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Avec plus de 1.200 spectacles commentés sur ce blog, les correspondants Vivantmag - AdAdiff, ne se posent pas en censeur du spectacle, loin de là. Nous souhaitons seulement faire partager un point de vue, forcément subjectif, sur les spectacles que nous voyons. Chaque retour de spectacle est ouvert à vos propres commentaires, et n'hésitez pas à en laisser car ils enrichissent ce travail d'échange et de partage d'informations.
Pour faciliter la lecture des spectacles, nous mettons désormais en place un picto permettant de donner notre avis général sur le spectacle. En voici le détail :
Décevant
Moyen
Pas mal...
Bien !
On adore !!! 

les spectacles du Off 2014

Découvrez tous les spectacles commentés par les correspondants de Vivantmag, et présents sur le Off 2014 d'Avignon. Certains ont été vus à leur création, en salle ou sur d'autres festivals, ou sur des précédentes éditions du Off. Grâce à un travail de veille artistique tout au long de l'année, l'Adadiff met à votre disposition son équipe de correspondants et vous permet de disposer d'un regard extérieur et indépendant pour faciliter votre choix. Commentaires ici...

25 juillet 2015 6 25 /07 /juillet /2015 20:45
Prodiges
Prodiges

Spectacle de la Compagnie Ninidor (06), vu au théâtre Tremplin, Salle Les Baladins, Festival d'Avignon 2015

Texte : Mariette Navarro

Interprètes : Fiona Lévy, Lélia Nevert, Adèle Viéville

Metteur en scène : Lélia Nevert

Genre : Théâtre

Public : Tout public

Durée : 55 min

Si être femme est devenu un métier à part entière dans notre société contemporaine, être vendeuse de tuperware l'est tout autant... A travers une leçon intiatique délivrée par deux vendeuses chevronnées à une débutante, Mariette Navarro, dans un texte d'une vitalité et d'une densité totales, dresse une sorte de portrait historique de ce que peut devenir la féminité si elle est livrée à l'autel du Commerce et du Paraître : un cauchemar climatisé en couleurs primaires.

Mélant slogans publicitaires, extraits de traités sociologiques et texte de comédie, elle réalise un virtuose jeu de massacre, intelligent et rock'n roll. En allant voir le travail de la toute jeune compagnie Ninidor, je m'attends donc à faire face à un grinçant pamphlet politique, qui prendrait en plus en compte le flux incroyable de la langue de Navarro, parfois plus proche de la poésie que de l'art dramatique, et surtout son humour. D'autant que le texte de présentation annonce clairement la création d'un « monde à la fois féminin et féministe qui renvoie finalement le spectateur au système de consommation dont il fait partie ».

Les trois comédiennes ont de l'énergie à revendre, ça ne fait aucun doute. Pétillantes, survoltées, elles jonglent entre chansonnettes pop et comique de situation, passant visiblement un très bon moment et très attentives à ce que chacune d'elle ait sa place, de la mutine à la pataude en passant par la sexy. L'ennui, c'est que cette bonne volonté ne me suffit pas. Passant à côté de la profondeur du texte, dont elles ne tirent que le côté « critique de la femme moderne », elles s'en servent plutôt que de le servir, et font la plupart du temps du pur hors-sujet.

Au lieu de se coltiner à la contemporanéité du texte, à son aspect sociologique, presque savant, plutôt que de chercher une forme pouvant rendre compte de sa complexité et de son aspect expérimental, Lélia Nevert fait au plus simple : une mise en scène de cabaret, ou plutôt de café théâtre, aux gags faciles et inutiles, au décor fait avec deux bouts de scotch en atelier carton, à laquelle on adjoint des chansons complètement anachroniques dans cet univers. Je mettrais ça sur le compte de leur jeunesse, pardonnant aux jeunes filles de vouloir tout faire tenir dans un seul spectacle, leur goût pour Muriel Robin, leur amour des Brigitte, leur amitié et leur envie de faire Avignon ; mais je soupirerais aussi devant le fait de vouloir faire entrer au chausse-pied un texte dans son propre univers, comme si la mise en scène était prête avant la découverte profonde du texte.

Danielle Krupa / Allez Zou !

