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Couv-cata2010 WebBonjour et bienvenue sur le blog de Vivantmag.
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Avec plus de 1.200 spectacles commentés sur ce blog, les correspondants Vivantmag - AdAdiff, ne se posent pas en censeur du spectacle, loin de là. Nous souhaitons seulement faire partager un point de vue, forcément subjectif, sur les spectacles que nous voyons. Chaque retour de spectacle est ouvert à vos propres commentaires, et n'hésitez pas à en laisser car ils enrichissent ce travail d'échange et de partage d'informations.
Pour faciliter la lecture des spectacles, nous mettons désormais en place un picto permettant de donner notre avis général sur le spectacle. En voici le détail :
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les spectacles du Off 2014

Découvrez tous les spectacles commentés par les correspondants de Vivantmag, et présents sur le Off 2014 d'Avignon. Certains ont été vus à leur création, en salle ou sur d'autres festivals, ou sur des précédentes éditions du Off. Grâce à un travail de veille artistique tout au long de l'année, l'Adadiff met à votre disposition son équipe de correspondants et vous permet de disposer d'un regard extérieur et indépendant pour faciliter votre choix. Commentaires ici...

25 avril 2017 2 25 /04 /avril /2017 17:13
Elle est à vous

 

Spectacle de la compagnie Les Palétuviens (94), vu le 26 mars 2017, au Théâtre Saint-Léon à Paris (15e).

 

De: André Barde (livret) et Maurice Yvain (musique)

Adaptation : Hélène Haag, Stéphane Auduc, Jean-Sébastien Règue

Mise en scène et chorégraphie : Hélène Haag

 

Genre : Opérette en 3 actes

Public : Tout public

Durée : 1h50 (hors entracte)

 

"Elle est à vous" nous entraîne dans une atmosphère délurée où les surprises ne manquent pas. Non loin du théâtre de boulevard et du vaudeville, la pièce s’appuie sur un genre populaire avec des dialogues entrecoupés d’airs d’opéra. L’art de l’opérette ne se prive pas de second degré. Ce théâtre lyrique aux allures burlesques, parodiques et satiriques, reste un genre peu connu et l’association Les Palétuviens a le mérite de le mettre en lumière.

 

La troupe compte 60 personnes, musiciens compris. "Elle est à vous" est le fruit d’un travail collectif. Chacun a mis la main à la pâte. Les décors amateurs dessinent un tableau de type "trompe-l’œil" en arrière-plan. Plus réalistes, les costumes et accessoires nous font voyager dans le temps avec la beauté des robes du style années 1930. Les rideaux s’ouvrent et nous voici à la "belle époque".

Une belle époque qui n’est pas pour autant idéalisée par l’auteur, André Barde (1874-1945) qui critique ouvertement les rapports sociaux, leurs failles et faiblesses ; que ce soit dans le monde du travail ou dans le lit conjugal voire extraconjugal. Le déséquilibre entre "employés" et "patrons" est symbolisé par deux panneaux fléchés indiquant deux directions à prendre, deux trajectoires différentes. Les questions d’inégalité sociale sont également abordées avec l’opposition de l’Homme blanc et de l’Homme noir qu’incarne un professeur de conduite. Quant à la dimension comique, elle surgit au travers d’histoires de tromperies et de cocuage. Les ingrédients du vaudeville sont là. Du drame, de la poésie, une comédie légère fondée sur des malentendus et des quiproquos.
Le titre de l’opérette, "Elle est à vous", prend tout son sens lorsqu’on découvre le rôle central qu’occupe la femme dans ces histoires de liaisons. Un personnage d’une jeune ingénue émancipée. Une secrétaire amoureuse d’un mécano. Une femme qui trompe son mari, concessionnaire de voitures, avec l’un de ses subalternes. Quand il la surprendra dans une situation compromettante, il imposera alors aux deux tourtereaux de se marier : "Elle est à vous !", dira-t-il à son employé. Ce dernier connaîtra une ascension sociale grâce à sa passion pour la course automobile qui le placera en haut du podium.

 

Des personnages déjantés. Un texte qui permet d’en jouer. Une mise en scène éprise d’une certaine liberté (même si l’on ne comprend pas forcément les apparitions soudaines, pour le moins farfelues, de Tintin, Bécassine ou Charlot…). On y trouve du théâtre, du chant et même quelques pas de danse. L’opérette est un genre complet. Bien plus que de simples interludes musicaux, les paroles chantées arrivent dans la continuité des conversations et doivent être entendues pour cerner le sens de la pièce. Mais il n’est pas toujours évident de saisir correctement les mots prononcés, souvent dominés par la puissance de l’orchestre "en live" et peu audibles par manque d'articulation.

On se laisse malgré tout embarquer, même s’il peut falloir un certain temps pour rentrer totalement dans cet univers original et folklorique où les maladresses font parfois partie du jeu, sans que l’on sache toujours comment appréhender ce côté "décalé". En tout cas, le spectacle est le fruit d’un travail remarquable qui nous fait ressortir requinqué. Le public se met d’ailleurs à chanter l’une des chansons phares avec le refrain "pouet-pouet" tout en frappant des mains. Il faut dire que le compositeur Maurice Yvain (1891-1965) est connu pour sa précision rythmique et ses pièces fantaisistes aux influences jazzy mêlant fox-trot, charleston, java ou paso-doble.

 

Les Palétuviens ont déjà réalisé plusieurs représentations au Théâtre Saint-Léon pour y jouer un autre spectacle l’an dernier ("L'Oeuf à voiles"). Des sièges peu confortables, mais de l’espace avec une large scène, de nombreux rangs dans le public et un balcon. Dans la salle comble, les enfants restent minoritaires mais le fond et la forme de l’opérette "Elle est à vous" restent accessibles à tous. Les couleurs et les mouvements donnent une dynamique, même si l’on peut s’interroger sur la longueur du format : 50 minutes pour l’Acte 1 suivi d’un entracte, puis une heure pour l’Acte 2 et l’Acte 3 réunis. L’attention du spectateur peut parfois vaciller, mais la passion des chanteurs et comédiens brûle. L’orchestre, placé devant la scène, ponctue le spectacle et souligne les rebondissements dans une suite de notes entraînantes.

