Durée : 45 min

Création 2016

Le hall de la Vista est envahi de valises… qui part en voyage ???

De fait, dès que le public est installé, nous voilà plongés dans une ambiance "ferroviaire". On devine un circuit installé sur le plateau et, dans la pénombre, un train se met en mouvement, accompagné des sons et lumières évocateurs des gares. Des voyageurs apparaissent en ombres chinoises, chargés de valises.

Par un procédé de rétroprojection, un wagon passe de taille réduite à taille normale, et deux personnages clownesques apparaissent dans l’encadrement de deux fenêtres d’un wagon en mouvement. Les deux individus regardent le paysage défiler, jusqu’à leur arrivée de nuit dans un village perdu, par un temps d’hiver neigeux et venteux… Ce sont des artistes de cirque qui, dans leurs valises, transportent tout ce qui est nécessaire à leur spectacle. Leur ménagerie (chèvre, éléphant, lion), un chapiteau miniature qui passe miraculeusement à grandeur nature, et tout un bric-à-brac indispensable à leurs numéros, dont un vieux tourne-disque à manivelle. La représentation peut alors commencer, après que l’un des clowns ait endossé son costume de clown blanc. Les numéros défilent, tours de magie, dressage d’animaux, jusqu’au final musical sous la baguette du clown blanc. Avant de remballer le matériel et de poursuivre la route vers d’autres cieux…

Très visuel, accompagné à merveille par des éclairages parfois magiques, porté par une bande musicale évocatrice, le spectacle recèle de nombreuses trouvailles, qui en font bien plus qu’un spectacle clownesque. L’ambiance est bien rendue et l’on suit avec nostalgie et un brin de compassion l’itinérance de ces saltimbanques. Si l’ambiance un peu sombre du début du spectacle peut effrayer quelques enfants, le spectacle est préconisé à partir de 5-6 ans. Enfin, une configuration de proximité me paraît préférable à une grande salle, bien qu’a contrario un grand espace puisse permettre de développer le jeu et les effets spéciaux… Toutefois, la fin m’a parue un peu brutale, presque bâclée, donnant l’impression qu’il manque quelque chose, que le spectacle est trop court. Mais il s’agissait de la troisième représentation de cette nouvelle création du Collectihihihif, et le résultat est déjà très prometteur ! A revoir donc après quelques représentations.

Cathy de Toledo

Published by Cathy de Toledo - dans Spectacle Tout public
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9 mai 2016 1 09 /05 /mai /2016 21:46
La Mer
Source : Compagnie Chaotik
Source : Compagnie Chaotik

Spectacle de la Compagnie Chaotik Théâtre (34), vu le 26 avril 2016, en séance centre aéré, au théâtre la Vista, Montpellier (34). Sortie de résidence, première représentation publique.

Texte et mise en scène : Olivier Labiche

Jeu : Benoit Saladino/Julien Assemat en alternance, Olivier Labiche

Genre : Théâtre

Public : Jeune public à partir de 3 ans

Durée : 50 min

Création 2016

L’ambiance maritime est évoquée avec des bruits de vagues, accompagnés d’une musique douce. Installés d’un côté du plateau, trois musiciens jouent et chantent en direct. Un tissu léger couvre le sol, agité par une soufflerie… Les vagues clapotent sous un tout petit bateau arrondi, une vraie "coquille de noix" !

Sur l’écran en fond de scène est projetée l’image d’une côte escarpée, qui s’éloigne pour disparaître à l’horizon, au fur et à mesure que le bateau gagne la haute mer. L’impression de mouvement est encore accentuée par l’agitation du jeune garçon sur le bateau "culbuto". Il monte au mât, défait la voile, tire des bords, tout en commentant ses actions à l’attention de son fidèle compagnon de voyage, sa poupée Mario… La succession des jours et des nuits est bien rendue par une belle gestion de la lumière, dans un halo feutré. La rencontre avec des animaux, oiseaux, baleines, bancs de poissons, est évoquée avec poésie par des projections sur l’écran et sur le tissu des vagues.

Mais le voyage initiatique qu’a entrepris le jeune garçon n’est pas de tout repos ! Après avoir été frôlé par un gros paquebot, après avoir affronté la tempête qui déchire la voile et le mal de mer, et alors que la nourriture et l’eau viennent à manquer, le garçon cède à la fatigue et s’endort... La poupée Mario prend alors vie pour devenir un vrai compagnon en chair et en os, et une aide précieuse pour terminer le voyage sains et saufs !

