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Avec plus de 1.200 spectacles commentés sur ce blog, les correspondants Vivantmag - AdAdiff, ne se posent pas en censeur du spectacle, loin de là. Nous souhaitons seulement faire partager un point de vue, forcément subjectif, sur les spectacles que nous voyons. Chaque retour de spectacle est ouvert à vos propres commentaires, et n'hésitez pas à en laisser car ils enrichissent ce travail d'échange et de partage d'informations.
Pour faciliter la lecture des spectacles, nous mettons désormais en place un picto permettant de donner notre avis général sur le spectacle. En voici le détail :
Décevant
Moyen
Pas mal...
Bien !
On adore !!! 

les spectacles du Off 2014

Découvrez tous les spectacles commentés par les correspondants de Vivantmag, et présents sur le Off 2014 d'Avignon. Certains ont été vus à leur création, en salle ou sur d'autres festivals, ou sur des précédentes éditions du Off. Grâce à un travail de veille artistique tout au long de l'année, l'Adadiff met à votre disposition son équipe de correspondants et vous permet de disposer d'un regard extérieur et indépendant pour faciliter votre choix. Commentaires ici...

27 juin 2015 6 27 /06 /juin /2015 14:21
Semianyki Express
Photo : P. Avenet
Photo : P. Avenet

Spectacle de la compagnie Teatr Semianyki, vu au Théâtre du Rond-Point (75), le 20 juin 2015

Conception : Teatr Semianyki

Mise en scène : Yana Toumina

Interprétation : Olga Eliseeva, Alexander Gusarov, Marina Makhaeva, Kasyan Ryvkin, Elena Sadkova, Yulia Sergeeva

Genre : Clown

Public : Tout public à partir de 7 ans

Durée : 1h15

La troupe mythique est de retour avec un nouveau spectacle ! Vos ados qui ont été biberonnés aux Semianyki trépignent d’impatience. La déception - du moins la vôtre - est à la hauteur du souvenir impérissable qu’ils vous avaient laissé. Certes, le défi était difficile à relever. Et on leur concède le courageux effort d’avoir cherché à se renouveler. D’autant plus que le sujet est bien moins universel que celui de la famille : il s’agit ici de nous embarquer dans une sorte d’Orient Express mythique.

Le train est symbolisé par une allemande, la gare par un lampadaire soudé à un chariot de gare et doté d’une horloge. En arrière-plan, une énorme tenture verte, froissée à la façon d’un vieux rideau XIXème, dispose d’une fenêtre pour ouvrir sur d’autres horizons. Dans ce décor, les six comédiens tentent de nous raconter la vie à l’intérieur du train du point de vue du personnel de bord : le chef de gare hargneux, le barman séducteur, trois femmes de chambre rivales et une femme de ménage, avatar moderne de Cendrillon. On retrouve les cinq clowns fondateurs des Semianyki, à commencer par l’incroyable Olga Eliseeva (la mère). Mais là où chacun avait son numéro qui révélait au public l’étendue de son talent, on ne retrouve ici que la virtuosité hors norme d’Olga Eliseeva. Quoi qu’elle fasse, qu’elle bouge un œil, la bouche ou son imposant fessier, elle nous ravit et ce dans tous les personnages qu’elle incarne. Car en plus de jouer un rôle fixe, les six comédiens incarnent tour à tour les différentes figures du voyageur : les vieilles rombières en croisière et qui se crêpent le chignon, la diva en déplacement, l’aviateur aventurier qui croise la route d’une belle bourgeoise esseulée. Il y va un peu comme du théâtre de boulevard, avec un je-ne-sais-quoi de suranné et de figures imposées. Et on s’ennuie.

Bienveillant, on pourrait voir dans cet ennui nostalgique une référence à l’univers de Tchekhov. Mais il traduit simplement, à mon avis, un spectacle qui ne trouve pas son rythme. Les séquences s’enchaînent, surfaites et artificielles, entre cabaret et cinéma muet, saturées de musique pour mieux masquer le vide du propos.

Trois scènes échappent à ce fiasco. La première convoque deux spectateurs - un homme et une femme - choisis au hasard dans le premier rang du public et que notre personnel de bord s’ingénie à marier. L’une de leurs tentatives consiste à leur préparer un dîner aux chandelles. Puis survient Olga Eliseeva, déguisée en cuisinier fou. Elle nous livre alors un numéro hallucinant tout en hommage - assumé - à Charlot. La troisième scène haute en couleur est le mime d’un numéro de patins à glace entre la même Olga et celle qui jouait autrefois le rôle du bébé. Dans ces trois scènes, les Semianyki nous montrent qu’ils n’ont rien perdu de leur art. On regrette seulement qu’ils se soient égarés.

