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  • Site d'aide à la diffusion et à la programmation de spectacles vivants couvrant tous le grand Sud Est de la France, dédié aux programmateurs réguliers ou occasionnels, aux compagnies, mais aussi aux spectateurs.
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Couv-cata2010 WebBonjour et bienvenue sur le blog de Vivantmag.
Vous y trouverez l'ensemble des commentaires de nos correspondants sur les spectacles qui ont été vus. Ce service est en ligne en accès libre depuis février 2007.
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Découvrez sur le site www.vivantmag.fr, le catalogue des spectacles repérés... et l'ensemble des services de l'Association d'Aide à la Diffusion Interrégionale du Spectacle Vivant, l'AdAdiff.
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Avec plus de 1.200 spectacles commentés sur ce blog, les correspondants Vivantmag - AdAdiff, ne se posent pas en censeur du spectacle, loin de là. Nous souhaitons seulement faire partager un point de vue, forcément subjectif, sur les spectacles que nous voyons. Chaque retour de spectacle est ouvert à vos propres commentaires, et n'hésitez pas à en laisser car ils enrichissent ce travail d'échange et de partage d'informations.
Pour faciliter la lecture des spectacles, nous mettons désormais en place un picto permettant de donner notre avis général sur le spectacle. En voici le détail :
Décevant
Moyen
Pas mal...
Bien !
On adore !!! 

les spectacles du Off 2014

Découvrez tous les spectacles commentés par les correspondants de Vivantmag, et présents sur le Off 2014 d'Avignon. Certains ont été vus à leur création, en salle ou sur d'autres festivals, ou sur des précédentes éditions du Off. Grâce à un travail de veille artistique tout au long de l'année, l'Adadiff met à votre disposition son équipe de correspondants et vous permet de disposer d'un regard extérieur et indépendant pour faciliter votre choix. Commentaires ici...

31 juillet 2016 7 31 /07 /juillet /2016 08:30
Le bois dont je suis fait
Le bois dont je suis fait

Spectacle de la Cie Qui va piano (73), AVIGNON OFF 2016, Collège de la Salle, 15h15, du 07 au 30/07 sauf 12,19,25


Interprètes : Nicolas Devort, Julien Cigana
Mise en scène : Clotilde Daniau
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Genre : Théâtre
Public : Tout public à partir de 12 a
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Durée : 1h20
Création 20
16

Sur un plateau vide, deux comédiens vêtus de noir, avec pour seuls accessoires deux tabourets rouges, vont prêter vie aux sept membres d’une famille, que la mère, gravement malade, a rassemblés autour d’elle pour fêter Pâques, avant de mourir. Elle espère que le fils cadet et son père, fâchés depuis longtemps, vont se réconcilier. Mais si le conflit entre ces deux-là est avéré, l’apparente harmonie qui règne entre les autres membres de la famille ne va pas tarder à se fissurer et laisser émerger les rancœurs enfouies.

Le jeu des comédiens s’appuie sur une écriture précise, fruit d’observations attentives des relations familiales. Les personnages ne sont pas si caricaturaux qu’il y paraît. Le père tyrannique, limite pervers narcissique, décide pour tous sans tenir compte de l’avis des autres. Alors qu’elle va mourir, il ne prête même pas attention aux souhaits de son épouse. Ses réflexions blessantes envers son fils cadet et sa compagne tuent d’emblée toute tentative de réconciliation. Et l’on comprend très vite pourquoi Tristan s’est enfui et a refusé de se soumettre. Le fils aîné, lui, a suivi la voie tracée par le père, mais sa vie est loin de le combler.

Bref une galerie de portraits qui prennent vie par le talent de ces deux interprètes formidables, qui disparaissent derrière leurs personnages. Ils passent avec une fluidité confondante de l’un à l’autre, et on les suit sans peine, tant les voix et les mimiques de chaque membre de la famille sont évocatrices. On vit avec eux les règlements de compte inévitables, et le triste dénouement. Ces confrontations familiales réveillent fatalement des échos en chacun de nous. Heureusement l’humour n’est jamais très loin, qui aide à ne pas se laisser aller à l’émotion…

Je connaissais déjà Nicolas Devort dont j’ai pu apprécier les compétences dans "Molière dans tous ses éclats", et "Dans la peau de Cyrano". J’ai découvert aujourd’hui à ses côtés un autre comédien tout aussi talentueux, Julien Cigana.

