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  • Site d'aide à la diffusion et à la programmation de spectacles vivants couvrant tous le grand Sud Est de la France, dédié aux programmateurs réguliers ou occasionnels, aux compagnies, mais aussi aux spectateurs.
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Couv-cata2010 WebBonjour et bienvenue sur le blog de Vivantmag.
Vous y trouverez l'ensemble des commentaires de nos correspondants sur les spectacles qui ont été vus. Ce service est en ligne en accès libre depuis février 2007.
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Découvrez sur le site www.vivantmag.fr, le catalogue des spectacles repérés... et l'ensemble des services de l'Association d'Aide à la Diffusion Interrégionale du Spectacle Vivant, l'AdAdiff.
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Avec plus de 1.200 spectacles commentés sur ce blog, les correspondants Vivantmag - AdAdiff, ne se posent pas en censeur du spectacle, loin de là. Nous souhaitons seulement faire partager un point de vue, forcément subjectif, sur les spectacles que nous voyons. Chaque retour de spectacle est ouvert à vos propres commentaires, et n'hésitez pas à en laisser car ils enrichissent ce travail d'échange et de partage d'informations.
Pour faciliter la lecture des spectacles, nous mettons désormais en place un picto permettant de donner notre avis général sur le spectacle. En voici le détail :
Décevant
Moyen
Pas mal...
Bien !
On adore !!! 

les spectacles du Off 2014

Découvrez tous les spectacles commentés par les correspondants de Vivantmag, et présents sur le Off 2014 d'Avignon. Certains ont été vus à leur création, en salle ou sur d'autres festivals, ou sur des précédentes éditions du Off. Grâce à un travail de veille artistique tout au long de l'année, l'Adadiff met à votre disposition son équipe de correspondants et vous permet de disposer d'un regard extérieur et indépendant pour faciliter votre choix. Commentaires ici...

31 juillet 2016 7 31 /07 /juillet /2016 18:36
1 Air  2 Violons au Théâtre
1 Air  2 Violons au Théâtre

Spectacle de la Cie 1 Air 2 violons (69), AVIGNON OFF 2016, théâtre ARTO, à 12h50 du 07 au 31/07

Interprètes : Caroline Cuzin-Rambaud, Jason Henoc

Mise en scène : Patricia Thévenet

Genre : Spectacle musical

Durée : 55 min

Public : Tout public à partir de 8 ans

Au fond de la scène, derrière une double porte capitonnée rouge à hublots, les artistes se préparent dans leur loge avant le concert. Les deux violonistes, en grande tenue de concert, vont se produire en direct sur les ondes d’une radio musicale. De fait la présentatrice nous annonce un concert de musique classique.

Mais bien vite, la concertiste semble s’ennuyer et commence à se laisser distraire par tout et n’importe quoi. Elle agace son partenaire, qui finit par se déconcentrer, et l’entraîne vers une sorte de pot pourri où se mêlent de nombreux styles musicaux. D’un arrangement à une improvisation, d’un air d’opéra à une danse irlandaise, d’un tango langoureux à une valse sur plateau tournant, les propositions s’enchaînent, jusqu’à une czardas tzigane endiablée pour clore cette envolée. Et tout cela sans jamais lâcher leur violon, dans des positions fantaisistes ou improbables, sans s’exprimer autrement qu’avec leur instrument et leurs mimiques !

Ces deux charmants musiciens ne se prennent pas au sérieux, mais en vrais professionnels, malgré les facéties et les gags, ils nous livrent une prestation millimétrée. Ils démontrent que même un instrument réputé "sérieux" comme le violon, peut être utilisé avec fantaisie. On peut ainsi s’amuser et donner du plaisir à ceux qui sont venus vous voir et vous entendre. Encore faut-il être talentueux, mais vous l’aurez compris, ils le sont. Et le public familial qui composait l’assistance les a remerciés chaleureusement.