 

Lauren Muyumba

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14 avril 2017 5 14 /04 /avril /2017 16:41
Ceux qui naissaient
Ceux qui naissaient

Spectacle de la compagnie Le Cri du Lombric (34), vu le 05 février 2017, au Théâtre de la Reine Blanche à Paris (75).

 

Avec : Pierre-Alexandre Culo, Thibault David, Irène Le Goué, Camille Mouterde

Mise en scène : Marianne Griffon et Camille Mouterde

 

Genre : Théâtre, danse
Public : Tout public
Durée : 1h15

 

"Ceux qui naissaient" réussit avec subtilité le pari de mettre le divertissement et l’art au service de la culture et de la science. Le transhumanisme devient un sujet accessible, qui, au lieu de tomber dans une forme de carcan intellectuel, suscite la curiosité et l’intérêt des spectateurs avec dérision, rêverie et poésie. Une pièce contemporaine jouée avec brio, dans laquelle le public se retrouve à la fois témoin, spectateur et personnage, afin de nous interroger ensemble sur le devenir du corps humain.

 

"Bonjour ! Bienvenue dans l'institut". Avant même d’entrer dans la salle de spectacle, une femme nous accueille en blouse blanche et nous fait mettre des chaussons blancs comme à la crèche. Tout est bien pensé pour que le public se sente directement impliqué. Une manière de le faire entrer dans la ronde du cercle scientifique ou de planter le décor d’une salle d’attente pour le plonger instantanément dans le milieu hospitalier. En tout cas, c’est bon de se laisser surprendre. Et pour couronner le tout, le spectacle a lieu dans la salle Marie Curie.

 

Le spectacle a tout d’abord le mérite d’aborder un thème qui est loin de figurer parmi les classiques. "Ceux qui naissaient" sort du lot. Le transhumanisme inspire engouement, espoir, inquiétude, doute… Les nouvelles technologies vont-elles sauver l’humanité ? Sont-elles un remède contre notre finitude ou représentent-elles un danger ? Les évolutions scientifiques soulèvent un véritable débat éthique et le théâtre peut être aussi le moyen de provoquer l’éveil des consciences. En nous projetant dans un futur imaginaire, la pièce propose un tableau nuancé, sans parti pris. 

 

"Ceux qui naissaient" interroge sur notre finitude, mais bien sûr, tout commence à la naissance. Le titre est bien choisi. Dès le départ, la métaphore des spermatozoïdes personnifiés par des comédiens en justaucorps blancs, nous fait entrer dans un univers original et intrigant. Ils parlent et gesticulent aux pieds des spectateurs assis en cercle pour délimiter le plateau. La chaleur du pancréas, surnommé "paradis rose", contraste avec la dureté de la vie extérieure. Des jumeaux représentent à la fois les similitudes et les différences inhérentes à l’existence. L’inégalité et la compétition commencent dès la vie intra-utérine avec la course aux spermatozoïdes. "Les abîmés" désignent les chromosomes porteurs de handicap ou de maladie génétique.

 

Face aux facteurs "risque" et "chance", la pièce dresse un tableau métaphorique de ce que pourrait être la vie de demain, en allant plus loin dans les expérimentations scientifiques et la lutte contre les déficiences. L’inégalité entre les êtres peut-elle être compensée par la science ? Faut-il mettre des limites ? Peut-on aller contre la nature ou utiliser ses vertus à bon escient ? Doit-on s’inspirer des OGM pour le corps humain ? Des questions graves sont abordées avec recul, tournées en dérision ou sublimées par la danse. Le ton n’est pas moralisateur mais permet, au contraire, de faire naître une multitude d’interrogations sur un sujet parfois tabou qui a peu d’aura médiatique, alors qu’il concernera les générations futures et s’invite déjà dans notre présent.

 

La peur de la mort illustrée par une comédienne qui tombe dès que ce mot est prononcé, un homme qui se transforme en sirène, des cris qui oscillent entre souffrance et folie, des humains qui ressemblent davantage à des robots… Le spectateur peut y voir l’absurdité de la course effrénée de l’Homme vers la longévité. "Ceux qui naissaient" rend compte de questions existentielles sans pathos ni manichéisme. Des faits réels sont évoqués, comme la possibilité de choisir les traits de son enfant (on le voit déjà aux Etats-Unis), le clonage ou encore la médecine anti-âge. Puis ces réalités sont extrapolées à travers l’invention d’un institut qui promet une forme d’immortalité. Une opération risquée, avec des individus totalement déshumanisés appelés par leurs numéros.

 

Dans cette atmosphère allégorique, teintée d’une lumière tamisée, tout est fait pour retenir notre attention. On ne décroche pas, on ne part pas dans des rêveries. La mise en scène est propre, travaillée et ciselée, tout en restant fluide. Une heure quinze de spectacle, juste ce qu’il faut pour éviter les longueurs, avec de bons ingrédients pour ponctuer la pièce : interventions dans le public, épisode musical rock’n’roll, chorégraphie poétique… La danse et le mouvement tiennent une place importante pour illustrer les capacités insoupçonnées du corps humain. Le jeu des interprètes sonne juste. Ces jeunes comédiens sont bluffants par leur naturel, ne manquant pas de nous surprendre lorsqu’ils viennent s’asseoir dans le public.

