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  • Site d'aide à la diffusion et à la programmation de spectacles vivants couvrant tous le grand Sud Est de la France, dédié aux programmateurs réguliers ou occasionnels, aux compagnies, mais aussi aux spectateurs.
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Couv-cata2010 WebBonjour et bienvenue sur le blog de Vivantmag.
Vous y trouverez l'ensemble des commentaires de nos correspondants sur les spectacles qui ont été vus. Ce service est en ligne en accès libre depuis février 2007.
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Avec plus de 1.200 spectacles commentés sur ce blog, les correspondants Vivantmag - AdAdiff, ne se posent pas en censeur du spectacle, loin de là. Nous souhaitons seulement faire partager un point de vue, forcément subjectif, sur les spectacles que nous voyons. Chaque retour de spectacle est ouvert à vos propres commentaires, et n'hésitez pas à en laisser car ils enrichissent ce travail d'échange et de partage d'informations.
Pour faciliter la lecture des spectacles, nous mettons désormais en place un picto permettant de donner notre avis général sur le spectacle. En voici le détail :
Décevant
Moyen
Pas mal...
Bien !
On adore !!! 

les spectacles du Off 2014

Découvrez tous les spectacles commentés par les correspondants de Vivantmag, et présents sur le Off 2014 d'Avignon. Certains ont été vus à leur création, en salle ou sur d'autres festivals, ou sur des précédentes éditions du Off. Grâce à un travail de veille artistique tout au long de l'année, l'Adadiff met à votre disposition son équipe de correspondants et vous permet de disposer d'un regard extérieur et indépendant pour faciliter votre choix. Commentaires ici...

9 avril 2015 4 09 /04 /avril /2015 16:33
Où est ma demeure?
Où est ma demeure?

Spectacle de l'ensemble Joïa, vu à la Chapelle-Gély le 21 Nov.2014, 20h

Direction: Fabiola Dalle

Musiciens et/ou chanteurs: Sebastien Belin, Thomas Bourgeois, Pierre Diaz, Fabiola Dalle, Fabrice Ducognon, Florent Gabard, Claire Menguy, Régis Piel, Morgane Tréheux

Avec le chœur d'hommes Les Costards d'Aumelas

Genre: Musique et chant

Public: tous à partir de 5 ans

Durée: 1h

Création: 2014

La Chapelle, lieu où se tissaient des liens, nous avait habitués à des rencontres originales. Ce jour-là rassemble pour la première fois deux formations musicales qui se partagent la même chef de chœur, Fabiola Dalle. L'ensemble Joïa propose une musique issue du pourtour méditerranéen, jazz/world. Le chœur les Costards interprète des chants du monde.

La salle est comble. Avec chant de Noël et berceuse, les Costards ouvrent la soirée. "Oh Mamma, quelle est la langue de mon peuple ?" répond Joïa, et percussions, cris, clameurs, saxo, violoncelle et guitare s'associent à la mélodie chantée par F.Dalle. Quelle émotion lorsque les 20 artistes s'unissent pour une véritable apothéose, ou lorsque M.Tréheux d'une voix venue d'ailleurs, passant du nasal aux graves, chante en duo avec C.Menguy au violoncelle! Tout au long de ce spectacle magique, l'émotion du public était presque palpable et nous aurions bien passé la nuit à voyager ainsi. Ovations, et il a bien fallu les laisser partir...

Ce n'est pas un récital, c'est un spectacle complet où une vingtaine d'artistes se rejoignent sur fond d'allégresse, douleurs, murmures, pour nous offrir des "chants du ventre de la Terre", mélodies du fond des âges et des langues, mêlant les cultures. Ce spectacle m'a impressionnée par ses multiples qualités: l'entente entre les deux groupes, le choix des morceaux et la qualité des interprétations, les improvisations, la puissance de l'ensemble avec ses intensités fulgurantes et ses accalmies, la mise en espace et l'ambiance, l'excellent éclairage. Au fil des interprétations les artistes bougent, se regroupent ou se séparent, les voici deux, six, ou vingt. Chez Joïa, écritures et improvisations se mêlent avec bonheur, le corps entier chante, on danse aussi. Les Costards apportent une note virile mâtinée de fantaisie, et l'ampleur de leur "chant sensoriel" est captivante. Chez tous, chanter et jouer d'un instrument est un plaisir qu'ils savent partager avec le public.