Cathy de Toledo

Published by Cathy de Toledo - dans Spectacle Tout public
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31 juillet 2016 7 31 /07 /juillet /2016 17:42
Le secret de Fabula
Le secret de Fabula

Spectacle de la Cie Mam’s prod (94), AVIGNON OFF 2016, Grand Pavois, à 15h30 du 07 au 30/07

De : Marjorie Garcia et Aude Sappey Marinier

Mise en scène : Julie Cordier

Avec : Emma Santini, Eva Gentili, Simon Legendre, Marjorie Garcia

Genre : Théâtre musical

Public : Tout public à partir de 5 ans

Durée : 1h

Tout commence dans la bibliothèque de Marjaude, la gardienne du Codex, vieux livre magique qui ouvre le passage vers Fabula le pays où tous les personnages des contes prennent vie. Quelqu’un a volé le code secret qui garantit la paix à Fabula. Marjaude envoie son aide bibliothécaire Merlin enquêter sur place et découvrir le coupable.

Merlin va croiser le chemin de Blanche Neige, la Belle au bois dormant, mais aussi la Chatte Beauté. Cette sorcière va tenter de l’embrouiller, et lui fait croire que Mouchette, héroïne d’un conte inachevé de Perrault, est coupable, alors que c’est elle-même qui l’a manipulée ! Bien sûr, Merlin et Mouchette tombent immédiatement amoureux, et après avoir vaincu la Chatte Beauté, reviennent ensemble dans la bibliothèque de Marjaude.

C’est le prétexte à une comédie musicale dynamique, mêlant danses et chansons, dans un décor plutôt réussi, alliant vidéo, fumigènes, effets lumières, bruitages. Sans oublier de beaux costumes, en particulier pour les "Fabuliens", ce qui évidemment contribue au merveilleux ! C’est finalement plutôt une performance technique, où le jeu théâtral vient en second plan. Les personnages manquent d’épaisseur, en particulier Merlin, peu convaincant. Mais peut-être joue-t-il à merveille son rôle d’égaré au pays de Fabula !

Alors même si je n’apprécie pas particulièrement ce genre de prestation, un peu trop "télévisuelle" à mont goût, il semble néanmoins que le public ait apprécié. Je classerais donc ce spectacle au rang d’un divertissement familial agréable et, dans la catégorie, il est plutôt de bonne tenue.

Cathy de Toledo

Published by Cathy de Toledo - dans Spectacle Jeune Public
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31 juillet 2016 7 31 /07 /juillet /2016 17:37
Petit boulot pour vieux clown
Source : catalogue en ligne off 2016
Source : catalogue en ligne off 2016

Spectacle de la Cie Paris Tenus (92), AVIGNON OFF 2016, Théâtre Vieux Balancier, à 12h45 du 07 au 30/07

De : Matéi Visniec

Mise en scène : Marie le Stanc

Avec : Jean Claude Barnicki, Grégoire Maréchal, Silvia Rossini

Genre : Comédie dramatique sociale

Public : Tout public à partir de 12 ans

Durée : 1h10

Création 2016

Le théâtre du Vieux Balancier est une petite salle de 44 places, espace tout à fait adapté à la pièce qui nous est proposée dont l’action se situe dans une petite salle d’attente confinée, enfumée, sans fenêtre, un lieu un peu oppressant. Un gars seul attend, assis sur une chaise avec un banjo. On entend des pas dans l’escalier. Arrive un autre gars, avec chapeau melon et valise. Ils se reconnaissent, ce sont deux vieux clowns qui ont travaillé ensemble dans le même cirque, il y a fort longtemps. La joie des retrouvailles est vite passée, et les vacheries commencent à pleuvoir…