 

La réaction des spectateurs est enthousiaste. Pas besoin d’être un expert pour apprécier la pièce, même si la compagnie a su attirer des spécialistes en la matière. Déjà trois débats ont été organisés avec des scientifiques par Le Cri du Lombric. La troupe montpelliéraine jouera dans le Sud de la France au mois d’août et espère, à l’avenir, pouvoir présenter le spectacle dans des hôpitaux et des instituts, l’idée étant de faire avancer le débat en organisant des spectacles suivis de conférence.

 

"En France, le milieu de la recherche transgénique reste très encadré et tourne surtout autour de la question de la réparation, explique à la sortie du spectacle Marianne Griffon, co-metteuse en scène. Concernant l’amélioration de l’être humain, la peur de l’inconnu et le verrou éthique restent les principaux blocages. Pourtant, la recherche scientifique est en marche et tend vers cette direction".

 

Lauren Muyumba

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11 avril 2017 2 11 /04 /avril /2017 16:39

Film "Phase IV " de Saul Bass, mis en musique par le groupe de noise rock "Morse", vu dans le cadre de la 55e rencontre cinématographique de Pézenas, au cinéma de Pézenas, le 17 février 2017.

 

 

Brigade de chroniqueurs : Annie, Jacqueline, Didier, Isabelle, Grégory, Mehdi et Eliska

 

 

Première chronique de la saison. Dans le cadre des 55e rencontres de cinéma de Pézenas, nous était proposé un ciné-concert autour du film "Phase IV" de Saul Bass et du groupe hardcore "Morse" de Montpellier (des bouchons d’oreilles étaient proposés au public à l’entrée). "Phase IV" est donc un film de science-fiction de Saul Bass de 1974 (en fait, son seul film), dont je n’avais jamais entendu parler auparavant, mais reconnu comme un talentueux et important graphiste de son époque. Ainsi, il a travaillé avec Hitchcock, Otto Preminger, Kubrick et Scorsese. Son film a pour thème la menace pour l’humanité d’une espèce de fourmi mutante dans le désert d’Arizona n’ayant plus de prédateur naturel et voulant coloniser et dominer le reste de la planète. Ainsi, ces fourmis éliminent un couple de fermiers dont la petite fille est recueillie par deux scientifiques. Ceux-ci sont chargés de comprendre et de combattre ces fourmis depuis leur laboratoire, assistés d’ordinateurs et divers appareils de mesure. Voilà donc le combat des Hommes face à ces fourmis intelligentes et douées de stratégie. Dès les premières images, le gros son, lourd, hypnotique, la voix gutturale du chanteur (propre au genre), apportent un climat de crainte et de menace omniprésent. Quelle improbable et pourtant véritable osmose entre les images de ce film des années 1970 (certaines lumières m’ont fait penser au film “More” de Barbet Schroeder de 1969) et cette musique hardcore des années 1990, à tel point que l’on pourrait presque penser qu’elle soit la bande-son originale du film. Présenté comme une expérience, ce ciné-concert fût une belle surprise, très originale, donc je garde encore aujourd’hui le souvenir d’un très bon moment. Jean-Marie 

Dès les premières images du film, je relève que la bande cinématographique est ancienne mais la présence musicale in live apporte une réalité présente : hier et aujourd'hui se côtoient dans les premières minutes. Comme si j'étais là, à la fois, ce jour et ailleurs dans le temps. L'espace temporel réduit, le saut quantique mis en expérience ! S'agitent en moi le suspense et l'inquiétude dégagés par les images du film révélant, peu à peu, l'ampleur de la thématique souhaitée par le cinéaste Saul Bass. Son thème est fort bien rehaussé par la présence des musiciens dont les choix judicieux de l'accompagnement, soit du volume qui augmente crescendo, soit de la sonorité redoutable de la voix, élèvent la part énigmatique de ce film. La rythmicité des instruments électroniques divers associée à la voix sortie des ténèbres scandent ou transcendent les questions philosophiques que j'entrevois dans le scénario. Est interpellée, questionnée, chahutée la conscience : l'humain que nous sommes doit-il maintenir l'acception judéo-chrétienne convenant que l'Homme est au-dessus des animaux dans la phylogenèse du Vivant ou serait-il plus sage de regarder la réalité universelle nous invitant à nous percevoir animal, cousin des autres espèces vivantes ? La dernière image me laisse sans voix. La phase IV arrive trop brutalement : je suis chavirée. Tout va trop vite... Deux jours plus tard, je constate les traces de l'originalité expérientielle, ces empreintes indélébiles qui me font dire : bravo ! Yes ! Oui belle prouesse que je salue. Mais irai-je la revivre ? Non. La fracture entre le monde scénarisé et le mien, est trop violente.  Annie

Quand je suis arrivé dans la salle de cinéma, je me suis senti disposé à voir le film. La salle était confortable, le cadre agréable, l'accueil également. Malheureusement, je n'ai rien compris au film car c’était en anglais. J'ai beaucoup de mal avec le sous-titrage… Je ne peux pas en dire plus sur l’histoire vu que je n'ai rien pu en saisir. J’ai trouvé le scénario trop complexe pour en dire quelque chose… Heureusement qu'il y avait l'orchestre ! J'ai beaucoup aimé ce qu'ils ont joué avec les instruments. C'est grâce à la musique que j'ai gardé un bon souvenir. Mehdi