Cathy de Toledo

Published by Cathy de Toledo - dans Spectacle Tout public
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30 juillet 2016 6 30 /07 /juillet /2016 20:52
Beethoven Metalo Vivace
Source : Cie M. Le Directeur ©DR
Source : Cie M. Le Directeur ©DR

Spectacle de la compagnie Monsieur le Directeur (31), vu le samedi 23 juillet 2016, à 19h, lors de la 19e édition des Trans’Cévenoles, Sumène (30)

De et avec : Christophe Bouffartigue

Genre : Cirque

Public : Tout public

Durée : environ 20 min (il existe également une version "numéro" de 7 min)

Création 2014

Singulière performance artistique que voilà. Un spectacle sur corde lisse servi par un artiste charismatique à l’humour grinçant, venu nous parler du Heavy metal symphonique… et nous montrer que Ludwig van Beethoven influence encore son temps au travers des musiques extrêmes. Alors, quoi de mieux pour cela que de l’interpréter à la guitare électrique sur une corde lisse ?!!

Christophe Bouffartigue, tiré à quatre épingles dans son costume en queue de pie, capte le public en quelques instants. Une familiarité s’installe si vite qu’il se fait applaudir avant même de commencer le spectacle ! Non ce n’est pas un écho du Palais des Papes en cette période avignonnaise, mais plutôt le public des Trans’ qui est en forme ce jour-là. Le temps est beau, la corde est accrochée sous un grand platane et les spectateurs sont à l’ombre sur une belle place… tout cela dans une ambiance bon enfant. Entre digressions sur ses origines toulousaines et l’âpreté de la langue "teutonne" (des détours qui m’ont fait parfois perdre le fil), notre nouveau Beethoven en pleine mutation passe d’une élocution distinguée à de terribles hurlements dissonants et autres grognements d’outre-tombe propres au Heavy metal, qui vont jusqu’à faire pleurer une petite fille assise devant. Mais attention, le Beethoven devenu Metalo est un improvisateur de talent, et c’est presto qu’il calme l’enfant tout en faisant rigoler l’assistance. Le public, non pas viennois mais suménois, est conquis. L’ascension de l’artiste peut commencer !

Les moments suspendus à la corde sont une belle démonstration de force et d’agilité, même si l’enchaînement des figures manque parfois de fluidité. Les numéros sont techniques, particulièrement ceux effectués avec la guitare en main. Cet instrument qui valdingue en tous sens pendant que l’artiste grimpe est d’ailleurs un spectacle impressionnant en soi ! Et ce faisant, notre Beethoven Metalo transcende la musique et le cirque avec... Vivacité, pour finir par s’écraser au sol dans une chute aussi rapide que magistrale. Mort de Beethov ?

Une chouette façon de dresser un pont entre les arts et les époques, et un succès mérité lors de cette représentation qui aura apporté un joli chapeau plein de pièces et de billets pour financer le nouveau modèle économique des Trans’Cévenoles (spectacles devenus en grande majorité gratuits).

Une leçon de corde(s) !

François Polge

Published by François Polge - dans Spectacle Tout public
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30 juillet 2016 6 30 /07 /juillet /2016 19:07
Vassilissa
Source : Pony Prod/Les femmes et les enfants d’abord
Source : Pony Prod/Les femmes et les enfants d’abord

Spectacle de Pony Prod/Les femmes et les enfants d’abord (75), AVIGNON OFF 2016, Collège de la Salle, 14h, du 07 au 30/07

D’après le conte russe "Vassilissa la très belle"

Avec : Elodie Vom Hofe

Mise en scène : Julie Cordier

Genre : Théâtre

Public : Tout public à partir de 4 ans

Durée : 45 min

Après la mort de sa femme, le papa de Vassilissa s’est remarié avec une méchante femme, mère de deux filles tout aussi méchantes : elles rabrouent la fillette en permanence, la font travailler, et ne pensent qu’à se débarrasser d’elle. Elles l’envoient un jour dans la forêt chercher du feu chez la sorcière Baba Yaga, avec l’espoir qu’elle ne revienne pas…

La comédienne, habillée d’une robe à la mode russe, évolue dans un décor fait de trois éléments. L’armoire centrale en s’ouvrant révèle, par un joli effet d’éclairage, la forêt magique multicolore dans laquelle Vassilissa part à la recherche de Baba Yaga. La jeune fille est accompagnée de la poupée à son image que sa maman lui a donnée avant de mourir, et qui lui donne du courage. Cependant, Baba Yaga n’est pas aussi méchante qu’on pouvait le craindre, elle est même plutôt marrante ! Mais avant de donner le feu à Vassilissa, elle lui impose des épreuves, choisies avec l’aide du public, que celle-ci réussit bien sûr brillamment. Tant et si bien que Baba Yaga décide d’aider Vassilissa à se débarrasser de sa marâtre et de ses filles.

