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Couv-cata2010 WebBonjour et bienvenue sur le blog de Vivantmag.
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Avec plus de 1.200 spectacles commentés sur ce blog, les correspondants Vivantmag - AdAdiff, ne se posent pas en censeur du spectacle, loin de là. Nous souhaitons seulement faire partager un point de vue, forcément subjectif, sur les spectacles que nous voyons. Chaque retour de spectacle est ouvert à vos propres commentaires, et n'hésitez pas à en laisser car ils enrichissent ce travail d'échange et de partage d'informations.
Pour faciliter la lecture des spectacles, nous mettons désormais en place un picto permettant de donner notre avis général sur le spectacle. En voici le détail :
Décevant
Moyen
Pas mal...
Bien !
On adore !!! 

les spectacles du Off 2014

Découvrez tous les spectacles commentés par les correspondants de Vivantmag, et présents sur le Off 2014 d'Avignon. Certains ont été vus à leur création, en salle ou sur d'autres festivals, ou sur des précédentes éditions du Off. Grâce à un travail de veille artistique tout au long de l'année, l'Adadiff met à votre disposition son équipe de correspondants et vous permet de disposer d'un regard extérieur et indépendant pour faciliter votre choix. Commentaires ici...

23 juillet 2017 7 23 /07 /juillet /2017 19:03
Qu'on rouvre les fenêtres !

 

©Lauren Muyumba

 

Spectacle de la Compagnie Anda Jaleo (69), vu le 17 juillet 2017, Festival Avignon OFF, Théâtre Alizé.

Ecriture, mise en scène et jeu : Solène Angeloni, Jean Lacroix, Mathilde Ménager

Musique : Solène Angeloni et François Robert
C
horégraphies : Mathilde Ménager 


Genre : Théâtre, Danse
Public : Tout public
Durée : 1h

"Qu’on rouvre les fenêtres !" est un retour aux racines, une invitation à mieux connaître son histoire, non pas pour s’enfermer mais davantage s’ouvrir au monde. Les trois jeunes comédiens, à la fois auteurs et metteurs en scène, investissent avec brio et ferveur leurs personnages. Ils sont Français. Leurs ancêtres sont Espagnols. Et leur passé familial reste une énigme.

Cette création, écrite à partir de témoignages de descendants d'immigrés, rend compte avec finesse d’un sujet brûlant d’actualité : l’identité. Les trois personnages entendent bien briser ce tabou, non pas pour parler d’intégration ou d’assimilation mais plutôt de transmission. Ils ont simplement "besoin de recoller les morceaux", ceux de l’Histoire et de leur propre histoire, souvent imbriqués. Un thème sensible où se mélange les sentiments de fierté, d’euphorie ou de rage.
Evoluant entre excitation, ressentiments et questionnements, ces jeunes refusent de laisser parler la petite voix qui dirait "quelle importance ?", que l’on entend en boucle en voix off dès le début du spectacle. Ils croient en la nécessité de "savoir d’où l’on vient". Alors ils cherchent, s’interrogent, se souviennent et nous racontent des bribes de ce qu’on leur a à eux-mêmes raconté. Mais ils devront faire face à un constat amer : "je ne sais pas d’où je viens". Au-delà des histoires individuelles, la pièce souligne la portée universelle de la transmission intergénérationnelle et son importance dans "un monde qui a perdu sa mémoire".     

Le spectacle commence avec intensité : lumière tamisée, piétinement des comédiens, gestes répétitifs, voix off tournant en boucle "je ne sais pas quoi raconter"… En fouillant dans le passé, le trio évoque notamment la période franquiste. Leur obstination touchante les pousse à faire jaillir des fardeaux parfois lourds à porter, des blessures inconscientes, refoulées génération après génération et pourtant bien réelles. Mais les larmes ne prennent pas le dessus. La parole se libère et laisse place à l’enthousiasme. Les personnages ont soif de connaissance, leurs anecdotes fusent, leurs souvenirs remontent et parfois les submergent.
Dans cette quête identitaire, ils semblent être partis à la recherche d’un trésor. Ils ouvrent d’ailleurs une malle, telle un coffre-fort, pour en ressortir des objets rattachés à des souvenirs : une poupée de flamenco, une poêle, un bateau miniature… Cet attachement matérialiste suscite une joie immense qui pourrait être risible. Mais ces objets ont une histoire et une valeur sentimentale auxquelles ils peuvent se raccrocher. Ce besoin d’appartenance et cette nécessité d’avoir "quelque chose à raconter" ne semblent pas les quitter une seconde, hormis lorsqu’ils dansent durant les transitions musicales et les intervalles de silence.
   

