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Couv-cata2010 WebBonjour et bienvenue sur le blog de Vivantmag.
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Avec plus de 1.200 spectacles commentés sur ce blog, les correspondants Vivantmag - AdAdiff, ne se posent pas en censeur du spectacle, loin de là. Nous souhaitons seulement faire partager un point de vue, forcément subjectif, sur les spectacles que nous voyons. Chaque retour de spectacle est ouvert à vos propres commentaires, et n'hésitez pas à en laisser car ils enrichissent ce travail d'échange et de partage d'informations.
Pour faciliter la lecture des spectacles, nous mettons désormais en place un picto permettant de donner notre avis général sur le spectacle. En voici le détail :
Décevant
Moyen
Pas mal...
Bien !
On adore !!! 

les spectacles du Off 2014

Découvrez tous les spectacles commentés par les correspondants de Vivantmag, et présents sur le Off 2014 d'Avignon. Certains ont été vus à leur création, en salle ou sur d'autres festivals, ou sur des précédentes éditions du Off. Grâce à un travail de veille artistique tout au long de l'année, l'Adadiff met à votre disposition son équipe de correspondants et vous permet de disposer d'un regard extérieur et indépendant pour faciliter votre choix. Commentaires ici...

22 mai 2015 5 22 /05 /mai /2015 20:13
Le Porteur d'Histoire
Le Porteur d'Histoire

Spectacle de la Compagnie Mises en capsules (75), vu le 23 avril 2015, au Centre Culturel Léo Malet, à Mireval (34)

Ecriture et mise en scène : Alexis Michalik

Avec : Benjamin Brenière, Magali Genoud, Evelyne Garby Klai, Régis Vallée, Patrick Blandin

Genre : Théâtre

Public : Tout public à partir de 12 ans

Durée : 1h40

Cinq comédiens en marcel blanc, pantalon noir, pieds nus, sont installés sur des tabourets de bois. Sur le plateau, des portants avec les costumes de la trentaine de personnages qu’ils vont interpréter. Les comédiens vont enfiler et abandonner ces vêtements au fil du récit, dans une sorte de ballet fluide et incessant, et en fond de scène, un grand tableau où ils vont dessiner ou inscrire des mots, des morceaux de phrases, des dates…

En préambule, on évoque un évènement mystérieux, la disparition en Algérie au printemps 2001, d’une femme et de sa fille… Quelques jours auparavant, elles avaient accueilli chez elles un voyageur égaré, surpris de découvrir en ce lieu isolé du désert une bibliothèque extrêmement fournie et riche d’ouvrages rares. Ce voyageur, c’est le porteur d’histoire, qui entreprit alors de raconter à ses hôtesses une histoire, son histoire...

Ainsi tout a commencé en 1988 alors que lui, Martin Martin, s’était rendu dans les Ardennes pour enterrer son père mort subitement. La découverte inopinée, quoique très rocambolesque, d’un mystérieux manuscrit, va bouleverser sa vie et le conduire à la recherche des descendants de l’auteure, Adelaïde Edmonde de Saxe de Bourville, dernière survivante d’une famille maudite, dont l’origine remonterait dans la société matriarcale des Lysistrates, dans la Grèce antique.

Nous voilà embarqués pour un voyage dans l’HISTOIRE, particulièrement bien documenté, agrémenté de nombreuses escales dans des histoires personnelles, plongés dans un récit à tiroirs, fait d’allers/retours dans le temps et dans l’espace, sautant d’une histoire à l’autre… Les faits et les personnages, réels ou imaginaires (la Révolution française, la colonisation de l’Algérie, Marie-Antoinette, Adelaïde de Saxe, le frère de Martin émigré au Canada, Michel Leborreux, croquemort descendant d’une famille de bourreaux, Alexandre Dumas, Alia, Jeanne...) se croisent, s’entrechoquent, à tel point qu’on est parfois un peu perdus dans ce tourbillon ! Qu’importe, ce récit d’une extrême densité nous tient en haleine comme un feuilleton littéraire à la Dumas. C’est le but recherché, nous passionner, nous divertir avec cette incroyable chasse au trésor, nous « faire croire »… Peut-être aussi au passage, nous faire réfléchir sur les errances, et les erreurs, des individus et des sociétés.

J’ai pour ma part retrouvé avec jubilation mon âme d’enfant, au long de ce récit porté par des comédiens talentueux, une mise en scène précise, des éclairages bien dosés, une lumière rasante, associée à des fumigènes, qui vous emmène dans un autre monde, un accompagnement sonore bien étudié, le tout auréolé d’une musique discrète et envoûtante. Et je me suis demandé pourquoi cessait-on un jour de nous lire ou nous raconter des histoires ? La tradition orale semble s’être perdue, particulièrement dans nos sociétés modernes et urbanisées, et avec elle sa capacité de rassemblement des individus et des générations.