Deux groupes réunis pour une unique représentation... recommenceront-ils ? Chacun séparément peut nous faire voyager avec bonheur. Accessibles à tous publics, de tous âges, qu'ils soient musiciens ou non, ces deux formations suscitent beaucoup d'émotions en mêlant nos racines, celles d'ici, celles d'ailleurs.

Catherine Polge

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9 avril 2015 4 09 /04 /avril /2015 15:22
Opticirque, cabinet de curiosités
Opticirque, cabinet de curiosités

Spectacle de la Cie Longshow (75), vu au théâtre Luteva, Lodève (34), 22 Nov. 2014, 14h30

De et avec Nicolas Longuechaud

Genre: manipulation graphique et jonglerie nouvelle

Public: tous à partir de 5 ans

Durée: 40 min.

Jauge: variable selon le format du spectacle

Création: 2012

Avec une double formation de plasticien et d'arts de la piste, dont 10 ans de jonglage, N.Longuechaud crée son propre univers.

La salle est comble (200 à 300 personnes), en majorité des enfants. Sur un scenario burlesque de spectacle de cirque traditionnel qui renvoie à Tod Browning ou Chaplin, N.Longuechaud réalise d'étonnants jonglages optiques avec des cerceaux à l'éclat métallique brillant. Le rire et le rêve sont au rendez-vous.

Une excellente entrée en matière (à découvrir!), nous met immédiatement dans une ambiance burlesque assez intrigante. Nicolas joue pour nous un spectacle de cirque, mimant tous les numéros. Mais c’est un cirque très personnel car l’inventivité de l’auteur nous emmène au bout des illusions et au-delà des apparences : superbe expérience ! Ici, entre autres tours étonnants, le contorsionniste se déboîte en tronçons et le vendeur de popcorns ne compte plus ses mains... Au détour de numéros déjantés, Nicolas manipule de grands cerceaux brillants, dans la pénombre, avec un jonglage contact fait d’effleurements et très rapide. Accessoires du dompteur, du trapéziste ou de l'Hercule de foire, ces cercles créent d'excellents effets comiques là où je ne les attendais pas forcément. Quand Nicolas les manipule en figures géométriques mobiles ou en pyramides recomposées dans l'espace, ce sont des rêves optiques captivants.

La complexité de ce spectacle exige de Nicolas une gestuelle, des mimiques et des regards précis et constamment sous contrôle dans une action toujours en mouvement. En contraste avec ces exigences, il s'est créé un personnage très détendu, presque étonné par le résultat de ses tours ! Vêtu dans un style graphique qui rappelle les photos de circassiens des années 30, il se transforme très simplement devant nous au gré des rôles. Les références au cinéma de l’époque sont omniprésentes : scènes cultes (cage à lions de Chaplin, lanceur de couteaux de Browning), épisodes burlesques, éclairages, jeu précis, rapide et quasiment muet. J’ai apprécié l’effet « cabinet de curiosités » produit par cette succession de numéros datés. Par contre, la fin dans laquelle j’ai cru voir un hommage à Chaplin, m’a semblé un peu abrupte et a laissé le public indécis. N.Longuechaud a ensuite consacré de longs moments à répondre aux questions des enfants sur les cerceaux, qui sont en fait en PVC, sur les illusions d’optique, les techniques de mime et de jonglage, etc. C’était passionnant.

Ce beau spectacle fascine, émeut et fait rire. Riche en performances et créativité artistique, avec une belle mise en scène, il s’adresse à de nombreux publics, adultes ou enfants.

Opticirque est aussi proposé en format pour chapiteau, et pour spectacle de rue.

Catherine Polge

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9 avril 2015 4 09 /04 /avril /2015 14:47
Cubeo et Bouliette
Cubeo et Bouliette

Spectacle de la Cie ONG DAM (34), vu le 18 Février 2015 à 14h, à la Médiathèque Jean Motte, Baillargues (34).