Ce n’est pas que le spectacle soit mauvais. Ils sont trop bons comédiens pour cela. C’est juste décevant. Nous assistons en fait à une sorte de divertissement international du genre du "Slava’s Snowshow" du Théâtre Licedei et dont la troupe est issue. C’est bien fait mais sans âme. Ce n’est que lorsque la troupe s’affranchit des exigences de la superproduction qu’ils redeviennent ce pour quoi on les a tant aimés. Le spectacle est jeune et manifestement en cours de rodage. Pourvu qu’ils le réorientent vers cette authenticité qui fait leur force.

Catherine Wolff

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23 juin 2015 2 23 /06 /juin /2015 21:56
L'art du rire
L'art du rire

Spectacle de Jos Houben et de la Compagnie Rima, coréalisation Théâtre du Rond-Point (75), avec le soutien de la SACD, vu au Théâtre du Rond-Point, en juin 2013 et le 19 Juin 2015

Mise en scène et interprétation : Jos Houben

Genre : Conférence mimée

Public : Tout public à partir de 12 ans

Durée : 1h

"L’art du rire", c’est le genre de spectacle qui réussit la prouesse d’être plébiscité par les ados, et plus encore, par VOS ados ! Je vois déjà vos yeux s’écarquiller. C’est quoi cette pépite ? Une conférence, enfin un "master-class", sur le rire. Là, vous vous dites que je me moque de vous. D’ailleurs c’est ce que vos ados ont tout d’abord pensé, et fort ostensiblement ! Deux ans plus tard, vous lisez que le même spectacle se joue dans le même théâtre. Et vos ados de vous tanner pour que vous les y rameniez. Alors, bon prince, pour leur faire plaisir, vous cédez !

Et, deux ans plus tard, c’est toujours aussi fort ! Un "spécimen mâle" d’1m87 - Jos Houben - entreprend seul sur plateau nu de décrypter le rire dans tous ses états : quelles sont les postures corporelles qui provoquent le rire et pourquoi, dans quelle condition faut-il installer le public pour qu’il rie, quels sont les ingrédients subsidiaires pour rire, quelles catégories de rieurs peut-on définir, etc. Bon, je vais arrêter là la théorie car ce qui fait précisément la force de ce spectacle hors norme, c’est l’intelligence du propos alliée à la mise en situation.

Le postulat de base, c’est la verticalité. La verticalité, apanage de l’espèce humaine et synonyme de dignité. Oui, oui, je suis une bonne élève et, sur les injonctions du professeur, j’ai pris des notes. Dès que l’humain perd cet équilibre, il fait rire et plus encore s’il est surpris dans ce fâcheux incident. Démonstration immédiate avec le gag éculé de la chute. Pédagogue, Jos Houben nous remontre le procédé plusieurs fois, de dos, de face, ajoutant une nuance (la chaussure qui vole) ou un témoin (son comparse Mustapha) et nous nous surprenons à rire au moment exact qui avait été prévu et alors même que nous avions été prévenus.

L’autre point fort de ce spectacle, c’est le jeu de Jos Houben. Seul en scène, avec pour seuls accessoires utiles à la démonstration une table, deux chaises, une bouteille d’eau, un torchon, une chaussure et un chapeau, il est d’un naturel déconcertant. Il joue comme il respire, il passe sans aucune transition du discours théorique à la mise en situation corporelle. Démonstration époustouflante avec la figure de l’alcoolique. Tituber, ce n’est pas, comme nombre de comédiens nous le montrent, marcher de travers et perdre l’équilibre, c’est précisément tout faire pour le garder, cet équilibre ; maintenir sa verticalité et donc sa dignité. On pourrait multiplier les exemples tant ils sont merveilleusement observés et interprétés. Mais, par écrit, cela n’aurait guère de sens. Seul le corps en scène - le bassin (le lieu des rires gras), l’abdomen (le moi) et la tête ("le cerveau") - peut concrètement nous faire entendre cette réflexion si sérieuse et pourtant désopilante.

