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  • Site d'aide à la diffusion et à la programmation de spectacles vivants couvrant tous le grand Sud Est de la France, dédié aux programmateurs réguliers ou occasionnels, aux compagnies, mais aussi aux spectateurs.
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Couv-cata2010 WebBonjour et bienvenue sur le blog de Vivantmag.
Vous y trouverez l'ensemble des commentaires de nos correspondants sur les spectacles qui ont été vus. Ce service est en ligne en accès libre depuis février 2007.
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Avec plus de 1.200 spectacles commentés sur ce blog, les correspondants Vivantmag - AdAdiff, ne se posent pas en censeur du spectacle, loin de là. Nous souhaitons seulement faire partager un point de vue, forcément subjectif, sur les spectacles que nous voyons. Chaque retour de spectacle est ouvert à vos propres commentaires, et n'hésitez pas à en laisser car ils enrichissent ce travail d'échange et de partage d'informations.
Pour faciliter la lecture des spectacles, nous mettons désormais en place un picto permettant de donner notre avis général sur le spectacle. En voici le détail :
Décevant
Moyen
Pas mal...
Bien !
On adore !!! 

les spectacles du Off 2014

Découvrez tous les spectacles commentés par les correspondants de Vivantmag, et présents sur le Off 2014 d'Avignon. Certains ont été vus à leur création, en salle ou sur d'autres festivals, ou sur des précédentes éditions du Off. Grâce à un travail de veille artistique tout au long de l'année, l'Adadiff met à votre disposition son équipe de correspondants et vous permet de disposer d'un regard extérieur et indépendant pour faciliter votre choix. Commentaires ici...

26 janvier 2016 2 26 /01 /janvier /2016 17:19
Même pas peur!
Même pas peur!

Spectacle de la Compagnie Calorifère (26), vu en Décembre 2015, à la Médiathèque de Portes les Valence (Drôme)

Conception, écriture, interprétation : Lise Nugues

Genre : Marionnettes

Public : Tout public à partir de 4 ans

Durée : 45 mn

La Compagnie Calorifère, ce sont des artisans qui écrivent leurs histoires, créent leurs univers.

Les décors, les personnages, sont fabriqués à partir de matériaux divers et, pour beaucoup, de matériaux de récupération, de recyclage, une seconde vie... Un petit castelet, une seule comédienne, marionnettiste: Lise embarque le public présent dans une aventure captivante pour les petits comme pour les grands!

Lise réussit formidablement avec la thématique du monstre caché sous le lit, histoire burlesque qui captive son public, adulte comme enfant. Grâce à un scénario adapté à tous, à des répliques qui font mouche, les enfants rient, écoutent, captivés, et ne manquent jamais de participer. L'adulte présent ne peut qu'apprécier l'habilité des dialogues entre les protagonistes : l'enfant Zoé, sa maman et le monstre.

Une forme modeste, des personnages magnifiquement ciselés tant par leur allure que par leurs réparties, leurs joutes verbales. Les marionnettes sont belles et expressives, et on est conquis par ce monstre simplement génial. Plasticienne de formation, à partir de matériaux simples, mousse, cuir, latex, fausse fourrure, l'artiste a su donner à chaque personnage une personnalité originale, tendre et attachante. La manipulation est fort habile; Lise donne le juste rythme à l'histoire. Une voix drôle et pertinente anime chacun des personnages.

Un spectacle frais, intelligent et tendre qui enchante les petits et ne risque que de leur faire raffoler des marionnettes et du spectacle vivant. La comédienne parvient avec son petit théâtre, ses personnages malins, une écriture efficace, à ravir son public. Création de 2013, ce spectacle, petit bijou de créativité intelligent et pertinent, a été joué sur de petits festivals (localement) et dans des médiathèques. Faites-lui faire un petit détour par chez vous, vous ne le regretterez pas! pour l'enchantement de tous, petits et grands!

Coup de coeur!