La mise en scène est sans prétention mais ingénieuse, se basant sur l’utilisation du carton découpé à la façon du pop-up. La musique, inspirée des rythmes slaves, accompagne agréablement le spectacle. La comédienne seule en scène incarne tous les protagonistes du conte, ou leur prête voix, passant aisément de l’un à l’autre. L’ensemble constitue un joli divertissement que le jeune public semble avoir beaucoup apprécié. Mais est-il indispensable en fin de représentation de divulguer comment Elodie Vom Hofe passe du personnage de Vassilissa à celui de Baba Yaga ? Si les enfants avaient compris, c’est inutile, sinon, autant les laisser rêver…

Cathy de Toledo

Published by Cathy de Toledo - dans Spectacle Jeune Public
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30 juillet 2016 6 30 /07 /juillet /2016 17:31
Medina Merika
Source : H.Pace
Source : H.Pace

Spectacle de la Compagnie Nomade in France (42), vu au Théâtre du Gilgamesh, Avignon OFF, le 28 juillet 2016

Avec : Mario Guerrero, Toma Roche, Nestor Kéa, Georges Baux, Abdelwaheb Sefsaf

Texte et mise en scène : Abdelwaheb Sefsaf

Collaboration à la mise en scène : Marion Guerrero

Musique : Aligator (Baux/Sefsaf)

Genre : Théâtre, chants, musiques

Public : Tout public à partir de 10 ans

Durée : 1h30

Création 2015

"Le monde m'est apparu soudain comme un immense palais dont les pièces communiquent entre elles par mille portes grandes ouvertes : et nous étions sûrement capables de passer d'une pièce à l'autre par la grâce de notre mémoire et de notre imagination." Orhan Pamuk

Bluffés ! "Medina Merika", le spectacle de la Compagnie Nomade in France, ne se définit pas facilement tant il est dense, varié, riche de multiples modes d'expression, de plusieurs niveaux de lecture, de plusieurs tableaux en un va-et-vient entre l'histoire singulière d'Ali, le cinéaste assassiné, et l'Histoire des printemps arabes confisqués et l'ombre menaçante du fondamentalisme. C'est tout d'abord le texte magnifique d'un écrivain surdoué Abdelwaheb Sefsaf (il est aussi musicien, chanteur, comédien), librement inspiré du roman du Turc Orhan Pamuk : "Mon nom est Rouge". Un texte parfois tendre et poétique, souvent drôle et même féroce, jamais manichéen, toujours vif et subtil. L'histoire se raconte à plusieurs voix : le Mort, le Borgne, la Femme et le Chien. Cette multiplicité des points de vue crée une profondeur de champ d'autant que chaque voix n'est pas qu'une représentation symbolique mais bien un personnage habité et complexe.

Le Mort, tout d'abord, entre "Orient désorienté et Occident oxydé", construit sa propre expression artistique. Il est lui-même épanoui dans cette dualité, ancré dans sa tradition sans s'interdire sa passion qui est le cinéma américain. Et là, on pense bien sûr à Sefsaf lui-même, Franco-Algérien et homme de cultures. Parmi les autres voix, le Borgne (l'assassin) est difficile à cerner et par là même passionnant. Est-il seulement intéressé (image du businessman sans vergogne), est-il jaloux de la belle Lila, de l'attention du père de celle-ci qui est un maître artistique, est-il plus subtilement jaloux de ce qu'Ali est devenu en tant qu'humain? Le fondamentalisme s'infiltre, porté par l'hypocrisie. Lila, la Femme, vit sa dualité de femme arabe, tendre mère et amoureuse mais aussi femme libre plus difficilement que son mari. Car la femme est un enjeu dans un monde d'hommes, y compris en Occident. Quant au Chien, c'est un personnage extérieur, lucide, ironique et distancié, qui porte un regard sans concession sur la société qui l'entoure.

