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  • Le blog VivantMag vous offre une veille artistique régulière sur les créations de spectacles vivant en France. Il est destiné aux programmateurs réguliers ou occasionnels, aux compagnies, mais aussi aux spectateurs. Si vous souhaitez nous rejoindre pour chroniquer des spectacles, vous pouvez nous contacter sur le site.
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Avec plus de 1.200 spectacles commentés sur ce blog, les correspondants Vivantmag - AdAdiff, ne se posent pas en censeur du spectacle, loin de là. Nous souhaitons seulement faire partager un point de vue, forcément subjectif, sur les spectacles que nous voyons. Chaque retour de spectacle est ouvert à vos propres commentaires, et n'hésitez pas à en laisser car ils enrichissent ce travail d'échange et de partage d'informations.
Pour faciliter la lecture des spectacles, nous mettons désormais en place un picto permettant de donner notre avis général sur le spectacle. En voici le détail :
Décevant
Moyen
Pas mal...
Bien !
On adore !!! 

les spectacles du Off 2014

Découvrez tous les spectacles commentés par les correspondants de Vivantmag, et présents sur le Off 2014 d'Avignon. Certains ont été vus à leur création, en salle ou sur d'autres festivals, ou sur des précédentes éditions du Off. Grâce à un travail de veille artistique tout au long de l'année, l'Adadiff met à votre disposition son équipe de correspondants et vous permet de disposer d'un regard extérieur et indépendant pour faciliter votre choix. Commentaires ici...

7 juillet 2017 5 07 /07 /juillet /2017 16:13
zOrozora dans Homocordus (2e version)

Présent sur le Festival OFF 2017 sous le titre "Une histoire de la musique"

Spectacle de la Cie zOrozora/Les Inédits (38), vu à Avignon Off 2016, le 11 Juil, 14h20, au Rouge-gorge

Dir. artistique, mise en scène, scénario : Richard Navarro

Interprètes : Charly Astié (chant, guitare), Hélène Duret (chant, clarinettes), Sylvain Rabourdin (chant, violon, mandoline)

Ethnomusicologue conseiller : Guy Bertrand

Genre : Théâtre musical

Public : Tous dès 6 ans

Durée : 1h10

Jauge adaptable intérieur/extérieur

Création 2016 dans une nouvelle version

(Salle 200 pl)

Nous avons tous entendu parler d'Homo Erectus ou d'Homo Sapiens. Voici maintenant trois représentants d'un autre ancêtre, l'Homocordus, incarné par H.Duret, C.Astié et S.Rabourdin, jeunes musiciens virtuoses qui nous emmènent dans un voyage jubilatoire dans le temps! En commençant par le Paléolithique avec la découverte fortuite de sons agréables sur cordes frottées puis de leur agencement délibéré en suites rythmées, le spectacle illustre de manière musicale avec jeu théâtral et vidéo les principales étapes de l'histoire de la musique. En neuf tableaux, la chronologie est dressée autour d'étapes-clés: Antiquité, Moyen Age, Lully, Vivaldi, Bach, les XIXe et XXe siècles. Se succèdent par exemple des mélodies très anciennes, des chants de troubadours, des extraits des "24 caprices" de Paganini, un French Cancan, des airs traditionnels, etc., tous superbement interprétés sur des instruments très divers. Enfin blues, rock, techno envahissent le ciel du XXe siècle, avec des buildings en fond de scène. Plein d'humour, parfois déjanté ou un brin satirique, c'est un spectacle à la fois jubilatoire et didactique. Sur un fil narratif passionnant, la mise en scène excellente déroule intelligemment ce parcours semé de merveilles. Une très belle histoire, qui a été ovationnée avec énergie.