Heureusement que des Alexis Michalik sont là pour nous faire rêver ! Mais, franchement Alexis, est-ce bien sûr qu’Adelaïde Edmonde de Saxe de Bourville n’a jamais existé…? Certes je n’ai rien trouvé à son sujet (oui, j’ai cherché !!) mais cela n’est pas une preuve !!

Cathy de Toledo

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22 mai 2015 5 22 /05 /mai /2015 19:51
La Petite Sirène à la mode sétoise
La Petite Sirène à la mode sétoise

Spectacle de la Compagnie BAO (34), vu le 27 avril 2015 à la Vista, Montpellier (34), en séance scolaire

Adapté librement du conte d’Andersen

Adaptation et mise en scène : Jordi Cardoner

Avec : Marick Revollon, Françoise Bocccadifuoco, Jordi Cardoner

Genre : Comédie jeune public

Durée : 50 min

Public: A partir de 5 ans

Création 2015

Une tenture bleutée où nagent de petits poissons cache le décor. Puis, le poète chanteur Georges Valéry apparaît en maillot de bain 1900 à rayures, affublé de tuba et palmes. En préambule, et en vers (c’est le moins que puisse faire un poète !!), il nous livre son sentiment sur les changements environnementaux qui ont modifié le milieu marin, l’aspect des poissons, leur donnant parfois une allure bizarre (preuves à l’appui...!), et même influé sur le chant des sirènes, qui chantent désormais comme des casseroles (ce que nous allons bien vite pouvoir vérifier) !


Enfin la tenture est escamotée. Au milieu d’un décor utilisant matériaux et plastiques de récupération, significatif de la pollution des mers (bouteilles qui constitue un rideau illuminé, rocher marin composé d’énormes sacs poubelles, gros bidon en plastique), trônent Ariel, la sirène sétoise aux longs cheveux bleus, et son ami le poulpe Pouffre. Bien que très impliquée dans ses leçons de chant, elle est tenaillée, malgré l’interdiction formelle du Vieux Triton son père (belle composition de Jordi), par l’envie d’aller à la recherche de sa mère, partie vivre à terre avec un humain. Et Ariel désobéit, émerge en pleines joutes de la Saint Louis à Sète, et tombe amoureuse d’un jouteur tombé à l’eau, lors d’un affrontement mémorable, et qu’elle vient de sauver... Après quelques aventures terrestres, Ariel retrouve enfin sa mère, sa voix… et rentre à la maison !


Encore une fois, le BAO fait preuve d’une belle inventivité à l’écriture et d’une énergie sans faille à la mise en scène. Deux des comédiens enchaînent les rôles et les changements de costumes qui vont avec, costumes d’ailleurs très réussis, notamment la petite sirène et la dorade. Quelques poissons-marionnettes s’agitent sur l’étal de la poissonnerie, prouvant ainsi que le poisson est vraiment très frais à Sète !! L’action est ponctuée de chansons entraînantes, reprises en chœur par un public scolaire très attentif.

J’ai eu un peu de mal dans les premières minutes à m’habituer à l’accent sétois un peu trop « forcé » et au langage très local, surtout pour ce qui concerne le « pouffre » (j’ai appris ce mot typique de « l’île singulière » !), mais c’était un peu le but avéré de Jordi Cardoner, « régionaliser » cette histoire, et en faire un spectacle burlesque qui permette d’attirer l’attention des jeunes (mais pas seulement) sur la pollution du milieu marin. Mais le spectacle est encore tout jeune… laissons lui le temps de la « maturation ».

Cathy de Toledo

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22 mai 2015 5 22 /05 /mai /2015 19:40
Le Grenier de Séraphine
Le Grenier de Séraphine

Spectacle de la Cie Lutine (34), vu à la médiathèque Garcia Lorca, Montpellier (34), le 6 Avril 2015, 10h30

De et avec: Ludivine de Wavrechin
Mise en scène : Xavier Gernet
Costumes : Michèle Azéma
Création graphique et
vidéo : Cédric de Wavrechin
Scénographie : Nicolas Gal

Genre: Théâtre musical

Durée: 40 min.

Public: 2 à 7 ans

Création 2014

C’est le matin de la rentrée. Séraphine, jeune institutrice, a besoin du précieux cartable de sa grand-mère Mamico. En fouillant dans le grenier, elle retrouve toute son enfance, part à la pêche aux souvenirs et revit des sensations oubliées. Elle qui a toujours aimé jouer, elle hume l’air, danse, chante, joue des scénettes, délaissant un peu la recherche du cartable, qui finira par se montrer !