Le spectacle n’a rien de plombant. Au contraire, on ressent le bol d’air frais qu’évoque le titre "Qu’on rouvre les fenêtres !". Dépoussiérer le passé, aérer l’atmosphère, s’éclaircir la mémoire et faire entrer la lumière pour mieux avancer. Un joli méli-mélo de danse, de théâtre, de chant et de musiques sélectionnées ou composées avec soin. Les anecdotes racontées par les trois personnages sont entrecoupées de séquences poétiques, travaillées et esthétiques (malgré quelques longueurs) : gestuelle ample et répétitive des mouvements de danse ; balancement de bras qui s’ouvrent au rythme d’une respiration cadencée ; beauté d’un lancer de photos qui recouvrent tout le plateau ; sable sur le sol balayé avec les mains qui évoque ce retour aux racines ; chant d’une des comédiennes qui nous envoûte...
Le public est conquis et applaudit chaleureusement les comédiens. Quant au lieu, les sièges sont confortables, la scène est grande et assez large pour accueillir tous les papiers lancés en l’air sur lesquels ont été imprimées les photos (une quantité impressionnante !).

Lauren Muyumba

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23 juillet 2017 7 23 /07 /juillet /2017 18:49
Dare d'Art, une histoire de l’art pour les petits et pour les grands
Site compagnie Paradis Eprouvette

Site compagnie Paradis Eprouvette

Spectacle de la Cie Paradis Eprouvette (31), vu le 17 juillet 2017, AVIGNON OFF 2017, théâtre Archipel à 10h05 tous les jours.

Création musicale et interprétation : Cyrille Marche
Mise en scène et interprétation : Marc Fauroux

Genre : Spectacle musical
Public : Tout public à  partir de 7 ans
Durée : 55 min

Dans un musée livré à la quiétude de la nuit, voilà qu’on entend des voix, qui émanent de deux portraits d’individus qui, se sentant à l’étroit dans leur cadre, décident de s’en  échapper, et partent explorer leur environnement…

C’est le prétexte à une visite commentée à travers le temps et l’histoire de l’art, depuis l’art égyptien des bas-reliefs et les personnages représentés de profil et les yeux de face. Guidés par nos deux "portraits" ambulants, en frac à grosses rayures et haut-de-forme, nous traversons les époques et les courants artistiques, nous arrêtant parfois pour étudier de près une œuvre particulière.
C’est ainsi que nous découvrons "à la loupe" les détails d’un tableau, que nous est expliqué minutieusement l’Homme de Vitruve de Léonard de Vinci, célèbre dessin définissant les proportions idéales du corps humain, que nous assistons à une conversation délirante entre les protagonistes d’un tableau dadaïste, d’où nos guides tirent l’inspiration pour un nouveau costume en "peau de zèbre" !
Avec eux, nous nous posons bien des questions. A propos des techniques utilisées par certains peintres, un Dali, un Van Gogh, ou un Arcimboldo et ses portraits en fruits, fleurs et légumes. Aurions-nous aimé être ainsi portraiturés ? Ou sur les représentations du corps humain, l’utilisation de la lumière chez les peintres flamands. Nous apprenons comment l’impressionnisme s’est développé, grâce à l’apparition des peintures en tube faciles à transporter…

Vous l’aurez compris, c’est intelligent et instructif, mais très ludique à la fois, grâce à la vidéo bien évidemment largement utilisée, mais aussi à différents matériels et dispositifs employés par les comédiens. Qui en outre agrémentent leurs propos de chansons originales accompagnées en direct à la contrebasse. Un tel spectacle est évidemment à haute visée pédagogique et représente un support de qualité pour tout travail autour des musées quels qu’ils soient, de l’Art en général, ou sur des thématiques plus ciblées, comme l’évolution de l’esthétique féminine au fil du temps, ou bien d’autres.

