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Avec plus de 1.200 spectacles commentés sur ce blog, les correspondants Vivantmag - AdAdiff, ne se posent pas en censeur du spectacle, loin de là. Nous souhaitons seulement faire partager un point de vue, forcément subjectif, sur les spectacles que nous voyons. Chaque retour de spectacle est ouvert à vos propres commentaires, et n'hésitez pas à en laisser car ils enrichissent ce travail d'échange et de partage d'informations.
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Jeudi 31 juillet 2014 4 31 /07 /Juil /2014 11:49

Monsieur-de-Pourceaugnac-copie-1.jpg Spectacle de la compagnie de l'Astrolabe. Vu à la Fabrik' le 24 juillet 2014 dans le cadre du Festival d'Avignon Off.


Mise en scène et adaptation : Sébastion Lagord

Compositeur : Tony Bruneau

Avec : Tony Bruneau, Emilienne Chouadossi, Ferdinand Fortes, Sébastien Lagord, Nelly Lawson, Marc Pastor, Matthieu Penchinat, Nicolas Pichot, Evelyne Torroglosa.


VIVANT-3-COEURS-5 Genre : Théâtre musical 

Durée : 1h25

Tout public

 

 

Arrivée dans la salle, j’apprécie déjà que chaque personne soit saluée individuellement par un comédien en costume de gendarme « à l’ancienne mode ». Je le reconnaîtrai par la suite comme étant le metteur en scène. Ironie du sort donc que le chef d'orchestre de la comédie qui se déroulera devant nous, soit aussi l’homme chargé de faire entendre la loi édictée par une radio grésillante « toute pièce mettant en scène le mariage de monsieur de Pourceaugnac est interdite ».

Eraste et Julie, deux amants, ne peuvent se marier puisqu’Oronte, le père de Julie, a décidé de donner celle-ci en mariage à un gentilhomme limousin nommé Léonard de Pourceaugnac. Les deux amoureux, dépités, font donc appel à l’entremetteuse Nérine et au fourbe Sbrigani qui monteront une comédie au provincial arrivant, afin de le faire fuir et renoncer au mariage.

 

Au début de la pièce, le décor est monté aux yeux de tous. Choix astucieux de mise en scène pour illustrer le fait que nous venons voir une pièce dans laquelle les personnages s’amusent à jouer une autre pièce. D’autant plus que seuls les personnages auteurs de la supercherie participent à la construction de la structure mobile. Julie sera placée en tant qu’observatrice, rôle qu’elle tiendra au cours de la pièce, ignorante des plans prévus par ses complices. La structure restera ensuite jusqu’à la fin et représentera tour à tour la demeure d’Eraste, un cabinet de médecine, la rue, etc.

Il est important de noter que tout le montage est chorégraphié mais également accompagné de chansons (malgré l’effort physique qu’il induit !). La compagnie annonce dès le départ la couleur. Molière et Lully avaient écrit une comédie-ballet, qu’à cela ne tienne ! S’enchaîneront donc avec aisance et humour des tableaux musicaux à la performance irréprochable (chapeau bas au passage à la comédienne jouant Nérine pour le chant et la danse), mais surtout aux qualités d’interprétations juste géniales. Un tango dansé par Nérine et Sbrigani aux mimiques irrésistibles. Une ribambelle de médecins fous conduits par un assistant bossu encore plus loufoque. Un blues déchirant suscitant rire mais aussi empathie. Et d’autres encore… Un vrai régal pour les oreilles mais aussi et surtout pour les yeux !

 

Un coup de cœur particulier pour un Sbrigani survolté (quelle endurance !) et toujours juste, ainsi qu’un Monsieur de Pourceaugnac hilarant mais aussi particulièrement touchant. Je salue également le pianiste, qui accompagne les chants en direct tout du long et que je remercie particulièrement d’avoir joué, pas seulement ses morceaux, mais le jeu.

