Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Profil

  • www.vivantmag.fr
  • Site d'aide à la diffusion et à la programmation de spectacles vivants couvrant tous le grand Sud Est de la France, dédié aux programmateurs réguliers ou occasionnels, aux compagnies, mais aussi aux spectateurs.
  • Site d'aide à la diffusion et à la programmation de spectacles vivants couvrant tous le grand Sud Est de la France, dédié aux programmateurs réguliers ou occasionnels, aux compagnies, mais aussi aux spectateurs.

Bienvenue

Couv-cata2010 WebBonjour et bienvenue sur le blog de Vivantmag.
Vous y trouverez l'ensemble des commentaires de nos correspondants sur les spectacles qui ont été vus. Ce service est en ligne en accès libre depuis février 2007.
Si vous souhaitez prendre contact avec l'une des compagnies présentées, adressez nous un mail à blog@vivantmag.fr, nous vous adresserons rapidement leur coordonnées.
Découvrez sur le site www.vivantmag.fr, le catalogue des spectacles repérés... et l'ensemble des services de l'Association d'Aide à la Diffusion Interrégionale du Spectacle Vivant, l'AdAdiff.
Le Catalogue Vivant 2013/2014 des Spectacles repérés est disponible...
> Commande en ligne sur le site.

Rechercher

Mode d'emploi...

Avec plus de 1.200 spectacles commentés sur ce blog, les correspondants Vivantmag - AdAdiff, ne se posent pas en censeur du spectacle, loin de là. Nous souhaitons seulement faire partager un point de vue, forcément subjectif, sur les spectacles que nous voyons. Chaque retour de spectacle est ouvert à vos propres commentaires, et n'hésitez pas à en laisser car ils enrichissent ce travail d'échange et de partage d'informations.
Pour faciliter la lecture des spectacles, nous mettons désormais en place un picto permettant de donner notre avis général sur le spectacle. En voici le détail :
Décevant
Moyen
Pas mal...
Bien !
On adore !!! 

les spectacles du Off 2014

Découvrez tous les spectacles commentés par les correspondants de Vivantmag, et présents sur le Off 2014 d'Avignon. Certains ont été vus à leur création, en salle ou sur d'autres festivals, ou sur des précédentes éditions du Off. Grâce à un travail de veille artistique tout au long de l'année, l'Adadiff met à votre disposition son équipe de correspondants et vous permet de disposer d'un regard extérieur et indépendant pour faciliter votre choix. Commentaires ici...

5 janvier 2015 1 05 /01 /janvier /2015 19:20

La tente d'Edgar4Spectacle de la Cie Trappe à ressorts (67), vu le 28 Oct. 2014, à la Friche de Mimi, Montpellier (34), pour la Frich'Up#1.


Créé et interprété par Stéphane Amos

Regards complices : Jérôme Lang et Zabou Lux

Construction décor : Stéphane Amos et Christophe Fruh.

 

VIVANT-3-COEURS-5Genre : Magie burlesque

Durée : de 40 min à 1 heure

Public : Tous à partir de 6 ans

 Spectacle joué en rue, en salle ou sous chapiteau

 Re-création 2011 

 

Beaucoup de monde, enfants et adultes, se presse ce soir-là sur des gradins à La Friche de Mimi, pour ce drôle de spectacle. Qu'est-ce qui avance sur scène ? Une énorme tortue ? Un igloo en feuilles mortes ? Non, c'est une grosse tente arrondie, projetant des yeux lumineux et sonnant comme une trompette. C'est intrigant. Stéphane Amos soulève un auvent qui laisse deviner l'intérieur où il va s'installer au milieu de câbles, manettes, leviers et bizarreries mécaniques qui s'entremêlent de manière fantasque. En costume noir et casque d'aviateur, l'artiste nous déclare : "Si vous écoutez bien, vous verrez mieux !"... et pendant une heure, posté à la fenêtre de sa tente, il nous mystifie sur un rythme d'enfer, tout en discourant avec un humour décoiffant. Toujours avec l'air de ne pas y toucher, il fait apparaître, disparaître, multiplie ou enflamme toutes sortes d'objets. Il est conseillé de ne rien laisser traîner à sa portée ! Et sous prétexte de nous expliquer ses "trucs", Stéphane rajoute des couches de magie ! Succès dans la salle où le public, très attentif, pour ne pas dire "scotché", rit beaucoup.


