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  • Le blog VivantMag vous offre une veille artistique régulière sur les créations de spectacles vivant en France. Il est destiné aux programmateurs réguliers ou occasionnels, aux compagnies, mais aussi aux spectateurs. Si vous souhaitez nous rejoindre pour chroniquer des spectacles, vous pouvez nous contacter sur le site.
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Avec plus de 1.200 spectacles commentés sur ce blog, les correspondants Vivantmag - AdAdiff, ne se posent pas en censeur du spectacle, loin de là. Nous souhaitons seulement faire partager un point de vue, forcément subjectif, sur les spectacles que nous voyons. Chaque retour de spectacle est ouvert à vos propres commentaires, et n'hésitez pas à en laisser car ils enrichissent ce travail d'échange et de partage d'informations.
Pour faciliter la lecture des spectacles, nous mettons désormais en place un picto permettant de donner notre avis général sur le spectacle. En voici le détail :
Décevant
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les spectacles du Off 2014

Découvrez tous les spectacles commentés par les correspondants de Vivantmag, et présents sur le Off 2014 d'Avignon. Certains ont été vus à leur création, en salle ou sur d'autres festivals, ou sur des précédentes éditions du Off. Grâce à un travail de veille artistique tout au long de l'année, l'Adadiff met à votre disposition son équipe de correspondants et vous permet de disposer d'un regard extérieur et indépendant pour faciliter votre choix. Commentaires ici...

11 octobre 2017 3 11 /10 /octobre /2017 15:29
Le corps utopique ou il faut tuer le chien!

 

www.preocoupe-nikolaus.com

Spectacle de la compagnie Pré-O-Coupé (94) vu le 19 septembre 2017 au Nouveau Théâtre de Montreuil (93).


Mise en scène : Christian Lucas (sur une idée de Nikolaus Holz)
Interprétation :  Medhi Azéma, Pierre Byland, Ode Rosset, Nikolaus

Genre : Cirque
Public : Tout public
Durée : 1h30

 

Ce que j’aime dans un spectacle, et dans les arts en général, c’est qu’il me parle de lui-même, sans le truchement d’un dossier de presse. Ce n’est malheureusement pas le cas, malgré des critiques dithyrambiques, du spectacle "Le corps utopique ou il faut tuer le chien!" de Nikolaus Holz.

Ils sont quatre sur scène. Officiellement, nous devons assister à leur conférence dont le sujet, nous rapporte le dossier de presse, porte sur la sécurité. On découvre donc chacun des protagonistes à son arrivée : la secrétaire qui s’évertue à dresser la table de circonstance ; un colonel, psychorigide comme il se doit, mais à l’allure dégingandée à la De Gaulle ; Robi, un punk à chien, enfantin et provocateur ; le vieux Durand, à priori rasoir et passablement sénile. D’emblée, entre l’hystérie de la secrétaire, l’abime social qui sépare le colonel et le punk et un improbable parpaing cassé au premier plan, on se doute bien que la conférence va partir en vrille. Bientôt, de la sage salle de conférence ne reste qu’un chantier dont les tours de théâtre constituent l’échafaudage d’où tombent divers matériaux et où voltigent, en se cherchant noise, nos personnages.

Le spectacle ne manque pas de qualités. Les gags "tarte à la crème", en début de spectacle, font hurler de rire les jeunes spectateurs et pas que. Le comique de répétition, à commencer par l’injonction "bien!" avec un "i" très appuyé suivi d’un blabla inaudible du vieux Durand, souligne toute la vanité des grands raouts. La souplesse féline de Robi le punk (Medhi Azéma) est admirable dans les acrobaties et très convaincante dans l’imitation du chien ou du chimpanzé. Le duo qui réunit Nikolaus à la jongle et Ode Rosset au cadre/fil est époustouflant de beauté. Enfin, les digressions pataphysiques et pianistiques de Durand (Pierre Byland) sont un régal d’intelligence et d’absurde.

Alors quoi!

Le spectacle manque cruellement de rythme et de cohérence. Les personnages gesticulent beaucoup sans beaucoup y croire. Enfermés dans des stéréotypes éculés, ils peinent d’autant plus à convaincre. Les numéros à proprement circassiens sont finalement réduits à la portion congrue et pas toujours réussis (le mât chinois, la jongle à plusieurs grosses balles rouges... qui tombent et qui retombent!). La bande son, à fond, et le décor qui s’effondre font mine de combler un propos somme toute exsangue. Je me suis ennuyée ferme! J’ai donc cherché à mieux comprendre et je n’ai trouvé qu’un titre ronflant et une note d’intention tout aussi prétentieuse. Le discours sur le cirque y est convenu et je déplore qu’il m’ait fallu le lire plutôt que de le voir. De même pour la question de la transmission de l’art du cirque entre trois générations et que Nikolaus nous explique à l’issue des applaudissements.

"Le corps utopique ou il faut tuer le chien" est un spectacle inégal. Il recèle de grands moments, mais faute de cohérence, il s’étire en longueur et ne parvient pas, par lui-même à transmettre le propos qu’il s’était donné de nous faire passer. C’est dommage!

Catherine Wolff

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Published by Catherine Wolff - dans Spectacle Tout public
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2 octobre 2017 1 02 /10 /octobre /2017 16:00

 

Les Spectacle de la compagnie Les Tréteaux de France, vu le samedi 10 Juin au Théâtre de Verdure à Pézenas, dans le cadre du festival Molière.

 

Mise en scène : Robin Renucci

Avec : Judith d'Aleazzo, Tariq Bettahar, Jeanne Brouaye ou Jeanne Cohendy (en alternance), Bruno Cadillon, Daniel Carraz, Gérard Chabanier, Thomas Fitterer ou Julien Renon (en alternance), Sylvain Méallet,  Patrick Palmero et Stéphanie Ruaux

 

Chronique plurielle et populaire construite par Flavia Perez

Brigade constituée de : Jean-Luc, Sinath, Annie, Pascalle, Medhi, Eliska, Isabelle, Valérie, et Jacqueline.