Ce spectacle bluffant a sans nul doute nécessité un gros travail de préparation technique en amont. Bien que dynamique et d’une relative interactivité, il peut cependant sembler un peu long pour le jeune public qui doit nécessairement être accompagné, en scolaire ou en famille.

Cathy de Toledo

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23 juillet 2017 7 23 /07 /juillet /2017 18:18
Groméo et Fluette
Site compagnie Danglefou

Site compagnie Danglefou

Spectacle de la Cie Les Danglefou (17), vu le 18 juillet 2017, AVIGNON OFF 2017, Collège de la Salle, 11h05 et 17h05, tous les jours sauf le lundi.

Interprétation : Kham-Lhane Phu

Genre : Théâtre ciné marionnettique
Public : Tout public à partir de 3 ans

Durée : 45 min

Mademoiselle Rose décide de se lancer dans l’écriture… Après bien des hésitations, elle choisit d’écrire une histoire sentimentale, mais avec quelques complications. Sinon, ce n’est pas amusant. Si les héros s’embrassent dès la première rencontre, il n’y a plus rien à raconter !

Elle s’installe à son petit bureau avec papier et crayons et se lance…
Elle imagine avec application ses héros, Groméo et Fluette, dont l’amour est contrarié par la mésentente entre leurs familles, et toute la galerie de personnages qui gravitent autour d’eux, parents, cousins, amis, etc. Tout ce petit monde prend vie sur l’écran installé en fond de scène. Bizarre, cette histoire d’amours contrariées n’est pas sans rappeler une autre histoire tragique entre deux amoureux aux prénoms un peu ressemblants… 

Les marionnettes sont vraiment rigolotes et ressemblent aux personnages en pâte à modeler de certains films d’animation. Elles sont habilement mises en situation dans de jolis décors et filmées… Et croyez-moi, elles vivent de nombreuses péripéties tant cette histoire a été compliquée à souhait par Melle Rose !
Mais elles peuvent aussi s’échapper de leur film et venir exprimer directement devant nous leur point de vue de la même manière que Melle Rose peut courir dans le film à la poursuite de ses personnages !!

Le spectacle mêle très habilement clown, vidéo, marionnettes et musique. Il est en effet accompagné tout du long de morceaux de "grande" musique classique (dont Bizet, Prokofiev, Stravinsky, Albinoni) parfois agrémentés, ou arrangés (mémorable concert rock !).

Techniquement maîtrisé, "Groméo et Fluette" séduit par la magie de ses petits personnages attachants, colorés et drôles. 
N’hésitez pas à y emmener vos enfants ou petits-enfants. Du plus petit au plus grand, je crois que vous aller adorer ces charmants héros !

Cathy de Toledo

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23 juillet 2017 7 23 /07 /juillet /2017 17:15
A la maison

 

©Lauren Muyumba

 

Spectacle de la Compagnie CECI CELA (94), coproduction Phare Away productions et Compagnie des Ondes, vu le 17 juillet 2017, Festival Avignon OFF, Les Ateliers d’Amphoux (Salle de l’Acte).

 

Avec : Denise Aron-Schröpfer

Mise en scène : Cédrick Lanoë

 

Genre : Théâtre
Public : Tout public
Durée : 1h


"À la maison" est un petit bijou dans le paysage éclectique du Festival d’Avignon. Durant cette parenthèse intime, la vie de Lucienne nous est comptée, sans détour, sans cacher les difficultés qu’elle rencontre en maison de retraite. Malgré la chute et son appel à l’aide dès son entrée en scène, il ne s’agit pas de se lamenter mais au contraire, de se relever : partager, transmettre, s’enivrer… "Les bons souvenirs font vivre", comme elle aime à le répéter.   