J'ai été emballée par le monde très original créé par cet artiste fascinant, magicien très doué et passionné de mécanique. Si j'ai reconnu quelques tours de magie classiques, tels ceux de la corde, ou des gobelets, c'est sous une forme complètement revivifiée et théâtralisée. Jouant un personnage loufoque, S.Ramos jongle brillamment avec l'humour, la fausse naïveté, les parodies, les double-sens et les jeux de mots. Par sa gestuelle et ses mimiques étonnantes il apparaît totalement immergé dans ses manipulations, impliquant ainsi fortement le public qui l'accompagne de surprise en surprise. Quant à l'ambiance "mystico-mécanique" de la tente, elle crée un monde fantastique où les tours de magie s'intègrent très naturellement. A la fin du spectacle, un coup d'oeil à l'intérieur de la tente m'a révélé un aménagement à la Jules Verne mâtiné de Tryphon Tournesol. C'est à elle seule un petit chef d'oeuvre.


Maniant à la fois le rêve, l'illusion, l'humour, la bonhommie et le mystère, cet étonnant spectacle s'adresse autant aux enfants qu'aux adultes et peut émerveiller tous publics. On en sort avec le sourire aux lèvres.

Ce spectacle est techniquement autonome, de nuit comme de jour.

 

Catherine Polge

(Photo: Thomas Doco)

Partager cet article

Published by Catherine Polge - dans Spectacle Tout public
commenter cet article
5 janvier 2015 1 05 /01 /janvier /2015 19:08

la vie rêvéeSpectacle de la compagnie Pepi Morena (34), vu le 20/11/2014 au Carré Rondelet de Montpellier (34).


De et avec: Sylvie Bousquet

Mise en scène: Luca Franceschi.


VIVANT-3-COEURS-5Genre : Clown théâtre

Public : Tout public

Durée : 1h15

 

Pepi est une femme « comme il faut », quadragénaire au style démodé, prof. d’anglais, à la fois distraite et cadrée. Voilà comment Sylvie Bousquet annonce le personnage de Pepi à laquelle on peut ajouter quelques traits de caractère marquants comme extravagante, sensuelle, hyperémotive, dispersée voire carrément maniaco-dépressive. Le décor est minimaliste : un paravent cachant l'entrée de son appartement, un pan de mur avec un portrait de Clark Gable, une table et une chaise où Pepi fait ses corrections.

 

Pepi rentre chez elle le soir, après avoir ouvert et refermé toute une série de verrous et consulté le répondeur - « vous n'avez aucun message » -, elle retrouve son univers kitsch, accompagnée d'une chanson improbable chantée par Jeanne Moreau, « La fourmi ». Après avoir délaissé la correction des copies de l'interrogation d'anglais, déjà contrariée par un dossier récalcitrant, elle danse un tango passionné avec... son balai : un amour impossible bien que réellement sensuel. De retour à ses copies et dans ses rêveries clownesques, elle ne prend pas garde au coup de téléphone et, quand c'est le répondeur qui décroche, c'est Paul qui parle. Paul, ce collègue si séduisant qu'elle n'a jamais osé aborder, dont elle est secrètement amoureuse, et qui l'invite chez lui. Là c'est la vie rêvée, le rêve de sa vie, tellement angoissant ; que va-t-elle faire ? Comment s'habiller ? Que lui dire ? Tous ses fantasmes viennent alors en cascade si bien que le temps passe et que l'heure tourne, et Paul qui rappelle : « J'ai attendu, vous n'êtes pas venue... » et là c'est le drame. Une solution : le kit thérapie, une chanson, une danse avec un spectateur et le bonheur revient. Le dernier tableau est encore un rêve mais encore plus échevelé et sensuel.