Mis en confiance, le spectateur que nous sommes finit par accepter d’abandonner un peu de sa dignité pour se plier en deux de rire. Et on finit par rire de n’importe quoi : de l’imitation du camembert ou d’une galerie de portraits d’animaux (la poule, la vache, le poisson) qui visitent une expo d’art contemporain !

C’est donc à une sorte de leçon de choses à laquelle nous assistons. C’est brillant tant d’un point du vue du discours que de la perfection du jeu. On ressort détendu, un peu plus intelligent et mû d’une volonté nouvelle d’observation de ses congénères.

Catherine Wolff

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23 juin 2015 2 23 /06 /juin /2015 21:44
La petite poule qui voulait voir la mer
La petite poule qui voulait voir la mer

Spectacle de la compagnie Rhapsodies Nomades, vu à la médiathèque de Cournonsec, le 29 mai 2015

D'après l'ouvrage de Christian Jolibois avec les illustrations de Christian Heinrich

Interprètes: Chloé Desfachelle, Thierry Capozza

Genre: Marionnettes, théâtre de proximité

Public: Jeune public

Durée: 45 min

Le spectacle se joue en plein air dans la cour de la Médiathèque de Cournonsec. Les enfants sont là impatients, agenouillés devant la scène. Un poulailler de luxe est dressé face à eux, bricolé sur des étagères dont la paille recouvre les planches... La petite poule Carmela refuse son destin, qui serait de faire comme sa mère, de pondre des œufs et de ne faire que ça. Elle a bien plus envie d’aller se promener et de découvrir un autre environnement que le poulailler dans lequel elle vit. Carmela décide donc de partir, de nuit, toute seule. Le bruit du coucou, le chant des oiseaux aident à imaginer la forêt qu’elle traverse. Mais ce qu’elle veut voir absolument, c’est la mer! Elle va y parvenir. Sa rencontre avec les poissons, l’hippocampe, le gros poulpe ne va pas l’en dissuader bien au contraire…Tant pis si elle se perd et c'est ce qui arriva!

Une histoire toute simple, des moyens impressionnants tant par la taille que par l’originalité des décors, et notamment de pouvoir réaliser la mer sur des panneaux réfléchissants et d’y voir des poissons nager. La rencontre avec le capitaine d’un navire, marionnette articulée, à bord de son bateau sur lequel une grande voile vient d’être hissée, et bien sûr la chute de l’histoire car pour ne pas être mangée elle propose de pondre un œuf par jour, gage de rester en vie en offrant celui-ci au capitaine… La fin de l’histoire est également très mignonne car elle va rencontrer un coq en Amérique avec qui elle aura un petit poussin qui à son tour voudrait voir… les étoiles !!!

La seule mésaventure de cette représentation jouée dehors a été que la présence de nuages menaçait, et quelques gouttes de pluie ont un peu perturbé l’attention du public. Un problème technique de courte durée s’est rajouté, la musique ne voulait pas démarrer, et le comédien a manifesté quelques signes de colère qu’il aurait pu et dû camoufler.

Evelyne Bordenave

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20 juin 2015 6 20 /06 /juin /2015 22:07
BP Zoom - Mélange 2 Temps
BP Zoom - Mélange 2 Temps

Spectacle de la compagnie BP Zoom/Temal Production (93), vu au Cirque électrique, Paris XX, le 13 juin 2015

Mise en scène et interprétation : Philipp Martz et Bennie Collins

Genre : Cirque/duo de clowns

Public : Tout public à partir de 4 ans

Durée : 1h15

Voilà un spectacle qui réjouira aussi bien les petits que les grands. "BP Zoom - Mélange 2 Temps" revisite de façon contemporaine le traditionnel duo de clowns. Mr. P (Philipp Martz), P comme Philipp, mais aussi comme petit pédant et pro, c’est le cerveau quelque peu autoritaire et pince-sans-rire. Mr. B (Bennie Collins), B comme Bennie, mais aussi comme ballot et bidonnant, c’est le grand dadet naïf et maladroit. Par leur tenue juste assez décalée et un maquillage discret mais expressif qui n’effraie pas les petits, Mr. P et Mr. B sont un condensé de tous les duos de clowns qui ont enchanté notre enfance depuis Laurel et Hardy jusqu’à Monsieur Loyal et l’Auguste.