Ce que l’on retient en sortant du spectacle, c’est d’abord le sourire de Lucienne, incarnée avec justesse et délice par Denise Aron-Schröpfer. L’émotion est au rendez-vous. L’humour et la fraîcheur aussi. Alors ne vous fiez pas aux apparences : un monologue, une femme âgée en maison de retraite… mais surtout des yeux qui pétillent. Lucienne nous raconte sa vie, loin des monologues soporifiques. Elle nous entraîne dans son univers, au son de sa voix, de ses chansons et parfois même de son accordéon. On se laisse transporter avec légèreté par ce personnage aux airs si familiers et à la personnalité attachante. 
Attendez-vous à vous assoir comme si vous preniez le thé, sans voir le temps passer. L'œuvre d’Alain Lahaye porte bien son nom : on se sent comme "à la maison" dans cette pièce où le spectateur tient aussi le rôle de confident. Etonnant que l’auteur soit un homme, tant les mots semblent tout droit sortis du journal intime d'une femme. Face à la sincérité des confidences, on pourrait tout aussi bien se trouver chez le psy. Mais la mémoire de Lucienne ne nous perd pas dans les méandres de la complexité et des névroses de l’âme humaine. Au contraire, tout est dit avec simplicité, drôlerie, naturel et douceur. "
À la maison" ce n’est pas seulement les confidences d’une personne âgée, c’est une vraie leçon de vie, la quête du bonheur, pour tous et à tout âge.

Le lieu minimaliste est parfaitement adapté à ce monologue où le texte est adressé de manière directe aux spectateurs. Lucienne n’hésite pas impliquer le public, en partageant ses propres interrogations. Nous pouvons croire, le temps d’une heure, être en train de dialoguer avec notre grand-mère dans cette petite salle intimiste des Ateliers d’Amphoux. Le charme des murs de pierre situés au sous-sol a des allures de cave à vin. Et cela tombe bien puisque la comédienne nous fait goûter, au beau milieu du spectacle, au bon cru du Sang du Peuple des caves Jamet & Fils issues de la région avignonnaise...
La mise en scène met en lumière avec finesse un sujet peu traité au théâtre, en s’appuyant sur un texte empreint de vérités qui dépeint à la fois des évidences et des absurdités, comme le coût faramineux des maisons de retraite ou le lourd fardeau de "l’indifférence". Mais Lucienne ne reste pas enfermée dans le présent et partage avec le public ses moments d’évasion. Un bond dans le passé. Un regard nostalgique pas pour autant désabusé. "C’est quand même bien d’être en 2017", dit-elle en racontant qu’elle y voit plus clair depuis qu’elle s’est fait opérer de la cataracte.
L’ambivalence des sentiments, qui basculent entre amertume et gratitude, ne l’empêche pas de tenir debout. Même si la réalité du quotidien avec les infirmières n’est pas toujours joyeuse, Lucienne témoigne également du respect qu’elle a pour la profession. Vieillir, c’est aussi apprendre à "subir" et à vivre avec le sentiment d’impuissance. Le personnage oscille entre son envie d’indépendance, son désir de se débrouiller seule, de se retrouver "dans ses meubles" et le besoin irrépressible d’avoir de la compagnie, de discuter, de se livrer…

Les souvenirs de cette femme volontaire l’aident aussi à tenir. Lucienne prend un savoureux plaisir à parler de ses amitiés et de l’amour de sa vie. C’est surtout en pensant à lui qu’elle ne se "laisse pas démonter", avoue-t-elle. Certains "se débarrassent de leurs proches" en les envoyant en maison de retraite. Lucienne, elle, n’a pas eu d’enfant et a dû se familiariser avec le sentiment de solitude après la mort de son compagnon. Elle n’a plus son chat pour combler le manque et l’absence, et ce n’est pas son voisin de chambre, cet inconnu qui met le son de la télévision trop fort à cause de sa surdité, qui va l’aider à vaincre l’ennui… En revanche, Lucienne a un trésor, le meilleur de tous les médicaments : ses passions et sa joie de vivre.   
Ce portrait de femme va à l’encontre des préjugés, au vu de sa vivacité et de sa jeunesse d’esprit. Lucienne nous fait partager son goût des autres, de la musique, de la poésie et des livres qu’elle dévore en fidèle "blibliovore" qu’elle a toujours été... Cette femme, dont l’esprit vif est insatiable, ne se prive pas de danser ni d’allumer sa boule à facettes pour une séquence musicale. Et malgré des notes (pas toujours justes) elle nous entraîne dans son tourbillon d’émotion et de souvenirs.
"Merci de m’avoir écoutée", tels sont les mots de la fin faisant écho à la sensation de déranger ou d’être de trop. Malgré le sentiment de délaissement, Lucienne sait se faire apprécier et l’on ne peut rester indifférent à la joie qu’elle transmet. D’ailleurs, les "bravo" des spectateurs ne se font pas attendre et ils lui répondent à leur tour "merci".