 

Tout cet univers burlesque et poétique emmène le spectateur dans une vision humoristique d'un certain travers qui nous guette tous : comment passer à côté du cours de sa vie juste par distraction, par rêverie. Sylvie Bousquet possède bien tous les atouts de la comédie clownesque pour nous émouvoir et nous faire rire avec son personnage si attachant.

 

Daniourk

(photo: http://www.pepimorena.com/une_vie_revee.html )

Partager cet article

30 décembre 2014 2 30 /12 /décembre /2014 16:00

The king of the kingdomSpectacle de la compagnie "Bruitquicourt" (34), vu le 7 novembre 2014, au théâtre de la Vista, à Montpellier (34) en séance scolaire.

 

Avec : Estelle Sabatier, Luc Miglietta, Olivier Merlet.

 

VIVANT-1-toile-2Genre : Spectacle tragico-burlesque

Public : Tout public à partir de 12 ans

Durée : 1h

Création 2014

 

Une création de la compagnie "Bruitquicourt" est un moment dont on attend beaucoup tant la compagnie a habitué son public à du haut niveau… Après "Shakespeare en 30 minutes" et sachant le grand intérêt que Luc Miglietta porte au célèbre auteur anglais, je pensais être confrontée à un travail plus orienté vers les textes… Mais il s’agit finalement d’une réflexion personnelle sur le pouvoir et ses dérives sous le prisme du clown.


Deux personnages font leur entrée sur un plateau occupé par un trône, sur lequel le roi prend place, et un piano… Le démarrage est très (trop ?) long. Estelle fait le tour du public, surveillant le comportement des spectateurs/sujets de sa Majesté, avant d’installer bien inconfortablement le musicien sur une chaise trop petite pour lui, le mettant en position d’infériorité et en difficulté pour atteindre le clavier.

Le roi est affublé des attributs/symboles de sa charge, trône, couronne, sceptre et grand manteau, qui finalement ne font que cacher le fait qu’il n’est rien de plus qu’un personnage dérisoire, que le hasard (la dictature peut-être ?) ont placé là. Il exerce son emprise sur un pauvre musicien tétanisé et un chambellan servile, qui finira par le trahir… Même s’il laisse parfois croire qu’il est prêt à partager le pouvoir, il s’y accroche en réalité jusqu’à la mort.


La thématique est intéressante, les personnages bien campés, le jeu et les mimiques de Luc et Estelle toujours très expressifs. Mais il m’a semblé assister à une "première sortie de chantier", comportant beaucoup de longueurs, à un travail inachevé qu’il est nécessaire d’agrémenter avant de le présenter au public. Luc lui-même, pour répondre à une question d’un jeune spectateur, a précisé que la compagnie avait travaillé le spectacle pendant une quinzaine de jours, de surcroît avec un musicien dont c’est la première collaboration avec la compagnie…

Deux autres correspondants de l’Adadiff/VM ont assisté à des représentations différentes du spectacle, et nous avons croisé nos points de vue, qui aboutissent aux mêmes conclusions. Même si nous avons compris qu’il s’agit d’un spectacle qui fait la part belle à l’improvisation et à une interactivité, pas forcément au rendez-vous, qui rendent certes chaque séance unique, il nous est apparu que la trame manquait toutefois d’épaisseur.

Nous attendrons donc que le travail de création soit plus avancé, avant d’assister à une nouvelle représentation et de nous forger un avis plus éclairé.

 

Cathy de Toledo

Partager cet article

Published by Cathy de Toledo - dans Spectacle Tout public
commenter cet article
21 décembre 2014 7 21 /12 /décembre /2014 10:06

Bigflo-et-Oli1

Spectacle de Bigflo & Oli, vu le 27 novembre 2014, dans le cadre du festival "Les Nuits du Chat" (34), à l'Opéra Comédie salle Molière.

vivant-3-toiles-4

Genre : Concert rap

Public : à partir de 15 ans

Durée : 1h40

 

Le festival "Les Nuits du Chat" est vraiment atypique, d'abord par le lieu, une salle baroque avec ses miroirs gigantesques dans lesquels se reflètent les enluminures et les décors peints du XIXème siècle. Une salle aux accents romantiques qui doit rarement accueillir de la musique si moderne.