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25 juillet 2015 6 25 /07 /juillet /2015 20:39
Braises
Braises

Spectacle de la Compagnie Artefact (91), vu à la Manufacture (patinoire), Festival d'Avignon 2015

Texte : Catherine Verlaguet (éditions Théâtrales 2014)

Mise en scène : Philippe Boronad

Jeu : Manon Allouch, Leïla Anis, Aïni Iften

Genre : Théâtre

Public : Tout Publics et publics adolescents

Durée : 1h

Création 2015, en tournée

Catherine Verlaguet, jeune auteure contemporaine vivante (que vous avez pu connaître pour son adaptation du roman "Oh, boy !" de Marie-Aude Murail, création qui a reçu le Molière du spectacle jeune public en 2010) s’empare dans "Braises" du conflit intergénérationnel et interculturel que rencontrent aujourd’hui nombre de jeunes filles d’origine maghrébine, nées en France, qui y vivent et y évoluent, tiraillées entre le respect des traditions régies par les hommes (et les femmes) de la famille, et leur propres interrogations sur les discours modernes d’intégration sociale, de droits de l’homme, de droits de la femme, de liberté individuelles dont les inonde la société dite moderne. Sujet donc, très intéressant et actuel.

Leïla, une jeune femme tout juste majeure, née en France de parents maghrébins, s’apprête à se marier. Elle se regarde dans le miroir. Elle est habillée en blanc, probablement pour traduire le signe d’une certaine intégration culturelle. Sur le plateau, un canapé. La mère de Leïla y est assise avec un air que je dirais hagard. Une tapisserie orientale couvre l’intégralité du fond de scène, nous sommes dans un salon en France, probablement dans une famille issue de la première génération d’immigrants maghrébins. C’est un jour excitant, heureux pour la jeune femme. Pourtant un malaise se fait sentir. Le public comprend qu’il existe quelque part une deuxième fille. Dans son échange avec sa mère, Leïla dévoile peu à peu que Neïma, jadis amoureuse de Jérémy, a dû fuir sa famille.

Dans son habile mise en scène Philippe Boronad s’appuie sur des échanges rétrospectifs et "humano-socio-existencio-culturels" entre les 2 sœurs et l’on découvre peu à peu les circonstances du poids du passé et des traditions, ainsi que l’origine de la fracture entre ces deux filles qui s’aiment et se respectent pourtant toujours. Toutes deux sont confrontées aux mêmes interrogations, à la même réalité d’intégration difficile, tant dans la société moderne, qu’au sein de leur famille fondamentalement attachée au respect des traditions.

Manon Allouch incarne avec justesse le personnage de Neïma - jeune femme affranchie, en jean et tee-shirt rouge -, amoureuse, libertaire innocente, prête aux premiers émois avec Jérémy. On sent à travers son jeu le fameux "goût sucré de la liberté". Elle interprète le même regard que les autres jeunes filles de son âge sur la société qui l’entoure, et fait parfaitement ressentir le déni violent de sa famille. Sa situation de victime la prédispose au piédestal (ce qui n’était peut-être pas l’intention de l’auteure).

Sur le canapé, Aïni Iften joue une mère vénielle perdue entre ces 2 univers, à la fois résignée à laisser faire les hommes, et malgré tout repliée sur ses croyances et son histoire. Ses décisions de vie en France n’intègrent pas la liberté de la femme. « Comment fais-tu maman pour faire cohabiter ces 2 mondes ? »

Leïla Anis, plus jeune pour de vrai mais aussi dans la pièce, traverse son jeu initiatique avec plus d’ignorance que sa partenaire, comme pudibonde, naïve et soumise à la fois. C’est la petite fille qui fait comme lui dit sa mère. Son rôle exige une certaine candeur, un certain manque d’expérience, une obéissance et une résignation qu’elle traduit sur scène (ou pour de vrai, du coup, je n’ai pas su). Son personnage est plus chaste, plus en quête de paix vis-à-vis de la famille ce qui contraint sûrement la comédienne.

Catherine Verlaguet est plutôt connue pour interroger et éveiller le débat, que pour enfoncer des portes ouvertes. Ce qui l’intéresse c’est de créer du lien, du questionnement, de la polémique. Leïla aura-t-elle d’autres choix que de construire sa vie sur les ruines et le déshonneur qu’a laissés Neïma ? Ou devra-t-elle s’émanciper pour fuir le sort - parfois mortel - que promet le carcan familial ? La mise en scène traduit aussi très bien cette volonté de perspective. Pour Philippe Boronad, "l’exploration menée a vocation à renouer le lien profond entre les êtres, quelle que soit leur appartenance". (Extrait du site internet de la Cie Artefact.)

La chanson finale des 3 comédiennes juste après leurs saluts, m’a laissée plus perplexe, à moins qu’elle n’ait été un clin d’œil à la présence "sopranique" (soprano-dramatique) d’Aïni Iften.
Je l’ai un peu sentie comme une "réconciliation collective de fonction" bien éloignée de la scène de viol collectif et d’immolation qui venait d’être jouée précédemment en vidéo.
Mais chut. On est Charlie ?