 

Petite précision cependant, la pièce ne se joue pas uniquement dans la langue de Molière. Cela surprend et m’a rendue quelque peu perplexe au début, mais je pense que la compréhension n’en est pas amoindrie. Et de toute manière, juste pour une scène, où débarquent sur le plateau toutes les femmes supposées de Monsieur de Pourceaugnac, gentilhomme devenu polygame pour le tout Paris, ça vaut le coup !

  

Impossible de ressortir déçu de ce classique revisité et modernisé. En plein Avignon, il s’agit d’une pièce qui donne un coup de pep’s avant de repartir sous la chaleur, dans les rues pavées. Mais je vous conseille de garder un peu de temps après la représentation pour profiter du petit coin ombragé qu’a aménagé la Fabrik’ Théâtre dans sa cour intérieure.

 

 

Doriane Thiéry

Par Doriane Thiéry - Publié dans : Spectacle Tout public - Communauté : Spectacle vivant
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Jeudi 31 juillet 2014 4 31 /07 /Juil /2014 11:44

blog-simon.jpg

Compagnie Cavalcade (28). Vu au Théâtre de l’Isle 80, à 18h50 le 26/07/2014 dans le cadre du Festival d’Avignon.

 

De : Carole Fréchette

Mise en scène : Sylvia Bruyant

Avec : Stéphane Benazet, Sylvia Bruyant et Delry Guyon


VIVANT-3-COEURS-5 Genre : Théâtre

Tout public

Durée : 1h25


 

Simon Labrosse accueille, dès l’entrée et avec beaucoup d’entrain, les spectateurs qui viennent découvrir un petit florilège de sa vie. Affublé de Léo, son copain poète dépressif, et de Nathalie, sa copine envahissante, ils nous ont concocté une petite représentation rien que pour nous. Ils créent ainsi une ambiance entre réalité et théâtre qui nous met au coeur de cette tranche de vie humaniste.

 

Habituée à jouer dans des lieux non dédiés au spectacle, la compagnie a su s’intégrer dans la salle un peu particulière et biscornue de l’Isle 80. Autour d’une petite piste de cirque miniature et bricolée, on suit ainsi 7 jours de la vie de Simon Labrosse, jeune homme en galère mais résolument optimiste, malgré le poids de ses soucis. Il propose ainsi, au fur et à mesure de ses rencontres, son assistance pour aider les gens contre rémunération : cascadeur affectif, spectateur de vie, finisseur de phrases, flatteur d’égo, amoureux à distance, allégeur de conscience, remplisseur de vide…

Vivant dans son propre univers, mais continuellement rattrapé par la vraie réalité, il rêve sa vie ou vie ses rêves. Le désordre qui règne en lui s’étend sur scène et ses acolytes, Nathalie et Léo, sortent continuellement de leur rôle pour marquer cette difficulté à confronter vie et envie.

 

Un texte sur la solitude et sur la façon dont chacun mène son existence, sur les fêlures, sur les gens en dérive, pris dans le tumulte de notre société de l’avoir. La mise en scène très dynamique, joue continuellement sur cette difficulté à rentrer dans le rang, sur cette réalité-fiction qui nous porte, sur les failles de chacun (Léo le poète dépressif ne peut jamais dire le mot « espoir »). L’ensemble est très réussi, et ne sombre pas dans le pathos, mais nous offre avec sensibilité une éclatante tranche d’optimisme, de poésie et de drôlerie. Joué par trois excellents comédiens, il nous parle aussi de la solidarité et de la fraternité, même s’il nous rappelle que celles-ci sont fragiles.

 

Un très bon moment de spectacle à faire partager largement autour de soi.

 

Eric jalabert

Par eric jalabert - Publié dans : Spectacle Tout public - Communauté : Theatres
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Jeudi 31 juillet 2014 4 31 /07 /Juil /2014 11:29

blog-affreux.jpgCompagnie des Dramaticules (94). Vu à 22h30 au GiraSole le 25/07/2014.