Les enfants présents ce jour-là à la médiathèque sont très jeunes, entre 10 mois et 3 ans. En décor, le bric-à-brac d’un grenier : un coffre, un vieux landau, un gros pouf, un mannequin de couturière… Par une petite fenêtre à la géométrie fantaisiste, on aperçoit le soleil se lever. Un air de guitare et des chansons complètent la tranquillité de la scène. Lorsque Séraphine bondit sur scène, un balai à la main, nous sommes tout de suite dans l’action, dans une ambiance très joyeuse. Vêtue d’une robe mauve en harmonie avec le décor, elle chante, pleine d’entrain, « Par où je commence…? » Dans ce capharnaüm poussiéreux, elle découvre et brandit ici un pantin, là un doudou, ailleurs un crapaud, ou une poupée, ... tous les jouets de son enfance, qu'elle salue en vieilles connaissances avec une gaieté communicative. Et la voilà qui joue, qui joue, qui joue, oubliant quelque peu le cartable ! La comédienne s'adresse aux jeunes spectateurs dans un langage d'adulte clair et simple, évoque toutes sortes de sensations avec des pantomimes comiques. Enchaînant à un bon rythme chants, danse et déguisements, L.de Wavrechin dévoile ses nombreux talents. J'ai été séduite par un étonnant jeu de marionnettes où de vieilles chaussettes sales, enfilées sur mains et pieds de Séraphine, jouent le « carnaval de l’odorat » en chantant. Les adultes ont apprécié autant que les enfants ! Au milieu du spectacle, la petite fenêtre s'ouvre sur la nuit et Séraphine chante une berceuse à sa poupée sur fond musical au saxo. C’est une jolie pause bien amenée, sans effet de rupture. Tout le long de la représentation, les bébés sont très attentifs, les plus âgés rient et participent volontiers. C’est un succès.

Ce spectacle réjouissant est le résultat d’un minutieux travail de création en équipe. La scénographie et les qualités esthétiques du décor méritent de s’y attarder car l’agencement du grenier n’a rien d’anodin. Il rassemble en effet d’authentiques objets anciens chargés de sens et soigneusement relookés dans des teintes à dominante mauve. L’ensemble dégage une harmonie qui évite l’éparpillement de l’attention et la dispersion du regard. De rares objets rouges (nez de clown, tête de pantin) ajoutent un certain piquant. Quant à la petite fenêtre sur laquelle sont projetées des paysages de rêve, elle donne une respiration au grenier en l’ouvrant sur l'extérieur. Le propos est bien mené, dans cette parenthèse ludique ouverte par la recherche d'un vieux cartable. La comédienne bouge beaucoup, mais sa manière d'occuper l’espace laisse visiblement aux spectateurs le temps de regarder, sentir, écouter, rêver. Enfin, la musique et les chants, agréables, m'ont souvent fait penser à une comédie musicale pour petits.

"Le Grenier de Séraphine" aborde en musique et avec bonne humeur le plaisir du jeu avec ses implications sensorielles. Il convient aussi bien aux intérêts des enfants de classes de maternelle qu'à ceux de 6-7 ans. Les accompagnants adultes seront sensibles à l’esthétique soignée et à l'humour du spectacle.

A noter que ce spectacle se joue préférentiellement au sol. La scénographie est telle qu'il garde une bonne visibilité.

Catherine Polge

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15 mai 2015 5 15 /05 /mai /2015 21:29
Lune Jaune, La Ballade de Leila et Lee
Lune Jaune, La Ballade de Leila et Lee

Spectacle de la compagnie Le Théâtre Exalté (69), vu à l’Hexagone (Grenoble), le 09 avril 2015

Mise en scène: Baptiste Guiton

Musique: Sébastien Quencez

Avec: Emilie Chertier, Grégoire Isvarine, Jérôme Quintard, Tiphaine Rabaud Fournier

Genre: Théâtre

Public: Jeune public (lycée)

Durée: 1h30

Elle, c’est Leila, lui c’est Lee, mais tout le monde l’appelle Stag. La pièce démarre sur la présentation de ces personnages, deux adolescents qui vivront une course-poursuite digne d’un polar américain. Leila, la Silencieuse, est une bonne petite. Elle a de bonnes notes et ira sûrement à la faculté de lettres. Lee, tout le monde le connaît, le proviseur, le conseiller d’orientation, l’assistante sociale… Leurs vies basculent le jour où Lee poignarde son beau-père parce qu’il lui a volé sa casquette.

"Alors, tu viens ou tu viens ?" scande Lee à Leila. Et ils fuient ensemble vers l’Ecosse, pour retrouver le vrai père de Lee.