Allez Zou ! Création 2015 à voir et programmer de toute façon.
Danielle Krupa / Allez Zou !

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25 juillet 2015 6 25 /07 /juillet /2015 20:28
Mon bel oranger
Mon bel oranger

Spectacle du Théâtre de La Courte Echelle (26), Avignon Off 2015, théâtre Chapeau d’Ebène 12h jusqu’au 26 juillet 2015

D’après l’œuvre de José Mauro de Vasconcelos

Adaptation et mise en scène : Denis Donger

Interprètes : Anaïs Serme, Victor Mazzilli, Claudine Serme, Armelle Peyrard

Genre : Théâtre marionnettes

Public : Tout public à partir de 7 ans

Durée : 1h

Le spectacle est adapté du roman en partie autobiographique de JM de Vasconcelos, et raconte l’histoire de Zézé, un enfant de 5 ans, né dans une famille pauvre de Rio de Janeiro, d’un père chômeur d’origine portugaise et d’une mère d’origine indigène qui travaille pour un salaire misérable. Vif, curieux, intelligent, il apprend seul à lire. Mais il fait aussi beaucoup de bêtises, qui lui valent d’être battu par son père et par ses frères et sœurs, mis à part son petit frère Luis et sa sœur Gloria. Celle-ci lui offre un pied d’oranges douces, qu’elle plante derrière leur maison, qu’il appelle Minguinho, et qui devient bizarrement son confident et ami. Pour supporter son quotidien, il s’invente un monde imaginaire et rêve de devenir poète, « avec un nœud papillon » ! Il rencontre un homme appelé Portugâ, avec qui il noue des liens d’affection. Il découvre avec lui la tendresse et le partage de moments heureux, la pêche, les matches de foot. Zézé voudrait que Portugâ l’adopte, ce qui est impossible, mais celui-ci lui promet de veiller toujours sur lui. Hélas, il meurt dans un accident de voiture, ce qui plonge Zézé dans un profond désespoir.

Dans un décor évolutif de maisons colorées qui évoque un quartier de favelas de Rio, c’est l’auteur lui-même en préambule, qui vient raconter son histoire, avant qu’on ne remonte dans le temps et qu’apparaisse Zézé enfant, incarné par une marionnette de grandes dimensions, manipulée la plupart du temps à quatre mains. Les manipulatrices, dont l’une est aussi la voix de Zézé, « s’effacent » derrière des tenues masculines, pantalon clair, veste noire, chapeau blanc. Les autres enfants, une fillette camarade de Zézé et son petit frère Luis, sont également incarnés par des marionnettes, alors que deux comédiens se répartissent la majorité des (trop) nombreux rôles d’adultes, le père, la mère, la sœur, l’oncle, la maîtresse d’école, un chanteur, un marchant ambulant, Portugâ, etc. A tel point d’ailleurs que l’on s’y perd un peu.

L’auteur adulte réapparaît à deux ou trois reprises, ce qui m’a semblé provoquer une légère cassure de rythme… La manipulation des marionnettes est très « pro », mais je n’ai pas aimé la voix de la fillette qui m’a paru un peu forcée dans le registre infantile. L’utilisation d’images projetées sur l’espace libéré par le glissement latéral du décor, est judicieuse, et l’accident de voiture est bien rendu. Mais malgré tous ces ingrédients, curieusement, je n’ai pas réussi à accrocher. Peut-être la mise en scène est-elle trop lisse, trop propre, trop distanciée, l’aspect triste et caricatural trop accentué ? Je n’ai pas ressenti d’empathie pour le personnage de Zézé. Cet enfant, malgré les difficultés, reste un enfant, vif et joyeux, porté par un imaginaire fécond, traits de caractère que je n’ai pas retrouvés dans le jeu. Même la création musicale, trop discrète à mon goût, peine à dynamiser l’ensemble et à évoquer l’ambiance malgré tout animée des favelas.

Il est à noter qu’il n’y avait que très peu d’enfants lors de la représentation à laquelle j’ai assisté, ce qui ne m’a pas permis de juger de l’effet sur le jeune public. Gageons que le spectacle, probablement encore « frais », se peaufinera au fil des représentations.

