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Couv-cata2010 WebBonjour et bienvenue sur le blog de Vivantmag.
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Avec plus de 1.200 spectacles commentés sur ce blog, les correspondants Vivantmag - AdAdiff, ne se posent pas en censeur du spectacle, loin de là. Nous souhaitons seulement faire partager un point de vue, forcément subjectif, sur les spectacles que nous voyons. Chaque retour de spectacle est ouvert à vos propres commentaires, et n'hésitez pas à en laisser car ils enrichissent ce travail d'échange et de partage d'informations.
Pour faciliter la lecture des spectacles, nous mettons désormais en place un picto permettant de donner notre avis général sur le spectacle. En voici le détail :
Décevant
Moyen
Pas mal...
Bien !
On adore !!! 

les spectacles du Off 2014

Découvrez tous les spectacles commentés par les correspondants de Vivantmag, et présents sur le Off 2014 d'Avignon. Certains ont été vus à leur création, en salle ou sur d'autres festivals, ou sur des précédentes éditions du Off. Grâce à un travail de veille artistique tout au long de l'année, l'Adadiff met à votre disposition son équipe de correspondants et vous permet de disposer d'un regard extérieur et indépendant pour faciliter votre choix. Commentaires ici...

17 février 2015 2 17 /02 /février /2015 16:29
Histoire Deux
Histoire Deux

Spectacle de la Compagnie du Loup, vu au Théâtre Prémol, à Grenoble, le 17/02/2015

Mise en scène : Jean-Marc Galera

Avec : Annette Benedetti et Jean-Marc Galera

Genre : Comédie du couple

Durée : 1h40

"Histoire Deux" se constitue de multiples tableaux reprenant des situations de couple dépeintes par des auteurs connus et reconnus : de Feydeau à Jean-Michel Ribes. On passe du couple d’amants à la femme trompée jusqu’au mari jaloux et au bébé geignard.


Aucune fausse note dans le jeu des acteurs qui dépeignent des situations réalistes dans lesquelles il est facile de se reconnaître au moins une fois. Le sur-jeu n'est certes pas loin, mais correspond bien aux scènes de ménage qui sont décrites. ​L’introduction d’un "personnage-mystère" tout de noir vêtu, servant d’intermède comme de personnage-accessoire, est intéressante. Je regrette cependant de ne pas avoir bien saisi le fil conducteur de ce personnage et donc les raisons de sa présence, qui esthétiquement m’a pourtant beaucoup plu.

A mon goût, le traitement du sujet est un peu dépassé. C’est une thématique déjà largement abordée qui n’a malheureusement pas été innovante sur le plan scénique. Certaines ficelles marchent toujours très bien mais j’aurais apprécié que de nouvelles choses soient amenées pour découvrir ces auteurs sous un nouveau jour. Peut-être que le "personnage-mystère" aurait pu être une solution ? Mais dans ce cas, il mériterait d’être plus approfondi et exploité.


"Histoire Deux" est une succession de scénettes légères à aller voir en couple (si l’on n’a rien à se reprocher) ou entre amis célibataires pour mieux se convaincre qu’il vaut mieux être seul que mal accompagné.

Doriane

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16 février 2015 1 16 /02 /février /2015 16:35
Dimoné (bis)
Dimoné (bis)

Concert vu au Sonambule de Gignac, le 24/01/2015

Par Dimoné Terrieu et Jean-Christophe Sirven

Genre : Concert

Public : Adulte et adolescent

En octobre, cette salle qui fait la part belle aux musiques actuelles recevait déjà Dimoné en résidence de création et il y avait une suite qu'il est nécessaire de connaître.

Le brouhaha du public dans l'attente, toutes génération confondues, fait résonner ce préambule dans l'antichambre de cette soirée bénéfique. La question est : pourquoi une telle ribambelle de bambins, gamins pré-ados que l'on compte par dizaines? La réponse arrivera plus tard car les locaux eux savent de quoi il retourne.

Le chanteur présente lui-même la première partie, « Eve & the travellers », une pop à l'anglaise qui ne réussit qu'à faire piétiner l'assistance.