 

Au programme de ce samedi soir : "Le faiseur", de Balzac : moi, l’inculte en littérature qui ne connais de lui que son nom, je découvre sur le dépliant que cette "comédie grinçante" sera jouée par la compagnie "Les Tréteaux de France" et mise en scène par Robin Renucci, parrain du 9ème Festival Molière de Pézenas. Le premier sous le quinquennat de Macron. Un hasard ? Après avoir rencontré l’artiste passionné, et humainement engagé, le matin même au théâtre historique de la ville lors de sa "carte blanche", me voici prenant place dans l’amphithéâtre bordé de végétation luxuriante, écrin au charme pastoral du parc municipal "Sans soucis". Fauteuils-coquilles en plastique accueillent mieux que le ciment les quelques 200 séants qui accompagnent le mien. Il faudra juste bien choisir son endroit car les oiseaux se délestant copieusement, la place n’est pas nette. Sur la scène apparaîtront alors durant 2 heures les comédiens qui joueront avec le public un double rôle : d’abord personnages acteurs de cette comédie qui, presque prémonitoire, évoque les dérives d’un monde capitaliste où le pouvoir de l’argent inspire certains à profiter de leur prochain sans remords ni limites. Ils joueront aussi des rôles de trublions tapageurs, accessoiristes et témoins de la farce qui se déroule. Mariage arrangé et pirouettes spéculatives servent de trame à cette histoire qui s’apparente à du Molière aux contextes et dialogues presque contemporains. C’est beau à voir ; décors et éclairages sont enchanteurs. Les costumes sont splendides et empruntent à la bande dessinée leur apport exagéré et comique. Un parquet noir à la française (comme un tapis surélevé qui donne l’impression, quand les protagonistes s’y invitent, ou le quittent, de repousser les limites de l’espace) jouxte un lustre de cristal posé au sol, une toile de maître et quelques meubles errant parfois jusque dans les coulisses apparentes. Toutes les sources d’éclairage sont sur la scène : projecteurs habilement déguisés en appliques murales, très visibles et efficaces, grandes fenêtres aux couleurs changeantes et des rampes de petits spots cachés dans les malles-décors qui demeureront à l’avant du plateau ; je ne les découvrirai qu’après la fin du spectacle ! Il a fallu attendre 22 heures et la nuit pour jouer cette pièce, et cela va laisser des traces dans le public, dont moi-même : perdant peu à peu le fil de l’histoire, je pique du nez subrepticement trois fois durant la dernière demi-heure menant à un final où je ne comprends du coup pas tout. Minuit a sonné ; je me dis que c’était peut-être un peu long, où qu’il aurait fallu présenter cette œuvre plus tôt dans la soirée. Oui mais alors, il n’aurait pas fait nuit, et on aurait dû la jouer en salle, ce qui n’aurait rien eu à voir avec la magie de ce moment ! Huit jours plus tard, en France, le parti politique libéral "En Marche" vient de remporter les élections législatives avec une large majorité qui me fait craindre de graves dérives quant à la répartition des richesses et l’existence future des protections sociales acquises depuis un siècle. Ok, je note : Balzac=lanceur d’alerte ! Jean-Luc 

 

A la base, je n’attendais rien de particulier, je venais sans a priori. Question accueil, tout était bien organisé. J’étais au premier rang, ce qui n’est pas dans mes habitudes. J’ai trouvé intéressant le décalage entre dialogue moderne et costumes d’époque. L’histoire m’a paru crédible comme dans la vie elle-même, c’était riche de bonnes ou mauvaises surprises, riche en rebondissements. J’ai eu l’impression de découvrir l’ambiance des privilégiés et le monde des affaires. Il y avait des allusions à la politique et à la corruption. Tout cela m’est complètement inconnu même si j’ai eu une impression de déjà vu. Chacun a besoin de vivre, à son échelle, dans le monde du paraître. C’est le problème de la surconsommation, le culte de l’argent qui bafoue les valeurs humaines encore à notre époque. Je me suis laissée embarquer du début jusqu’à la fin par un rythme entraînant. J’étais en interaction avec le jeu des acteurs. J’ai éprouvé un réel plaisir à être là ce soir. Je me sens comme enrichie, embarquée du début à la fin, j’ai perdu la notion du temps. J’ai pris un énorme plaisir à assister à ce spectacle car je me sentais disposée à rester jusqu’au bout. A aucun moment, je n’ai ressenti de l’ennui. Je me suis régalée. Sinath

 

Dans une ambiance estivale au cœur de mes envies, j'ai eu beaucoup de joie à me préparer pour me rendre dans la belle ville de Pézenas ; une promenade de fin de soirée qui m'amena  avec un dilettantisme très vacancier vers le théâtre de verdure du Parc Sans souci ! Un réel cadeau qui s'offrait à moi. Imprégnée de la douceur du soir, et immergée sous  la voûte céleste d'un début d'été, je ne fais pas trop cas de la noirceur des sièges... Oh fauteuils ! nous accueillant gentiment pour notre plus grand plaisir ! Nous sommes nombreux à nous inviter sur ces fauteuils dont nous balayons maladroitement d'un revers de main les graines de vie paysagères. Entourés d'arbres bienfaiteurs, bercés par les chants des premiers grillons et sous le regard lumineux des étoiles, nous attendons le début de la pièce de théâtre, observant avec curiosité la mise en scène de la décoration d'un intérieur cossu du XVIIIe. Dès les premières minutes, je suis captivée par la présence de ces nombreux comédiens et notamment d'un certain personnage nommé Mercadet. Interpellant le public comme un énième personnage de scène, mon écoute est aussi mise en scène. Associée à la loufoquerie de ce personnage haut en couleur par sa tenue vestimentaire mais également par sa verve pertinente, je me sens dans la connivence de Mr Mercadet. Le public approuve lui aussi et manifeste sa complicité avec enthousiasme par des rires et des applaudissements : les clins d’œil avec l'actualité  politique du XXI siècle s'ajoutent aux connivences des situations théâtralisées.Sentir le lien de réponse de l'auditoire me donne de l'espoir dans l'avènement politique chaotique 2017. Je perçois la sagesse des personnes présentes : elles ne sont pas dupes de la déchéance politique de nos élus actuels ! Sous couvert des mots et analyses issus d'un autre temps, Balzac crie à haute voix les prémices de nos difficultés sociétales qui perdurent donc depuis la création du crédit… Cette évidence est renforcée par la belle prestance des 10 comédiens en présence, dont la diction et les intonations de plus bel effet, me subjuguent. Je suis tour à tour envoûtée de plaisir et scandalisée de honte, au rythme des jeux scéniques me faisant suivre avec brio, le dédale des affaires financières de ce haut personnage qu'est Mr Mercadet. Cette pièce est en mouvement de vie perpétuel ; il y a du suspense, des retournements de situations, de magnifiques costumes d'époque, de belles phrases, de belles voix... Je suis conquise ! Je ressens un tel enthousiasme que je souhaite ardemment  parler de cette pièce, j'ai besoin de dire le plaisir ressenti et la force reçue… La frustration est pourtant au rendez-vous ! Annie