Le spectacle se joue sous chapiteau (se placer de préférence de face) ou bien en salle avec une jauge moyenne d’environ 200 à 300 places. Sur le plateau nu ou dans l’arène, nos deux zigues enchaînent 7 sketchs tantôt déjantés (l’installation du micro), tantôt oniriques (l’aquarium). Le lien ? Une association d’idées incongrue ou bien un accessoire particulièrement rétif. La force du spectacle tient à son extraordinaire économie de moyens. Et c’est fou ce que l’on peut faire avec un rien quand le talent s’en mêle. Petit inventaire à la Prévert : un carton surmonté d’un ballon de baudruche devient une montgolfière des plus convaincantes, des avions en papier se font animaux de cirque quand ils ne se mettent pas à voler de façon circulaire, des cuillères se détournent en percussions tandis qu’un micro et sa perche, espiègles, sont l’occasion d’un sketch hilarant et jazzy.

La musique et les bruitages sont un autre point fort du spectacle. Le choix est sciemment éclectique. Parfois la chansonnette, alors interprétée, est le sujet même de la séquence (le sketch de la chanson aux cuillères). Plus souvent, la bande-son accompagne le sketch, souligne une émotion, rythme un mouvement. Sur l’air de Peer Gynt, on compatit avec Mr. P qui pleure son avion en papier brûlé ; sur les Quatre Saisons, on admire la prestation rythmique de l’avion qui tournoie au-dessus du chapeau de Mr. P. Dans le sketch de l’aquarium, la musique cède la place aux bruitages de Philipp Martz qui excelle à imiter le bruit de l’eau – celle qui goutte, celle qui fuit, celle qui inonde. Par la seule force de sa voix et le jeu ahuri de son comparse, il nous emporte dans une histoire sous-marine à haut débit.

Le public n’est pas en reste. Il est sollicité pour participer à certains jeux. Plus traditionnellement mais non moins efficacement, Mr. P le prend régulièrement à témoin pour se moquer des bévues de Mr. B. Le sketch de rappel à partir du même procédé inversera le rapport dominant/dominé et prouvera combien le public - totalement complice de Mr. B - est conquis… par le duo.

Bref, on l’aura compris, c’est un tout petit rien qui fait un grand bien. C’est un spectacle populaire au sens le plus noble du terme : accessible, drôle, sarcastique, inventif et terriblement exigeant. En guise de salut final et comme ultime preuve d’imagination, des avions en papier, du haut du chapiteau, piquent sur les spectateurs. Ce sont les dépliants qui annoncent que le spectacle se jouera en Avignon du 4 au 26 juillet au collège de la Salle : courez-y !

Catherine Wolff

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20 juin 2015 6 20 /06 /juin /2015 21:50
Ildebrando Biribo ou un souffle à l’âme
Ildebrando Biribo ou un souffle à l’âme

Comédie de et avec Emmanuel Vacca (75), vue le 18 avril 2015 lors de l’inauguration du Théâtre de l’Oulle à Avignon (84)

Genre: Théâtre

Public: Tout public

Durée : 1h15

Repris fin 2014 par Laurent Rochut, le Théâtre de l’Oulle proposait ce samedi 18 avril un superbe spectacle pour l’ouverture de sa saison, dédiée au théâtre, à la musique et à la découverte. Partenaire de l’Adadiff, ce théâtre propose une programmation à l’année sur un des plus grands plateaux de la ville-festival : 11 mètres d’ouverture, 8 m de profondeur et 5,50 m de hauteur… pour 197 places. Un vrai bonheur avec un projet de programmation éclectique, ouvert et accessible. L’entrée se fait toujours par la place Crillon et l’accueil est chaleureux.

Pour cette ouverture, j’ai pu découvrir devant une salle comble une comédie de et avec Emmanuel Vacca, "Ildebrando Biribo ou un souffle à l’âme": l’histoire du souffleur de Cyrano de Bergerac, mort à la fin de la première représentation le 28 décembre 1897. Quasi historique !

Seule sur scène, avec un grand castelet de théâtre, cette belle âme revient explorer avec nous l’intérieur du comédien affolé qui a perdu son texte. Dans un registre de commedia dell'arte, Emmanuel Vacca (malgré une voix mal en point) nous a transportés dans la mémoire enfermée du souffleur. Avec une espièglerie réjouissante, il nous parle du théâtre, de l’écriture, du jeu sur le texte, du faux-semblant mais aussi des comédiens et du public. C’est riche, drôle et intelligent et sa présence sur scène, son sens du mime et de l’improvisation nous réjouit du début à la fin. Avec une intelligence de la mise en scène et un vrai talent de comédien, il mêle poésie, humour, réflexions et nous interroge sur le sens du théâtre, tout en restant accessible à tous.