Devant le désormais traditionnel décor lumineux de cette forêt de lampes de bureau, les musiciens s'installent tranquillement pendant que le public se rassasie. Un calme, une énergie sereine règnent, là où le trac peut assaillir certains, ici tout n'est que gestes posés, réfléchis, réglages presque routiniers, dus certainement à l'expérience accumulée au fil des concerts qui se succèdent depuis la sortie de ce quatrième album si bien accueilli par les amateurs de toute la France. Voilà, ils peuvent maintenant prendre ce moment de concentration presque indispensable à tout artiste qui va descendre dans l'arène, se jeter en breuvage à la meute assoiffée de musique.

La salle se remplit de nouveau, et l'excitation de cette myriade d'enfants se fait pressante, grondante, si bien qu'à l'arrivée de ce duo de complices, Dimoné doit faire un gros « Shut up » pour essayer de canaliser cette énergie désordonnée, dépassant facilement en volume celui de la sono.

Un cours d'école c'est puissant comme une cour d'école. C'est ce qu'à dû se dire le chanteur chaque fois qu'il s'est rendu au collège Lo Trentanel de Gignac pour faire partager aux classes de 5ème D, 5ème H, 4ème C et 4ème A, pendant les cours de français de Mme Giglio, sa façon d'appréhender la parole :" mettre du plaisir dans les mots, découvrir les enjeux multiples du texte poétique, faire intervenir le corps ". Rares doivent être les chanteurs qui peuvent se programmer presque à la suite un passage en live sur France Inter et une intervention en milieu scolaire. C'est toute la générosité et la proximité humaine que sait dégager ce personnage. Vers le milieu du concert, il fait appel à sa chorale d'adolescents pour enchaîner les enregistrements d'interventions des élèves et la chanson « Les triples axels ». Alors que certains essayent de crier pour passer au dessus des autres qui chantent, il faut la constance diplomatique du chef pour tenir toute cette vitalité, cette audace enfantine. Au final, une parenthèse insolite pour le public habitué aux prestations classiques.

Pour le reste de ce concert très familial, c'est le mordant du verbe, tantôt acerbe tantôt romantique, porté par la guitare légèrement pop et plutôt rock et les nappes de synthés accompagnés de samples urbains ou nature. Le public commence à se faire un tantinet fanatique pour chanter avec Dimoné, son héros, son chevalier baladin, poète saltimbanque des scènes et des ondes.

Daniourk

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16 février 2015 1 16 /02 /février /2015 10:26
En attendant...#2, au comptoir
En attendant...#2, au comptoir

Spectacle du Collectif Sauf le Dimanche (92), vu au bar Le Dôme, le 23/01/2015 à Montpellier


Chorégraphes et interprètes : Marie Doiret et Emilie Buestel

Composition musicale : Sébastien Berteau

Genre : Danse

Durée : 15 minutes

Emmener la danse contemporaine au plus près du public, la sortir des studios, des salles conventionnelles, la mettre en danger dans la situation quotidienne, dans un décor anachronique, voilà la démarche de ce duo de danseuses mises en mouvement par elles-mêmes.

Ce soir-là, la salle de ce café, réputé pour accueillir la culture montpelliéraine, était bien remplie par un public varié, peut-être acquis à la cause des artistes du jour mais très attentif à la prestation proposée. Et c'est presque par surprise que le duo a pris possession de trois mètres carrés devant le comptoir pour commencer son évolution très expressive. Dans une complicité évidente et une implication marquée, Emilie et Marie expriment cette attente avec des caractères changeants, des attitudes et des désirs allant du charnel au violent, du sensuel à l'étonnement.

« La simplicité du propos de ces pièces est pour Emilie Buestel et Marie Doiret un moyen de revendiquer une danse plus que jamais "dansée", où la gestuelle prend le pas sur la narration ou l’existence de personnages préétablis. Il s’agit de sortir la danse de l’espace scénique, sans renoncer à une exigence chorégraphique, accessible à tous. » (mots du Collectif)

L'hyper-proximité du public met en communion les danseuses et le quidam dans une intimité délicieuse, presque gênante pour certains. Cela donne malgré tout une expérience profitable pour ceux qui se sentent peu en accord avec les corps. Pour les amateurs du genre, on peut être dérangé par le manque de confort, par la frustration de mal percevoir, mais pour mieux voir il faudra revoir ces chorégraphies qui sont susceptibles d'être toujours différentes suivant les lieux d'accueil.