 

Le spectacle est à 22 heures. Il se fait un peu tard, mais c’est avec plaisir que je m’y rends. J’adore le parc "sans souci", je m’y sens sereine. Je ne connais pas bien Balzac, j’ai, si ma mémoire est bonne, lu "Le Père Goriot" et "La cousine Bette" qui ne m’ont pas vraiment laissé d’empreintes. Donc je suis en état de découverte. On nous installe, l’accueil est sympa puis on nous change de place pour combler le vide, les chaises sont très sales (dégueulasses même) et ça ne fait pas plaisir. Le spectacle commence, je pique un peu du nez par moment et j’ai mal aux fesses, c’est un peu long. Le petit truc qui m’empêche de sombrer ce sont les comédiens en aparté (effet comique) et le chant des cygnes. Onze comédiens, beaux costumes, les filles sont des fois à peine audibles. Une pièce moliéresque avec l’intrigue de jeunes amoureux que le père ne destine pas puisque le jeune homme est pauvre. Cette pièce n’est pas très morale puisque le profiteur (le père) fait du profit malgré toutes ses entourloupes et sa mauvaise foi. Tout est bien qui finit bien, le pauvre devient riche et épouse son amoureuse. Pascalle 

 

Juste avant d’arriver, nous étions bien, avec l’envie de voir quelque chose d’agréable. En arrivant sur les lieux, nous avons découvert le site : le théâtre de verdure de Pézenas. Il nous a paru plutôt bien avec ses gradins au milieu du parc. Le spectacle commence, nous ne nous sentons pas concernés, les dialogues trop difficiles à comprendre nous ont vite fait décrocher. Il en découle un sentiment d’indifférence, l’impression que rien ne nous touche. Hormis les décors, nous n’avons que peu d’intérêt pour cette pièce dont la durée nous a paru excessivement longue. De ce fait, il nous est très difficile d’en dire quelque chose. Medhi et Eliska                           

                                                               

La perspective d’une soirée au Théâtre de Verdure, cet espace extérieur niché au cœur du parc municipal de Pézenas, me ravissait après une journée caniculaire. J’étais enthousiaste à l’idée de découvrir "Le Faiseur" cette pièce d’Honoré de Balzac mise en scène par Robin Renucci. L’histoire est celle du banquier Mercadet, un affairiste au bord de la ruine qui se joue de toutes et de tous – amis, épouse, fille, créanciers – pour se sortir de ses dettes. Le personnage, rusé, menteur, est un véritable virtuose virevoltant et je suis séduite par le formidable jeu du comédien qui l’incarne. Initialement étonnée je finis par goûter à la subtile mise en scène : encadrant un espace relativement vide censé représenter le salon de la famille Mercadet, seul le lustre de cristal posé un peu à l’écart sur le sol suggère l’aisance bourgeoise. Sur cet espace les acteurs entrent et sortent dans une sorte de ronde. Lorsqu’ils quittent le plateau les acteurs s’installent de part et d’autre. A gauche les créanciers et amis prennent place dans des fauteuils et canapés, tandis que famille et personnel de maison se placent sur la droite du plateau. Ils sont ainsi aux loges d’une scène dont ils sont absents mais partie prenante. Les costumes, superbes, nous plongent dans la fin de la première moitié du 19ème siècle dans cette histoire si bien écrite et terriblement moderne tant le sujet est d’actualité : la spéculation et le libéralisme économique. Modernité du texte, mise en scène enlevée et qualité du jeu des acteurs, j’ai ri, souri, grincé des dents et savouré l’ensemble. Isabelle

 

En guise de prologue, je pourrais me justifier, sans "vouloir baratiner" les potentiels lecteurs d’une journée de travail démarrée très tôt. A mon arrivée sur les lieux, je me retrouve dans un état de fatigue à la limite de l’endormissement. Le contexte ainsi évoqué, me voilà assise dans mon "fauteuil" en pleine nature. Le lieu m’apporte l’oxygène nécessaire pour rester éveillée. Si ma mémoire est bonne, Balzac m’avait laissé un bon ressenti. L’intrigue et le dialogue de ce Vaudeville finissent par me perdre même si le jeu des acteurs percutant retient mon attention. Les dérives de la spéculation et les situations perverses négatives qu’elles entraînent sont peut-être trop loin de mon univers et ne me donnent aucun intérêt. Même si cet état de fait a été finement dénoncé, il n’en reste pas moins que tout ce qui est relatif à l’argent reste pour moi une planète lointaine où le simple fait d’y penser déclenche chez moi des réactions primaires. L’intérêt somme toute de cette pièce se révélera pour moi dans "l’obligation d’une révision de mon ressenti" et l’envie de décrypter la mise en scène ingénieuse qui dénonce avec brio le côté absurde et cynique d’une époque qui, malheureusement, ne me semble pas révolue. Valérie

 