Puis un troisième clown arrive, chapeau melon, chaussures et collerette rouges, qui connait aussi les deux autres. En fait, par le passé, ils ont constitué un trio chez Umberto, avant que leurs chemins ne se séparent. Ils ont répondu à la même annonce qui propose un contrat pour un vieux clown. Un seul boulot et ils sont trois... Bien vite chacun tente, en faisant étalage de ses tours miteux, de démontrer qu’il est le meilleur, que le boulot est pour lui, et que les autres sont ringards. Ils continuent de s’envoyer des amabilités à la figure et les choses tournent bientôt à l’affrontement. Rapidement, Peppino s’avère être au dessus du lot. Avec un de ses tours, pas vraiment drôle, il arrive à berner les deux autres qui, humiliés, vont s’acharner physiquement sur lui jusqu’à le laisser pour mort. Un de moins ! En entendant des pas dans l’escalier, Filippo et Nicollo décampent…

Cette comédie grinçante est jouée ici par deux hommes et une femme, pour trois rôles masculins. Cela m’a un peu troublée, mais pourquoi pas ? Par ailleurs, le texte de Visniec semble respecté, même si j’ai trouvé qu’il ne restait de cette "comédie dramatique" que le côté cruel, sans tendresse ni drôlerie. Ces trois clowns certes de la vieille école, dépassés, auraient pu faire rire. Mais ont-ils jamais été de "bons" clowns ? Peppino ne dit-il pas : "Un vrai clown ne rit jamais, c’est le public qui rit"?

Je n’ai pas réussi à me laisser embarquer dans cette histoire. Les personnages ne m’ont pas paru aussi décatis, pathétiques, au bout du rouleau qu’ils auraient dû l’être pour en arriver à tant de cruauté. Ce qui aurait pu générer malgré tout une certaine empathie, pour des êtres humains prêts à tout pour continuer à vivre… Ou bien n’étaient-ils pas suffisamment habités par leurs interprètes ? Ou alors, je n’ai tout simplement pas saisi le but recherché par le metteur en scène. Dommage, la musique entraînante "Entry of the gladiators" était de bon augure…

Cathy de Toledo

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31 juillet 2016 7 31 /07 /juillet /2016 08:30
Le bois dont je suis fait
Le bois dont je suis fait

Spectacle de la Cie Qui va piano (73), AVIGNON OFF 2016, Collège de la Salle, 15h15, du 07 au 30/07 sauf 12,19,25


Interprètes : Nicolas Devort, Julien Cigana
Mise en scène : Clotilde Daniau
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Genre : Théâtre
Public : Tout public à partir de 12 a
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Durée : 1h20
Création 20
16

Sur un plateau vide, deux comédiens vêtus de noir, avec pour seuls accessoires deux tabourets rouges, vont prêter vie aux sept membres d’une famille, que la mère, gravement malade, a rassemblés autour d’elle pour fêter Pâques, avant de mourir. Elle espère que le fils cadet et son père, fâchés depuis longtemps, vont se réconcilier. Mais si le conflit entre ces deux-là est avéré, l’apparente harmonie qui règne entre les autres membres de la famille ne va pas tarder à se fissurer et laisser émerger les rancœurs enfouies.

Le jeu des comédiens s’appuie sur une écriture précise, fruit d’observations attentives des relations familiales. Les personnages ne sont pas si caricaturaux qu’il y paraît. Le père tyrannique, limite pervers narcissique, décide pour tous sans tenir compte de l’avis des autres. Alors qu’elle va mourir, il ne prête même pas attention aux souhaits de son épouse. Ses réflexions blessantes envers son fils cadet et sa compagne tuent d’emblée toute tentative de réconciliation. Et l’on comprend très vite pourquoi Tristan s’est enfui et a refusé de se soumettre. Le fils aîné, lui, a suivi la voie tracée par le père, mais sa vie est loin de le combler.

Bref une galerie de portraits qui prennent vie par le talent de ces deux interprètes formidables, qui disparaissent derrière leurs personnages. Ils passent avec une fluidité confondante de l’un à l’autre, et on les suit sans peine, tant les voix et les mimiques de chaque membre de la famille sont évocatrices. On vit avec eux les règlements de compte inévitables, et le triste dénouement. Ces confrontations familiales réveillent fatalement des échos en chacun de nous. Heureusement l’humour n’est jamais très loin, qui aide à ne pas se laisser aller à l’émotion…

Je connaissais déjà Nicolas Devort dont j’ai pu apprécier les compétences dans "Molière dans tous ses éclats", et "Dans la peau de Cyrano". J’ai découvert aujourd’hui à ses côtés un autre comédien tout aussi talentueux, Julien Cigana.