Lauren Muyumba

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23 juillet 2017 7 23 /07 /juillet /2017 17:08
Chuuuuuuuut !
Site ID Production

Site ID Production

Spectacle de ID production (75), vu le 21 juillet 2017, AVIGNON OFF 2017, le Paris, à 13h20 tous les jours sauf lundi jusqu’au 30 juillet.

De et avec : Emmanuelle Rivière

Genre : Seule en scène
Public : Tout public à partir de 12 ans

Durée : 1h

Ouverture avec en voix off Michel Sardou et les premières paroles de "Femme des années 80" qui nous amènent au sujet : qu’est-ce qu’être une femme (aujourd’hui)?

Habillée tout de noir rehaussé de quelques accessoires rouges, avec pour seul décor un gros cube lumineux au sol et quelques grandes cartes à jouer pendues au plafond, Emmanuelle Rivière nous offre un seul en scène pertinent et drôle, parfaitement rythmé, rehaussé de musiques dynamiques, où chacune d’entre nous peut retrouver une part d’elle-même.

Elle a choisi de placer son personnage face à son psy, pour raconter son histoire et le malaise d’une femme célibataire, la quarantaine, qui se cherche, entre envie d’émancipation et de liberté, et simple besoin de reconnaissance et d’amour... Leurs échanges sont matière à une galerie de portraits de femmes, depuis Mamie Carmen, adepte de tarots divinatoires, qui lui jeta un mauvais sort alors qu’elle était encore dans le ventre de sa mère, en passant par la bonne copine que les copains essaient de caser avec leurs vieux potes "au rebut", la coach plutôt "virile" qui enseigne les règles de self défense à un public exclusivement féminin, la chanteuse de rap qui met sa haine en paroles et musique, la cougar "par accident", égarée dans une boîte de nuit de d’jeuns, et quelques autres… Avant le retour aux sources salutaire préconisé par le thérapeute…

Emmanuelle Rivière danse, chante (plutôt bien, mais c’est normal elle était chanteuse dans des groupes musicaux !), se glisse dans la peau de ses personnages, dont elle prend les accents à merveille. Elle sait nous faire rire, sourire, nous émouvoir. Et finalement le temps a passé trop vite…

Choisir un seul en scène dans les 3 cm d’épaisseur du catalogue du Festival OFF n’est pas aisé… il faut se fier un peu à son instinct, retenir un titre plus ou moins évocateur ou accrocheur, et foncer… Et je dois avouer que pour le coup, ce fut une bonne pioche !

Cathy de Toledo

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23 juillet 2017 7 23 /07 /juillet /2017 17:01
Jackpot
Site compagnie et/ou catalogue Off

Site compagnie et/ou catalogue Off

Spectacle de la Compagnie Tête en l’Air (75/31), vu le 21 juillet 2017, AVIGNON OFF 2017 le Paris, à 15h tous les jours du 7 au 29.

De : Clément Naslin et Rémi Viallet
Avec : Letti Laubies, Victor le Lorier, Alexandre Cornillon (en alternance avec Laetitia Bisch, Nicolas Jauregui)

Genre : Comédie
Public : Tout public à  partir de 10 ans
Durée : 1h15

La salle est comble, et nous embarquons avec les trois protagonistes pour un voyage d’1h15 à un rythme endiablé, où quiproquos et rebondissements s’enchaînent.

Le scénario est simple. Trois amis jouent régulièrement au loto, les mêmes numéros depuis de nombreuses années. Et voilà qu’enfin, leur persévérance est récompensée et qu’ils viennent de gagner 30 millions d’euros ! Cependant, pris au piège dans une soirée un peu arrosée, celui qui devait valider la grille a totalement oublié de le faire… Comment annoncer ça à sa femme et son meilleur ami, qui ont déjà commencé à dépenser leur fortune dans l’achat de vêtements de luxe ou de véhicule prestigieux, entre autres…

Les scènes se succèdent et l’on apprend bien vite que le meilleur ami est aussi l’amant, que le mari n’est pas lui-même tout à fait irréprochable, alors que chacun tente de faire avaler à l’autre les mensonges les plus énormes, pour arriver à se dépêtrer de la situation… Bref, un vrai vaudeville des temps modernes !