C’est un joli spectacle, porté par une scénographie efficace qui rend bien compte de l’étendue et des mouvements de la mer, en utilisant à bon escient projections de dessins et d’images. Le jeune public est embarqué à la découverte du vaste monde dans le sillage de ce petit garçon épris de liberté. Il ose braver l’inconnu et les éléments, va ainsi gagner en autonomie et devenir grand… Très attentifs, les enfants ont bien suivi l’histoire, réagi à l’apparition des animaux marins, sans être impressionnés le moins du monde par les mésaventures qu’affronte le jeune garçon !

Malgré quelques soucis techniques et de légères imperfections pour cette toute première représentation, "La Mer" est un spectacle prometteur destiné plutôt à un public de classes maternelles... A suivre !

Cathy de Toledo

Published by Cathy de Toledo - dans Spectacle Jeune Public
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9 mai 2016 1 09 /05 /mai /2016 21:38
Boris et les sœurs Sushi
Source : Compagnie Renards
Source : Compagnie Renards

Spectacle des compagnies Effet Mer (34) et Undessix (Belgique), vu le 7 mai 2016, sous chapiteau au Domaine d’O à Montpellier (34), dans le cadre du Festival Saperlipopette

Texte : Arthur Oudar

Mise en scène : Arthur Oudar et Baptiste Toulemonde

Interprétation : Arthur Oudar, Julie Sommervogel, Nina Lombardo, François Gillerot / Baptiste Toulemonde (en alternance)

Genre : Théâtre

Public : Familles à partir de 6 ans

Durée : 55 minutes

Création 2015

L’histoire commence dans le noir, avec en fond sonore des borborygmes qui émanent du ventre de Boris ! On ne sait pas encore très bien qui est le personnage qui, dans un halo de lumière, nous signale qu’on trouve beaucoup de choses incongrues dans cet estomac… Afin d’expliciter le fait, il décide de nous raconter l’histoire depuis le début, et comment il a fait la connaissance de Boris.

Boris est un enfant de 8 ans, trop grand pour être petit, mais trop petit pour être un adulte… Il est juste hors normes, et sa Mama qui n’arrive plus à assumer son gigantisme, le met un jour dehors, estimant qu’il est temps pour lui d’aller vivre sa vie !

Dans la forêt, il rencontre le loup (en fait notre narrateur) dont il n’a absolument pas peur… Ce serait même l’inverse ! Bien que le loup lui conseille de rester à l’écart du monde, où les êtres différents ne sont pas appréciés, il décide malgré tout d’aller s’inscrire à l’école… Il a la chance d’y faire la connaissance des redoutables sœurs Sushi, qui font la pluie et le beau temps dans la cour de récré. Elles animent une espèce de cabaret de préau, et créent des numéros complètement déjantés. Boris devient leur ami et partenaire, mais aussi l’amoureux d’Alice !

L’écriture est réellement d’une grande qualité, très contemporaine et inventive dans le domaine du conte destiné prioritairement au jeune public. J’avais déjà eu un aperçu de la créativité d’Arthur Oudar, lorsque j’ai vu il y a quelques années "Les Pitoyables aventures de Tom Pouce" et "Bonjour, on est un tsunami". Les codes ont changé et les enfants ne rient plus tout à fait des mêmes choses qu’il y a dix, vingt ou trente ans. Arthur Oudar table sur une vraie écriture théâtrale, délirante et réaliste, qui n’effraie cependant pas les enfants car le rire n’est jamais très loin.

Et finalement, les adultes s’amusent tout autant que les enfants, si j’en crois les réactions dans les rangs de l’assistance. Il n’y a pas de temps mort, les quatre comédiens, d’une énergie inépuisable, chantent, dansent, s’agitent pendant près d’une heure. Le choix de François Gillerot pour le rôle de Boris est très judicieux. Sa grande taille et son visage juvénile en font un jeune ogre tout à fait "crédible"… Et il semble par ailleurs prédestiné puisqu’il interprète également "l’Ogrelet" de Suzanne Lebeau, avec une autre compagnie !