Cathy de Toledo

Published by Cathy de Toledo - dans Spectacle Tout public
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30 juillet 2016 6 30 /07 /juillet /2016 20:52
Beethoven Metalo Vivace
Source : Cie M. Le Directeur ©DR
Source : Cie M. Le Directeur ©DR

Spectacle de la compagnie Monsieur le Directeur (31), vu le samedi 23 juillet 2016, à 19h, lors de la 19e édition des Trans’Cévenoles, Sumène (30)

De et avec : Christophe Bouffartigue

Genre : Cirque

Public : Tout public

Durée : environ 20 min (il existe également une version "numéro" de 7 min)

Création 2014

Singulière performance artistique que voilà. Un spectacle sur corde lisse servi par un artiste charismatique à l’humour grinçant, venu nous parler du Heavy metal symphonique… et nous montrer que Ludwig van Beethoven influence encore son temps au travers des musiques extrêmes. Alors, quoi de mieux pour cela que de l’interpréter à la guitare électrique sur une corde lisse ?!!

Christophe Bouffartigue, tiré à quatre épingles dans son costume en queue de pie, capte le public en quelques instants. Une familiarité s’installe si vite qu’il se fait applaudir avant même de commencer le spectacle ! Non ce n’est pas un écho du Palais des Papes en cette période avignonnaise, mais plutôt le public des Trans’ qui est en forme ce jour-là. Le temps est beau, la corde est accrochée sous un grand platane et les spectateurs sont à l’ombre sur une belle place… tout cela dans une ambiance bon enfant. Entre digressions sur ses origines toulousaines et l’âpreté de la langue "teutonne" (des détours qui m’ont fait parfois perdre le fil), notre nouveau Beethoven en pleine mutation passe d’une élocution distinguée à de terribles hurlements dissonants et autres grognements d’outre-tombe propres au Heavy metal, qui vont jusqu’à faire pleurer une petite fille assise devant. Mais attention, le Beethoven devenu Metalo est un improvisateur de talent, et c’est presto qu’il calme l’enfant tout en faisant rigoler l’assistance. Le public, non pas viennois mais suménois, est conquis. L’ascension de l’artiste peut commencer !

Les moments suspendus à la corde sont une belle démonstration de force et d’agilité, même si l’enchaînement des figures manque parfois de fluidité. Les numéros sont techniques, particulièrement ceux effectués avec la guitare en main. Cet instrument qui valdingue en tous sens pendant que l’artiste grimpe est d’ailleurs un spectacle impressionnant en soi ! Et ce faisant, notre Beethoven Metalo transcende la musique et le cirque avec... Vivacité, pour finir par s’écraser au sol dans une chute aussi rapide que magistrale. Mort de Beethov ?

Une chouette façon de dresser un pont entre les arts et les époques, et un succès mérité lors de cette représentation qui aura apporté un joli chapeau plein de pièces et de billets pour financer le nouveau modèle économique des Trans’Cévenoles (spectacles devenus en grande majorité gratuits).

Une leçon de corde(s) !

François Polge

Published by François Polge - dans Spectacle Tout public
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30 juillet 2016 6 30 /07 /juillet /2016 19:07
Vassilissa
Source : Pony Prod/Les femmes et les enfants d’abord
Source : Pony Prod/Les femmes et les enfants d’abord

Spectacle de Pony Prod/Les femmes et les enfants d’abord (75), AVIGNON OFF 2016, Collège de la Salle, 14h, du 07 au 30/07

D’après le conte russe "Vassilissa la très belle"