Cet avant-goût donne l'envie de connaître mieux ce collectif par d'autres spectacles :

"Zone de confort"
"Partie !"
"Mètre Carré"
"L'envers à l'endroit"
"Obaké 44"
"Appel d'air"
"Troc !"

Daniourk

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28 janvier 2015 3 28 /01 /janvier /2015 18:11

josefa.jpgSpectacle de Joséfa, vu le 28 Oct.2014, 21h, à la Friche de Mimi, Montpellier (34), pour la Frich'Up#1

 

Avec : Joséfa, auteur-compositeur-interprète

Accompagnée de : Félix Lipéri (banjo), Arnaud Delosanne (tuba), Tobie Fouilleul (percussions)

 

VIVANT2-toiles-3Genre : Chanson swing théâtralisée

Durée : 30 minutes

Première de ce spectacle

 

 

Ce groupe est né en Mars 2014. Mais Joséfa s'est lancée dans le tour de chant il y a déjà quelques années (lauréate du prix Initiative Jeunes en 2011). Malgré des conditions sonores difficiles ce soir-là, j'ai fait une très jolie découverte.

 

Joséfa se produit en personnage élégant, mi-années 30, mi-contemporain, plein de peps et de charme. Sa spontanéité et sa fraîcheur révèlent de véritables talents scéniques. La voix bien timbrée avec une belle diction, s'échappe avec autant d'agilité dans des mélodies rythmées que dans des airs de jazz et swing, et nous offre même un peu de scat. Ses textes ? de jolies tranches de vie poétiques et pleines de finesse, sur lesquelles s'accrochent émotions et images. Humour, tendresse, joie de vivre "pétillante" et poésie sont au rendez-vous autour d'un rêve de campagne, d'un rendez-vous manqué ou du plaisir de la solitude... Les musiciens ne sont pas en reste pour la qualité. Au-delà du simple accompagnement, ils nous offrent de bons moments de swing en accord parfait avec le dynamisme et la fantaisie de la chanteuse. Tous quatre dégagent une harmonie que j'ai sentie déjà bien rôdée.

 

Joséfa enchante et met le sourire aux lèvres des spectateurs. Un tour de chant théâtralisé de qualité à ne pas manquer et un groupe à soutenir !

 

Catherine Polge

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25 janvier 2015 7 25 /01 /janvier /2015 19:18

L-inconnu.jpgSpectacle de la Cie Pile ou Versa (05), vu le 31 Oct. 2014, au Théâtre de l'Albarède, Ganges (34), 20h30

 

Création d'après le film muet de Tod Browning, 1927

Mise en scène : Daniel Lawless

Avec : Anabelle Galat-Zarow, Sophie Gauthier, Simon Gillet, Robin Vargoz

Musique d'Eric Satie et compositions de la Cie

 

vivant-3-toiles-4Genre: Théâtre

Public: Adultes et adolescents, déconseillé aux moins de 8 ans

Durée:  1h

Création: 2009

 

Un mot rapide sur l'Albarède qui, au sein de la Communauté de communes des Cévennes gangeoises et suménoises, est un lieu ouvert de soutien à la création, de médiation culturelle, et de formation du spectateur. L'équipe a longuement préparé cette journée d'Halloween 2014 : après-midi destiné aux enfants, et ensuite soirée pour les adolescents et les moins jeunes. Six structures culturelles locales, dont les élèves de l'école de théâtre, se mobilisent ainsi pour la réussite de la soirée. Tout est dans le ton d'Halloween, mené avec dynamisme et un zeste de mystère et j'ai apprécié que tout le monde, équipe et spectateurs, ait joué le jeu du déguisement. La salle est pleine. Sur scène, ambiance noir et blanc, et un piano. Le titre du spectacle a été tenu secret jusqu'au dernier moment.