Les comédiens et les musiciens sont tous excellents. Ils savent tout faire : ils jouent dans la puissance ou la retenue avec une grande densité, ils explorent différents genres, ils chantent, ils dansent et on est transporté, ballotté, d'un monde à un autre, porté par des chansons (magnifiques Beirut et Bagdad) auxquelles répondent des images vidéos, relations de l'intime à l'universel. Une belle oeuvre, subtile et accessible, drôle et tragique, fusion de différents moyens d'expression, codes et genres, comme un appel à la rencontre.

Claire Beauvais

Note personnelle à l'auteur et aux comédiens/musiciens : "Les chiens fous ne font pas des chats, et tous les 'rats' sont dans la nature, surtout les rats grimés en lapins…"

Polar or not polar ? À l'orée d'une oasis se cache le cinéma, The Cinema, l'Actors Studio et sa flamboyance dépouillée, vue d'ici : Alger, Tunis, Beyrouth, Bagdad… Le jeune réalisateur en vogue, visionnaire et humble, a visité l'oasis, l'espace d'une courte vie de star. Et il tient un nouveau synopsis, fouillé, qui va bousculer les codes moraux… Puis, la forêt de Palmes, pleine d'eaux douces et de parfums, est redevenue mirage : le jaloux producteur, pseudo artiste et pseudo religieux, l'a assassiné. Ou bien est-ce juste une jalousie sinistre entre cinéastes, ou même la convoitise honnie de la femme de l'autre, jusqu'au meurtre. L'enquête viendra par un chien renifleur...

L'homme qui meurt montrera souvent sa foi vraie, son amour de l'autre, de l'universel ; la beauté de la Vie ensemble. Mais le libéralisme débridé, si neuf, est-il bien un pas vers la liberté, vers une révolution, un printemps arabe ? Le décor planté est urbain, grouillant, dynamique, contradictoire et volontairement labyrinthique, parce qu'il se nourrit d'une mosaïque de passions, de règles, de vies voulues ou non, de complots médiatiques, de pouvoir. Enfin, le scénario n'est qu'habit à une vision jeune, un zellige épris de liberté, d'émancipation féminine, d'autodérision, cerné par la misère, la violence conjugale, un Islam parfois rigoriste…Ici, ne vous y trompez pas, on prêche l'humour, le Rire, porté très haut, le verbe cru de la rue qui tranche comme une lame, exécute ce qu'a vu l'œil acerbe du conteur chanteur.

La musique électro world, samplée, chaloupée, mystique du Sud, méditerranéenne, entre en vous comme du Santal, du Lilas livré par Ibrahim Maalouf ou Bachar Mar-Khalifé ! Georges Baux et Nestor Kéa glissent avec raffinement entre les deux rives, entre les instruments acoustiques, les guitares, le oud et l'échantillonneur, la table de mixage. Les voix se répondent, s'apostrophent, offrant tribune à un Abdelwaheb Sefsaf gouailleur, une Marion Guerrero forte et sensible, ou un Toma Roche plus slameur... Une certaine fusion musicale qui porte le futur de nos plages d'écoute.

Grande baffe : les musiciens sont acteurs, le texte est musique, ça y est ! J' y suis ! Nous sommes dans un concert des "Mille et une nuits", comme un rêve party éveillé ! Si vous allez voir ce spectacle, qui sait le jardin que vous trouverez derrière une nouvelle porte?

Hervé Pace

Published by Claire Beauvais - dans Spectacle Tout public
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30 juillet 2016 6 30 /07 /juillet /2016 17:05
Et l'acier s'envole aussi

Spectacle du Théâtre du Maquis (13), vu au Fabrik'Théâtre, le 26 juillet 2016, dans le cadre du Festival Avignon Off

Auteurs : Guillaume Apollinaire, Madeleine Pagès, Pierre Béziers

Musique : Martin Béziers

Avec : Florence Hautier, Martin Béziers, Samuel Bobin

Genre : Théâtre musical

Public : Tout public à partir de 12 ans

Durée : 1h30

L'amour et la guerre, l'amour sublimé par la guerre, l'amour vital, l'amour comme une survie d'humanité, de beauté dans un enfer d'acier. Un soldat, de sa tranchée, écrit des lettres d'amour à sa bien-aimée. Le soldat, c'est Guillaume Apollinaire, il écrit à Madeleine Pagès, sa petite fée d'Oran, des lettres qui racontent tous les jeux de l'amour, de la séduction inquiète à la sensualité brûlante.