Lydie-gisèle Brogi

Published by Lydie-Gisèle Brogi - dans Spectacle Tout public
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20 janvier 2016 3 20 /01 /janvier /2016 22:31
King Kong Théorie d'après Virginie Despentes
King Kong Théorie d'après Virginie Despentes

Spectacle de la Compagnie 411 Pierres (75), vu au Théâtre des déchargeurs (Paris 1°), le 19/01/2016

D'après l'oeuvre de Virginie Despentes

Adaptation et mise en scène : Emmanuelle Jacquemard

Interprétation : Marie-Julie Chalu, Célia Cordani, Ludivine Delahays, Anissa Kaki, Lauréline Romuald

Genre : Théâtre

Public : Adulte

Durée : 1h15

Le chaleureux Théâtre des déchargeurs a le grand mérite d’avoir pris le risque de coréaliser le spectacle de la toute jeune Compagnie 411 Pierres qui met en scène, de façon admirablement convaincante, le brûlot féministe de Virginie Despentes, "King Kong Théorie".

"King Kong Théorie" (2006) est un essai autobiographique. Par ce livre, Virginie Despentes inaugure un genre original où, de ses expériences personnelles, traumatiques (le viol) ou transgressives (la prostitution choisie, la pornographie), l’auteur tire matière à une théorie féministe crue et combative. Les questions posées, comme pourquoi le désir est culturellement masculin, sont essentielles. Les réponses esquissées sont paradoxales. Ainsi, contrairement aux abolitionnistes, Virginie Despentes postule que la prostitution, activité certes pas anodine (nuance de l’auteur), peut être l’espace d’une reconstruction narcissique, d’une expérimentation de la sexualité, d’une vraie autonomie financière, d’une découverte de la solitude masculine.

La force de la Compagnie 411 Pierres est d’avoir réussi à faire entendre la profondeur du texte, son ironie et sa colère, sans le dénaturer. D’emblée l’espace scénique nous plonge dans le paradoxe. Nous entrons en salle tandis que sur scène, dans un décor dépouillé d’institut de beauté, 5 jeunes femmes s’apprêtent. Ce lieu, girly entre tous, devient tout autant espace de confidences trash que ring. Tantôt en peignoir, tantôt en sous-vêtements, les 5 comédiennes alternent vécu et théorisation de ce vécu. Le jeu est très physique. Elles dansent, parlent, s’engueulent mais s’empoignent aussi. Pour relater les scènes de sexe, elles s’enduisent le corps d’une sorte de mousse à raser aux effets tout à fait suggestifs.

Au-delà de la mise en scène, la qualité du spectacle tient aussi à la performance, dans tous les sens du terme, des 5 comédiennes. Chacune à sa manière s’approprie ce "je" et l’incarne tantôt avec douceur et fragilité, tantôt avec rage et colère, dans une sorte de monologue à 5 voix. Et malgré le sérieux du propos et la dureté du vécu, l’humour et l’ironie sont toujours sous-jacents. Ainsi, quand il est question de la masturbation féminine, l’une d’entre elle nous en fait une démonstration jouissive….à l’aide d’un brumisateur !

Ma seule réserve concernerait la dernière scène. Au beau milieu d’une tirade et alors que les jeunes femmes sont rhabillées, le noir tombe comme pour censurer la parole de la femme dans l’espace social. L’idée est intéressante mais le noir dure trop longtemps et l’effet n’est pas tout à fait maîtrisé. Mise à part cette remarque, "King Kong Théorie d'après Virginie Despentes" présenté par la Compagnie 411 Pierres est un très bon spectacle. Le texte, bien adapté, est fort dans son propos comme dans son écriture. Le questionnement qu’il soulève est généreusement porté par une équipe dynamique et pleinement investie. Elle propose d’ailleurs de poursuivre la réflexion à l’issu de la représentation. Je n’ai pas osé. Cependant, toutes m’ont convaincue de franchir le cap et de lire Virginie Despentes, finalement moins sulfureuse que féministe et sociologue de premier ordre.