J’ai retrouvé avec plaisir la compagnie Tête en l’Air que j’avais découvert avec "Un Café, l’Addition !", et la toujours pétillante Letti Laubies, entourée ici de deux comédiens au taquet, qui mouillent littéralement la chemise, surtout  Alexandre Cornillon, trempé de la tête aux pieds en fin de spectacle !

Finalement, ce pur divertissement, rafraîchissant (plus pour le public que pour les comédiens semble-t-il !) était tout à fait celui qui me convenait pour clôturer en riant cette intense semaine en Avignon.

Cathy de Toledo

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23 juillet 2017 7 23 /07 /juillet /2017 16:51
Reflets dans un œil d’homme

Spectacle de la Compagnie Diable au corps (31), vu le 13 juillet 2017, dans le cadre du festival Off d'Avignon, à "Occitanie fait son cirque en Avignon" (Ile Piot), à 21h15.

Auteur : Mickael Pallandre
Interprètes : Caroline Leroy, Adria Cordoncilla, Mickaël Pallandre

Genre : Cirque
Public : Adulte
Durée : 1h10

Un spectacle de cirque sur le thème du désir, voilà une proposition surprenante, proposée par la région Occitanie.

Petite information préalable, nous étions deux personnes de l’Adadiff/VivantMag pour découvrir ce spectacle et faire notre travail comme nous le faisons depuis plus de dix ans maintenant. Mais nous n’avons eu droit qu’à une seule invitation. Selon la personne de l’accueil et de la région Occitanie qui ne connaissait pas notre existence (nobody is perfect), une seule invitation était accordée par structure. Le dispositif s’arrête le 23 juillet, mais que les programmateurs qui souhaitent y découvrir des spectacles en soient informés. Venez seul ! Autant accorder 12 invitations semble difficile, mais une seule quand nous sommes deux accrédités me semble discriminatoire. Dommage.

Deux hommes et une femme nous invitent sans un mot, dans un univers de portés acrobatiques d’une très grande maîtrise. Les équilibres sont techniquement au point, les images proposées, fixes ou animées, sont très belles et dégagent une poésie rigoureuse.

J’y ai vu un travail sur l’animé/inanimé très intéressant et un jeu avec les mannequins très riche en sensations et en surprise, où l’on ne sait plus qui est la circassienne et qui est le mannequin. Ce jeu va jusqu’à ajouter trois mannequins aux trois comédiens et apporte un rythme original, renforcé par les séquences répétitives à plusieurs moments du spectacle.

Mais quid du désir ?

Bien sûr, on s’amuse à trouver les rapports au désir et j’y ai vu pour ma part, la naissance de l’amour, la répétition des sentiments, l’adultère, l’orgasme (un peu tiré par les cheveux... ou plutôt par le bout du nez!), l’homosexualité, le trio, un Kamasutra circassien, et probablement beaucoup de choses m’ont échappé. Mais, j'y ai surtout perçu une sensation de mort à travers ces mannequins inanimés qui m’a laissé une impression morbide peu agréable malgré l’attrait de l’idée. Je vois bien le lien intellectuel avec "la petite mort", mais cela m’a semblé teinter considérablement l’ensemble du propos. De plus, la référence au désir (doit-on lire le pitch avant le spectacle ou non? Difficile question…) m’a semblé un peu artificielle et parfois un peu systématisée, voire tirée par les cheveux, comme pour l’orgasme nasal.

Il en reste un beau spectacle très esthétique, avec beaucoup de belles idées originales, une maîtrise parfaite et une cohésion de groupe impeccable mais dont les expressions corporelles, incluant les visages, restent un peu figées et froides.

Il m’a probablement manqué la chaleur du désir, le bouillonnement de l’émotion, le feu de l’amour. Mais peut-être est-ce ma propre vision du désir ?