De et avec: Jasmine Dziadon

Collaboration artistique: Marion Debenay

Genre: Théâtre d'objets et musical

Public: Enfants 2 à 6 ans

Durée: 35 min

Jauge: 50 enfants environ

Création: 2014

Les enfants, très nombreux, sont rassemblés dans une salle de la médiathèque. Sur scène, face à un tableau noir, deux enfants (grandes marionnettes) s'installent à leur pupitre. Derrière eux les jeunes spectateurs, eux aussi élèves. Nous sommes tous en classe. S'accompagnant au piano ou manipulant cubes et sphères colorés, la maîtresse (J.Dziadon) raconte une histoire d'amour entre Cubeo (tout carré) et Bouliette (toute ronde), les deux plus jeunes rejetons de deux familles ennemies depuis des siècles : les Carrés et les Ronds se détestent mais ne savent plus pourquoi. Comme Romeo et Juliette, Cubeo et Bouliette se heurtent au refus catégorique de leurs parents. Mais eux, ils sauront s'affirmer, argumenter et amener leurs familles à d'autres sentiments. Au-delà d'une histoire d'amour contrarié, ce spectacle parle de tolérance, de différence, d'enrichissement dans la diversité, et aussi de conflit et d'apaisement.

Bien que Cubeo et Bouliette soient charmants, l'histoire n'est pas toujours rose et le récit est fertile en aventures. Disputes, guerre entre carrés et ronds, intransigeance de Maman Rond, tout cela est captivant sans dépasser les capacités émotionnelles des enfants, qui restent très attentifs. Le choix de cubes et sphères me semble un excellent vecteur de communication avec les petits car rond et carré sont les premières formes qu'ils s'appliquent à maîtriser par le dessin. Elèves-acteurs dans ce spectacle, les enfants sont invités à dessiner au tableau ou à mimer et J.Dziadon les aide à découvrir par l'action que l'assemblage des deux formes est créatif (maison, bonhomme, etc). Plus fort encore, les efforts de Cubeo pour devenir rond sont un échec car il vaut mieux s'affirmer que chercher à ressembler à l'autre ! Ainsi un message positif sur les différences émerge entre manipulations, récit et musique, en douceur et avec la participation active des enfants. Bravo pour cette belle démonstration.

J.Dziadon emploie des mots simples, avec une élocution claire et des intonations porteuses d'émotions, sans exagérations ni infantilismes. J'ai apprécié ce respect de l'enfant. Elle soutient souvent le récit avec l'intervention des marionnettes ou en jouant quelques notes expressives au piano: allégresse, attente, gravité, force, etc. Les enfants montrent qu'ils suivent l'histoire. De temps en temps un air du répertoire classique, mais ce jour-là la longueur de certains morceaux a provoqué quelques décrochages dans le jeune public, dommage. C'est après le spectacle que j'ai appris que Jasmine lance aussi elle-même les bruitages et s'occupe des éclairages... activité qui passe inaperçue : le spectacle reste fluide, ou bien étais-je tellement captivée que je n'ai rien vu des tours de force de l'artiste ?

Voilà un bon spectacle dont le message d'actualité est transmis de manière originale. L'association conte, manipulations et musique (avec les réserves énoncées précédemment) fonctionne bien. Les enfants de 2 à 6 ans s'y retrouvent, c'est perceptible, et les adultes devraient aussi y prendre plaisir et - qui sait - trouver matière à réflexion !

Ce spectacle, très "portable", gagne sans doute à être joué sans dépasser la jauge conseillée.

Catherine Polge

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9 avril 2015 4 09 /04 /avril /2015 13:31
Le but d'une vie
Le but d'une vie

Spectacle de la Cie Moustache (34), vu au théâtre de La Plume (34) le 18 et revu le 25 Fév 2015, 21h.

Pièce écrite et mise en scène par Philippe Hassler

Avec: Marine Monteiro, Benoit Ramos et Philippe Hassler

Oeil extérieur: Gilles Simonin

Genre: Théâtre

Public: Tous à partir de 10 ans

Durée: 1h15

Création: 2013

"Le but d'une vie" ? C'est celui qu'un pays entier a marqué en hurlant du fond d'un fauteuil ! Réunis autour d'un canapé à l'heure de la retransmission d'un grand match de foot, les trois comédiens interprètent huit scénettes, dans une plongée incisive et drôle au sein de la société des années cinquante, suivie d'une remontée progressive jusqu'en 2022 (année d'un mondial!). Plongée accentuée par la sonorisation et par la projection de films d'actualités des diverses époques, qui font sourire ou réfléchir "Tiens ! on avait oublié"... Dans un décor simple la vie de couple ou familiale, les relations hiérarchiques et les amitiés sont parasitées ou relancées par le rythme des buts et suivent ainsi un tracé plutôt syncopé ! C'est cocasse, drôle ou pathétique, et assaisonné de quelques quiproquos hilarants ou grinçants.