Précédé des noms prestigieux de Robin Renucci, le metteur en scène, et des Tréteaux de France, la troupe, "Le Faiseur" de Balzac s'annonçait comme le joyau du 9ème festival "Molière, le théâtre dans tous ses éclats". Cependant, quelques inquiétudes agitaient mon esprit sur le chemin du Parc Sans Souci, cadre verdoyant du spectacle : n'allais-je pas m'ennuyer, avec ce romancier bavard, promu auteur dramatique ? Pleuvrait-il sur le décor bourgeois qu'on pouvait déjà imaginer ? La Nature respecterait-elle la Culture ? Les moustiques piqueraient-ils ? Les canards et les grenouilles du bassin joueraient-ils leur partition ? La magie du théâtre fait vite oublier ces questions. Le décor unique et curieusement dépouillé d'un salon permet de concentrer l'attention sur les acteurs. La part belle est faite au rôle-titre : le Faiseur, Mercadet, spéculateur, brasseur d'affaires, se montre d'un cynisme effrayant à l'égard de tous, dans son millieu familial aussi bien que professionnel. Ce rôle pourrait être tragique, mais auteur et acteur le tirent vers la caricature. Mercadet se vante de ses trafics, se glorifie de son absence de scrupules, cherche la complicité du public par des apartés et par une série d'aphorismes cyniques et réussit à nous faire rire. Des pauses apportent un peu de fraîcheur dans ces moments où la morale est bousculée. Comme dans certains romans de Balzac ("Eugénie Grandet") ou certaines pièces de Molière, apparaît une jeune fille touchante. Julie Mercadet est la fille du Faiseur. Moquée par son père et par les serviteurs, elle nous émeut plus qu'elle ne nous fait rire, en dépit de son physique ingrat et de son nez à la Cyrano. Quoique amoureuse, elle est lucide et solidaire de sa famille, et son avenir nous inquiète. Madame Mercadet n'a pas le cynisme de son époux, veut le bonheur de sa fille, essaie de ramener à la raison cet homme aveuglé par la passion ravageuse des affaires. La servante exploitée, à qui Mercadet doit de l'argent et qu'il berce de promesses, nous touche par son discours, où elle se montre lucide, mais aussi crédule et solidaire face aux affirmations habiles de son maître. Au cours de la pièce on voit défiler une série de visiteurs, personnages caricaturaux dignes des dessins et des modelages de Daumier : le propriétaire de Mercadet, ses banquiers et créanciers, un futur gendre fortuné, malicieusement différenciés par la couleur de leurs cheveux et de leurs vêtements, tous cyniques à leur façon, et qui affrontent le cynisme du Faiseur. On a vu des pièces classiques jouées en costumes contemporains. Rendons grâce aux Tréteaux de France d'avoir accordé un soin méticuleux aux costumes visiblement inspirés de gravures du 19ème siècle. Détailler les manches de mousseline, les vastes jupes, les taffetas et les dentelles est un plaisir pour les spectatrices. Un même travail est fait pour les costumes masculins, depuis la somptueuse robe de chambre du maître, jusqu'aux aux costumes colorés et différenciés des visiteurs. Une mention spéciale pour les perruques masculines, brunes, blanches, jaunes ou grises, souvent ébouriffées, qui permettent de faire jouer plusieurs rôles à un même interprète : lorsque les acteurs saluent à la fin, on les trouve moins nombreux que ceux qui ont défilé dans le salon. On pense souvent à Molière pendant cette pièce. On y pense aussi au moment du dénouement, et on évoque la critique de Musset que l'on peut ici appliquer à Balzac, incapable de "servir à point un dénouement bien cuit". On reste incrédule devant la fin optimiste qui voit Rodolphe, le soupirant sincère et pauvre, devenir un riche héritier et résoudre ainsi les problèmes de la famille. Ce spectacle bien enlevé n'a pas provoqué l'ennui, mais au contraire beaucoup de rires dans le public, qui s'est amusé de voir Mercadet, tel un culbuto, retrouver son équilibre après chaque heurt avec la réalité et manifester une imagination encore plus féconde. La Nature a respecté la Culture : dans un silence complice, elle a laissé les spectateurs communier dans l'amour du théâtre, si bien servi ce soir-là par Robin Renucci et ses merveilleux acteurs. Et j'avoue que m'est venue une curiosité : celle d'essayer de découvrir l'apport de l'adaptateur contemporain en lisant le texte original de l'illustre romancier. Jacqueline

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21 septembre 2017 4 21 /09 /septembre /2017 16:41
Les Frères Jacquard

Spectacle de la Compagnie Les Frères Jacquard (30), vu le 23 août au Festival d'Aurillac 2017, cour Paul Doumer, à 19h45 (du 23 au 26 août).

 

De: Les Frères Jacquard

Avec: Les Frères Jacquard

 

Genre: Spectacle qui fait la jonction entre arts de rue, concert, humour, musique, improvisation et show à l'américaine

Public: Tout public

Durée:1h

 

Jamais deux sans trois. Aujourd’hui c’est la 3ème fois que je vois Les Frères Jacquard, j’ai d’ailleurs hésité à y retourner vu les nombreux spectacles proposés sur ce festival d’art de rue. Heureusement que j’y suis retournée ! En salle comme dans la rue, ces trois-là assurent ! Encore un merveilleux moment passé et toujours aussi surprise par leur talent et leurs nouvelles propositions musicales hautes en couleur et en humour. Les Frères Jacquard, ce sont trois excellents musiciens spécialistes autoproclamés de reprisage de tubes ayant pour mission de remettre de l'ordre dans la chanson populaire (site des Frères Jacquard).

 

Et à chaque fois, je sens cette passion musicale et leur capacité à revisiter sans cesse des tubes. Les voilà partis ! Un air musical connu, rock, funk ou autre, on se laisse embarquer dès les premières notes et on se laisse surprendre par le texte, tout aussi connu mais provenant d’un autre tube. Leurs textes farfelus sur les musiques de tubes comme "Funky town" ou "Get down it" des Kool and the Gang ont encore agréablement séduit le public et fait chanter et danser ceux qui les apprécient tant, comme moi. Et cette imagination est sans fin lorsque je découvre de nouveaux morceaux sur des airs de Cabrel, un texte de Johnny ou quand le public en folie se met à danser la Queuleuleu! Il me faudra d'ailleurs quelques secondes, parfois, avant de repérer quel tube est revisité à ce moment-là. Et c'est là toute la surprise et tout le spectacle proposé.