On est reçu dans le hall d'entrée par l'association "La décontraction à la française" qui propose des massages aux contacts très décontractants de la méthode Tchouk, une bonne manière de débuter une soirée pleine d'énergie.

La première partie est assurée par le trio "Volin" : percussionniste, clavier échantillonneur, guitare et chant. Derrière une voix, qui rappelle celle d'Adamo, une musique mi-électro mi-psychédélique compose des balades qui vous entrainent dans une semi-torpeur.

Un interlude plus énergique assuré par "Les Pénibles" nous a réveillés avec des chansons humoristiques complètement improvisées par les trois Michel au ukulélé, ukulélé basse et batterie modeste. Très heureux d'avoir eux-mêmes leur première partie (le leader étant aussi l'organisateur), ils nous ont offert le moment d'humour qui manque parfois dans les concerts.

Vient ensuite la formation attendue par un public très jeune. L'intro techno est assurée par les deux musiciens : le DJ et l'improbable violoncelliste (aussi à la guitare), qui annonce un rap des plus originaux, cet instrument, très en rapport avec le lieu, peut s'avérer bien sûr très moderne dès qu'on y ajoute les effets électroniques adéquats.

Les deux rappeurs d'à peine quarante ans (à eux deux), sont vraiment munis de tous les atouts nécessaires au public averti. "Le premier clip du E.P de Bigflo & Oli a fait son effet avec plus de 100 000 vues par jours depuis sa sortie, il a été relayé par énormément de médias, Kombini, les Inrocks, Huggfinton Post, le Before du Grand Journal sur Canal +...Cet E.P est sorti le 21 avril chez Polydor, ils ont joué à Chorus, Printemps de Bourges, La Boule Noire, Les Francofolies de La Rochelle..." (www.live-boutique.com)

Leur jeunesse leur permet une écriture originale, loin de tous les clichés habituels. Le ton et le débit de parole sont tout à fait dans la mouvance mais les sujets sont souvent hors normes. En tous cas, le public de fans connaît les morceaux et reprend tous les refrains dans une ambiance surchauffée.

Ce groupe de rap est à conseiller à tous les réfractaires au genre pour s'initier à une musique, non pas réservée aux jeunes, mais qui devrait rassembler toutes les générations.

Daniourk

Partager cet article

Published by Daniourk - dans Concert
commenter cet article
21 décembre 2014 7 21 /12 /décembre /2014 09:50

Psycho'Mat12Spectacle de Bouzid le Fantaisiste, vu le 11 décembre 2014, au Carré Rondelet (34) dans le cadre du Festival Méditerranéen.

VIVANT-3-COEURS-5Genre : Monologue fantaisiste

Public : Tout public

Durée : 1h10

 

D'entrée de jeu le Fantaisiste annonce la couleur: l'ambiance sera cabaret, en costume clinquant, cape rouge et chanson à l'américaine. "Qu'est-ce qui pousse un homme à monter sur scène ? Une façon d'exorciser les déboires de sa vie sentimentale et professionnelle."

Ses premiers pas l'emmènent donc à l'agence matrimoniale qu'il compare à une agence d'intérim: "mais attention, les articles ne sont ni repris ni échangés"... A force d'essais très peu concluants: "il arrive au bout du rouleau, heureusement qu'il n'est pas peintre en bâtiment."

Et là le véritable ton du spectacle est donné : tout est finesse de langage, jeux de mots et sous-entendus. La verve de Bouzid porte un récit ciselé dans les moindres détails.

"La caissière de la supérette ne peut pas l'encaisser, ne propose pas la carte de fidélité"... Chez le coiffeur c'est une succession de poils dans la main et de cheveux sur la langue.

Vient en interlude une reprise improbable d'une chanson de Sacha Distel, et toute la pluie tombe sur lui.