J'ai apprécié ce spectacle et la qualité de son texte, net et vif, qui le rend immédiatement accessible. En outre personnages et action font partie de notre quotidien, tel l'ado vautré au téléphone, les chicaneries, les digressions amoureuses (très drôles), etc. Alors, on s'y croit ! Les trois comédiens incarnent avec bonheur au fil des scènes des rôles aussi différents qu'une ménagère affairée ou une passionaria des années 68, un patron distant ou un ado pénible, un clochard ou un amant hésitant. Quelques clins d’œil au cinéma sont assez savoureux, en particulier lorsque M.Monteiro et B.Ramos, couple digne de "Mon oncle", accueillent un J.Tati (P.Hassler) plus vrai que nature. J'ai trouvé que la projection d'actualités introduit bien chaque scénette et permet de suivre le spectacle sans rupture. Dommage que l'équipement assez modeste de ce petit théâtre ait un peu réduit la qualité des projections. Des accessoires, des bruitages et des chansons d'époque contribuent à l'efficacité du spectacle. Si elle est très drôle, cette pièce pose aussi un regard incisif mais plein d'humour et de finesse sur la société. En tirant le fil du football, l'auteur fait adroitement débouler la place de la femme, l'utilisation du temps, l'attention aux autres, la pauvreté, une certaine rugosité des relations, l'amitié. Intéressant.

Ce spectacle sympathique et intelligent est très divertissant et accessible à tous. J'ai pu constater à la sortie que les plus jeunes y font des découvertes et que les plus âgés remontent le temps avec amusement. Quant aux férus de foot, ils retrouvent avec plaisir les ambiances, les grands noms et la furie des matchs célèbres. A voir ! Vous ne serez pas déçus !

Catherine Polge

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9 avril 2015 4 09 /04 /avril /2015 11:47
Histoires d'hommes
Histoires d'hommes

Spectacle de la compagnie Belle Pagaille, vu à La Laiterie des Beaux Arts, le 7 avril 2015.

 

De : Xavier Durringer

Mise en scène : Jean-Michel Boch

Avec : Charo Beltran, Capucine Mandeau, Marie Simoneau

 

Genre : Théâtre

Public : Adulte

Durée : 45 minutes

 

Dans un bar, une serveuse se met à parler fort, à invectiver un client, elle envoie valdinguer son plateau et va au comptoir demander un "gin'to".

La mise en scène est plantée, ce sera la proximité, l'intimité des trois comédiennes au cœur du public, comme dans la vie. Dans la réalité on peut vivre cette situation, être pris à partie dans l'histoire de la vie des gens, dans les détails crus et même sordides de leurs anecdotes, de leurs péripéties, de leurs désespoirs. Et c'est là que certains se sentent gênés voire outrés d'être pris pour témoins de leurs situations, de leurs expériences du machisme, du sexisme et même de la violence conjugale. Car si l'on est au théâtre et même si la scène est cette fois dans la salle, le public est au centre de ce plaidoyer sur l'amour. Ce sentiment qui peut côtoyer la détresse et le dégoût, mais qu'on espère toujours revenir plus fort, plus exaltant.

Ces trois femmes, font passer les émotions contradictoires d'un claquement de doigts, alternant les tristesses et les euphories en quelques secondes. Comme dans la vie, mais une vie accélérée, échevelée, exagérée de tous les excès qui peuvent pousser à l'hystérie aussi bien qu'à la déprime, à l'hilarité comme à l'effondrement. On rit beaucoup, on est saisi par la dureté des situations, des dominations, des abominations dont sont capables les hommes envers des femmes qu'ils méprisent parfois, jusqu'à ce qu'elles se révoltent et crient leur besoin de liberté et d'indépendance. Et là apparaît comme une évidence la force du genre féminin sans qui l'homme ne serait rien.

Daniourk

(photo: Jean Marie Faucillon)

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9 avril 2015 4 09 /04 /avril /2015 11:11
Allez Hop ! dans la valise
Allez Hop ! dans la valise

Spectacle de Hafedh Djedidi (Tunisie), vu au Carré Rondelet, Montpellier (34), le 18 Déc. 2014, 21h.

D'après "Le Ventriloque" (Philippe Andrieu)

Mise en scène de Hafedh Djedidi

Avec Sonia Daou et Tarek Zorgati

Genre: Théâtre

Durée: 1h15

Public: Tous à partir de 10 ans

Création: 2014

Hafedh Djedidi témoigne ici de sa passion pour le théâtre et la transmission culturelle sur les deux rives de la Méditerranée. Romancier, dramaturge et metteur en scène bilingue, il exerce de multiples fonctions d'enseignement et de recherche dans le domaine artistique et littéraire.