La transmission des connaissances est ici tellement enthousiasmante qu'on en redemanderait tous les jours ! Ainsi un air de Brahms donne aux artistes l'occasion d'expliquer avec force exemples amusants "la fine frontière" qui sépare la musique savante et la musique populaire. Dans un clin d'oeil amusant, voici Vivaldi jouant en soutane escorté de deux religieuses affairées ! Ou encore, une phrase musicale de Paganini déchaîne les musiciens, et nous partons en voyage à leur suite à la découverte de toute la musique occidentale du XXe siècle. Au fil de cette évocation, "Homocordus" m'a fait découvrir nombre d'instruments anciens (vièle, épinette, rhombe, etc.), avant qu'apparaissent le clavecin, la flûte à bec, les mandolines, le violon, la clarinette. Les morceaux sont amenés avec humour et joués avec la facilité que donne la virtuosité. Hélène, Charly et Sylvain joignent l'art théâtral à leurs talents musicaux. Il y a de la comédie, de la pantomime, des pas de danse, du burlesque élégant. L'attention est toujours maintenue en éveil par quelques fils narratifs. Ainsi une amusante intrigue sur le thème de la séduction se noue et se dénoue de tableau en tableau. Les costumes évoluent. Sobres et clairement évocateurs, ils s'associent aux images vidéo de fond de scène pour planter une époque, un style. Le final, magnifique, installe l'humain et sa musique dans un ralentissement galactique qui nous ramène aux sons premiers du paléolithique et le spectacle se termine sur l'image d'une onde sonore qui s'éteint. J'en sors le sourire aux lèvres et pleine d'enthousiasme.

Avec "Homocordus", le public se détend, apprend, rit, se chouchoute le nerf auditif. Ce spectacle qui rend heureux est fait pour tous, mélomanes ou non, petits et grands. Il est adaptable à tous types de salles. La Cie peut aménager la création lumière en fonction de la particularité des lieux de diffusion : monuments historiques, extérieurs, scènes réduites. zOrozora propose également des activités de découverte, ateliers, etc., qui peuvent être personnalisés.

Catherine Polge

Sur le blog : précédente version du spectacle, Avignon Off 2015

http://vivantmag.over-blog.com/article-homocordus-par-zorozora-124206758.html

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7 juillet 2017 5 07 /07 /juillet /2017 16:10
Le petit poilu illustré

Affiche de Marko

Présent sur le Festival OFF 2017

Spectacle de la Cie Dhang Dhang (93) et co-prod. Mise en Lumières (75), vu à Avignon Off 2016, le 20 Juil., 13h15, au Théâtre des Brunes (du 7 au 30)

Texte : Alexandre Letondeur

Mise en scène : Ned Grujic

Jeu : Alexandre Letondeur, Romain Puyuelo

Lumières : Aurore Beck

Costumes : Pierre-Jean Beray

Genre : Théâtre burlesque

Public : Jeune public dès 7 ans et sans limite ensuite

Durée : 1h05

Jauge adaptable

Création 2015

Salle de 49 pl.

Ferdinand et Paul, deux poilus, deux copains morts à la guerre de 14-18, sont chargés de revenir sur Terre pour raconter la guerre aux enfants de maintenant. Les voici catapultés dans une chambre d'enfant au centre de laquelle trône un parc de bébé. En 1h10 ils doivent dire la Grande Histoire, de Juin 1914 à Juin 1919, et tout doit être vrai. Quarante millions de victimes : première vérité annoncée en préalable. Peut-être l’avions-nous oublié... A.Letondeur et R.Puyuelo incarnent ces deux émouvants fantômes dans une vingtaine de tableaux bien choisis qui s'enchaînent avec fluidité. Quelques facéties ménagent des pauses souriantes dans le rythme très soutenu du spectacle. Rappelés à l'ordre par une sévère voix off lorsqu'ils oublient les consignes, les deux poilus se remémorent tout. L'Histoire défile en nous emportant dans son courant fou. Elle dépose dans notre mémoire les batailles et les morts sans compter, les appels de généraux et les noyades de poilus dans la boue des tranchées, les petites joies et les instants de fraternité, la peur et les sifflements d'obus, un langage particulier, des plaisanteries, des chants, des rats, des poux, des casques, etc., etc., et l'absurdité de la guerre. Une heure plus tard Ferdinand et Paul disparaissent de notre vue après avoir édifié un extraordinaire monument aux morts. Mission accomplie. Les enfants rient parfois, les adultes moins car ils connaissent l'issue. Ce magnifique spectacle dont je suis sortie avec la chair de poule ne laisse pas indemne.