Un vrai moment de bonheur qui annonce de biens beaux rendez-vous pour la nouvelle direction de ce théâtre. A découvrir tout au long de l’année sur www.theatredeloulle.com

Merci !

Eric Jalabert

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15 juin 2015 1 15 /06 /juin /2015 13:13
Mademoiselle Rêve
Mademoiselle Rêve

Spectacle de Filomène et Compagnie (34), vu le 20 mai 2015, au théâtre Golovine (84), dans le cadre des "Mercredis des Bambini"

Interprète : Emilie Chevrier

Mise en scène, films d’animation, régie : Renaud Duprè

Genre: Théâtre et images projetées

Public: Jeune public à partir de 1 an

Durée: 40 min

J’avais très envie de découvrir ce spectacle, proposé dans le cadre des "Mercredis des bambini" du théatre Golovine et qui traite du cycle de la vie et mêle arts vivants, univers sonore et animation.

Sur le grand plateau du théâtre, un dispositif vidéo attend le public, projetant des images de plumes remontant au ciel sur le fond de scène et sur des structures rectangulaires, donnant un effet de volume aux images projetées. Une douceur et un calme reposant émanent de cet univers plein de poésie. Le régisseur, présent sur scène, nous prévient que Sidonie dort et regagne sa régie installée sur le plateau. L'œuf au centre du dispositif bouge, et Sidonie s’éveille. La jeune fille s’émerveille sans un mot de la vie qui nait sous ses yeux. La graine, plantée, se transforme grâce aux effets vidéo en une fleur magnifique et très réelle, offrant ainsi la vie aux abeilles et autres insectes, transformant la chenille en papillon, le pollen en miel… La magie de la vie prend forme sous nos yeux, fourmillant d’images animées, réalisées par la compagnie et créées à partir d’objets de récup’ habilement assemblés. C’est un univers riche, soigné et très attachant.

Pourtant malgré la richesse et la qualité de la réalisation, le personnage de Sidonie m’a semblé un peu écrasé par cette vidéo très présente qui inonde le plateau, et ne met pas suffisamment en lumière son visage. Dommage, car cela lui enlève l’expression nécessaire qui donnerait davantage de vie à son personnage, et renforcerait sa présence sur scène. Cela reste néanmoins une très belle proposition visuelle, soignée et riche, et offrant aux enfants une belle leçon de vie et de créativité.

Un mot complémentaire sur le théâtre Golovine, dont le travail autour de la danse en particulier, mais aussi auprès du jeune public, est à saluer. Malgré le grand nombre de théâtres présents sur Avignon, Festival oblige, ils ne sont pas légion, ceux qui programment régulièrement et tout au long de l’année. Encore moins auprès des plus petits, spectateurs de demain. L’équipe du théâtre a mis en place plusieurs dispositifs comme les "Mardiff" (mardis différents) ateliers-impro mensuels autour du travail d’un chorégraphe, les "Mercredis des bambini" tous les mercredis pour les enfants avec goûter inclus, et aussi expositions, participation à de nombreux festivals (hors le Off)… Bref, un vrai travail de proximité, de régularité et de diversité des propositions. Merci !

Eric Jalabert

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11 juin 2015 4 11 /06 /juin /2015 18:54
Paroles d'habitants : Les Voisins sont parmi nous
Paroles d'habitants : Les Voisins sont parmi nous

Spectacle de la Cie Délit de Façade (30), Domaine d'O, Montpellier (34), festival Saperlipopette, 10 Mai 2015

Mise en œuvre : Sandrine Furrer

Conception marionnettes : Lydia Sevette

Marionnettistes : Pascale Goubert, Agathe Arnal, Martine Palmer

Images : Olivier Arnal

Genre: Marionnettes filmées, film pour l'espace public

Public: tous

Durée: 15 min

Jauge: selon l'espace public d'accueil

Création 2015

"Paroles d'habitants" est une forme de spectacle filmique réalisée par Délit de Façade à partir d'interviews d'habitants pour être représentée dans l'espace public.