 

Des reprisages toujours plus surprenants et saisissants ! Du funk, du rock, du groove à ne plus en finir ! Qu'on aime ou pas le tube choisi et revisité à la façon Jacquard, on ne peut que succomber et se laisser aller à (re)découvrir nos chers tubes des années 80 à aujourd'hui ! Et grâce à eux on redécouvre des grands textes entendus et réentendus auxquels on ne prête plus attention. Certains textes tristes ou plus sombres nous font rire et chanter sur un air énergique, festif et complètement décalé. Volontairement, je ne détaillerai pas plus de deux morceaux qu'ils proposent, il faut se laisser tenter et surprendre par ce merveilleux moment.

D'ailleurs, ce soir-là, le public est bel et bien conquis dès les premiers morceaux. Des chants, des rires, des pas de danse, des applaudissements, tout y est. Leur groove est décoiffant, leur énergie est débordante et tellement contagieuse ! 

 

Des reprises et des parodies, j’en ai vu et entendu mais un spectacle comme celui-là, jamais. Inventifs, créatifs, musiciens, chanteurs, comédiens, ces trois déjantés ont plus d’une corde à leur arc et ne manquent pas de les partager avec le public.

Leur caravane et leur tenue au look des années 60 viennent donner le ton au spectacle et le style burlesque proposé. C’était la 1ère représentation que je voyais avec leur caravane, et ça envoie ! Cette décoration et cette scénographie ajoutent encore du piment à cette sauce musicale maîtrisée et bien déjantée !

Le style un peu plus rock que les spectacles précédents est venu me surprendre encore. Avec eux on est certain que le ridicule ne tue pas et qu’il fait même beaucoup de bien.

A voir sans modération lorsqu’on aime la musique, le spectacle de rue, les show décalés, les textes, le burlesque, le déjanté, chanter ou danser ! J'y retournerai encore et encore c'est sûr !

 

Valérie Desbrosse

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Published by Valerie Desbrosse - dans Spectacle Tout public Concert
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17 septembre 2017 7 17 /09 /septembre /2017 14:28
Parents modèles

 

Toizemoi parents modeles

Spectacle de la compagnie Toizémoi (94), vu le 16/09/2017 à 20h, Acte 2 Théâtre (Lyon 9e).

De et avec: Alain Chapuis, Marie Blanche
Mise en scène: Philipe Riot

Genre: Théâtre
Public: Tout Public
Durée: 1h30
Nouvelle création lancée à la Comédie Odéon de Lyon

Toizémoi réapparaît à Lyon avec "Parents modèles" où Marie Blanche et Alain Chapuis marient de nouveau leur belle complicité pour interpréter les péripéties d’un couple qui emménage dans un nouvel appartement, avec leurs 3 enfants. Mais cet appartement, beaucoup plus grand que celui qu’ils avaient réservé, ne leur est pas destiné ! S’apercevant de leur erreur, ils vont néanmoins investir pleinement les lieux… Vont ensuite surgir de nombreux personnages, de tous âges et de toutes origines… dans une ronde endiablée de mésaventures où la vidéo joue pleinement son rôle !

La soirée passe très vite dans cette ambiance où s’enchaînent des sujets d’actualité, parfois sensibles, traités avec humour et dérision : adolescence, vieillesse, politique, sexisme, etc. Le public (se) reconnaît et adore ! Une écriture tonique, servie par un jeu d’acteurs très complices, qui changent de peau et de styles tout en maintenant le rythme.

Coté technique, cette pièce peut parfaitement conquérir de petites scènes, même si un certain recul est nécessaire pour que les effets de la vidéo puissent s’y intégrer parfaitement. 
Décors simples et efficaces, mobilier minimaliste mais surprenant d’élasticité…

A voir sur Lyon jusqu’au 24 septembre 2017.

Isabelle Mombellet

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Published by Isabelle Mombellet - dans Spectacle Tout public
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7 septembre 2017 4 07 /09 /septembre /2017 18:38
100 mg Matin Midi et Çoir

Spectacle de la Compagnie Le Midi Moins Cinq (30), vu le 25 août, au Festival d’Aurillac 2017, à 12h00 au Terrain Marmiers (du 23 au 26 août).

 

De: Olivier Bracco et Marc Sollogoub

Interprétation: Olivier Bracco et Marc Sollogoub

 

Genre: Conférence Poélitique

Public: Tout public à partir de 8 ans

Durée: 50 minutes

 

Comment un grain a changé l’humanité.

Deux comédiens viennent nous parler du café et de son histoire. A partir de cette graine, ils nous parlent d’histoire mais aussi d’économie et de politique. L’interaction avec le public est présente dès le départ et permettra à chacun de réfléchir à notre comportement tantôt individuel tantôt plus collectif et solidaire. La forme proposée est au-delà d’un spectacle théâtral puisqu’elle est décrite comme une conférence poétique. Cela m’a fait penser au mariage de la conférence gesticulée et du théâtre d’objets.


Qu’on apprécie le café ou non, il est intéressant de voir comment des sujets complexes et bien souvent traités par des experts peuvent être accessibles à tous. L’économie, l’histoire, la politique et nos comportementaux sociaux sont très vulgarisés à travers cette formule. On nous parle d’une manière subtile de sujets qui nous concernent ; les colonisations, le transport des graines de café, le partage de la richesse, les inégalités, les ventes, les négociations, les importations, les propriétaires et les paysans… Le processus économique qui tourne autour du café représente bien notre société et son fonctionnement économique global. Le rapport à l’argent, à la concurrence, la compétitivité, la productivité, y est abordé avec justesse à travers l’histoire d’une des boissons les plus convoitées de notre société. Ce sujet est, en effet, un moyen original pour parler de nous, de notre société et nos comportements.

 

La mise en scène est jolie, le décor est charmant et bien utilisé tout au long du spectacle. Le spectacle est riche d’informations, d’idées et d’inventivité bien qu’il m’ait manqué une certaine spontanéité dans le jeu des deux comédiens. Ce versant reste à creuser encore pour donner peut-être davantage de naturel et de dynamisme à ce spectacle somme toute réussi. 
Je pense que la formule proposée dans ce spectacle peut être utilisée au-delà du théâtre et apporter à un jeune public l’information de manière subtile et pédagogique comme la Compagnie l’amène. J’imagine bien ce spectacle en école (collège et lycée) mais aussi dans des conférences, des colloques ou autres manifestations autour de sujets sociétaux. En effet, ces espaces temps poétiques, théâtraux et riches d’informations dynamiseraient certains cours de lycéens et certaines conférences parfois trop théoriques à mon goût.