Le décor, installé au centre d’un cercle délimité par des lumières, est sommaire, composé de quelques meubles ou objets d’usage scolaire, détournés astucieusement pour les créations "artistiques" des Sœurs Sushi, au rang desquelles un petit spectacle de marionnettes et de théâtre d’ombres. Les éclairages complètent à bon escient les différentes phases de l’action. La musique est omniprésente, parfois même un peu trop, et c’est d’ailleurs le seul vrai reproche que je ferais à ce spectacle, qui comporte malgré tout quelques (petites) longueurs.

La morale n’est pas absente de ce spectacle, qui respire la bonne humeur, les joies de l’amitié et de l’amour, de l’entraide, par-delà les différences. La fin paraît certes étrange mais est, d’une certaine manière, très positive. Boris a enfin trouvé son bonheur de vivre…

Le public a quitté le chapiteau avec la banane, conquis.

Cathy de Toledo

Published by Cathy de Toledo - dans Spectacle Tout public
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9 mai 2016 1 09 /05 /mai /2016 20:06
Souliers Rouges. Tragi-comédie pour petite fille et marâtre
Source : compagnie Les Nuits Claires
Source : compagnie Les Nuits Claires

Spectacle de la Compagnie Les Nuits Claires (34) et de la Compagnie Agnello (Belgique), vu en séance scolaire le 18 février 2016, au théâtre Jacques Cœur à Lattes (34)

Texte : Aurélie Namur

Mise en scène : Félicie Artaud

Jeu : Claire Hengel, Aurélie Namur, Yannick Guégan

Genre : Théâtre

Public : Familles à partir de 7 ans

Durée : 55 minutes

Création 2015-2016

Un personnage en costume rouge, auréolé d’une lumière flamboyante, se présente comme Tristan Dersen, descendant du célèbre Andersen. Il nous rappelle l’essentiel du célèbre conte très cruel dont s’est inspirée Aurélie Namur pour cette réécriture.

Une orpheline est adoptée par une marâtre qui ne supporte pas que l’enfant conserve des souvenirs de sa mère défunte. Comme elle, l’enfant aime le rouge… Or donc, "Madame ma mère" lui impose le blanc ! Le personnage inventé de Tristan Dersen, s’invite alors dans l’action. Diabolique vendeur, il propose à la fillette pour l’achat d’une paire de chaussures blanches, de lui offrir des chaussures rouges, qui lui permettront de rejoindre sa maman adorée, et que la fillette s’empresse de chausser…

Dans le conte originel, ces chaussures maléfiques obligent la fillette à se lancer dans une danse endiablée, qui ne cesse que si on lui coupe les pieds ! Juste punition pour avoir transgressé l’interdit. Certes, le maléfice opère ici aussi, et l’enfant se lance dans une gigue, à la fois drôle et terrifiante, portée par une musique dynamique, mettant son environnement sens dessus dessous… Une hache fait même son apparition ! Mais Aurélie Namur a fait le choix de proposer une morale différente, bien moins cruelle, plus tournée vers un avenir apaisé.

La mise en scène ingénieuse s’appuie sur un espace délimité par les panneaux disposés en triangle, décorés de tapisserie très kitch, ou agrémentés d’un store à lamelles, donnant une impression de profondeur. Peu d’éléments de décor, une table ronde haute, deux tabourets dont un très haut pour la marâtre, qui domine la fillette installée sur une siège très bas. Les comédiennes arborent des tenues très BCBG dignes des années soixantes, en harmonie avec le décor. Les éclairages alternent entre le blanc très pur et le cramoisi, se jouant des contre-jours et des ombres chinoises. Les objets, notamment les chaussures, semblent doués d’une vie propre, parlent, et se déplacent seuls…

Aurélie Namur transpose ce conte dans un univers réaliste, plus proche de celui des enfants d’aujourd’hui, abreuvés de jeux vidéo. L’ensemble a un petit air de spectacle de music-hall… les costumes, les jeux de lumière et la musique probablement ! La fable reste néanmoins moralisatrice, mais de manière plus actuelle et crédible.