Nous sommes dans la loge du ventriloque Jasper. Sa poupée Miette est de taille humaine. Elle est posée sur un coffre, affalée. Le saltimbanque se prépare à entrer en scène et l'on entend le remue-ménage des enfants dans la salle de spectacle. Jasper rumine ses déceptions: le spectacle, ringard, ne marche plus. Miette s'anime, réagit, discute et, désespérée à l'idée de finir "hop! dans la valise", elle propose des solutions. Si Jasper accepte de prendre le risque de renouveler son répertoire, le couple maître-poupée va survivre !

Ce spectacle surprenant se déroule comme un pas de deux autour d'un coffre, et le rapport de force peut brusquement changer de camp dans le couple au fil de la discussion. L'association Jasper-Miette, c'est bien un couple... et il est d'une grande étrangeté! Dans l'éclairage feutré de sa loge, T.Zorgati incarne un homme découragé dans son costume rayé, prisonnier de ses échecs. Dans un rôle très risqué, S.Daou joue une remarquable poupée à l'allure démodée, parlant d'une voix enfantine sans maniérisme. Sa gestuelle complexe exige certainement une grande maîtrise corporelle car la mobilité de son personnage est particulière. Si ses mouvements évoquent parfaitement la raideur des articulations d'une poupée, ils peuvent aussi déployer le charme de ceux d'une fillette ou d'une danseuse. L'ambivalence est totale et permanente et lorsque vers la fin Miette prend voix et gestes de femme pour se révolter, qui est-elle ? Cette question, je me la suis posée au long du spectacle. Jasper se dédouble-t-il ? La solitude l'a-t-il rendu fou ? Miette est-elle de plastique... ou de chair? Cette ambiguïté s'insinue dans le spectacle, à mesure que Miette s'autonomise et se permet des libertés de langage, faisant monter une certaine tension entre l'intime et la distance théâtrale. C'est fascinant.

Original, émouvant, tendre, tragique mais aussi parfois drôle, ce beau spectacle séduit, intrigue et pose des questions. Accessible à tous publics grâce à ses diverses facettes. A voir.

Catherine Polge

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9 avril 2015 4 09 /04 /avril /2015 11:05
Duende Flamenco
Duende Flamenco

Spectacle de la Cie du Visage (34), vu au Carré Rondelet, Montpellier (34), le 18 Déc.2014, 19h.

D'après une conférence de Federico Garcia Lorca (1933) "Jeu et théorie du Duende"

Lecture, adaptation, mise en scène: Avner C.Perez

Chorégraphie, chant, interprétation: Julie Sapy

Accompagnement musical: Michael Perez

Genre : Danse, chant, narration

Public: Tous à partir de 15 ans

Durée: 1h

Création 2014

Salle comble au Carré rondelet (50 pers.), dans une ambiance rouge et noire. Qu'est-ce que "le Duende" ? Avant ce spectacle, ce mot intraduisible m'évoquait Espagne, douleur, flamenco, corrida. Après le spectacle, je vois un mouvement jaillissant des tréfonds, jamais identique, toujours flirtant avec des limites. F.Garcia Lorca parle d'un Duende qui "brûle le sang comme une pommade d'éclats de verre" et d'où surgit la véritable création artistique. Cette source d'inspiration a peu à voir avec l'ange ou la muse. C'est une lutte, c'est le spectacle de la mort, c'est la danse qui monte par les pieds, ce sont des "sonorités noires" et du sang... La mise en scène d'un tel texte est un défi.

Magnifique ! Un tourbillon de beauté ! Voilà en fait une magistrale démonstration du Duende, avec une montée en puissance jusqu'à la fin. Les langues espagnole et française sont alternativement employées, ce qui accentue l'intensité du propos en l'ancrant dans ses origines. Le récitant (A.C.Perez) transmet les paroles de Garcia Lorca avec émotion et force. J.Sapy, excellente, joue, danse et chante et M.Perez improvise sur guitare électrique et percussions. Mots glissés ou scandés, gestes souples ou violents et sonorités diversifiées se stimulent, se répondent. De très beaux chants, des bruits de bouche, des improvisations musicales et percussions corporelles surprennent et fascinent. Vêtue de différents costumes au fil du texte, J.Sapy joue de très beaux personnages, interprète les mots avec son corps et ravive leur force. Ondulante pour le "noir" elle frappe du pied. Lorsque l'homme lutte avec son Duende, elle revient, provocante dans ses volants, regard tendu. Et voilà le Duende - flamenco dans sa violence: ses escarpins roses posés sur un "autel" rouge, Julie danse pieds nus, tourne bras écartés, découpe l'espace avec son corps, follement accompagnée de percussions et guitare. Le chant sort comme un flot de sang. Lorsque toute vêtue de noir elle danse la mort sur un flamenco électrique très original, c'est d'une force inouïe. La création artistique triomphe et ce très beau spectacle se clôt sur deux voix accompagnées par la guitare. Ovations du public.