 

Je ressors avec le sourire et le sentiment que la journée commence très bien avec ce premier spectacle.  

 

Valérie Desbrosse

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7 septembre 2017 4 07 /09 /septembre /2017 18:36
Dévêtu(e)

 

Spectacle de la Compagnie Thé à la rue (49), vu le 24 août dans le IN au Festival Aurillac 2017, à l'Institution Saint Eugène. Du 23 au 26 août à 10h et 17h.

 

Direction artistique: Sophie Mesnager et Amédée Renoux
Interprétation: Erwan Barbien, Bérangère Déméautis, Guillaume Derouineau, Antoine Meunier, Yui Mitsuhashi, Sophie Mesnager, Amédée Renoux

 

Genre: Propositions artistiques sous forme d'entresorts. Plusieurs disciplines artistiques
Public: A partir de 16 ans
Durée: 1h30

 

Je ne définirai pas ce spectacle comme tel mais plutôt comme un concept/une expérience individuelle et collective. C’est le regard sur le corps qui est travaillé autour de cette installation originale. Le regard sur soi, sur l’autre, le corps qui sent, qui ressent, qui vit, qui a déjà vécu. Les apparences physiques sont parfois trompeuses avec tous les accessoires que nous pouvons ajouter sur notre corps. Alors ici nous en revenons à l’essentiel ; le corps en ce qu’il est de plus simple et de plus commun à tout un chacun.

Je me laisse aller dans cette expérience innovante, originale et tellement bien menée. J’observe, on s’observe, la bienveillance a été actée à l’entrée par une partie des comédiens de la troupe. Cette observation sera donc bienveillante, j’observe pour voir comment je me sens par rapport aux autres, pour voir comment on se sent tous ici dans cet espace-temps atypique.

 

Un concept qui m’a totalement embarquée. Je ressors surprise par ça, par eux, par moi, la tête ailleurs. Je me suis sentie être dans une bulle de bien-être, j’aurais aimé continuer encore.

Plusieurs disciplines artistiques sont proposées à travers diverses installations, propositions et expériences. C’est aussi cela qui m’a fait apprécier d’autant plus ce moment. Je ne peux me permettre de lister les différents arts mis en avant, il faut le découvrir, le sentir, le ressentir, se laisser aller, voire se laisser bousculer…

J’ai beaucoup adhéré à la place que l’on nous donne, nous ne sommes plus seulement des spectateurs ; timides ou plutôt confiants, tout le monde peut s’y sentir à son aise grâce à cette bienveillance ambiante et bien maîtrisée par la Compagnie.

 

Une expérience telle, c’est ma première fois. De l’installation aux propositions, tout est créatif, bien pensé, bien mené et à chaque fois on souhaiterait y rester. C’est le cas pour le groupe d’amis que nous étions. Dans cette chronique, je reste volontairement vague et floue car si j’en dis trop je pourrai desservir l’expérience que propose la Compagnie et surtout influencer votre ressenti.

Le seul petit bémol que je me permettrais serait celui de ne pas avoir eu le temps d’expérimenter chaque proposition faite car la jauge était importante. Est-ce la durée du spectacle à élargir ou la jauge à restreindre? En tout cas j’ai été très peu frustrée car conquise par ce que je venais de vivre. 

Ce n’est pas de manière habituelle que le public a remercié la Compagnie. La culture de l’applaudissement est elle aussi détournée pour un remerciement bien plus innovant. Jusqu’au bout je suis surprise et conquise par cet espace-temps inhabituel et tellement captivant. A découvrir sans hésitation et sans modération. Une expérience proposée osée et merveilleusement bien réalisée !

 

Il faut découvrir ! Je souhaite à la Compagnie de continuer à proposer "Dévêtu(e)" dans de nombreux festivals et autres événements. Leur travail le mérite et c’est ce qu’on attend en tant que public : ressortir enchanté, ravi, étonné, émerveillé. C’est l’art vivant dans toute sa splendeur. Merci pour cette expérience coup de cœur que je souhaiterais volontiers réitérer et qui va me rester.

 

Valérie Desbrosse

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6 septembre 2017 3 06 /09 /septembre /2017 08:47
Ami(s)

 

Spectacle de la Compagnie Déjà, Utopium Productions (72), vu le 23 août au Festival d'Aurillac 2017, à 14h30 dans la Cour de Noailles (du 23 au 26 août).

 

De: Antoine Meunier et Sébastian Lazennec
Metteur en scène: Sébastian Lazennec
Avec: Antoine Meunier

 

Genre: Théâtre. Interrogation canine et manipulation d'objets
Public: Tout public à partir de 10 ans
Durée: 1h10

 

On m'a conseillé ce spectacle et heureusement car l'affiche ne me parlait pas trop. Parfois il vaut mieux suivre le bouche-à-oreille pour découvrir des petites pépites du théâtre de rue. Lorsque j’arrive dans la cour, la pièce a commencé depuis un peu plus de 5 minutes. Je mets donc 5 à 10 minutes à entrer dedans et quelle surprise. La performance théâtrale et l’écriture de ce spectacle m’embarquent très vite dans l’histoire et avec beaucoup de plaisir.

 

A travers Walter le chien, souvent nommé comme "le meilleur ami de l’homme", on nous parle des relations humaines et surtout de l’amitié. Je suis agréablement surprise par la performance du comédien qui nous embarque dans cette histoire simple et très bien traitée. Je suis très attentive à ce chien qui veut nous faire comprendre que nos relations humaines, qu’il s’agisse du couple ou des relations amicales, sont parfois teintées d’isolement, d’hypocrisie, de colère, de confiance, d’infidélités, de fêtes, d’écoute mais aussi d’incompréhension. Une sorte de complexité quotidienne aux contradictions régulières. Walter prend donc de la distance avec "son humain" comme il le nommera (son maître) pour évoquer ce qui l’amène à s’isoler depuis un certain moment. Il nous fera part de ce qu’il ressent lui aussi de son côté, l’isolement et l’ennui n’appartiennent pas qu’à l’homme.