Les comédiens sont épatants. Ils changent de rôles (et de costumes) à toute allure, chacun pouvant incarner pour quelques instants un Allemand ou un Français aux accents divers, un soldat ou un général. Ils sont copains ou ennemis, chefs ou subordonnés, et redeviennent parfois, par distraction, les deux fantômes complices enthousiasmés par leur mission. Leur jeu burlesque et leur gestuelle m'ont marquée. Je n'oublierai pas, entre autres, ce soldat brusquement épinglé parmi les barbelés ou la drôle de chasse au canard entre les lignes ennemies. Les atmosphères changent très rapidement et la scénographie permet de planter tous les décors possibles. Le parc de bébé se fait tantôt table pour un échiquier dont les pions sont des armes lourdes, tantôt sol sur lequel les forts sont pris et repris ; il se mue en no man's land entre deux tranchées, ou en abri sous lequel Ferdinand et Paul s'accroupissent, etc. Des casques, un jeu de quilles, des drapeaux prennent également de multiples significations. J'ai apprécié la recette finale du "gâteau de la victoire", où Patrie, Marseillaise, chars, avions, soldats de tous pays, s'élèvent en une pièce montée fantasque, terrifiant monument aux morts dédié au silence et au souvenir. Le texte est net, concis, clair, souvent tranchant, sans équivoque. Il transmet du tragique, de l'humour noir, du tragi-comique, des émotions légères ou insupportables, de la gaieté aussi. L'humain s'y mêle à "la Grande Histoire" pour donner de la chair aux dates et aux évènements. Bravo!

Ce "Petit poilu illustré" permet de se remémorer ce que l'on a oublié de toute cette horreur et nous fait réfléchir sur les stupidités humaines. Construit pour soutenir l'intérêt et se graver dans les mémoires, c'est un panorama vivant et pédagogique. Destiné aux enfants, il concerne évidemment aussi les adultes, ouvre à la réflexion et peut introduire de nombreux débats. La compagnie propose sur demande une version filmée.

NB : l'auteur a utilisé une large documentation, des témoignages, des journaux des tranchées et "L'Album des Poilus" (Adrien Barrère, Maloine, 1919).

Catherine Polge

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7 juillet 2017 5 07 /07 /juillet /2017 16:09
Monsieur Motobécane

Présent sur le Festival OFF 2017

Spectacle de la Cie Macartan (78), vu à Avignon Off 2016, le 20 Juil, 16h05, au théâtre du Roi René (du 7 au 30)

D'après "Le Ravisseur" de P.Savatier (Gallimard 1978)

Auteur : Bernard Crombey

Mise en scène : Catherine Maignan, Bernard Crombey, avec la complicité de Maurice Bénichou

Jeu : Bernard Crombey

Lumières, Scénographie : Yves Collet

Genre : Théâtre

Public : Tous dès 13 ans

Durée : 1h15

Jauge : jusqu’à 600

Création 2009

Salle de la Reine (198 pl), complet ce jour-là

Bernard Crombey incarne Victor, un homme simple et honnête condamné à 5 ans de prison pour enlèvement et séquestration d’Amandine, 8 ans, croisée par hasard alors qu’il était en panne sèche avec sa Motobécane. C’est de sa cellule de 9 m² qu’il s’adresse au public tout en consultant son "cahier de vérité" : il y a tout noté. Avec un verbe coloré d'accent et d’expressions picards, Victor raconte le fil de sa vie, puis le drame, avec un étonnant mélange de naïveté et de lucidité. On y lit la malchance. Tous ont cherché à lui faire avouer "des saletés" qu’il n’a pas faites. Sa vérité, personne ne l’a crue, ni le juge, ni le psychiatre. Il nous affirme que c’est "la tiote" Amandine qui, maltraitée par sa mère, refusait de rentrer chez elle et s’est accrochée à lui. Il s’est laissé faire mais l’a vite regretté. Dans le village on recherchait la petite, on criait au rétablissement de la peine de mort… Il était pris au piège. Au terme de 4 semaines de cohabitation compliquée dans le grenier, l’enfant fut découverte et Victor a été emprisonné. B.Crombey emmène le public avec lui et ne le lâche pas une seconde. Déambulations, gestuelle, mimique, expriment l’étonnement, la résignation, la vulnérabilité, la tendresse, la révolte, les affolements, la colère, la défiance, etc. et nous font partager avec Victor un terrible sentiment d’injustice. Le public est visiblement très ému.