Et c'est un récit à propos d'un arbitre de football, qui est aussi gardien de la paix, qui accélère encore le rythme des jeux de mots, jusqu'au carton rouge: "le stade tu l'aimes ou tu le quittes"... annonçant un volet politique assumé à base de "trouble de l'élection"... "le notaire il est pas clair"... "le rat ne partage rien, quelle peste"... "le ciel est voilé l'islam est à nos portes"...

Bouzid le Fantaisiste, dans son spectacle, fait renaître un genre d'humour qui donne à réfléchir, à se cultiver pour en apprécier tous les contours, et les références remontent à une époque où le verbe était de haute volée. On ne craint pas de comparer Bouzid à un de Groot ou même à son maître Devos. Un spectacle excellent, intime et rentre-dedans, dont on ressort avec un sourire bien accroché .

 

Daniourk

Partager cet article

14 décembre 2014 7 14 /12 /décembre /2014 22:22

hirisinn-copie-1Spectacle de la compagnie "Le P’tit Cirk", vu au Théâtre Sylvia Montfort, à Paris, le 9 janvier 2014.


De et avec : Danielle Le Pierrès, Christophe Lelarge, Pablo Escobar, Damien Droin

Musiciens: Philippe Ollivier, Yannick « Jeanno » Jory.


VIVANT-3-COEURS-5Genre : Cirque

 Public: à partir de 8 ans

Durée : 1h10

 

Comment l’envie vient aux enfants ? Par extension, pourquoi un enfant devient-il circassien comme papa et maman ? C’est donc tout naturellement que cette question de transmission va être réglée sur scène et plus ou moins en famille.

 A l’origine, le spectacle "Hirisinn" de la compagnie le P’tit Cirk devait être interprété par au moins un "fils de" (Louison Lelarge). Blessé en répétition, il est remplacé par un jeune comparse. Qu’importe ! La pertinence du propos - porté par un couple de quinquas, deux jeunes et deux musiciens - trouve dans l’art du cirque et ses exigences une splendide métaphore.


Le spectacle s’ouvre sur un tour de piste. En tête papa et maman suivis de leurs deux rejetons. Oui mais voilà, le temps a passé et les petits - devenus grands - passent devant.

Madame (Danielle Le Pierrès) semble se résoudre à l’injure du temps. Apaisée et épanouie, elle continue à prendre soin de sa tribu, distribue le talc, surveille les jeux, ramasse les pots cassés. Il lui arrive encore de titiller le trapèze mais comme on le ferait d’une balançoire, qui la transporterait dans un glorieux passé. Ses enfants lui donnent et lui redonnent l’élan. Elle leur en sait gré d’un regard bienveillant.

Il n’en va pas de même pour le père (Christophe Lelarge). Le ci-devant Zampano n’a de cesse de mettre ses enfants à l’épreuve de l’équilibre. Tel un dompteur, il propose à ses jeunes lions de traverser en acrobaties une judicieuse structure d’anneaux conçue par Guillaume Roudot. Perdu ! Qu’à cela ne tienne. Qui sera le plus fort à attraper par la bouche, en position d’aguets, le plat du trapèze qui oscille comme un pendule ? Pour ne pas perdre la face, il triche. Pas de chance, nos deux musiciens (Philippe Ollivier et Yannick « Jeanno » Jory), perchés sur les plates-formes non moins astucieuses de Guillaume Roudot, accompagnent et arbitrent le jeu. Couacs assurés quand Zampano est découvert.

De toute façon, les deux jeunes gens (Pablo Escobar et Damien Droin) le lui rendent bien. Dès qu’il a le dos tourné - aussi bien que la mère, du reste - ils n’en font qu’à leur tête, se mesurant tantôt l’un à l’autre, expérimentant tour à tour par eux-mêmes les possibilités acrobatiques offertes par leur environnement. Car tout est prétexte à jeux, aussi bien le plancher souple et rebondissant du plateau, que la structure métallique du chapiteau, jusqu’à la bassine à talc.