Le temps qui passe, nos obligations ainsi que la présence prépondérante de l’écran dans notre vie sont les thèmes de fond que nous pourront suivre du début à la fin de la performance. Une description originale de nos comportements sociaux à travers le théâtre d’objets. Inutile d’en dire plus sur le contenu de la pièce, elle demande à être vue.

 

Concernant la mise en scène, je peux dire qu’elle est simple et pourtant originale et très bien pensée. Ce sont nos propres déchets qui permettront à nous, spectateurs, de suivre les différents personnages hauts en couleur. J’ai apprécié l’utilisation de ces objets au cours de l’histoire, toute en finesse et bien menée puisque malgré plusieurs personnages, je ne me m’y suis pas perdue une seconde. Une scène m’a d’autant plus surprise par l’usage original de la musique et des objets. Il fallait y penser. 

 

Beaucoup d’humour et de tendresse dans cette écriture. Et puis il faut le dire, le comédien a du chien ! C’est une certitude. Alors malgré la chaleur et le soleil qui frappe, je peux dire que j’ai passé un très bon moment grâce à la Cie Déjà. Merci.

Allez-y !

 

Valérie Desbrosse

 

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31 juillet 2017 1 31 /07 /juillet /2017 22:58
Nez pour s’aimer

 

Photo Anne Wengernez

Spectacle de la Compagnie Les pêcheurs de rêves (67), vu le dimanche 30 juillet à 17h au Kabarouf dans le cadre du festival Off d'Avignon 2017.

 

Ecriture : Florence et Vincent Duschmitt, Jean-Louis Cordier
Interprètes : Florence et Vincent Duschmitt

 

Genre : Clown et cirque
Public : Tout public en famille
Durée : 1h10

 

Sous un grand chapiteau qui appartient à la compagnie, me voilà parti pour le dernier spectacle de l’édition 2017. Un spectacle de cirque sur la très plaisante île de la Barthelasse.

Nos deux personnages arrivent pour engager un combat titanesque de clowns. Un début assez classique qui met quelque temps à se mettre en place, mais qui très rapidement nous laisse découvrir deux très beaux personnages sensibles et très attachants, nous retraçant leur histoire d’amour.

 

Sur un plateau rond orné d’un mât chinois et sans un mot ou presque, ils se rencontrent dans une gestuelle et avec des mimiques de combattants se jaugeant avant le premier impact. Puis, vient le temps de la séduction et des premières émotions. Enfin, la vie en commun et l’expérimentation de la découverte du monde de l’autre, et c’est bien ce qui fait la richesse du couple… Chacun y trouvera écho à sa propre histoire dans ce conte moderne et original.

Au-delà de l’excellent jeu de comédiens, le spectacle nous offre un foisonnement d’idées et de trouvailles, reposant sur une grande maîtrise technique : mât chinois, équilibre avec des bouteilles, jeux avec des planches en bois, cuisine en direct et tango. Le dispositif scénique, à la fois simple et efficace, offre des rebondissements réjouissants et nous évite de tomber dans une routine qui peut fréquemment habiter ce type de propositions. 

 

Ce couple de clowns, tant à la ville que sur scène, a su trouver une façon de nous raconter l’amour, mêlant tendresse, poésie, incompréhension, rudesse et combats incessants. Ce spectacle très généreux, nous offre toutes les facettes possibles du spectacle vivant, mêlant à la fois sens, jeux de comédiens, visuels, émotions et technique. C’est un hymne à l’amour, à l’imagination et à la création, à découvrir sans hésiter pour vos programmations à venir.

Bravo et merci pour ce moment intemporel.

 

Eric Jalabert

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31 juillet 2017 1 31 /07 /juillet /2017 16:38
Debout là-dedans

Spectacle  de la compagnie Entrechocs, vu dans le cadre des chroniques plurielles et populaires, le 20 Juillet 2017 à 20h15, Festival Avignon Off 2017, à l’école du spectateur, du 13 au 30 juillet.

 

Avec Max Bernery et Mélanie Paccoud

Mise en scène : Elise Ouvrier-Buffet

 

Genre : Clown

Public : Tout public à partir de 6 ans

Durée : 50 min

 

Brigade : Thomas, Adil, Valérie

 

Il est agréable d’aller voir un spectacle à l’école du spectateur, une cour d’école au frais et au calme du Festival. Je sais que le spectacle va se dérouler en plein air et c'est ce qu’il me faut, de l’air…

Le public est accompagné dans une petite cour où nous découvrons le décor, assez sommaire, du spectacle : une porte qui nous indique les toilettes mixtes et un portique de cirque avec un sapin sur le dessus représentant un conifère des landes. Sommes-nous au camping ? Rapidement nous comprenons que oui, plus précisément à l’arrivée des comédiens qui arrivent chacun leur tour : une femme élégante sur son vélo s’installe doucement sans faire de bruit et un homme élégant également mais qui ne le porte pas aussi bien, encombré de tout le matériel nécessaire (ou pas) pour une nuit à la belle étoile. Il arrive sur un vélo de cirque acrobatique, de bon augure…

J’ai eu deux lectures pour ce spectacle, l’une pour les adultes et la seconde pour les enfants. Tout d’abord, pour nous les grands, un joli moment à rire avec nos petits où l’on peut voir la relation homme-femme, maladresse de l’un, intransigeance de l’autre. Des moments d’indélicatesse et de gaucherie nous rappelant par moments des scènes de films de Pierre Richard, un peu répétitif à mon goût mais qui pour les enfants a le mérite de très bien fonctionner, en témoignent les nombreux rires dans les gradins. Ces moments de drôlerie sont rythmés entre silence et musique de fond, nous permettant de passer d’une saynète à une autre.

Un spectacle de clown dont l’un l’est vraiment, sans concession, jusqu’à (pour la petite anecdote) se casser l’arcade sur une chute mal contrôlée. J’aurais aimé voir le second dans un personnage plus acrobatique que clownesque, car le peu d’acrobatie effectuée sur le portique ou sur la porte présageait d’un talent certain, sous-utilisé pour le regard des plus petits comme des plus grands. Thomas

 

Quand la maladresse complète la perfection ça donne un monde où le conflit n'a pas de place, ce qui rend les relations humaines plus douces, calmes, sereines et drôles.