 

Souvent tentée par l'insolite, la Cie Pile ou Versa est ici inspirée par le scénario de Tod Browning : Il s'agit d'une rivalité amoureuse tragique dans un cirque forain. Alonzo, fier hidalgo sans bras mais lanceur de couteaux avec ses pieds, et Malabar l'Hercule sont tous deux amoureux de Nanon, fille du directeur. Mais celle-ci a une peur panique des mains des hommes. De mystères en révélations, d'explosions dramatiques en situations hilarantes, l'intrigue se déroule entre le Grand Guignol et le fantastique, mêlant l'amour, la vie, la mort. Une belle adaptation.

 

La compagnie restitue l'ambiance et le style du cinéma muet : ombres et lumières, dégradés de noirs et blancs, jeu, cadence, musique et bruitages, cadrages des scènes, tout y est. Maquillages et costumes jouent habilement du noir et du blanc, sans caricature. L'ambiance est fantastique, avec de la violence et du monstrueux. Il y a du rouge violent pour la passion et le sang, une amputation brutalement évoquée, un personnage utilisant ses pieds comme des mains, un nain difforme et ambigu. J'ai été impressionnée par l'ambition de la mise en scène, qui évite les poncifs du genre. Dans ce contexte hors norme, les comédiens sont excellents dans leurs pantomimes, postures, mimiques et dialogues. Pathétiques, sentimentaux, mystificateurs, tragiques, ou ridicules, ils expriment de multiples subtilités de la vie. C'est un spectacle bien construit, qui tient en haleine et d'une belle recherche esthétique. L'éclairage jongle avec les nuances de blanc, noir et sepia, découpant parfois des scènes fortes, comme le jeu de mains autour du piano, ou l'ombre de doigts menaçants. Et brusquement, une rupture humoristique vient détendre la salle ! Au piano, la musique de Satie, pleine d'humour, accompagne efficacement la complexité de ce spectacle fantastique. Eblouissant !

 

Spectacle sur les passions humaines et le miroir que nous leur tendons, "l'Inconnu" revu par les Pile ou Versa emmène le spectateur dans un univers insolite aux frontières de l'impossible et là où cirque, théâtre et cinéma se mêlent. A voir absolument par tous les fous de spectacle et par tous ceux qui adorent les frissons. La contre-indication pour les moins de 8-10 ans s'explique aisément.

 

Catherine Polge

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Published by Catherine Polge - dans Spectacle Tout public
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5 janvier 2015 1 05 /01 /janvier /2015 19:20

La tente d'Edgar4Spectacle de la Cie Trappe à ressorts (67), vu le 28 Oct. 2014, à la Friche de Mimi, Montpellier (34), pour la Frich'Up#1.


Créé et interprété par Stéphane Amos

Regards complices : Jérôme Lang et Zabou Lux

Construction décor : Stéphane Amos et Christophe Fruh.

 

VIVANT-3-COEURS-5Genre : Magie burlesque

Durée : de 40 min à 1 heure

Public : Tous à partir de 6 ans

 Spectacle joué en rue, en salle ou sous chapiteau

 Re-création 2011 

 

Beaucoup de monde, enfants et adultes, se presse ce soir-là sur des gradins à La Friche de Mimi, pour ce drôle de spectacle. Qu'est-ce qui avance sur scène ? Une énorme tortue ? Un igloo en feuilles mortes ? Non, c'est une grosse tente arrondie, projetant des yeux lumineux et sonnant comme une trompette. C'est intrigant. Stéphane Amos soulève un auvent qui laisse deviner l'intérieur où il va s'installer au milieu de câbles, manettes, leviers et bizarreries mécaniques qui s'entremêlent de manière fantasque. En costume noir et casque d'aviateur, l'artiste nous déclare : "Si vous écoutez bien, vous verrez mieux !"... et pendant une heure, posté à la fenêtre de sa tente, il nous mystifie sur un rythme d'enfer, tout en discourant avec un humour décoiffant. Toujours avec l'air de ne pas y toucher, il fait apparaître, disparaître, multiplie ou enflamme toutes sortes d'objets. Il est conseillé de ne rien laisser traîner à sa portée ! Et sous prétexte de nous expliquer ses "trucs", Stéphane rajoute des couches de magie ! Succès dans la salle où le public, très attentif, pour ne pas dire "scotché", rit beaucoup.