Les interviews de "Les Voisins sont parmi nous" ont été effectués auprès d'habitants de la ville de Ganges (34) et de ses environs, sur le thème "Les voisins, pour vous, c'est ...?" Dans ce fabuleux reportage humoristique les marionnettes jouent les rôles des interviewés, mais parlent avec les voix enregistrées, ce qui donne à leurs propos une portée qui dépasse les individus. C'est très drôle et le miroir qui nous est tendu est parfois grinçant. On y retrouve toute la gamme du quotidien en matière de voisinage : l'amour ou la haine, le rejet ou l'idéalisation, la générosité ou la résignation. Ainsi un vieil homme se félicite d’avoir des jeunes près de chez lui, mais un misanthrope se réfugie sur son toit, et un homme disserte sur les charmes du bon voisinage pendant que son voisin immédiat tente de se pendre. En matière de voisinage tout est possible !

Les marionnettes de type muppets sont typées, souvent complexes, touchantes. J'ai beaucoup apprécié de découvrir la justesse d’interprétation d’un coussin moelleux ou d’une fleur, car tous les interviewés ne sont pas représentés par une silhouette humaine ! La manipulation est fine, juste et éloquente en diable. La mise en scène évite la linéarité narrative, avec un excellent montage qui découpe chaque interview en plusieurs séquences. L'ensemble est vif, rythmé et pour tout dire passionnant. Une belle réussite.

Outre ses qualités de réalisation, l’originalité et l'intérêt de ce travail réside dans son intégration dans la vie urbaine. Portatif, le spectacle peut être présenté sur des supports (TV, etc.) et dans des lieux très divers (écoles, vitrines, bars etc.) , en toutes occasions. Base de débats, il suscite rencontres et partages.

Ce projet précis sur les voisins a été réalisé en partenariat étroit avec la ville de Ganges, depuis le choix du thème des interviews jusqu’à la définition des modalités de mise en œuvre (artistes, techniciens, matériel, etc.). De la même façon, toute collectivité locale peut contacter Délit de Façade sur un projet spécifique (fête de quartier, anniversaire, jumelage, urbanisme, etc). L’importance de la logistique fait ensuite l’objet d’un ajustement entre les partenaires, en fonction de l’ampleur du projet.

Un vrai coup de cœur pour le film, le travail de marionnettes et le projet collaboratif qui en a permis la concrétisation. C'est une belle démonstration de l'irrigation de la vie sociale par la création artistique.

Catherine Polge

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6 juin 2015 6 06 /06 /juin /2015 13:28
Trésor public
Trésor public

Performance de la Cie du Tubograph (34), vue au Domaine d'O, festival Saperlipopette, le 10 Mai 2015

Création: Delphine Joseph

Participation: Sophie Costeau, Dominique Legenne, Delphine Joseph

Genre: Entresort poétique, Performance collective nationale

Public: Tous

Création 2014

Delphine Joseph, artiste photographe, a décidé de sortir à la rencontre du public.

Qu’est-ce qu’un trésor public, ici ? Hé bien c’est un projet qui commence par le recueil de nos souvenirs heureux. Oui ! « heureux ». J’ai rencontré ce projet dans la Pinède d’O, où un « Tube » Citroën jaune vif tout pimpant accroche le regard. Je m’approche, D. Joseph m’accueille et je suis séduite par l’originalité et la générosité de cette aventure. Je vais moi aussi envoyer un de mes meilleurs souvenirs heureux à un(e) inconnu(e). Tout d'abord, parmi la centaine de photographies exposées sur une face du camion, en choisir une en double exemplaire. Sur l’autre face du Tube, il y a cinq cabines d’écriture. Je m’installe derrière un petit rideau et dans l’intimité, je fouille dans ma mémoire, je trie, et j’écris mes deux cartes identiques. Qui va recevoir ce petit bout de ma vie ? L’annuaire du département m’attend dehors. J’opte pour le hasard, j’arrête mon doigt, et rédige l’enveloppe en imaginant l’étonnement de la destinataire. Ma carte en rejoint d’autres dans un grand parapluie ouvert. Elles seront postées demain. Je n’aurai pas de réponse, mais peut-être la destinataire communiquera-t-elle sur le blog mis à la disposition du public sur le site de la compagnie ? Mon second message, je le remets à D.Joseph, pour qu'il s’ajoute aux milliers d’autres qui enrichissent le « Trésor public », banque de souvenirs créée par la compagnie.