Eric Jalabert

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23 juillet 2017 7 23 /07 /juillet /2017 16:42
L'Ouest lointain

Spectacle d'Olivier Debelhoir (74), vu le 13 juillet 2017, dans le cadre du festival Off d'Avignon, à "Occitanie fait son cirque en Avignon" (Ile piot), à 20h30 (spectacle unique).

Auteur et interprète : Olivier Debelhoir
Regard extérieur : Arnaud Saury

Genre : Cirque
Public : Tout public
Durée : 30 min

Un grand gaillard, en short et chaussures de ski aux pieds, nous accueille accompagné d’un accordéon, en chantonnant d’une voix hésitante, une poésie hermétique, patchwork de mots puisés dans sa mémoire (ça je l’ai su à la fin du spectacle).

Il se parle en lui-même, et nous offre une image contrastée de l’être humain. Je l’ai suivi directement dans son univers.

Alors ce grand bûcheron sensible, nous offre un numéro d’équilibriste hors du commun, chaussé de mini skis, à l’aide d’une poutre énorme qu’il a l’air de manier comme une brindille et d’un simple escabeau. Tout cela en continuant de se parler à lui-même, sur ce même ton à la fois très distant et très intime. On est captivé par ce suspense circassien, où nous nous mettons à douter avec lui, dopé par un visuel très fort. Sa présence scénique est impressionnante, il joue avec nos interrogations et nous fait même rire.

C’est original, à la fois très simple et hyper technique, original et accessible… Bref, j’ai adoré !

Cette représentation était unique, mais Olivier Debelhoir joue également "Un soir chez Boris", au même endroit et à 17h45 jusqu’au 23 juillet. Je crois que je vais aller.

Eric Jalabert

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23 juillet 2017 7 23 /07 /juillet /2017 16:29
Les fêlés

Spectacle de Bonaf Company (75), vu le 12 juillet 2017, dans le cadre du festival Off d'Avignon, au théâtre des Brunes à 19h30.

Auteur et metteur en scène : Philippe Sohier
Interprètes : Serge Bonafous, Sandra Luce

Genre : Comédie
Public : Adulte
Durée : 1h

 

Le pitch nous propose de plonger dans le quotidien d’un couple improbable et nous promet des rebondissements incroyables, des dialogues trash et directs, dans un registre de théâtre contemporain. Alors, pourquoi pas découvrir ce travail?... Autant dire, que je n’ai pas été convaincu!

Nous sommes dans la cuisine d’un jeune couple qui se sépare, et s’envoie des reproches et des répliques où la platitude rivalise avec la provocation télévisuelle. C’est improbable, cela sonne faux…, bref, on n’y croit pas, et cela ne me fait même pas sourire (ni quasiment personne dans le public, pourtant très nombreux). On voit bien que l’écriture a été pensée pour faire rire toutes les 2 minutes 33, mais cela est si laborieux et creux, que cela ne marche pas.

Puis, seul effet intéressant, on se retrouve dans la même pièce sept ans avant, le lendemain de leur rencontre. Et là, rebelote, avec cerise sur le gâteau, une révélation qui plombe l’ambiance où la jeune femme annonce qu’elle est séropositive. (!) Puis, on se retrouve, quatre ans plus tard, où elle nous annonce qu’elle avait voulu tester son partenaire sur sa motivation à vivre avec elle! Que c’est drôle! Bien sûr, tout cela dans un environnement qui ne justifie jamais un tel exercice pendant quatre ans!

Alors, oui je suis sorti un peu énervé de ce spectacle, bien emballé pour attirer le chaland, et ça a l’air de marcher! Mais nous sommes davantage dans un registre de téléréalité (ils annoncent que c’est une histoire vraie!) que de ce que j’attends, même modestement, du théâtre. Car au-delà de cette blague labellisée HIV, ils en rajoutent en adoptant un enfant de dix ans à qui elle donne le sein, il est enfermé dans le congélateur et s'est fait appelé "Findus" toute son adolescence... Bref, comme il est dit à la fin du spectacle : "c'est pas gagné!"

Eric Jalabert

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23 juillet 2017 7 23 /07 /juillet /2017 16:09
Visite de Groupe

Spectacle de la production "La Vaste Entreprise" (34), vu le 15 juillet à 17h, du 10 au 22 juillet au Festival "Villeneuve en Scène" au Placé du Cloître.