Véritable incarnation d'un texte difficile, intense et passionné, "Duende Flamenco" ouvre des perspectives lumineuses sur l'art. L'emploi épisodique de la langue espagnole ne nuit pas à la compréhension, au contraire. Tout public attiré par la danse et les expressions de la passion peut apprécier ce spectacle. Quant aux spectateurs avertis ou hispanophones ils y retrouveront en outre la force de Garcia Lorca.

Catherine Polge

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9 avril 2015 4 09 /04 /avril /2015 10:57
Des souris et des hommes

Spectacle de la compagnie de l'Illustre Théâtre (34), vu à l'Illustre Théâtre, Pézenas (34), le 15 Nov.2014, 21hDes-souris-et-hommes.jpg

D'après John Steinbeck (1936)

Adaptation et mise en scène : Georges Bégou

Avec : Olivier Cabassut, Gérard Mascot, Flore Padiglione, Daniel Trubert

Décors : Marc Barroyer

Genre : Théâtre

Public : Tous à partir de 10 ans

Durée : 1h15

Création 2014

Nous sommes environ 200 dans la "grande salle" du théâtre.

L'intrigue de la pièce est fidèle à celle du roman et se déroule en Californie, sur fond de crise des années trente pendant "la grande dépression". La vie est très dure. George et Lenny, amis d'enfance, se préparent une fois de plus à travailler dans un nouveau ranch. Ils sont saisonniers et louent leurs bras de ferme en ferme en caressant le rêve de cultiver un jour leur lopin de terre. George a jadis promis de prendre soin de Lenny, car celui-ci est un géant à l'esprit d'enfant qui s'attire des ennuis à cause de fascination pour tout ce qui est soyeux. Mais il ne contrôle pas sa force et ses caresses naïves peuvent mal tourner, à tel point qu'ils sont parfois obligés tous deux de s'enfuir. Cette fois-ci, l'issue scellera leur destin.

Bien que je connaisse le roman, j'ai été tenue en haleine par la montée en puissance de l'action et des émotions dans cette adaptation qui respecte la force brute, la sobriété et la mélancolie du texte. Les décors, d'une beauté réaliste sans superflu, participent à l'intensité du spectacle. Dès la première scène, Georges (O.Mascot) et Lenny (D.Trubert), assis sur un tronc d'arbre couché dans un sous-bois, paraissent terriblement seuls et inquiets en se préparant à affronter un monde cruel où George lutte pour que son ami ait une place. Ensuite au ranch le malaise augmente, dans la chaleur écrasante et l'ambiance lourde renforcées par les couleurs du décor figuratif. Dès leur arrivée les deux amis sont confrontés aux rêves et désillusions des ouvriers, à la violence du jeune patron et à l'errance de sa femme. Malgré les efforts de Georges, Lenny, poussé à un geste irréparable, doit s'enfuir. Les voici rattrapés par la fatalité, à nouveau seuls près du tronc d'arbre couché : la boucle se referme au moment où George prend une décision terrible mais tellement remplie de tendresse, que l'on ne peut qu'accepter la dureté de cette fin.

Impossible d'oublier ces personnages englués dans leur destin. C'est la vie qui grouille dans les élans, les renoncements, les colères, les lâchetés, chez tous les hommes du ranch qui sont interprétés avec brio par O.Cabassut. Un rôle ambigu et risqué, celui de la jeune femme séductrice, est traité avec subtilité par F.Padiglione. Quant à D.Trubert et O.Mascot, ils  forment un inoubliable duo, bancal, tendre et drôle. George toujours en tension entre exaspération et tendresse douloureuse et Lenny si touchant dans sa naïveté : ils nous inquiètent, nous font rire et pleurer. La salle a longuement applaudi ce beau spectacle.