La scénographie du camion favorise le recueillement, la plongée dans la remémoration et les sensations. Il y a comme une magie qui opère et libère les souvenirs à partir des photographies en noir et blanc et en couleurs, belles et sobres. Ouvertes à de multiples significations, elles enclenchent la quête du souvenir et sa mise en forme avec toutes les émotions qui lui sont liées. C’est une véritable performance collective sur la base du don d’un peu de l’intime, où le public est au cœur de la création. La compagnie prévoit d’organiser sur chaque territoire de collecte une restitution, sous une forme à préciser. D’autre part, des installations visuelles et sonores mettront en scène le « trésor public ».

Très attractif et plein de poésie et d'émotion, ce projet s’adresse à tous les publics, de tous âges, à l’aise ou non avec l’écriture. Le camion peut se poser dans des lieux très différents, s’intégrer dans des fêtes, marchés, maisons de retraite, écoles, cours de quartiers, prisons, etc. La participation à ce projet très original procure beaucoup de joie, et savoir que notre petit bout de bonheur rejoindra ceux des autres est enthousiasmant. Il ne faut pas s’en priver !

Fonctionne en extérieur ou intérieur. S’ouvrant sur trois côtés et totalement aménagé, le camion donne une complète autonomie d’installation.

Catherine Polge

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5 juin 2015 5 05 /06 /juin /2015 22:09
Mange Tout
Mange Tout

Spectacle de la Cie Délit de Façade (30), vu au Domaine d'O, Montpellier (34), festival Saperlipopette, 10 Mai 2015, 15h

Création et mise en scène: Dick Downey et Vicky Andrews

Création marionnette: Romain Duverne

Genre: Marionnettes, conte caustique et grinçant

Public: Tout public à partir de 6 ans

Durée : 12 minutes

Jauge: jusqu'à 500, extérieur

Création 2012

La Cie Délit de Façade se singularise en présentant des spectacles de marionnettes sur les façades de bâtiments d’habitation. "Mange Tout" est l’un des mini-spectacles de "Menus Larcins", qui en compte quatre.

J’ai renoncé à évaluer le nombre de spectateurs massés devant une façade du château d’O. Plusieurs centaines, c’est sûr, et de tous âges. Quelle que soit l’affluence, il est conseillé de ne pas s’installer trop près de la façade, car la vieille dame vedette du spectacle a des habitudes un peu déroutantes, même pour une marionnette ! Charmante avec ses rides, ses bigoudis et ses lunettes-papillon elle s’active à sa fenêtre de bon matin : inspection des fleurs, nourrissage des nombreux oiseaux en cage. Elle aime la nature, enfin nous l'imaginons jusqu'à ce que nous découvrions son secret : quelqu’un de terrifiant vit chez elle. Quelqu'un dont la voix fait trembler la femme, les objets et les murs ! Cet ogre a faim, il veut de la viande, et toujours plus. Sur une musique funèbre, la vieille dame pleure pour le pigeon dont elle a tordu le cou et elle se précipite à la fenêtre. Pour appeler au secours ? Non, pour appâter les chats, les chiens et les enfants qui passent, en installant des fils de pêche ! Excellent, décapant !

Aussitôt le spectacle terminé sur cette apothéose je regarde autour de moi : aucun enfant ne semble terrorisé. La magie du conte et de la marionnette a fonctionné. Une façade, c'est encore mieux qu'un castelet, car il s'en passe des choses, derrière ! Et les bruits ne sont-ils pas les premières alertes de ce qui se passe chez nos voisins ? Ici la création sonore, parfaite, mène la danse. Le transistor s'égosille, la voix de la dame prend des stridences, et le terrible hurlement venu de l'arrière-fond déclenche un déferlement de bruits : cataracte d'urine, rots, cris. Au rythme de ces sons d'une ampleur épouvantable, la vieille dame s'empresse, s'affole, accélère : essore - par la fenêtre - un énorme slip trempé, vide un pot de chambre par le même chemin, tue un pigeon et tend des pièges. Le tout en musique ! On entend dans le public des rires et des exclamations, bien que cet humour grinçant semble crisper quelques spectateurs. En 12 minutes à peine, la mise en scène dose astucieusement le mystère et les contradictions de cette vieille dame qui épargne ses propres oiseaux mais tend des pièges ; qui pleure mais en fait toujours plus pour satisfaire le gros méchant caché chez elle ; qui a peur de ce monstre qu'elle appelle "mon chéri", etc. Elle semble prête à tout, même à l'indicible, et c'est là toute l'ambigüité de la pièce, qui fait réfléchir. Bravo également aux trois marionnettistes dont j'imaginais l'activité là-haut pour mener cette aventure tambour battant ! Le spectacle a été très applaudi.