Baptiste Guiton, metteur en scène de la pièce, relève le défi du théâtre-récit. La structure narrative de "Lune jaune" alterne en effet entre du dialogue (respectant le principe de la double-énonciation classique au théâtre) et une voix narrative. Cette dernière corrige, précise ou même dément parfois les évènements qui ont été décrits par le dialogue. Est-ce que les personnages nous mentent ? Cette voix représente-t-elle l’écart entre ce qui est pensé et ce qui est réellement fait ? Je craignais que cette question ne soit réglée à coup de vidéos et voix-off. Mais quelle agréable surprise ! La seule présence de la vidéo est une projection sur un panneau, style arrêt de bus, repère vertical dans une scénographie très proche du plateau. Cela crée de petits bouts d’images subliminales qui attirent l’œil, ou non, discrètement, et inscrivent la pièce dans un road-movie. Le théâtre-récit sera donc géré par les acteurs qui oscillent constamment entre personnages et commentateurs avec succès.

Les comédiens sont par ailleurs tous excellents. Jérôme Quintard chantant "Take on me" (et deux fois en plus !), cela aurait déjà pu suffire à mon bonheur (je suis particulièrement fan de cette chanson, il faut l’avouer). J’attendais particulièrement les comédiens jouant les personnages de Leila et Lee, y étant très attachée après avoir lu la pièce. Grégoire Isvarine a largement surpassé mes attentes en créant un Lee juste, très humain, très loin de la caricature. Le duo qu’il forme avec Tiphaine Rabaud Fournier était tout simplement tendre et sincère. Et enfin Emilie Chertier établit la prouesse d’intégrer du comique dans des personnages pourtant tragiques, sans que cela ne soit aucunement risible.

Sébastien Quencez signe une création musicale retranscrivant de manière très juste l’univers développé par David Greig, auteur de la pièce. J’ai particulièrement apprécié que la majorité des compositions soient jouées par lui-même sur scène, parfois accompagné des comédiens. Je ne suis pas particulièrement fan de rap, et pourtant, j’ai adoré celui de Stag. Je suis particulièrement fan de blues et j’ai été servie, merci.

"Lune jaune, La Ballade de Leila et Lee" est une pièce de théâtre jeunesse s’adressant plutôt aux adolescents, elle décrit ce que Baptiste Guiton définit comme "un rite dégressif". C’est en retrouvant leurs racines, et celles du monde, que Leila et Lee grandissent et se débarrassent des peurs de l’adolescence.

Doriane Thiéry

(Photo de Michel Cavalca)

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15 mai 2015 5 15 /05 /mai /2015 18:23
Deux Amis
Deux Amis

Spectacle de la Cie Moustache (34), vu au théâtre Gérard Philipe, Montpellier (34), le 28 Mars 2015, 21h

D'après une nouvelle de Maupassant (1883)

Ecriture et mise en scène: Philippe Hassler

Avec: Sarah Amiel Hassler, Robert Tousseul, Philippe Hassler

Création chants et musique : Sarah Amiel Hassler (guitare, accordéon, chant)

Décors et Costumes : Rémi Daviaud

Genre: Théâtre musical

Public: Tout public à partir de 12 ans

Durée: 1h05

Création 2015

Cette nouvelle d‘à peine quelques pages se déroule à Paris pendant la guerre de 1870. Chaque dimanche, deux paisibles boutiquiers parisiens, Morissot et Sauvage, sortent de Paris et rejoignent toujours le même point de pêche en bord de Seine. Tranquilles et peu bavards, ils se lient d’amitié. Mais quand Paris est assiégé par les Prussiens, les deux amis en sont réduits à rêver devant une absinthe, jusqu'à ce qu'ils obtiennent un laissez-passer. Et les voilà au bord de l'eau, inquiets de la proximité des ennemis, mais heureux car la pêche est bonne. Surgit un officier prussien qui les accuse d’espionnage et les somme de donner le mot de passe des avant-postes français sinon c’est la mort. Ils se taisent et sont fusillés.