Cathy de Toledo

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25 juillet 2015 6 25 /07 /juillet /2015 12:53
Hamlet en 30 minutes
Hamlet en 30 minutes

Spectacle de la Compagnie Bruitquicourt (34), vu au Théâtre Notre Dame, Festival d'Avignon 2015

Imaginé et mise en scène par Luc Miglietta

Avec dans les rôles d'Hamlet : Estelle Sabatier, Emmanuel Valeur, Philippe Van Den Bergh

Avec dans le rôle d'Horatio : Luc Miglietta

Chanson du monologue existentiel : David Rigal

Genre : Théâtre clownesque et burlesque

Public : Tout public à partir de 8 ans

Durée : 1h05

Cela faisait un moment que je souhaitais aller voir ce spectacle phare de la compagnie montpelliéraine qui n’en est pas à son 1er coup d’essai, qui l’a déjà joué plus de 400 fois depuis 2008, et qui tournera encore en Languedoc-Roussillon en 2015 (notamment le Jeudi 10 décembre au Festival d'Hiver du Théâtre d'O de Montpellier, vous ne pourrez pas dire qu’on vous l’avait caché).

Rien que le titre « Hamlet en 30 minutes » s’annonce comme un pari déraisonnable et loufoque. Comment peut-on visiter l'une des plus longues et des plus célèbres pièces de William Shakespeare en seulement 30 minutes sans perdre une miette de la mort d’Ophélie ou du célèbre « êêêêêêtre ou ne pas êêêêêtre » du monument sacré du théâtre élisabéthain?! A moins d’être… un peu déjanté ? Et… de la visiter en version accélérée ?

Évidemment je ne vous dirai rien. Car c’est bien derrière un rideau rouge que ça se passe. Et avec une pendule bien sûr.

Les 3 comédiens, gais bouffons dans leurs bonnets en laine, accompagnent Luc Miglietta dans un jeu cocasse, burlesque et diabolique, et nous livrent sans jamais se moquer du texte une version très fine et très drôle de la tragédie d’Hamlet habituellement plutôt considérée comme plus soporifique (Aïe, aïe, mon suave libraire me tape). Le plateau est, disons, presque nu, et pourtant, ce choix de mise en scène comique opère prodigieusement auprès du public.

Tout y est : la tragédie, le rire, le crâne, la magie du théâtre. Courez-y.

Danielle Krupa / Allez Zou !

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25 juillet 2015 6 25 /07 /juillet /2015 11:20
Mozart l'enchanteur
Mozart l'enchanteur

Spectacle de la Cie Théâtre de l’Etreinte (94), Avignon Off 2015, théâtre La Luna, à 14h45 jusqu’au 25 juillet 2015

De : Charlotte Escamez

Avec : Estelle Andrea, Ronan Debois ou Julien Clément, ou William Mesguich ou Xavier Clion

Mise en scène : William Mesguich

Genre : Spectacle musical et théâtre

Public : Tout public à partir de 5 ans

Durée : 50 min

Papageno et Papagena, personnages emblématiques de la Flûte Enchantée, opéra que Mozart composa peu de temps avant sa mort, apparaissent en ouverture, penchés sur le berceau du jeune Mozart, lui prédisant un bel avenir. Les très beaux costumes de l’Oiseleur et de sa compagne, sont faits comme il se doit de plumes d’oiseaux, très colorées. Présents tout au long du spectacle, ces deux personnages qui ne cessent de se chamailler gentiment, s’enfermant à tour de rôle dans la cage de l’Oiseleur, sont interprétés par les artistes lyriques qui vont chanter quelques extraits, hélas trop courts, des opéras de Mozart.

Le petit Wolfgang montre très jeune des talents exceptionnels pour la musique et son père lui apprend le clavecin dès l’âge de 5 ans. Il prend plaisir à mettre en musique de petits évènements de la vie quotidienne, tel le fait de tartiner du beurre sur un morceau de pain, et à s’initier aux variations autour de la communication avec sa mère (Ah vous dirai-je maman)…

Alors que Wolfgang n’a que 6 ans, son père entreprend avec lui un périple musical à travers l’Europe, qui lui permettra de connaître de nouvelles influences musicales, de rencontrer de grands musiciens, et de nourrir ainsi son inspiration.