Scénario et mise en scène : Jérémie Le Louët (à partir d'un travail collectif)

Avec : Julien Buchy, Anthony Courret, Noémie Guedj, Jérémie Le Louët et David Maison

 

VIVANT-3-COEURS-5 Genre : Théâtre

Durée : 1h45

 

Dans la grande salle du GiraSole, le public s’installe face à lui-même. En effet, en fond de scène, un immense écran nous renvoie en différé l’image des gradins et du public qui s’installe… Nous allons être face à nous-mêmes et à notre diversité. En fond musical, il m’a semblé reconnaître un discours d’Hitler… La soirée s’annonce surprenante. Il s’agit d’un spectacle hors du commun, sous-titré « une satire de la vie culturelle française » et qui nous propose de nous interroger sur notre état de spectateurs, sur la culture et sur ceux qui la font. C’est sacrément original, drôle et intelligent.

Un spectacle surprenant et qui impacte, comme je les aime.

 

Pour lancer la machine, Jérémie Le Louet, auteur, metteur en scène et comédien de talent, vient nous crier un texte extrait du « Manifeste du futurisme », texte provocateur de Filippo Tommaso Marinetti datant de 1909. C’est le cri de vitalité d’une jeunesse non entendue et prônant l’urgence, le mouvement et la guerre contre la mièvrerie et l’immobilisme de l’institution. Après un bref salut, le comédien vient s’assoir face à nous et nous propose dix minutes d’échanges, de réaction autour de ce texte, alors que le spectacle vient à peine de commencer… Après ce séisme révolutionnaire, cet échange, symbole de la démocratie partagée mais manipulée, vient mettre en avant les points de vue de deux spectateurs, l’un fervent admirateur de « ceux qui passent à la télé » et l’autre professeur de Français, défenseur de la Culture avec un grand C.

On se laisse emporter avec délectation dans ce dispositif qui nous surprend et qui ne manque pas de nous interpeller.


L’enchaînement se fait sur la présentation de la saison du théâtre, où l’on découvre des propositions artistiques fort contemporaines : le comédien, nu sur scène et la tête enduit de Nutella, pour un travail en cours devant déboucher sur un spectacle de 8h (avec un entracte heureusement). On est dans une caricature (à peine), mais c’est drôle et ça parle à tout le monde. Puis nous voilà transportés dans le bureau d’un directeur de théâtre, un homme de pouvoir, un chien, qui reçoit avec dédain une compagnie pour financer son spectacle. Là encore, l’exagération ne déforme qu’à peine la réalité. Enfin, et parce que la compagnie ne recule pas devant l’autodérision, nous découvrons le travail d’un metteur en scène tyrannique qui prépare un « Phèdre » avec ses comédiens. Engagement, compromission, aliénation, rapport de force… les compagnies n’échappent pas à la loi du genre…

 

Les enchaînements sont habiles, la forme originale et le fond nous interroge vraiment. C’est un théâtre accessible, surprenant, qui nous fait rire jaune, noir ou vert, mais qui nous parle à nous-mêmes. C’est à recommander pour les programmateurs qui sont aussi prêts à se moquer d’eux-mêmes et à surprendre leur public.

Merci et bravo pour ce moment héroïque.

 

Eric jalabert

Par eric jalabert - Publié dans : Spectacle Tout public - Communauté : Theatres
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Jeudi 31 juillet 2014 4 31 /07 /Juil /2014 11:20

blog-vivre-.jpgCompagnie demain il fera jour (51), vu à 14h30, au Théâtre Les Lucioles, le 25/07/2014

 

Texte et mise en scène : Vincent Clergironnet

Avec : Vincent Clergironnet et Cécile Mauclair


 

vivant-3-toiles-4 Genre : Théâtre tout public

Durée : 1h10


J’ai découvert l’année dernière l’excellent « Madame K » par la même compagnie et souhaitais prolonger la découverte de son travail, bien qu’elle soit au-delà de la zone géographique sur laquelle l’Adadiff/Vivantmag travaille en priorité.