Mais à l’instar du cirque traditionnel et de sa succession de numéros, le jeu en solo trouve vite sa limite. Ce n’est que dans la solidarité de la troupe que le talent s’épanouit. C’est ainsi que la petite famille se reconstitue pour un numéro aérien d’autant plus époustouflant que la petite taille du chapiteau permet au spectateur d’appréhender ce qu’il faut de confiance absolue en l’autre, de don de soi, de rigueur et de plaisir pour réussir une telle prouesse. Après une ascension aussi burlesque que laborieuse, le père relègue la figure de Zampano aux oubliettes. Il en quitte le manteau, l’accroche à un cintre insolite pour mieux révéler que maturité rime avec expérience. L’ancien des Arts sauts donne alors toute sa mesure.

Les enfants sont donc devenus circassiens. Chacun a retrouvé sa place. Devant, forts de leur maturité, les parents ; derrière, les jeunes, dotés d’une souplesse et d’une puissance félines. Ils forment un tout complémentaire, une troupe. Ensemble, ils descendent le trapèze comme s’ils démontaient symboliquement le chapiteau et s’en vont, les jeunes devant, avec l’agrès, suivant le fil de leur propre chemin.

 

C’est un spectacle superbe : drôle, tendu, musical, frissonnant. De cet engagement authentique ressort une belle leçon de vie, d’humanité et de cirque.

 

Catherine Wolff

(photo: Alexandre Kozel)

Partager cet article

Published by Catherine Wolff - dans Spectacle Tout public
commenter cet article
9 décembre 2014 2 09 /12 /décembre /2014 10:39

Armelle-ita-illustration-c-Nicolas-Felician-et-Woozmoon-recSpectacle vu le 8 novembre 2014, à l'Akwaba (84).

 

Avec : Armelle Ita (chant, clarinette), Mélody Debono (piano, choeur), Nicolas Paradis (percussions, choeur).


VIVANT-3-COEURS-5Genre : Concert 

Durée : 60 min

Jauge : 200-300 personnes

      

Je suis tombé sous le charme de ce trio attachant au détour d’une soirée festive de l’été, et je souhaitais voir ce que donnait cette pop dansante et pétillante dans un endroit plus spécifique. J’ai ainsi pu les découvrir à l’Akwaba, salle de concert (mais pas que…) de la région d’Avignon.


Le groupe faisait la 1ère partie de Susheela Raman et a proposé un set qui a su imposer son univers envoûtant en quelques minutes et qui en a conquis plus d’un. Le groupe c’est Armelle au chant, au saxo et au violoncelle, dont la grâce et le sourire vous touchent au plus profond, mais c’est aussi Mélo (voix/piano) et Nico (voix/percu) qui nous apportent un groove léger mais assuré pour porter l’ensemble. En optant pour une callebasse au lieu d’une grosse caisse traditionnelle, Nico offre à voir le rythme à travers une gestuelle élégante, tandis que Mélo complète de sa voix des arrangements musicalement ambitieux, tout en restant simples et efficaces. C’est sans complaisance, ça joue, ça vit, ça cherche, effleurant des univers à la Camille ou parcourant des rythmiques à la Zap Mama, pour vous faire une idée.


Quand à Armelle, elle sait occuper l’espace et joue de son charme sans en abuser. Les paroles de ses chansons pourraient paraître un peu cul-cul : « je veux la paix des cœurs », « … rêve pour un monde plus beau » ou « elle veut tout repeindre en couleurs ». Certains morceaux ne sont d’ailleurs qu’une succession de sons sensuels et sincères. Mais ne vous y trompez pas, c’est riche, varié et sans complaisance. C’est la sincérité de la jeunesse, et Armelle Ita sait nous faire partager ses états d’âme, ses hématomes et sa joie de vivre à travers des chansons ciselées, rafraîchissantes et rythmées, qu’elle nous offre avec une grande générosité.


Profitez de l’inviter chez vous avant qu’elle ne soit inaccessible !

 

Eric Jalabert

Partager cet article

Published by eric jalabert - dans Concert
commenter cet article
9 décembre 2014 2 09 /12 /décembre /2014 09:45

 

Spectacle de la compagnie du Praticable (30), vu le 16 novembre 2014, au foyer d’Aubussargues (30).