J'ai eu un peu de mal à entrer dans l'histoire, peu impressionnée par des bêtes minuscules, facilement grillées, facilement empoisonnées. J'ai été ensuite frappée par leur persévérance, leur nombre, leur volonté et leur dévouement à leur reine, qui les font avancer vers la victoire et le pouvoir de façon de plus en plus puissante et menaçante. J'ai frissonné en découvrant, à plusieurs reprises, la marque du travail aussi discret que destructeur de ces fourmis tueuses : les petits trous ronds alignés qui signent leurs méfaits. J'ai ressenti une angoisse devant l'étroit tunnel descendant qu'emprunte le jeune savant et qui l'emmène vers on ne sait quel destin. Mais le scepticisme, l'incrédulité, ne m'ont pas quittée pendant tout le film, qui n'a pas emporté mon imagination ni touché ma sensibilité. L'originalité de cette soirée était dans la performance des musiciens qui ont accompagné le film. Je suis admirative de cette performance, qui s'est accomplie dans la discrétion et l'efficacité. Je suis reconnaissante aux instrumentistes d'abord d'avoir respecté mes oreilles, en modérant la puissance des sons : je n'ai pas utilisé les bouchons d'oreilles. Je les remercie de nous avoir permis d'écouter les dialogues originaux du film projeté en VOSTF. J'ai beaucoup apprécié l'atmosphère qu'ils ont créée, suggérant l'angoisse ou la terreur avec leurs sons lancinants. Que me reste-t-il de ce ciné-concert ? Le souvenir d'un délicieux objet kitsch, ce film daté, qui m'a fait sourire plus qu'il ne m'a impressionnée. L'admiration pour cette contribution de musique vivante et créative aux projections de films, une formule que l'on ne peut qu'encourager lorsqu'elle est réalisée de façon aussi heureuse que lors de ce vendredi. Jacqueline

Je me sentais  heureuse en allant au cinéma ce soir-là. En entrant, j’ai été agréablement surprise, les fauteuils étaient confortables, je me sentais à l’aise. Hélas, pour moi, le film était incompréhensible. Pourtant j’ai bien vu qu’il était très original mais le thème était trop scientifique pour moi. Pas un moment je n’ai cru au scénario. Je n’ai pas pu me mettre dans la peau du personnage. J’ai pourtant bien aimé la réalisation technique du film, la photographie était intéressante et la durée de plans rapides. J’ai adoré le groupe de musique : bien placés sur le coté de la scène, ils ont mis l’ambiance notamment durant les dialogues. Et après ? Le soir quand je me suis couchée, j'avais l'impression que les fourmis m'attaquaient les yeux… Eliska

Quel film ! Un film qui m’a marqué lorsque je l’ai vu… la première fois, il y a 40 ans. C’est une ode à l’intelligence. Il ne parle que de ça : l’intelligence. Vous croyiez que les fourmis n’en avaient pas ? Erreur ! Le film le démontre. Vous pensiez que les humains en avaient plus que tout ? Erreur là aussi. Vous imaginiez même, peut-être, comme ce savant barbu dans le film, que l’orgueil, la foi en la technologie et la sensation d’être plus fort parce que plus imposant et armé, pouvaient tenir lieu d’intelligence ? Erreur encore. L’intelligence n’est rien sans son moteur intuitif. La reine des fourmis le sait bien, voilà tout. Le deuxième savant et la jeune femme l’ont également bien compris, parce qu’intuitivement, justement. Et quel plaisir que de revoir cette mise en scène de la technologie de pointe de l’époque, avec ses écrans cathodiques monochromes, ses bandes perforées et ses quelques malheureux octets perdus, bien que  vaillants et précieux, dans des ordinateurs de la taille d’un buffet de cuisine. Il est juste dommage que la fin n’ait pas été projetée, le film s’arrêtant au début de la phase IV, un comble ! Il manque la fin ! La fin de l’histoire avec la seule image concrète qui me restait et que j’avais très envie de retrouver. Cela m’a tellement surpris que je me suis retrouvé dans l’incapacité, lorsque les lumières se rallumèrent, d’applaudir les musiciens de Morse. D’ailleurs ils le furent peu et, vraiment, ça méritait mieux, mais voilà ! Il doit y avoir une raison à tronquer ainsi une réalisation, une histoire issue d’un autre temps, et j’ignore laquelle. J’espère juste que cette raison est bonne. Ce que je peux ajouter avec un peu de recul, c’est que la fin tronquée qui nous a été présentée est positive et ouvre la porte à la notion d’espoir, alors que la vraie fin du film telle que je m’en souviens est tout le contraire : non seulement sans espoir, mais l’être humain a trouvé son maître et, qui plus est, bien plus petit que lui. Pourquoi pas après tout ! Néanmoins, je trouve l’idée initiale bien plus intéressante avec ses perspectives de réflexions et de remises en question. Didier

C'était une première pour moi, la première fois que j'allais au cinéma-concert et j'avais très envie d'y aller. La salle était agréable, les fauteuils confortables, le contexte favorable pour que je me sente bien. C’est un film de science-fiction, le scénario me donnait envie d'adhérer mais j’ai fait un blocage par rapport au sous-titrage. Le film est en VO et le texte va trop vite pour moi. J'ai quand même regardé le film jusqu'à la fin en y prenant du plaisir malgré tout. Je suis resté un peu sur ma faim, je m'attendais à une autre fin… J'ai bien vu que le film datait par rapport aux effets spéciaux et la décoration. Toutefois, j'ai bien aimé la musique, je trouve qu’elle portait le film. Sans la musique je n'aurais pas adhéré. Grégory

ll paraît que ce film est devenu culte mais, malgré le fait qu’il a quasiment mon âge, je n’en ai jamais entendu parler. Je ne sais rien du scénario, je sais juste qu’il s’agit d’un film de science-fiction, ce qui n’est pas forcément mon genre cinématographique de prédilection. Quant à Morse le groupe de hard rock autant dire que, sans pour autant détester, c’est plutôt aux antipodes de mes goûts musicaux. Me voici donc ce vendredi 17 février impatiente de poursuivre cette journée déjà un peu cosmique et de découvrir cette expérience audiovisuelle… Le groupe de hard rock que j’aperçois à peine est installé devant et à gauche de l’écran. Les notes fusent plus ou moins fortes, le groupe adaptant le rythme et la puissance de son jeu en fonction des images et de l’intensité dramatique du film. Pendant que les acteurs sont enfermés dans ce huis clos oppressant où le danger semble provenir autant d’eux-mêmes que des fourmis, je me sens moi-même comme enfermée dans une bulle hypnotique. Noir de la salle, sons assourdis, fatigue… Je m’endors par intermittence. Je ne cherche plus à comprendre le scénario, je me laisse porter par ce mélange hors normes, cette illustration sonore étonnante. Je suis sortie de cette expérience un peu groggy… Je ne sais pas si j’ai aimé ce film étrange au style très seventies aussi bien dans le look que dans le jeu des acteurs. L’ensemble du film m’a paru un peu maladroit. La fin, à laquelle je m’attendais, et qui n’est pas apocalyptique, ouvre cependant sur un avenir quelque peu étrange… Je décerne enfin une mention spéciale à Morse, qui a su parfaitement adapter sa musique aux images. J’ai vraiment été séduite. Une expérience inoubliable par son originalité captivante. Isabelle