Catherine Wolff

Published by Catherine Wolff - dans Spectacle Adultes
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27 décembre 2015 7 27 /12 /décembre /2015 16:59
Magie rapprochée
Magie rapprochée

Spectacle de Guillaume Vallée (13), vu le 5 décembre à Vauvert, centre Robert Gourdon, en séance publique

De et avec : Guillaume Vallée

A l’accordéon : Léa Lachat

Genre : Art magique, humour et poésie

Public : Tout public à partir de 4 ans

Durée : 1 h

La petite salle de l’Espace Gourdon est bien remplie. Les très nombreux enfants sont assis au sol, sur le devant, les adultes s’installent à l’arrière, sur des chaises et des bancs. La visibilité n’est pas parfaite, et il y a fort à parier que des détails du spectacle m’ont échappé ! Mais nous y avons gagné en intimité, celle qui sied à ce spectacle dans la version close up qu’en propose l’artiste. Guillaume Vallée a soigné sa tenue de scène, plutôt sombre, très gentleman XIXème siècle, agrémentée cependant d’une pointe de fantaisie, des chaussures bicolores noir et blanc, et un chapeau haut de forme de guingois, avec une jolie fleur rouge piquée dessus. Sympa et rigolo…

Le magicien propose un florilège de tours de magie, exécutés avec dextérité, et plus ou moins connus, comme les balles en mousse qui apparaissent, disparaissent, se multiplient, les cordes coupées qui se recollent miraculeusement, les ballons gonflables, les cartes à jouer qui n’en font qu’à leur tête, les flammèches vagabondes… Et parmi les tours proposés ce soir, quelques sculptures psychokinétiques (des cuillères et des fourchettes qui se tordent sous l’influence de la pensée !) et quelques expériences de mentalisme plutôt destinées aux adultes. Guillaume Vallée adapte ses propositions en fonction de la composition du public. Il ne se prive pas de faire appel à des volontaires parmi les enfants, qui ne se font pas prier pour l’assister. L’accompagnement musical proposé par Léa Lachat, qui "colle" discrètement aux jeux de mains du magicien, apporte légèreté et poésie au spectacle. C’est une valeur ajoutée indéniable.

Le spectacle n’a duré qu’une petite heure, à la grande déception d’un public enthousiaste qui ne voulait pas laisser partir le magicien.

A noter que le magicien propose un autre spectacle d’humour musical teinté de magie, "Le Concert Insolite", que je me promets d’aller voir à l’occasion.

Cathy de Toledo

(photo : http://www.ambafrance-ug.org/)

Published by Cathy de Toledo - dans Spectacle Tout public
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26 décembre 2015 6 26 /12 /décembre /2015 23:31
Il n'est pas encore Minuit
Il n'est pas encore Minuit

Spectacle de la Compagnie XY (59), vu à l'Espace Chapiteau, La Villette (Paris 19°), le 19/12/2015

Interprétation : Abdeliazide Senhadji, Airelle Caen, Alice Noël, Amaia Valle, Andres Somoza, Ann-Katrin Jornot, Antoine Thirion, Aurore Liotard, Charlie Vergnaud, Chloé Tribolet, David Badia Hernandez, David Coll Povedano, Denis Dulon, Evertjan Mercier, Guillaume Sendron, Gwendal Beylier, Jérôme Hugo, Mohamed Bouseta, Romain Guimard, Thibaut Berthias, Thomas Samacoïts, Xavier Ortega-Lavabre, Zinzi Oegema

Genre : Cirque

Public : Tout public à partir de 8 ans

Durée : 1h10

Création 2014

Avec "Il n’est pas encore Minuit" de la Compagnie XY, l’art de l’acrobatie est porté à son paroxysme si bien que l’acrobatie devient métaphore d’un projet politique où primerait le sens du collectif. Ça commence par une baston généralisée aux ressorts comiques et ça finit par une pyramide géante à 22 acrobates, 2 plateaux et 4 étages. La compagnie XY nous invite à parcourir les étapes (7 tableaux) qui ont permis de passer de la force brute à un état organisé, structuré, qui monte haut et qui va loin. Le secret de cette métamorphose, c’est précisément ce qui prévaut en acrobatie, du moins dans celle pratiquée par la compagnie XY : la confiance absolue en l’autre, un sens du collectif, le tout dans une grande économie de moyens.