Avec : Elodie Vom Hofe

Mise en scène : Julie Cordier

Genre : Théâtre

Public : Tout public à partir de 4 ans

Durée : 45 min

Après la mort de sa femme, le papa de Vassilissa s’est remarié avec une méchante femme, mère de deux filles tout aussi méchantes : elles rabrouent la fillette en permanence, la font travailler, et ne pensent qu’à se débarrasser d’elle. Elles l’envoient un jour dans la forêt chercher du feu chez la sorcière Baba Yaga, avec l’espoir qu’elle ne revienne pas…

La comédienne, habillée d’une robe à la mode russe, évolue dans un décor fait de trois éléments. L’armoire centrale en s’ouvrant révèle, par un joli effet d’éclairage, la forêt magique multicolore dans laquelle Vassilissa part à la recherche de Baba Yaga. La jeune fille est accompagnée de la poupée à son image que sa maman lui a donnée avant de mourir, et qui lui donne du courage. Cependant, Baba Yaga n’est pas aussi méchante qu’on pouvait le craindre, elle est même plutôt marrante ! Mais avant de donner le feu à Vassilissa, elle lui impose des épreuves, choisies avec l’aide du public, que celle-ci réussit bien sûr brillamment. Tant et si bien que Baba Yaga décide d’aider Vassilissa à se débarrasser de sa marâtre et de ses filles.

La mise en scène est sans prétention mais ingénieuse, se basant sur l’utilisation du carton découpé à la façon du pop-up. La musique, inspirée des rythmes slaves, accompagne agréablement le spectacle. La comédienne seule en scène incarne tous les protagonistes du conte, ou leur prête voix, passant aisément de l’un à l’autre. L’ensemble constitue un joli divertissement que le jeune public semble avoir beaucoup apprécié. Mais est-il indispensable en fin de représentation de divulguer comment Elodie Vom Hofe passe du personnage de Vassilissa à celui de Baba Yaga ? Si les enfants avaient compris, c’est inutile, sinon, autant les laisser rêver…

Cathy de Toledo

Published by Cathy de Toledo - dans Spectacle Jeune Public
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30 juillet 2016 6 30 /07 /juillet /2016 17:31
Medina Merika
Source : H.Pace
Source : H.Pace

Spectacle de la Compagnie Nomade in France (42), vu au Théâtre du Gilgamesh, Avignon OFF, le 28 juillet 2016

Avec : Mario Guerrero, Toma Roche, Nestor Kéa, Georges Baux, Abdelwaheb Sefsaf

Texte et mise en scène : Abdelwaheb Sefsaf

Collaboration à la mise en scène : Marion Guerrero

Musique : Aligator (Baux/Sefsaf)

Genre : Théâtre, chants, musiques

Public : Tout public à partir de 10 ans

Durée : 1h30

Création 2015

"Le monde m'est apparu soudain comme un immense palais dont les pièces communiquent entre elles par mille portes grandes ouvertes : et nous étions sûrement capables de passer d'une pièce à l'autre par la grâce de notre mémoire et de notre imagination." Orhan Pamuk

Bluffés ! "Medina Merika", le spectacle de la Compagnie Nomade in France, ne se définit pas facilement tant il est dense, varié, riche de multiples modes d'expression, de plusieurs niveaux de lecture, de plusieurs tableaux en un va-et-vient entre l'histoire singulière d'Ali, le cinéaste assassiné, et l'Histoire des printemps arabes confisqués et l'ombre menaçante du fondamentalisme. C'est tout d'abord le texte magnifique d'un écrivain surdoué Abdelwaheb Sefsaf (il est aussi musicien, chanteur, comédien), librement inspiré du roman du Turc Orhan Pamuk : "Mon nom est Rouge". Un texte parfois tendre et poétique, souvent drôle et même féroce, jamais manichéen, toujours vif et subtil. L'histoire se raconte à plusieurs voix : le Mort, le Borgne, la Femme et le Chien. Cette multiplicité des points de vue crée une profondeur de champ d'autant que chaque voix n'est pas qu'une représentation symbolique mais bien un personnage habité et complexe.