Cathy de Toledo

Published by Cathy de Toledo - dans Spectacle Tout public
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9 mai 2016 1 09 /05 /mai /2016 19:56
La Maladie de Sachs
La Maladie de Sachs

Spectacle de la compagnie Le Théâtre de la Remise (34), vu le samedi 2 avril 2016, en séance publique, espace Morastel, à Mauguio (34) dans le cadre de la manifestation "Le théâtre s’expose" du 14 mars au 6 avril

D’après le texte de : Martin Winckler

Adaptation et interprétation : Marion Coutarel, Nicolas Hérédia

Genre : Théâtre

Public : Tout public à partir de 12-14 ans

Durée : 1 heure

Les spectateurs sont installés en U dans la salle d’attente du docteur Sachs. Petite jauge, grande proximité avec les comédiens… Le docteur Sachs commence une nouvelle journée. De consultations en visites, assisté de sa fidèle secrétaire, une ancienne patiente, il soigne, est à l’écoute des symptômes réels ou imaginaires des uns et des autres, rassure, console, fait face aux demandes parfois étranges ou inacceptables des familles. Jeune médecin de campagne, sa vie est tout entière occupée par sa pratique, faisant au mieux pour soulager et apporter des réponses, au point d’en oublier sa vie personnelle. S’inspirant des nombreuses notes qu’il porte sur les dossiers de ses patients, il rédige une sorte de journal de bord de son quotidien, peut-être comme thérapeutique à ses propres doutes et angoisses, ou pour combler les manques de son existence… Plus tard, Pauline, une autre de ses patientes devenue sa compagne, émue par ses écrits, le poussera à les publier.

Les deux comédiens se partagent la blouse blanche du médecin, et avec elle l’interprétation des différents protagonistes (le médecin, les patients, les membres de leurs familles, la mère, les confrères, l’amante…). Entre jeu et conte, Marion Coutarel et Nicolas Hérédia nous accompagnent pendant une heure avec aisance et naturel, dans cette aventure humaine pleine d’émotion, parfois drôle, parfois tragique, où se mêlent étroitement les petites histoires des malades, et celles de leur thérapeute.

L’auteur, Marc Zaffran/Martin Winckler est devenu médecin par tradition familiale, et même s’il ne le regrette pas, ses aptitudes le portaient plutôt vers l’écriture. Finalement il a pu concilier les deux et s’est mis en scène dans ses romans sous l’identité du docteur Bruno Sachs.

Merci donc au service culturel de la ville de Mauguio de nous avoir offert cette mise en espace d’un roman inclassable, comme un avant-goût au prochain Festival d’Avignon et ses nombreuses petites salles qui accueillent de tels spectacles intimistes et rares.

Cathy de Toledo

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9 mai 2016 1 09 /05 /mai /2016 19:46
La Tempête
Source : Compagnie Têtes de Bois
Source : Compagnie Têtes de Bois

Spectacle de la Compagnie Les Têtes de Bois (34), Première en séance scolaire le 17 mars 2016, au théâtre la Vista Montpellier (34)

D’après W. Shakespeare

Mise en scène : Mehdi Benabdelouhab

Musique : Pierre Bernon

Avec : Jean Bard, Mehdi Benabdelouhab, Valeria Emanuele, Luca Gentil, Izumi Grisinger, Facundo Melillo, Gregory Nardella

Genre : Théâtre

Public : Tout public à partir de 10 ans

Durée : 2 heures

Création 2016

Après avoir été dépossédé par son propre frère Antonio de son duché de Milan, Prospero et sa fille Miranda ont trouvé refuge sur une petite île où Prospero règne en maître. Il s’est initié à la magie, a libéré l’esprit de l’air, Ariel, et soumis à son bon vouloir Caliban, un être frustre qui vivait là. Il déclenche un jour une terrible tempête et le bateau d’Antonio l’usurpateur fait naufrage. Les rescapés trouvent refuge sur l’île, seuls ou en petits groupes, isolés les uns des autres, ne sachant qui a survécu.

Prospero, aidé d’Ariel, terrorise et manipule tous les protagonistes. Malgré ce, tous retrouvent bien vite leurs habitudes de complots et de manigances, rêvant de s’entretuer pour prendre le pouvoir. Seuls deux êtres sortent du lot, Miranda et Ferdinand fils d’Antonio. Purs et naïfs, ils tombent immédiatement amoureux l’un de l’autre, apportant une lueur d’espoir au milieu des bas instincts développés par leur entourage.

C’est avec la tempête que la représentation commence. Très fort. Cris, tonnerre, éclairs, flots déchaînés… La mise en scène s’annonce somptueuse. Comme toujours avec Les Têtes de Bois, le tréteau occupe largement l’espace. Il est ici modernisé, recouvert de tissus, au gré de l’action, et recèle plusieurs trappes. Les lumières, diluées à l’occasion dans les fumigènes, les dispositifs de projections/miroirs, les masques d’inspiration balinaise, toujours magnifiques, les costumes colorés très soignés, tout nous transporte dans une ambiance à la fois tragique et surnaturelle.