Coup de cœur pour ce spectacle dont le texte, le jeu théâtral et les recherches artistiques, alliés à une grande rigueur, procurent une telle richesse d'émotions! Musique, théâtre, chants et peinture s'y associent avec bonheur. La pièce s'ouvre sur une impression de bien-être: en fond de scène, les rives verdoyantes d’un fleuve tranquille (projection d'une toile de Boudin). Dans une ambiance pleine d'humour bon-enfant, Sauvage (P.Hassler) et Morissot (R.Tousseul) pêchent et pique-niquent. Quelques mots, quelques gestes, dévoilent un peu de leur vérité intime et tissent pudiquement leur amitié. S.Amiel rythme les dimanches de pêche à la guitare ou à l'accordéon. Transparente pour les deux amis et sans connivence avec le public, sa présence crée une bonne distanciation, avec quelques astuces de mise en scène amusantes. Dans Paris assiégé, une toile de Toulouse-Lautrec campe magnifiquement l'atmosphère ambiguë du troquet où S.Amiel incarne Renée, patronne accorte. Saluons les belles chansons réalistes de sa composition. Le jeu des deux hommes attablés ménage de nombreux et beaux silences qui en disent long. J'ai bien aimé les voir ensuite dévaler une prairie (de Sisley), excités et bravaches comme des gamins tandis que des bruitages de combats rendent l'atmosphère menaçante. Toujours fortement présent et rythmé dans le spectacle, le temps se fige brutalement comme dans un éclair de flash lorsque la guerre happe les deux amis. C'est un instant dramatique où, dans un décor devenu sépia (Monet), Sauvage et Morissot ne sont déjà plus qu’un souvenir photographique. On comprend qu'ils ne reverront pas « le temps des cerises » chanté par un chœur de femmes en noir. Le destin des deux hommes est scellé par S.Amiel, officier prussien cynique très crédible. Les trois comédiens sont toujours excellents. La mort courageuse des deux amis, émouvante sans pathos, est suivie d'une mélodie fredonnée qui ouvre une belle échappée. Bravo pour cette belle alliance d'impressionnisme et réalisme!

L'ensemble est superbe, avec une recherche de perfection dans les détails. Tout en respectant la concision, les nuances et les observations réalistes propres à Maupassant, P.Hassler nous offre une création personnelle et originale. Le décor minimaliste limité à la projection de toiles de l’époque impressionniste intègre tout harmonieusement: postures, gestuelle, costumes, accessoires, éclairages, bruitages. Texte et musique, écrits conjointement, donnent une impression aérée et se complètent. Enfin, petite entorse bienvenue au récit de Maupassant qui débute avec le siège de Paris, nous assistons ici à la première rencontre de Morissot et Sauvage. L’amitié n’en paraît que plus solidement ancrée dans des instants de bonheur partagé.

C’est un spectacle d'excellente qualité et accessible. Il plaira autant pour cette belle histoire d’amitié et de courage, pour la valeur des plaisirs simples, que pour sa musique, son intensité dramatique ou tout simplement pour Maupassant et un très bon moment de théâtre! Tous publics.

Catherine Polge

Autre spectacle de la compagnie publié dans le blog Vivantmag

http://vivantmag.over-blog.com/2015/04/le-but-d-une-vie.html

 

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7 mai 2015 4 07 /05 /mai /2015 10:43
Merlin l'enchanteur
Merlin l'enchanteur

Spectacle de la Cie la Briganderie (34), vu au Kawa Théâtre, le 21 avril 2015, Montpellier (34)

Écriture, mise en scène: Julien Köberich

Avec: Fanny Balesdent et Julien Köberich

Genre: Théâtre

Public: Jeune public à partir de 4 ans

Durée: 45 min.

Le rideau s’ouvre sur un joli décor, même s’il est très encombré de toiles d’araignée et de poussière… ! Merlin rentre de voyage et retrouve ses établis remplis de fioles, potions magiques, et son grimoire géant, mais aussi la fée Viviane, endormie dans sa maison… Celle-ci a décidé que Merlin devait lui apprendre quelques-uns de ses tours de magie, même s’il s’évertue à lui rappeler qu’il n’est pas magicien mais enchanteur. Viviane déploie de nombreux arguments pour arriver à ses fins, et obtenir de Merlin, qui n’est pas insensible à son charme, ce qu’elle veut !

Le public est sollicité, en particulier pour dicter à une Viviane ensorcelée, des comportements d’animaux choisis au hasard, ce qui est évidemment très drôle, et Merlin se moque gentiment d’elle ! Revenue à elle, Viviane continue de n’en faire qu’à sa tête, ouvre le grimoire interdit de Merlin et utilise les formules magiques qu’elle ne maîtrise pas. Aussi se retrouve-t-elle transformée en marionnette ! Bien qu’averti en rêve qu’il allait être emprisonné, Merlin laisse Viviane utiliser l’un de ses philtres et se retrouve piégé dans ses filets… Mais est-il prêt à renoncer à ses pouvoirs par amour ?

Quelques tours de magie, tours de passe-passe, des chansons, un solo de flûte, quelques pas de danse exécutés par la très charmante Fanny Balesdent, qui arbore une jolie tenue vaporeuse blanche, font de ce spectacle un très agréable divertissement pour le jeune public.