Nous sommes conviés à entrer dans cet univers par une mise en scène, en musique, en images, qui fait la part belle à l'imaginaire de chacun, qui suggère et évoque plus qu'elle n'assène. Le va-et-vient entre les lieux, les époques, la réalité et l'écriture se construit à travers le jeu de trois comédiens, une femme et deux hommes. Le dialogue amoureux n'est pas un dialogue, il est déjà soumis au temps, à l'absence, à la guerre, à la mort qui plane. Et par dessus tout, les textes d'une fluide beauté de Guillaume Apollinaire exaltent la volonté des humains de vivre et d'être heureux.

Claire Beauvais

Published by Claire Beauvais - dans Spectacle Tout public
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30 juillet 2016 6 30 /07 /juillet /2016 16:12
Casablanca'41
Source : H.Pace
Source : H.Pace

Spectacle de la Cie Golem Théâtre (38), vu le 26 juillet 2016, en intérieur, au Théâtre du Centre, Avignon(84), dans le cadre du Festival Off d'Avignon

Avec : Bruno La Brasca, Jacques Pabst, Muriel Sapinho, Frederika Smetana

Mise en scène : Michal Laznovsky

Scénographie : Daniel Martin

Genre : Tragédie presque burlesque

Public : Dès 15 ans

Durée : 1h15

Création 2016 pour Avignon

1941; Un bateau, le Fata Morgana, est au départ, depuis un moment… Ses passagers, certains sans papiers, attendent ce nouveau départ avec fébrilité, mais les évènements se précipitent et s'entrechoquent, à nu, durs, ou encore latents, tout en tension psychologique, au cours de ce conflit lointain qui se rappelle à eux tellement, et qui est aussi ici un conflit d'identités, de quête et de don de soi. Théâtre maritime et iodé. Exotique et troublant. Et en même temps profondément humain. Humain, comme humaniste.

Le grand jeu ; la trilogie d'amour, de mort et de faux-semblants. Le subtil contrepoint tissé par le jeu des acteurs nous interroge beaucoup sur la véracité des personnages, leurs liens, leur mythomanie… On oscille toujours entre rire (jaune) et larmes franches. Une sorte de slackline, où tout comédien évolue sur le fil, entre terre et mer, entre vertige et réalité, entre espoir et enfer.

Pour le public, une mise en abyme subtilement menée, intimiste ou globale, selon son point de vue, comme "Les faucons de nuit" d'Edward Hopper. Car nous parlons bien ici d'un accessit, le ticket gagnant vers l'Amérique. Et le Monde est en guerre, n'est-ce pas ?

"Pourtant, c'est un beau monde, non ?" (dans le texte)

Hervé Pace

L'exil, le départ, n'avoir plus rien, n'être plus rien qu'un être humain qui veut sauver ce qui était lui. Ils sont quelques réfugiés, juifs, communistes ou petits hommes ordinaires sur un bateau. Ils attendent le départ vers l'Amérique. Chacun se raccroche à une identité, des identités, presque toujours factices. Et à l'intérieur, bien cachée, le réfugié porte sa vie d'avant qui n'existera plus, qui est déjà morte comme tous ces morts qu'il a laissés derrière lui. Pourtant, son rêve est de revivre ce temps où " je n'imaginais pas qu'on puisse me tuer".

Zpevacek est ce petit homme tranquille, qui aime la vie, à l'image de millions d'autres dont la vie sera fracassée par la persécution. S'il apparaît un peu insignifiant, un peu ridicule au début, il nous touche d'autant plus quand on perçoit l'étendue de cette bonté toute simple faite de politesse, d'amour pour les siens, d'attention bienveillante. Bruno La Brasca l'incarne avec une grande sensibilité passant de la caricature burlesque à une profondeur tendre et lyrique. La mise en scène, subtile, explore les rapports entre ces êtres suspendus entre l'avant et l'après qui se cherchent, s'aident, se repoussent, font le deuil de leur passé et commencent à reconstruire. Elle est servie par des comédiens dont le jeu, tout en nuances, fonctionne à chaque instant en relation avec les autres, retissant de l'humanité par cette émotion qu'ils nous transmettent.

Cette réalité de la migration et de l'exil, une des facettes de la condition humaine depuis son origine, le dramaturge et metteur en scène tchèque Michal Laznovsky l'a explorée dans plusieurs œuvres de fiction ou documentaires. Il signe avec "Casablanca'41" sa première pièce écrite en français. Il nous livre aujourd'hui un spectacle émouvant et tendre d'une brûlante actualité qui nous rappelle à quel point chaque humain, même pris dans un drame collectif, reste une histoire unique.