L’accompagnement musical colle au plus près de l’action. Dispensé en direct par Pierre Bernon, sur divers instruments à cordes, mais aussi transformé par le biais de boucles musicales, il accentue encore l’atmosphère enchanteresse. Chaque comédien joue plusieurs rôles, sauf Prospero, Miranda et Ferdinand, qui ne jouent que leur propre rôle, sans masque. Ariel est interprété par une marionnette, mais pas seulement… avant de prendre forme humaine.

L’énergie développée par les comédiens, les jeux de scène et changements de rôle rapides, m’ont totalement dépaysée, et je n’ai pas vu passer les deux heures que dure le spectacle ! Cette toute première représentation publique est déjà d’un très haut niveau. Si ce n’est l’exigence de la Compagnie, qui souhaite encore perfectionner cette création, en préparation depuis 3 ans mais visible seulement en 2017 au Festival d’Avignon, il n’y aurait, de mon point de vue, rien à changer…

Cathy de Toledo

Published by Cathy de Toledo - dans Spectacle Tout public
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2 mai 2016 1 02 /05 /mai /2016 20:21
A O Lang Pho
A O Lang Pho

Spectacle du Nouveau Cirque du Vietnam, vu le 8 avril 2016, à La Villette (Paris)

Production : Lune Entertainement et France-Europe Théâtre-Sénart-scène nationale

Mise en scène : Tuan Le

Acrobates : Tran Duc An, Dinh Van Tuan, Nguyen Thi Lien, Nguyen Van Duc, Nguyen Van Thanh, Nguyen Thi An, Bui Quoc Huy, Le Ly Xa, Nguyen Khanh Linh, Do Manh Hung, Pham Van Son, Truong Chinh Phu, Tran Ban Tin, Nguyen Nhat Quang, Dang Tram Anh, Vu Cao Duy

Musiciens : Nguyen Kim Hai, Luong Thang Long, La Y San, Do Trong Thai

Genre : Cirque

Public : Tout public à partir de 6 ans

Durée : 1h10

Il y a cinq ans déjà, nous découvrions, subjuguées, mes filles et moi, sur les conseils d’une amie, le Nouveau Cirque du Vietnam. Cinq ans que nous attendions son retour sur Paris. C’est chose faite avec le spectacle "A O Lang Pho".

Le Nouveau Cirque du Vietnam a la particularité d’emmener le spectateur à la découverte du pays à travers un matériau presque éponyme. Ainsi, dans le premier spectacle le bambou organisait-il l’histoire, l’espace, l’esthétique et le jeu. Le présent spectacle repose sur le même principe ; les bambous ayant cédé la place aux paniers et à tout ce qui se rapporte à la vannerie. Ce matériau tout simple confère à un dispositif très lourd (15 circassiens, 4 musiciens, un important travail de lumière) une réelle légèreté. Et puis le panier se prête étonnamment bien à toutes les pratiques circassiennes. Il est tantôt planche à bascule, roue, trapèze, animal imaginaire, support de pyramide et objet de jongle. Eminemment esthétique et évocateur, il permet de raconter la vie à la ville et à la campagne.

Il y a des tableaux résolument splendides comme cette scène où tous les circassiens, munis de massues en osier tressé et ajouré, dessinent dans une lumière crépusculaire l’envol d’un insecte aux mille ailes. Il y a des tableaux résolument drôles. A la campagne, les paniers transformés en jonques nous emmènent à la pêche. Soudain, avec un simple petit panier en guise de carapace, une époustouflante contorsionniste et une technique empruntée aux ombres chinoises, toute une faune apparaît : crabes, canards aux longs cols, araignée d’eau. La ville n’est pas en reste de drôleries comme cette scène qui s’apparente à "Fenêtre sur cour" et où l’on découvre l’univers burlesque de chambres d’étudiants.