D'un certain intérêt historique, "Des souris et des hommes" met en scène la complexité des émotions et des relations chez des êtres qui se débattent pour survivre. Le couple Lenny-George, bancal et émouvant, est riche d'enseignements. Ce spectacle très fort et généreux convient à tous publics. Grâce au texte simple et efficace, les plus jeunes découvriront facilement une grande oeuvre qui, en milieu scolaire, peut ouvrir des débats sur de nombreuses thématiques.

Catherine Polge

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Published by Catherine Polge - dans Spectacle Tout public
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16 mars 2015 1 16 /03 /mars /2015 18:19

Festivals pluridisciplinaires de repérage régional organisés par le Cercle de midi (Paca/Corse) et le maillon (Rhône/Alpes), fédérations régionales de la FNTAV (Fédération des Nouveaux Territoires des Arts vivants).

C’est toujours un grand moment que de participer à ces festivals, fruits du travail de repérage des membres du réseau des deux fédérations régionales de la Fédération des Nouveaux Territoires des Arts vivants (FNTAV) - 51 structures adhérentes sur ces deux régions en 2015 -, en vue de favoriser l’émergence, le repérage et l’accompagnement des compagnies locales. L’objectif est de s’appuyer sur la réalité du terrain, pour faire découvrir et partager le travail de compagnies de la région, afin de leur ouvrir les portes d’éventuelles programmations dans le réseau régional, mais aussi d’une programmation potentielle sur le festival national « le Chainon Manquant », à Laval en septembre 2015, accueillant quelques 250 programmateurs. Autant dire, un beau challenge !

C’est aussi l’occasion de diffuser aux professionnels présents, le catalogue Vivant 2015, dans le cadre d’un partenariat de longue date, et d’échanger avec les uns et les autres sur cette question de l’ouverture des réseaux, de la diffusion des compagnies et de la mutualisation, questions centrales pour les années à venir.

J’ai pu voir cette année plusieurs spectacles (en ligne prochainement), « Tania’s Paradise » (cie Attention Fragile), « le K » (Groupe Maritime) et « Monsieur Agop » (cie La Naïve) pour PACA et « Duo Bonito » (Les Nouveaux Nez), Kosh, Barrio Oscuro et Impérial Orphéon dans un plateau musical, et « T.I.N.A » (« There is no alternative », de la cie Cassandre) pour Rhône-Alpes, et j’ai assisté à une table ronde intitulée : « Politique publique et réseaux : vers une plus grande complémentarité ? ». Il me semblait que cette thématique entrait en résonance avec le travail que nous menons depuis bientôt 10 ans avec l’Adadiff/Vivantmag.

Pourtant, dès mon premier spectacle, « Tania’s Paradise » de la compagnie Attention Fragile (13), je m’interrogeais sur les modalités de choix des spectacles. Cette compagnie - et tant mieux pour elle - est déjà largement reconnue depuis son spectacle « Le tour complet du cœur » qui propose 3h30 de Shakespeare dans une performance narrative hors du commun. Même interrogation pour le « Duo Bonito » des Nouveaux Nez (07), compagnie historique du nouveau clown en Rhône-Alpes et dont la notoriété n’est plus à faire, qui pour le coup m’a laissé vraiment sur ma faim, malgré un dispositif original et des comédiens qui connaissent leur métier. Ils avaient tout pour eux, mais n’ont pas pu en faire quoi que ce soit.

Alors, pourquoi proposer ces spectacles, déjà largement repérés, bénéficiant de nombreuses coproductions, alors que tant d’autres auraient pu bénéficier du soutien de ces Région(s) en Scène? Est-ce cela le travail de repérage et l’ouverture d’esprit attendue pour ce type de festival de découvertes?

La question n’est pas nouvelle et revient régulièrement sur le tapis tant cette question du soutien, du repérage, de la visibilité des compagnies est pressante. Et qu’en choisissant, on exclut, on sélectionne, on s’engage, on soutient… et que le choix n’est jamais unanime.

Alors, loin de nous l’idée de remettre en question le principe du choix, forcément sujet à critiques, mais pourquoi ne pas fixer des règles de sélection, afin de d’élargir le champ des possibles ? Actuellement, il faut qu’un spectacle soit soutenu par au moins 3 programmateurs du réseau… et déjà ça n’est pas simple. Cela pousse au consensus, et chacun n’a pas le même poids dans ses propositions.