Ainsi les grands thèmes de la Flûte Enchantée constituent la trame de ce « spectacle théâtral métissé de moments musicaux », comme le définit W. Mesguich. Certes, la mise en scène utilise de nombreux procédés pour rendre le propos féérique. Ainsi, un Papageno planant ailes déployées dans un halo de fumée au-dessus de la voiture à cheval qui emmène dans un galop endiablé les Mozart père et fils vers des destinations lointaines…

Mais les enchaînements manquent de fluidité, et la chronologie n’étant pas respectée, on ne sait pas exactement pourquoi on se retrouve à moment donné à suivre sur l’écran en fond de scène, une vidéo d’animation qui n’est autre qu’un extrait du Papageno (1935) de Lotte Reiniger, réalisatrice de films d’animation, qui a illustré de nombreux opéras de Mozart. Un écran de dimensions plus modestes nous livre en ombres chinoises l’histoire du prince Tamino attaqué par un serpent (acte I de la Flûte Enchantée).

Malgré tous ces bons éléments, l’esthétisme, les costumes, la musique de Mozart, les extraits d’opéra chantés, le souci du spectaculaire, ou une volonté de vouloir « trop en faire », me semblent l’emporter sur la cohérence. Au risque de faire entendre une voix discordante dans un concert de louanges, je dois reconnaître que ce Mozart-là ne m’a pas enchantée. Et très curieusement, il n’y avait pas, ou peu, d’enfants dans la salle, alors que le spectacle est préconisé à partir de 5 ans…

Cathy de Toledo

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25 juillet 2015 6 25 /07 /juillet /2015 11:14
Index
Index

Spectacle de la Cie Pyramid (17), Avignon Off 2015, théâtre Golovine à 16h30 jusqu’au 25 juillet 2015

Chorégraphie collective

Interprètes : Mustapha Ridaoui ou Michaël Auduberteau, Youssef Bel Baraka ou Fouad Kouchy, Rudy Torres ou Oussama Traoré, Tony Baron et Mounir Kerfah

Genre : Danse Hip Hop

Public : Tout public à partir de 5 ans

Durée : 55 min

Encore une salle comble d’un public familial, pour assister à la dernière création de cette troupe habituée du Festival d’Avignon.

Un individu seul en scène, semble avoir du mal à déchiffrer le livre qu’il tient dans les mains, avant de se rendre compte qu’il le tient à l’envers ! Sa prestation plutôt clownesque, bien qu’un peu longue, amuse beaucoup les plus jeunes, certains rient aux éclats. L’atmosphère est bientôt détendue. Bien vite, d’autres individus émergent des tiroirs d’une bibliothèque pleine de livres qui occupe le fond de scène, l'un d'eux sort même du ventre de l’un des gros fauteuils rouges qui trônent sur scène.

Bientôt cinq garçons, vêtus de pantalons de ville, chemise blanche, petit gilet boutonné, chapeau melon pour certains (« costumes » qui leur donnent un petit air « croupiers de casino au Far West » !), se lancent dans un enchaînement de tableaux rapides ou ralentis, sans temps mort, faisant preuve d’une énergie sans faille pendant près d’une heure.

Inspirés par une bande musicale exceptionnelle de bout en bout, qui rassemble différentes musiques du milieu du XXème siècle, jusqu’à des extraits classiques comme « La Lettre à Elise », ils nous prouvent que le hip hop s’accommode de tous les styles. Mais il serait réducteur de dire qu’il ne s’agit que de hip hop. Le spectacle que propose Pyramid, qui depuis plus de 10 ans explore l’expression des cultures urbaines, avec le souci de choisir des thématiques porteuses de sens, est bien plus que cela.

En l’occurrence il s’agit ici d’une réflexion autour du livre et d’une mise en scène des images et fantasmes que l’écrit suscite en chacun d’eux. Certes ils sont avant tout danseurs, athlétiques, techniquement précis, mais ils utilisent d’autres formes d’expressions, dansées, mimées, clownesques ou circassiennes, assorties d’une bonne dose d’humour, ponctuées de moments de grande poésie. Et l’on apprend que les fauteuils peuvent servir à autre chose qu’à s’assoir, que l’on peut s’approprier les livres de multiples façons et faire de l’équilibre sur des piles de livres, que les pages des livres peuvent devenir des papillons…

Plusieurs niveaux de lecture sont proposés au public, ce qui fait de cette prestation un spectacle familial qui dispense autant de joie et d’énergie que celle que partagent sur scène ces cinq danseurs.

Cathy de Toledo

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25 juillet 2015 6 25 /07 /juillet /2015 11:05
Lisa : il a enlevé la Joconde et elle a deux mots à dire à ce sujet
Lisa : il a enlevé la Joconde et elle a deux mots à dire à ce sujet

Spectacle de la compagnie Théâtre du Kalam (92), vu le 19 juillet 2015, au Théâtre des Barriques à 16h30, à voir du 4 au 26 juillet dans le cadre du Off 2015

Auteur : Fiona Leibgorin

Mise en scène: Cyrielle Buquet

Interprétation : Blaise Moulin et Aurélia Hascoat

Genre : Théâtre

Public : Tout public

Durée : 60 min

Un sujet improbable : on a volé la Joconde, et ce vol est le fruit de Francis, un gars simple de banlieue dont la culture générale s’arrête à Platini et à la télévision. Et cerise sur le gâteau, cette Mona Lisa parle comme vous et moi, heureuse d’être sortie de sa prison dorée.

