Lundi 23 avril 2012
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19:06
Spectacle vu dans le cadre de la saison jeune public de l'association «Pitchoun et compagnie» (Vigan - 30), le 24 Mars
2012.
Genre : conte kabyle avec accompagnement musical
Public présent ce soir là : enfants d'âge scolaire et adultes
Durée : 50 min
Distribution :
Kamel Guennoun, conteur et formateur (Les Singuliers)
Claire Menguy, violoncelliste (Trio Zéphyr)
L'association viganaise « Pitchoun et Compagnie » accueille de jeunes parents et des enfants de tous âges, dans une toute petite salle de quartier
enfouie au milieu des immeubles. Ambiance familiale. Les enfants s'assoient par terre, devant. Sur une scène noire et plongée dans l'obscurité, deux chaises où s'installent Kamel Guennoun
(auréolé de boucles grises) et Claire Menguy (avec son violoncelle d'un magnifique acajou assorti à sa silhouette, qui
semble sortir d'un tableau de Dante Rossetti). Tout au long du spectacle, les beaux éclairages aux tons chauds feront chatoyer ou estomperont le conteur et
la musicienne.
C'est l'histoire d'une enfant aux cheveux d'or, abandonnée par sa mère dans la forêt car, en grandissant, elle est devenue la plus belle. C'est la Lune qui le dit.
Un homme ensorcelé (transformé en serpent) l'élève. Or, un jour, elle rencontre un prince, et ils tombent amoureux. En quittant son père-serpent, la belle attire étourdiment une malédiction sur
sa propre descendance mais, bien sûr, tout rentre dans l'ordre à la fin.
Un conte sur une thématique connue, direz-vous ? Peut-être... mais bien au-delà, car les deux interprètes lui font prendre forme, sous nos yeux émerveillés. Kamel
raconte, voix basse et chaude, paupières closes pour visualiser les montagnes et forêts de Kabylie, regard tendu dans les conversations avec le serpent, les yeux dans le ciel pour s'adresser à la
Lune, avec quelques lents et amples mouvements des mains, ronds, enveloppants ou ondulants. Les créations et improvisations de Claire soulignent la narration, la prolongent, la mettent en
suspens, tiennent en haleine ou rassurent. Le jeu de Kamel et de Claire nous font plonger dans un monde de symboles, où
la Lune est miroir des cycles de la vie et mesure du temps, et où le serpent transmet des paroles de sagesse, assure une continuité et donne une leçon de vie.
L'harmonie de la narration et de la mise en scène traduit une grande complicité entre
Kamel Guennoun et Claire Menguy, associés depuis 6 ans. Pour les tout-petits, le spectacle me semble un peu long ou impressionnant, ils s'agitent, distraient (les grand-mères ne sont pas toujours
disponibles !). Par contre, à conseiller à partir 6 ans et au-delà, sans limites ... pour tout public prêt à succomber au charme et à la magie du
merveilleux.