Inspiré d’un fait divers des années 1970, "Le Ravisseur" est ici magistralement adapté à la scène par B.Crombey, qui situe l’intrigue dans un hameau désertifié de Picardie. Voici les personnages bien campés dans un langage concis, simple et savoureux, avec des termes du cru toujours compréhensibles. Au détour des mots on découvre un contexte socio-économique très dur et l’on comprend vite que toute l’honnêteté de Victor n’enlèvera pas de la tête des autorités les a priori qui les aveuglent. Et plus Victor tente de se justifier avec ses mots simples, plus le piège se referme sur lui : coupable idéal, il n’est pas cru et on se permet même de le moquer. Il parle trop et se rend compte trop tard que "les gens sont si pauvres d’indulgence". Le spectacle progresse au fil de cette aventure inouïe racontée avec autant de petits détails prosaïques que de réflexions sur l’amitié, la Justice, l’humanité.

Sur scène, la cellule représentée par un praticable légèrement incliné, et une chaise. Feuilletant son "cahier de vérité" B.Crombey arpente ses 9 m² en racontant. Il incarne Victor avec une remarquable sensibilité. Il révèle vite la finesse, la tendresse et la noblesse de sentiments que cet homme simple, humilié et blessé cache sous une apparence gauche. Lorsqu’il mime un dialogue, ses gestes, mimiques et intonations invitent l’interlocuteur de Victor sur scène. Je me représente alors "la tiote", le juge, le psy, la mère… en face de lui. Magique. Véritable personnage, la Motobécane veille en amie féerique en arrière-plan, superbement éclairée. Bienveillante, elle a permis à Victor, dit-il, de "respirer le bon air". Attention, elle peut aussi se mettre en colère et on entend le bourdonnement de son moteur qui enfle chaque fois que Victor est pris de rage devant l’incompréhension et l’injustice. Mais à la fin il la désignera coupable car, mieux équipée, elle ne serait pas tombée en panne sèche ! Cet homme qui a si facilement "la goutte dans le cil", on a peine à le laisser partir lorsque, accablé par "la fatigue de la bête au sang qui coule", il quitte la scène. Ovations.

Adaptation, langage, musique des mots, jeu dramatique et scénographie, donnent à cette terrible histoire une dimension poétique qui la rend inoubliable. Vulnérabilité de l’innocence face aux préjugés, absurdité de certains destins, tout cela pourrait en faire un spectacle triste. Pourtant, s’il est poignant et même tragique, il est aussi empreint d’une certaine drôlerie et d’une tendresse qui autorisent des sourires, même si l’on a la gorge serrée. Superbe, à programmer sans hésitation.

Le texte est disponible auprès de la compagnie. Très adaptable, ce spectacle peut se jouer partout où le praticable de 9 m² peut prendre place.

Catherine Polge

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7 juillet 2017 5 07 /07 /juillet /2017 15:51

faux magnifico nature morte dans un fossePrésent sur le Festival OFF 2017

Spectacle de la compagnie Faux Magnifico, d’après le roman de Fausto Paradivino, vu le 09 Mars 2012  au Chai du Terral de St Jean de Védas (34). Première sortie de résidence.

 

Avec Grégory Nardella

Mise en scène et adaptation Toni Cafiero

Tout public à partir de 14 ans

Durée 1 h 20

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La salle est limitée à une jauge de quelques 80 places. A notre entrée, le comédien est déjà en scène, s’échauffant comme un boxeur avant le combat autour d’un  plan incliné qui pourrait évoquer un ring sur lequel il va se colleter à chacun des personnages. Comme souvent, lorsque Toni Cafiero assure la mise ne scène, le décor est très épuré, graphique, fait de lignes qui se croisent dans une perspective contribuant à l’effet de profondeur. 