Le dispositif scénique est simple mais original et efficace : nous sommes dans l’appartement de Francis et le tableau accroché au mur est habité par une comédienne (Aurélia Hascoat) qui, malgré l’invraisemblance, est crédible dès les premiers mots.

Ça sent la bricole, mais je me suis bien laissé emmener dans cet échange sur les préjugés, sur la culture, sur la vie et l’immortalité.

Car après la surprise de parler à un « dessin », Francis échange volontiers avec cette star de l’art, promue à une immortalité planétaire. Et sortie d’un silence forcé de plus de 500 ans, Mona Lisa est très heureuse de rompre sa solitude… même avec un idiot !

Une façon d’entrer dans un grand nombre de sujets que l’on n’attendait pas. Le questionnement sur la connaissance, par exemple : est-on idiot quand on ne sait pas les choses ? Ou la marchandisation de l’art : traitant Mona Lisa de produit dérivé et d’icône surfaite. La célébrité absolue et la solitude qui en résulte, la condition de l’homme et le sens des réalités… Bref, c’est riche, drôle, sans prétention et instructif.

Ces deux-là, enfermés dans leur monde si différent, arrivent pourtant à découvrir les autres regards possibles de cette complexe réalité, et nous offrent un peu d’espoir pour l’avenir. Une autre façon d’appréhender la culture de classe.

Alors bien sûr, on n’y découvre pas les secrets cachés de la Joconde (même si elle explique un peu son mystérieux sourire), on ne parle pas de la place de cette peinture dans la chronologie de l’art, ni des raisons de ces différences de classes. Mais qu’importe. Cela offre une porte d’entrée à un public curieux, venu nombreux, pour découvrir ce moment de théâtre accessible.

J’étais un peu dérangé parfois par le côté un peu caricatural de ce Francis un-peu-rase-moquette, forçant le trait alors que ce n’était pas nécessaire. Il se trouve que j’étais assis à côté du comédien qui prenait la relève du rôle dès le lendemain.

Alors, il reste quelques jours si vous voulez le découvrir pour vous faire une idée.

Eric Jalabert

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25 juillet 2015 6 25 /07 /juillet /2015 10:56
Une chenille dans le cœur
Une chenille dans le cœur

Spectacle de la Compagnie Troupuscule Théâtre (66), vu à l’Espace Alya, Festival d’Avignon 2015

Auteur : Stéphane Jaubertie

Interprètes : Caroline Stella, Paul Tilmont, Thomas Matalou, Benjamin Civil

Mise en scène : Mariana Lézin

Genre : Théâtre jeune public

Public : à partir de 7 ans

Durée : 1h

La fable initiatique que nous propose Stéphane Jaubertie (jeune auteur jeune public et vivant) est celle d’une chenille exceptionnelle qui ne peut devenir papillon. En tout cas pas toute seule. Et pas sans amour ou ami. L’histoire que peuvent connaître les « abimés de la vie », les « pas normaux » en somme, à travers leurs dissemblances physiques ou mentales, mal acceptées, mal aimées, montrées du doigt souvent, par le monde des enfants mais aussi par celui des adultes évidemment, pénétrés des accidents de parcours qui les ont menés jusqu’ici.
Un monde où l’on attend de l’autre qu’il nous comprenne, et où il n’est pas toujours facile de croiser la compassion, l’abnégation. Finalement un monde qui ressemble peut-être bien au nôtre.

Une jeune fille née sans colonne vertébrale ne peut grandir que si elle trouve un corset taillé dans un arbre. Celui-ci doit impérativement être plus grand que l’arbre qui a servi à tailler celui qu’elle porte depuis des années. Sans nouvel arbre elle ne pourra plus grandir. Elle ne pourra plus respirer.
Le problème évidemment, c’est que le paysage a été transformé en désert. Tous les arbres de toutes les forêts du monde ont été coupés par un bûcheron abandonné, anxieux, et solitaire.
Sauf un arbre. Un seul.
Parce que ce dernier arbre, il ne veut pas le couper.