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11 avril 2017 2 11 /04 /avril /2017 11:54
Nous sommes de ceux qui disent non à l'ombre

Spectacle de la Compagnie Nova et FAB (Paris), vu à la Loge (Paris 11e), le 28 mars 2017.

 

Mise en scène : Margaux Eskenazi

Interprétation : Armelle Abibou, Yannick Morzelle, Raphael Naasz, Christophe Ntakabanyura, Eva Rami

 

Genre : Théâtre

Public : Adulte

Durée : 1h40

 

"Nous sommes de ceux qui disent non à l’ombre" est un si joli titre de résistance qu’il a su éveiller ma curiosité.

Le spectacle se joue à la Loge, scène alternative parisienne, sise en une admirable impasse, témoin du grand passé artisanal du 11e arrondissement. Dans ce lieu improbable, la salle fait un peu piètre figure. On s’y entasse à 80 sur des petits bancs très bas, très étroits (mais gentiment dotés d’un petit coussinet !). L’espace de jeu est tout aussi exigu. Ce qui pourrait être un atout pour instaurer une proximité avec le public constitue plutôt ici un handicap dans la mesure où ils sont cinq comédiens à se partager la scène. Bref, tout cela fleure bon Avignon. Et, comme en Avignon, les projets a priori jolis ne tiennent pas toujours leurs promesses.

"Nous sommes de ceux qui disent non à l’ombre" est un montage de très beaux textes signés Césaire, Senghor, Edouard Glissant, Aragon et Léon-Gontran Damas, pour ne citer que les plus convoqués. Bienvenue en "négritude" et à sa question subsidiaire posée par Césaire : "Comment écrire quand on est dominé ?" Nous assistons tout à la fois à la genèse de cette prise de conscience de l’homme de couleur à partir des années 1920, à une sorte d’hagiographie des représentants de ce courant à travers l’exposé théorique et poétique de leurs écrits, à la dénonciation en creux du colonialisme et des séquelles contemporaines de cette domination, pour en arriver à une sorte de manifeste pour la préservation du patrimoine linguistique dont la diversité constitue la mémoire et l’imaginaire de l’Homme. S’ensuit une litanie de dates contemporaines qui doit, je suppose, convaincre le spectateur de cette impérieuse nécessité. Et de la tolérance qui va avec. Loin de moi l'idée de les contester. Juste de m’interroger sur le sens du spectacle ou plus exactement sur un trop plein de thèmes qui finit par faire perdre totalement le sens du propos.

Le jeu et la mise en scène souffrent du même défaut. Il y a de très jolies scènes et de très jolies performances. Je citerais parmi d’autres la reconstitution d’un blackface, la présentation hystérisée de l’exposition coloniale de 1931, l’émotion du poème de Césaire "dans ma mémoire sont des lagunes", dit en théâtre d’ombres, ou la drôlerie douce amère de l’éducation reçue par Léon-Gontran Damas. Les scènes sont tantôt déclaratives, tantôt chantées, tantôt chorégraphiées. On entend de la musique en live ; on assiste à un plateau TV grotesque ; on écoute une conférence. Bref, le spectacle met en œuvre une grande variété de registres. Mais, là-encore, c’est le trop-plein. Toutes les techniques ne sont pas également maîtrisées ; il y a des accrocs dans le texte ou de vilaine raclures de gorge dans une jolie voix chantée ; les enchaînements ne sont pas franchement clairs et, surtout, ça n’en finit pas de finir.

"Nous sommes de ceux qui disent non à l’ombre" est un spectacle ambitieux, décevant en raison même de son ambition. A vouloir tout dire et tout montrer, le spectateur en ressort avec l’impression d’avoir assisté à un projet de fin d’études où il importe davantage de montrer tout ce que l’on sait faire plutôt que d’opérer des choix. C’est dommage.

Catherine Wolff

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7 avril 2017 5 07 /04 /avril /2017 15:43
Le Cabaret électrique
Le Cabaret électrique

Spectacle de la compagnie Le cirque électrique (Paris 20e), vu au Cirque électrique (Paris 20e), le 18 mars 2017.

 

Mise en scène : Hervé Vallée

Interprétation : Hervé Vallée, Séverine Bellini, Justine Bernachon, Selwan Cherfi, Antoine Delon, Kiki Picasso, Monsieur Poudre, Lalla Morte, Siyoula Jins, Raùl Veiga, Jean-Baptiste Very

 

Genre : Cabaret

Public : Adulte (et c’est spécifié, à juste titre!)

Durée : 2h30

 

 

A l’heure de la Réaction triomphante, du "Cabaret électrique, revue n°4" souffle, en forme de manifeste, un vent de liberté salvateur. Avant de vous précipiter, il convient de vérifier que vous saurez apprécier la performance. Ames sensibles s’abstenir. Il y a notamment un numéro de fakir que, personnellement, j’ai détesté et que je n’ai pu soutenir. J’ai passé le temps à regarder le public, étonnée de sa jouissance à voir un homme se faire agrafer par sa meneuse... Mon dégoût n’a duré que le temps du numéro parce que j’éprouve par ailleurs une sympathie certaine et/ou une fascination pour les cultures punk, queer, rock et libertaire et qui sont l’essence même de ce cabaret.