Les 22 acrobates de la Compagnie XY n’ont que leur corps pour outil de travail. Certes, une planche à bascule est convoquée par 2 fois ainsi que 4 planches percées de poignées et qui servent tour à tour de trampolines ou de plateaux pour les pyramides. Mais le plus souvent, c’est à la seule force du poignet que les voltigeurs sont soulevés, portés ou balancés vers d’autres épaules ou vers d’autres cieux, en triple salto arrière ! Le collectif XY privilégie en effet les figures en hauteur : pyramides, portés, acrobatie aérienne, portés sur la tête. Ce choix met en valeur le travail collectif et interdit tout recours au "numéro". Le plateau carré est tantôt submergé par plusieurs groupes, visibles de tous côtés, qui enchaînent les figures. Tantôt ces groupes fusionnent et des voltigeurs sont échangés, en envolées croisées, d’un groupe à l’autre, tantôt enfin, tout le monde se regroupe et dessine diverses chorégraphies, pouvant parfois évoquer un carrousel. J’ai particulièrement apprécié la ronde à 2 étages, quand les porteurs tournent à gauche tandis que leur voltigeur se décale sur les épaules voisines, par la droite.

"Il n’est pas encore Minuit" est un spectacle audacieux et généreux. L’incroyable virtuosité des acrobates n’est jamais ostentatoire car elle ne sert que le collectif. Malgré l’adrénaline que déclenchent les figures, je regrette certaines longueurs dans les 2 derniers tableaux notamment. Le très beau texte, lu à la fin des ovations, confirme un propos qui, sans cela, manquerait quelque peu de clarté pour le tout venant. Un spectacle à voir en famille.

Catherine Wolff

Published by Catherine Wolff - dans Spectacle Tout public
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23 décembre 2015 3 23 /12 /décembre /2015 17:23
Ces jours bleus, Le Voyage d’Antonio Machado
Ces jours bleus, Le Voyage d’Antonio Machado

Spectacle de Accidental Company (Chili/France), vu en séance tout public à la Vista, à Montpellier (34) le 18 novembre 2015

Mise en scène : Antxón Ordoñez Bergareche

Comédiennes manipulatrices danseuses : Sara Gilsanz, Clara Gil

Guitariste : Bruno Manjarres

Genre : Marionnettes, objets, théâtre, ambiance musicale acoustique

Public : Tout public à partir de 5 ans

Durée : 1h

Création 2015

Le décor est vraiment soigné, magnifique. Voilages blancs en fond de scène, un arbre stylisé fait de planches, morceaux de bois, branches, à côté un puits, une échelle appuyée contre l’arbre. De l’autre côté du plateau, un guitariste, installé près d’un petit bureau d’écolier, accompagne le spectacle à la guitare flamenca en direct.

Les comédiennes toutes de noir vêtues, cheveux tirés, très "espagnoles", précèdent l’apparition d’Antonio incarné par une marionnette, ainsi que les autres personnages de l’histoire, la mère et l’épouse du poète. On suit Antonio dans sa jeune vie en Espagne… C’est d’abord l’enfance, la découverte de son environnement, le jeu, les années d’école, les moments de rêverie, déjà un certain intérêt pour la littérature, tout cela sous le regard d’une mère attentionnée et aimante. Adulte, alors qu’il est devenu professeur de français, il tombe amoureux de Léonor, avec qui il part à Paris, où se confirme sa passion de la littérature. Après la perte douloureuse et prématurée de sa jeune épouse, il rentre en Espagne auprès de sa famille, reprend son activité d’enseignant et se réfugie dans la poésie. Il s’engagera plus tard en politique aux côtés des Républicains, et sera contraint à l’exil vers la France au moment de la guerre civile en 1936. Il meurt à Collioure en 1939.

La mise en scène est parfaitement calée, la manipulation des marionnettes et éléments en bois du décor est précise. Toute la prestation révèle un grand professionnalisme et fait appel à des techniques variées. Mais le spectacle ne me semble pas approprié pour des enfants de moins de 8 ans, qui doivent être accompagnés. Les marionnettes, le décor ludique, le magnifique cheval de bois articulé au galop parfaitement bruité, le bel avion qui évoque le voyage, les chansons en espagnol, les danses, l’accompagnement musical, certes dynamisent le spectacle et amènent des réactions. Mais la vie d’A. Machado, mise en scène de belle façon, si riche soit-elle, bien que jalonnée d’événements malheureux, me paraît d’un intérêt relatif pour les très jeunes enfants (le spectacle est préconisé à partir de 5 ans).