J'ai été emballée par le monde très original créé par cet artiste fascinant, magicien très doué et passionné de mécanique. Si j'ai reconnu quelques tours de magie classiques, tels ceux de la corde, ou des gobelets, c'est sous une forme complètement revivifiée et théâtralisée. Jouant un personnage loufoque, S.Ramos jongle brillamment avec l'humour, la fausse naïveté, les parodies, les double-sens et les jeux de mots. Par sa gestuelle et ses mimiques étonnantes il apparaît totalement immergé dans ses manipulations, impliquant ainsi fortement le public qui l'accompagne de surprise en surprise. Quant à l'ambiance "mystico-mécanique" de la tente, elle crée un monde fantastique où les tours de magie s'intègrent très naturellement. A la fin du spectacle, un coup d'oeil à l'intérieur de la tente m'a révélé un aménagement à la Jules Verne mâtiné de Tryphon Tournesol. C'est à elle seule un petit chef d'oeuvre.


Maniant à la fois le rêve, l'illusion, l'humour, la bonhommie et le mystère, cet étonnant spectacle s'adresse autant aux enfants qu'aux adultes et peut émerveiller tous publics. On en sort avec le sourire aux lèvres.

Ce spectacle est techniquement autonome, de nuit comme de jour.

 

Catherine Polge

(Photo: Thomas Doco)

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5 janvier 2015 1 05 /01 /janvier /2015 19:08

la vie rêvéeSpectacle de la compagnie Pepi Morena (34), vu le 20/11/2014 au Carré Rondelet de Montpellier (34).


De et avec: Sylvie Bousquet

Mise en scène: Luca Franceschi.


VIVANT-3-COEURS-5Genre : Clown théâtre

Public : Tout public

Durée : 1h15

 

Pepi est une femme « comme il faut », quadragénaire au style démodé, prof. d’anglais, à la fois distraite et cadrée. Voilà comment Sylvie Bousquet annonce le personnage de Pepi à laquelle on peut ajouter quelques traits de caractère marquants comme extravagante, sensuelle, hyperémotive, dispersée voire carrément maniaco-dépressive. Le décor est minimaliste : un paravent cachant l'entrée de son appartement, un pan de mur avec un portrait de Clark Gable, une table et une chaise où Pepi fait ses corrections.

 

Pepi rentre chez elle le soir, après avoir ouvert et refermé toute une série de verrous et consulté le répondeur - « vous n'avez aucun message » -, elle retrouve son univers kitsch, accompagnée d'une chanson improbable chantée par Jeanne Moreau, « La fourmi ». Après avoir délaissé la correction des copies de l'interrogation d'anglais, déjà contrariée par un dossier récalcitrant, elle danse un tango passionné avec... son balai : un amour impossible bien que réellement sensuel. De retour à ses copies et dans ses rêveries clownesques, elle ne prend pas garde au coup de téléphone et, quand c'est le répondeur qui décroche, c'est Paul qui parle. Paul, ce collègue si séduisant qu'elle n'a jamais osé aborder, dont elle est secrètement amoureuse, et qui l'invite chez lui. Là c'est la vie rêvée, le rêve de sa vie, tellement angoissant ; que va-t-elle faire ? Comment s'habiller ? Que lui dire ? Tous ses fantasmes viennent alors en cascade si bien que le temps passe et que l'heure tourne, et Paul qui rappelle : « J'ai attendu, vous n'êtes pas venue... » et là c'est le drame. Une solution : le kit thérapie, une chanson, une danse avec un spectateur et le bonheur revient. Le dernier tableau est encore un rêve mais encore plus échevelé et sensuel.

 

Tout cet univers burlesque et poétique emmène le spectateur dans une vision humoristique d'un certain travers qui nous guette tous : comment passer à côté du cours de sa vie juste par distraction, par rêverie. Sylvie Bousquet possède bien tous les atouts de la comédie clownesque pour nous émouvoir et nous faire rire avec son personnage si attachant.