Cathy de Toledo

(photo: Cie la Briganderie)

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7 mai 2015 4 07 /05 /mai /2015 10:18
The Sunset Limited
The Sunset Limited

Spectacle de l'association Je Pars à Zart (34), vu à l'Outil Théâtre, Montpellier (34), le 22 Mars 2015, 19h

D'après une pièce de Cormac McCarthy (2006)

Traduction: Gérôme Ferchaud

Mise en scène: Théo Le Perron

Avec : Gérôme Ferchaud et Jean-Yann Verton

Lumières: Nils Doucet

Genre: Théâtre

Public: Adultes et adolescents

Durée: 1h30

Création 2015

Cette pièce très sombre de C. McCarthy n’a jamais été publiée en Français. Je Pars à Zart donne ici une première traduction.

Black, le Noir, vient d’empêcher White, le Blanc, de se jeter sous un train et l’a emmené chez lui. Black a été maltraité par la vie. Il vient de sortir de prison et veut aider White à retrouver, comme lui, du sens à la vie grâce à la religion. White, professeur aisé, vit dans un autre univers. Nihiliste et désespéré, il ne voit d’autre issue que la mort. L’un parle de l’amour de Dieu, l’autre refuse la main tendue et veut absolument réussir son geste. Leur conversation sur le sens de l'existence se fait à mots très durs et tourne à l'affrontement. Quelques instants de complicité n’effacent pas leur incompréhension mutuelle: deux mondes s’affrontent en noir et blanc. La pièce s'achève sur une ambiguïté autorisant le spectateur à donner sa propre conclusion.

Nous sommes chez Black (J.Y. Verton). Le décor évoque un grand dénuement et White (G.Ferchaud) se montre choqué par cette misère. Tout oppose les deux hommes et l'intrigue joue de ces contrastes en noir et blanc jusqu'à la provocation, que les comédiens expriment avec un jeu sobre mais intense. La bonne volonté de Black se heurte aux refus de White (G. Ferchaud) dans une véritable chorégraphie qui rappelle un combat de boxe: observations, échanges vifs qui claquent, esquives, réactions violentes. L’espace lui-même semble en tension et je ressens l'épaisseur de l'atmosphère. J’ai apprécié l'évolution du jeu au fil de l’action. Un premier affrontement, et l'on perçoit une incommunicabilité radicale. Les mouvements, la voix, les colères de Black, c'est toute l'assurance et l'enthousiasme du nouveau converti. A l'opposé White reste d'abord légèrement en retrait, mais tout chez lui montre qu'il en veut à son sauveteur. Et brusquement au milieu de la discussion, un repas, étonnant armistice, introduit un peu de banalité dans leurs relations ainsi qu'un peu d'espoir chez moi! mais brutalement White change: sa voix enfle et claque et, dans une longue explosion de colère, tout son corps hurle le désespoir: il veut mourir. Eprouvant... Très paradoxalement White m'a donné l'impression de vivre enfin: sans doute est-ce un effet du jeu de G.Ferchaud. Black de son côté abandonne ses prêches et semble physiquement concentré sur une très ancienne fureur, peut-être celle de l'ancien Black, avant la découverte de Dieu. Bravo à tous les deux! Bien mené, profond et émouvant, ce très bon spectacle laisse des traces.

J'étais un peu secouée (et je n'étais visiblement pas la seule) après avoir assisté à un tel combat! Ce spectacle est si fort qu'il peut longtemps vous coller à la peau, mais il n'est pas déprimant. Porteur de sens, il pousse à la réflexion et la dureté des dialogues s’inscrit dans un certain nombre de réalités psychologiques et sociales qui dépassent le contexte américain. Le rythme constamment soutenu crée un réel suspense. C'est du beau théâtre, à voir absolument, mais pas avec des enfants, bien sûr.

N.B.: Le Sunset Limited est un train joignant la Floride à la Californie, en passant par le sud des USA.

Catherine Polge

Autre spectacle de la compagnie publié sur le blog Vivantmag

http://vivantmag.over-blog.com/article-music-hall-118690925.html

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Published by Catherine Polge - dans Spectacle Adultes
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2 mai 2015 6 02 /05 /mai /2015 21:33
En voyage avec Sacha
En voyage avec Sacha

Spectacle de la Cie Carambole (34), vu au théâtre Le Sillon, Clermont-l'Hérault (34), le 20 Mars 2015, 10h30, en séance scolaire

D'après l'album "Le Monde de Sacha" (K. Dacenko et E.Cometto, 2013)

Adaptation, écriture musicale, jeu: Véronique Merveille

Création vidéo: Martin Roux-Merveille

Création son: Laurent Roux

Genre: Spectacle musical

Public: Jeune public dès 3 ans

Durée: 30 min.