Le Mort, tout d'abord, entre "Orient désorienté et Occident oxydé", construit sa propre expression artistique. Il est lui-même épanoui dans cette dualité, ancré dans sa tradition sans s'interdire sa passion qui est le cinéma américain. Et là, on pense bien sûr à Sefsaf lui-même, Franco-Algérien et homme de cultures. Parmi les autres voix, le Borgne (l'assassin) est difficile à cerner et par là même passionnant. Est-il seulement intéressé (image du businessman sans vergogne), est-il jaloux de la belle Lila, de l'attention du père de celle-ci qui est un maître artistique, est-il plus subtilement jaloux de ce qu'Ali est devenu en tant qu'humain? Le fondamentalisme s'infiltre, porté par l'hypocrisie. Lila, la Femme, vit sa dualité de femme arabe, tendre mère et amoureuse mais aussi femme libre plus difficilement que son mari. Car la femme est un enjeu dans un monde d'hommes, y compris en Occident. Quant au Chien, c'est un personnage extérieur, lucide, ironique et distancié, qui porte un regard sans concession sur la société qui l'entoure.

Les comédiens et les musiciens sont tous excellents. Ils savent tout faire : ils jouent dans la puissance ou la retenue avec une grande densité, ils explorent différents genres, ils chantent, ils dansent et on est transporté, ballotté, d'un monde à un autre, porté par des chansons (magnifiques Beirut et Bagdad) auxquelles répondent des images vidéos, relations de l'intime à l'universel. Une belle oeuvre, subtile et accessible, drôle et tragique, fusion de différents moyens d'expression, codes et genres, comme un appel à la rencontre.

Claire Beauvais

Note personnelle à l'auteur et aux comédiens/musiciens : "Les chiens fous ne font pas des chats, et tous les 'rats' sont dans la nature, surtout les rats grimés en lapins…"

Polar or not polar ? À l'orée d'une oasis se cache le cinéma, The Cinema, l'Actors Studio et sa flamboyance dépouillée, vue d'ici : Alger, Tunis, Beyrouth, Bagdad… Le jeune réalisateur en vogue, visionnaire et humble, a visité l'oasis, l'espace d'une courte vie de star. Et il tient un nouveau synopsis, fouillé, qui va bousculer les codes moraux… Puis, la forêt de Palmes, pleine d'eaux douces et de parfums, est redevenue mirage : le jaloux producteur, pseudo artiste et pseudo religieux, l'a assassiné. Ou bien est-ce juste une jalousie sinistre entre cinéastes, ou même la convoitise honnie de la femme de l'autre, jusqu'au meurtre. L'enquête viendra par un chien renifleur...

L'homme qui meurt montrera souvent sa foi vraie, son amour de l'autre, de l'universel ; la beauté de la Vie ensemble. Mais le libéralisme débridé, si neuf, est-il bien un pas vers la liberté, vers une révolution, un printemps arabe ? Le décor planté est urbain, grouillant, dynamique, contradictoire et volontairement labyrinthique, parce qu'il se nourrit d'une mosaïque de passions, de règles, de vies voulues ou non, de complots médiatiques, de pouvoir. Enfin, le scénario n'est qu'habit à une vision jeune, un zellige épris de liberté, d'émancipation féminine, d'autodérision, cerné par la misère, la violence conjugale, un Islam parfois rigoriste…Ici, ne vous y trompez pas, on prêche l'humour, le Rire, porté très haut, le verbe cru de la rue qui tranche comme une lame, exécute ce qu'a vu l'œil acerbe du conteur chanteur.

La musique électro world, samplée, chaloupée, mystique du Sud, méditerranéenne, entre en vous comme du Santal, du Lilas livré par Ibrahim Maalouf ou Bachar Mar-Khalifé ! Georges Baux et Nestor Kéa glissent avec raffinement entre les deux rives, entre les instruments acoustiques, les guitares, le oud et l'échantillonneur, la table de mixage. Les voix se répondent, s'apostrophent, offrant tribune à un Abdelwaheb Sefsaf gouailleur, une Marion Guerrero forte et sensible, ou un Toma Roche plus slameur... Une certaine fusion musicale qui porte le futur de nos plages d'écoute.