De et avec: Nicolas Heredia
Voix de synthèse: Agnès
Régie: Gaël Rigaud

Genre: Déambulation audio guidée
Public: Tout public, à partir de 12 ans
Durée: 1h

 

A l’arrivée on me remet mes écouteurs pour la visite de groupe comme l’indique le nom du spectacle. Dix minutes d’attente avant que le spectacle débute, je sens une bonne ambiance qui règne dans le groupe en train de se constituer. J’ai hâte que ça commence, le concept m’intrigue beaucoup. Chacun d’entre nous, les participants, allumons notre appareil au top du "guide", l’homme au badge. La visite commence alors.

 

Je me laisse embarquer par la voix féminine qui nous guidera, non pas pour une visite classique mais une visite interne du groupe. Je ne sais pas si on peut parler de spectacle ou plutôt de performance voire d’expérience de groupe et d’interaction entre des personnes complètement inconnues les unes des autres. Je dirai que j’ai vécu ce moment comme une expérience voire une analyse de groupe. Chacun écoute le son de la voix tout au long du parcours, des rires plus ou moins forts et plus ou moins gênés se font entendre. En effet, on ne se parlera pas vraiment dans le groupe auquel j’appartiens mais on sera en interaction par le rire, les sourires, le regard, les monuments (car oui on en voit, c’est une visite guidée tout de même). Je dirais que cette expérience proposée m’a amenée à réfléchir sur notre paraître, nos a priori, notre relation à l’autre, ce méconnu, notre rapport à l’humour et à l’absurde.

La voix et l’expérience nous interroge également sur notre comportement adapté, peut-être trop adapté en groupe, en société. Peut-être même coincé ? Et pourquoi ne pas lâcher prise ? Je me prête au jeu volontiers. La voix que j’entends me ramène à mes propres expériences de visites de groupe et/ou des expériences collectives en tout genre.

 

Nous marchons tels des moutons ? J’ai cette impression et pourtant on suit le cours d’un "spectacle". Et puis cet homme au badge, il m’intrigue et la voix fait en sorte qu’il m’intrigue. Je ne peux en dire plus, je laisse la surprise aux personnes qui, comme moi, auront envie d’aller tenter cette expérience de "Visite de Groupe".

Je marche dans la ville, cette belle ville, j’observe, j’écoute, je sens, je ressens et la voix aussi, elle voit ce qu’on voit ou ce qu’on ne voit pas. Qu’est-ce qui est vrai, pas vrai ? Prévu ou pas prévu dans cette expérience ? Les gens dans la rue, extérieurs au groupe font-ils partie de l’expérience ? J'ai l'impression que la voix voit ce que l’on voit, qu’elle pourrait penser des choses qu’on a pensé ou qu’elle nous amène à penser aux choses auxquelles on ne veut pas penser. Bizarre non ? Absurde ?

 

C’est en fait le groupe, les gens et les personnalités qui nous entourent, qui fera la dynamique ou non de cette expérience très originale. Cette expérience atypique, drôle, absurde et originale à la fois ne me laisse pas indifférente, je me prête complètement au jeu malgré le groupe qui ne semble pas réagir autant que moi. Une majorité d’entre nous semble réagir avec leurs proches et non pas avec les autres, ces inconnus. Pourquoi on ne se laisse pas aller dans le rire et la surprise ? Je me questionne sur la difficulté à se regarder, à rire ensemble, à interagir lorsqu’on ne connaît pas l’autre. J’aurais souhaité plus d’interaction, plus de rires et de regards dans le groupe pour avoir la sensation de faire l’expérience réellement ensemble.

 

Je ressors de là avec le sourire, le rire, des réponses que je n’ai pas eues (car elle nous en pose des questions la petite voix, il faut dire). A la fin, en enlevant les écouteurs, je souhaiterais discuter avec les gens de mon groupe mais beaucoup s’en vont rapidement. Chacun reprend le cours de sa journée. N’est-ce pas représentatif de notre société ? Alors c’est avec mes amis et avec les comédiens que l’on va discuter, débattre autour d’une collation offerte par la compagnie. Merci pour ce moment très innovant !

 

Valérie Desbrosse

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Published by Valérie Desbrosse - dans Spectacle Tout public
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