Techniquement, le spectacle est parfait. L’esthétique est soignée par la lumière et les lignes dessinées. Le jeu est très chorégraphié et il est admirable de voir l’ensemble des circassiens accomplir leurs numéros au rythme de la musique. Cependant, le spectacle souffre de quelques longueurs, notamment dans la deuxième partie, à la ville. D’un point de vue narratif, il est regrettable que la succession des tableaux l’emporte sur une véritable histoire. De fait, si le spectacle m’a impressionnée par son excellence technique, il ne m’a pas émue. J’ai eu l’impression de voir une série de clichés sur un Vietnam fantasmé à destination d’un public occidental. Je crains que le Nouveau Cirque du Vietnam, à l’image de ses consorts canadiens, soit tombé dans le piège d’une belle machinerie internationale, diablement efficace mais sans âme.

Catherine Wolff​

Published by Catherine Wolff - dans Spectacle Tout public
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2 mai 2016 1 02 /05 /mai /2016 20:08
"De quoi parlez-vous?" chronique plurielle et populaire

Spectacle de la compagnie C'est pas du jeu (75), vu ensemble le 19 mars 2016, à Pézenas, dans le cadre de la programmation culturelle du Théâtre de la Ville

5 pièces de Jean Tardieu : "Finissez vos phrases", "Oswald et Zénaïde", "De quoi s’agit-il?", "Le guichet", "Un mot pour un autre"

Avec : Sophie Accard, Anaïs Merienne, Tchavdar Pentchev et Léonard Prain

Mise en scène : Sophie Accard

Genre : Comédie

Public : Tout public

Durée : 1h15

Chronique plurielle et populaire écrite par : Ludo, Audrey, Laurent, Aimerick, Jacqueline, Didier, Roseline, Léonie et Jean-Luc ; sous la direction de Flavia Perez

C'est dans cet écrin du petit théâtre de Pézenas que j'ai pu admirer ce spectacle fait de cinq petits bijoux. Cinq piécettes délirantes, loufoques, qui s'enchaînent sur une rythmique ferroviaire d'un train de grande ligne avec, en conducteurs du bolide, des comédiens jeunes, dynamiques, parfois illusionnistes ou danseurs. Les textes absurdes et décalés de Jean Tardieu où les mots n'y sont plus à leurs places, sur une mise en scène à la Feydeau, avec des entrées, des sorties, quelques rires et jamais d'ennui. Spectacle frais et léger sans ambition intellectuelle exubérante, ça se croque comme une friandise, un p'tit blanc en terrasse, on en ressort avec la banane... Ludo

Une soirée pleine de rire, de mise en scène, de costumes ! Quatre acteurs jouent différents rôles dans les pièces réparties. Beaucoup de sujets et d’époques sont abordés. De quoi ça parle ? De la vie en général, les acteurs nous promènent entre amours, déception, trahison, avec des questions existentielles où se mêlent des jeux de langage poétique moderne. Les transitions entre les pièces sont parfaitement exécutées grâce à des jeux de danse, de comédie, de musique et de magie. Quelques accessoires auront suffi à meubler toutes les pièces, utilisés judicieusement, déplacés intelligemment. Les acteurs ont su me transporter d’une époque à l’autre, d’un thème à un autre en me faisant rire et en me tenant en haleine. Je ressors du théâtre le sourire aux lèvres, chantonnant les airs musicaux encore présents dans ma tête. J’ai assisté ce soir à un spectacle complet, il ne manquait rien !!!! Audrey

Ils ne sont que quatre, pour nombre de personnages, en cinq courtes pièces. Cela commence par un improbable magicien aux tours pendables, si surannés. Une magie outrée. C'est le fil conducteur, le langage truqué, incompris, ou follement démuselé. Un couple épisodique qui ne dit goutte en ne parlant que de ça, en phrases tronquées. Dans la deuxième pièce, deux tourtereaux sont ramenés par leurs familles dans le droit chemin de leur amour jusqu'à l'autel, singeant ainsi les pièces d'antan, sur un ton moqueur. S'ensuit un autre couple, écouté par un juge exaspéré; Tex Avery et Chaplin rôdent. Place à un voyageur en transit, tendre, dépassé, il cherche des informations, voudrait être bref, mais ses écouteurs comme ses écoutants sont fermés, du guichet jusqu'à l'entendement. Puis la dernière pièce explose en un vaudeville à la langue bien pendue, inventive, argotique, la plus poétique des cinq. Les acteurs sont, tour à tour, selon les pièces, exubérants, mesurés, doutant, toujours expressifs. La drôlerie est bien présente, la loufoquerie chemine, les coups de folie aussi. Plus d'une heure rythmée, bien amenée. Un bon moment. Laurent