Claire Beauvais

Published by Hervé Pace et Claire Beauvais - dans Spectacle Tout public
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30 juillet 2016 6 30 /07 /juillet /2016 16:00
Le road movie cabaret

Spectacle de La Marguerite et les Pro'jacteurs (47), vu le 26 juillet 2016, au Théâtre du Petit Louvre, dans le cadre du festival Avignon Off

Spectacle et mise en scène : Samuel Borys

Avec : Céline Cohen, Pierre Chadelle, Jean-Luc Daltrozzo, Jimmy Daumas, Cedric Moulié

Genre : Théâtre musical

Public : Tout public à partir de 5 ans

Durée : 1h12

"Et je me disais que ces clochards célestes m'apporteraient la lumière." Jack Kerouac

Ils sont cinq, les vagabonds célestes de Sebastian qui sillonnent l'Europe, chanteurs et bateleurs mais SDF pour les pays qu'ils traversent, " les pays qui ne veulent plus d'eux". Ils chantent leur vie, la misère, l'enfance, la tendresse, la paresse, l'amour, dans une diversité de lieux et d'époques qui nous font voyager dans l'histoire du monde.

Chacun trimbale une histoire un peu cabossée, une douleur ancienne et rentrée. Et chacun a trouvé dans la troupe une famille qui lui tient chaud, une raison d'espérer "quand on se dit que c'est fini, que ce monde est foutu".

Les comédiens sur scène sont à l'image de ces artistes sur la route : pleins d'une énergie communicative et du plaisir de jouer ensemble. Ils nous offrent un spectacle où le visuel coloré, dynamique et évocateur n'a rien à envier au son.

Un spectacle qui rend heureux.

Claire Beauvais

Published by Claire Beauvais - dans Spectacle Tout public
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30 juillet 2016 6 30 /07 /juillet /2016 10:28
Walking Thérapie
Walking Thérapie

Spectacle de la compagnie Victor B (Belgique), vu le 16 juillet, au Théâtre des Béliers, à l'occasion du festival d'Avignon Off 2016


Interprètes : Nicolas Buysse, Fabio Zenoni
Direction d'acteur et dramaturge : Fabrice Murgia
Création musicale : Maxime Glaude
Scénographie
: Ditte Van Brempt

Genre : Spectacle hors les murs / déambulation théâtrale, écouteurs sur les oreilles
Durée : 1h15
Public : Tout public à l'affût du malheur des autres, pouvant marcher (et potentielle
ment courir)

Création 2015 du Off d'Avignon

Voilà un spectacle qui n'a presque pas besoin de technique (à vérifier tout de même), qui ne coûte pas cher (à vérifier tout de même), et qui n'a pas besoin de salle (bon, ça j'ai vérifié) ! Si l'argument suffit aux programmateurs d'où qu'ils viennent, alors qu'ils en prennent 5 ! Ou 12, ou 24 ! Nicolas Buysse et Fabio Zenoni nous ont montré pendant le festival Off d'Avignon qu'ils avaient de l'endurance en jouant le spectacle 2 fois par jour (dont 1 en plein cagnard), 12 jours d'affilée. Ce qui n'est pas peu dire. Succès de nouveau assuré d'ailleurs -après une première salve en 2015 (puisqu'il avait été joué à la Manufacture), puis en 2016 à Chalon dans la rue -, et complet en ce mois de grâce de juillet 2016, à peine quelques heures après le début du festival. Si cela ne suffit pas pour vous convaincre, lisez encore les quelques lignes qui suivent. Mais vous en apprendrez trop sur le spectacle. Je vous préviens. (C'était intéressant de se retrouver tous dans une cour sans savoir ce qui nous attendait, au début du spectacle. Assis sur nos tabourets Quechua, je me demandais même si nous allions réellement - comme promis - partir en balade).

Vous aimez bien regarder la misère des autres et vous en moquer, dans votre tête ou à voix haute? Mais votre psy est en vacances et vous n'avez plus personne à qui le confier ? (Ou avec qui le partager?) Qu'à cela ne tienne, enfilez le casque, ce spectacle est fait pour vous. On vous livre même le tabouret en tissu transportable. Car pourquoi se mentir ? La misère est à notre portée. Dans la rue, des tas de gens vont mal. Il suffit de nous promener ensemble et de nous asseoir à quelques mètres pour le constater. Elle est peut-être là la solution pour dégoter le bonheur ! Accepter le malheur des autres. C’est le postulat de départ de nos deux guides spirituels "audio-branchés".