 

De et par : Olivier Costa.


vivant-3-toiles-4Genre : Théâtre musical

Public : Tout public à partir de 14 ans

Durée : 75 min

Jauge : 200-300 personnes

 

  

chant-d-horreur-image.jpgDans le foyer de la petite salle communale d’Aubussargues, entièrement équipée pour l’occasion par la compagnie du Praticable qui porte bien son nom, je venais découvrir cette nouvelle création, commémoration oblige. C’était la 2ème représentation de cette toute jeune création, qui va ensuite être jouée dans plusieurs collèges de la région. Le public était au rendez-vous et la salle archi comble !

Les trois comédiens/musiciens nous accueillent en musique dans une ambiance début de siècle et sous des flonflons bleu blanc rouge avec, sur scène, une estrade gradinée qui sera le décor modulable pour les différents tableaux.

Nous sommes le 2 août 1914, et c’est un grand évènement car c’est le baptême du petit Henri !

Malheureusement, c’est aussi le jour de la mobilisation générale.mourir-au-chant-d'horreur-visu2

Aussi, les trois copains musiciens s’embarquent chacun avec leurs idées reçues et nous les suivons dans leur périple vers l’enfer, ponctué de chansons d’époque relatant bien ce voyage, du chant d’honneur… au champ d’horreur.

 

On se laisse très vite embarquer dans les petites histoires de cette grande Histoire et de ces trois amis, figurant chacun les différents états d’esprit présents à l’époque : Emile le belliqueux, prêt à prendre sa revanche sur le boche, Jean le coco pacifiste, et Le Rémi, le cynique désabusé, qui se fout de tout… Sans gros moyens techniques et sans tomber dans l’anecdote, ils nous trimballent dans le train, dans la caserne, à Verdun, dans les tranchées, avec une facilité et un sens de la narration aigus. On est simplement avec eux. L’idée de reprendre des chansons d’époque pour ponctuer et illustrer cette tranche de vie particulièrement sanglante offre un double avantage.

Cela permet d’aborder de très nombreux sujets sur cette période historique (les à priori du départ, les désillusions, les états d’âme de tous, les tranchées infestées de poux, les fusillés pour l’exemple et le « patriotisme » des industriels et du grand capital…) offrant ainsi un regard historique et critique sur cette guerre. Joli travail de recherche !

Mais la forme même de la « chanson » amène de la vie dans cette histoire de mort. Elle permet justement de garder un équilibre très habile entre émotions et légèreté. On ne tombe pas dans le pathos, et les musiciens sur scène prennent tantôt l’accordéon, tantôt la clarinette ou le tambourin et chantent avec naturel et sans rupture de jeu, jouant de la palette des sentiments avec justesse. Beaucoup des chansons m’étaient inconnues, mais à l’image de « La Madelon » ou de « La chanson de Craonne », elles offrent un large éventail d’émotions contrastées.

 

Ce spectacle est une belle composition théâtrale et musicale, proposant un regard aiguisé sur notre Histoire multifacette et complexe. Mais sans moralisation à bon compte et sans jamais donner de leçon.

Cela permet de nous interroger sur ces hérésies qui poussent des gens qui se connaissent mais se détestent, à envoyer se faire tuer des gens qui ne se connaissent pas et ne se détestent pas.

A faire circuler largement, en scolaire mais aussi en tout public dans nos théâtres.

 

Eric Jalabert 

Partager cet article

Published by Eric Jalabert - dans Spectacle Tout public
commenter cet article
2 décembre 2014 2 02 /12 /décembre /2014 10:01

event_PAROLES-DE-PREVERT-ENTRE-VOUS-ET-MOI-large-9827.pngSpectacle de la compagnie "L’Aventurine" (34), vu le 7 novembre 2014, au théâtre Jacques Cœur de Lattes.

 

Mise en scène et interprétation : Anne Marlange.