Qui dit cabaret, dit tables pour se restaurer autour de la piste. Au choix, au bar, un menu complet ou des encas. Le service est assuré par "un personnel" en tenue coquine ou queer, éventuellement juché sur rollers. L’orgue de barbarie annonce le plat de résistance, le spectacle. Comme dans tout cabaret qui se respecte, nous assistons à une succession de numéros. Les disciplines circassiennes sont privilégiées mais savent laisser la place à d’autres formes : performances, mini-conférence, peinture corporelle. Le tout dans une tonalité très libertaire, très dénudée et très sexuée. Après tout, le sous-titre annonce bien une revue. La musique d’Hervé Vallée, alias Tapman, accompagne quasiment tous les numéros, sait soutenir les plus faibles (la roue cyr) et magnifier dans une sorte de transe punk, les plus périlleux et/ou les plus poétiques.

Ils sont 11 à se produire pour une moyenne de deux numéros chacun. Dans ce foisonnement de propositions, j’ai particulièrement apprécié Raùl Veiga, sorte de marlou héritier de Freddie Mercury qui du haut de son mât chinois chauffe la salle. Son numéro d’équilibriste en dictateur macho est un prodige de vulgarité maîtrisée. Selwan Cherfi offre un effeuillage au trapèze d’une grande technicité et d’un érotisme fort avenant. Rebelote au tissu aérien en duo avec Séverine Bellini. Les enchaînements sont très soignés et se déroulent soit dans la continuité du jeu soit par l’intervention de Kiki Picasso, le Monsieur Loyal. C’est ainsi que tous les soirs, il propose "Les 7 minutes de Kiki", un espace de parole offert à un invité surprise. Ce soir-là, Guillaume Dessange et François Piron, commissaires de l’expo "L’esprit français, contre-culture, 1969-1989", ont égrené, telle une litanie des dates-clefs, des luttes, des mouvements intellectuels dont l’énumération donne la mesure du "paradis perdu" à l’aune de notre époque du tout sécuritaire. Alors, pour se défouler, à l’entracte, quoi de mieux que d’aller tirer à la carabine sur l’effigie de certain(e)s de nos candidat(e)s à la fonction suprême. C’est gratuit et, promis, ça défoule.

Le "Cabaret électrique" est une pépite subversive. C’est précisément parce qu’il ne lâche rien quant à l’exigence artistique qu’il sait transmettre par la gestuelle, la musique, le costume, un message alternatif à la pensée unique mortifère qui règne aujourd’hui. A voir de toute urgence.

Catherine Wolff

(crédit photo : F. Beddok)

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16 février 2017 4 16 /02 /février /2017 19:21

                                                                                                                                                                                                                                                                                        

Spectacle des compagnies Ong Dam (34) et Récré-Cité (30), vu le 20 Oct. 2016, 10h30, au Carré Rondelet, Montpellier (34).

 

Texte (éd. Le Manuscrit, 2008) et mise en scène: Jasmine Dziadon

Interprètes: Jasmine Dziadon et Damien Alibert

Décor: Jacques Pons

Costumes: Georgette Mico

 

Genre: Conte théâtralisé et musical

Public: 3-10 ans

Durée: 45 min

Jauge : adaptable

Création 2011

 

Avec "l’Effet papillon", Ong Dam et Récré-Cité proposent ici un joli conte sur la nature et l'amour, accompagné de mélodies issues d’un large répertoire. Marguerite la fleur (J.Dziadon) et Mozart le papillon (D.Alibert) tombent amoureux. Mais elle reste rivée au sol alors que lui virevolte librement… jusqu’à disparaître aux yeux de sa bien-aimée. Le chagrin de la fleur émeut ses amis, qui se mobilisent pour retrouver l'amoureux volage. C'est ainsi que des grenouilles sourdes, un couple de tortues fatiguées, une chouette grognon, un épouvantail agité, la Lune et même le Soleil, se lancent dans une étonnante quête riche en suspens et en effets comiques où chacun tente d'aider, avec plus ou moins d'efficacité. L'aventure finit bien et l'on voit, comme le rappelle la compagnie, que "chaque petit geste peut faire de grandes choses". 

J’ai pris grand plaisir à ce spectacle. Le décor est soigné et expressif. L’intrigue bien rythmée intègre dialogues, chansons connues et airs classiques ou contemporains (D.Alibert à la guitare) dans un ensemble vif et homogène, très accessible aux jeunes spectateurs. A eux deux, J.Dziadon et D.Alibert interprètent pas loin de dix rôles qui se rencontrent, se croisent, se poursuivent. Ils restent convaincants dans leurs transformations, aidés en cela par l’esthétique et la pertinence des costumes. Gestuelle, mimiques, intonations, bruitages transmettent efficacement les singularités de chaque personnage avec quelques clins d'oeil amusants. D.Alibert met ses compétences de clown au service d’animaux cocasses et accompagne les dialogues d’airs de guitare connus ou improvisés. J.Dziadon diversifie son jeu avec talent, de la marguerite jusqu’à la Lune. Le texte explore une assez large gamme d'émotions et les messages passent avec légèreté grâce à un humour omniprésent. Quelle drôlerie, par exemple, dans le duo de grenouilles sourdes ou chez ce couple de très vieilles tortues qui hésitent encore à partager la même maison! Les enfants ont beaucoup participé et ri, et les adultes semblent avoir apprécié ce spectacle enlevé, intelligent et riche en qualités artistiques.

Adaptable, le spectacle peut se jouer autant en salle qu’en extérieur. Il s’adresse aux groupes d’enfants comme aux familles.