 

Daniourk

(photo: http://www.pepimorena.com/une_vie_revee.html )

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30 décembre 2014 2 30 /12 /décembre /2014 16:00

The king of the kingdomSpectacle de la compagnie "Bruitquicourt" (34), vu le 7 novembre 2014, au théâtre de la Vista, à Montpellier (34) en séance scolaire.

 

Avec : Estelle Sabatier, Luc Miglietta, Olivier Merlet.

 

VIVANT-1-toile-2Genre : Spectacle tragico-burlesque

Public : Tout public à partir de 12 ans

Durée : 1h

Création 2014

 

Une création de la compagnie "Bruitquicourt" est un moment dont on attend beaucoup tant la compagnie a habitué son public à du haut niveau… Après "Shakespeare en 30 minutes" et sachant le grand intérêt que Luc Miglietta porte au célèbre auteur anglais, je pensais être confrontée à un travail plus orienté vers les textes… Mais il s’agit finalement d’une réflexion personnelle sur le pouvoir et ses dérives sous le prisme du clown.


Deux personnages font leur entrée sur un plateau occupé par un trône, sur lequel le roi prend place, et un piano… Le démarrage est très (trop ?) long. Estelle fait le tour du public, surveillant le comportement des spectateurs/sujets de sa Majesté, avant d’installer bien inconfortablement le musicien sur une chaise trop petite pour lui, le mettant en position d’infériorité et en difficulté pour atteindre le clavier.

Le roi est affublé des attributs/symboles de sa charge, trône, couronne, sceptre et grand manteau, qui finalement ne font que cacher le fait qu’il n’est rien de plus qu’un personnage dérisoire, que le hasard (la dictature peut-être ?) ont placé là. Il exerce son emprise sur un pauvre musicien tétanisé et un chambellan servile, qui finira par le trahir… Même s’il laisse parfois croire qu’il est prêt à partager le pouvoir, il s’y accroche en réalité jusqu’à la mort.


La thématique est intéressante, les personnages bien campés, le jeu et les mimiques de Luc et Estelle toujours très expressifs. Mais il m’a semblé assister à une "première sortie de chantier", comportant beaucoup de longueurs, à un travail inachevé qu’il est nécessaire d’agrémenter avant de le présenter au public. Luc lui-même, pour répondre à une question d’un jeune spectateur, a précisé que la compagnie avait travaillé le spectacle pendant une quinzaine de jours, de surcroît avec un musicien dont c’est la première collaboration avec la compagnie…

Deux autres correspondants de l’Adadiff/VM ont assisté à des représentations différentes du spectacle, et nous avons croisé nos points de vue, qui aboutissent aux mêmes conclusions. Même si nous avons compris qu’il s’agit d’un spectacle qui fait la part belle à l’improvisation et à une interactivité, pas forcément au rendez-vous, qui rendent certes chaque séance unique, il nous est apparu que la trame manquait toutefois d’épaisseur.

Nous attendrons donc que le travail de création soit plus avancé, avant d’assister à une nouvelle représentation et de nous forger un avis plus éclairé.

 

Cathy de Toledo

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21 décembre 2014 7 21 /12 /décembre /2014 10:06

Bigflo-et-Oli1

Spectacle de Bigflo & Oli, vu le 27 novembre 2014, dans le cadre du festival "Les Nuits du Chat" (34), à l'Opéra Comédie salle Molière.

vivant-3-toiles-4

Genre : Concert rap

Public : à partir de 15 ans

Durée : 1h40

 

Le festival "Les Nuits du Chat" est vraiment atypique, d'abord par le lieu, une salle baroque avec ses miroirs gigantesques dans lesquels se reflètent les enluminures et les décors peints du XIXème siècle. Une salle aux accents romantiques qui doit rarement accueillir de la musique si moderne.

On est reçu dans le hall d'entrée par l'association "La décontraction à la française" qui propose des massages aux contacts très décontractants de la méthode Tchouk, une bonne manière de débuter une soirée pleine d'énergie.

La première partie est assurée par le trio "Volin" : percussionniste, clavier échantillonneur, guitare et chant. Derrière une voix, qui rappelle celle d'Adamo, une musique mi-électro mi-psychédélique compose des balades qui vous entrainent dans une semi-torpeur.