Création 2015: première avec des élèves de l'école de musique de Clermont-l'Hérault

Le théâtre accueille 6 classes d’enfants de maternelle et primaire pour une première représentation d'un spectacle étonnant. Dans une ambiance féérique de créations vidéo, V.Merveille propose aux jeunes spectateurs un voyage sensible dans la nature en compagnie de Sacha. Sympathique petit personnage coloré et rieur, Sacha est d'abord une silhouette fugitive à peine entrevue. Au long du spectacle, chacune de ses apparitions-surprises le révèle un peu plus. V.Merveille crée là un univers brillant, drôle et riche en sensations. Accompagnée par des interprètes de l'école de musique, elle associe harmonieusement de bonnes créations musicales, des chansons, des murmures, rythmes, bruitages mélodieux, dessins, mouvements dansés. A petites touches elle apprivoise finalement Sacha : est-ce son enfance ? La nôtre ?

C’est un beau spectacle impressionniste construit sur des sensations physiques que les enfants vivent en général intensément dans la nature: douceur de l'herbe, rythme de la pluie, passage du vent, chant des grillons, etc. Autant d'instants fugitifs que V. Merveille accompagne sur un rythme tranquille et rassurant, en dansant, fredonnant, chantant, s'accompagnant au psaltérion (instrument à cordes avec archet), ou... en se contentant de respirer. Le bruit de cette respiration qui se découpe sur le silence est fascinant. J'ai aussi été séduite par un mur musical constitué de verres à eau accrochés dans un grand cadre. Chaque verre rempli à un niveau différent produit une note précise et les coups de baguette de l'artiste en tirent de jolies mélodies. En solo ou à plusieurs, les membres de l'orchestre participent activement au spectacle: ainsi, sur un bel air de clarinette, voici V. Merveille juchée sur un escabeau pour rejoindre l’arc-en-ciel ! Les créations vidéo transforment le décor et, simultanément, proposent un ballet d'images plein de virtuosité. Les enfants ont bien participé et ri. Dommage qu'une rupture de rythme ait provoqué un décrochage lors d’un moment musical très beau mais trop long pour les jeunes spectateurs. Rappelons que le spectacle n’en est qu’à ses tout débuts et peut évoluer, car il séduit déjà par sa créativité, la diversité des talents qu'il révèle et sa scénographie soignée.

Ce spectacle ambitieux mais accessible baigne les jeunes spectateurs dans un faisceau harmonieux d'expressions artistiques et peut leur permettre de donner du sens à leurs impressions. Vu en famille, "En voyage avec Sacha", peut donner aux adultes l'occasion de faire un petit tour du côté de sensations oubliées.

La Cie propose aussi une version allégée du spectacle avec enregistrement des partitions des musiciens.

Catherine Polge

Autre spectacle de la compagnie publié dans le blog Vivantmag

http://vivantmag.over-blog.com/article-nom-de-code-pope-123441250.html

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Published by Catherine Polge - dans Spectacle Jeune Public
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2 mai 2015 6 02 /05 /mai /2015 17:49
Silence, on tourne !
Silence, on tourne !

Spectacle du groupe Pockemon Crew (69), vu au Chai du Terral, St Jean de Védas (34), le 17 Mars 2015

Dir. artistique : Riyad Fgani assisté d’Abdelhafid Sous

Musique: Alexis Roure

Lumières et scénographie: Arnaud Carlet

Et les neuf danseurs de la Cie

Genre: Danse hip-hop, break dance

Public: Tous à partir de 7 ans

Durée: 55 min.

Création 2015

Ce groupe né en 1999 en rassemblant des artistes de rue, fut longtemps en résidence à l'opéra de Lyon. Champion dans l’univers de la compétition "battle" et fortement investi dans la formation, Pockemon Crew crée des spectacles d’inspiration diversifiée.

Aujourd'hui le monde du cinéma rencontre celui du hip-hop. La salle est comble. Devant nous, un plateau de tournage où les danseurs, enchaînant des mouvements de break dance, installent du matériel de cinéma, circulent, balayent, s’entraînent ou font des bouts d'essais tandis que le metteur en scène, un peu dépassé, gesticule. Ça chauffe sur ce plateau, en groupes, en duos, en solos: mouvements aériens, tours sur 360°, chutes sur le dos, postures figées, jambes écartées ou tendues, tourbillons sur la tête, sauts périlleux, mouvements désarticulés ou ondulants. Le tout est varié et élégant, avec des enchaînements rapides, des pantomimes, des ralentis cinématographiques suivis d’accélérations fulgurantes. Je devine une grande force physique en amont de cette créativité. C'est très expressif, avec des clins d’œil au monde du cinéma et plusieurs scènes franchement comiques. Au terme de ces 55 minutes de préparatifs frénétiques, le metteur en scène, énervé et armé de son porte-voix, peut enfin crier "action !... silence! on tourne!" ... fin du spectacle. La salle accompagne les saluts acrobatiques de la fin en claquant des mains. Grand succès auprès des plus âgés comme auprès des plus jeunes.