En discutant avec certaines personnes présentes et en entendant les échanges, il ressort que certains reconnaissent qu’ils ne voient pas assez de spectacles, d’autres soutiennent l’idée d’un accompagnement dans le temps, d’autres enfin que le choix est aussi de présenter des compagnies susceptibles de « monter » au niveau national pour la sélection au festival « le Chainon Manquant » . Mais est-ce encore un tremplin, une ouverture?

La question est peut-être à l’image de la table ronde à laquelle j’ai assisté. Elle m’a permis pour la énième fois d’entendre la présentation des structures (Cercle du Midi, FNTAV, Karwan, Conseil régional PACA, Conseil général des Bouches-du-Rhône…) déjà en réseau, mais point d’échanges, d’écoute ou de pistes de réflexion autour du thème proposé (Politique publique et réseaux : vers une plus grande complémentarité). Le temps était compté et la réunion a été un peu écourtée certes, mais à priori, il n’était pas prévu d’échanges et de tour de table. Dommage pour une table ronde.

Ces interrogations étaient déjà présentes en 2013 lors de ma précédente venue. Malgré le plaisir de revoir certaines personnes et d'en rencontrer de nouvelles, ces rendez-vous gagneraient à évoluer dans leurs modes de sélection des spectacles, même si c’est toujours l’occasion de découvrir de belles propositions artistiques, comme ce « Monsieur Agop » que je vous recommande grandement.

A l’année prochaine ?

Albert Ciraje

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11 mars 2015 3 11 /03 /mars /2015 15:21
L'Illustre Comédien Tapissier
L'Illustre Comédien Tapissier

Spectacle de la Cie Bruitquicourt (34), vu le 24 février 2015, au théâtre Jacques Cœur, à Lattes (34).

Adaptation et Mise en scène: Luc Miglietta et Philippe Van den Bergh

Avec: Luc Miglietta, Estelle Sabatier, Emmanuel Valeur, Philippe Van den Bergh, Juliette Peytavin

Genre: Théâtre

Public: Tout public à partir de 12 ans

Durée: 1h30

Création

Il s’agit ce soir de la première représentation publique de ce nouveau spectacle de la compagnie.

Un beau décor suspendu, fait de draperies et tapisseries colorées superposées, semblable à l’entrée d’un chapiteau de cirque, occupe le centre de la scène. Un premier personnage fait son entrée, en costume d’époque. C’est le musicien qui s’installe d’un côté de l’espace scénique avec son matériel. Un second personnage, sorte de conférencier en tenue de ville contemporaine, s’installe de l’autre côté de la scène, derrière une petite table. Les trois autres comédiens tout de noir vêtus, font ensuite leur entrée…

Luc Miglietta a choisi de raconter l’enfance, la jeunesse, les premiers pas de Jean Baptiste Poquelin dans le monde du théâtre, avant qu’il ne devienne Molière… Comment ce jeune bourgeois qui devait reprendre la charge de tapissier du roi de son père, s’est il retrouvé à diriger à 22 ans la troupe de « l’Illustre théâtre » ?

Les membres de sa famille, ses camarades collégiens, la famille Béjard avec laquelle il s’est lié d’amitié, etc., témoins et compagnons de ses jeunes années, se succèdent sur scène, joués par Luc, Estelle et Juliette. Mais Jean Baptiste Poquelin lui-même ne fait pas la moindre apparition, sinon à deux reprises en voix off… !

Le parti pris de la pantomime est clairement privilégié, de manière parfois trop outrancière à mon goût, et fort heureusement contrebalancé par le jeu rigoureux d’un Philippe Van den Bergh parfait dans son rôle de « censeur » lorsque nécessaire.

L’accompagnement musical et les bruitages « live » d’Emmanuel Valeur collent à l’action et suivent les personnages, complétés fort à propos par les jeux de lumière et autres fumigènes. Des morceaux musicaux vraiment très décalés viennent nous surprendre et dynamiser quelques longueurs…

Le jeu est toutefois à l’occasion un peu confus et l’on a du mal à identifier quelques changements de personnages. Juliette Peytavin ne semble pas très à l’aise, mais il est vrai qu’il peut être difficile de trouver sa place entre Luc et Estelle qui jouent (et vivent) ensemble depuis longtemps !

Bref, un spectacle prometteur, qui gagnera à être un peu « resserré », et auquel il faut laisser le temps de la maturation.

Cathy de Toledo

(photo: http://momart-factory.blogspot.fr)

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