Les thématiques abordées ne manquent pas d’intérêt : la créativité, l’inspiration, la poésie, l’amour, le deuil, la dictature, l’exil ; et l’exploitation pédagogique est large. Malgré la réserve évoquée ci-dessus quant à l’âge minimum du public, cela reste un spectacle de qualité.

Cathy de Toledo

(photo de la compagnie)

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23 décembre 2015 3 23 /12 /décembre /2015 16:29
Petits chaperons dans le rouge
Petits chaperons dans le rouge

Spectacle de la Cie la Puce qui renifle (30), vu le 28 novembre 2015 à St Dionisy (30) en séance publique

D’après le livre de Pierre Jourde

Avec : Pascale Barandon et Marc Simon

Mise en scène : Mehdi Benabdelouhab/Bernard Liger

Genre : Théâtre et musique

Public : Tout public à partir de 10 ans

Durée : 1h

Création 2015

Mise en scène minimaliste, mais soignée, pendrillons noirs et blancs en fond de scène, quelques instruments de musique, peu d’accessoires... Les costumes sont sombres, agrémentés d’une cravate, de chaussures, d’un boa, tous de couleur rouge, évidemment… Quelques éléments de décor, un tabouret, une guitare, en rajoutent encore dans la note cramoisie.

Mademoiselle Sidonie et son complice Monsieur Albert, surfent sur différentes déclinaisons de l’histoire du Petit Chaperon Rouge, après que la version "traditionnelle", de référence dirais-je, nous ait été contée par Pascale Barandon.

A la façon d’un R. Queneau dans ses Exercices de Style, Pierre Jourde a imaginé plusieurs "variations stylistiques" du célèbre conte, de différents points de vue, celui de la Grand-mère, celui du Loup, celui du Chaperon Rouge. Tantôt joyeuses, tantôt coquines, les saynètes s’enchaînent, accompagnées musicalement par un Marc Simon qui, du xylophone à la batterie, d’une guitare à une autre, du saxo au clairon, "monte rapidement dans les tours" jusqu’à "péter les plombs", non sans nous gratifier de quelques prestations solo de haut vol…

Au rang des versions remarquables, je retiendrai les versions "mathématique", "horreur", et la croustillante version "érotique" de "Petite Culotte Rose", qui peut, certes, heurter quelques oreilles chastes.. De fait, il y avait beaucoup d’enfants dans la salle ce soir-là, et certains parents ont dû avoir un peu de mal à expliciter certains mots et allusions… !

Bref, "une fantaisie musicale" et théâtrale enlevée, pleine d’humour, servie par une Pascale Barandon en grande forme, et un musicien chanteur qui visiblement s’amuse beaucoup... Autant que les spectateurs venus en nombre dans cette salle du foyer de St Dionisy où les places assises ont failli manquer ! Un excellent moment qui détend et donne la pêche en ces temps troublés.

Cathy de Toledo

(photo extraite du site de la Cie)

Published by Cathy de Toledo - dans Spectacle Tout public
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20 décembre 2015 7 20 /12 /décembre /2015 16:58
L'Homme de Rien
L'Homme de Rien

Spectacle du Troupeau dans le Crâne (93), vu le 21 Juillet 2015, dans le cadre du festival Off, Avignon, Espace Alya (salle C), 15h50