Catherine Polge

(Affiche de Viviane Weber)

Autres spectacles (pour enfants) de la cie sur le blog:

Cubeo et Bouliette    Le petit chat magicien

 

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16 février 2017 4 16 /02 /février /2017 19:12
Mini concert de Noël

 

Spectacle de Flavia Perez (34), vu au théâtre de La Vista, Montpellier (34), le 22 déc. 2017, 16h.

 

Auteure, compositrice, interprète : Flavia Perez (chant et guitare)

 

Genre : Spectacle musical

Public : Dès 3 ans

Durée : 45 min

Création 2016

 

Chez Flavia Perez, Noël swingue! Avec sa guitare et un sampler, l’artiste crée un joyeux spectacle interactif, où dynamisme et humour sont au rendez-vous. Sur des chansons tirées au sort par les enfants, elle raconte, chante, bruite, mime. Le jeune public retrouve des contes, mélodies et comptines du répertoire revisités et malicieusement chamboulés. On se perd dans les bois, on suit une fourmi, on croise un Grincheux comique, une Blanche-Neige nunuche et un Père Noël ensommeillé. Les enfants participent et se retrouvent même sur scène à la fin pour danser. Ce voyage nous laisse tous, petits et grands, le sourire aux lèvres.

Ce jour-là La Vista accueille des enfants de réfugiés accompagnés de leurs parents. Grand nombre d’entre eux n’ont jamais vu de spectacle vivant et ne parlent pas français. Leur intérêt était palpable tout au long du spectacle. Reconnaissons que F.Perez se donne généreusement à son public! A peine sur scène, elle s’adresse aux enfants avec entrain et gentillesse. Elle est attractive, avec gestuelle et mimiques très drôles. Invités tout au long du spectacle à chanter, mimer, faire des bruitages, les enfants sont visiblement enthousiastes. Sur les rythmes chaloupés de Flavia et avec des textes de son cru, nous allons de surprise en surprise. Ainsi une aventure à suspense débouche tout à coup sur une comptine connue, ou bien un conte classique est soudain détourné avec humour. Rien n’est convenu, tout avance en ricochets, sur une cadence d’enfer. Voilà un spectacle fort divertissant, y compris pour les adultes.

A programmer pour tous publics, sans hésitations.

Catherine Polge

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16 février 2017 4 16 /02 /février /2017 19:01
Contes et rencontres des autres terres

 

Spectacle de la Cie Théâtrale Francophone (34), vu le 9 Fév. 2017, Théâtre Pierre Tabard, Montpellier (34).

 

Textes de tradition orale recueillis, adaptés, mis en scène et contés par: Damiane Goudet

Assistée de: Jérémy Jeannin

Décors: Sophie Bastide

 

Genre : Conte

Public : Enfants de 3 à 10 ans

Durée : 45 min

Création 2015

Version pour 3-6 ans

 

Ce jour-là le théâtre accueille un très jeune public: une quarantaine d’enfants de 3 à 5 ans venus d’un centre aéré. Dans un décor simple et gai aux couleurs soutenues, D.Goudet, conteuse, invite les enfants à un grand périple dans l’imaginaire: Nouvelle-Calédonie, Afrique de l’Ouest, France, peuple tsigane, Vanuatu. Autant de cultures, autant de contes récoltés. Au fil de ces histoires, de la plus quotidienne aux plus fantastiques, la comédienne sème du rêve, des repères pour affronter les peurs, des principes de sagesse pour grandir. Le spectacle, cadencé et ouvert aux interactions, est un succès.

D.Goudet a choisi cinq contes de styles assez diversifiés (féériques, étranges ou drôles) qu'elle relie par un fil narratif tout en ménageant entre chaque histoire des moments de détente et d'échange avec son jeune public: les enfants répètent des mots magiques en choeur, répondent à des questions amusantes, ils rient, battent des mains. J’ai apprécié le jeu tranquille et clair de D.Goudet qui rend le spectacle accessible à la compréhension des plus petits. Sa gestuelle illustre efficacement un vocabulaire souvent exigeant et même parfois soutenu, qui refuse toute simplification verbale. Tout en restant une source de plaisir, l’ensemble incite les enfants à être attentifs, à mémoriser et à réfléchir. J’ai retrouvé dans cette exigence une des qualités de la production de la Compagnie à destination des jeunes publics. Quant au décor, simple et léger, il est adaptable à tous types de lieux.

La Cie Théâtrale Francophone propose sur son site un dossier pédagogique détaillé qui cible autant les capacités de mémorisation, de restitution gestuelle, de verbalisation, de création, que d’écriture. Une version plus longue du spectacle est disponible pour les 7 à 12 ans et peut être suivie de débat. Ce spectacle de qualité s’adresse avec bonheur autant aux familles qu’aux groupes d’enfants.

Catherine Polge

 

Autres spectacles jeune public de la Cie sur le blog:

Léou Doudou?    Lune et l'accordéon   L'Enfant qui regardait les étoiles   

Titam c'est moi      Vanille la chenille          Pelagia

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16 février 2017 4 16 /02 /février /2017 18:57
La quête du Râle

 

Spectacle de la cie du Faubourg (04) vu dans le cadre du festival "Comme à la maison", le dimanche 5 février 2017 à Reillanne (04).

 

De et avec: Olivier Clément

 

Genre: Clown, musique et jongle

Public: Tout public

Durée: 50 min

Création 2016

 

C'était le spectacle que j’étais plus particulièrement venu voir sur ce nouveau festival. Un solo de clown préhistorique créé très récemment. Sans un mot, ou plutôt avec quelques râles, Olivier Clément campe un clown avec comme seul accessoire une énorme massue multiusage.