A mon arrivée, j’étais très content même si j’ai manqué d’assistance pour trouver le numéro de mon fauteuil. Une fois installé, j’ai trouvé que j’étais bien placé, j’avais bien chaud et le temps m’a semblé passer très vite. C’est certainement grâce au jeu des comédiens et au rythme du spectacle. Le rythme du spectacle était dense avec une bonne interaction avec le public que j’ai entendu beaucoup rigoler. J’ai beaucoup aimé les costumes, par contre, j’ai trouvé que cela manquait de décor, d’accessoire et que l’éclairage était trop simple, triste. J’aurai apprécié qu’il y ait plus d’effets et pourquoi pas de la vidéo. Par dessus tout, j’ai adoré le choix des musiques très dansantes. Au final, à la sortie, j’étais très heureux. Aimerick

En ce dernier soir d’hiver, l’ovoïde et baroque théâtre de Pézenas résonne des décalages verbaux joués, animés, mimés ou dansés par quatre acteurs joyeusement talentueux qui, pour le coup, ne sont, eux, pas décalés du tout. Les acteurs font tout aujourd’hui. Leur palette expressive est donc très large, aussi les mots deviennent moins indispensables, car en fait ils sont moins seuls. Oui, les mots sont moins seuls pour porter les scènes. Ils sont joués, habillés et jonglés tout à la fois par les mimiques, les postures et la juste gestuelle des acteurs qui semblent se régaler de rendre vivantes ces farces imaginées par un Jean Tardieu à l’esprit aussi facétieux qu’aiguisé. Ma soirée fut donc agréable et joyeuse. D’une joie fine et douce. Un regret cependant : les acteurs sont Sophie Accard, Anaïs Merrienne, Tchavdar Pentchev et Léonard Prain ? Deux femmes et deux hommes, certes, mais qui est qui ? Il n’y a pas eu de présentation au moment du salut. Didier

Dans le somptueux petit théâtre à l'italienne de Pézenas, les fauteuils du parterre sont très confortables. La salle est bien chauffée. Pour ces deux raisons, on court le risque de s'y endormir, surtout quand on s'ennuie un peu. J'ai failli m'y endormir ce 19 Mars. Pièces comiques ? J'ai entendu de grands rires dans la salle. Je n'ai pas ri, peut-être un peu souri. Je me suis un peu irritée de la critique de l'administration, trop classique, trop facile, dans "Le guichet". Du jeu sur le langage dans "Un mot pour un autre", qui m'a évoqué la langue des schtroumpfs qui joue sur les mêmes ressorts. Il est vrai que pour cela Tardieu était un précurseur. J'ai failli m'endormir, mais la musique m'a réveillée : des morceaux classiques très connus, exécutés de façon martiale. Le contraste entre cette musique très "classique" et l'univers loufoque de Tardieu est l'une des sources d'humour de ces pièces. Je trouve vieillies les œuvres de cet auteur. Elles sont rajeunies ici par le jeu de quatre magnifiques acteurs, énergiques et pleins de conviction, qui défendent avec passion des textes que le jeu sur le langage rend à mes yeux plutôt arides et artificiels. Rajeunies aussi par le rythme enlevé du spectacle où 5 pièces durent en tout à peine plus d'une heure. Je me suis un peu ennuyée, mais peut-être était-ce moi qui n'avais pas de talent ce soir-là. Jacqueline

A mon entrée au Théâtre, je me demandais ce qui allait arriver. Je me posais beaucoup de questions. C’était la surprise… La pièce en cinq actes allait-elle être drôle ou triste ? Au fur et à mesure que celle-ci se déroulait, je l’ai trouvée comique, drôle et même parfois un peu enfantine car les comédiens se prenaient pour des enfants, ils faisaient les pitres et cela m’a beaucoup fait rire. Enfin quand je suis ressortie du théâtre, tout étonnée de ce spectacle, j’étais de très bonne humeur, satisfaite et heureuse. Je vais en garder un très bon souvenir. Cela m’a même donné envie d’écrire un bref mot de remerciement sur le livre d’or du petit théâtre de la rue Reboul à Pézenas. Roseline