 

L’histoire débute avec la découverte, dans un fossé non loin d’un bourg de la banlieue milanaise, du cadavre d’une jeune fille nue, sans papiers, rouée de coups... sordide. Six personnages se succèdent sur scène dans une suite de  monologues, et livrent chacun leur version de l’affaire en même temps que  le résultat de ses propres réflexions. Grégory Nardella incarne tour à tour le policier, largement inspiré du personnage de Colombo, le petit ami de la victime, sa mère, l’individu qui a découvert le corps, un indic de la police, une prostituée.

La musique, plus ou moins syncopée (suivant qu’elle accompagne le monde de la nuit ou le monde du jour), rythme les changements de costumes alors que, dans le même temps, des peintures sont projetées sur un écran en hauteur au fond de la scène. Un entracte vient interrompre le déroulement de l’enquête pour que chacun puisse se faire sa propre idée, vraisemblablement. Pour ma part, je n’ai pas cherché un instant à deviner qui était l’assassin, l’essentiel ne me semblant pas se situer là... L’important était le fond, qui dénonce une société en pleine dérive, violente même, et surtout là où il ne devrait pas y avoir de violence : dans la sphère familiale. J’ai concentré mon attention sur les personnages et le jeu de l’acteur, servi par une mise en scène efficace.

 

Seul un petit problème d’acoustique (le choix ayant été fait de travailler sans micro) a gêné par moments la compréhension. Soulignons la performance de Grégory Nardella.

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7 juillet 2017 5 07 /07 /juillet /2017 15:45
Interim Meurtre

Site Avignon OFF

Présent sur le Festival OFF 2017

Spectacle de la Cie des Gavroches (19), AVIGNON OFF 2016, à 16h45, L’Albatros, du 07 au 30/07

Texte et mise en scène : Alexandre Josse

Avec : Josselin Girard et Michel Frenna

Genre : Théâtre

Public : Tout public

Durée : 1h

Une Dyane Citroën un peu déglinguée occupe presque tout l’espace scénique de la petite salle… Une voix off accompagnée à la guitare électrique, nous plonge dans l’ambiance et délivre un message un brin ésotérique sur le sens et la valeur de la vie, la peur. Avant que deux gars sortent de la voiture… On comprend vite que l’un des deux (Zal) doit exécuter l’autre (Axel). Pour rien, il a juste accepté un job, car il en a assez de pointer au chômage. Alors ça ou autre chose… Voilà posée la base de cette histoire absurde dans laquelle deux types ordinaires sont embarqués. Et nous avec ! Mais jusqu’où peut-on aller pour de l’argent ?

Pendant une heure ces deux individus se débattent dans une situation qui les dépasse de plus en plus. Ce n’est pas si simple de buter un type contre qui vous n’avez aucun grief, que vous ne connaissiez même pas une heure avant ! La victime désignée va de fait tenter de distraire et d'amuser le tueur, de le convaincre qu’il n’est pas la bonne personne, que la victime est quelqu’un d’autre, que son heure à lui n’est pas arrivée, même si au fond son existence n’est pas très intéressante… De son côté, le tueur finit par suggérer à Axel de se suicider, afin de lui faciliter la tâche. Hypothèse que ce dernier semble accepter. Zal va même jusqu’à satisfaire le moindre caprice qu’Axel invente pour retarder l’échéance, même si l’énervement le gagne inévitablement. Il finit même par le blesser involontairement en manipulant son revolver !

Cette histoire a priori pas drôle, est servie par des dialogues percutants, souvent pleins de bon sens, même s’ils sont délirants, qu’échangent deux comédiens en mouvement perpétuel, qui déplacent la Dyane dans tous les sens, manipulent des objets, chantent, jouent de la musique, vont et viennent, montent et descendent sans répit. Et malgré le rire, l’intensité dramatique augmente au fur et à mesure de ce tourbillon. On redoute l’issue… Qui pourtant ne vient pas, en tous cas pas comme on l’attendait…

Je vous laisse le plaisir de découvrir la chute, et le talent de ces deux jeunes comédiens dynamiques, qui portent brillamment l’écriture de qualité d’Alexandre Josse. En bref, une belle surprise !