Un beau travail de lumière accompagne les mouvements avec de très beaux effets, que ce soit pour des éclairages typiquement cinématographiques, ou pour donner du relief aux danseurs, jouer des ombres et des couleurs: je n'oublierai pas le jeu magique de l'un des artistes, seul face à son ombre. La musique rythme l’action, aussi bien avec un air de music-hall des années 40, qu'avec du jazz, de la guitare, du rock, ou même des sons de boîte à musique, et peut passer d’un rythme calme à des répétitions lancinantes. Des bruitages de machinerie de cinéma complètent l’ambiance. Bravo!

Avec ce tout nouveau spectacle, Pockemon Crew ouvre les structures traditionnelles de la break dance en intégrant ses figures acrobatiques dans un scenario saupoudré d’humour. C’est à la fois éblouissant et réjouissant. Cette démarche très créative est à soutenir car elle donne une belle visibilité à la culture hip-hop et à la break dance en particulier. Pour tous les âges et tous publics curieux de découvrir la richesse de cet art et lui reconnaître la place qu’il mérite. A noter que ce spectacle exige un bon espace scénique.

Catherine Polge

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2 mai 2015 6 02 /05 /mai /2015 17:38
Dix histoires drôles sur la connerie de la guerre
Dix histoires drôles sur la connerie de la guerre

Spectacle de la Cie du Capitaine (34), vu au théâtre Gérard Philipe, Montpellier (34), le 14 Mars 2015, 21h

Ecriture et mise en scène: Julien Masdoua

Avec: Marion Trintignant et Julien Masdoua

Musique: David Rigal et Robert Tousseul

Genre: Théâtre

Durée: 1h30

Public: Tous dès 12 ans

Création 2006

Le titre annonce le thème et le style : soit, en dix sketches, l'absurdité de la guerre, où l'adjectif "drôle" se décline sous toutes ses significations, jusqu'au renversement en son contraire, "pas drôle du tout". Vues à travers les prismes de l'armée, des enfants, des politiques, etc., voilà, saisies à vif, dix tranches de vie qui flirtent avec la mort. Ce reporter, ces gradés ou ces soldats, cette réfugiée et son bébé, cette prisonnière et son tortionnaire, ces dirigeants cyniques, ces enfants joueurs, tous nous rappellent ce que nous croyons savoir de la guerre et de son bruit de fond auquel nous nous habituons... L'angle humoristique délibérément choisi par la Cie du Capitaine amplifie les ambiguïtés et les contradictions de questions telles que le droit de tuer, le pacifisme, la torture...

En amont de la création du spectacle, J.Masdoua a collecté de nombreux témoignages lors de rencontres et d'entretiens (ONG, associations), en retenant situations ou détails qui donnent son expression de vérité au spectacle. L'auteur ne recule pas devant des scènes très fortes où l'absurde sert de miroir grossissant au cynisme, à la bêtise, à l'iniquité, à la cruauté. Mais il arrive qu'un soupçon d'empathie affleure sous la cruauté imposée par "les règlements". Alors un soldat trouve une issue à ses contradictions ou un tortionnaire sombre dans le non-sens. Il n'y a ni apitoiement ni manichéisme, mais de la complexité, des hésitations, des revirements souvent sources de cocasserie. De là émerge l'étrange, et souvent bienfaisante, drôlerie du spectacle. Le texte est percutant grâce à sa grande concision, et crée du sens avec de véritables collisions verbales, comme dans cette expression "ex-tués et à tuer" définissant les soldats ou dans ce "fun de la guerre" qui anime un enfant soldat. J'ai ri... le public a ri... rire franc déclenché par l'absurdité, rire jaune devant la bêtise, rire "sombre" de dérision, et de nombreux silences sous l'impact de cette démonstration réussie. La fin du spectacle laisse perplexe sur l'avenir de la paix.

A un très bon rythme, les comédiens endossent des personnages typés et contrastés. Déplacements, gestuelle et voix donnent leur poids de réalité aux différents sketches. Tous deux expriment avec justesse cette "drôlerie" décalée des tragédies humaines, jusqu'à la plus sinistre bouffonnerie comme lorsqu'au milieu du spectacle un gradé s'adresse au public. Le ton reste toujours juste, en tension entre l'absurdité comique et la monstruosité. Bravo ! Musique, lumières et costumes participent à la réussite du spectacle.

Oui, on peut rire de la c... de la guerre. Oui, on peut en rire sans pour autant la transformer en farce ou en plaidoyer. Ce spectacle n'est ni antimilitariste ni de propagande. Fondé sur du vécu, il prend de la hauteur, donnant ainsi une belle démonstration de la liberté et de la puissance de la création artistique. Tous publics, évidemment !

Catherine Polge

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