Créé, mis en scène et interprété par Emilien Gobard

Création musicale : Clément Ducol

Création lumières : Lionel Vidal

Régie : Delphine Biard

Genre : "One Mime Show", théâtre corporel

Public : tous à partir de 6 ans

Durée : 1h05

Création 2009, reprise 2015

Cette petite salle de 30 places rapproche comédiens et public. L'accroche du dossier de présentation de ce spectacle est percutante "Toute sa vie l'Homme de Rien creuse des trous. Un jour il tombe dedans". Je suis intriguée. Surgissant de l'obscurité, E. Gobard naît, grandit, commence à creuser, car fossoyeur est son métier. Sans un mot, associant mime et danse avec brio, il nous montre la vie qui passe - très vite, avec ses émotions, ses pauses, les obstacles à surmonter. Des jeux d'enfants, des aventures d'adulte, la séduction, la vie à deux, et un jour le trou est achevé. Mais attention ! Quand Emilien y tombe, c'est pour partir en fusée dans un autre monde où tout ralentit. C'est un spectacle brillant, où, assisté de sa complice à la régie, E. Gobard prend le public à ses filets. Car c'est notre vie que l'artiste raconte : chacun creuse son trou... et avance insouciant et tambour battant jusqu'à y dégringoler ! Avec humour et souvent pas mal de cocasserie, E. Gobard ne lâche pas le public et convie même des spectateurs à s'activer sur scène. On rit, on est ému. Certains sortent perplexes de ce tourbillon. Alliant avec rigueur un véritable foisonnement créatif et un remarquable travail du corps, le spectacle est exigeant et, par-delà le rire, se tapit une réflexion profonde.

L'histoire qu’Emilien nous raconte est pleine de péripéties. Une très bonne musique ainsi que des bruitages et des lumières bien vus s'associent parfaitement à la narration et participent à sa cohérence. Usant de son corps en virtuose, vif et expressif, le comédien campe les scènes dans toute leur complexité : Il est conducteur de char, mais il est aussi le cheval ! Il est père et aussi enfant, etc. C'est épatant et même parfois magique. Poussant certaines actions à l'extrême, il peut faire littéralement exploser son imaginaire dans une poésie fantastique : ainsi cette chasse au moustique où l'homme mange le moustique qui ensuite mange l'homme, dans une débauche d'acrobaties, de sauts, de mimes. Et nous frôlons même l'horreur lorsqu' E. Gobard, amoureux romantique, devient progressivement ogre dévorant, et prétend découper la spectatrice qui s'est prêtée au jeu de la séduction ! Qu'il convie des spectateurs à creuser à sa place ou à incarner des victimes, c'est toujours avec une autorité pleine de gentillesse et d'humour et personne ne résiste ! Bravo à l'artiste et à toute l'équipe et merci de m'avoir enchantée pendant une heure !

Riche en émotions artistiques, ce spectacle comblera tous les publics, enfants comme adultes, avides de rêve, amateurs de théâtre corporel brillant, désireux de faire un plongeon dans l'espace poétique de la vie.

Catherine Polge

Autre spectacle de la Cie sur le blog :

http://vivantmag.over-blog.com/article-essais-solo-d-apres-montaigne-124251243.html

Published by Catherine Polge - dans Spectacle Tout public
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9 décembre 2015 3 09 /12 /décembre /2015 23:33
Marginale
Marginale

Spectacle de Amina Keltoum en coproduction avec et vu au café-théâtre Ze Artist’s, Paris 19°, le 8 déc. 2015

Auteurs : Gauthier Fourcade/ Amina Keltoum

Mise en scène : Amina Keltoum

Distribution : Amina Keltoum

Genre : One man show

Public: Tout public

Durée : 50 minutes

Dans sa lettre d’information, Gauthier Fourcade nous invite à découvrir Amina Keltoum. Cette jeune artiste protéiforme se produit dans la toute petite mais chaleureuse salle de Ze Artist’s. Elle se réapproprie des textes de Gauthier Fourcade qu’elle mêle à son propre univers.

Sur cette scène minuscule, sans que le noir ne soit jamais complet, Amina Keltoum accueille son public en toute simplicité. Elle commence par se présenter et, originaire de Bou, elle se met à raconter le sketch de Bou à Si avec un naturel si déconcertant qu’on pourrait croire que les jeux de mots sont de son cru. De fait, et c’est une grande réussite de l’actrice, il est difficile de savoir qui d’elle ou de Gauthier Fourcade a écrit la suite. Pour le sketch doux amer mais si drôle du "un de perdu mais 10 de retrouvés", j’avoue être à la peine !

Les deux écritures se mélangent donc avec bonheur quoiqu’avec une certaine incohérence. Si les transitions sont d’abord soignées, elles sont bientôt abandonnées si bien que l’on s’y perd un peu et que le rythme devient inégal. C’est le principal reproche que je ferais au spectacle. Mais ce défaut est en partie compensé par une très belle présence sur scène. Amina Keltoum est authentique, mutine et pétillante. Elle sait instaurer une proximité complice avec son public qui le lui rend bien.