Mariana Lézin invite le public à se projeter dans un univers féérique imaginaire, bien loin des génies et des fées, où l’intelligence, précieuse pour séduire et convaincre, et l’émotion, brûlante dans le cœur des personnages, mènent la danse, déclenchant tour à tour des vagues d’inquiétudes ou d’espérances, d’incompréhension et de désillusion, de rejet ou d’amour, de colères et d’espoirs violents, menant parfois à la mort.

« La compagnie Troupuscule Théâtre, basée depuis 10 ans à Perpignan parle "de la vie au théâtre et du théâtre dans la vie". Au-delà des spectacles proposés pour tous les publics, Troupuscule Théâtre intervient en milieu scolaire et fait de la transmission un de ses enjeux moteurs. Parce qu'elle est irremplaçable pour ouvrir les esprits, les rendre plus tolérants et aussi les distraire, la culture est une source de progrès social nécessaire à l'affirmation des personnalités. » (Extrait du site internet de la Compagnie).

Sur le plan de la scénographie, le plateau est presque nu. L’arbre convoité occupe un écran vidéo en fond de scène. Un bel et grand arbre feuillu, aux couleurs fantastiques, qui grandit et dont les feuilles bougent tout au long du spectacle. Le texte de Stéphane Jaubertie nous permet d’en apprendre l’histoire, ainsi que la raison de sa survie : sous cet arbre sont enterrés la mère et les souvenirs du bûcheron maudit.
Quelques cubes lumineux s’ouvrent ici et là ou servent aux comédiens à prendre de la hauteur. C’est léger. Dans cet univers imaginaire qu’on n’avait jusque-là pourtant pas trop de mal à se construire, j’ai trouvé dommage que la scénographie ait été aussi avare, et que l’appui sur la vidéo n’ait pas été plus exploré. L’idée de la cabane m’a toutefois surprise, mais je ne vous dirai pas à quel point le désir de la petite et le mien ont été comblés.

Allez-y voir !

Danielle Krupa / Allez Zou !

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23 juillet 2015 4 23 /07 /juillet /2015 16:47
King du Ring
King du Ring

Spectacle de la compagnie Corps de Passage (84), vu au théâtre Artéphile, Festival d’Avignon 2015

Auteur : Rémi Checchetto

Interprète : Adeline Walter
Metteuse en scène : Alexia V
idal

Genre : Théâtre « Mouvementé »
Public : Adulte à partir de 14
ans

Durée : 1h30

C’est après 20 spectacles en tout et 3 spectacles le même jour que je suis allée voir « King du ring ». Jamais je n’aurais dû.

Jamais je n’aurais dû avoir les paupières si lourdes et gonflées par le manque de sommeil. Jamais je n’aurais dû avoir le cerveau si ralenti par la chaleur et la moiteur des rues. Jamais mon cœur n’aurait dû faillir tant, balayé par des mâchoires que je ne pouvais contenir en arrivant. C’est ainsi que je suis montée sur le Ring. KO. Et pourtant.

Et pourtant jamais combat ne fût aussi beau.

Dans le glossaire sur la boxe de Wikipédia, on peut lire à la lettre I : « Incertitude événementielle: caractère de ce qui ne peut être déterminé, connu à l’avance. Dans les sports de combat, l’incertitude donne une indication sur le caractère imprévisible du comportement adverse ». Partons de là. C’est une actrice, pas un acteur qui arrive sur scène, une belle jeune femme blanche en tenue de boxe (même pas le nez cassé), autour de laquelle le Ring se dessine au fil de l’exploration du texte.

Le 1er coup part, et c’est par le portrait intime et psychologique d’un homme (Mohamed Ali), qu’Alexia Vidal nous invite à entrer dans le jeu. Un texte long comme une bonne vingtaine de rounds alors qu’un match en moyenne ne durerait qu’une douzaine de rounds, voyez ? Mais un match de la vie en quelque sorte. Un match qui secoue le monde avec des mots pour se révolter et le mettre KO. Un match avec des coups mortels, douloureux, portés ou reçus, amorcés, esquissés par Adeline Walter dans un souffle gracieux et quasi unique durant l’intégralité du spectacle. Un texte qu’elle joue de manière très impressionnante, performante, incarné dans sa chair, par la viande qui frappe, qui porte des coups oui à la vie, à la toute-puissance, à la dignité, à la force, à la souffrance, sans jamais y mettre de point final.