 

Vincent Clergironnet, seul sur scène, vient nous parler de son état d’homme, de ses états d’âmes, de ses hématomes, de son état môme. Il est Joseph, le mari d’Isabelle dont la promotion professionnelle l’amène à s’interroger sur qui il est. Car l’ascension professionnelle de sa femme lui inspire des sentiments négatifs malgré son ouverture d’esprit: jalousie, perte de confiance, colère…

« J’ai fait tout ce qu’on attendait de moi… mais je n’ai aucune idée de qui je suis vraiment », nous confie-t-il dans son long monologue, fragmenté par des moments de danse où Isabelle, créature évanescente et pourtant pleine d’énergie, vient nous apporter sa grâce, sa vitalité, sa respiration de vie. Ces moments de danse sont rythmés par des silhouettes, ombres projetées du comédien sur les tissus usés et suspendus à un arbre mort en fond de scène, comme autant de personnages qui lui ont apporté leurs conseils tout au long de sa vie.

 

Vincent Clergironnet est un remarquable comédien (et metteur en scène) qui nous emmène avec lui et nous fait partager tout haut les questions qui l’interpellent, sur la place de l’homme dans ce monde. Un monde de compétition, de performance, de pression sociale, de tensions professionnelles, de chantage affectif, d’exigences sexuelles…

Ce choix de la confidence, scandé droit sur scène, lui permet de dire ce qu’il ressent, de faire monter sa colère dans une belle dramaturgie, sans être dans la plainte et la rivalité. Il fait juste le constat amer d’un homme à la mer... Il est heureux que les femmes s’émancipent, se libèrent, volent de leurs propres ailes. Il est content pour sa femme. Mais plus elle rayonne, et plus ça le rend malade. Il ne trouve plus sa place dans cette nouvelle distribution des rôles, en tout cas, il a le sentiment étrange que quelque chose le dépasse. Et c’est un appel à se débarrasser des carcans que l’on se construit soi-même, un appel à vivre et à vivre pleinement qu’il nous lance.

Un très beau moment de théâtre.

 

Eric jalabert 

Par eric jalabert - Publié dans : Spectacle Tout public - Communauté : Theatres
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Lundi 28 juillet 2014 1 28 /07 /Juil /2014 22:41

Essais, soloCie Le Troupeau dans le Crâne (93), Avignon off, Espace Alya, 26 juillet 2014,15h05

D'après Michel de Montaigne, les Essais (1572-1592)

Création et interprétation: Emilien Gobard (jeu, danse, mime, chant)
Régie : Delphine Biard 

VIVANT-3-COEURS-5 Genre : théâtre en mouvement

Public : tous à partir de 11 ans

Durée : 50 minutes (ou plus ou moins)

Jauge : totalement adaptable

 

Création : 2008

 

La compagnie se situe "au croisement des disciplines : du clown, du mime, de la danse et de la musique live", dans des spectacles solos ou collectifs. Emilien Gobard se produit aussi dans des spectacles de danse.

 

J'ai vu un spectacle unique, en ce sens qu'il n'avait jamais été et ne sera jamais plus rejoué. A chaque représentation tout, absolument tout, change, c'est de l'improvisation. Emilien Gobard a Montaigne dans la tête, la danse et le mime dans le corps et se tient à l'écoute du public et de l'ambiance. A la régie, Delphine Biard ne l'accompagne pas, car rien n'est minuté : elle lui donne la réplique ou lui lance des défis, comme dans une partie de ping-pong. Alliant avec sûreté la maîtrise du métier et l'ouverture à l'improvisation, le comédien déploie aujourd'hui son spectacle autour de l'amitié entre Montaigne et La Boétie, Michel et Etienne. Cette amitié célèbre n'aura duré que quatre ans car La Boétie est mort de la peste à 32 ans. Emilien se prend-t-il la tête dans les mains tous les matins pour créer le spectacle du jour ? Non ! Après la représentation il me confie que le thème lui est venu deux heures avant le spectacle, à table, alors qu'il assistait à une conversation douloureuse entre deux amis...Et hop !