VIVANT2-toiles-3Genre : Poésie théâtralisée

Durée : 1h10

Public : A partir de 10 ans

 

"Paroles de Prévert, entre vous et moi" met en scène la poésie de Jacques Prévert. Anne Marlange s’approprie cet univers qu’elle fait partager au spectateur en y apportant sa sensibilité. Son interprétation s’éloigne des traditionnelles déclamations et chaque poème, présenté de manière vivante,  se succède avec une transition naturelle.

 

L’actrice, seule sur scène, fait vivre tous les personnages des poèmes, les enfants, les adultes, les hommes et les animaux. J’ai apprécié la diction et le naturel de l’artiste qui adapte sa voix en fonction des personnages. Le décor est assez simple mais le jeu et la gestuelle de la comédienne stimulent l’imagination du spectateur et donnent du relief aux différents tableaux. L’artiste très élégante dans ses mouvements s’imprègne des personnages et des ambiances et rythme parfaitement la pièce.  A la manière des conteurs, l’actrice crée des images dans la tête du spectateur. Le choix des poèmes reprend des thématiques contrastées qui évoquent tour à tour l’enfance, la nature, l’art et la cruauté. Les sujets parfois graves n’orientent pas le spectacle dans un versant dramatique. Parmi ces poèmes, sont mises en scène l’histoire surréaliste de la famille d'un pêcheur qui attrape une baleine, l’histoire d’un homme qui a faim, celle d’un élève qui s’ennuie à l’école.

 

Par ailleurs, l’accompagnement musical à la clarinette d’Emmanuel Pierre donne une tonalité parfois légère, mais souvent mélancolique. Les chansons fredonnées nous transportent dans une ambiance au charme désuet et touchant. J’ai ressenti de la nostalgie en écoutant ces poèmes qui ont bercé mon enfance et, en même temps, redécouvert certains poèmes dont le sens m’avait parfois échappé.

 

Si on ne s’ennuie pas une seule seconde, il me semble que l’artiste garde une certaine réserve (probablement due à son élégance) dans son interprétation et pourrait marquer d’avantage le contraste lorsque les poèmes sont tristes ou enjoués. De la même manière le son de la clarinette apporte une note un peu nostalgique et atténue la fraicheur de certains poèmes.

 

Richard Gineste

Partager cet article

Published by Richard Gineste - dans Spectacle Tout public
commenter cet article
1 décembre 2014 1 01 /12 /décembre /2014 13:00

Le Magic Sporting Club2Spectacle de la compagnie "Kerozen et Gazoline" (34), vu le 4 Oct. 2014, 18h, dans le cadre de "La Fête à Michel", St Jean de Vedas (34).


Création : Kerozen et Gazoline

Distribution : Stéphane Fiévet, Nicolas Jankowski, Guillaume Panis, Vincent Roques.


VIVANT2-toiles-3Genre : Spectacle de rue burlesque

Durée : 40 min.

Tout public

Création 2014  

 

Pour la troisième représentation de l’après-midi de "la Fête à Michel", voici une création de Kerozen et Gazoline. Quatre énergumènes acrobates ou jongleurs, perchés sur échasses ou monocycles, ou évoluant plus sagement au sol, se livrent à un feu d’artifice ininterrompu d’exploits acrobatiques dans une parodie burlesque et spectaculaire des spectacles sportifs.

 

Tout le cérémonial est là, mais complètement décalé : les sponsors sont inconnus, les sportifs évoluent en jogging, les sports sont extravagants ! Comme au stade, il y a du suspense, des surprises, des disputes acharnées, et même un podium, mais d'un beau comique. Le rythme très rapide donne une bonne cohésion à ce spectacle aux performances diversifiées : exploits spectaculaires (aux échasses), jonglages humoristiques, courses et jeu burlesque.

 

Original, plein d'humour et d'autodérision, avec d'excellents moments sportifs, ce spectacle de rue plaira à tous publics, amateurs d'acrobaties et de burlesque.

 

Catherine Polge

Partager cet article

Published by Catherine Polge - dans Spectacle Tout public
commenter cet article

Articles Récents

Pages