Un interlude plus énergique assuré par "Les Pénibles" nous a réveillés avec des chansons humoristiques complètement improvisées par les trois Michel au ukulélé, ukulélé basse et batterie modeste. Très heureux d'avoir eux-mêmes leur première partie (le leader étant aussi l'organisateur), ils nous ont offert le moment d'humour qui manque parfois dans les concerts.

Vient ensuite la formation attendue par un public très jeune. L'intro techno est assurée par les deux musiciens : le DJ et l'improbable violoncelliste (aussi à la guitare), qui annonce un rap des plus originaux, cet instrument, très en rapport avec le lieu, peut s'avérer bien sûr très moderne dès qu'on y ajoute les effets électroniques adéquats.

Les deux rappeurs d'à peine quarante ans (à eux deux), sont vraiment munis de tous les atouts nécessaires au public averti. "Le premier clip du E.P de Bigflo & Oli a fait son effet avec plus de 100 000 vues par jours depuis sa sortie, il a été relayé par énormément de médias, Kombini, les Inrocks, Huggfinton Post, le Before du Grand Journal sur Canal +...Cet E.P est sorti le 21 avril chez Polydor, ils ont joué à Chorus, Printemps de Bourges, La Boule Noire, Les Francofolies de La Rochelle..." (www.live-boutique.com)

Leur jeunesse leur permet une écriture originale, loin de tous les clichés habituels. Le ton et le débit de parole sont tout à fait dans la mouvance mais les sujets sont souvent hors normes. En tous cas, le public de fans connaît les morceaux et reprend tous les refrains dans une ambiance surchauffée.

Ce groupe de rap est à conseiller à tous les réfractaires au genre pour s'initier à une musique, non pas réservée aux jeunes, mais qui devrait rassembler toutes les générations.

Daniourk

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21 décembre 2014 7 21 /12 /décembre /2014 09:50

Psycho'Mat12Spectacle de Bouzid le Fantaisiste, vu le 11 décembre 2014, au Carré Rondelet (34) dans le cadre du Festival Méditerranéen.

VIVANT-3-COEURS-5Genre : Monologue fantaisiste

Public : Tout public

Durée : 1h10

 

D'entrée de jeu le Fantaisiste annonce la couleur: l'ambiance sera cabaret, en costume clinquant, cape rouge et chanson à l'américaine. "Qu'est-ce qui pousse un homme à monter sur scène ? Une façon d'exorciser les déboires de sa vie sentimentale et professionnelle."

Ses premiers pas l'emmènent donc à l'agence matrimoniale qu'il compare à une agence d'intérim: "mais attention, les articles ne sont ni repris ni échangés"... A force d'essais très peu concluants: "il arrive au bout du rouleau, heureusement qu'il n'est pas peintre en bâtiment."

Et là le véritable ton du spectacle est donné : tout est finesse de langage, jeux de mots et sous-entendus. La verve de Bouzid porte un récit ciselé dans les moindres détails.

"La caissière de la supérette ne peut pas l'encaisser, ne propose pas la carte de fidélité"... Chez le coiffeur c'est une succession de poils dans la main et de cheveux sur la langue.

Vient en interlude une reprise improbable d'une chanson de Sacha Distel, et toute la pluie tombe sur lui.

Et c'est un récit à propos d'un arbitre de football, qui est aussi gardien de la paix, qui accélère encore le rythme des jeux de mots, jusqu'au carton rouge: "le stade tu l'aimes ou tu le quittes"... annonçant un volet politique assumé à base de "trouble de l'élection"... "le notaire il est pas clair"... "le rat ne partage rien, quelle peste"... "le ciel est voilé l'islam est à nos portes"...

Bouzid le Fantaisiste, dans son spectacle, fait renaître un genre d'humour qui donne à réfléchir, à se cultiver pour en apprécier tous les contours, et les références remontent à une époque où le verbe était de haute volée. On ne craint pas de comparer Bouzid à un de Groot ou même à son maître Devos. Un spectacle excellent, intime et rentre-dedans, dont on ressort avec un sourire bien accroché .

 

Daniourk

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