Cathy de Toledo

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7 juillet 2017 5 07 /07 /juillet /2017 15:43
Molière dans tous ses éclats

Présent sur le Festival OFF 2017

Compagnie Qui va piano (75)

Interprètes Stéphanie Marino et Nicolas Devort

Durée 1 h

Tout public à partir de  6 ans

Voilà un spectacle d’une incontestable valeur pédagogique, même si bien sûr il ne faut pas s’arrêter seulement à cet aspect là.

Deux personnages, Miette et Ouane, vont ainsi  en une heure tenter d’initier  le public  au théâtre.  Montrer l’envers du décor, donner des clés,  expliquer des codes ou  tout simplement un vocabulaire parfois ésotérique, font partie des intentions de la Compagnie.  Mais surtout,  ramener le théâtre vers son personnage central, l’acteur. Son trac, les contraintes qu’il doit respecter,  liées au texte, aux didascalies (encore un "gros" mot !?..) les subtilités de la mise en scène, le choix des costumes.

Et en même temps, en ramenant vers l’élément humain, désacraliser et donner envie d’aller  vers les textes  et  ceux qui les interprètent, pour un public sans lequel le théâtre n’existerait pas.

Et pour cela,  la compagnie  choisit de s’appuyer  sur  l’un des fleurons de notre théâtre classique, Molière le saltimbanque. Et au sein de son œuvre, Stéphanie Marino et Nicolas Devort ont sélectionné   trois scènes mythiques, extraites du Bourgeois Gentilhomme, du Malade Imaginaire, et des Fourberies de Scapin, pour  mettre en avant les apports des différents "outils" ou subterfuges  que les acteurs ont à leur disposition pour "JOUER"… Et croyez moi, le mot prend ici tout son sens !

Le plateau nu ne comporte que deux mannequins sur lesquels sont pendus les costumes que les acteurs vont endosser à vue pour chaque rôle, costumes  réalisées uniquement en tissu noir, rouge ou blanc, et seulement rayés ou à carreaux. Sobre, propre et net !

Dynamisme,  joie et  drôlerie  dominent  tout au long de ce spectacle, ponctué d’intermèdes musicaux et  chansons. Au final, un spectacle intelligent pendant lequel on ne s’ennuie pas, qui est proposé en jeune public mais ravira tout autant les adultes.

Cathy de Toledo

 

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7 juillet 2017 5 07 /07 /juillet /2017 14:58
Si Richard Si

Présent sur le Festival OFF 2017

Spectacle du Collectif La Cantine (75), vu à Avignon Off 2015, Théâtre des Corps Saints, à 12h jusqu’au 26 juillet

Très librement adapté de W. Shakespeare

Par : Florence Fauquet et Chloé Lasne au jeu

Voix off : Pierre Yves Bon

Genre : Théâtre burlesque, mime

Public : Tout public à partir de 8 ans

Durée 1h10

En préambule, un peu de lecture. Quelques phrases projetées en fond de scène rappellent le contexte. Dans « Richard III », Shakespeare imagine que le Duc de Gloucester a comploté contre ses frères pour accéder au trône et usé de subterfuges pour amener Lady Anne à l’aimer.

Ainsi, il aurait pu faire appel à des agents très spéciaux…

En voix off, dans un pur style « Mission impossible », Richard explique à ses deux recrues, qui ne se connaissent pas, mais se reconnaîtront grâce à un signe distinctif, en quoi vont consister leurs missions. Sont alors propulsées sur le plateau nu les deux « Drôles de dames », valise à la main, visage passé au blanc, sourcils dessinés, bouche soulignée de noir, petit chignon et mini chapeau perché sur la tête, dans un style pierrot lunaire teinté de Kabuki. Elles sont vêtues à l’identique d’un chemisier à lavallière et d’un short noirs, bas fumés, sortes de Women in Black. Et portent en signe de reconnaissance un bracelet de tissu rouge, aux vertus bien particulières. Déjà indéniablement une belle identité visuelle. La découverte mutuelle qui s’ensuit dans le pur style du mime laisse présager des bons moments à venir.