Sans être friande de ce type de forme, j’ai passé un moment agréable. J’ai découvert l’écriture absurde de Gauthier Fourcade portée par une sémillante comédienne.

Catherine Wolff

Published by catherine Wolff - dans Spectacle Tout public
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3 décembre 2015 4 03 /12 /décembre /2015 10:42
J'ai de la chance
J'ai de la chance

Spectacle de Laurence Masliah (75), vu au théâtre du Carré Rondelet, Montpellier (34), le 8 Nov. 2015, 18h

Texte et jeu : Laurence Masliah

Mise en scène : Patrick Haggiag

Avec la collab. de Marina Tomé

Dramaturgie : Mariette Navarro

Genre : Théâtre

Public : Tous à partir de 12 ans

Durée : 1h15

Création : 2013

La salle est comble et réunit ce jour-là un certain nombre d'anciens "enfants cachés" à Moissac pendant la dernière guerre. Pour décor, une longue table, et des cartons que Natasha (L. Masliah) y dépose. Comédienne, elle répète un texte tout en les ouvrant, et en sort des cahiers et du matériel de couture : les trésors de sa grand-mère Germaine. Un peu primesautière, elle tire un fil, le perd, le reprend : couture et conversation s'entremêlent. Germaine cousait beaucoup et aimait le "bon langage". Natasha cherche des souvenirs et la fait revivre. Par petites touches apparaît la colonie de vacances juive de Moissac où, de 1939 à 1942, cinq cents enfants ont été sauvés grâce à la prévoyance, l'organisation et l'héroïsme du couple Shatta et Edouard Simon, avec la complicité des habitants de la ville. Cent cinquante enfants y vivaient en permanence et Germaine, toute jeune à l'époque, était agent de liaison. Que peut-elle en dire à sa petite-fille alors que sa mémoire la trahit et que tout se mélange ? Oui, à Moissac, on riait et on chantait, la vie était très organisée et réparait les traumatismes. Non, Germaine ne veut pas partir en maison de retraite. Seule en scène, L. Masliah tire des fils et avec tact et précision nous offre le tableau de Justes peu connus. Mais pourquoi ce titre ? Parce que, disent les survivants, être protégé ne suffit pas toujours. Pour survivre, il faut parfois avoir un jour la chance avec soi.

Construit à partir d'anecdotes véridiques, le très beau texte de L. Masliah se coule entre la petite-fille et la grand-mère et rebondit en tentant de tisser de l'une à l'autre les liens ténus de la mémoire. Natasha regrette de n'avoir pas demandé à Germaine de raconter ce qu'elle a vécu à Moissac mais les souvenirs de l'aïeule se laissent grignoter dans un lent et inexorable déclin. La maladie progresse, jamais nommée, tout comme l'effroyable destin qui menaçait ces enfants cachés n'est jamais énoncé crûment. Loin du non-dit, il s'agit là d'une extrême sensibilité du texte, qui laisse le spectateur entendre la vérité. Nous ne sommes pas malmenés, mais nous sommes profondément touchés. La réalité s'impose dans un va-et-vient d'évocations ravivées par la quête de souvenirs tirés du quotidien. J'ai apprécié ce déplacement du regard entre grand-mère et petite-fille. C'est profondément humain et très efficace. Après la mort de Germaine, le théâtre reprend magistralement sa place dans la vie de Natasha avec Le Misanthrope (II, I) par la voix off d'A. Dussollier "Madame voulez-vous que je vous parle net ?" et se termine sur un jeu de mot comme un clin d’œil.

Par son jeu subtil, vif et émouvant, la comédienne transmet parfaitement la complexité de la vie devant la maladie comme devant la persécution : toutes deux innommables. On est ému, on rit parfois. Démultipliée dans son double rôle de Germaine et de Natasha, L. Masliah m'a maintenue en équilibre entre tension et détente amusée, tout au long du spectacle. Tantôt fébrile ou pleine d'entrain elle bouge et bavarde, feuilletant les cahiers, explorant des boîtes, cousant. Tantôt pensive et tiraillée par des émotions anciennes, elle ralentit et se pose. La scénographie permet d'allier couture et conversation, les fils se débobinent et se rembobinent, les boîtes libèrent les souvenirs ou mettent un terme à la vie en se refermant. Le spectacle est en tous points superbe.