La prise de pouvoir est féminine et tant mieux, les hommes ne sont doués que pour décider.

Le mélange de la genèse et la grossièreté, le malentendu reste éternel. Humour parfois forcé comme le maquillage. Certaines scènes sont étirées dans le temps et parfois manquent de constance. Adil

 

J’arrive dans la cour de l’école avec les différents spectateurs où nous prenons place dans des gradins. Le décor est composé d'une structure en forme de tipi et une porte sur un côté. Nous sommes en extérieur. Viennent alors les deux comédiens chacun à leur tour en bicyclette. L’ambiance clownesque est déjà là, dans le maquillage, dans les mimiques du faciès et dans la gestuelle. L’installation du bivouac commence, plusieurs maladresses se répètent. Je ne suis pas complètement conquise par ces répétitions clownesques qui, à force du spectacle, ne me surprennent plus. De temps en temps, des interludes musicaux viennent rythmer quelques scènes de cascades, de maladresses, de tendresse parfois. J’aurai souhaité plus de musique pour que le rythme me semble plus dynamique. Le style muet n’est pas le style que je préfère bien qu’il peut surprendre. L’histoire est bien réalisée et les comédiens sont réellement compétents et efficaces dans ce qu’ils proposent. J’entends rapidement les enfants rire et se questionner sur ces deux personnages farfelus. Je ressens alors que je ne suis pas forcément à ma place en tant qu’adulte. Car pour les enfants c’est assez marrant à en croire leurs expressions. Quelques acrobaties arrivent dans le spectacle, un peu tard à mon goût et trop peu malgré les compétences acrobatiques que je peux constater et le résumé qui laissait croire à plus d’acrobaties. On est un peu embêté pour le Monsieur Clown qui se fera une petite blessure sur le final, une vraie. En tout cas les deux héros sont bien remerciés par le public qui a apprécié leur formule. A la fin, en lisant le dossier de presse, je confirme les expériences et formations des deux clowns en cirque ; trapèze, tissu aérien, monocycle… Peut-être aurais-je l’occasion de les voir dans une formule plus acrobatique ?  Valérie

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31 juillet 2017 1 31 /07 /juillet /2017 16:36
Opéra Panique
Site Compagnie

Site Compagnie

Spectacle de la Compagnie l’Ours à Plumes, vu le 17 juillet 2017, AVIGNON OFF 2017, théâtre Pixel à 17h.

De : Alejandro Jodorowsky
Interprétation : Ida Vincent, Aline Barré, Tullio Cipriano, Cécile Feuillet, Johan Proust

Genre : Théâtre
Public : Tout public à partir de 7 ans
Durée : 1h10

Je dois avouer que, bien que le nom d’Alejandro Jodorowsky ne me fut pas inconnu, je ne connaissais rien de l’œuvre de cet artiste franco-chilien né en 1929, œuvre extrêmement dense puisqu’il est à la fois, romancier, poète, scénariste de BD, réalisateur, auteur de théâtre, acteur, et même icône de la génération Flower Power après son film "La Montagne Sacrée" (1973) ! D’abord clown et marionnettiste, il a suivi à Paris les enseignements du mime Marceau dans les années 1950. Après avoir rejoint un temps le mouvement surréaliste, il s’en désolidarise en 1962 et fonde le mouvement Panique avec R. Topor et F. Arrabal. Bref, pas vraiment n’importe qui… Je suis donc arrivée en "spectateur lambda" à la représentation de l’"Opéra Panique" proposée par la compagnie l’Ours à Plumes.

Le public est accueilli par disons un maître de cérémonie, en l’occurrence Ida Vincent, qui a également assuré la mise en scène, habillée à la façon de Sherlock Holmes. Elle assure le placement des spectateurs, et ça dure longtemps car nous attendons les retardataires... Enfin, quand tout le monde est installé (avec 15 minutes de retard sur l’horaire affiché), notre Sherlock propose des petits saucissons qu’elle lance aux personnes intéressées… C’est ensuite une hôtesse de l’air qui nous souhaite un bon voyage, en nous promettant cependant pas mal de turbulences. Le ton est donné, et je commence à me demander où j’ai mis les pieds !

Notre meneuse de jeu intervient de loin en loin pour introduire une saynète ou l’autre, livrer un commentaire, une précision. Une douzaine de tableaux, peut-être plus, se succèdent, mettant en scène par exemple un soldat devant obéir à trois généraux, deux optimistes, puis deux pessimistes, des irascibles, en fait des situations plus loufoques les unes que les autres... Au milieu de ces tableaux, dont l’ordre pourrait être interverti tant ils ne semblent n’avoir aucun lien entre eux sinon celui de mettre en scène des êtres humains, avec leurs travers, leur vacuité, leurs contradictions, nous avons droit à une sorte de pause. Un goûter surréaliste, les cinq comédiens alignés face au public et devant ingurgiter qui une banane, qui une carotte, qui un flan (sans cuillère !!), ou autre (tous aliments distribués par le maître de cérémonie, et cela dure un temps infini avant que tous aient terminé !).

Si  j’avais eu connaissance du texte, peut-être aurais-je été moins déstabilisée par cette écriture totalement absurde, même si elle ne livre au fond qu’une caricature de notre société. Mais le spectateur ordinaire bien souvent ne connait pas le texte… En tout cas, il est probable que la chaleur intense qui régnait dans la salle (un spectateur a demandé si la clim fonctionnait) a un peu rendu amorphe le public qui ne m’a pas semblé très réactif. Cela m’a en tout cas profondément gênée. Pour ce qui est des comédiens, qui supportaient de plus les costumes et les éclairages, ils étaient trempés de sueur de la tête aux pieds, et je me dois de saluer leurs performances tant musicales que théâtrales dans ces conditions difficiles, et ce même si je n’ai pas vraiment adhéré…
A réserver, de mon point de vue, à un public averti, au moins un peu !

Cathy de Toledo

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