Et les missions vont s’enchaîner, initiées par les ordres en voix off d’un Richard de plus en plus désabusé, dont les interventions sont ponctuées de la célèbre phrase de la pièce « Un cheval, mon royaume pour un cheval », énoncée à la façon des messages de la Résistance ! Les deux agents vont se révéler totalement incompétents, ou pleutres, ou tiraillés par leur conscience, bref incapables de mener à bien la moindre des missions qui leur sont confiées !

Ces deux toutes jeunes comédiennes réalisent la performance, sur un plateau totalement nu, aidées par un éclairage et une bande son ad hoc, de nous entraîner dans les péripéties de leurs missions. Nous les suivons sur des itinéraires improbables, sautons des haies, grimpons des murs, sommes enfin pris à partie lors d’un « échange » de questions/réponses avec le public, qui permet de reprendre souffle ! Outre le mime, et avec autant de bonheur, les deux comédiennes s’adonnent aussi à la danse afin d’hypnotiser Lady Anne, à la chanson avec des pastiches décalés de quelques morceaux très célèbres. Elles font appel à des techniques plus actuelles, telles le sampler pour créer la musique d’accompagnement de la préparation du poison destiné à l’un des frères de Richard, mais également la vidéo… Et c’est peut-être la seule réserve que je ferai: la sortie de salle des deux comédiennes, que l’on retrouve certes sur la vidéo, avant leur retour en salle, mais qui m’a semblé casser un peu le rythme.

Il n’en reste pas moins qu’elles nous ont servi un spectacle enlevé, plein d’humour, mais pas seulement, et qu’elles semblent à l’aise et en harmonie dans le registre qu’elles ont choisi.

A suivre donc… dans d’autres aventures ??

Cathy de Toledo

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7 juillet 2017 5 07 /07 /juillet /2017 14:19
Le titre est dans le coffre

Présent sur le Festival OFF 2017

 

Le Théâtre du Faune (93 et 62), Avignon Off

Conception et mise en scène : Fred Robbe

Avec : Olivier Blond, Fred Lefevre, Fabrice Provansal, Fred Robbe

 

Genre : Vaudeville Burlesque

Durée : 1h10

Tout public à partir de 6 ans

 

Monsieur Bertrand vit seul dans son appartement propre et méticuleusement rangé, dans lequel il ne saurait être question de circuler sans chaussons ! Un évènement vient perturber ce quotidien calme et millimétré. Il reçoit de son défunt père un coffre fermé à clé. C’est le cousin Creum du Limousin, qui doit lui apporter cette clé. Son seul ami, Manivel, sorte de profiteur un peu voyou, pickpocket à ses heures, flaire la bonne affaire et tente par tous les moyens de lui subtiliser le coffre. En même temps, Manivel doit échapper au so british Inspecteur Target, lancé à sa poursuite, qui se déplace en chaussures à roulettes en s’aidant de bâtons de randonnée... Par hasard, le cousin Creum, plutôt lourdaud, prend Manivel pour Monsieur Bertrand et lui remet la clé du coffre.

 

Les personnages sont réellement magnifiques, tous clowns mais chacun clairement identifié. Monsieur Bertrand, visage et crâne passés au blanc, tout de blanc vêtu, incarne plutôt le clown blanc, alors que les trois autres protagonistes tirent sur l’auguste, nez rond rougeâtre, maquillage blanc, rouge et noir, costumes colorés avec des accessoires burlesques, ici des couvre-chefs distinctifs suivant le personnage.

Tout ce petit monde va se poursuivre dans un univers délirant, où les meubles, les portes et les murs changent de place, sans temps mort pendant plus d’une heure… Le pauvre Mr Bertrand y perdra son latin, son appartement va se retrouver sens dessus dessous (ce n’est pas un vain mot !), et pas une fois il n’arrivera à avoir en même temps le coffre et la clé !

Le jeu avec le public est total, jusqu’à la vente aux enchères orchestrée par Manivel (qui d’autre d’ailleurs ?) au milieu du public auquel il cherche à vendre absolument n’importe quoi...

C’est un spectacle burlesque, décalé, un moment de détente jouissif pour toute la famille. Et non, je ne vous dirai pas ce qu’il y a dans le coffre… !