Les thématiques croisées de cette pièce lancent des appels plus que jamais d'actualité. Dialogue intergénérationnel, travail sur la mémoire et sur l'histoire, ouverture à l'autre, autant de sujets qui peuvent ouvrir des débats d'une grande richesse avec des publics scolaires. Son attractivité et sa qualité théâtrale destinent évidemment ce spectacle à tous publics.

Bibliographie associée à la pièce : Catherine Lewertowski. Les enfants de Moissac (Champs Poche)

Catherine Polge

Published by Catherine Polge - dans Spectacle Tout public
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24 novembre 2015 2 24 /11 /novembre /2015 01:20
Les 7 planches de la ruse
Les 7 planches de la ruse

Spectacle de la Compagnie 111 (31), vu au 104 (Paris 19°), avec le Théâtre de la Ville, le 20/11/2015

Conception : Aurélien Bory

Interprétation : 14 acrobates-chanteurs de l’opéra de Dalian (Chine)

Genre : Cirque

Public : Tout public à partir de 14 ans

Durée : 1h10

Quand Aurélien Bory présente un nouveau spectacle, je me précipite toujours pour le voir. "Les 7 planches de la ruse" ne sont pas, à proprement parler, un spectacle nouveau puisqu'elles ont été créées en 2007. Fidèle au formalisme de l’auteur, cet opus est beau mais décevant. La marque de fabrique d’Aurélien Bory, c’est le dessin de l’espace, la lumière, le jeu de l’acteur-acrobate avec ou contre une structure mouvante. "Les 7 planches de la ruse" n’échappent pas à la règle. La structure – personnage principal de la pièce – qu’il va falloir défier, c’est un tangram géant, vous savez, ce jeu chinois très ancien, constitué de 7 pièces triangulaires que l’on associe à sa guise pour créer de nouvelles formes. Cette structure nous invite naturellement en Chine et c’est à une troupe de 14 acrobates-chanteurs de l’opéra de Dalian qu’il revient de dompter la "machine".

Je suppose donc qu’Aurélien Bory veut nous donner sa vision de la Chine contemporaine. Une société écartelée entre tradition (incarnée par les chanteuses d’opéra, une violoncelliste, et une scène fugace de tai-chi en ombre chinoise) et modernité écrasante (le tangram dessine tantôt des masses urbaines, tantôt des mâchoires dévorantes) ; une société où la foule avance en ordre et se compacte pour déplacer collectivement des montagnes (le tangram) ; une société où l’individu – ici une jeune femme et un jeune homme – semble toujours sur le point d’être écrasé sous le poids d’une machinerie qui le dépasse.

Aurélien Bory est catalogué, à tort ou à raison, comme circassien. En conséquence, il n’y a pas de texte. Que de la musique, trop de musique, une musique qui, hormis l’opéra chinois, génère une certaine angoisse. La lumière, toute en cyclo aux couleurs vives, participe de cette ambiance. Bref, les images sont belles mais on s’ennuie terriblement ! Il n’y a pas de rythme. A chaque nouvelle figure, on se dit : "Tiens, ça va démarrer !" Mais ça ne démarre jamais. On a la fâcheuse impression qu’Aurélien Bory, après avoir joué en solitaire au solitaire et découvert les ressources plastiques et mathématiques du tangram, s’est contenté de le transposer sur scène avec un vague propos. De fait, le spectacle se résume à un déplacement des pièces du tangram ! Et quand on sait l’incroyable potentiel des artistes chinois, il est bien triste de les voir réduits au simple rôle de manipulateurs !

Aurélien Bory reste un maître incontesté de l’espace et de l’image. De ce point de vue, le spectacle est réussi. Mais les belles images ne font pas un spectacle ! Dénuées de jeu, de rythme et de narration claire, "les 7 planches de la ruse" ne convainquent pas.

Catherine Wolff

Published by Catherine Wolff - dans Spectacle Adultes
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