La sensation de chaleur et l’exiguïté relative de ma place se sont vite fait oublier par ce qui se passait sur scène. Après le premier scénario (que je trouvais le plus fort), j’ai vite été enchantée par la mise en scène et le jeu des quatre acteurs. J’ai bien aimé le choix des costumes et leurs couleurs assorties tout au long de la soirée. J’ai apprécié également les accessoires de décor dont la disposition entre chaque plan fut déjà l’objet d’une amusante mise en scène. Les extraits de musique étaient également bien choisis. Le jeu des acteurs, notamment la drôlerie des deux hommes, était jubilatoire. La performance lors de la dernière séquence, c’est-à-dire la mémorisation du texte loufoque, était remarquable. En résumé, j’ai passé une soirée formidable et, en sortant, j’ai vu une expression souriante et heureuse sur tous les visages que j’ai croisés, la même que la mienne sans doute, et ce sourire va encore longtemps persister chaque fois que je penserai à ces paroles de Tardieu : "où le non-sens est roi". Léonie

Le parterre se remplit, le premier balcon de même, les lumières s’éteignent : un déferlement de mouvements et de mots ciselés commence alors. La vivacité, le rythme, la synchronisation du jeu des comédiens m’emportent immédiatement. Aussi, le public manifestera au long du spectacle de nombreux signes d’amusement, voire de joie : on frôle le bonheur ! Au travers des décors minimalistes utilisés avec maestria, costumes intemporels, musiques classiques aux déclinaisons rock et enchaînements des lumières, portent les comédiens dans un jeu souvent emprunté au cirque ou au music-hall. Nous apprenons, par un message transmis dans une dernière touche d’humour qui fera rire public et comédiens, que la compagnie C’est pas du jeu, après avoir joué ce spectacle environ 150 fois, prépare son prochain spectacle "La vie bien qu’elle soit courte" de l’auteur bulgare Stanislav Stratiev : j’espère qu'elle la jouera à Pézenas ! C’est fini… Que le temps a passé vite… Que le souvenir de cette soirée s’éternise ! Jean-Luc

Published by Ludo, Audrey, Laurent, Aimerick, Jacqueline, Didier, Roseline, Léonie et Jean-Luc ; sous la direction de Flavia Perez. - dans Chroniques plurielles et populaires
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29 avril 2016 5 29 /04 /avril /2016 19:01
Rose
Rose

pectacle de la Cie Le Mouton Carré (69), vu le Mercredi 6 avril 2016, à 18h30, au Théâtre du Chai du Terral, Saint Jean de Védas (34)

D'après le roman de Colas Gutman (2009)

Mise en scène : Nathalie Baussand

Scénographie et création de marionnettes : Bénédicte Gougeon

Création musicale et univers sonore : Romain Baranger

Création Lumière : Jordan Lachèvre

Genre : Théâtre d'habits sur fil musical

Public : à partir de 7 ans

Durée : 1h15

Création 2015

Prix du Jury Coup de Pouce 2012, Festival Au Bonheur des Mômes

Rose est une petite fille qui déménage dans une nouvelle ville, elle change d’école, de professeur, de copains et découvre sa nouvelle vie. Petit bémol, Rose a un défaut de langage et parle comme une "tartinouille" quand sa langue se "croche-patte". Elle aurait pu se replier sur elle-même, mais elle a fait le choix d’aller vers les autres, et d’assumer sa différence.

Bénédicte Gougeon campe parfaitement cette enfant et, dans une mise en scène très originale, occupe totalement l’espace. Romain Baranger lui donne la réplique, en musique, en bruitages et en dialogue. Les deux acteurs donnent vie à différents objets qu’ils transforment en une multitude de personnages. L’actrice virevolte d’une personne à l’autre en mimant chaque attitude avec grâce et dextérité : les professeurs sont des lampadaires, la mère une ventouse mouvante. Elle anime les habits d’une étonnante garde-robe, donnant vie à de nombreux personnages suspendus à deux fils à linge, tendus sur scène, servant de support à tout ce beau monde. Une grande place est accordée à la lumière. Elle crée des ambiances tantôt festives, tantôt chaleureuses, et délimite de nouveaux espaces. Les intrigues et les amitiés se nouent autour de la cour d’école et de l’épicerie du quartier.

Cette pièce, joyeuse, est destinée à un jeune public, mais les adultes, grâce au rythme soutenu et à une mise en scène ingénieuse, peuvent y retrouver également leur âme d’enfant. La pièce porte un message de tolérance et d’amitié. C’est un spectacle où les enfants et les parents partagent les mêmes émotions.

Richard Gineste

Published by Richard Gineste - dans Spectacle Jeune Public
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