Grande baffe : les musiciens sont acteurs, le texte est musique, ça y est ! J' y suis ! Nous sommes dans un concert des "Mille et une nuits", comme un rêve party éveillé ! Si vous allez voir ce spectacle, qui sait le jardin que vous trouverez derrière une nouvelle porte?

Hervé Pace

Published by Claire Beauvais - dans Spectacle Tout public
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30 juillet 2016 6 30 /07 /juillet /2016 17:05
Et l'acier s'envole aussi

Spectacle du Théâtre du Maquis (13), vu au Fabrik'Théâtre, le 26 juillet 2016, dans le cadre du Festival Avignon Off

Auteurs : Guillaume Apollinaire, Madeleine Pagès, Pierre Béziers

Musique : Martin Béziers

Avec : Florence Hautier, Martin Béziers, Samuel Bobin

Genre : Théâtre musical

Public : Tout public à partir de 12 ans

Durée : 1h30

L'amour et la guerre, l'amour sublimé par la guerre, l'amour vital, l'amour comme une survie d'humanité, de beauté dans un enfer d'acier. Un soldat, de sa tranchée, écrit des lettres d'amour à sa bien-aimée. Le soldat, c'est Guillaume Apollinaire, il écrit à Madeleine Pagès, sa petite fée d'Oran, des lettres qui racontent tous les jeux de l'amour, de la séduction inquiète à la sensualité brûlante.

Nous sommes conviés à entrer dans cet univers par une mise en scène, en musique, en images, qui fait la part belle à l'imaginaire de chacun, qui suggère et évoque plus qu'elle n'assène. Le va-et-vient entre les lieux, les époques, la réalité et l'écriture se construit à travers le jeu de trois comédiens, une femme et deux hommes. Le dialogue amoureux n'est pas un dialogue, il est déjà soumis au temps, à l'absence, à la guerre, à la mort qui plane. Et par dessus tout, les textes d'une fluide beauté de Guillaume Apollinaire exaltent la volonté des humains de vivre et d'être heureux.

Claire Beauvais

Published by Claire Beauvais - dans Spectacle Tout public
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30 juillet 2016 6 30 /07 /juillet /2016 16:12
Casablanca'41
Source : H.Pace
Source : H.Pace

Spectacle de la Cie Golem Théâtre (38), vu le 26 juillet 2016, en intérieur, au Théâtre du Centre, Avignon(84), dans le cadre du Festival Off d'Avignon

Avec : Bruno La Brasca, Jacques Pabst, Muriel Sapinho, Frederika Smetana

Mise en scène : Michal Laznovsky

Scénographie : Daniel Martin

Genre : Tragédie presque burlesque

Public : Dès 15 ans

Durée : 1h15

Création 2016 pour Avignon

1941; Un bateau, le Fata Morgana, est au départ, depuis un moment… Ses passagers, certains sans papiers, attendent ce nouveau départ avec fébrilité, mais les évènements se précipitent et s'entrechoquent, à nu, durs, ou encore latents, tout en tension psychologique, au cours de ce conflit lointain qui se rappelle à eux tellement, et qui est aussi ici un conflit d'identités, de quête et de don de soi. Théâtre maritime et iodé. Exotique et troublant. Et en même temps profondément humain. Humain, comme humaniste.

Le grand jeu ; la trilogie d'amour, de mort et de faux-semblants. Le subtil contrepoint tissé par le jeu des acteurs nous interroge beaucoup sur la véracité des personnages, leurs liens, leur mythomanie… On oscille toujours entre rire (jaune) et larmes franches. Une sorte de slackline, où tout comédien évolue sur le fil, entre terre et mer, entre vertige et réalité, entre espoir et enfer.