En contrepoint de cette densité physique, un discret mais prenant travail de vidéo enferme ou libère ce corps, contredit la nudité du plateau : cadre du ring, évaporations de fumée, suave envol d'oiseaux sur un paysage d'Afrique, cette délicate scénographie prolonge la lecture induite par la comédienne : ça parle de coups, oui, de boxe et de corps, de rythme et de danse, mais ça parle aussi d'émancipation, de combat pour la reconnaissance des Noirs dans une Amérique raciste et violente, de révolte. Et quand résonnent, à la toute fin, les notes de « Strange Fruit » et que sont projetées sur le corps de la comédienne les images d'Ali en pleine démonstration de grâce, on se dit que ce texte et sa mise en scène réussissent l'impossible : faire de la politique en parlant de chair.

Sur la base de deux définitions du petit Robert : « Théâtre » et « Mouvementé », la compagnie Corps de passage (ou Cordes pas sages) basée à Avignon adapte le texte de Rémi Checchetto dans « un théâtre en mouvement, accidenté et vivant », inattendu, beau, dense, profond d’intelligence, impressionnant dans les choix de mise en scène, dans la scénographie et dans le jeu d’acteur, mêlant le corps au mot, la chair à la syntaxe, le sang aux battements d’ailes, la guerre aux papillons.

Certainement une des propositions les plus travaillées entre toutes celles ce que j’ai pu voir (avec cet autre : « Sur la Page Wikipédia de Michel Drucker il est écrit que ce dernier est né un douze septembre à Vire » de et par Anthony Poupard, mais toujours pas Francis Lalanne, non), « King du Ring » est la démonstration spectaculaire qu’un texte long et exigeant, saisissant par ses multiples lectures, peut être mis en scène et interprété brillamment.

Danielle Krupa / Allez Zou !

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23 juillet 2015 4 23 /07 /juillet /2015 16:33
Inaugurations
Inaugurations

Spectacle de la Compagnie La Mouline / Jean Pierre Bodin et La Clique sur Mer (79), vu à Villeneuve en scène, le 17 juillet 2015, à voir du 10 au 23 juillet à 18h, dans le cadre du Off 2015

Mise en scène : Jean-Claude Fonkenel

Texte : Jean-Pierre Bodin et citations de Paul Claudel, Jacques Copeau, Victor Hugo, Friedrich Nietzsche, Jean Vilar

Interprétation : Jean-Pierre Bodin, Michel Delage, Mathieu Dubois, Pascal Faidy, Aurélien Joyau, Jean-Jacques Luteau, Patrick Viaud

Genre : Théâtre musical

Public : Tout public

Durée : 1h30

Sous la pinède peuplée de Cigales stridentes, une fanfare à la chorégraphie municipale vient nous accueillir pour nous conduire sous le chapiteau. Après cette entrée en fanfare (facile), commence un discours très bavard pour inaugurer ce Palais Idéal Culturel.

A peine le temps de m’interroger sur cette introduction à l’orthodoxie décalée, nous racontant la création immémoriale de ce lieu de rassemblement où, depuis l’origine des temps, des humains se retrouvent pour se conter la vie et ses méandres surprenants, que me voila embarqué dans leur univers.

Pour illustrer cette diversité culturelle, nous suivons Jean-Jacques Luteau, formidable, dans les soutes imaginaires de ce navire. Tout en bruitage et en langage clownesque, il nous ouvre les portes sonores des entrailles de la culture, kaléidoscope de textes et de tirades emblématiques et très théâtrales, à la gloire de l’art sous toutes ses formes. Pourtant, rien d’élitiste. Uniquement de la générosité et l’envie de faire partager.

La mise en place du banquet, phase incontournable d’une inauguration, nous entraîne dans un ballet dadaïste, aux effluves Tatiesques, rehaussé de prouesses originales et drolatiques, à l’image de cette balançoire des verres ou du tapis rouge filaire.

Le discours du maire - de l’élu, de l’élite, du commanditaire ? - est un patchwork de phrases cultes, assemblées de façon surréaliste et percutante: « Si vous trouvez que la culture coûte cher, essayez l’ignorance » tonne-t-il. Pendant que, quelques minutes plus tard, les musiciens entonnent, verre à la main et biscuit sec de l’autre : « Qu’il est délicat cet art de savoir tremper son boudoir ». Un mélange de genre réjouissant, valorisant la culture, ses racines ancestrales tout en moquant parfois cet emballage mondain.

Difficile de commenter ce spectacle tonique et réjouissant, mélangeant les formes, les images et les sens. Mais on ressort joyeux, ému et heureux de cette immersion dans les entrailles de cette culture vivante, dont on illustre avec brio, la richesse et la multiplicité.

Merci !

Eric Jalabert

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