 

En préambule, nous sommes prévenus : "c'est un "spectacle de bonne foi qui n'est pas pour rechercher la faveur du monde". Sur une scène où trône juste une chaise, Emilien danse, parle, mime, chante. Il saute, empoigne la chaise qui devient partenaire, parle à La Boétie, mêle ses réflexions à celles de Montaigne. "Je parle de moi pour parler de vous", nous dit-il. Une relation de proximité se crée entre le comédien et le public auquel il s'adresse souvent, avec spontanéité. Les mots sont ceux de Montaigne ou ceux d'Emilien, les deux pensées se joignent de manière fluide. Plein de fantaisie et donnant l'impression de virevolter d'une idée à l'autre ou d'une performance à une autre, il avance en réalité sur une trajectoire cohérente qu'il contrôle en déroulant le fil des pensées de Montaigne sur l'amitié, la vie, la vieillesse et la mort. Il y a de nombreux moments forts où les émotions surgissent en pas de danse, paroles, mime, chansons. Montaigne aimait la vie mais n'était plus "qu'à demi" depuis la mort de son ami. Tragique, le comédien crie, les mains tendues, vides, "Etienne et Michel sont en bateau ... Etienne tombe ...qu'est-ce qu'il ...?"  et Brassens lui répond "Rien n'est jamais acquis à l'homme ...". Emilien danse. Il danse  la douleur jusqu'à en tomber. Plus tard le comédien chante "Walk away" (Ben Harper), assis et plongé dans la mélancolie. La vie défile et s'échappe à toute allure. Plein de finesse, Emilien nous mime toutes les étapes de la jeunesse et c'est très drôle. Lorsque le vieillissement accable Montaigne en l'empêchant de jouir des plaisirs de la vie, il se retire dans sa bibliothèque et rédige les Essais. Le comédien scande alors d'autres étapes, celles qui mènent vers la mort. Il marche à reculons pour remonter à l'année de sa rencontre avec La Boétie, danse sur un air de jazz, résiste encore puis se résigne. "Etienne et Michel sont sur un bateau... qu'est-ce qu'il reste? Les Essais". Ovations du public.

 

Ce spectacle dynamique, bien construit, bourré de créativité et d'émotions, est un petit bijou. Emilien Gobard associe en harmonie et au même excellent niveau, la danse, le mime, la comédie, le chant. La régie réalise de véritables prouesses. L'ensemble est à la fois brillant et accessible grâce au langage simple, clairement mis en scène dans les mouvements, dans la musique et dans les lumières. J'ai ressenti une certaine nostalgie devant le caractère éphémère de ce spectacle, mais n'en devient-il pas plus précieux ? Emilien nous signale en sortant que certaines représentations, comme celle-ci, le satisfont particulièrement car elles le surprennent avec de nouvelles ouvertures. 

Que faire ensuite sinon se (re)plonger dans les Essais ? Les enfants d'âge scolaire vont adorer Montaigne, les adultes découvriront l'actualité de ses propos. Ce spectacle plein de vie, de tendresse et d'humour s'adresse à tous publics, en famille, entre amis, initiés à la littérature ou non, et ouverts aux surprises. Tous les lieux, pourvu qu'ils soient calmes, sont à même d'accueillir "Les Essais". Les représentations peuvent s'accompagner d'actions de sensibilisation et d'ateliers scolaires. Emilien Gobard projette de représenter les Essais dans les 157 villes où Montaigne a dormi lors de son voyage en Europe. 

  

Catherine Polge

 

Par Catherine Polge - Publié dans : Spectacle Tout public - Communauté : Spectacle vivant
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les spectacles du Off 2014

Découvrez tous les spectacles commentés par les correspondants de Vivantmag, et présents sur le Off 2014 d'Avignon. Certains ont été vus à leur création, en salle ou sur d'autres festivals, ou sur des précédentes éditions du Off. Grâce à un travail de veille artistique tout au long de l'année, l'Adadiff met à votre disposition son équipe de correspondants et vous permet de disposer d'un regard extérieur et indépendant pour faciliter votre choix. Commentaires ici...

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