Pour le public, une mise en abyme subtilement menée, intimiste ou globale, selon son point de vue, comme "Les faucons de nuit" d'Edward Hopper. Car nous parlons bien ici d'un accessit, le ticket gagnant vers l'Amérique. Et le Monde est en guerre, n'est-ce pas ?

"Pourtant, c'est un beau monde, non ?" (dans le texte)

Hervé Pace

L'exil, le départ, n'avoir plus rien, n'être plus rien qu'un être humain qui veut sauver ce qui était lui. Ils sont quelques réfugiés, juifs, communistes ou petits hommes ordinaires sur un bateau. Ils attendent le départ vers l'Amérique. Chacun se raccroche à une identité, des identités, presque toujours factices. Et à l'intérieur, bien cachée, le réfugié porte sa vie d'avant qui n'existera plus, qui est déjà morte comme tous ces morts qu'il a laissés derrière lui. Pourtant, son rêve est de revivre ce temps où " je n'imaginais pas qu'on puisse me tuer".

Zpevacek est ce petit homme tranquille, qui aime la vie, à l'image de millions d'autres dont la vie sera fracassée par la persécution. S'il apparaît un peu insignifiant, un peu ridicule au début, il nous touche d'autant plus quand on perçoit l'étendue de cette bonté toute simple faite de politesse, d'amour pour les siens, d'attention bienveillante. Bruno La Brasca l'incarne avec une grande sensibilité passant de la caricature burlesque à une profondeur tendre et lyrique. La mise en scène, subtile, explore les rapports entre ces êtres suspendus entre l'avant et l'après qui se cherchent, s'aident, se repoussent, font le deuil de leur passé et commencent à reconstruire. Elle est servie par des comédiens dont le jeu, tout en nuances, fonctionne à chaque instant en relation avec les autres, retissant de l'humanité par cette émotion qu'ils nous transmettent.

Cette réalité de la migration et de l'exil, une des facettes de la condition humaine depuis son origine, le dramaturge et metteur en scène tchèque Michal Laznovsky l'a explorée dans plusieurs œuvres de fiction ou documentaires. Il signe avec "Casablanca'41" sa première pièce écrite en français. Il nous livre aujourd'hui un spectacle émouvant et tendre d'une brûlante actualité qui nous rappelle à quel point chaque humain, même pris dans un drame collectif, reste une histoire unique.

Claire Beauvais

Published by Hervé Pace et Claire Beauvais - dans Spectacle Tout public
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30 juillet 2016 6 30 /07 /juillet /2016 16:00
Le road movie cabaret

Spectacle de La Marguerite et les Pro'jacteurs (47), vu le 26 juillet 2016, au Théâtre du Petit Louvre, dans le cadre du festival Avignon Off

Spectacle et mise en scène : Samuel Borys

Avec : Céline Cohen, Pierre Chadelle, Jean-Luc Daltrozzo, Jimmy Daumas, Cedric Moulié

Genre : Théâtre musical

Public : Tout public à partir de 5 ans

Durée : 1h12

"Et je me disais que ces clochards célestes m'apporteraient la lumière." Jack Kerouac

Ils sont cinq, les vagabonds célestes de Sebastian qui sillonnent l'Europe, chanteurs et bateleurs mais SDF pour les pays qu'ils traversent, " les pays qui ne veulent plus d'eux". Ils chantent leur vie, la misère, l'enfance, la tendresse, la paresse, l'amour, dans une diversité de lieux et d'époques qui nous font voyager dans l'histoire du monde.

Chacun trimbale une histoire un peu cabossée, une douleur ancienne et rentrée. Et chacun a trouvé dans la troupe une famille qui lui tient chaud, une raison d'espérer "quand on se dit que c'est fini, que ce monde est foutu".

Les comédiens sur scène sont à l'image de ces artistes sur la route : pleins d'une énergie communicative et du plaisir de jouer ensemble. Ils nous offrent un spectacle où le visuel coloré, dynamique et évocateur n'a rien à envier au son.

Un spectacle qui rend heureux.

Claire Beauvais

Published by Claire Beauvais - dans Spectacle Tout public
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