Ce très bon spectacle joue sur le mystère, l'inattendu et les contradictions. Caustique, il séduit et choque tout à la fois. A conseiller à tout public prêt à adopter, pendant 12 minutes, une saine position humoristique de base et à rire sans frein. Les enfants en profiteront à partir de 6 ans.

Catherine Polge

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5 juin 2015 5 05 /06 /juin /2015 21:37
Les Balles populaires
Photo Patrick Loyst
Photo Patrick Loyst

Spectacle de la Cie Encore Qui? (44), vu au Domaine d'O, Montpellier (34), festival Saperlipopette, 10 Mai 2015, 17h30

De et avec: Frédéric Pradal

Genre: Jonglerie drôle et poétique, solo

Public: Tous à partir de 7 ans

Durée: 1h (version salle)

Création 2001

La compagnie Encore Qui ? se présente comme cherchant à « créer des spectacles à la lisière du théâtre et de la vie » et c’est bien le cas ici.

Nous voici environ 80 spectateurs en semi-extérieur, sur l’espace « Lire à la plage » du Domaine d’O. Dès son arrivée Frédéric Pradal, qui a l’œil à tout, cible avec beaucoup de drôlerie les jeunes enfants placés trop loin des parents, les téléphones, les appareils photos ! Remue-ménage chez les spectateurs, rires, ambiance ! Il s’arrête chez nous pour présenter son spectacle et s’appelle en réalité Gorky, mais les autres l’appellent « l’autre, le voleur, le Manouche ». C’est un personnage d’emblée attachant, un clown à l’accent rocailleux, qui chamboule poétiquement la grammaire et joue avec les mots. Tout en jonglant et en essayant de régler un accompagnement musical absurdement rétif, il parle. Il voyage beaucoup d’un pays à l’autre, parfois en clandestin. Il en rapporte des expériences dures, mais aussi d'autres styles de jongleries, qu'il nous mime. C'est très drôle de voir nos stéréotypes sur les étrangers transposés dans le jonglage - et ça en pointe bien le côté dérisoire ! Bienveillant et ouvert aux rencontres il a accueilli des amitiés éphémères, s’est posé quelques temps chez un vieillard solitaire, et maintenant il se plie aux désirs d’une jolie balle blanche ramassée au bord du chemin. Le regard toujours souriant et la voix tranquille, ce poète dit des vérités cruelles en nous contant l’histoire de sa vie, histoire à laquelle pour l’instant « il n’a pas trouvé de fin »... Mais le spectacle, lui, a une fin : Gorky en saluant nous signale que « le comédien qui le joue » c‘est Fred ! Nous voilà en plein « paradoxe » et renvoyés à nos fauteuils de spectateurs perplexes. Applaudissements nourris.

Jongleur talentueux, F. Pradal crée un clown étonnant. La jonglerie se veut ici un intermédiaire et rend plus supportable l’image que l'artiste nous renvoie : celle d’un monde absurde et cruel que l’on peut traverser en restant toujours l’étranger, l’autre. Le texte, très beau, dit l’essentiel et les pantomimes sont sobres et intenses. C’est ainsi qu’avec son humour naïf et sa vision poétique de la vie, Gorky sait « regarder l’odeur d’un sourire » et, si quelque balle ou massue lui échappe des mains, c'est que « c'est là que se glissent les "choses importantes" ». D'une balle il fait une compagne et avec son seul chapeau il fait revivre pour nous un vieil ami mort depuis. Nous comprenons que la mort n’est pas pour lui « un départ », et combien le langage politiquement correct tue la langue et les émotions. Le public, qu’il ne lâche jamais, est manifestement embarqué avec lui ! Oui, ce spectacle est paradoxal. Drôle, tendre et touchant, mais aussi triste et dur, il ravit et secoue ! Gorky le personnage n’est-il pas à lui tout seul un très beau poème signé F. Pradal ?

Profond, émouvant et drôle, « Les Balles populaires » est accessible à tous. On garde longtemps avec soi le personnage de Gorky et les talents du « comédien qui le joue ». Notre regard sur « l’autre, le Manouche » ne peut plus rester le même.

Existe en version courte, ou rue : 45 min.

Catherine Polge

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