Marcher pour embrasser le malheur. Celui des autres, bien sûr. Celui de ceux que l'on croise au cours de la balade et qui ne sont pas équipés de casque audio. Car si l'équipe nous en distribue un avant de partir, c’est pour ne pas louper une miette des commentaires facétieux, acerbes et incessants des 2 baladins traqueurs Nicolas Buysse et Fabio Zenoni (équipés pour l’occasion d’un micro et d’une antenne de diffusion radio). Cinquante à cent personnes dans le groupe (le gars Buysse nous a même ramenés au Théâtre des Béliers avec un son de cloches de moutons… imaginez!) suivent leurs guides spirituels dans les rues d'Avignon (ou d’ailleurs, mais oui, chez vous il y a aussi des moutons), et se convertissent collectivement au contact de l'espace urbain, vous savez… les gens qui vont mal ! Les commentaires cinglants des 2 comparses fusent dans nos oreilles : "Regardez la tête du mec à droite il va bientôt mourir". Et de s’adresser sous nos yeux à un échantillon humain : "Madame, vous semblez ne pas aller bien, êtes-vous sûre de ne pas avoir une maladie terrible?"... Les comédiens improvisent, les passants tentent une réplique confuse, voyant bien que quelque chose se trame, mais ne découvrent pas tout de suite le public, installé plus intimement, un peu plus loin. Les participants jubilent.

Les progressions entre un lieu et un autre, où le public posera son tabouret quelques minutes pour une mini conférence thérapeutique, sont orchestrées avec soin et permettent à la progression de la pièce de conserver un excellent rythme. Les haltes offrent davantage d’écriture. Elles permettent de dévoiler le jeu des acteurs et le scénario de la fissure et du manque de sérénité qui animent finalement nos deux coachs. Le jeu est habilement entrecoupé d’écritures et d’impros qui font peu à peu perdre les repères artistiques. Le groupe réagit d’une seule voix, ne résistant pas à cette invitation fossoyeuse mais libératrice, dansant, sautillant çà et là, chantant en exhortant à la mort, sous l’impulsion bienheureuse des deux guides, et les regards ahuris des passants.

Depuis que j'ai découvert "Le Chagrin des Ogres", je ne manque pas de suivre l'écriture et le travail transgressifs de Fabrice Murgia. Car nul doute qu'il s'y trouve toujours quelque chose de percutant et de libérateur, et qu'il s'entoure toujours de bons comédiens. "Walking Thérapie" le confirme en nous plongeant dans le quotidien du malheur et de l’absurde, le nôtre, et en nous posant comme acteurs et témoins de la malséance. Le public exulte, rigole, et se transforme lui-même en complice à l’affût, dans une forme de parodie comique contraire aux convenances, dans la bonne humeur de cette entrée hors norme.

Danielle Krupa / Allez Zou !

Published by Danielle Krupa / Allez Zou ! - dans Spectacle Tout public
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29 juillet 2016 5 29 /07 /juillet /2016 10:33
Royale Légende
Source : compagnie Crescendo Pro
Source : compagnie Crescendo Pro

Spectacle de la compagnie Crescendo Pro (84), AVIGNON OFF 2016, Le Petit Louvre Van Gogh, 11h, du 07 au 30/07

Une pièce de : Frédéric Mancier et Bernard Larré

Mise en scène : Xavier Berlioz

Avec : Patrick Blandin et Nadine Degéa

Genre : Théâtre

Public : Tout public à partir de 12 ans

Durée : 1h10

Ce spectacle met en scène la correspondance imaginaire, plausible cependant, entre Marie-Antoinette, reine de France, et le chevalier d’Eon, deux personnages célèbres contemporains des vingt années précédant la Révolution française de 1789. Les deux interprètes évoluent sur un plateau nu, sans aucun décor, accompagnés seulement des éclairages et sur un fond musical en sourdine au piano. Ils apparaissent vêtus uniquement d’une longue chemise blanche, les cheveux couverts d’une résille, prêts à être parés de leurs atours…

Chacun déclame le texte adressé à l’autre par écrit, comme s’il lisait. Ainsi, malgré la proximité, les échanges ne sont jamais directs et, pendant que ceux-ci se poursuivent, le chevalier d’Eon procède à l’habillage de Marie-Antoinette. Marie-Antoinette aide ensuite le chevalier à se vêtir. Dans les dernières minutes de la représentation, chacun aidera l’autre à quitter ses vêtements, comme un retour aux sources, pour finir presque en haillons ensanglantés pour Marie-Antoinette. Etre et avoir été… Cette mise en scène illustre assez bien le parcours de cette reine, jeune femme qui ne fut jamais libre de son destin. Exilée d’Autriche à 14 ans, pour être mariée au dauphin de France, peu comblée par son mariage, reniée par la noblesse, sa courte vie s’achèvera sur la guillotine à l’âge de 37 ans. Pour ce qui concerne le chevalier d’Eon, il mourra bien des années plus tard dans la misère.