Le rythme du spectacle, démarre plutôt doucement dans un échange craintif avec le public, mais n’hésitant pas à plonger au cœur des spectateurs dans une quếte amoureuse contrariée. Ménageant ses effets, le comédien enrichit ainsi sa proposition grâce à son instrument surprenant qui se révèle être un didgeridoo (instrument aborigène). Il apporte ainsi à son solo un rythme musical inattendu. Dosant toujours la montée en puissance de son show, l’énorme massue devient Totem sur laquelle il finit par se hisser, tout en jonglant avec d’autres massues. Une petite prouesse technique dont les spectateurs raffolent.

Malgré l’économie de moyens, il nous entraîne dans une belle dramaturgie, mêlant humour, effets visuels et sonores, et surprises techniques, pour terminer dans une danse tribale avec un public qui ne se fait pas prier pour participer. Les effets sonores de boucles musicales samplées sur son instrument viennent renforcer la transe et rythmer un tableau participatif plein d’énergie. La confrontation finale entre le public sur scène et celui resté assis se fait par des cris libérateurs qui rendent ce spectacle réjouissant.

Un spectacle créé pour se jouer en extérieur et qui a rencontré un vrai succès pour clôturer ce joli festival. A découvrir.

Eric Jalabert

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16 février 2017 4 16 /02 /février /2017 18:50
Festival "Comme à la maison"

 

Festival "Comme à la maison. Les nouvelles créations Reillannaises", 1ère édition, organisé par l'Association L’Alicorne, les vendredi 3, samedi 4 et dimanche 5 février 2017 à Reillanne (04).

 

Genre: Théâtre et musique

Public: Tout public

 

Comme un bon vin chaud parfumé, j’ai pu découvrir ce festival autoproduit, autogéré et autonome organisé en trois semaines à peine par le collectif des artistes Reillannais qui participent activement depuis plus de 15 ans à la vie de ce petit village de 1 500 belles âmes. Six spectacles, quatre concerts et un bal à danser dans un magnifique chapiteau dressé sur la place du village. Une rencontre qui fait chaud au cœur, au cœur de l’hiver. L’association L’Alicorne, qui gère également le bar musical "Le Café du cours" où j’avais pu passer une soirée fort agréable il y a deux ans, s’occupe de lancer les projets. L’idée est de ne pas attendre le bon vouloir des uns et des autres pour faire leur métier et surtout se faire plaisir. C’est la clé de la réussite et en tout cas de cet enthousiasme communicatif. A la vue des agendas chargés de cette bande de fous, ils arrêtent la seule date où tout le monde est disponible et lancent l’affaire. Il faut dire que c’est leur métier: des artistes, des techniciens, des communicants, et de nombreux bénévoles qui organisent déjà en été un festival "Le Grand Bouillon" qui a connu un beau succès en 2016.

L’idée est de donner à voir les créations des compagnies locales dans des conditions favorables. Un parc de matériel partagé, un espace scénique spacieux, une organisation rigoureuse et chaleureuse, et un public qui répond présent, même quand le climat n’est pas favorable. Résultat: 350 personnes étaient présentes le samedi soir et, pour ce que j’ai pu constater le dimanche après-midi où je suis venu partager le froid de l’hiver avec eux, 200 personnes en moyenne pour chacun des spectacles. On parle souvent d’économie de la survie pour ces festivals autonomes, mais ceux-là connaissent leur affaire. Avec un prix des places entre 5 et 7 € et des pass attractifs pour la journée, ils ont fait en sorte que chacun puisse repartir avec un ou deux cachets tout en payant les frais inhérents à l’organisation. Car ça n’est pas parce qu’ils s’organisent eux-mêmes qu’ils vont travailler pour rien.

J’ai ainsi pu assister à trois spectacles ce dimanche sous la pluie:

A 14h30, "Un air d’ailleurs", de la compagnie Les faubourgs de Babel. Il s’agit d’un duo musical autour de la parole glanée dans des maisons de retraite, à la poésie impressionniste et porté par une mise en scène très travaillée, mais qui mériterait d’en préciser les contours qui m’ont semblés parfois bien flous.

A 17h00, "Ici c’est chez moi... pfhh!!!", de la compagnie T’émoi. Un conte musical et dansé, où trois jeunes danseuses sorties d’un tissu chrysalidien dansent au son d’un duo guitare/percussions d’une incroyable efficacité. Pour ma part, le mélange m’a semblé trop dense entre le conte, dont j’ai rapidement perdu le fil, et les propositions visuelles et musicales. C’est encore un peu jeune, mais cette proposition très généreuse nous entraîne dans une rêverie indéniable.

Enfin, à 18h45, "La quête du Râle" de la compagnie du Faubourg que j’étais plus particulièrement venu voir. Un solo de clown préhistorique créé très récemment. Sans un mot, ou plutôt avec quelques râles, Olivier Clément campe un clown avec comme seul accessoire une énorme massue multiusage. Le rythme du spectacle démarre plutôt doucement dans un échange craintif avec le public, mais n’hésitant pas à plonger au cœur des spectateurs dans une quếte amoureuse contrariée. Ménageant ses effets, le comédien enrichit ainsi sa proposition grâce à son instrument surprenant qui se révèle être un didgeridoo (instrument aborigène). Il apporte ainsi à son solo un rythme musical inattendu. Dosant toujours la montée en puissance de son show, l’énorme massue devient Totem sur laquelle il finit par se hisser, tout en jonglant avec d’autres massues. Une petite prouesse technique dont les spectateurs raffolent. Malgré l’économie de moyens, il nous entraîne dans une belle dramaturgie, mêlant humour, effets visuels et sonores, et surprises techniques, pour terminer dans une danse tribale avec un public qui ne se fait pas prier pour participer. Les effets sonores de boucles musicales samplées sur son instrument viennent renforcer la transe et rythmer un tableau participatif plein d’énergie. La confrontation finale entre le public sur scène et celui resté assis se fait par des cris libérateurs qui rendent ce spectacle réjouissant.

Un spectacle créé pour se jouer en extérieur et qui a rencontré un vrai succès pour clôturer ce joli festival.

Eric Jalabert

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