 

Cathy de Toledo

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7 juillet 2017 5 07 /07 /juillet /2017 10:26
Le Coeur dans les Talons

Présent sur le Festival OFF 2017 sous le titre "Edgar"

Spectacle d'Edgar (34), vu le 28 décembre 2012 au Carré Rondelet (Montpellier - 34)

 

Genre : One man show

Tout public à partir de 12 ans

Durée : 1 h 15

Edgar, charmant jeune homme d’une trentaine d’années, retrace son parcours depuis son enfance où, à 10 ans, il annonce à son père son souhait de devenir danseur de ballet. Papa, lui, ne connaît que le balai pour balayer et lui colle cet ustensile entre les mains. Nullement troublé, Edgar  s’empresse de transformer la séance de ménage en un très émouvant ballet avec ce partenaire inattendu…

Au fil des étapes, Edgar nous entraîne dans un tourbillon effréné ponctué de rencontres improbables avec un rappeur, une metteuse en scène « prise de tête », un chanteur andin, un magicien déjanté, un guitariste qui s’égare dans des chansons coquines, etc. Sur scène, ses années de danse apportent de la souplesse à ses déplacements et il fait preuve d’une incroyable présence, d’une réelle connivence avec le public, d’un art consommé de l’improvisation, d’une certaine qualité d’auteur compositeur interprète qui complète la palette de ses compétences. Le public, sous le charme, est mis à contribution, et une spectatrice est invitée à lui servir d’assistante dans le numéro du chanteur d’opérette mexicain, particulièrement savoureux.

 Je suis sortie de la salle regonflée à bloc, le cœur réchauffé en cette froide soirée de décembre par l’énergie dont a fait preuve ce garçon qui souhaite depuis longtemps devenir artiste de cabaret... et il semble bien être sur la bonne voie ! Alors ne le ratez surtout pas s’il se produit près de chez vous !

Cathy de Toledo

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7 juillet 2017 5 07 /07 /juillet /2017 10:14
Le petit cercle boiteux de mon imaginaire

Spectacle de la Compagnie Zampanos, vu dans le cadre du Festival Off d'Avignon 2011 au Collège de la Salle.

Cirque archaïque, Comédie clownesque

 

D’une hauteur de 3,60 m et d’un diamètre de 4,50 m, ce chapiteau est présenté par Annie qui nous y accueille dans le "Plus petit chapiteau de cirque du monde" tout public. Nous étions une quarantaine de petits et grands sur des gradins, proches les uns des autres. C’était comme pénétrer dans un chapiteau-yourte tout coloré, une sorte de manège enchanté animé, décoré, habité. Face à l’entrée en hauteur des personnages-marionnettes de bois sculpés et peints, tous musiciens (l'orchestre), et une poule… une poule vivante.

Juste le temps de visualiser les lieux, un clown apparaît et nous embarque dans son univers poétique propice à la réflexion, car derrière l’innocence de la forme, ces êtres de bois, de fer, de poil, de plume, nous ramènent à notre enfance. Michel Gibé (diplômé de l'Ecole nationale de cirque de Chalon) prête à sa voix un timbre dont l’accent se veut réconfortant, il sait bien que de très jeunes enfants sont présents. Il nous présente Boudou le chien, Irène la poule. Enfants et adultes, tout le monde succombe à cette douce poésie maladroite et tendre, d'une infinie délicatesse, révélatrice d’émotions enfouies.

D’une humilité émouvante, la compagnie excelle néanmoins dans l’art de faire du beau avec trois fois rien. Un rat "Crakkos" sur sa ratomobile fait le tour de la piste (1,50 m), une funambule sur fil mou : Irène la poule, du patinage sur glace (patinoire de 50 cm de diamètre)… Ce spectacle nous prouve bien qu’avec des petits riens peuvent être exécutés les plus beaux numéros du monde. Cet univers de douceur et de tolérance nous relie à notre enfant intérieur, chacun de nous quittera le chapiteau l’âme apaisée par ce voyage, le visage différent.

A prescrire à tous sans distinction, vivement recommandé.

Lydie Gisèle Brogi

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