Le texte bien documenté s’appuie sur des faits historiques et donne une idée précise de la futilité de la vie de la noblesse, provoquant le mécontentement et la révolte du peuple qui conduisirent à la Révolution. Les personnages sont bien rendus : un chevalier d’Eon "chevalière" à souhait, personnage trouble, manipulateur ; une Marie-Antoinette enfant perdue, puis jeune femme insouciante qui pense surtout à s’amuser, pourtant mère aimante, et souveraine détestée, qui saura pourtant assumer dignement son destin. Les comédiens sont beaux et convaincants, les costumes soignés, les échanges émouvants, et la fin poignante. Néanmoins, j’ai trouvé que la proposition souffrait de quelques longueurs. Etant donné la densité de l'écriture, et malgré quelques pointes d’humour et une mise en scène éthérée, bien qu’agrémentée de quelques effets et pas de danse, il m’a été difficile, je l’avoue, de rester pleinement concentrée jusqu’au bout…

Cathy de Toledo

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29 juillet 2016 5 29 /07 /juillet /2016 10:32
Livret de famille
Source : Cie La Belle Equipe
Source : Cie La Belle Equipe

Spectacle de la Cie La Belle Equipe (81), AVIGNON OFF 2016, Théâtre Essaion, 12h45, du 07 au 30/07

Ecriture et mise en scène : Eric Rouquette

Avec : Christophe De Mareuil, Guillaume Destrem

Genre : Théâtre

Public : Tout public à partir de 8 ans

Durée : 1h15

En pleine nuit, Jérôme se rend chez Marc son frère aîné. Il est inquiet, étant sans nouvelles de leur mère depuis plusieurs jours. Marc semble totalement indifférent. Il voit peu sa mère, et très peu son frère... On saisit d’emblée que ce n’est pas l’amour fraternel intense entre les deux hommes. Ils ont suivi des chemins séparés, l’un a "réussi" dans la vie, l’autre tente de devenir écrivain. Mais pour le moment, il vivote dans cette chambre de bonne qui donne sur les toits.
Ce logement, ou plutôt la vue qu’on a en de l’extérieur, est en effet le décor particulier (qui demande un espace scénique conséquent) de ce huis clos entre deux hommes. Ils déambulent dans l’appartement, disparaissant parfois aux yeux du public, ou sortent par les fenêtres pour gagner le toit.

Ce parti pris de mise en scène met le spectateur en situation de voisin voyeur. Cette impression d’intrusion dans l’intimité de ces deux hommes provoque un léger malaise. Mais si c’est le but recherché, c’est tout à fait réussi ! Au fil des échanges, parfois violents, les deux frères vont "vider leur sac". Ils ont de nombreux griefs réciproques, et bien que le cadet semble avoir de meilleurs rapports avec sa mère, en réalité, ils ont autant l’un que l’autre à reprocher à celle-ci, qu’ils jugent distante et égoïste. Ce procès fait à l’absente a un côté dérangeant… Peut-être parce que tout parent craint le jugement de ses enfants et, en l’occurrence, la mère n’a pas la possibilité de se justifier...

L’interprétation est remarquable, le face à face intense. Les comédiens jouent juste et Marc et Jérôme prennent vie sous nos yeux. L’histoire est si banalement réelle qu’elle fait écho aux difficultés relationnelles que chacun peut connaître au sein de sa propre famille. Et après les cris et les "vacheries", on respire avec eux quand on comprend dans les derniers instants que ces deux-là sont sur la voie de la réconciliation. En tous cas c'est un beau moment de théâtre pur, peut-être un peu difficile à recevoir pour le spectateur, mais qui est une belle récompense pour peu qu’on se soit laissé embarquer. Toutefois il ne me semble absolument pas propre à intéresser les enfants de 8 ans.

Cathy de Toledo

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